Mercredi 25 juillet 2007 à 9:31

Eveil, sommeil, rêves


   
Dans l'article précédent je vous ai fait un cours de SVT sur ce qui se passait dans notre cerveau pendant le sommeil et les rêves.
    Aujourd'hui je vais essayer de voir à quoi correspondent les rêves et comment on peut interpréter leur contenu.
   
   
Lorsqu'éveillés nous regardons quelque chose, une image de ce que nous voyons se projette dans les neutrone de l'aire primaire visuelle du cerveau, chaque neurone de la rétine envoyant par un circuit complexe de mise en forme, un signal à un neurone de cette aire.
    Lorsqu'on fait regarder à un singe une image géométrique et que l'on observe son cerveau par imagerie cérébrale qui montre les neurones actifs dans cette aire, on voit se dessiner l'image géométrique regardée. (dessin ci dessous).



    Les aires secondaires d'interprétation donnent ensuite des éléments sur cette image : couleur, texture, distance, déplacement, vitesse.....

    Il s'agit d'une perception réelle.

    Pour comprendre le rêve,
étant éveillés, fermons les yeux et essayons de penser à un évènement heureux dont nous avons gardé beaucoup de souvenirs.
Au bout de peu de temps de “concentration”, nous avons l'impression de voir des images des scènes de cet événement.

    Ce n'est pas une image réelle, nos yeux ne voyant rien.
   
Ce sont les neurones où ces images étaient “enregistrées”, qui sollicités par le cortex, ont envoyé via l'hippocampe et le thalamus, les signaux correspondant dans les aires secondaires visuelles qui les interprètent alors, comme s'il s'agissait d'images réelles en provenance de nos yeux et des centres primaires.
    C'est ce que l'on appelle des “images internes”.
    Elles ont été “commandées” par notre cortex car nous étions éveillés; la suite de ces images est donc cohérente, logique, réfléchie.

    Dans le rêve, le processus est le même, mais le cortex n'est pas là pour veiller à leur cohérences et la suite de ces images est donc le plus souvent  illogique et aberrante.

    De nombreuses études ont été faites pour savoir à quoi servaient les rêves, mais les scientifiques sont encore loin d'avoir fait le tour du problème.


1. - Une activité aléatoire du cerveau :
   
    Il est d'abord possible qu'une partie de nos rêves résultent de phénomènes purement aléatoires :  les images du rêve peuvent être produites par des impulsions nerveuses totalement aléatoires déclenchées par la libération de l'acétylcholine par les cellules du tronc cérébral. Le cerveau endormi fait alors exactement la même chose qu'il ferait durant l'état de veille avec des signaux visuels ambigus : le cortex et le cerveau émotionnel tentent de leur attribuer un sens, en vain, en les reliant à des images de notre mémoire et de notre vie..

    Dans ce cas, les rêves ne seraient donc  rien de plus que des tentatives désespérées du cerveau de produire des images cohérentes d'après  des signaux confus émis par le tronc cérébral. En résulteraient à chaque  nuit les histoires étranges de notre « cinéma de l'esprit »,  amalgame de préoccupations du moment et d'événements mémorisés avec leurs émotions associées.

2. - L'élimination de nos souvenirs superflus ou indésirables :

    Nos sens perçoivent chaque seconde de très nombreuses sensations : images, sons, ....Mais notre attention n'est attirée que par peu d'entre elles et nous en mémorisons encore moins, du moins consciemment. Par contre, beaucoup d'entre elles sont stockées provisoirement en mémoire.
    Même les informations qui ont été prises volontairement et mémorisées ne sont pas utiles au bout d'un ceratin temps (par exemple l'endroit où vous avez garé votre voiture au parking),
    Le cerveau croulerait vite sous le nombre d'informations inutiles et lors du sommeil, le cerveau se débarasse de ces informations, en éliminant les connexions entre neurones qu'elles représentent.
Ce faisant les centres d'interprétation secondaire sont sollicités, ce qui est la caractéristique de l'activité onirique.
    Le cerveau fait le ménage comme vous le faites parfois dans le disque dur de votre ordinateur pour retrouver de la place.
    Une grande partie des rêves, notamment pendant le sommeil profond, résultent de l'élimination d'informations superflues de la mémoire, notamment informations sensitives.
    L'élimination se faisant sans ordre particulier, les informations correpondantes arrivent donc dans un désordre complet dans les centres d'interprétation secondaire, d'où l'incohérence des rêves.

    Le cerveau cherche également à éliminer deux sortes d'informations particulières :
    - les pensées que vous avez eues juste avant de vous endormir. Et très souvent celles ci correspondent à vos préoccupations, à vos soucis.
    Ce à quoi vous avez pensé avant de vous endormir se retrouve donc très souvent dans vos rêves
    - les problèmes qui vous préoccupent et vous stressent, que le cerveau veut minimiser afin de vous protéger et dont il cherche à sortir de la mémoire les points les plus défavorables. (même si vous n'y avez pas pensé avant de vous endormir).
    Comme il s'agit de problèmes émotionnels, les centres amygdaliens et les gyrus sont concernés et ces “évacuations” ont lieu plutôt pendant le sommeil paradoxal. Vous avez donc davantage de chances de les retrouver dans des rêves dont vous pourrez avoir ensuite conscience.

3. - Un perfectionnement des capacités de réaction du cerveau :   

    Certains neurologues pensent qu'en outre les rêves contribueraient chez l'enfant au développement du cerveau (une sorte d'apprentissage des neurones à certaines tâches, sans les risques de l'action réelle) et chez l'adulte, le sommeil paradoxal servirait aussi d'entraînement afin de préserver la personnalité de l'individu ou à la modifier en fonction de l'expérience vécue, en vue d'une meilleure adaptation à l'environnement (ainsi, un chat, élevé et gardé dans un appartement en ville par exemple, réussira toujours à chasser une souris s'il se retrouve à la campagne peut être parce qu'il se sera entraîné toutes les nuits à le faire en rêve).

4. - Le rêve se fabrique quand on se réveille :

    Je vous ai dit dans mon précédent article que nous ne sommes conscients de nos rêves que lorsque nous sommes en train de nous réveiller (ne serait ce que pour quelques instants), et que notre conscience est en train d'émerger pour revenir à un état normal d'éveil.

    En fait si je n'utilise plus le langage des neurobiologistes, mais le langage courant de tous les jours et que j'appelle “rêves” uniquement ceux dont nous avons conscience, que nous nous “rappelons” une fois réveillés, alors durant le sommeil paradoxal, le cerveau est actif, échange des signaux entre ses centres mais son activité onirique ne permet ni la conscience, ni le “rêve”.
    En réveillant un dormeur, on n'interrompt  pas un rêve, on lui donne naissance !    
    Lorsqu'on se réveille, ces neurones nécessaires à la  conscience se remettent en action et nous permettraient alors  de prendre conscience des images subliminales oniriques générées  durant notre sommeil.
    Le rêve pourrait donc se construire  en aussi peu que les quelques centièmes de secondes  que dure notre réveil. C'est alors qu'on  pourrait par exemple intégrer la lumière ou  les paroles qui nous ont réveillé dans le récit  du rêve, comme on l'observe parfois.
    Un bon dormeur peut se réveiller jusqu'à dix fois par nuit et se rendormir rapidement et ce, même  s'il vous dit qu'il a dormi d'un trait.  Durant ces « micro-éveils » de  quelques secondes ou fractions de seconde, le cerveau se  trouve dans un état identique à l'éveil,  mais si peu longtemps que nous nous en souvenons très  rarement. Ce serait pendant ces micro-éveils que nous  pourrions rêver, c'est-à-dire organiser  en récit des images mentales souvent hétéroclites.  Et comme générateur d'images mentales  hétéroclites, le sommeil paradoxal semble être  le candidat tout désigné, bien  que le sommeil lent puisse aussi en générer.  En plus, le sommeil paradoxal est le stade du sommeil où les éveils  spontanés sont les plus fréquents.
    Dès lors, l'explication à l'aspect illogique, impossible ou irréel des scénarios de la majorité de nos rêves serait la suivante : comme la prise de conscience qui donne naissance au rêve se produit dans un temps très court suivant fréquemment une phase de sommeil paradoxal, les réminiscences sont trop disparates pour être intégrées en un récit cohérent, et notre cerveau conscient « forcerait » un peu la réalité pour donner un sens à ces images.
    Par ailleurs, si le rêve survient en quelques centaines de millisecondes, la censure qui peut exister à l'état d'éveil n'apparaît plus. D'où le caractère "bizarre" du rêve.

5. - La signification de nos rêves :

    En définitive les rêves n'ont aucune propriété prémonitoire et il n'existe aucune symbolique pour décoder une quelconque signification. Ils ne correspondent pas non plus à des pulsions, à des désirs refoulés comme le pensait Freud.
    Si on cherche vraiment à leur trouver une interprétation psychologique, on ne peut la trouver que dans les dernières pensés que l'on a eues avant de s'endormir, dans les préoccupations et les problèmes stressants, ainsi que dans le fait que la censure habituelle du cortex n'existe plus lors des tentatives qu'il fait pour rendre cohérentes et explicables les images désordonnées qui s'échangent dans le cerveau pendant le sommeil, du fait d'une élimination spontannée inconsciente d'informations superflues, non utliles ou jugées nuisibles.

Par allforyou le Dimanche 29 juillet 2007 à 17:30
Tu étais psychologue auparavant, non ? Peut etre que c'est trop indiscret, dans ce cas la ne répond pas !!
Mais en tout cas continue :)
Par ARMCHAIR.OF.SWELL le Lundi 30 juillet 2007 à 11:21
Dans mes réves, je fais ce que je veux. Je change la couleur du ciel, je vole...

Explique moi donc pourquoi et comment j'y arrive.


[Merci le peuple des réves ...]
Par ARMCHAIR.OF.SWELL le Lundi 30 juillet 2007 à 17:07
Juste la volonté d'interagir sur son subconcient. Le peuple des réves, je ne sais pas si vous le connaissez.

Par Angel.or-and.Demon le Lundi 10 septembre 2007 à 21:48
Personellement j'essaie de me souvenir de mes rêves. Juste quand je me réveil, je m'en remémorre les grandes lignes que je note. Mais ça marche surtout le week end et en période de vacances, en semaine ya le réveil qui casse tout... -_-'
Très intéressant en tout cas cette article!^^
Par memecamouille le Mercredi 26 septembre 2007 à 18:07
Je trouve vos articles vraiment très intéressants. Je me suis arrêtée sur celui-là, un peu comme ça. Et je suis rassurée de voir que les rêves n'ont pas de signification. J'ai toujours peur de rêver de choses horribles, même si ça ne m'arrive rarement...
Par croque-framboise le Jeudi 26 février 2009 à 10:11
Peut-être as-tu déjà répondu à cette question dans un autre de tes articles sur le rêves, et dans ce cas je m'en excuse car je n'ai pas le temps de le vérifier, il faut que j'aille me remettre au travail, mais ainsi,les enfants font très fréquemment des rêves de monstres et de situations menaçantes. Je me souviens petite, que chaque soir, je redoutais l'heure du coucher où invariablement pendant une période, je faisais cauchemar sur cauchemar, parfois en me réveillant, j'avais l'impression d'encore sentir le souffle chaud du monstre qui venait de m'avaler. Je pensais que toutes les nuits seraient comme ça.
Et puis, comme tout le monde, ça m'est passé en grandissant,bien que je me rappelle encore fréquemment de mes rêves, qui sont plus "loufoques" et moins "méchants".
Alors, pourquoi les enfants font-ils des rêves comme ça ? Est-ce que les adultes en font toujours mais ne s'en souviennent plus ? Est-ce que c'est dû au cerveau en "formation" des enfants ?
 

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