Lundi 19 mars 2007 à 18:19

Tristesse, désespoir



     Vos souffrances, votre tristesse, proviennent, en général à l'origine, de soucis et d'ennuis que vous avez : problèmes scolaires, difficultés avec vos parents, brouille avec vos amis, chagrins d'amour.

     Le plus souvent c'est supportable et c'est le lot de tout le monde. Il est donc normal que vous en parliez entre vous.

     Si avec vos amis, avec vos correspondants, vous ne parlez que de vos difficultés, que, par jeu au début, vous discutez de sang, de tortures, de mort, ou pour se faire peur d'histoires fantastiques et surnaturelles, mais en général lugubres, peu à peu, cette atmosphère envahit votre esprit.

     Vous ne pouvez plus vous sortir de cette angoisse, de cette tristesse, ce qui était un jeu devient une habitude, vous renforcez mutuellement cette tendance dans vos conversations et vous finissez par vous complaire dans un milieu irrationnel et imaginaire, complètement détaché de la réalité. Vous finissez même par croire à des histoires complètement invraisemblables et absurdes au plan scientifique.

     Pour peu que certain(e)s d'entre vous aient eu quelques idées de mort ou de mutilation, la contamination a lieu très vite dans une telle atmosphère, exactement comme un microbe rend plus facilement malade quelqu'un d'affaibli.
     C'est d'autant plus grave que, si vous vous complaisez dans cette ambiance, vous allez rechercher des amis qui aient les mêmes goûts et vos échanges mutuels renforcent vos idées sombres et morbides, ainsi que votre souffrance.
     Les plus forts ou ceux qui ont la volonté d'en sortir,  résistent, les autres sombrent.

     Le cerveau humain est une machine très complexe, dans laquelle des transformations chimiques multiples se produisent, qui commandent le propagaton de signaux électriques entre des cellules, appelées neurones.
     Les connexions entre ces neurones évoluent énormément chez l'enfant et le jeune (jusqu'à 20 ans environ) et cette évolution conditionne la formation du cerveau.
     Ainsi, si on bande les yeux d'un petit chat pendant quelques semaines, bien que ses yeux restent sains, il ne verra plus de sa vie, car son cerveau n'a pas “appris à voir”.
     Si l'un des yeux seulement d'un jeune enfant voit mal (myopie, strabisme...), et que l'on ne s'en aperçoit pas dans les premières années de sa vie, la partie du cerveau à l'arrière du crâne, qui s'occupe de la vision, va se mettre au service du seul oeil valide et l'enfant verra de moins en moins et à jamais, de son oeil malade.
     Frédéric de Prusse, homme horrible, avait confié des nouveaux nés à des nourrices en interdisant de leur parler et de leur apprendre à parler. La plupart d'entre eux sont morts prématurément et étaient proches de la folie.

     Tout ce que nous faisons, étant jeunes, dans notre environnement contribue à former notre cerveau.
 Celui-ci, pour bien se former, a besoin de tâches multiples et variées, qui couvrent le maximum de situations possibles.
     
     Une partie de notre cerveau, le cerveau émotionnel, qui gère nos sentiments, (c'est une “couche médiane “de notre cerveau, voir mes articles sur ce blog) plus ou moins sous le contrôle de notre cortex, (la couche extérieure), siège de la pensée, a besoin, également d'être formé.
     Si vous plongez ce cerveau émotionnel en permanence dans une atmosphère de tristesse, de sang, de mort, vous allez peu à peu modifier les conditions de son fonctionnement :  vous ne pourrez plus que “penser triste” et vous allez peu à peu dérégler la mécanique chimique, altérer la liaison entre le cerveau émotionnel et le cortex qui réfléchit et raisonne.
     Dès lors vous perdez le contrôle de vos sentiments, vous n'êtes plus réalistes, vous vous enfermez dans l'irréel et  dans le désespoir : c'est la “dépression”.

     Pour en sortir il faut rétablir un fonctionnement normal. Tant que vous restez dans cette atmosphère triste, vous ne pouvez réapprendre à votre cerveau à bien fonctionner.
     Ceci est vrai pour les adultes, mais encore plus pour les enfants et les ados, dont le cerveau est encore en formation, donc très sensible.

     C'est pour cela que d'une part jil fautd'abord quitter cette ambiance triste (ce sera le sujet de mon prochain article), et que d'autre part, si vous essayez d'aider un(e) ami(e) en difficulté, il faut bien veiller à ne pas rentrer à votre tour, dans cet environnement, sous peine d'y être aspiré(e).

Par Le-voile-se-leve le Mardi 20 mars 2007 à 11:12
Oui, la tristesse et l'enfermement dans un type de vie l'impliquant et excluant les idées positives ne peuvent pas redonner le sourire et l'envie d'affronter la vie dans son sens le plus noble. Mais il faut malheureusement parfois toucher le fond pour comprendre que la Vie vaut mieux que ça!
Par globz38 le Mercredi 21 mars 2007 à 12:01
Je suis tout à fait d'accord avec ça, vous savez à quel cas je pense (PSG)... Ca me préoccupe de voir ça, toutes ces adolescentes qui se racontent leurs peines, qui s'influencent mutuellement, et qui ont de plus en plus de mal à se sortir de cette atmosphère morbide... Bien malgré moi je suis aussi attiré par ce côté sombre, et ça fait peur... Si je n'avais pas la belle vie que j'ai, j'aurais sombré depuis longtemps je crois... J'éprouve énormément de compassion pour ces personnes, et vous savez que j'essaye d'en sortir une de cette ambiance, ce qui n'est pas simple puisque celle-ci vit réellement des choses très difficiles...
Par Le-Chat-De-Chester le Samedi 24 mars 2007 à 10:46
arg, je detèste cette expression de toucher le fond, c'est atroce...comment on fait pour toucher le fond? uh, je ne veux même pas savoir...
Par BlOoDyLoVeR le Dimanche 13 mai 2007 à 18:19
Marchi pour tes commentaires!
 

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