Jeudi 17 décembre 2009 à 8:15

Amour et peines de coeur

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    Aimer fait il souffrir?
    A la suite de mes articles, on me pose cette question qui m’embarrasse un peu, car on ne parle pas des ruptures, mais bien du temps pendant lequel on aime et on est aimée.
    J’avoue que jusqu’à présent je voyais les gens heureux d’aimer et même trop heureux au point de perdre un peu le sens de la réalité.
    Alors cela m’oblige à réfléchir  : par ce temps de froidure c’est laborieux !

    Je me suis rappelé mes lointaines études au lycée, en français et en allemand.
    “Aimer fait souffrir”, écrivait Stendhal dans “Le rouge et le noir” et mon prof de français vicieux nous avait donner cela à commenter à nous enfants bien inexpérimentés et personne n’avait guère brillé dans cette dissertation.
Mais c’est vrai que les affres de l’amour font particulièrement faire des noeuds au cerveau de Julien Sorel.
    En allemand nous traduisions beaucoup Goethe et bien sûr Werther a été un gros morceau un peu indigeste.
    Le héros romantique traverse des souffrances existentielles qui peignent son monde en noir, lui donnent la nausée et lui font souhaiter la mort. Sa première rencontre avec Charlotte est radieuse, insouciante, rien en lui ne laisse craindre la chute vers les abimes du désespoir. Peu à peu,son humeur se dégrade, et il sembleque l'amour ait été le déclic de cette évolution.
    Cela dit ni Werther, ni Julien Sorel ne sont des ados !

    Je me souviens avoir lu un article qui relatait une étude américaine sur ce sujet de relation entre l’amour et la dépression mais chez des jeunes de 12/13 ans, faite par madame Davila de l’Université de New York.
    Selon elle, les très jeunes adolescents qui s'engagent dans une relation amoureuse ne sont pas des dépressifs en quête de passions, mais plutôt des personnalités inquiètes qui, commençant une relation, deviennent dépressives. L'effet déprimant de l'amour résulterait alors d'une situation socialement « décalée »: à 12 ou 13 ans, à peine un adolescent sur dix est engagé dans une relation romantique. Ces jeunes se distinguent de la moyenne et occupent de ce fait une situation marginale, difficile à assumer, qui aggrave sans doute la dépression.

    Madame Davila et son équipe ont examiné (à partir de questionnaires et d’entretiens), un paramètre important de la personnalité des 200 adolescents : leur style relationnel, qualifié selon les cas d'inquiet ou de sécurisé. Certains adolescents redoutent en permanence que leur interlocuteur ne les sous-estiment, ou qu'il ne prenne pas leurs propos avec sérieux: ils ont un style relationnel dit “inquiet”. Lors d'une relation privilégiée, ils attendent intensité et émotion, et craignent que l'autre ne les aime pas assez et finisse par les abandonner : ils ont peurd'être rejetés.
    Une telle attitude affective trouve vraisemblablement ses racines dans l'enfance : des enfants n'ayant pas pris l'habitude de faire confiance à leurs parents dès leur plus jeune âge, porteraient en eux le ferment de ce doute.
(enfin c’est ce que disent les psys, je ne le crois qu’à moitié).
    Madame Davila a également “mesuré” l’inquiétude et la propension dépressive de ces jeunes (mal-être, manque d'énergie face aux actions quotidiennes, idées noires, voire suicidaires), au début d'une relation amoureuse et six mois après. Elle a constaté que les symptômes dépressifs se sont développés préférentiellement chez les adolescents ayant un mode relationnel inquiet vis-à-vis d'autrui.
    Chez de telles personnes, la relation amoureuse est le déclic de la dépression, de la souffrance. Ce n'est guère le cas de ceux qui ne se remettent pas en question dans leur relation à autrui.
   
    Les souffrances du jeune Werther et celles de Julien Sorel résultent également d'un mélange d'inquiétude envers les sentiments de l'autre et de décalage face à leur entourage. La marginalisation sociale est un ingrédient des plus grands récits d'amour, de Tristan et Iseut à Roméo et Juliette. Depuis longtemps, les écrivains réalisaient par intuition et observation, ce que les psychologues établissent aujourd'hui par des statistiques !

Par link11 le Jeudi 17 décembre 2009 à 11:14
Moi pour ma part sa dépend dans quel contexte je me trouve, mais des fois j'approuve cette idée, sa fait souffrir !
Par Paskale le Jeudi 17 décembre 2009 à 19:09
l y a l'amour. Et puis il y a la vie, son ennemie.

*Jean Anouilh*
Par TarasBulba le Samedi 19 décembre 2009 à 0:30
Cet article me rappelle la phrase que ma prof de français au collège avait donné pour illustrer l'oxymore:

"L'amour est un mal délicieux."

Je pense que cela résume assez bien les choses. Sorti de son contexte, ce que je vais dire pourrait paraître bien pessimiste: "tout se paie", et il est evident que l'amour fait souffrir. Cela consiste tout de même à penser à quelqu'un d'autre autant qu'à soi-même, et l'empathie que cela génère conduit souvent à de nombreux soucis, de la jalousie, de l'angoisse, si ce n'est des délires paranoïaques pour les plus jeunes ou les plus atteints d'entre nous. Mais généralement, tous ces malheurs on les paie d'une contrepartie qui compense largement ce qu'on subit: l'épanouissement personnel, du bonheur, et, pour les plus chanceux, de la maturité.
 

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