Vendredi 9 mars 2012 à 8:37

Adolescence

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      La télévision met elle les ados sous influence?
      Je lisais récemment dans un article de recherche de psychologie sociale, cette statistique qui m'intéressait d'autant plus quelle faisait référence à des périodes que j'ai connues.
      Il y a 60 ans, les ados ne citaient pas de personne connue qu'ils admiraient et prenaient pour modèle. Ils regardaient leurs parents et leurs professeurs vivre et essayaient de les imiter. C'était l'après guerre, la télé n'existait pas et on allait peu au cinéma. Il y avait beaucoup de travail à faire si l'on voulait avoir un métier, mais par contre le chômage n'existait pas et donc la motivation au travail était certaine, car c'était le moyen de réussir.
      Il y a 15 ans, sur 6000 jeunes de 10 à 18 ans interrogés en Allemagne, seuls 20% citaient une personne connue, star, personnage de série ou sportif, et cette proportion en 2003 était passée à 60%.
      L'institut de technologie d'Orlando, aux USA,  a étudié de phénomène "d'idolâtrie" et il constate que cette adoration pour une idole a peu d'effets négatifs. Ses chercheurs pensent que c'est un moyen pour les ados de s'éloigner émotionnellement des parents et d'acquérir une certaine distance émotionnelle.
     Est ce certain ? Et la télévision n' incite t'elle les ados qu'à de bonnes actions ?
Certains parents craignent que les enfants et les ados reproduisent ce qu'ils ont vu à la télévision, bon ou mauvais? Ont ils raison?

      Certes beaucoup ados commencent à boire de l'alcool ou à fumer sous l'influence de leur entourage, notamment des camarades de leur âge, mais des études menées au New Hampshire ont montré que les ados qui avaient vu beaucoup de héros de films fumer, devenaient des fumeurs, deux fois plus souvent que les ados ayant peu vu les films en cause.
      Des expériences ont eu lieu également, toujours probantes, entre la projection de films qui montraient des scènes en rapport avec des stéréotypes courants ,véhiculés par les médias et l'opinion, et les réponses à des questionnaires portant sur ces stéréotypes. La vision préalable de films augmentait de façon importante les réponses positives, par rapport au groupe témoin qui ne les avait pas vus.
      Mais certaines conséquences sont relativement bénéfiques : il semble que les ados qui regardent souvent la télévision soient plus tolérants vis à vis des autres, probablement parce qu'ils prennent conscience de la multitude des réactions possibles, face à une même situation.
      Ces études ont montré en particulier que si les personnages des scènes projetées ont des attitudes positives, souriants, heureux de vivre, ils sont plus facilement pris comme modèle et leurs comportements sont davantage acceptés et suivis. Nous sommes certes conscients que les personnes à l'écran sont des personnages fabriqués pour les besoins du scénario, mais nous réagissons comme s'ils étaient des personnes réelles, et les limites entre réalité et fiction devient floues.

      De nombreuses études ont été menées, notamment aux USA quant à l'influence des films violents.
      Elles ont toutes montré que la vision répétée de tels films accroissait nettement les tendances des jeunes, voire des adultes à être violents.
      L'explication semble être l'habituation à ces scènes, qui ensuite rend le passage à l'acte plus anodin, de la même façon que le chirurgien (heureusement pour lui et son calme au cours de l'opération , devient au cours de ses études, mains sensible à la souffrance du malade sur la table d'opération.

      Une étude menée en 2001 sur 1600 jeunes les a classées en quatre catégories, vis à vis de leurs réactions face aux médias et notamment la télévision :
           - la première catégorie de jeunes regarde peu, voire pas du tout la télévision :elle est
qualifiée de catégorie orientée vers l'éducation.
           - la deuxième catégorie, dite « orientée vers la consommation », regarde souvent la télévision,
mais passe surtout beaucoup de temps devant l'ordinateur et utilise les médias comme distraction.        
           - le troisième type de jeunes, dit « orienté vers la communication », utilise surtout des médias comme Internet pour discuter et regarde plutôt les films entre amis.
           - enfin la quatrième catégorie est celle des jeunes gens qui regardent très souvent la télévision sans aucun esprit critique.
Selon K.P Treumann, l'appartenance aux différents groupes est déterminée par le sexe, l'âge et l'environnement social.

     L'environnement du jeune spectateur est essentiel. L'influence des modèles médiatiques n'est sans doute pas directe, car les jeunes ne regardent pas la télévision comme s'ils étaient coupés des autres et du monde extérieur : ils n'imitent pas n'importe quel héros télévisé mais après des discussions entre amis, les jeunes se feraient leur propre avis d"après ces échanges d'idées.
     Les adultes et notamment les parents, ne doivent pas s'interdire de critiquer ou de rejeter certains modèles, leurs réactions pouvant aussi aider les adolescents à progresser dans la construction de leurs valeurs et de leur vision du monde.
     Pendant la puberté, les prises de distance vis-à-vis des parents représentent une étape cruciale du développement des ados, et il n'est pas étonnant que les modèles médiatiques venant contredire ce que disent les parents exercent alors une certaine fascination des adolescents.
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