Mardi 21 juin 2016 à 15:35

Enseignement, école, fac

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    Troisième volet des sujets de philosophie 2016, les deux questions suivantes :
           - Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ? (L)
           - Pour être juste, suffit-il d’obéir aux lois ? (Tech) ?


     Pas faciles ces deux sujets : on peut dire tellement de choses sur la morale en général et sur nos convictions morales et leur origine en particulier;   
    Quant au mot « juste » son interprétation est ambigüe.
    Ces deux sujets ne m’inspirent pas.

    D’abord d’où viennent les règles morales en général?
    Certaines sont ancestrales, passées de génération en génération dans chaque civilisation, mêlées aux préjugés aux archétypes chers à Jung, aux us et coutumes.
    Le passé et ses règles  (ses lois aussi) se transmet par les gouvernants et édiles divers, par les personnes qui ont une certaine autorité psychologique : prêtres, médecins, professeurs… Cette influence a sûrement baissée aujourd’hui.
    Enfin et surtout c’est l’éducation des parents qui transmets des règles dès la plus jeune enfance.
    L’enfant voit le plus souvent, en ses parents et aînés, des modèles qu’il va essayer d’imiter. A défaut de ces personnes, il va trouver d’autres adultes référents.
    La situation évolue d’ailleurs; les jeunes actuels, avec le développement des moyens de communications électroniques, appartiennent à des groupes, et le référence est de moins en moins les parents, mais  ces amis, qui sont presque du même âge. Pour peu que les parents ne soient pas vigilants ou même absents de l’éducation, ces jeunes n’ont alors que peu de valeurs et donc sont prêts à faire beaucoup de bêtises.
    On pourrait penser que nos valeurs et principes moraux ne sont que la conséquence de notre éducation et de notre socialisation, et que ce n’est pas l’expérience qui nous apprend ce que nous nous devons faire. Elle se bornerait à nous permettre d’ajuster notre comportement aux règles acquises.

    La nature de ces règles donne d’ailleurs souvent à controverses.
    Certains les croient dictées par une volonté supérieure; c’est notamment le cas des religions.
    Je me souviens, dans mes cours de philo, il y a presque 70 ans, des « impératifs catégoriques «  de Kant, qui pensait que les règles nous étaient dictées par notre raison, et qui avait une fâcheuse tendance à voir le résultat de punitions et de récompenses, ou des conséquences des sentiments de peur et de culpabilité.
    L’éducation d’autrefois était souvent basée sur ces punitions et récompenses. C’est moins vrai aujourd’hui, on essaie davantage d’expliquer et de convaincre, mais on est surtout souvent tombé dans un laxisme regrettable, en croyant comme Rousseau que l’enfant est bon par nature, ou buien par peur qu’il ne vous aime plus si on le châtie parfois.
    Je me souviens aussi de dissertations assez difficiles sur les rapports entre la morale et notre liberté, qui parfois touchaient à la théologie.

    Mais justement, quel est le rapport entre la morale en général et nos convictions sur elle?
     Freud appelait le « surmoi », l’ensemble des règles, parmi celles sui nous avaient été enseignées, auxquelles nous avions réfléchi, et que nous avions accepté d’appliquer.
    Parmi elles nos convictions morales; comment nous les sommes nous appropriées?
    La vie nous donne tous les jours l’occasion d’appliquer ces règles, et donc d’avoir une certaine expérience des cas divers de leur application et de leur faisabilité. Nous nous forgeons ainsi une espèce de « jurisprudence morale »
    Par ailleurs nous sommes face au miroir que constitue nt les autres hommes, qui nous renvoie un jugement, une image de nos actions et dede notre responsabilité. Bien sûr, nous sommes plus ou moins influençables.
    Les règles que l’on nous a données peuvent ne plus être parfaitement adaptées à ce que l’on est devenu et donc l’expérience, qui nous a donné l’occasion de les appliquer et de nous trouver parfois face à des dilemmes difficiles, peut nous amener à évoluer et à se faire des conviction en partie différentes de celles héritées initialement.


    Le second sujet me laisse perplexe en raison de la signification du mot « juste ».
    Juste fait penser à « Justice »; mais une personne juste au sens commun et notamment religieux du terme, c’est une personne qui fait le bien, qui est bonne vis à vis des autres, qui est équitable. Les juifs ont appelé « justes » ceux qui leur sont venus en aide pendant la guerre, lorsqu’ils étaient persécutés par les allemands.

    Si l’on s’en tient aux aspects de justice, est juste ce qui est légal donc conforme aux lois. Un juge ne doit pas juger selon ses sentiments ou ses impressions : il doit s’en tenir aux lois qui ont ou non été respectées, et dans quelle mesure elles ont été bafouées.
    Certes en assise le jury a une certaine liberté pour juger l’accusé coupable ou non coupable, s’il a des circonstances atténuantes ou s’il a prémédité son crime; mais ensuite à l’intérieur des décisions prises, la loi fixe l’éventail des peines que l’on encours.
    On voit donc qu’au plan des sanctions, il faut d’abord juger si la personne à contrevenu à la loi, et ce n’est qu’ensuite que la loi définit les sanctions. Le premier point est parfois évident si on a toutes les preuves et si les faits sont clairs, mais c’est parfois beaucoup plus complexe, comme par exemple la légitime défense.
    Par ailleurs toutes les lois sont elles conformes à la justice ? Il peut y avoir des lois injustes, oppressives, contraires à l’humanité, comme cela arrive parfois dans les pays totalitaires ou sous dictature.
    De toutes façon la loi est générale; elle ne peut tenir compte de tous les cas particuliers. Le législateur ne peut tout prévoir, et chaque cas est particulier. Le vol est un délit et doit être puni, mais doit on punir une mère complètement démunie qui a volé une bouteille de lait pour nourrir son bébé?

    La question qui nous est posée concerne plutôt un homme, à titre personnel et non la justice officielle.
    Si évidemment on prend pour définition qu’un homme juste est celui qui fait le bien, le rapport avec les lois est assez éloigné. On est alors au niveau des convictions morales de l’individu, de son altruisme, Il peut même arriver d’être en contradiction avec la loi (comme par exemple aider des migrants, dont la présence est interdite à un certain endroit.)
    A la limite on peut prendre le contrepied et dire qu’un homme juste est celui qui ne fait pas le mal, qui respecte les autres, est honnête et équitable, et en principe ne fait rien de contraire aux lois.
    Je voudrais poser une question contraire : est on forcément injuste, si on ne respecte pas une loi ? Le terme « injuste » est beaucoup moins sujet à interprétation que le mot « juste ».`   
    Etre injuste c’est ne pas avoir respecté l’égalité, l’équité, l’humanité.
    Il est clair que la loi, appliquée strictement sans tenir compte des circonstances, peut ne pas être équitable, et que par conséquent être équitable et juste, c'est ne pas se conformer aveuglément à la loi, mais tenir compte des situations particulières. C’est en quelque sorte, interpréter la loi dans le sens de son intention supposée : le respect, non à la lettre mais à l'esprit de la justice
    Cela dit, ce n’est pas toujours évident : l’équité semble par exemple souvent synonyme d’égalité, mais par exemple en matière de récompense, faut il donner à tous la même chose ou récompenser en fonction du mérite, de l’efficacité, des résultats, de la quantité de travail …. ?

    Il y a donc une condition pour que les lois soient véritablement justes et donc obligent en toute légitimité : c'est qu'elles soient justes au sens où elles respectent l'égalité et l'humanité. Si elles ne le font pas, alors, on a raison de se révolter contre elles et de refuser d'y obéir au nom d'une justice plus haute.
    Par ailleurs il faut, notamment au plan répressif, adapter l’application des lois aux circonstances réelles., et cela avec humanité.
    Mais il y a des cas bien difficiles du fait d’incertitudes, par exemple pour un juré : faut il risquer de laisser en liberté un assassin ou risquer de condamner un  innocent ?
   
    Enfin je me permettrai une remarque impertinente : la loi est tellement complexe que s’il fallait pour être juste, appliquer les lois et donc les connaître toutes, il n’y auarait aucun juste sur terre !
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