Dimanche 19 juin 2016 à 9:21

Enseignement, école, fac

  Je traiterai aujourd’hui deux autres sujets qui ont une certaine parenté :
                   - Faut-il démontrer pour savoir ? (S)
                  - Pouvons-nous toujours justifier nos croyances ? (Tech)


    Comme dans toute proposition de réflexion sur un sujet le vocabulaire est important et il ne faut pas qu’il y ait confusion ou malentendu.
    Le savoir c’est une connaissance, mais qui est supposée être exacte, enfin, en principe et à un instant donné. Elle est censée avoir un minimum de preuves. C’est en principe une connaissance rationnelle.
    La croyance, c’est une opinion à laquelle nous adhérons, un jugement subjectif auquel nous croyons. Nous pouvons faire preuve de crédulité et croire des choses peu vraisemblables, avoir des croyances à priori : des préjugés. Nous pouvons aussi avoir des croyances profondes, sans que nous puissions en démontrer la véracité : nous avons la foi en quelque chose.
    Cela dit, les statistiques et les probabilités nous apprennent qu’il y a des situations intermédiaires entre savoir et croyance, qui sont des phénomènes ayant une forte probabilité (pas forcément en physique : la forte probabilité de réussir au bac poour un élève ayant eu de bonnes notes toute l’année).

http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/confrence3knowledgemanagementinnovationbyeunikamercierlaurent36638-copie-1.jpg
    Evidemment une démonstration, si elle est exacte amène à une connaissance qui est certaine.
    Le problème est inverse : une connaissance sensée être exacte est elle démontrable.?
    C’est le problème bien connu de l’exactitude des sciences.

    La seule science qui paraît irréfutable parce que faisant l’objet de démonstrations, ce sont les mathématiques.
    Ce n’est pas parfaitement vrai : certaines hypothèses sont nécessaires avant les démonstration; ainsi avant de démontrer les théorèmes de Thalès et leur conséquence, on fait l’hypothèse de deux droites parallèles qui ne se rejoignent jamais.
    En fait les théorèmes sur les droites qui sont valables sur un plan, mais sont différents sur un ellipsoïde ou un hyperboloîde.

    En physique-chimie, certaines démonstrations sont possibles quand on a une explication rationnelle du phénomène que l’on observe, c’est à dire quand on connaît expérimentalement et théoriquement ses causes et les valeurs qui les lient.
    Mais en général, quand on a élucidé certains phénomènes, on découvre de nombreux phénomènes connexes, en amont ou parallèles, que l’on ne connaît pas et qu’il faut explorer. Les lois de l’infiniment petit, de l’infiniment grand dans l’univers et de l’espace habituel galiléen sont très différentes.
    Même quand on a des modèles mathématiques sur ordinateur des phénomènes, ceux ci n’ont pu être élaborés que par l’expérience et la mesure de certains paramètres d’ajustement.
    La physique chimie avance toujours par des successions de phases hypothèse - mesure - conclusion certaines étant juste d’autres fausse et remises en cause.
    La biologie, quelle soit humaine, animale ou végétale, relève des mêmes principes, mais l’expérimentation y est plus difficile et moins rigoureuse, car elle a lieu sur des êtres vivants toujours en évolution.
    La psychologie devient plus rigoureuse da,ns la mesure où elle s’appuie sur la neurologie et sur les statistiques, mais le comportement humain est tellement complexe, que rien n’est démontrable.

    Le savoir toutefois n’est pas uniquement scientifique :
    Dans le domaine technique, on est censé savoir comment fonctionne un objet que l’on a imaginé et mis au point.
    Il peut cependant tomber en panne, et là encore on ne peut le réparer que si on a expliqué la cause de la panne et le responsable défectueux.
    Mais bien des causes d’accidents restent inconnues : le savoir est là encore partiellement démontrable.

    Un autre aspect de la question est l’expérience acquise, qui n »’est que constatée mais pas démontrée. C’est en général parce qu’on a constaté que certains phénomènes avaient les mêmes conséquences qu’on décrète - abusivement - une relation de cause à effet, mais qui a une probabilité non négligeable.
    Certains phénomènes nous paraissent aussi évidents, parce que nous les visons : c’est le cas du célèbre axiome de Descartes : « je pense donc je suis ».

http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/Unknown.png

    Le problèmes de justifier nos croyances est donc un problème connexe de celui de nos connaissances et savoirs.
    Si nous étions sûrs qu’une croyance est vraie et que nous puissions la démontrer ou la justifier très rationnellement, ce serait alors un savoir.
    La justification ne peut être rationnelle; le problème est donc plutôt pourquoi faisons nous foi à nos croyances.?

    Il est certain que si le savoir démontre qu’un fait est très peu probable rationnellement,, nous ne pouvons pas justifier notre croyance et la tenir pour vraie.
C’est le cas de la téléportation d’objets pesants, ou de la présence de fantômes dans un château soi-disant hanté.

    Peut être serait il intéressant de recenser ce que sont les croyances de chacun de nous et d’où elles proviennent.
    Sont elles des préjugés collectifs de notre civilisation, ce que G.Jung appelait des archétypes; viennent elles de l’éducation reçue de nos parents et les avons nous seulement discutées, ou simplement adoptées passivement, sans réflexion ? Viennent elles des groupes auxquels nous avons appartenus ou nous appartenons ?
    Freud parlait du « surmoi », l’ensemble des règles auxquelles nous avions apporté notre adhésion.
    Une autre interrogation est possible : pourquoi croyons nous à telle ou telle chose? qu’est ce qui nous y pousse, qu’en attendons nous? La croyance ne trouve?-t?-elle pas son origine dans le besoin d’être rassuré, d’obtenir une réponse, de ne pas rester dans l’inconnu ?
    Et beaucoup de croyances ne reposent elles pas sur une information insuffisante, sur un absence de savoir (par exemple une araignée ne pique pas : elle mord !).
    Je suis toujours effaré sur les croyances de certaines personnes, manifestement contraires à des connaissances élémentaires scientifiques; certes c’est un manque d’information et de connaissances, mais c’est aussi une absence de réflexion, de curiosité intellectuelle, de bon sens, surtout aujourd’hui où l’on peut trouver bien des explications sur internet (à condition de bien choisir les sites, car on y trouve aussi les pires âneries !)
Aucun commentaire n'a encore été ajouté !
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3276701

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast