Mercredi 22 février 2012 à 8:17

Biologie, santé.

J'ai lu dans "La Recherche", un article qui m'a paru intéressant car il donne une information originale peu connue.

            On sait assez bien par quels mécanismes les antibiotiques agissent sur les bactéries pour les détruire ou au moins les empêcher de proliférer. Ils libèrent ce que l'on appelle des "radicaux libres", qui sont des molécules dans lesquelles un ou plusieurs atomes ont une liaison chimique qui n'est pas utilisée (un électron périphérique qui n'est pas apparié), et donc libre et qui va donc réagir facilement.
Ces radicaux libres produisent en particulier des oxydations, lesquelles vont casser l'ADN des bactéries et donc les empêcher de se reproduire.

Par contre on connaît très mal les mécanismes par lesquels les bactéries résistent aux antibiotiques.

            On sait aussi depuis des siècles que les bactéries rejettent du sulfure d'hydrogène SH2, mais on croyait que c'était un simple résidu de leur métabolisme.
             Une équipe de New-York a eu l'idée que cette production avait peut être une incidence sur leur résistance aux antibiotiques.
            Une étude a été menée sur quatre types de bactéries courantes : Esterischia Coli, le colibacille bien connu; les redoutables staphylocoques dorés; des pseudomonas qui sont à l'origine d'infections nosocomiales; et enfin le célèbre bacille du charbon (l'anthrax).
            Elles ont montré que la résistance de ces bactéries était effectivement liée à la production de sulfure d'hydrogène.
            Ils ont inactivé les gènes qui codaient les protéines responsables par la suite, de la production de ce gaz, et les bactéries se sont alors montrées beaucoup plus sensibles aux antibiotiques.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/SH2bacteries.jpg

            Le sulfure d'hydrogène SH2 peut avoir une activité anti-oxydante et donc empêcher les antibiotiques de casser l'ADN des bactéries.
            D'après l'Institut Pasteur et les chercheurs américains, cet effet est une propriété générale de probablement toutes les bactéries.
            Si on trouve un moyen simple d'empêcher les bactéries de produire du sulfure d'hydrogène, on pourrait décupler l'efficacité actuelle des antibiotiques.
             Un espoir et un sujet de recherche intéressant au moment où la recherche de nouveaux antibiotiques marque le pas.

             Cela dit, je suis toujours effaré du nombre de personnes, pourtant intelligentes et cultivées, qui, parce qu'elles se sentent mieux,  arrêtent trop tôt un traitement antibiotique qui devrait durer six à huit jours, et risquent ainsi de le rendre inefficace et de rendre la bactérie résistante.
            Les mêmes d'ailleurs, ayant conservé le reste de médicament dans leur armoire à pharmacie, utilisent ce reliquat lors d'un gros rhume ou d'un début de grippe, ce qui est tout à fait inefficace, puisqu'il s'agit de virus, et risque de rendre d'autres bactéries biorésistantes.
            En matière d'antibiotique il faut toujours respecter les ordonnances médicale sur la durée de traitement (sauf évidemment réaction secondaire ou aggravation mais il faut alors reconsulter le médecin), et ne jamais faire soi-même d'automédication, vis à vis de soi ou d'autrui. (sauf si vous êtes médecin bien sûr !!).

 

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