Dimanche 7 juin 2009 à 8:56

Amour et peines de coeur

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    Certaines d’entre vous ont abordé un autre problème : j’ai un petit ami et nous pensons nous aimer, mais il va partir (ou il est parti), loin de moi pendant un temps assez long. Comment supporter l’absence ?

    Je vous dit tout de suite que s’il n’y a entre vous qu’une simple attirance, votre “amour” ne tiendra pas le coup et l’un comme l’autre vous supporterez de moins en moins l’absence et votre couple fera sans doute place à un autre , pour lequel il sera plus facile de se voir.
    Alors je ne traiterai que le cas où vous vous aimez vraiment l’un et l’autre.  (je veux dire par là que ce n’est pas à sens unique mais réciproque)

    Dans ce cas plus favorable, cela dépend déjà beaucoup des personnalités des deux amoureux.
    Je pense qu’il est plus facile pour une personne introvertie qui puise ses ressources et sa motivation dans le monde intérieur de ses pensées et qui peut donc se trouver des occupations même quand elle est seule, de s’accommoder d’un éloignement temporaire; au contraire, une personne extravertie, qui a besoin de la présence permanente des autres trouvera cet éloignement beaucoup plus insupportable et trouvera sur place bien entendu des camarades et amis nouveaux. Si la personne en question n’est pas vraiment très fidèle, le risque de trouver un nouvel amour n’est pas négligeable.
    Je vais même plus loin, je crois personnellement, que par nature, un extraverti est moins fidèle qu’un introverti, car il aime connaître sans cesse de nouvelles personnes, puisque sa motivation et sa joie de vivre viennent en partie de là. Mais je n’ai jamais lu d’étude psychologique sérieuse sur ce point.

    Je pense aussi que supporter l’absence de l’autre dépend beaucoup des relations intellectuelles que l’on continue d’entretenir avec lui et aussi des possibilités que l’on a de le revoir de temps à autre.
    Je disais dans mon précédent article, que sur internet, on pouvait discuter peu à peu suffisamment pour connaître l’autre, que cela permettait d’être amis, mais que pour aller plus loin, il fallait se voir et continuer à se plaire, car le comportement réel et le comportement épistolaire à distance ne sont pas les mêmes : il n’y a pas la même présence, la même spontanéité.
    Donc l’amour peut aussi s’entretenir si on s’écrit souvent des mails, si on se parle au téléphone ou sur MSN, si on se raconte mutuellement sa vie, si l’on partage à distance ses joies et ses peines, et si l’on se dit aussi des mots doux.
    Mais cela ne remplace pas la présence et une très longue absence émousse les sentiments, et se revoir de temps en temps est relativement indispensable, même si ce n’est que pour un ou deux jours.

    J’ai souvent abordé un autre sujet, qui est l’aspect contraire du précédent.
J’ai souvent constaté que deux jeunes qui s’aimaient beaucoup et dont le couple semblait stable, décidaient de vivre ensemble sous le même toit et là, se séparaient au bout d’un temps plus ou moins long.
    Il a en effet une grande différence entre avoir un petit ami quand on est jeune, au lycée ou en fac, et où la principale préoccupation est de l’aimer, de sortir avec lui et de partager essentiellement des joies et des occupations agréables.
    Puis l’on grandit, les mentalités et les préoccupations changent. On a un métier à finaliser, une situation à stabiliser et cela au milieu d’une nouvelle communauté celle des collègues de travail. Lorsque l’on n’est plus chez ses parents et que l’on vit ensemble, il faut assurer tous les deux la vie de tous les jours chez soi, qui est la même commune.
    Et puis on a des préoccupations d’avenir : sa carrière à l’extérieur, se créer un lieu, un refuge personnel (mais où on est deux !) où l’on habite; et peu à peu penser à fonder une famille, à avoir la responsabilité d’élever des enfants, et de supporter les contraintes que cela implique.
    Les copains, les sorties, le sport, les randonnées et les voyages passent le plus souvent au second plan.
    Et là souvent le couple qui s’entendait bien diverge, car c’est alors qu’il s’aperçoit que, sur ces questions fondamentales pour leur vie future, ils n’ont pas les mêmes idées. Il arrive souvent qu’alors le plus influent impose ses idées à l’autre, mais ce n’est jamais une situation durable.
    Ceux qui n’en n’étaient pas à leur première expérience et avaient pris soin de bien se connaître se sortent souvent bien de ces pièges. Mais dans notre monde actuel et ses habitudes de vie, je n’ai pas d’exemple (sur plus de 200) de couple qui a été amoureux dès le lycée et que l’on croyait très uni au cours du temps, qui ait résisté plus de six à sept ans à cette vie commune d’ado et à un début de vie commune d’adulte.
    Il se créait pour l’un ou pour l’autre un carcan psychologique ou réel (selon l’égoïsme et le respect de son partenaire et sa capacité de réaction propre), et l’un des deux (ou les deux) étouffaient peu à peu. L’un des deux trouvait (ou avait l’illusion de trouver) ailleurs un partenaire plus en rapport avec sa personnalité et ses aspiration ou bien les divergences sur leur futur devenaient insupportables, et le couple éclatait alors.
    Finalement la “présence à temps plein” est une épreuve aussi redoutable que l’éloignement pour un couple !

    Je voudrais ajouter un dernier point.
    Vous vous plaignez déjà que mes articles sont trop longs. Je ne peux donc développer énormément mes thèmes et traiter de tous les cas possibles qui me viennent à l’esprit.
     Donc automatiquement, je simplifie, je résume, je vais à l’essentiel et, dans mes exemples, je caricature pour que ce soit plus frappant.
    Vous avez donc l’impression que je ne m’occupe pas des cas particuliers, ce qui est vrai, et que je généralise trop, ce qui n’est pas exact.
    Je ne parle que des cas les plus courants, ce qui donne l’impression de généraliser, mais je suis conscient qu’il y a des milliers de cas différents et beaucoup plus particuliers.
    Il y a aussi une question de définition des mots, celui du mot amour qui recouvre des situations différentes, comme le montre ce commentaire dans mon dernier article :

“.... Vous dites qu'il n'est pas possible d'aimer vraiment sans que l'amour soit partagé...
Rien  n'implique forcément la réciprocité, il me semble (dans l'idéal naturellement, il est certain qu'une relation amoureuse favorise tout cela). Mais ce qui en découle, ....c'est, il me semble, la volonté du bonheur de l'être chéri. N'est-ce pas cela, l'amour? Vouloir plus que tout le bonheur de l'autre, plus que le sien même? C'est pourquoi selon moi il peut exister des "amants de l'ombre" (le terme, je le conçois, n'est pas très heureux, mais je pense qu'il convient, spécifiquement ici, de faire la distinction entre "aimer" et "être amoureux"): ceux qui aiment sans l'être en retour mais chercheront dans les limites de ce que la situation permet, à rendre l'autre aussi heureux que possible.”


    Je suis d’accord que cela est un très grand amour qui va jusqu’à l’abnégation, mais c’est un amour sans espoir et sans avenir.
    En fait ce n’est pas l’amour d’un couple. Cela ressemble plus à l’amour d’une mère ou d’un père pour ses enfants, à une immense amitié entre deux amis, dont l’un serait altruiste et l’autre égoïste. Dans ceratins cas cela peut découler aussi d’un certain masochisme.
    Mon article était orienté vers l’amour entre deux jeunes qui étaient (ou croyaient être) amoureux l’un de l’autre et où un grand amour platonique et désintéressé pouvait exister;, mais était récioproque et où peu à peu (ce qui est en général plus favorable pour le couple que si c’est un préalable !), le désir venait compléter l’amour sentimental.
    Mais effectivement, dans la langue française, ces deux sentiments solitaires ou à deux s’appellent “amour”.
    Je ne pense pas toutefois que celui qui aime quelqu’un sans espoir de retour, y trouve les mêmes joies que dans l’amour partagé.
    C’est vrai aussi en amitié.

Par MiMiNe le Dimanche 7 juin 2009 à 11:12
Je connais un couple qui après 7 ans, ils ont décidé d'habiter ensemble et ca n'a pas marché pour toutes les raisons que tu expliques... mais l'histoire se finit bien car ils se sont remis ensemble après un long moment de réflexion. Et j'en suis ravie :) !

J'aimerais parler sur un mot que tu emplois souvent la réciprocité : Ma mère m'a toujours dis de donner sans rien attendre en retour que ce soit en amour comme en amitié. Après faut savoir établir la limite évidemment. C'est sûr que aimer quelqu'un qui ne vous aime pas c'est une grande limite et je ne parle pas de ça... Mais heureusement que l'on m'a appris cette chose car je ne comprendrais pas vraiment l'amour sinon.
Par Hazel le Dimanche 7 juin 2009 à 12:57
Bonsoir,

Le Hangar (notre blog littéraire) organise un CONCOURS, avec un lot à la clef. Il suffit de nous envoyer via le blog (ou à cette adresse : http://le-hangar.cowblog.fr/contact.html ) votre œuvre, qui peut être une poésie, une courte nouvelle ou un passage de théâtre sans (trop) dépasser les trente lignes; vous avez jusqu’au jeudi 18 juin. Cependant il y a un thème obligatoire: le CORPS. Il est possible d’exploiter tous les sens du mot. A vous de faire preuve d’imagination.
Le samedi 20 juin, seront publiés dans un article sur le blog les cinq meilleurs textes choisis par notre jury, et à partir de cette date les lecteurs du Hangar pourront voter pour le texte qu’ils préfèrent jusqu’au 4 juillet minuit. Les résultats seront connus le 5 juillet, et le gagnant recevra un prix : un livre de Franz KAFKA - Lettres à Milena.

Nous espérons te voir participer, tu as jusqu’au 18 juin pour nous faire parvenir ton texte sur « le CORPS ».

A bientôt, sur le Hangar, http://le-hangar.cowblog.fr

Hazel.
Par Hazel le Dimanche 7 juin 2009 à 18:33
Merci pour tes commentaires ! J'ai galéré pour la queue de cerise...
Par MiMiNe le Dimanche 7 juin 2009 à 18:58
Je pense que ce que ma mère voulait me dire par là c'était qu'il ne faut pas attendre directement le retour une fois qu'on a donné quelque chose, évidemment il faut aussi que l'autre donne mais parfois c'est pas à la même intensité que ce que l'on donne. Par exemple : pour moi ça peux paraitre simple et pour l'autre c'est un effort immense.

En ce qui concerne la dernière phrase que tu m'as dis dans ton commentaire : Personnellement je ne pense pas qu'on puisse aimé pareil, l'être aimé ne peux pas nous aimer comme nous on l'aime. La vie serait trop facile si ça se passait comme ça.
Après c'est mon avis :)

Oui c'est un très beau film que j'ai re re gardé, mais il faut pas voir que les images mais le fond du problème grâce à ce film.
Par maud96 le Dimanche 7 juin 2009 à 22:26
J'ai lu tout cet article (je demande des bons points !). Et je me dis en lisant ce long texte et les coms que le problème tient beaucoup à un idéal phantasmé et à l'ambivalence des mots utilisés pour exprimer les infinies variations des sentiments, qu'il s'agisse d'amour ou d'amitié.
Merci de ton com... çà va mieux, mais il y a des "traces" encore...
Par Brandon le Dimanche 5 décembre 2021 à 20:36
 

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