Mercredi 1er août 2007 à 15:26

Scarification, suicide

    Dans un tel moment la personne a besoin d'affectivité de se sentir aidée, épaulée, d'avoir confiance en vous. Il faut donc d'abord essayer de la rassurer sur le plan affectif, lui dire qu'on est là, qu'elle peut s'appuyer sur vous, que l'on va essayer de comprendre et de partager sa souffrance, de l'aider à la surmonter, que son état actuel est passager, que cela va aller mieux maintenant que vous êtes là, près d'elle.
    Il faut essayer de faire rentrer dans la pensée de la personne que l'on peut s'en sortir, que d'autres l'ont déjà fait et qu'elle n'est plus seule pour le faire.
    Et ne croyez pas que parler du suicide avec quelqu'un qui a envie de se suicider augmente cette envie : votre interlocutrice a, au contraire, besoin d'en parler, de “vider son sac”, de partager sa douleur. C'est pour cela qu'elle vous appelé(e).

    Une chose très importante est de savoir alors si la personne raisonne encore et si des arguments logiques peuvent encore la toucher, ou si elle est en plein délire sentimental, si elle est submergée par sa tristesse et dans ce cas, les arguments raisonnables et logiques n'ont plus de poids.
    Cela vous le verrez à la façon dont elle vous fera part de sa souffrance et des raisons, si son discours est raisonnable et sensé ou au contraire, si il n'est fait que de sensations affectives, de plaintes, de désespoir.
    Car là il va falloir décider de la façon dont vous allez essayer de la convaincre.

    Si elle est  encore en état de raisonner, vous pourrez faire appel à son intelligence, à la logique, à des arguments ratiuonnels. Mais sachez que ces arguments, s'ils sont efficaces avec des personnes qui ont simplement des idées morbides, par contre si la personne est au bord du gouffre, elle ne raisonne plus, et ils sont inefficaces.
    Ces arguments raisonnables, je les développerai dans un autre article, car une de mes correspondantes m'a suggéré d'en faire un pour celles qui auraient des idées mortifères, mais sans être encore dans le désespoir et proches du suicide et donc qui peuvent encore réfléchir logiquement.

    Alors que faire avec quelqu'un qui, désespérée a perdu tous ses repères rationnels?
    On ne peut plus agir qu'au niveau des sentiments et le but immédiat c'est de forcer le cerveau de la personne à oublier quelques secondes son désespoir pour revenir à la raison : rétablir le contact entre le cerveau émotionnel et le cortex. Et là il faut improviser en fonction de ce qu'elle vous dit.

    L'une de mes correspondante m'a montré qu'elle avait très peur de la mort et j'ai essayé d'augmenter cette peur à tel point que son cerveau tout à coup a réagi “n'en rajoute plus”, est revenu dans le rationnel et on a pu discuter.
    Je connaissais bien une autre de mes interlocutrices depuis quelques mois et elle m'avait confié ses espoir, ses projets futurs qui lui tenaient à coeur et on en avait beaucoup discuté.  Je le lui ai rappelé ces projets que je l'avais aidée à construire, et je lui ai dit qu'elle ne pouvait abandonner, faire cela ni à elle, ni à moi. Et on s'est remis à parler de ces projets, de façon affective d'abord, rationnelle ensuite et l'envie d'un avenir est revenue.

    Il n'y a pas de recette, il faut faire au mieux, et si l'on a trop peur de ne pas réussir, appeler quelqu'un d'autre à l'aide

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