Samedi 23 décembre 2017 à 11:55

Actualité

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      Comme tous ceux qui regardent la télévision, la collision entre un train TER et un autocar de transport scolaire m'a rempli de tristesse, en pensant à la peine des parents dont les enfant sont morts ou blessés. J'ai eu moi même des enfants et je sais ce qu'un tel malheur m'aurait fait.
      Mais je suis un peu étonné des réactions du transporteur et de la SNCF et surtout de la légèreté avec laquelle le procureur communique, sans penser, ni à la peine des parents, ni à la détresse de la conductrice du car.
     Je ne sais pas ce qui s'est passé réellement, mais si on s'en tient à ce qu'a dit le procureur à la télé, c'est une honte de l'accuser aux yeux de la France entière avec des arguments aussi peu logiques.

   Voyons d'abord comment fonctionne un passage à niveau avec barrières.

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      Une pédale au sol détecte le passage du train qui arrive sur le passage à niveau à une distance assez grande fonction de la vitesse maximale règlementée du train à cet endroit, et ferme un contact qui transmets immédiatement un courant électrique sur une borne lumineuse clignotante et sonore. Ce signal indique aux automobilistes que les barrières vont se fermer. Elles commencent à se fermer 7 secondes après et cette fermeture dure de 6 à 10 secondes. Donc 17 secondes après le passage du train sur la pédale, le passage à niveau doit être fermé. Le train ne passera sur le passage à niveau que 8 à 27 secondes plus tard, selon la configuration des lieux et la vitesse théorique du train, pour laisser le temps à un automobiliste qui se serait engagé sur le passage de sortit, en cassant éventuellement la seconde barrière si celles ci obturent entièrement la route.
     En général la fermeture des barrières déclenche un feu vert à l'intérieur de la cabine du conducteur du train, qui doit immédiatement freiner d'urgence si ce signal ne se déclenche pas. Il a par ailleurs alors obligation de faire "siffler" sa machine.
    
Lorsque le dernier wagon passe sur une autre pédale 2 à 8 secondes après son passage devant les barrières, ces dernières sont à nouveau alimentées en courant électrique et se relèvent .
     L'alimentation de l'ensemble de détection se fait soit par le courant électrique EDF, soit par des batteries, et les moteurs des barrières sont en général reliées au courant EDF (par des conducteurs propres à la SNCF).

    Cela m'a choqué de voir que l'entreprise de cars et la SNCF commençaient à ergoter sur leurs responsabilités réciproque devant les journalistes, dès le jour même de l'accident. C'est à mon sens un manque de respect vis à vis de la peine des familles. Et de toutes façons il allait y avoir une enquête.
    Mais surtout, je trouve le procureur particulièrement léger, quand il annonce qu'il met la conductrice en examen uniquement parce que selon lui, la barrière était fermée avant le passage du train. Il n'en dit pas assez, et si ce sont ses seules raisons, c'est une enquête bâclée !

   On ne parle que de la barrière mais pas du signal sonore et lumineux,, qui est aussi important sur le plan des responsabilités. Quant à la barrière le procureur a seulement indiqué que le socle de la barrière était en position de fermeture après l'accident.
   Que la justice ne croie pas à priori la conductrice du car et le conducteur SNCF, c'est normal : ils sont partie prenante des responsabilités et il est important de ne pas les accuser à tort; ils sont déjà assez choqués comme cela et doivent se sentir en partie responsables.
   Il y a des témoignages contradictoires d'autres personnes, les uns ayant vu la barrière ouverte, d'autres fermée :  c'est normal, a t'on fait bien attention aux détails et surtout quand par rapport à l'instant de l'accident.
   Plus troublante cette photo prise par un jeune avec son téléphone portable, qui montre la barrière ouverte. Est elle réelle ert quand a t'elle été prise? Mais le procureur n'en souffle mot !
   Et on ne dit rien non plus des témoins qui affirment que le signal sonore et lumineux ne fonctionnait pas
   Pas un mot non plus sur des vérifications des pédales de commandeet de l'alimentation électrique..

   Je pense que le procureur ne devrait pas accuser tant qu'il ne sait pas exactement ce qui s'est passé.
   La conductrice suivait un autre car. SI la barrière ne s'est pas fermée, elle n'est responsable de rien; c'est la faute des mécanisme.
   Si la barrière s'est fermée, quand ?
   Si elle s'est fermée avant que le car ne passe, celui-ci a dû défoncer la barrière. C'est étonnant car la vitesse n'est pas en cause vu le tournant à angle droit avant le passage à niveau; le procureur a d'ailleurs parlé de 12 km/h. Je ne vois guère un conducteur de car scolaire, arrivant à si faible vitesse, prendre le risque de défoncer délibérément une barrière de passage à niveau fermé. Et casser une barrière doit laisser des traces sur elle-même et sur le car et les morceaux sont projetés vers l'avant.
   Si la barrière s'est fermée au moment du passage du car, d'une part la conductrice aurait du voir le sigal sonore et lumineus et d'autre part le train n'aurait pas dû être là encore. Et comme il n'y avait pas de deuxième barrière, le car aurait eu le temps de sortir des voies.
   Si la conductrice est passée à gauche de la barrière (ce sont des barrières n'obturant que la moitié de la route), d'une part c'est totalement invraisemblable de prendre un tel risque et d'autre part, elle aurait dû retourner à droite et donc se trouverpresque dans le sens du train. Le car n'aurait pas été coupé en deux, mais traîné sur les voies.

   Bref en l'absence d'explication sur le déroulement de l'accident, la thèse qui paraît la plus vraisemblable est celle de la barrière ouverte.
   Alors où le procureur a d'autres explications complètes et certaines, ou il aurait mieux fait de se taire.
   S'il n'a pas plus de faits que ce qu'il dit, il est honteux d'accabler la conductrice qui doit déjà se sentir responsable de ces malheurs.
   Je pense qu'il serait bon que les magistrats suivent des cours de communication avec les journalistes et reporters.
   Mais aucun de ceux -ci n'a élevé la voix pour faire les remarques ci-dessus. Ils ne font pas bien leur métier n'attachant de l'importance qu'au sensationnel ou au voyeurisme et non à la recherche de la vérité.
   Je pense que tous auraient dû laisser les famille tranquilles avec leur immense peine et ne parler responsabilité que lorsqu'on serait sûrs de ce qu'on avance.

Mercredi 20 décembre 2017 à 18:01

Enseignement, école, fac

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     Je suis scandalisé quand j’entends des personnes s’intéressant à l’éducation des enfants, dire qu’il faut être modernes et leur apprendre à écrire sur un clavier et non à la main . C’est une ânerie et cela montre leur ignorance des processus d’apprentissage du cerveau.
    Je ne sais pas si ces personnes tapent rapidement un texte sur un clavier, mais si c’est le cas, elles auraient dû s’apercevoir, lors de leur apprentissage de la frappe, que le cerveau fonctionnait très différemment par rapport à l’écriture manuelle.

    Parole, lecture et écriture ont beaucoup de points communs, au niveau du cerveau. Le centre de Wernicke analyse mots et phrases pour les comprendre, le centre de Geschwind fournit le vocabulaire et le centre de Broca élabore les phrases, leur grammaire et leur syntaxe, puis transmets les information au centre pré-moteur situé près de lui, qui élabore les ordres qui sont transmis au cortex moteur. Là intervient une différence entre la parole où ce sont les commandes des muscles de la bouche la langue et le larynx qui interviennent, alors que pour l’écriture ce sont ceux de la main. Evidemment les sens interviennent à l’origine (vue, ouïe, toucher) et le cortex préfrontal dirige tout le processus, car c’est lui qui élabore la pensée.
    Quand on écrit à la main, l’écriture d’un mot est « attachée », les lettres étant liées entre elles; le cerveau pense une phrase, Broca décompose en mots et syllabes (l’orthographe), de façon automatique et inconsciente et le centre pré-moteur a mémorisé l’écriture des syllabes.et fait écrire le mot « d’un trait de plume ».
    Quand on tape sur le clavier d’un ordinateur (d’une machine à écrire ou sur celui d’un téléphone pour un SMS),  le cerveau doit faire un effort supplémentaire car il doit décomposer le mot en lettres car elles vont être tapées une par une. Certes le processus est inconscient aussi quand on a appris à taper (il ne l’est pas du tout au début de l’apprentissage où on épelle consciemment, et on ne gagne en vitesse que lorsque ce processus devient automatique)

    Quand l’enfant apprend à lire et écrire, il doit d’abord apprendre les lettres, puis les syllabes (son et écriture) presque avant d’écrire des mots?. Il faut que cela soit mémorisé pour que l’on puisse passer aux mots et à leur signification. Partir initialement des mots (la méthode globale), a fait preuve de son échec et des défauts de lecture et d’écriture qu’elle entraîne.
    Apprendre sur un clavier est absurde, car cela gêne l’apprentissage des syllabe en introduisant une difficulté supplémentaire qui est d’épeler les mots, alors qu’on n’est pas encore au stade de ceux-ci.

    Un autre avantage de l’apprentissage de l’écriture à la main est lié à la mémoire. Dans la frappe au clavier les mains (les doigts) repèrent et mémorisent l’emplacement des touches sur le clavier, correspondant à chaque lettre, mais pas l’écriture d’un mot. L’orthographe sera donc purement visuelle et auditive. Au contraire les mains dans l’écriture manuelle ont un mouvement complexe, qui demande plus d’effort à la mémoire pour chaque mot. La mémoire musculaire va aider les deux autres mémoires pour l’écriture et notamment l’orthographe.
    Quand j’hésite au clavier sur l’orthographe d’un mot, je l’écris à la main et je me trompe très rarement.

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    Il existe aussi des polémiques sur : vaut il mieux prendre des notes à la main ou au clavier. Cela n’intervient que pour des élèves ayant déjà une grande pratique de l’écriture, au lycée ou dans le supérieur.
    Je n’ai pas encore vu quelqu’un taper suffisamment vite pour retranscrire in-extenso le discours d’un professeur. Et en admettant que cela soit possible, la personne sera tellement absorbée par son impératif de rapidité, qu’elle ne comprendra pas ce qu’elle écrit.
    Dès lors quand on veut prendre des notes sur un cours par exemple, il faut résumer la parole de l’intervenant, de noter l’important, ce qui a du sens, les idées principales, la structure logique de l’exposé (plan détaillé annoté).
    Des études ont été faites par des psychologues et elles montrent que les personnes prenant des notes au clavier et tapant vite, sont tentées de prendre davantage de textes « in extenso » sans analyser suffisamment le contenu.
    Au contraire les personnes qui écrivent à la main sont conscientes de la moindre vitesse et analysent davantage l’exposé avant de le noter.
    De plus si les personnes ne possèdent pas bien l’automatisme du clavier et doivent le regarder souvent, elles se basent davantage sur la parole, alors que l’écriture à la main étant entièrement automatique, le noteur peut regarder les images des diapositives en m^me temps qu’il écoute et cela l’aide dans son analyse.
    Les psychologue ont d’ailleurs constaté dans leur études que les personnes qui analysaient le contenu de l’exposé pour prendre des notes significatives, retenaient beaucoup mieux ce qui avait été dit lors de la conférence, le cortex préfrontal faisant mémoriser une parte de sa réflexion.

    Ce qui est important ce n’est donc pas tellement d’écrire avec un clavier ou à la main, mais de se forcer à se demander tout au log de l’exposé comment les idées s’enchaînent, et, à tout instant, quel est le message, comment le résumer et sélectionner l’essentiel de l’information reçue.
    D’ailleurs n’est il pas beaucoup plus facile de reprendre les notes que l’on a prises soi-même, plutôt que celles prises par un autre ou celles d’un polycopié.

Samedi 16 décembre 2017 à 11:31

Informatique, médias, internet

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     Un de mes jeunes lecteurs m’a demandé comment se faisait la reconnaissance des visages par un ordinateur, et si cela permettait, comme certains journaux, ou personnes sur internet, le disaient, de servir de mot de passe ou de reconnaissance faciale, par exemple pour payer un achat avec son smartphone.
    Je vais essayer de répondre à cette question, mais je ne suis pas dans le secret des constructeurs tels Apple ou Samsung.

    Les méthodes de reconnaissances faciales sont connues, mais la précision et la fiabilité demandées ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agit de reconnaître un visage ami sur les photos de votre ordinateur, d’identifier un suspect pour la police ou de servir de mot de passe pour une opération financière.

    Les méthodes sont les mêmes : on projette sur le visage des points à des endroits bien précis et on va faire une cartographie en mesurant des distances et des angles d’orientation caractéristiques, qui varient selon les individus. Ce sont en général les yeux qui servent d’origine à cette triangulation.
    Il est certain que si l’on n’a qu’un petit nombre de points, plusieurs individus peuvent avoir la même « carte », et donc la reconnaissance faciale ne pourra les différencier. Pour que cette probabilité de doublon devienne plus faible, il faut donc augmenter de plus en plus le nombre de points.
    Tout dépend donc de la sécurité que l’on recherche et dans quelle population de visages.

    Il est certain que si vous voulez seulement reconnaitre les personnes de votre carnet de photos, d’une part ce n’est pas catastrophique si l’ordinateur se trompe, car vous pouvez rectifier, et d’autre part la population est celle de votre famille et vos amis, et donc limitée. Les chances de doublons sont faibles. On pourra se contenter de quelques dizaines, voire quelques centaines de points.
    J’ai un tel logiciel sur mon Mac, et il se trompe de temps en temps, si la personne a des cheveux qui lui cachent le visage, si elle porte des lunettes de soleil, et il ne sait pas différencier des jumeaux qui se ressemblent beaucoup. Evidemment il ne la reconnait pas si elle porte un passe-montagne.
   
    Pour la police si l’on recherche un individu d’après une photo, la population est très importante et les doublons peuvent être nombreux. Il faut donc passer à quelques milliers de points.
    Mais on ne demande pas une certitude absolue; si le logiciel sort de son analyse faciale deux ou trois individus, d’autres méthodes permettront d’affiner qui peut être suspect. Cela reste une aide précieuse.

    Servir de mot de passe, c’est à dire d’autorisation pour faire une opération importante, notamment financière est un tout autre problème.
    La population est celle du monde entier.
    Surtout il faut non seulement reconnaître celui qui aura le droit de faire l’opération, mais il faudra non seulement éliminer des gens qui lui ressemblent, mais aussi ceux qui essaieront de se faire passer pour lui, grâce à des astuces diverses.
    Il faudra cette fois ci des dizaines de milliers de points de référence.
    Mais cela ne suffit pas; en effet si on présente à l’appareil une photo du propriétaire, l’analyse faciale sera correcte et il dira « oui ».
    Il faut donc une photo en relief, une analyse faciale en 3D, prise à l’origine sur le propriétaire et faite ensuite sur l’éventuel intrus.
    Une personne qui veut tromper l’appareil peut mettre un masque reproduisant le visage du propriétaire. Il faudra donc faire une partie de la reconnaissance en infra-rouge, pour déceler la chaleur du visage et celle atténuée par le masque.
    Pour compliquer la tâche des intrus, on prendra plusieurs cartes du visage, par exemple de face, de profils ou sous d’autres angles.

    Un inconvénient surgit alors : la cartographie est si détaillée, si précise, que si vous modifiez tant soit peu votre visage, votre appareil ne vous reconnaîtra plus. Il faut donc que votre appareil fasse régulièrement des mesures sur vous même et qu’il possède un peu d’intelligence artificielle pour s’adapter.

    Je ne sais pas si l’on verra bientôt des appareils faire cette gymnastique complexe, à un prix abordable. Je sais qu’Apple et Samsung y travaillent, mais je sais par exemple qu’Apple dit ne pas avoir résolu le problème de deux jumeaux.

Mercredi 13 décembre 2017 à 15:01

Actualité

      J’ai suivi à la télé, comme certainement beaucoup de personnes, la cérémonie à l‘église de la Madeleine, pour les funérailles de Johnny Hallyday.
    Certes je connaissais le texte de Prévert, dit par Fernand Reynaud :


A l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s’en vont dans le noir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L’autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l’oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l’été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C’est un très joli soir
Un joli soir d’été
Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

    Mais j’ai surtout beaucoup apprécié un texte superbe que je ne connaissais pas, dit par Sandrine Kimberlain sur la vie, dont l’auteur est mère Thérésa.

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            « La vie est la vie »

    La vie est beauté, admire-la
.
    La vie est félicité, profites-en.
    La vie est un rêve, réalise-le.

    La vie est un défi, relève-le.

    La vie et un devoir, fais-le.

    La vie est un jeu, joue-le.

    La vie est précieuse, soigne-la bien.

    La vie est richesse, conserve-la.

    La vie est amour, jouis-en.

    La vie est un mystère, pénètre-le.

    La vie est une promesse, tiens-la.
    La vie est tristesse, dépasse-la.

    La vie est un hymne, chante-le.

    La vie est un combat, accepte-le.

    La vie est une tragédie, lutte avec elle.

    La vie est une aventure, ose-la.
    La vie est bonheur, mérite-le.

    La vie est la vie, défends-la.

Mère Teresa (1910-1997)

Samedi 9 décembre 2017 à 12:11

Ecologie, Changement climatique

J’ai lu, dans le magazine « La Recherche », un article interessant mais très alarmant, de Bérénice Robert sur la pollution de l’environnement et ses méfaits.

    Une étude de plusieurs organisations scientifiques conclue qu’en 2015 la pollution de l’environnement serait responsable dans le monde, de 9,6 millions de morts :
        - 6,5 millions dus à la pollution de l’air;
        - 1,8 millions dus à la pollution de l’eau;
        - 0,8 millions dus à la pollution du lieu de travail;
         - 0,5 millions dus à la pollution du sol.
    C’est 3 fois plus que les morts dues au sida, à la tuberculose et au paludisme réunis et 15 fois plus que les décès dus aux guerres et aux formes nombreuses de violence.
    Il est inquiétant de constater qu’autrefois les principales causes de décès dans le monde, étaient les épidémies, les guerres et la famine. Aujourd’hui c’est principalement la pollution.

    On est toujours un peu sceptique devant ces chiffres car on se demande comment on les établit et si les statistiques correspondantes sont fiables, car beaucoup de facteurs influent sur la santé des gens et il paraît difficile de séparer les morts due à une cause particulière.
    En fait les organisations en cause ont utilisé une méthode assez différentes de celles que l’on met en avant dans les systèmes divers d’information, car ils ne sont pas partis des statistiques de morts, qu’il est difficile d’attribuer à une cause unique..
    La fondation « Pure Earth » a rassemblé une énorme base de données sur les 4000 sites les plus pollués dans le monde.
    Cette association, l’organisation mondiale de la santé (OMS) et l’institut de la santé de Seattle ont alors calculé, à partir des données connues sur l’influence des doses des polluants absorbés sur la santé, quelles seraient les conséquences dans le temps de ces pollutions.
    C’est en appliquant cette méthode à toutes les zones de la planète qu’ils sont arrivés à ce chiffre global, et qu’il ont dressé la carte ci-dessous qui donne le nombre de décès sur 10 000 personnes selon les lieux géographiques :

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    Ces études sont un constat; on ne sait pas comment évoluent ces chiffres car c’est la première fois que l’on dispose des données permettant de les établir.
    Ces morts ne sont pas dues pour la plupart à des maladies transmissibles dues à des microbes : ce sont des maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux, les broncho et pneumopathies, telle l’asthme ou des empoisonnements par des substances toxiques.
    Les problèmes de pollution de l’eau potable touchent surtout l’Inde et l’Afrique, la pollution de l’air l’Inde et la Chine, tandis que dans les pays développés c’est surtout la pollution par les particules fines et les métaux lourds qui est en cause.
    L’Agence européenne de l’environnement estime, quant à elle, que le nombres de décès en Europe serait de l’ordre de 500 000.
    Entre les dépenses de santé et la baisse de productivité dues à ces pollutions, le coût en serait énorme, estimé pour les seuls pays à haut revenu (qui sont les moins pollués), à 45 milliards d’euros pour 2015.
    Les zones plus touchées sont celles socialement défavorisées.

    Et ce qui est encore moins rassurant c’est que les chercheurs estiment que leurs chiffres sont nettement sous-estimés, car ils n’ont pas pris en compte, faute de données suffisantes et du fait de la latence des maladies correspondantes, les effets de produits récents tels les perturbateurs endocriniens ou les herbicides.

    Bref entre le changement climatique et la pollution, l’homme détruit peu à peu la vie sur terre. Il serait temps de s’en occuper.

Mercredi 6 décembre 2017 à 13:42

Notre cerveau : intelligence; langage

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      Nos sens perçoivent en permanence des images, des sons, des odeurs provenant de notre environnement. Mais très souvent ces sensations s’accompagnent de mots qui sont mémorisés en même temps qu’elles. Ce sera une date, les noms de personnes ou d’objets, le souvenir de paroles……
    Dès que l’enfant l’a acquit, le langage est le support permanent de notre pensée. C’est le principal moyen que nous avons de faire connaître aux autres ce que nous pensons, que ce soit des faits, une histoire, des considérations logiques, un raisonnement, mais aussi des émotions, à la suite de paroles, de lecture, d’images, de sons….
    En définitive sans les mots, nous ne serions pas capable de grand chose. Les animaux ont des langages, mais ils ne reposent pas sur les mots et c’est ce qui différencie l’homme. Encore qu’on puisse apprendre à un chien la signification de quelques centaines de mots (sans qu’on sache parfaitement comment il les interprète), et on peut apprendre aux singes supérieurs, le langage des sourd muets avec une syntaxe limitée : sujet verbe complément et parfois des adjectifs.

    Mais un phénomène nous rend perplexe : le langage intérieur.
    Nous en sommes très conscient quand nous écrivons un article comme celui-ci. Tout en réfléchissant, je me dicte inconsciemment le texte, légèrement en avance sur ce que j’écris. Là je transcris vraiment ma pensée par des mots « palpables » parce qu’ils sont en noir sur un papier ou sur l’écran de mon ordinateur.
    Mais ce dont nous nous rendons moins compte, c’est que lorsque nous pensons à un sujet donné, nous nous parlons intérieurement avec des mots, des phrases.
    On s’en rend mieux compte avant de s’endormir, car il y a peu de bruit, pas de lumière, on est enfermé dans sa chambre et donc il n’y a rien pour distraire notre attention. Là on se rend compte qu’on réfléchit à quelque chose avec des mots que l’on se dit à soi-même. Parfois le sommeil arrive pendant quelques secondes et on se réveille, et on s’aperçoit alors que la phrase que l’on était en train de se dire, a dégénéré sur une suite illogique de mots, sans rapport avec le sujet et quelquefois même sans signification cohérente.
    Sans le langage, nos pensées ne seraient qu’un suite de sensations, des images notamment, mais nos raisonnements, nos pensées et nos souvenirs seraient considérablement réduits. C’est d’ailleurs pour cela q’un enfant n’a pratiquement aucun souvenir réel de sa vie avant de maîtriser le langage (si ce n’est par des récits de ses parents ou des photos, qui ne sont donc pas des souvenirs acquis sur le moment).
    Il arrive aussi parfois qu’on se dise quelque chose à voix haute, mais c’est plus rare, (sauf chez le jeune enfant), et l’on appelle cela le « dialogue privé », alors que le « dialogue intérieur » à notre cerveau, est permanent.
    J’ai fait plusieurs articles sur la production et la compréhension du langage dans ce blog, qui indiquent le rôle des centres de Broca, de Wernicke, de Geschwind, des centres d’interprétation auditive et du chef d’orchestre, le cortex préfrontal.
    Qu’en est il pour le dialogue intérieur ?

    Le discours privé des enfants a fait l’objet d’études par les psychologues.
    Jean Piaget spécialiste du développement de l’enfant, pensait que cela résultait chez le jeune enfant, du fait qu’il n’était pas encore habitué à écouter les autres et à comprendre et suivre un dialogue avec autrui, sur des sujets de comparaison des points de vue. Cette attitude diminuait ensuite du fait que cette capacité de dialoguer avec autrui devenait une habitude.
    Un autre psychologue russe, Lex Vygotski, pensait au contraire que l’enfant réemployait dans ce discours privé, des termes qu’il avait déjà réussi à employer dans un dialogue réel avec autrui, et qu’il s’en servait pour se contrôler lui-même et trouver des idées, des solutions, des actions à faire.
    Un ordinateur utilise un langage (celui de la programmation), mais il ne fait qu’appliquer les directives logiques du programmeur. Il ne peut penser à de nouvelles actions en dehors de celles prescrites par ce programme.
    Le robot qui possède une certaine « intelligence artificielle » est capable de créer des morceaux de programme pour se commander lui même : il a eu un dialogue intérieur, dans le langage particulier de programmation qui est le sien.
    En fait dans le dialogue entre deux personnes, chacun gère ses propres idées mais en s’adaptant à ce que chacun perçoit et reçoit de l’autre, cela en manipulant le langage à haute voix. Si le dialogue intérieur est une adaptation de cette situation pour discuter avec nous mêmes en vue de la réflexion, de la décision et de l’action, alors les centres du langage devraient intervenir dans ce dialogue intérieur.   
    C’est ce que les neurobiologistes ont voulu vérifier en demandant à des personnes d’avoir un dialogue intérieur, sous IRM. C’est notamment le cas de Charles Fernyhough de l’université de Durham, en Angleterre à qui j’emprunte les schémas ci dessous, que j’ai un peu transformés.

    Toutefois le problème est un peu plus complexe car le dialogue intérieur peut avoir deux aspects différents : un monologue, comme par exemple lorsque j’écris cet article, ou un dialogue, lorsque je compare plusieurs solutions à un problème. De plus dans un monologue, on peut nous demander de penser seulement à des mots prédéfinis, ou au contraire de créer des phrases comme dans la rédaction d’un article.
    L’IRM a confirmé que dans le « monologue intérieur imposé », les centres qui intervenaient étaient ceux de la parole , sous la coordination du cortex frontal et sans que les centres moteurs de la diction interviennent : le centre de Broca qui gère grammaire et syntaxe pour produire les phrases et le centre de Geschwind qui gère le vocabulaire.
    Dans un « monologue intérieur libre et créatif », non seulement ces centres interviennent mais aussi l’aire de Wernicke, qui traduit les sons en mots et phrases compréhensibles. et un autre centre, le gyrus de Heschl, qui contient les aires auditives primaires et secondaires,Tout se passe comme s’il y avait une écoute de soi-même, de ce que l’on va se dire intérieurement, comme si l’on écoutait une autre personne.

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    Dans le cas du « dialogue interieur », d’autres centres interviennent : ceux qui, dans l’hémisphère droit interviennent dans la « cognition sociale » : les équivalents des centres de Broca et de Wernicke dans cet hémisphère, qui interprètent les composantes émotionnelles du langage, et un centre situé à leur extrémité, qui intervient lorsque nous essayons de comprendre la pensée de nos interlocuteur, ce qu’il y a derrière les mots que Wernicke a déchiffré.
    Le gyrus frontal antérieur gauche intervient également; outre l’aire de Broca, liée directement au langage; qu’il contient, il participe à la compréhension d’un dialogue avec autrui, mais probablement avec un aspect plus logique, alors que les centres de l’hémisphère droit examinent plutôt l’aspect émotionnel.
    Deux autres gyrus sont aussi activés : le cortex cingulaire postérieur qui intervient surtout avec l’hippocampe dans des rappels de mémorisations et le précunéus qui est l’un des centres restant actifs même lorsque le cerveau est au repos, et qui a un rôle important dans la conscience de soi et par opposition de celle d’autrui.

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    Tout se passe donc dans le dialogue intérieur avec nous mêmes, comme dans un dialogue avec autrui : il nous faut être capables de nous représenter le point de vue de notre interlocuteur, de le suivre à chaque échange, et de modifier notre propre pensée en fonction des évolutions de la conversation.
    Dans le cas du monologue ou du dialogue intérieur, notre interlocuteur est nous même avec lequel nous envisageons diverses hypothèses et pensées.

Samedi 2 décembre 2017 à 17:45

Préférences cérébrales

                            Notre personnalité : description "préférences cérébrales"
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J’ai fait un certain nombre d’articles sur les préférences cérébrales et la personnalité car c’est un sujet qui m’intéresse et surtout je suis persuadé qu’il est important de se connaître. Par ailleurs étudier les préférences de deux interlocuteurs m'a souvent permis d’expliquer leurs différends et donc de les apaiser.
            Une question m’est souvent posée : ma personnalité peut elle évoluer? J’ai déjà traité ce sujet dans ce blog (cf article du 12 avril 2017). Mais on me pose aussi une autre question : comment acquiert on notre personnalité et quelle est l’influence de l’environnement et notamment des parents?  Je vais essayer d’y répondre.

             Il y a bien sûr une part génétique ou du moins innée, car nos préférences sont en partie présentes dès l’enfance, et il sera d’autant plus difficile d’évoluer sur une préférence donnée que celle-ci est très forte et que la préférence antagoniste est faible.
            On verra par exemple très vite (vers un an par exemple), le caractère fortement extraverti ou introverti d’un bébé.
            Mais l’impact de notre entourage, parents, professeurs, camarades est très influent.
            Les psychologues constatent que notre personnalité évolue peu au delà de 30 ans, et que par contre, l’enfance et l’adolescence sont des périodes très importantes.

            Il est certain que l’éducation que nous donnent de nos parents nous fait prendre certaines habitudes et influe donc sur notre manière d’agir. Elle forge en particulier notre « estime de soi » et donc notre assurance dans nos comportements.
            Les psychologues dénombrent principalement quatre comportement positifs des parents (et éventuellement grand-parents), vis à vis de leurs enfants (et petits enfants) :
                         - apporter amour, attention, conseils et assistance: 
                         - savoir écouter et avoir une bonne communication;
                        - inculquer des règles et une discipline juste et logique, ferme mais chaleureuse;
                        - mettre en contact l’enfant avec ce qui peut le rendre plus mature, plus responsable, mais en l’encadrant dans ses tentatives.
            Par contre des parents trop autoritaires, trop laxistes ou trop protecteurs rendront leurs enfants moins sûrs d’eux mêmes et moins heureux par la suite.
           Toutefois il y a aussi une rétroaction : les parents ne traiteront pas de la même façon un enfant calme et réfléchi par rapport à un enfant impulsif et turbulent.

            Les parents (et le milieu éducatif) ont également une grande influence sur notre caractère rigoureux et organisé (la préférence J/P ou le caractère consciencieux du Bigfive) et sur notre curiosité intellectuelle (préférence G/S ou l’ouverture d’esprit du Bigfive).
            A l’origine il s’agit de comportements pratiques : par exemple ranger sa chambre, ses affaires, être à l’heure, organiser son activité; cela se traduit ensuite par un caractère plus rigoureux, plus discipliné, plus consciencieux et par un sens du devoir.
            Les parents qui partagent des activités avec leurs enfants (lecture, films, activités artistiques), qui suscitent et répondent à des questions, et leur apprennent à trouver des réponses à des questions scientifiques ou techniques sur internet, développent leur ouverture d’esprit et leur curiosité intellectuelle, en même temps qu’ils accroissent l’intensité de leur relation mutuelle.
            Certes ce sera plus facile d’apprendre l’ordre et l’exactitude à un enfant de préférence J, mais on pourra donner un minimum de ces comportements à un enfant de préférence P, et à l’inverse, si on ne l’éduque pas, un enfant P aura une vie complètement pagailleuse et sans contrôle du temps.
            La réussite ou l’échec scolaire résulte certes en partie des capacités intellectuelles de l’enfant, de la façon dont est fait l’enseignement en classe, mais elle dépend beaucoup du travai qu’il fournit et pour moitié du comportement des parents d’une part en matière d’éducation et d’instruction, et d’autre part de style parental.

            Le comportement psychologique et émotionnel de l’enfant subit aussi une grande influence de son éducation et de son environnement. Des circonstances difficiles peuvent fortement influencer l’anxiété : mauvais traitements, indifférence des parents, disputes et divorce, trop de sévérité ou de laxisme, attitude trop protectrice.

             Pour les adolescents, l’importance des parents diminue, surtout aujourd’hui où ils servent moins de modèle. Ils partagent l’activité des copains, leurs goûts et leurs valeurs, et ont tendance à se regrouper avec ceux qui ont des personnalités voisines.
            Ils ont donc une certaine influence sur leurs personnalités mutuelles, mais qui tend plus à les renforcer qu’’à les modifier.

             L’influence des professeurs et de l’instruction est différente. Elle renforce les capacités logiques, (mathématiques) d’expression et de communication et développe la curiosité intellectuelle et le contact avec des idées et opinions multiples (littérature). Et surtout le travail au collège et au lycée développe la capacité d’effort et de travail, si l’adolescent s’y prête et ne sacrifie pas son activité au profit des SMS, réseaux sociaux et distractions avec ses camarades.
          Ce n’est pas à proprement parler une modification de la personnalité, mais cela agit sur les préférences L et G qui sont accrues, ou rééquilibre une personne V et S. (en langage Bidfive, cela accroit le « caractère consciencieux, l’ouverture d’esprit, mais aussi la solidarité conciliante en groupe (le mot anglais agreabilité, qui ne veut pas dire agréable, mais capable d’adhésion agree-able).
            Il est certain que des études scientifiques poussées développent la préférence L.

             Le passage dans la vie active et professionnelle va encore légèrement influencer la personnalité, augmentant en général l’aspect extraversion (même pour un introverti) et obligeant à mieux s’organiser (préférence L/P).
            Mais à partir de 30 ans la personnalité variera beaucoup moins.



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Mercredi 29 novembre 2017 à 19:31

Informatique, médias, internet

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     Je ne peux pas dire que je sois rétif aux technologies modernes : je me sers d’un microordinateur depuis 1979 et j’avais mis en place en 1987 dans la société où je travaillais 2000 macintoshs et une messagerie interne qui ressemblait à internet.
    Depuis 1997 j’avais un mac moderne avec accès à internet et aujourd’hui je m’en sers énormément. Je suis presque à zéro papier et j’utilise en permanence ma messagerie.
    Par contre je vais peu sur les réseaux sociaux car je n’aime pas raconter ma vie en public et je m’en sers surtout pour communiquer avec mes petits enfants qui sont éloignés de la région parisienne, ainsi qu’avec quelques amis.
    Je ne suis pas un fana SMS et je ne vais pas sur internet à partir de mon téléphone portable pour trois raisons ; d’abord j’ai toujours à ma disposition un ordinateur connecté (donc ma messagerie), et un téléphone fixe (sauf dans la rue et dans le métro, et c’est pour cela que j’ai quand même un téléphone mobile), je trouve qu’écrire un SMS est trop lent et qu’on ne peut pas dire autant que sur un mail, et d’autre part la faible surface de l’écran des téléphones m’agace car je trouve qu’on n’y voir rien, par rapport à l’écran de 27 pouces de mon mac.
    Mais peut être que cela préserve ma santé mentale.!

     J’ai lu un article de Nicholas Kardaras (psychothérapeute qui a écrit un livre sur l’accoutumance à internet), sur l’utilisation aux USA des téléphones mobiles et des réseaux sociaux, qui m’a laissé perplexe.
    D’abord des statistiques ébouriffantes : toutes les secondes, le web y véhicule 7500 tweets, 2 millions d’e-mails, 1400 photos Instagram et 120 000 youtubes sont visionnés; sans compter 70 000 SMS. (cela fait plus de 6 milliards par jour soit 20 par personnes en moyenne !).
    Mais la France est presque aussi convertie : 30 millions de français utilisent Facebook, 6 millions tweetent et les jeunes enverraient une centaine de SMS tous les jours (je me demande bien ce qu’il peuvent avoir encore à dire  !).
    Je suis d’ailleurs toujours étonné du nombre de personnes, (et pas seulement des jeunes !), que je vois dans le métro, leur téléphone à la main en permanence et sur lequel elles jettent un coup d’œil au moins toutes les minutes.

    Les contacts sociaux étant un chose indispensable pour l’homme, on aurait pu croire qu’une telle communication était bénéfique. Il semble qu’il n’en soit rien.
    En 2014 l’université de San-Diego a examiné des données médicales de 7 millions d’adolescents et adultes et il a trouvé qu’il y avait beaucoup plus de symptômes dépressifs qu’en 1980. Cette augmentation semblait en partie due au manque de sommeil et de calme due à la frénésie d’internet et de l’attente de message, qui engendre un stress permanent.
    L’université de Houston a fait également des sondages qui montent que plus les étudiants passaient du temps sur Facebook, plus ils montraient des symptômes dépressifs.
    Deux raisons importantes semblent expliquer ces résultats :
        - d’une part la comparaison de ses conditions de vie à celles des autres est parfois déprimante, d’autant plus que beaucoup de ce qui est dit sur Facebook est très enjolivé et magnifié.
        - d’autre part notre équilibre psychique demande des contacts réels avec d’autres personnes vivantes et les contacts virtuels prennent tellement de temps que l’on n’a plus le temps d’avoir ces contacts réels avec de « vrais » humains en chair et en os (et avec un cerveau, des sentiments et des émotions).
    Notre cerveau est câblé pour permettre de nous adapter aux évolutions et donc à aimer les choses nouvelles. Une autre conséquence d’internet est que la multitude des informations et surtout de la possibilité de réponse à toutes nos questions, répond à ce besoin de nouveauté et se traduit par une suractivité qui peut être épuisante.
    Le problème, c’est en fait que l’utilisation d’internet étant considérée comme agréable, induit la production de dopamine dans notre circuit de récompense, et que si l’on en abuse, on peut arriver à l’addiction, comme pour le tabac, les drogues, l’alcool, le sexe ou les jeux.
    Les jeunes sont devenus pour beaucoup, accros aux textos. Ce n’est pas leur nombre qui est directement nocif, mais les conséquences qu’ils engendrent sur leur vie.
C’est l’impossibilité de s’arrêter, d’accepter les critiques, le fait d’être frustré quand on n’a pas accès à son addiction. Et c’est surtout le manque de temps pour faire autre chose et le manque de sommeil, qui engendrent stress et épuisement.
    L’activité compulsive digitale augmente les risques  de troubles compulsifs, d’échecs scolaire, d’utilisation d’alcool et de drogue.
    En fait paradoxalement l’activité virtuelle sur internet accroit notre sentiment d’isolement sans que nous nous en apercevions.
    Notre cerveau a besoin de relations réelles « face à face », de partager des expériences, des émotions des sentiments, des souffrances des joies, des rires, des jeux  et des pleurs. Un couple d’amoureux ne dure guère sur internet, s’il ne se voient pas réellement.
    Robin Dunbar, un anthropologue anglais, s’inquiète pour la santé mentale des enfants : le cerveau d’un enfant est en formation, en apprentissage, notamment en matière d’interaction sociale, d’empathie et de partage. La connexion virtuelle, illusion du contact humain, pourrait perturber ce développement.
    En définitive, certes les connexions digitales font partie de notre vie d’aujourd’hui, mais il ne faut pas qu’elles deviennent une addiction, et, pour que les enfants et les jeunes soient heureux et en bonne santé, ils faut qu’ils aient des relations avec des personnes réelles, bienveillantes à leur égard.

Samedi 25 novembre 2017 à 9:24

Sexualité, Homosexualité

L’homosexualité a fait couler beaucoup d’encre au moment du « mariage pour tous ». On a pu voir alors combien l’homophobie ressemblait à du racisme. Certains allaient jusqu’à regretter le temps où l'homosexualité était considérée comme une maladie mentale.

    Pourtant les neurobiologistes pensent de plus en plus que, en ce qui concerne les hommes, une conformation cérébrale favorise l’homosexualité.
    Deux types de recherches y contribuent :
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    1.) - Chez les hommes, plusieurs chercheurs (notamment LeVay aux USA) sont arrivés à la conclusion que certains noyaux de l'hypothalamus pouvaient être en relation avec l'orientation sexuelle.
                  - un noyau de l'hypothalamus (appelé dans leur jargon noyau intersticiel de l’hypothalamus antérieur n°3 :NIHA3) était deux fois plus gros chez les hommes hétérosexuels que chez les homosexuels et chez les femmes.
    Les neurones de ce centre de l’hypothalamus produisent une préhormone de libération des gonadotrophines hypophysaire (GnRH), qui stimule la production par l’hypophyse de deux autres hormones : la FSH (hormone folliculo-stimulante), nécessaire à l'ovulation chez la femme et à la production de spermatozoïdes chez l'homme, et la LH (hormone lutéinisante), qui est responsable du déclenchement de l'ovulation et stimule la production de testostérone.
     On trouve également une analogie entre les dimensions du noyau préoptique des femmes et des hommes homosexuels, par rapport à celui des hommes hétérosexuels qui contient deux fois plus de neurones.
     Toutefois ces études n’impliquent qu’une population restreinte et les homosexuels étaient morts du sida.
                - au contraire, un autre noyau (dit suprachiasmatique car il est localisé dans l'hypothalamus juste au dessus du chiasma optique, le croisement à l'entrée du cerveau des nerfs optiques droit et gauche), était deux fois plus gros chez les hommes homosexuels que chez les hommes hétérosexuels et les femmes.
     Je n'ai pas trouvé dans la littérature d'explication valable de ces constatations. Les hypothèses sur le développement de ces noyaux sous l'effet des hormones androgènes sur les gênes sont assez contradictoires.
    Il existe diverses études s'appuyant sur cette constatation de différence de formation de l'hypothalamus, qui prônent que l'homosexualité est héréditaire, (notamment une étude portant sur de vrais jumeaux, et une autre publiée en juillet 2006 portant sur la probabilité d'être homosexuel si on est le plus jeune d'une série de garçons dans une famille). Les  statistiques portent en général sur des populations très faibles et particulières et les chiffres sont très peu convaincants et très critiqués par les experts en statistique.
De plus une étude statistique permet de trouver des corrélations mais ne renseigne pas sur les relations de causes à effets
   En fait bien que le génome soit maintenant mieux connu, aucune explication n'est venue étayer cette théorie. On n'a pas trouvé le ou les gènes de l’homosexualité.

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    2.) - D’autres études ont porté sur le striatum, qui est un centre du cerveau central, composé de plusieurs centres , le putamen et le noyau caudé et le striatum ventral notamment; ce dernier centre est impliqué dans les comportements appétitifs et aversifs, notamment en ce qui concerne la prise alimentaire et l’activité sexuelle, ainsi que dans la gestion de la douleur.
    Les chercheur ont mesuré par IRM l’activité de ce centre dans le domaine sexuel, chez les hommes hétérosexuels, homosexuels et bisexuels. Ils ont montré que le striatum s’activait beaucoup moins chez les homosexuels à la vue de photos de femmes et chez les hétérosexuels à la vue de photos d’hommes et aà pau près autant pour les bisexuels.
    Le striatum ventral, qui contrôle nos motivations notamment pulsionnelles, agirait donc pour les homosexuels comme un frein vis à vis des femmes. Toutefois c’est le problème de la poule et de l’œuf : on ne sait pas si c’est pour cela que ces hommes sont homosexuels ou si c’est par apprentissage que le striatum réagit ainsi.

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    Chez les femmes, on a noté une activité relativement très supérieure à la normale des glandes surrénales, induisant des taux anormalement élevés d'hormones androgènes.
    Des études ont fait état de taux de testostérone élevés chez des lesbiennes, mais d'autres lesbiennes ne présentaient pas cette caractéristique.
    Par ailleurs on ne sait pas si le fait d'être homosexuel a une influence sur les taux d'hormones (ce pourrait être une conséquence et non une cause).
    Ces femmes présentent dans leur enfance des comportements de “garçon manqué” et devenues adultes, ont souvent tendance à nouer des relations homosexuelles.
    Par analogie avec des études menées sur des rongeurs, il est possible que ces niveaux élevés d'androgènes circulants, aient “orienté” les circuits cérébraux à l'origine dimorphes (notamment au niveau de l'hypothalamus), dans un sens masculin plutôt que féminin, avec pour conséquence, des jeux plus agressifs et finalement, le choix d'un partenaire sexuel féminin.
    Mais ce n'est pas prouvé. Injecter de la testostérone à un bébé guenon n'induit pas de comportement sexuel mâle et un singe castré (qui n'en produit plus) peut rester très actif sexuellement surtout s'il est entouré de femelles et même s'intéresser aux mâles.

    Nous n'avons pas de certitude d'explication physiologique précise de l'homosexualité, mais ce qui est certain, c'est qu'il est aussi absurde de reprocher à quelqu'un cette orientation, (pire encore de la considérer  comme immorale et de l'exclure de la société), que si on excluait ainsi un gaucher par rapport aux droitiers, ou quelqu'un qui souhaitait être scientifique, auquel on aurait donné une instruction littéraire (ou inversement).
   

Mercredi 22 novembre 2017 à 18:45

Enseignement, école, fac

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    Je suis toujours intéressé quand je vois les neurophysiologistes s’intéresser à l’apprentissage des enfants et à l’enseignement, notamment primaire.
    Ma grand-mère m’avait appris à lire à 4 ans et mon grand-père m’apprenait à compter ainsi que les quatre opérations.
    Ma belle-mère, qui était institutrice, puis directrice d’école, a appris à lire et à compter à mes enfants et à certains de mes petits enfants.
    Les méthodes qu’ils utilisaient n’étaient pas fondées sur la connaissance du cerveau, mais sur une longue expérience de ce qui était efficace et ne l’était pas.
    Depuis l’Education Nationale a trouvé ces méthodes ringardes et a prôné un enseignement « beaucoup plus moderne », basé sur les élucubrations de quelques inspecteurs et psychologue imaginatif, qui voulaient ne pas « traumatiser l’enfant », mais l’instruire en l’amusant, pour ne pas le fatiguer.
    Le résultat est probant : les enfants ne savent plus ni lire ni compter non seulement au sortir du CP mais même du CE2.
    Et je constate que les neurobiologistes qui voudraient tenir compte du fonctionnement du cerveau, recommandent les antiques méthodes de mes grands- parents ou parents enseignants.

    D’abord la lecture : la méthode dite » globale » dans laquelle on apprenait des le début de l’enseignement de la lecture, à reconnaitre les mots entiers, a été un véritable échec.
    Les neurobiologistes ont montré que l’apprentissage devait se faire d’une part par la répétition, mais également par l’assemblage de données logiques progressives, où nos organes de perception s’habituaient peu à peu à l’information.
    Ainsi il fallait commencer par apprendre les lettres, en les écrivants et en les prononçants pour s’habituer à leur son.
    Puis il fallait apprendre logiquement les syllabes simples, indépendamment de tout mot b+a=ba, b+e=be…. là encore en s’appuyant sur la vue et le son.
    Ensuite on peut utiliser ces données pour reconnaitre des noms simples, associés aux images correspondantes des objets dénommés; puis aborder des syllabes plus complexes telles que « on » ou « au », et les utiliser.
    Il faut attendre que ce mécanisme devienne un automatisme et que l’enfant n’ait plus besoin de syllaber pour lire un mot, pour avoir une approche globale.
    On peut alors apprendre des mots, du vocabulaire, mais en le définissant, et en l’associant à des images concrètes et en associant l’écriture à la lecture, car il y a une mémoire de la main (de ses commandes motrices), complémentaire des mémoires visuelle et auditive.
    Et ne pas vouloir trop tôt faire de la grammaire : masculin, féminin, pluriel… à fortiori sujet, verbe , compléments, adjectifs. Il faut d’abord que l’enfant sache lire une phrase en comprenant ce qu’elle veut dire, avant de lui compliquer la tâche par de nouvelles notions.
    Il faut qu’il ait déjà le plaisir de lire tout seul des histoires en les comprenant.
    Il est cependant nécessaire d’apprendre au préalable ce qu’étaient les accents et la ponctuation, par des explications des conséquences pratiques de leur usage.
    Cela parait fastidieux, mais c’est le seul moyen pour le cerveau d’obtenir un apprentissage qui reste ensuite définitivement, car il est devenu un automatisme inconscient.

    Voyons maintenant la numération et le calcul.
    L’enseignement actuel trouve peu intelligent de compter sur ses doigts et veut apprendre les modes opératoire, en négligent les exercices répétitifs manuels fastidieux et en utilisant tout de suite calculette et ordinateur. Là encore c’est un échec; je connais de nombreux jeunes de pus de vingt ans qui ne savent plus faire une division à la main, et la plupart sont nuls en calcul mental.
    Bien sûr il y a les calculettes et les tableurs, mais on se trope souvent sans s’en apercevoir d’un facteur 10 ou 100, par manque d’expérience de la numération.
    Lrs neurobiologistes estiment que au début de la rencontre avec les nombres, compter sur ses doigts est un réflexe presque inconscient et qui est salutaire pour avoir une notion pratique des premiers nombres et se familiariser avec le processus d’addition.
Avec la répétition, la mémoire crée un automatisme, mais compter sur ses doigts n’est pas, comme on le croit aujourd’hui un réflexe de mauvais élève iou de manque d’intelligence. C’est au contraire une stratégie intelligente.
    Et dans le cerveau, certaines zones motrices caractéristiques des doigts et des nombres sont proches voire se chevauchent.
    C’est d’ailleurs de l’usage de nos dix doigts que provient le système décimal.
    Son apprentissage ne doit pas être théorique. Ma grand-mère pour me faire comprendre le système utilisait des buchettes (des allumettes sans phosphore). Chacune représentait une unité et elle les groupait par dix avec un élastique, puis par dix paquet de dix avec un gros élastique, et en même temps me montrait comment était liée l’écriture du nombre, chaque chiffre étant en relation du nombre de buchettes, de paquets de &o et de paquet de 100. Et elle insistait bien sur les notions de 1, 10, 100, 1.000, 10.000… en utilisant ce point séparateur tant galvaudé aujourd’hui.
    Quant aux opérations c’est simple : c’est la répétition qui enseigne l’essentiel, en montrant le mécanisme et en répétant son application quelques centaines de fois.
    La « table d’addition » devient automatique à force de compter sur ses doigts. Quant aux tables de multiplication, il faut qu’elles soient apprises par cœur, pour que chaque item devienne un réflexe inconscient de la mémoire, et ensuite le mécanisme des multiplications et des divisions devient un réflexe à force d’en faire.
    Mais évidemment pour faciliter la compréhension et la mémorisation, il faut montrer qu’une multiplication résulte d’additions successives.
    Et il ne faut pas encombrer de théorie par d’autres notions inutiles, tant que le réflexe n’est pas acquit. Ne parlons surtout pas de théorie des ensembles pour montrer que 2X3 = 3X2. L’enfant s’en rendra compte très simplement par la pratique.
    Enfin le calcul mental n’est plus enseigné aujourd’hui. Et pourtant c’est lui qui donne une idée des ordres de grandeur et qui nous évite des erreurs grossières de calcul, en nous donnant une idée approximative des résultats. De plus il conforte la compréhension du système décimal.   
    Cela me semble bénéfique de prendre l’habitude que 362 X 5 = 3620/2 = 1810, ce qui est plus facile à faire de tête, ou que 25 X 9 = 250-25 = 225

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lancien

sortir de la tristesse

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