Vendredi 20 décembre 2019 à 13:41

Astronomie, univers

      J’ai longtemps utilisé une boussole, quand j’allais me promener dans la nature, et j’en ai une dans ma voiture et lorsque je pilotais un avion, j’avais un « compas » à coté des aides radio à la navigation.
    Je pense que mes petits enfants ne connaîtront plus ces instruments, car le GPS plus précis et plus automatisé les a remplacés.
    Néanmoins, le champ magnétique terrestre reste une réalité, mais peu de gens savent à quoi il est dû.
    Cela a longtemps été une énigme et cela pose encore de nombreux problèmes aux physiciens et mathématiciens..

    Les premières expériences sur le champ magnétique terrestre sont attribuées à l’astronome Willam Gilbert, vers 1600, qui cherchait à comprendre l’alignement des boussoles et pensait que la Terre renfermait en son sein un immense aimant et il avait conçu un petit aimant sphérique qu’il appela « petite Terre », et la boussole que l’on approchait pointait vers le pôle nord de sa « Terrella » et s’inclinait légèrement vers le centre comme dans la réalité. 
    La boussole était beaucoup plus ancienne, car au 4ème siècle avant notre ère, les Chinois utilisaient un « indicateur astral » pour se repérer. C’était une cuillère en magnétite (un oxyde de fer à aimantation permanent) dont la queue pointait vers le sud. L’usage de boussoles pour la navigation s’est propagé en Europe vers 1190.

    Mais vers 1634, Henry Gellibrant, astronome à Londres, montra que l’angle entre le pôle nord magnétique et le pôle nord géographique (la »déclinaison), qui était de 6 degré en 1622, était passé à 4,1 deg. et que cette évolution n’était pas possible avec un simple dipôle.
    L’augmentation de l’intensité du champ magnétique terrestre avec la latitude avait été établie dès la fin du XVIIIème siècle par De Rossel lors de l’expédition d’Entrecasteaux (1791-1794), à bord de la Recherche et de l’Espérance, et peut-être déjà par Robert de Paul, chevalier de Lamanon, lors de l’expédition malheureuse de La Pérouse (1785-1788), à bord de la Boussole et de l’Astrolabe.
    La première carte de l’intensité du champ magnétique terrestre fut publiée en 1825 par Christopher Hansteen

    La première représentation du champ magnétique terrestre sous forme mathématique fut proposée par Karl Friedrich Gauss en 1838. Son modèle, calculé à partir des valeurs de déclinaison, d’inclinaison et d’intensité extraites des cartes magnétiques alors disponibles, est remarquablement performant et proche des modèles actuels. Le modèle de Gauss confirme la nature dipolaire et géocentrique du champ magnétique terrestre qui, en première approximation, peut être assimilé à celui d’un aimant placé au centre de la Terre suivant une direction faisant un angle de 11°30’ avec l’axe de rotation de la Terre. Le modèle montre également que la partie principale du champ, soit plus de 90%, provient de sources situées à l’intérieur du globe terrestre.
    Le modèle simplifié permet de calculer de façon précise la position sur le globe de pôles géographique (l’axe de la terre)  et géomagnétique, mais ne permet pas de connaître la position des pôles magnétiques vrais Nord et Sud, c’est-à-dire les coordonnées des points pour lesquels l’inclinaison est verticale et la déclinaison indéterminée.
    Gauss a fait des mesures précises du champ en se servant de l’analogie avec un pendule dans le champ de gravité terrestre qui oscille avec une période T = 2π √ l/g  ou l est la longueur du pendule et g la valeur du champ de gravité -vous avez dû faire cette manipulation en terminale !. Il a montré que lorsqu’on écarte une boussole de sa position d’équilibre, elle oscille de la même façon avec une période qui ne dépend que du champ local.

    En 1895, Pierre Curie montra qu’au delà d’une température de quelques centaines de degrés (dite température de Curie), les matériaux ferromagnétiques perdent leur magnétisme, en raison de l’agitation thermique. La température augment de façon très importante lorsqu’on pénètre dans la Terre et l’hypothèse d’un définitivement écartée.
    Les physiciens Orsted et Ampère avaient montré en 1820 la relation entre courants électriques et champ magnétique, et Ampère proposa l’hypothèse d’un courant électrique se propageant dans la Terre perpendiculairement au méridien magnétique.   
Mais l’origine en restait inconnue et par ailleurs, ce courant non entretenu se dissiperait, en raison de la résistivité, en quelques milliers d’années.
    Or certaines coulées volcaniques contiennent des éléments ferromagnétiques, qui s’alignent dans le champ magnétique terrestre du moment, et ils montrent que le champ magnétique terrestre existe depuis plusieurs milliards d’années.
    De plus, en 1906, le géophysicien Bernard Brunhes a découvert grâce à ces fossiles, que le champ magnétique terrestre s’était inversé au cours des époques très lointaines, la dernière inversion remontant à 773 000 ans.
    Depuis ce phénomène a été étudié et le schéma ci-dessous montre les dates de cette évolution (en millions d’années avant notre ère. Les périodes d’inversion correspondaient à une décroissance plus rapide de la déclinaison , l’inversion mettant quelques milliers d’années à se produire.
http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/Numeriser-copie-2.jpg    Le phénomène de production du champ magnétique est donc très complexe et en 1919 le physicien Joseph Larmor, de l’université de Cambridge proposa un mécanisme où une partie de l’énergie mécanique d’un fluide conducteur et convertie en courant électrique et en champ magnétique, sans qu’aucun aimant ne soit nécessaire pour initier ce phénomène, qui repose sur une instabilité. C’est ce que l’on appelle « l’effet dynamo » que je vais expliquer.

    Dans une dynamo de vélo la roue fait tourner un aimant permanent dans un bobinage, ce qui crée un courant électrique. de même si l’on fait tourner un disque dans le champ d’un aimant, ou si on remplace l’aimant par un bobinage parcouru par un courant (voir schéma ci-dessous).
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    Le courant produit dans le bobinage interne produit lui même un champ et si le bobinage externe est dans le bon sens, le courant qui le parcourt va augmenter, lequel augmentera le champ induit….. On a ainsi une auto-augmentation des champs et des courants : c’est l’effet dynamo.
    Pour amorcer le phénomène, il suffit d’une petite instabilité électrique ou magnétique si petite soit elle, car elle est très fortement amplifiée; C’est une instabilité.
    Un autre exemple d’instabilité est l’effet « Larsen » bien connu. Quand un micro et un haut parleur sont branchés sur un amplificateur, et que ke gain de celui-ci est trop important, il suffit du moindre petit bruit (une instabilité) pour provoquer l’équivalent de l’effet dynamo, et un son strident dans le haut parleur, que l’on ne peut arrêter qu’en diminuant le gain de l’amplificateur.   
http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/Numeriser5.jpg    En 2006, Von Karman, à Cadarache a montré en pratique cet effet dynamo en faisant tourner du sodium fondu, contenu dans un cylindre et brassé aux deux extrémités par deux disques munis de pales tournant en sens inverse (voir figure).
    Un champ magnétique est apparu et, en faisant tourner les disques à des vitesses différentes, on a réussi à créer une inversion progressive du champ magnétique.   

    Vous avez maintenant les éléments théoriques pour comprendre ce qui se passe sous nos pieds, au centre de la Terre et qui explique le magnétisme terrestre..
    Demain je décrirai l’application de l’effet dynamo au centre de la terre dans un noyau constitué à 80% de fer liquide à haute pression et haute température.

Vendredi 13 décembre 2019 à 15:58

Biologie, santé.

    J’ai lu un article assez étonnant sur  le numéro d’avril 2019 du magazine « Pour la Science » : les neurobiologistes explorent les faisceaux nerveux du cerveau grâce au virus de la rage.
 Sur le moment cela m’a inquiété car le virus de la rage s’attaque justement aux neurones du cerveau.

    Voyons d’abord ce qu’est ce virus de la rage, cher à Pasteur.
    C’est un virus très malin, qui a fait d’énorme ravage au &çème siècle, car il transforme un petit chien en une bête féroce qui mord et transmet le virus contenu dans sa salive, lequel colonise peu à peu les neurones et au bout d’un à trois mois d’incubation est mortel à 100%.
    Heureusement il y a eu Pasteur et son sérum et son vaccin et aujourd’hui il n’y a plus dans le monde, chaque année, qu’environ 60 000 décès dus à ce virus, au lieu de plusieurs millions.
    Ce virus a des capacités assez extraordinaires. La morsure permet aux virus de pénétrer dans les tissus musculaires de l’animal mordu, et de là, le virus va remonter tout le trajet nerveux, neurone après neurone, en leurrant le défenses immunitaires de façon très astucieuse.
    Le virus est une petite capsule (une capside), contenant un brin d'ARN, qui contient son matériel génétique, et sa capside est recouverte de protéines particulières : des glycoprotéines. Elles vont permettre au virus de pénétrer dans un neurone qui commande la contraction des muscles.
    Si vous avez lu mes articles vous savez que les axones des neurones sont liés aux dendrites des neurones suivants par des synapses pourvues de récepteurs chimiques et que des neurotransmetteurs libérés par l’influx nerveux arrivant sur l’axone, vont se fixer sur des récepteur de la paroi liée à la dendrite et provoquer une dépolarisation électrique qui va ainsi transmettre l’influx nerveux au neurone suivant.
Le flux nerveux descend ainsi jusqu’aux neurones situés dans les muscles et en commande la contraction.
    Le virus de la rage va remonter cette chaîne de transmission, à contre-courant, jusqu’au cerveau.
    Pour cela il va entrer dans la synapse, ses glycoprotéines vont lui permettre de simuler un neurotransmetteur et de pénétrer dans la terminaison nerveuse de l’axone, par la « porte de sortie » de l’influx nerveux. Il remonte ensuite l’axone, jusqu’au neurone.
    Une fois dans le corps du neurone, le virus va se déshabiller de ses glycoprotéines, libérer son ARN et il va se servir du matériel et de l’énergie (l’ATP) du neurone pour se répliquer et faire des copies de son ARN, et également des diverses protéines du virus.
    Les virus habituels font alors de très nombreuses copies d’eux-mêmes, c’est l’infection, mais cela fait mourir la cellule hôte et alerte les défenses immunitaires.
    Le virus de la rage est plus malin; Il va limiter sa reproduction, de telle sorte que le neurone ne meurt pas et les défenses immunitaires sont leurrées.
    Puis tous les virus produits vont remonter les diverses dendrites du neurone et gagner des neurones pus amonts dans le circuit neuronal.  Ainsi les virus remontent peu à peu la chaine, via la moelle épinière, en se multipliant à chaque étape, mais sans dommage apparent, et enfin, ils arrivent très nombreux dans le cerveau, sans que l’alerte ait été donnée et ils continuent à se multiplier dans les neurones du cerveau.. Mais cela a pris du temps plus d’un mois, d’où ce long délai d’incubation avant que la maladie ne se déclare.
    C’est pourquoi, dès qu’on est mordu, il ne faut pas attendre, et consulter pour des analyses, faites en général sur la victime et sur la bête si possible; le cerveau de celle-ci est infecté et chose exceptionnelle, cela la rend hargneuse et désireuse de mordre, car le virus permet ainsi une meilleure transmission à d’autres de son ARN.
    Le schéma ci-dessous résume tout ce périple.

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser2-copie-1.jpg    Comment se servir de ce virus pour mieux connaître les faisceaux nerveux, notamment du cerveau.?
Pour le moment ce n’est que sur animaux et on ne va évidemment pas prendre un virus pathogène, mais on va le modifier génétiquement, avant de l’injecter dans le cerveau des animaux de laboratoire.


    Les chercheurs vont donc le reconfigurer pour pouvoir suivre son trajet, sans qu’il soit nocif.
    Ils remplacent d’abord le gêne qui entraine la production des glycoprotéines par un gêne fluorescent : Le virus garde donc son ARN, mais les cellules infectées deviendront fluorescentes. Ils vont ensuite redonner des glycoprotéines modifiées au virus, pour qu’il puisse entrer dans un neurone, mais ne puisse pas en sortir pour en infecter un deuxième.
Ainsi traité le virus lorsqu’il est entré dans un neurone peut se reproduire, mais ne sait pas reproduire ses glycoprotéines et donc ne peut rentrer dans le neurone suivant.
    Mais on risquait de détruire trop de neurone lors de l’injection. Les chercheurs ont extrait une protéine du virus de la grippe aviaire, qui empéchait le virus de pénétrer dans les neurones qui n’avaient pas un récepteur particulier sur les synapse et neurones des souris en étaient dépourvues.
    Ils ont ensuite introduit ce récepteur uniquement dans quelques groupes de neurones particuliers et le virus de la rage modifié n’a pu entrer que dans ce groupe restreint de neurones ayant reçu ce récepteur
    L’étude décrit les processus détaillés de modifications génétique; Je vous en fait grâce car c’est assez difficile et un peu lassant à lire
    Mais après ces modifications complexes; les chercheurs peuvent suivre pas à pas la  progression du virus depuis le groupe de neurones spécifiques où l’on a introduit les récepteurs particuliers.
    Les chercheurs ont ainsi commencé à étudier les circuits des neurones moteurs qui commandent nos muscles et d’autres ont étudieé les circuits d’interprétation de la vue.
    Bien sûr cette technique est limitée à des animaux (essentiellement des souris), mais elle permet une analyse beaucoup plus fine que la RMN, qui ne permet de détecter qu’un grand nombre de neurones.

Vendredi 6 décembre 2019 à 15:01

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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    J’avais déjà  fait des articles sur la reconnaissance des visages par notre cerveau . J’ai lu cet été, dans la revue « Pour la Science » d’août, un compte rendu de recherche de Doris Tsao, chercheur à l’Institut médical Howard Hughes en Californie, qui précise et complète les données que j’avais déjà essayé d’expliquer.
   
    Madame Tsao et ses collaborateur essaie de définir le rôle des neurones chargés de la définition des visages, si ils travaillent de la même façon ou différemment pour des visages inconnus et pour des familiers, et s’ils ont aussi un rôle pour la reconnaissance d’autres objets.
    Les essais sur l’homme se limitent à des essais visuels et d’IRM et pour pouvoir mieux comprendre, les études ont lieu sur des singes, les mécanismes cérébraux de la vue étant assez voisins chez le singe et chez l’homme.
    Les descriptions qui vont suivre concernent donc la reconnaissance faciale chez le singe.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/Numeriser1-copie-1.jpg    Six zones ont été identifiées dans les cortex temporaux inférieurs droit et gauche, qui sont spécialisées dans la reconnaissance faciale et qui ne s’activent que lorsque l’objet à identifier est un visage, ou un objet qui peut être pris pour un visage (image, dessin, silhouette). Elles ne s’activent pas lors de la vision d’autres objets.
    On a longtemps cru que certains neurones étaient spécifiques de certains visages, voire de visage familiers. Il n’en n’est rien. Ces centres réagissent exactement de la même façon quelque soit le visage vu : ils en font une analyse dont le résultat est ensuite transmis à la mémoire (via l’hippocampe et le cortex endorhinal voisins situés sous ces centres dans le cerveau émotionnel.
    Ces centres font une analyse progressive des visages, un peu comme une chaîne de montage photographique.
    Des neurones différents des zones médianes et médianes-latérales s’activent lorsque le visage est vu de face, de profil droite ou gauche, et de biais de droite ou de gauche ou s’il regarde vers le bas ou vers le haut.
    Les zones intermédiaires font ensuite une analyse des caractéristiques des visages. Les chercheurs ont défini à priori 50 paramètres caractérisant la forme, les dimensions, les aspects de divers visages. La forme est définie principalement par le squelette sous-jacent; les aspects sont liés à la texture, les couleurs, (teint, yeux, cheveux), les contrastes dûs aux dimensions du nez, des yeux, de la bouche.
    Ils ont définis les visages correspondant à chaque case de la matrice des 25 données de forme et 25 données d’aspect.
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    Pour connaitre ensuite la réponse des cellules, ils ont attribué des coefficients de pondération à définir, correspondant aux réponses des neurones à ces 50 paramètres et ils ont expérimenté les réponses (des pics d’activité neuronale), à l’examen de chacun de 2000 visages, (dont on connaissait les 50 caractéristiques), ce qui a permis de calculer ces coefficients de pondération.
    Ils ont alors montré un 2001ème visage et relevé les signaux neuronaux, à partir desquels ils ont calculé les 50 paramètres de ce visage. Ils correspondaient parfaitement au visage montré, la restitution en image ne permettant pas de faire la différence.
    Cette expérience a montré comment les cellules neuronales identifiaient les visages, même si les paramètres qu’elles utilisaient étaient un peu différents de ceux élaborés par les chercheurs.
    Enfin la zone médiane antérieure rassemble toutes les informations concernant le visage vu : c’est le bout de la chaîne de traitement.
    Ce traitement est effectué sur tout visage connu ou pas; les informations sont ensuite transmises aux zones de la mémoire, qui diront s’il s’agit d’un visage connu et qui.

    Ces mêmes zones n’ont pas réagi lorsque l’on montrait des objets différents de visages.

    L’extrapolation à l’homme de ces essais sur le singe n’est pas évidente : alors que l’homme est capable de reconnaitre des milliers de visages, le singe est très en dessous de cette performance et a besoin d’un long apprentissage pour reconnaitre des visages.
Il y a 30 millions d’années d’évolution entre le macaque et l’homme qui possède environ 16 fois plus de neurones.
    Il semble que le singe ne possède pas la zone se trouvant chez l’homme en zone occipitale, près des centres d’interprétation de la vue et qui reconnait objets, visages et lettres. L’hémisphère droit de l’homme et aussi plus performant quant aux images.
    En fait le singe n’a besoin que de détecter l’orientation des visages, savoir ce que regarde son congénère et interpréter quelques grimaces.
    L’homme a des capacités de reconnaissances beaucoup plus grandes (il peut reconnaître quelqu’un dans une caricature). Il peut en partie interpréter des émotions ou des pensées d’autrui par la vue de son visage.
    Les études sous IRM sont pour le moment trop imprécises pour permettre une étude détaillée et on ne dispose que des observations sur des personnes ayant des maladies cérébrales qui perturbent leur perception des objets et des visages.

Vendredi 29 novembre 2019 à 16:33

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    J’ai lu récemment des compte-rendus d’études faites depuis 1988 par Martin Sorg et ses collègues de la société d’entomologie de Krefeld, en Rhénanie du Nord, sur les populations d’insectes, leur dénombrement, celui des divers stades de reproduction et aussi sur leur environnement et leur nourriture, mais également sur leurs prédateurs, animaux insectivores.
    Cette étude met en lumière un effondrement de la biomasse des insectes volants, et cela est d’autant plus alarmant que l’étude a été faite au sein de réserves naturelles censées préserver la biodiversité.
    Cette biomasse a diminuée en trois décennies de 76% et même de 82% pendant les mois d’été où les insectes sont plus actifs.
Parallèlement les plantes et les oiseaux ont également diminués en nombre et en variétés.
Ci-dessous deux graphiques quand au nombre d’insectes, l’un selon une droite de régression entre 1990 et 2016, l’autre selon de nuages de mesures, mois par mois,  au cours des années 1990 et 2016.

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    Un autre laboratoire, le centre Helmholtz pour la recherche environnementale, coordonne des recherches concernant le papillons. La courbe ci dessous montre que la diminution est moins forte (environ 11%), et même que dans certaines régions leur biomasse a légèrement augmenté.

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    En se servant de nombreuses observations de bénévoles férius d’entomologie, une estimation de l’évolution sur des périodes allant jusqu’à 150 ans a été faite, sur 7444 espèces d’insectes et on constate que 44 % voient leur nombre diminuer, 41% ont restées stables et seulement 2% ont augmenté, les résultats n’étant pas probants pour 15% dont certaines ont disparu.
    On constate - notamment sur les abeilles et les papillons- que les espèces communes résistent à peu près alors que les espèces rares disparaissent, ce qui après tout est conforme aux lois de l’évolution.

    Il est passible que le changement climatique ait une petite part de responsabilité, difficile à apprécier, mais les responsables sont surtout les changements des méthodes en agriculture. L’agriculture intensive, les fauchages et labours fréquents d’une part détruit une partie de la végétation qui servait d’abri et de garde-manger pour les insectes, de même que l’urbanisation intensive, et d’autre part l’emploi de pesticides est ceratainement la cause majeure de leur disparition.
    Actuellement les espèces courantes ne semblent pas en extinction, mais leur nombre d’individu a fortement diminué en trente ans, notamment en dehors des réserves naturelles.
    Cette diminution est grave car la pollinisation des plantes est tributaire à 40% du sort des insectes.
    Par ailleurs ils servent de nourriture aux oiseaux et la diminution du nombre d’insectes entraine automatiquement une diminution du nombre d’oiseaux.

    Dans la lutte contre le changement climatique, nous ne pouvons pas faire beaucoup de choses individuellement, car c’est au niveau des gouvernements et de l’industrie qu’une action est significative, pour modifier les émissions de gaz à effet de serre et faire évoluer les habitudes de vie, sans perturber exagérément les conditions de travail et de vie..
    Par contre au niveau de la biodiversité, une action de tous les citoyens peut être efficace, mais l’action des pouvoirs publics pour réglementer l’usage des pesticides est essentielle.
    Je constate moi-même sur ma terrasse que en vingt ans, le nombre d’oiseaux a considérablement diminué - à part les pigeons et qu’on ne voit plus beaucoup d’insectes.
Alors j’ai essayé de mettre quelques mangeoires avec des graines et un peu d’eau; mésanges, pinsons, verdiers, rouges-gorges  reviennent peu à peu.
J’ai aussi essayé de planter des plants de nos campagne, et des abeilles et bourdons, scarabées et coccinelles reviennent assez nombreuse butiner sur les fleurs.
    En Bretagne j’essaie tous les étés de planter quelques fleurs et je vois revenir des papillons, mais là bas, le nombre d’oiseaux diminue moins. Ils nichent plus facilement qu’à la ville.

Vendredi 22 novembre 2019 à 8:05

Sciences et techniques

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     Depuis plusieurs années je vois dans les rues des plages de Carnac, en Bretagne, des touristes qui, guidés par un moniteur, utilisent un « Segway », petit mobile électrique doté de 2 grosses roues de part et d’autre d’une petite plate forme sur laquelle on met les pieds, et une colonne avec un guidon qui permet de se tenir.
    J’ai essayé cet engin et j’ai été séduit par la facilité avec laquelle on se déplace (lentement) en maintenant son équilibre sans difficulté et sans apprentissage.



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    Puis j’ai vu apparaitre au large des plages les « flyboard marins » conçus par Frank Zapata, constitués par deux tuyères sous une plate forme reliée à deux tuyaux qui proviennent d’un bateau pneumatique à moteur. Dans ce bateau, de puissantes pompes aspirent l’eau de mer, l’envoient dans les tuyères et celles-ci font « voler » la plate-forme.
    Je les ai souvent observés de mon dériveur, et j’avais bien envie d’essayer, mais garder son équilibre me paraissait assez difficile et j’ai assisté à quelques chutes dans l’eau, de 7 ou 8 mètres d’altitude, et, à mon âge, je ne suis plus doué pour ce genre de plongeon.




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    Alors c’est avec étonnement que k’ai assisté comme beaucoup d’entre vous à la démonstration de Frank Zapata sue un « flyboard terrestre » lors du défilé du 14 juillet.
C’était assez bluffant et cela avait (en apparence) l’air facile.
    On a vu, lors de sa traversée de la Manche, que cela l’était beaucoup moins, même pour un champion de flysurf, et les vitesses atteintes étaient impressionnantes (160 km/h)
   
    J’ai trouvé sur la revue « Science et avenir » deux schémas de cet engin et je vous les reproduit ci-dessous.
    Elles se passent d’explications, mais je ne serais pas très rassuré d’avoir les pieds au dessus de tels propulseurs. Ce sont des turboréacteurs classiques, avec un compresseur, une chambre de combustion et une tuyère.
    Ce sont les mouvements du pilote qui maîtrisent roulis et tangage, et l’inclinaison de l’engin, qui lui donne sa direction.
Une visière « tête haute » donne au pilote des information fournies par l’électronique : temps, vitesse, consommation, fonctionnement des moteurs, GPS …
           


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    J’ai été stupéfait qu’un engin aussi complexe ait pu être « bricolé » dans un petit atelier, par quelques ingénieurs et techniciens.
    L’engin est révolutionnaire mais a de gros défauts : il faut des jets très puissants et donc il consomme beaucoup et les interactions du jet et de l’air sont extrêmement bruyants (comme un avion à réaction).
    Par ailleurs il faut être un champion de l’ équilibre pour tenir là dessus !
    La Direction générale pour l’Armement s’intéresse à cet appareil, mais il faudra le rendre moins bruyant, avec un rayon d’action plus grand et un mat + guidon comme dans les segways. On envisage des engins de transport de matériel ou de blessés à des endroits où l’hélico ne peut venir, ou un engin pour des commandos (pas très discret !)

Vendredi 15 novembre 2019 à 17:37

Sciences et techniques

    Ce n'est pas un vélo en fibres de carbone comme pour les coureurs du Tour. !

    Vous allez sûrement vous rappeler des cours de chimie de première et de terminale sur le carbone.
    Il existe couramment deux variétés le diamant qui a une structure pyramidale d’arrangement des atomes, chacun étant lié aux quatre atomes voisins, ce qui lui confère ses qualités extraordinaires notamment de dureté, et le graphène,dont la structure est hexagonale et plane, chaque atome étant lié à trois autres, et ces structures planes s’empilent les unes sur les autres, sous forme de carbone graphite, d’où sa friabilité et sa conductivité électronique (la force de liaison entre structures hexagonales est faible - 2% de celles dans l’hexagone - et ces hexagones glissent donc facilement les uns sur les autres).
    C’est le graphite qui est la variété stable dans les conditions normales de température et pression, le diamant n’étant que métastable dans ces conditions et sa formation nécessitant des températures et pressions très élevées.
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 http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/170pxKohlenstoffnanoroehreAnimation.gif   Le graphène peut de mettre sous forme de nanotubes, les plans des hexagones prenat la forme d’un cylindre.Ces nanotubes ne sont constitués que d’un seul « plan » enroulé sur lui même et donc de l’épaisseur d’un atome de carbone, mai leur longueur peut atteindre le millimètre.
Il existe aussi des nanostructures composées de plusieurs couches hexagonales de carbone, fermées sur elles-mêmes, de forme polyèdrique avec une cavité au centre.

    En outre il existe des formes amorphes de carbone, désordonnées, mélange de graphite hexagonal et de diamant pyramidal.

    De plus on peut avoir du carbone liquide à haute température et pression (11Mpa et 4800 d°) ou gazeux (4100 d°C sous la pression atmosphérique. Il se condnse en se refroidissant sous forme de petites chaines d’atomes appelées carbyles, qui de lient sous forme de plaques ou de sphères pour composer la suie. Cette forme spéhérique compée de 20 à &00 atomes est appelée fullerène et a été explicitée dans les années 1985.

    Les chercheurs avaient alors par le calcul , montré que le carbone devait pouvoir également se structurer selon un cercle de 18 atomes, reliés entre eu par des liaions doubles de chaque coté, ou triple et simples. Mais cette structure est instable et personne n’avait pu la synthétiser.
Une équipe de chercheurs suisses d’IBM et d’Oxford au Royaume Uni, ont enfin réussi à créer cet anneau, sous un vide poussé et à -268 d°C. Ils sont passé par une forme contenant 24 atomes de carbone et 6 oxygène , qu’ils ont déposé sur une couchede chlorure de sodium déposé sur une plaque de cuivre.Puis, ils ont extrait six molécules d’oxyde de carbone CO, en utilisant la pointe d’un microscope électronique (voir le schéma ci-dessous) :

http://lancien.cowblog.fr/images/anneaucarbonepur.jpg
    
Les atomes de ce cyclo-carbone sont liés alternativement par des liaisons simples et triples, et il est semi-condusteur.
Ses propriétés vont être étudiées, puis il faudra essayer de produire des assemblages de molécules pour pouvoir leurtrouver une utilisation pratique.

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/cyclo18carbon219thumb.jpg

Vendredi 8 novembre 2019 à 18:34

Sexualité, Homosexualité

 

Pourquoi est on homophobe ?

   Il m’arrive de discuter parfois de l’homosexualité et de l’homophobie, notamment avec des personnes musulmanes, du fait que, dans leur culture, c’est considéré comme une maladie, voire comme un crime. Mais les catholiques ne sont guère plus modernes sur ce problème.
    C’est intéressant de se poser des questions sur l’origine de l’homophobie de certaines personnes et sur les archétypes et normes sociétales qui influent sur ces opinions (je rappelle que les archétypes nommés ainsi par C-G Jung, sont les règles inconscientes, les tabous, les représentations à priori et les modèles que nous apporte de façon innée notre civilisation et les us et coutumes ancestraux, acquis au cours des âges.)

    Michelle Davies,de l'Université du Lancashire en Angleterre, a distribué des questionnaires à quelque 600 personnes des environs de Londres, et a montré que les réactions de rejet sont teintées de dégoût ou de crainte, mais par contre ne contestaient pas les des droits civiques des homosexuels. 
    Les hommes ou femmes homophobes disent souvent des phrases telles que « Les homosexuels me dégoûtent » ou encore « Les homosexuels sont une menace pour les enfants ».

    Madame. Davies a recherché les stéréotypes liés au sexe des personnes, homme ou femme. 
    Chacun a une vision de ce qu'est une femme et de ce qu'est un homme.     

    Pour une partie de la gent masculine, généralement qualifiée de « machiste », l'homme doit cultiver des vertus telles que la force, le courage, l'endurance, la domination au sein des rapports sexuels. Il doit aussi chérir et protéger sa femme.
    Au contraire, la femme est douceur, compréhension, conciliation, faculté d'analyse des personnalités.
    Autant de stéréotypes. Selon madame Davies, chez une personne ayant intégré de telles idées, la présence d'attributs classiquement féminins chez un homme constitue une menace pour sa concep-tion de l'homme et de la femme, et, donc, pour sa conception globale de l'organisation de la société.

    Cette hypothèse a été testée par des questionnaires d'une part d'homophobie affective, et d'autre part évaluant les stéréotypes masculins, ( par exemple un homme ne doit pas extérioriser sa souffrance; personne ne respecte un homme qui fait partager ses soucis ou ses peurs; la violence est parfois le seul moyen de résoudre une situation problématique; un homme doit toujours être en mesure d'avoir un rapport sexuel et doit prendre l'initiative...etc)
    Madame Davies a constaté que les personnes obtenant le plus haut score au questionnaire des stéréotypes sont aussi les plus homophobes. 
    Les homophobes sont des personnes qui ont beaucoup de stéréotypes concernant les hommes !

    Y a t’il un lien avec les stéréotypes concernant les femmes ? 

    Le psychologue Bernard Whitley, de l'Université de l'Indiana, a souligné un lien entre l'homophobie et le « sexisme bienveillant », c'est-à-dire des stéréotypes féminins, (les femmes ont une meilleure compréhension des émotions; les femmes doivent être protégées par les hommes; un homme, même s'il a tout réussi dans sa carrière, est incomplet sans une femme....etc). 

    Un tel ensemble de stéréotypes vise à attribuer un rôle précis aux hommes et aux femmes, et à les confiner dans des territoires qui n'empiètent pas l’un sur l’autre.
    De ces études, on déduit que l'homophobie serait une réaction de défense face à des comportements qui remettent en question la distinction entre féminité et masculinité. Elle revêt par conséquent une dimension culturelle.
    Les stéréotypes sexuels sont des entités culturelles implantées préférentiellement dans des milieux  “conservateurs autoritaristes”. De tels milieux sont caractérisés par une soumission à l'autorité établie, une adhésion aux conventions sociales et une acceptation implicite de la violence exercée à l'encontre des minorités. D'après le psychologue B. Altemeyer, de telles caractéristiques se transmettraient de parents à enfants, (pas génétiquement mais par l'éducation) et l'homophobie obéirait à la même logique.
  C'est d'ailleurs ce même type de stéréotypes qui a mené aux élucubrations sur le "théorie des genres" et il est probable que le racisme relève de stéréotypes analogues sur le race et la couleur de peau.

    Le cerveau humain est un terrain idéal pour l'implantation des stéréotypes. Il contient des structures neuronales qui favorisent l'association de qualités propres au sexe masculin et au sexe féminin. En 2001, les neurologues Elizabeth Milne et Jordan Grafman, de l'Université de Bethesda, ont étudié des patients présentant des lésions dans le cortex préfrontal ventromédian, et chez qui les stéréotypes sexuels avaient disparu : ils n'associaient plus aucune qualité « préconçue et caricaturale » aux hommes ni aux femmes. 
    Cette zone du cerveau serait le point d'ancrage des conventions sociales souvent inconscientes, qui déterminent nos comportements et l’homophobie serait parmi elles. 

    Cela dit heureusement, l’éducation, la tolérance et un peu de réflexion peuvent changer nos façons de voir.

    A nous de réfléchir utilement sur certains sujets, car, comme disaient les shadoks, 

“il vaut mieux mobiliser son intelligence sur la connerie (humaine) que de mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes”. !! lool

 

Vendredi 1er novembre 2019 à 18:28

Actualité

 
  • PMA, FIV, GPA, on confond tout, surtout si on est homophobe.

    PMA, FIV, GPA, on confond tout, surtout si on est homophobe.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

              La loi bioéthique a été votée après bien des discussions ardues, et à la télé, beaucoup de commentaires et d’interview divers.
              Je n’ai pas particulièrement suivi le processus, mais j’ai regardé tous les épisodes correspondants du journal télévisé depuis plus d’un mois, et je suis très étonné du peu de clarté des explications journalistiques et des confusions, volontaires ou non, des gens qui donnaient leur avis.

               Il est étonnant que l’intérêt ait été focalisé sur la « PMA » et essentiellement sur son extension aux homosexuels, alors que d’autres paragraphes de la loi sont aussi importants et posent peut être plus de problèmes.
              Les interviews à la télé donnaient souvent l’impression d’un débat sur l’homophobie.

               Il y a d’abord une confusion entre les diverses facettes de la PMA, que l’on a tort de mettre sous une même appellation, et la GPA.
              La procréation médicalement assistée (PMA) désigne un ensemble de pratiques dans lesquelles la médecine intervient pour permettre à un couple infertile d'avoir un enfant.

     Le terme PMA rassemble quatre types de techniques :
                        - Traitements hormonaux (stimulation ovarienne)
                        - Fécondation In Vitro (FIV) avec les gamètes du couple ou avec un don anonyme. d'ovocytes ou de spermatozoïdes.
                        - Implantation d’un embryon anonyme, provenant en général d’embryons surnuméraires congélés lors d’une FIV.
                        - Insémination artificielle avec donneur anonyme
              La FIV consiste à stimuler artificiellement la fécondité de la femme par injections hormonales, en hyper-stimulant l'ovaire, puis à aspirer les follicules obtenus, à provoquer la fécondation de l'ovocyte en laboratoire par un spermatozoïde, puis un développement embryonnaire de quelques multiplications de cellules, et enfin à réaliser un transfert embryonnaire dans l'utérus de la future mère. C’est une opération complexe
              L'insémination artificielle consiste elle à introduire de façon artificielle le sperme dans l'utérus de la femme. C’est beaucoup plus simple, mais cela nécessite que la femme soit fertile normalement.

               La Gestation pour autrui (GPA), est totalement différente. Il s’agit de faire se développer l’embryon, puis le foetus dans l’utérus d’une « mère porteuse », qui est inséminée par des embryons, puis est enceinte et accouche d'un enfant qui est remis à la naissance à la personne ou au couple de commanditaires, appelés « parents intentionnels ». Les embryons ne sont habituellement pas conçus avec l'ovule de la mère porteuse, mais avec celui d'une donneuse d'ovocyte .
              Cette pratique est interdite en France et la loi de bioéthique le confirme.

              Aujourd'hui, seuls les couples hétérosexuels (mariés, pacsés ou en concubinage depuis au moins deux ans), en âge de procréer, peuvent recourir à la PMA, s'ils se trouvent dans l'une des situations suivantes : le couple présente une infertilité pathologique médicalement constatée (bilan d'infertilité) ou l'un des membres du couple est porteur d'une maladie grave, susceptible d'être transmise à l'enfant ou à son-sa conjoint-
              La loi de bioéthique ouvre l’accès aux techniques d’assistance médicale à la procréation aux couples de femmes ou aux femmes non mariées.
              Le Conseil d’Etat a confirmé qu’« aucun principe juridique n’interdit d’ouvrir lla PMA aux couples de femmes et aux femmes seules et rien ne s’oppose à faire une éventuelle distinction entre ces deux publics ».
               Les deux situations ont en commun la nécessité du recours à un don de sperme et le fait qu’il n’y aura pas de père juridiquement institué dans la vie de l’enfant.

               C’est le grand cheval de bataille des opposants qui  sont « scandalisés par l’absence de père ayant autorité sur l’enfant ». Cela me laisse perplexe, car il y a actuellement 1,8 million de familles monoparentales sur 7,8 millions de familles au total (soit 23 %). Dans 85 % des cas, il s’agit d’une femme (seule, sans l’aide d’une autre femme),et pour 79 % d’entre elles, la situation résulte d’une séparation.
              Les études sur ce sujet ont reconnu que les difficultés de ces enfants (problèmes émotionnels ou de comportement, moins bonne réussite scolaire) sont moins directement liées à la mono-parentalité en tant que telle, qu’à des facteurs tels que le désavantage socioéconomique et financier, le manque de soutien social, les conflits entre les parents, la dépression parentale suite au divorce, etc. 
            Il convient également de noter que la plupart des mères célibataires par choix disent qu’elles auraient préféré avoir des enfants dans le cadre d’un schéma familial traditionnel ; elles se préoccupent de l’absence d’un père dans la vie de leur enfant et recherchent activement des personnes de leur entourage qui pourraient jouer ce rôle de modèle masculin

              Les enfants de couples homosexuels sont ils malheureux ? Des études faites par des psychologues montrent que non.
               Il se trouve que j’ai personnellement une certaine expérience. Parmi les personnes de l’entreprise où je travaillais, j’ai connu trois couple homosexuels qui avaient de jeunes enfants. Un couple d’homme dont l’un avait la garde d’un enfant d’un précédent mariage. Deux couples de femmes ayant l’un un enfant (dont l’une était la mère) et l’autre couple deux (dans ce dernier cas chaque femme était la mère biologique d’un enfant).
                J’ai vu régulièrement ces enfants : ils me semblaient bien élevés, bien dans leur peau avaient de bons résultats en classe. D’après les parents les professeurs avaient donné les explications suffisantes pour que leurs camarades ne fassent pas des remarques incongrues sur leur situation familiale.
              Par contre, j’ai eu, sur mes blogs, beaucoup de correspondances avec des enfants de parents divorcés ou de familles recomposées. Ils étaient, à mon avis bien moins heureux (même si, ceux qui m’écrivaient étaient ceux qui avaient des problèmes).
              Je m’inquiète donc beaucoup plus du bonheur des enfants de parents divorcés que de celui de parents homosexuels.

               Si l’aide médicale à la procréation a été au centre des débats, d’autres sujets, comme les tests génétiques, les greffes ou la recherche sur l’embryon ont également fait l’objet de discussions, mais semblent ne pas intéresser le public, du moins si on en croit ce que montre la télé.
              Ce sont pourtant des questions importantes :

               Peut-on, et dans quelles conditions, autoriser des tests génétiques en population générale, par exemple chez des personnes souhaitant connaître leur prédisposition à certains cancers, ou chez des couples souhaitant procréer ? Quelles dispositions prendre pour favoriser les dons et transplantations d’organes ? Comment faire évoluer le cadre des recherches sur les embryons et les cellules souches ? Le don de sperme doit il rester anonyme, ou les enfants issus d’une PMA peuvent ils rechercher leur père biologique? Et quelles sont les conditions raisonnables pour autoriser la conservation de sperme? Ne faut il pas améliorer certaines situation juridiques actuelles concernant les enfants nés après une intervention médicale à l’étranger, mais interdite jusqu’à présent en France.

               La loi traite d’une partie de ces problèmes et je referai peut être un article à ce sujet, mais il faut que je la lise plus soigneusement. 

    PMA, FIV, GPA, on confond tout, surtout si on est homophobe.

    PMA, FIV, GPA, on confond tout, surtout si on est homophobe.

     
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Vendredi 25 octobre 2019 à 18:23

Actualité

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/PWoh2m8BPbCVIploIDJ3rxFdsA420x463.jpg            On a beaucoup parlé au mois de septembre de la réforme des retraites, et les grèves se sont succédées contre le projet. Je crains qu’il ne soit de même jusqu’à l’an prochain.

            J’avoue mal comprendre cette réforme qui me paraît imaginée par des technocrates  à l’esprit étroit et abstrait, dénués de tout sens du réel et de pragmatisme, qui sous prétexte de logique (délirante), construisent une loi « usine à gaz » d’une complication bien inutile.
           Pourquoi diable vouloir tout uniformiser. Même Dieu, si on y croit, n’a pas crée un univers uniforme.  Contrairement à ce que l’on croit, uniformiser n’est pas simplifier, et ce n’est pas non plus faire quelque chose de mieux adapté par sa simplicité (apparente et trompeuse).
           La retraite est l’aboutissement d’une vie de travail dans un (ou plusieurs) métiers. Pourquoi vouloir tout unifier les retraites alors que les métiers sont très différents ainsi que les conditions dans lesquels on les exerce.
           Que pour des raisons économiques, on veuille uniformiser la durée de cotisation, je comprends et ce n’est pas cela qui pose problème.

            Que l’on soit obligé de réformer certains régimes s’ils sont très déficitaires, cela me paraît normal aussi.
           Mais quand certains régime de professions libérales fonctionnent bien, sont en équilibre, ont même une provision financière de sécurité , et conviennent à leurs adhérents, pour une fois que tout fonctionne bien pourquoi le changer et tout détruire ? En plus on parle d’un doublement des cotisations, ce qui n’est pas supportable au plan économique. La répercussion de ces augmentations sur les clients diminuera les commandes, ce qui, en période de chômage est absurde.
            La confiscation des provisions financières (27 milliards) est une véritable spoliation (leur montant a été payé par les cotisations des adhérents), et si on en conserve le montant à ces adhérents, comme veut le promettre le ministre, c’est un second régime particulier à nouveau, alors pourquoi supprimer le premier ?

            Si je prends certains avantages particuliers de la SNCF ou de la RATP, je pense que ces travailleurs ont des contraintes d’horaires et de jours de travail ou de déplacement, qui sont particulières et que ces avantages en sont une compensation. Or on ne va pas généraliser les horaires de ces personnes à tous les travailleurs.
            Si je prends les fonctionnaires dont la retraite est calculée sur les salaires des derniers mois, et que l’on veut ramener à un calcul sur toute la carrière,  ce qui va évidemment entraîner une baisse importante de retraite, on ne prend pas en compte que, à poste analogues, ils sont beaucoup moins payés que dans le privé. Alors si on aligne les retraites sur celles du privé, il faudrait aligner les salaires.

            Qu’il y ait parfois des abus, des avantages trop importants et pas justifiés, je veux bien, et qu’on les supprime ne me choque pas, mais vouloir uniformiser les retraites alors qu’on ne peut uniformiser ni les conditions de travail, notamment leur pénibilité, ni les rémunérations,  me paraît alors une ineptie.

            Par ailleurs comme il faudra tenir compte quand même de cas particulier, le système unique sera d’une complication extrême alors que les systèmes particuliers, plus réduits et uniformes, donnaient satisfaction et fonctionnaient simplement.

            A mon avis, une simplification ou une mise à jour de chaque régime et l’uniformisation simplement des durées de cotisation, pour tenir compte de l’allongement de la longévité, auraient largement suffi, aurait pris moins de temps et de travail et auraient suscité moins d’oppositions.

Vendredi 18 octobre 2019 à 14:39

Ecologie, Changement climatique


Je parlerai aujourd’hui de conséquences pratiques du réchauffement climatique autres que l’élévation de température et l’élévation du niveau des mers.

    Il est difficile de prévoir exactement les conséquences du réchauffement car d’une part nos connaissances sont encore insuffisantes et surtout les changements et leurs conséquences sont différentes selon les lieux
    Toutefois on peut déjà observer que de nombreux territoires et saisons font face à un réchauffement supérieur à la moyenne annuelle mondiale, y compris l’Arctique dont le réchauffement est deux à trois fois plus important, et que le réchauffement est généralement plus important sur les terres émergées qu’au-dessus des océans.
    Evidemment les conséquences seraient toutes plus graves en cas de réchauffement à 2 d°C au lieu de 1,5 d°C.

http://lancien.cowblog.fr/images/EnergieClimat2/54015efOV604aPS8tamkucE2rBcQDB.png    Les modélisations prévoient une augmentation du nombre de jours chauds dans la plupart des terres émergées, les plus fortes hausses étant observées sous les tropiques.
Il faudra donc faire face à un nombre grandissant de canicules et à des températures plus élevées lors de ces événements, sans que cela entraîne forcément des hivers plus doux.
    La météo reste toujours évolutive et variée; ce sont les moyennes et les fréquences qui augmentent.

    L’augmentation de température et la baisse dés précipitation risque d’entraîner une désertification plus importante des zones subtropicales et  en Afrique et en Amérique centrale, entrainant une augmentation des zones arides et la végétation des autres endroits risque d’évoluer, certaines espèces ne résistant pas au nouveau climat..
    Mais des conséquences sur la végétation et notamment la résistance de certaines espèces de plantes sont possibles même sous nos climats, par exemple dans le midi de la France.
    Il est très difficile de prévoir le niveau local précis et les capacités d’adaptation de la végétation, car ce sont des domaines où nous n’avons pas encore les connaissances nécessaires.
    Malheureusement ce sont les pays relativement les plus pauvres des régions tropicales et subtropicales qui souffriront le plus, ainsi que les zones polaires, toutefois peu habitées.
    A l’inverse, les conflits de masses d’air froides et chaudes étant plus nombreux, on assistera au contraire à une augmentation des précipitations dans plusieurs régions de l’hémisphère Nord à haute latitude et/ou à haute altitude, en Asie orientale et en Amérique du Nord orientale. Le risque d’inondations sera donc plus élevé.
    De plus l’atmosphère et les océans étant plus chaud, les tempêtes et cyclones risquent d’être plus fréquents et plus forts, sans qu’on puisse calculer précisément cette augmentation.

    Ces changements climatiques risquent d’avoir des conséquences graves pour la faune et la flore.
    Le GIEC estime que, sur les 105 000 espèces étudiées, 6 % des insectes, 8 % des plantes et 4 % des vertébrés devraient perdre plus de la moitié de leur aire de répartition géographique déterminée par le climat pour un réchauffement planétaire de 1,5 °C, contre 18 % des insectes, 16 % des plantes et 8 % des vertébrés pour un réchauffement planétaire de 2 °C         
    Les effets associés à d’autres risques liés à la biodiversité, comme les feux de forêt et la propagation d’espèces invasives, sont plus faibles à 1,5 °C comparativement à 2 °C pour le réchauffement planétaire.
    On prévoit qu’environ 4 % de la superficie terrestre mondiale subira une transformation des écosystèmes d’un type à un autre à 1 °C de réchauffement planétaire, contre 13 % à 2 °C. Cela indique que la zone à risque devrait être inférieure d’environ 50 % en cas d’une augmentation de 1,5°C par rapport à une augmentation de 2 °C .
Notamment la toundra des hautes latitudes et les forêts boréales sont particulièrement menacées par la dégradation et la perte causées par les changements climatiques, les arbustes ligneux empiétant déjà dans la toundra, ce qui se poursuivra en cas d’un réchauffement supplémentaire. Limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C plutôt qu’à 2 °C devrait empêcher le dégel pendant des siècles d’une zone de pergélisol de l’ordre de 1,5 à 2,5 millions de km2.

     En outre le changement climatique aura un impact sur la vie quotidienne. D'abord sur l'économie : baisse de rendement de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche, mais aussi sur notre santé.

    Le GIEC a ensuite fait dans son rapport 2018, des recommandations pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et l’augmentation de température, mais il vient de publier un autre rapport sur le changement climatique das le cadre du développement durable.
    C’est très volumineux et long à lire. Je serai amené à faire d’ici quelques temps quelques articles à ce sujet.

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lancien

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