Dimanche 30 octobre 2016 à 17:12

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    Je suis toujours très étonné quand j’entends nos ministres, les hommes politiques ou des fonctionnaires chargés d’élaborer les règles de l’administration, parlent de coût et de prix de revient, notamment en ce qui concerne les hôpitaux, comme cela a été le cas depuis un mois à la télé.
    Je me demande s’ils ont eu un cours dans leurs écoles de formation sur les prix de revient marginaux. Il semble que non ou bien ils n’ont rien compris et tout oublié !
    Par ailleurs si l’on regarde la tarification des journées d’hospitalisation des divers hôpitaux, cela varie dans la proportion du simple au triple.

    En gestion, on distingue bien le coût global, qui est comptable, et le coût marginal, qui est une évaluation du prix d’un produit ou d’un service, quand on ne compte que les dépenses spécifiques du produit et non les frais généraux, plus ou moins fixes de la société et ne se rapportant à aucun produit.
    Quand on veut élaborer une politique vis à vis d’une activité donnée, c’est avant tout ce coût marginal qu’il faut étudier.

    Je vais prendre un exemple simple, sur lequel j’ai entendu de nombreuses bêtises dites à la télé : le  coût d’un lit d’hôpital. (les chiffres que je citerai sont purement hypothétiques).

    Supposons qu’un service d’hôpital ait 50 lits et que le coût total de ce service soit de 2 000 € par jour. On peut dire que le coût d’une journée d’hôpital pour un malade alité est de 2000/50 = 40 € par jours, soins non compris qui dépendent de sa maladie.
    C’est ce que font divers responsables, politiques notamment, qui trouvent cela trop cher et disent qu’il faut moins garder les malades à l’hôpital et les renvoyer au bout d’un séjour le plus court possible. C’est notamment le cas de la chirurgie ambulatoire.
    Dis sous cette forme, c’est idiot.
    En effet supposons que l’on fasse en sorte qu’il n’y ait plus que la moitié des lits occupés. En fait les personnels resteront les mêmes, ainsi que leurs salaires; les amortissements des installations (bâtiments, mobiliers, instrumentation technique..) resteront les mêmes.
    Simplement on ne servira que la moitié des repas et on lavera moitié moins de linge. Ce ne sera pas un coût très important.
    De ce fait le coût d’un lit sera peut être de 1800/25 = 72 €
    On n’aura absolument pas fait baisser le coût de la journée d’hôpital, au contraire.

    En fait, si le coût d’un lit est élevé, par contre son coût marginal est faible; les autres frais sont des frais fixes qui restent les mêmes dans une plage d’activité donnée.
    Traiter une variation d’activité en n’examinant que le coût complet est donc absurde.

    Par contre cela reste valable en partie si l’hôpital est saturé et qu’il faudrait augmenter le nombre de lits. Diminuer alors les temps d’hospitalisation pourrait libérer un nombre de lits suffisants pour éviter un investissement d’augmentation de la capacité d’accueil.
    A l’inverse, si en permanence le nombre de lits occupés est faible, il faut se résoudre à diminuer le service, c’est à dire les locaux et le personnel.

    J’entends aussi proférer des absurdités sur l’emploi de matériels très sophistiqués, donc chers, mais combien utiles, tels les scanners ou les IRM.
    C’est vrai que si l’on divise le coût du service poar le nombre d’examens, le coût d’un examen est cher, principalement en raison du coût de l’installation et du matériels qu’il faut amortir.
    Et certains de dire qu’il faut limiter l’emploi de ces appareils.
    En fait, à partir du moment où l’investissement a été fait, cela ne résoudra rien, ne fera qu’augmenter le coût de l’examen et baisser l’utilité médicale de l’appareiL
    Ilk faudrait examiner si au contraire on peut améliorer l’organisation pour faire davantage d’examens, travailler au contraire en 2 X 8.
    Les frais fixes seront alors répartis sur deux fois plus d’examens et le coût d’un examen, presque divisé par deux
   
    Cette différenciation des frais fixes et variables est très importante dans tous les organismes qui ont des frais fixes importants, constitués en général par des investissements et des personnels spécialisés qui sont indispensables au bon fonctionnement des appareils, presque indépendemment de leur charge de travail.

    Certes il faut faire des économies dans la fonction publique, mais ce n’est pas une simple division des coûts par le nombre de services rendus qui en donnera la clé, mais par une étude rigoureuse du fonctionnement, des tâches indispensables, et des coûts marginaux, pour améliorer le fonctionnement des services et évietr les investissements inutiles.

    Un autre aspect au niveau des investissements des communes et départements : j’ai souvent vu prendre des décision sur le seul examen du coût de l’investissements, sans avoir évalué le coût de fonctionnement ensuite.
    Je connais certaines installations qui, du fait de cet oubli, ne peuvent ouvrir que le cinquième du temps prévu à l’origine, compte tenu du financement possible du fonctionnement, ou bien on demandé une augmentation des impôts locaux tout à fait prohibitive.


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