Mardi 25 août 2015 à 8:44

Amour et peines de coeur

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     J’ai traité ces jours ci des problèmes de couple, car, pendant les vacances, des couples se font et se défont, au gré de rencontres d’été et je reçois toujours des mails de « mes guenons » (du vieux singe que je suis), éplorées, qui viennent pleurer sur mon épaule virtuelle.
    J’ai toujours aussi un certain nombre de mails qui me posent des questions sur l’amour et l’amitié, car la différence est parfois bien mince, surtout chez les jeunes, et on ne sait plus que penser.
    Ce qui m’étonne toujours c’est que les adolescentes d’aujourd’hui sont presque aussi romantiques que les jeunes filles d’autrefois, et qu’à les écouter on croirait qu’elles croient encore au prince charmant, ou tout au moins y rêvent. et elles sont souvent déçues par la réalité, à tel point que l’une d’entre elles m’écrivait : « le prince charmant est devenu un baiseur, et il maitrise plus le kamasutra que l’épée… ».
    Je ne pense pas que les jeunes filles,d'autrefois comme d'aujourd'hui, aient cru au “prince charmant”, pas plus qu'au “père Noël”. C'est simplement un idéal, un rêve, la quête du Graal.
    Mais je pense que, il y a trente ans et à fortiori 60 ans, les jeunes filles recherchaient celui qui s'approchait le plus possible de leur rêve, de leurs souhaits, avaient donc une certaine patience et une certaine obstination, et commençaient souvent par un essai d'amitié avant une tentative d'amour.
        Aujourd'hui on est très pressée (comme les parents) et on brule les étapes. Certes on rêve toujours du prince charmant, mais, chose contradictoire, on se croit amoureuse du premier garçon qui vous attire , pourvu qu'il ait une “belle gueule” et un bon baratin et tout de même un soupçon de tendresse.
    Bien sûr une belle gueule, un bon baratin, de l’humour et de l’entrain sont séduisants. Cela peut créer des liens de camaraderie, mais est ce suffisant pour créer ceux d’amour.? Cela me semble bien improbable : un garçon ayant ces qualités est en général extraverti et possède ces qualités avec toutes les filles, et vous devez avoir des concurrentes !
    Certains de ces “don Juan”, comme le dit ma correspondante, ne pensent guère à l’amour, mais simplement à faire des conquêtes .
        C'est sans doute pour cela que la plupart de mes “guenons” viennent se plaindre au vieux singe que je suis, des tourments d'amour que leur infligent les garçons.

    La même correspondante m’écrivait : « l’amitié, c’est comme l’amour, mais sans les inconvénients du couple, notamment la jalousie et la fidélité ».
    Je ne suis que partiellement d’accord, parce que l’amitié est encore plus fidèle le plus souvent que l’amour.
    Mais là encore il y a ambiguité chez les jeunes car ils appellent « ami(e) », quelqu’un qui n’est qu’un camarade, un bon copain.
    L’amitié, la véritable, c’est tout autre chose.

    L’amour et l’amitié sont tous les deux un lien très fort entre deux êtres, de nature presque identique.
    Pour moi, une très grande amitié comme un amour, c’est d’abord une connivence, une certaine communauté d’idées, de goûts, une compréhension mutuelle; à la limite on devine les pensées de l’autre.. Les psys appellent cela un “fusionnement”.
    C’est aussi admirer l’autre, car l’amour comme l’amitié ne peut exister sans estime. Mais c’est aussi ne pas se montrer trop aveugle (et c’est très difficile), être conscient des défauts de l’autre, et les accepter, au lieu de souhaiter que l’être aimé soit l’idéal de ses désirs, rêves et souhaits.
    C’est respecter l’ami ou l’être aimé, essayer de se connaître mutuellement mais écouter et essayer de comprendre l’autre, respecter les idées chacun de l'autre, tout en essayant d’évoluer l’un vers l’autre. C’est traiter l’autre comme on souhaite qu’il vous traite. Ce n’est pas l’asservir, mais essayer de combler ses désirs comme il doit essayer de satisfaire les vôtres, ce qui veut dire qu’il faut se trouver le maximum de souhaits communs.
        C’est ensuite souffrir de l’absence de l’autre, vouloir être avec lui et partager le maximum d’instants heureux. Mais être là aussi dans les instants de peine pour se soutenir.
        Sans doute dans tous ces domaines, l’amour est plus fort que l’amitié, mais ce n’est pas toujours le cas.

        Mais aimer d’amour va plus loin. C’est à mon avis avoir une intention plus vaste et à plus long terme : c’est espérer vivre avec l’autre, partager sa vie future (et présente). C’est pour cela que cette communauté de pensée, que cette connaissance de l’autre est nécessaire car sinon la vie en commun sera difficile.
        C’est donc faire des projets et pour moi, le sentiment d’amour n’est pas réciproque si on n’a pas fait ensemble des projets d’avenir.
        Aimer l’autre c’est le privilégier, c’est former avec lui un couple, face aux autres personnes (c’est d’ailleurs la base de la fidélité).
        Je sais qu’aujourd’hui “être en couple” signifie seulement sortir avec quelqu’un ou coucher avec lui, mais pas forcément l’aimer, et finalement ne pas s’ennuyer tout(e) seul(e).
        Pour moi ce n’est pas cela : c’est se sentir mieux avec l’autre, ne former qu’un avec lui face à l’extérieur, c’est partager les idées, les joies, les peines, c’est  voir ensemble l’avenir, c’est vouloir le bonheur de l’autre autant que le sien.
        Certes l’amour a quelque chose de plus que l’amitié, c’est le désir, c’est d’ailleurs l’origine de l’expression « faire l’amour ».
        Mais aujourd’hui, pour beaucoup, notamment les garçons, faire l’amour est devenu une chose banale, comme déjeuner ensemble ou aller au cinéma.
        C’est dommage, car autrefois, c’était ce qui allait plus loin que l’amitié, c’était appartenir à l’autre et à lui seul, c’était le complément physique du fusionnement intellectuel, ce qui était commun au couple et pas aux autres, bref, son jardin secret.

        Je  constate cependant que le véritable amour existe mais il est plus rare. Je connais des jeunes qui s’aiment vraiment, vivent ensemble, se battent pour à la fois faire leurs études et travailler, et qui font des projets d’avenir pour le moment où leur situation sera plus stable.
        Il s’agit en général de jeunes plus âgés qui ont nettement dépassé les 20 ans et cela me semble normal.
        Cela dit je n’exclus pas un grand amour plus jeune : même autrefois cela existait et j’avais fait un article à ce sujet le 17 avril 2008.
        Mais il faut vous faire une raison : les chances d’aboutir à une rupture quand on est encore ado sont très grandes et il faut donc essayer de vous y préparer, de vous dire que vous aurez d’autres occasions de vous faire aimer, et que la vie doit continuer heureuse.
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