Lundi 8 septembre 2014 à 12:11

Politique, économie, religion.

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     Des correspondants m’ont demandé fin août, ce que je pensais de l’affaire Montebourg et du remaniement ministériel. Mais je n’ai pas eu internet pendant quelques jours et donc ce n’est que maintenant que je puis répondre.
    Mais je ne suis, ni un fana, ni un expert de la politique et de l’économie. C’est donc un simple avis personnel.

    J’apprécie Montebourg pour son engagement, sa volonté de redressement de l’économie, et sa promotion des produits français.
    Mais je ne peux approuver sa « sortie », même s’il était convaincu de ce qu’il disait (je ne sais pas quelle est, dans son cas, la part de cinéma que fait tout homme politique).
    A mon sens, dans une équipe, quelle que soit son but, il faut qu’il y ait un chef qui la dirige, fixe des directives et objectifs et organise le travail. il doit consulter ses collaborateurs, laisser libre cours aux avis, à la discussion, aux objections, puis il doit prendre une décision et expliquer pourquoi, surtout à ceux qui n’était pas pour une telle décision.
    Tant qu’on n’est qu’au stade de la discussion, tous les propos sont permis au sein de l’équipe (avec politesse bien sûr et en essayant d’avoir des critiques constructives).
    Mais une fois que la discussion est close et la décision prise, on doit l’accepter et exécuter au mieux. Si vraiment on ne peut accepter de l’appliquer, il faut alors partir de l’équipe.
    Par contre rester au sein de l’équipe et dénigrer à l’extérieur ladécision est du plus mauvais goût : c’est ne pas respecterla solidarité de l’équipe, sans laquelle il n’y a pas de travail possible. C’est encore plus vrai dans un gouvernement, qui estsous les yeux de toute la nation.
    Je comprends parfaitement le souhait d’Arnaud Montebourg, Benoit Hamon et Aurélie Filipetti d’une autre politique et donc de quitter l’équipe, et reprendre leur liberté, mais l’esclandre de Montebourg ne fait pas bon effet. Je trouve normal que le Président et le Premier Ministre, lui ait demandé de quitter le gouvernement.
    Une équipe ou certains de ses membres contestent les décisions, en faisant l’extérieur juge de leur valeur n’est pas gouvernable. Si on ne veut pas revenir sur les décisions, il faut se séparer des contestataires.

    Evidemment ceci ne préjuge pas du bien fondé des décisions et de leur efficacité. Mais là, je suis très mauvais juge, car je n’ai pas les éléments permettant de donner un avis.
    Il m’est arrivé dans mon métier, il y a une trentaine d’années, d’avoir la responsabilité, pendant plus de dix ans, des établissements d’une grosse entreprise industrielle, et à ce titre de fréquenter des hommes politiques, tant au niveau local de ces établissements, qu’à celui du gouvernement, et aussi bien de droite que de gauche.
    L’une des choses qui m’a frappé, c’est l’énormité des contraintes au niveau politiques (et elles sont encore plus grandes aujourd’hui avec l’Europe), de telle sorte que les solutions possibles sont assez peu différentes, quelles que soient les idées politiques que l’on ait au départ et par conviction idéaliste. De telle sorte que les politiques de droite ou de gauche sont souvent très différentes lors des campagnes électorales, mais proches quand il s’agit d’agir.
    L’autre évolution qui me paraît importante est celle des dirigeants d’entreprise. C’était souvent des ingénieurs autrefois et s’il étaient convaincu qu’une entreprise doit être rentable et faire des bénéfices, par contre, ils pensaient que son rôle était aussi de donner du travail et un salaire décent à ses collaborateurs pour qu’il puissent vivre.
    Aujourd’hui les dirigeants d’entreprise sont le plus souvent des financiers et pour eux le seul problème est de faire les profits maximaux, et donc de payer le moins possible de personnels, et le plus bas possible.
    Je ne suis pas sûr que les avantages accordés aux entreprises par le pacte de stabilité se traduise en emplois et je crains qu’il ne serve qu’à augmenter les bénéfices.
   Bien sûr il faut aider les entreprises à être plus compétitives et aménager un certain nombre de contraintes du travail ou de la règlementation, mais encore faut il qu'il y ait encore assez de clients pour acheter leurs produits.
   Je regrette qu'on n'ait pas étudié de relier les charges sociales au chiffre d'affaires au lieu des salaires, car cela diminuerait les charges de ceux qui utilisent beaucoup de main d'œuvre, en les reportant sur ceux qui se contentent de faire de l'argent en important des produits, ou en faisant des opérations financières juteuses, sans pratiquement utiliser de personnel.

    Je pense aussi que nous sommes trop à la remorque de Madame Merkel et de l’’Allemagne, qui a des objectifs très différents des nôtres. En Allemagne c’est l’industrie qui soutient la croissance, en France c’est davantage la consommation des ménages, et par ailleurs la population allemande est en déflation, alors qu’elle augmente en France, ce qui pose beaucoup moins de problèmes pour le chômage des autochtones et notamment des jeunes allemands, (peu importe les alaires des personnes étrangères) mais posera des problèmes de retraites très différents.
    Je pense aussi que l’on n’a pas fait grand chose pour faire évoluer les régimes financiers, non seulement les banques, mais tout le système d’achats de matières premières, denrées et produits, par des intermédiaires , qui ne font que des transferts d’argents par avance, à divers niveaux,  avant même que la marchandise n’existe. On multiplie ainsi le coût des produits, sans aucune valeur ajoutée.
    On n’a pas fait grand chose non plus, pour faire payer les impôts aux grandes entreprises en fonction de leur chiffre d’affaires dans un pays, et elles ont des méthodes, certes légales, mais voisines de l’escroquerie, pour ne rien payer et la somme des gains ainsi effectués, qui ne retourne pas aux états est supérieur aux déficits, qui sont comblés actuellement par la pression fiscale sur les citoyens et les PME et par les économies sur les fonds publics et donc des suppressions d’emploi.
    Par ailleurs que font les USA quand ils veulent diminuer leur déficit et augmenter leur compétitivité : ils font marcher la planche à billet et diminuent la valeur du dollar. Certes cela crée une petite inflation, mais avec retard, et c’est efficace. Mais Madame Merkel ne veut ni déflation, ni création d’euros supplémentaire, car elle a une peur atroce de l’inflation.
   Je crois aussi que les français ont accepter de payer plus d'impôts, de se serre la ceinture, mais à condition que cela permette une amélioration de la situation et notamment du chômage, mais il n'y a pas de résultats, alors c'est la déception.

    Alors personnellement, je ne suis pas tellement éloigné des idées de Montebourg, mais je ne suis pas compétent en économie, et, heureusement pour moi, je ne fais pas partie du gouvernement.
Par coldtroll le Mercredi 10 septembre 2014 à 6:33
L'impossibilité de faire fonctionner la planche à billets, c'est justement ce qui retient l'Islande d'entrer dans la zone euro. Cette rigidité de l'euro est un vrai boulet.
Par http://www.george-avocat.com le Jeudi 11 septembre 2014 à 14:20
Très bon article et surtout très bonne réponse ! Je suis tout çà fait d'accord avec vous sur le fait qu'il y ait l'art et la manière de faire les choses. On peut ne pas être d'accord avec quelqu'un et l'exprimer au sein même de l'équipe. Mais le dire publiquement, en particulier lorsqu'il s'agit de remettre en cause la politique économique d'un gouvernement, ce n'est pas une chose à faire pour un membre du gouvernement !
 

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