Lundi 25 novembre 2013 à 7:51

Adolescence

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     Je suis toujours étonné du nombre d’adolescents qu’il soient jeunes (14 ans) ou plus âgés (18 ans), qui prennent d’énormes risques sans réfléchir, font des bêtises du niveau d’un gosse, alors qu’ils se prennent à tort pour des adultes, et qui se conduisent socialement comme des personnes peu sensées alors qu’ils sont intelligents.
    Je me demande souvent à quoi tout cela est dû. Je ne pense pas pouvoir faire le tour du problème (je crois que même les psychologue ne l’ont pas fait), mais je voudrais faire part de quelques réflexions.

    Au début du siècle dernier, non seulement les règles d’éducation des enfants étaient très sévères, mais il existait un processus d’initiation que ce soit à l’école ou en apprentissage. Le certificat d'études et le brevet, et à fortiori le bac, avaient une valeur de reconnaissance sociale.La progression des épreuves, surveillées par un «tuteur» donnait à l’adolescent des repères et lui permettait d’apprendre peu à peu la prévision des conséquences de ses actes et l’indépendance.
    Quand j’étais jeune ou du temps de mes enfants, les parents, puis les professeurs veillaient encore sur l’éducation progressive des enfant et le respect de règles. Ils servaient de référence aux jeunes. Pour les garçons, le service militaire était aussi une occasion d'initiaioon et de mélange social.
    Aujourd’hui, entre les familles recomposées et les parents laxistes, l’instruction devenue très théorique et n’incitant pas à l’effort, nombreux sont les ados qui ne sont pas habitué à respecter, même des règles élémentaires. Il n’y a plus aucune initiation «rituelle», les modèles sont les stars de la musique et du sport dont le niveau et la conduite ne sont pas le plus souvent, très satisfaisants.
    Alors l’initiation se fait au petit bonheur la chance et à l’initiative des jeunes et de leurs camarades. On se soucie surtout de paraître devant les copains et de se montrer «adulte», alors on fume du tabac ou du cannabis, on boit de l’alcool, on confond le sexe et l’amour, on passe sont temps  sur la télé, internet et les jeux, on sabote ses études, et on flirte parfois avec la mort dans un véhicule ou à vélo.
    C’est une initiation certes, mais désordonnée et sans progression, ou l’erreur peut se transformer en catastrophe, et qui, en aucun cas ne satisfait le besoin de montrer sa valeur personnelle. Les instances sociales sont hostiles et mettent en place prévention et sanctions. La réussite de l’épreuve n’est jamais assurée et peut se transformer en blessure, handicap, voire la mort, ou, si l’on a inconsidérément enfreint la loi, peut se terminer en prison, à la grande douleur des parents impuissants.
    Les jeunes sont perdus, car, en l’absence de règles et de guides suffisants, dans un contexte où les valeurs sont l’argent et la consommation, et où tout est orchestré par les médias et  la vie réglée par la télévision, internet, et les téléphones portables, et où l’avenir est plombé par le chômage, l’adolescent ne peut plus donner un sens à sa vie, et il s’efforce de reprendre le contrôle de sa vie qui lui échappe, sans l’aide de ceux qui pourraient le guider.
    Les initiations sont individuelles, n’ont de valeur que pour celui qui les pratique, n’apporte aucune réponse valable sur l’identité du jeune, ni une progression dans son rôle et son statut social. Il n'existe aucun rite unanime : ce sont des manifestations certes venues d'une certaine mode, mais individuelles : tatouages, piercing, blog, les techniques de communication, le sexe, la musique de groupes....
    La société ne valide évidemment pas ces comportements à risque et le jeune se sent au contraire, exclu et rejeté. Le savoir et les diplômes n'ont souvent aucune valeur pour lui et être intellectuel est un défaut.
    Ce sont pourtant des rites d’initiation, mais où le jeune n’est pas conscient de ce qu’il recherche, et l’approche du risque et de la mort est en fait, une manifestation erronée du goût de vivre.

    Certes tous les jeunes ne sont pas ainsi, mais pour ceux qui ont cette approche, se ressemblent quelle que soit leur milieu et leur nationalité. Et ceux qui se scarifient ou se suicident tiennent des propos semblables
    Ceux qui échappent à cette tendance, sont ceux à qui les parents ont su donner des règles dès l’enfance, ceux que les professeurs ont réussi à intéresser à leurs études, leur donnant curiosité intellectuelle et goût du travail, et enfin, ceux défavorisés, qui ont dû trimer très jeunes pour gagner leur vie, et qui sont devenu adultes plus vite, alors que les autres prolongent leur adolescence au delà des limites d’âge habituelles.
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