Vendredi 3 avril 2009 à 8:34

Adolescence

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    Beaucoup d’ados (surtout ceux de 15/16 ans) qui m’écrivent, se plaignent que leurs parents ne s’aperçoivent pas de leur âge et les surveillent comme s’ils étaient des enfants. D’autres au contraire, croient que leurs parents les abandonnent. Quelques uns, pourtant d’un âge adulte, ne veulent pas quitter le giron des parents.
    Quand sortons nous du cocon familial ?

     Je ne crois pas que ce soit une question d’âge, mais plutôt d’état d’esprit, de moyens matériels et évidemment de l’éducation que l’on reçoit et enfin également, d'environnement.
    Je pense qu’on ne peut être vraiment indépendant que lorsqu’on est capable de mener sa vie seul, sans avoir ses parents derrière soi. Cela ne veut pas dire qu’on ne les aime plus et qu’on ne demande plus leur avis, mais qu’on est “responsable de sa destinée”.
     Il faut d’abord l’être matériellement et donc gagner sa vie, sinon on n’est pas responsable : on a une mentalité d’assisté !!!
    Ceci peut donc intervenir à un âge très différent selon les cas et notamment les études que l’on fait..

    Encore faut il être capable de prendre des décisions et d’en assumer les conséquences.
    Cela demande d’analyser et de prévoir les événements, de définir ses actes et de tenir compte de leurs répercussions futures sur ce qui nous entoure et notamment sur les autres êtres humains : parents, ami(es), petit(e) ami(e), camarades.
    Les neurobiologistes nous disent que c’est le cerveau préfrontal qui nous permet de prévoir les conséquences de nos actes, et que ses centres ont besoin d’une certaine “expérience de la vie” pour se former et qu’il n’est vraiment mature , en général qu’entre 20 et 25 ans. Il y a donc une limite basse physiologique à notre sortie de l’adolescence et notre entrée dans la vie d’adulte.

     La connaissance et l’acceptation des règles de la vie en société est aussi une condition impérative pour avoir notre indépendance.
     Il est certain que l’éducation que l’on a reçue et l’attitude des parents est une chose primordiale, pour faire cet apprentissage de la vie.
    Des parents qui couvent leur enfant et qui ne veulent pas se résigner à voir “l’oiseau s’envoler du nid” et à le laisser vivre sa vie sans décider tout à sa place, ne lui facilitent pas la tâche et risquent de l’étouffer ou de l’acculer dans l’égoîsme.    
    Mais à l’inverse, il ne me parait pas raisonnable de vous traiter dès le début de l’adolescence en adultes (que vous n’êtes pas) et de vous laisser la bride sur le cou, sans règles et sans surveillance et assistance.
    La transition doit être progressive.
    Dans l’entreprise où je travaillais, lorsqu’un jeune ingénieur arrivait, (22 à 25 ans), on désignait, outre son chef de service, un ingénieur “référent” qui était son “ange gardien”, chargé de l’aider, mais aussi de lui montrer les règles à suivre, les méthodes à utiliser, les erreurs à ne pas commettre.
    Votre référent à vous, ados, ce sont en général vos parents, aidés éventuellement des grands parents et dans certains cas, vos professeurs. .......
   
    Alors quelle peut être votre “liberté” à 15 ou 16 ans ? .
    Je n’ai pas eu de doléances de garçons; sont ils moins moins surveillés, s’accomodent ils mieux de cette surveillance, les parents considèrent ils que le monde est moins dangereux pour eux ? Je ne puis le dire.
    Je sais bien que les filles sont mures pus tôt que les garçons, c’est peut être pour cela qu’elles veulent décider de leur vie.
    Je remarque toutefois que paradoxalement, celles qui se plaignent le plus d’être brimées, sont celles auxquelles on passe tous leurs caprices, qui ont matériellement tout ce qu’elles désirent et auxquelles on laisse même une grande liberté de sortir.
    Cela ne m’a pas étonné, quand tous ses désirs sont satisfaits, le plaisir s’émousse et la moindre contrariété prend l’allure d’une brimade catastrophique.

    Je comprend que sur certains points vous souhaitiez participer aux décisions vous concernant : votre orientation scolaire, le choix de vos ami(e)s, les sports et activités qui vous intéressent, et que par ailleurs on ne vous traite plus comme un enfant, mais que l’on respecte votre “liberté d’opinion et d’expression”.        
    Mais à l’inverse, vous n’avez pas encore l’expérience de la vie, et, sauf exception, vos parents sont à même de vous guider dans ces choix et de vous en montrer les avantages et les inconvénientsavant que vous ne preniez en définitive une décision. D'ailleurs quand vous me consultez c’est ce que je me contente de faire : vous montrer certains aspects possibles de vos actes et vous m’écoutez en général avant de décider.
   
    Enfin et surtout, je trouve que beaucoup d’exemples que vous me citez sont puérils.
    Quand vous me parlez d’un conflit énorme pour le choix de la couleur d’une robe ou une différence de une demi heure sur l’heure de rentrée d’une sortie (souvent à la limite des heures d’arrêt des transports en commun), je crois quand même que vous devriez réserver vos efforts d’obtention de votre liberté de choix, pour des causes qui en valent la peine.
    Etre adulte, c’est aussi faire la part des choses et réserver son énergie pour les actions qui aboutissent à un résultat important, à une satisfaction notable, à un choix déterminant pour le futur, sans la gaspiller pour des broutilles.
    En vous opposant à vos parents pour des futilités, vous les renforcez dans l’idée que vous êtes encore une enfant irresponsable.

Par Satine le Vendredi 3 avril 2009 à 9:11
j'ai vingt-et-un ans dans 8 jours, et je ne suis pas encore prête de sortir du cocon familial :(
non pas que je ne sois capable d'être responsable, mais financièrement, je suis encore dépendante de mes parents.

d'ailleurs je fais la crise de la "vingt-untaine", tu le crois ça Jean-Pierre? lol
Par MiMiNe le Vendredi 3 avril 2009 à 12:30
Le jour de mes 20 ans j'ai eu peur, parce que après un an réellement loin de mes parents pas à l'internat comme avant je me suis rendu compte que je grandissais et que les choses comme les papiers, les problèmes à régler c'était dur à gérer contrairement aux choses simples comme faire la nourriture, le ménage etc. Et là mes 21 ans arrivent et je me sens prête je me sens adulte et vers septembre ça serait à 100 %.

Beaucoup de jeunes se disent "grand" mais dans la réalité ils en sont très loin je trouve.
Par invidia le Vendredi 3 avril 2009 à 18:26
Rien de bien intéressant à ajouter par rapport à ce qui a été dit.
Pour ce qui est de la liberté que les parents peuvent donner à leurs enfants, en ce qui concerne les études, je pense que ça devrait vraiment se faire entre les deux partis avec de vrais discussions (en tout cas pour ma part, je n'ai pas tellement eu le choix de mes études, et je me suis retrouvée bloquée en fac de bio en 1ère année parce que mes parents ne voulaient pas financer d'études "hors scientifique" ni "d'années perdues").
Par Diary-Adventures le Vendredi 3 avril 2009 à 20:32
Puisque tu dis ne pas avoir " eu de doléances de garçons " je vais donner mon avis.Lol. Perso mes parents m'ont toujours guidé dans mes choix en me conseillant, tout en me laissant une certaine liberté, à condition bien sûr que mes choix et mes décisions ne " ruinent " pas ma vie ( tout est relatif quand je dis ça ). Je pense que c'est une question de caractère et d'éducation. Mes parents m'ont appris la valeurs des choses et m'ont appris à gérer ma future vie d'adulte sans être pourri gâté. Tout c'est fait par différents stades, petits à petits et c'est comme ça qu'on prend conscience de la réalité des choses.
Par maud96 le Vendredi 3 avril 2009 à 23:26
Un pied dans un camp, un pied dans l'autre, ai-je envie de dire : à la fois encore enfant et un peu adulte, c'est la définition de "l'ado" (et je ne sais pas trop où je me situe). Râler auprès de mes parents qui me paient déjà mes études me paraîtrait à la fois mufle et puéril... mais j'adore titiller mon père à table sur des problèmes de société, d'avenir de l'humanité, etc... Le petit chat doit se faire les griffes sur quelque chose de rapeux et un peu dur. J'aime bien me faire les griffes sur les idées de mon père : on n'empêchera jamais tout à fait la confrontation des générations, toute affection gardée...
Par n9wb0rn le Lundi 6 avril 2009 à 20:26
Bonjour, j'ai en effet étudié en psychocrimino que les garçons ne sont pas du tout élevés de la même façon que les filles. Une fille doit être sage, bien élevée, etc, on la prépare à être mère alors qu'on laisse faire un peu plus les garçons en se disant "boys will be boys" (les garçons resteront des garçons !). Et effectivement, les parents sont beaucoup plus soucieux des sorties quand ils ont des filles plutôt que des garçons, c'est un peu normal d'un côté je pense.

Comme Maud, je ne sais pas à quelle catégorie j'appartiens, je dirai jeune adulte, car j'ai un travail à côté de mes études, mais ce n'est pas suffisant pour me payer mes études au Canada. Donc ce sont mes parents qui paient, et ils en sont heureux d'ailleurs, ils me disent d'aller le plus loin que je peux, car malheureusement eux n'ont pas eu cette chance et ont du arrêter leurs études quand ils n'avaient plus de sous. Pour ça, je leur en suis très reconnaissante, et pourtant quand j'étais plus jeune, je ne pensais pas pareil. Quand je voyais mes copines aller à la fête foraine alors que je n'avais pas le droit d'y aller à 14 ans ça me faisait râler. Maintenant je réalise à quel point c'est jeune 14 ans quand même, alors que je me croyais grande ! Et la première fois où on m'a autorisé à aller en boîte de nuit à 16 ans ½, j'ai pu vraiment apprécier ce moment, même si c'est pas fait pour moi ce genre d'endroits ! À partir de 17 ans, mes parents ont commencé à me laisser plus de libertés car ils se sont rendus compte que j'ai toujours respecté leurs règles plus jeune. Quand on me disait de rentrer pour telle heure, j'étais à l'heure, et s'il m'arrivait d'être en retard à cause d'imprévus, je les appelais toujours pour qu'ils ne s'inquiètent pas. Comme tu dis, c'est en gagnant leur confiance qu'ils vont nous laisser partir !

Maintenant, ça fait 4 ans que je ne vis plus chez mes parents, mais cela m'arrive quand même de les appeler pour leur demander des conseils bien sûr ! C'est comme pour mon orientation de maîtrise, quand je leur ai dit que je ne voulais plus continuer en biologie et m'en aller en ergonomie, ils ont un peu "bloqué" au début, et puis quand ils ont entendu mes arguments et que ça avait l'air de me plaire, ils m'ont dit de choisir ce que je préférais.

C'est drôle comme à 14-16 ans on ne peut pas imaginer avoir une relation presque amicale avec ses parents, c'est mon cas pour moi, même si comme Maud, on ne pense pas pareil. Le grand débat avec ma maman c'est que j'ai ma carte de donneur d'organes alors qu'elle ne l'accepte pas, mais bon, sans ces petits conflits, on s'ennuierait quand on retourne les voir à la maison ^^.

Bisous
 

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