Vendredi 17 juin 2016 à 9:10

Enseignement, école, fac

Je vais donc, comme je l’ai écrit hier, dire ce que m’inspirent les deux sujets de philo du bac 2016 sur les « désirs » :
            Savons-nous toujours ce que nous désirons ? (ES)
            Le désir est-il par nature illimité ? (L)

    Le sujet est un peu ambigu, car on peut se demander quelle signification accorder au mot « désir ». On peut trouver bien d’autres mots voisins : besoin, envie, aspiration, souhait, attirance, inclination, passion, pulsion…
    Et il y a des désirs de toutes sortes :

    Le désir a d’abord un aspect physiologique : on a faim on a soif, froid et envie de se réchauffer. Notre hypothalamus reçoit des informations de notre corps, et inconsciemment, il est sensible à des signaux particuliers, dont il rend compte en partie au cortex frontal et nous sommes alors conscients de ces sensations qui sont des anomalies ou des manques et nous cherchons à y remédier : nous mangeons ou nous buvons si nous avons faim ou soif. De son coté l’hypothalamus peut agir inconsciemment pour remédier à ce manque soit à partir du système sympathique, soit à partir de l’hypophyse et de ses pré-hormones.
    Peut on appeler ces besoins physiologiques des désirs ? On parle bien pourtant de désir sexuel.

    Le désir peut avoir un aspect matériel; c’est l’envie de posséder, d’acheter, de se servir d’un objet ou de faire une action, un voyage par exemple. Cela procède aussi d’un manque, puisque nous n’avons pas encore ce que nous souhaiterions. Pour notre cerveau, c’est le besoin de libération de dopamine au niveau de nos centres d’apprentissage et du plaisir (voir mes articles à ce sujet).
    Si le désir et sa satisfaction deviennent trop fréquents, le manque de libération de dopamine devient obsessionnel, et surtout cette libération diminue et il faut plus de satisfaction pour provoquer le même effet : c’est l’addiction : drogue, alcool, jeux, sexe …

    Le désir peut être émotionnel ou sentimental. cela peut être à l’encontre d’un objet, mais c’est surtout le domaine affectif vis à vis d’autres personnes. C’est le cas de nombreux désirs liés à l’amitié ou à l’amour. Par extension l’objet peut être un groupe, une communauté. Ce type de désir peut devenir très intellectuel, se sublimer, c’est le cas notamment en amour ou dans des domaines passionnels ou les religions.

    Enfin le désir peut être totalement rationnel : je l’appellerai alors un projet. Il s’agit d’une réalisation, d’une intention, que k’on souhaite et dont on va étudier la possibilité dans le détail.

    Certains psychologues ont établi une hiérarchie dans les désirs, c’est notamment le cas de Maslow et de sa célèbre pyramide : il parle toutefois de satisfaction des besoins. (voir mes articles du 26 avril 2015 et 7 mars et 19 juin 2012, et 26 mai 2007). Les théoriciens de la motivation ont également établi des classifications analogues. Clayton Aldefer, David McClelland, Henry Murray entre autres)

http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/Maslow.jpg
   
    Ce dont il faut être conscient, c’est que, quelle que soit la classification que l’on fasse, le désir résulte d’un manque, que l’on voudrait combler.
    Quand on a réussi à satisfaire un désir, en général on en tire satisfaction, mais d’autres désirs apparaissent. Sans désirs nous n’aurions plus de motivation.


    Alors sommes nous conscients de nos désirs ?
    C’est une question de vocabulaire : on a tendance à appeler désir un besoin un souhait dont nous sommes conscient.
    Par contre les causes profondes de ce désir, les « manques » qui y ont conduit et qui peuvent être de nature multiple et très complexe. La plupart de ces causes profondes sont le plus souvent inconscientes.

    Savons nous toujours ce que nous désirons ?
    Tout dépend de ce que l’on entend par savoir : si c’est être conscient des désirs, je viens de répondre à la question. Si c’est par contre savoir exactement ce que l’on voudrait, ce n’est pas toujours le cas.
    Nous avons conscience de manques, mais si on en connaît la nature générale, on peut ne pas en savoir le détail. Les manques peuvent être multiples et il est parfois difficile de les différencier, d’établir une hiérarchie et de savoir lequel choisir.
    Il peut arriver aussi que la réalisation d’un désir comporte des éléments positifs, mais aussi d’autres négatifs, et on hésite alors à souhaiter sa réalisation.

    Les désirs sont ils illimités?
    Comme je l’ai dit plus haut, les « manques » sont inhérents à la vie, à l’existence. Même si on peut penser que si on réalise un grand nombre de souhaits, on aura moins de manques non réalisés, le manque de désir correspondrait à une apathie complète, qui serait maladive (c’est un des symptômes de la dépression).

    Par contre ce qui n’est pas illimité c’est la satisfaction des désirs, car ils peuvent rencontrer des obstacles, notamment :
         - Obstacles matériels et notamment financiers.
         - Obstacles environnementaux la loi, la nature, les voisins, le groupe dans lequel on est plus ou moins intégré, le comportement des autres personnes….
         - Enfin obstacles moraux ou sentimentaux : tel ou tel désir peut être considéré comme contraire aux valeurs que nous avons. Nous nous sentirions coupables de réaliser ces désirs, voire nous nous sentons même coupables de les avoir eu.
    Ces obstacles sont personnels car ils dépendent de la personnalité et de la situation de chacun. Donc certains réaliseront les souhaits que d’autres ne peuvent espérer, d’où un sentiment d’injustice et de jalousie, et une exaspération de ces désirs.

    Enfin il faut signaler, le désir poussé à l’extrême, et notamment dans ses causes profondes inconscientes, et qui peut alors pousser à une réalisation brutale : la pulsion.
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