Dimanche 24 mai 2009 à 9:00

Biologie, santé.

    Aujourd’hui je voudrais vous parler des maladies causées par les bactéries, car il est utile de connaître quelques notions de base simples.

    Lorsque les bactéries se multiplient anormalement dans le corps humain (ou d’un animal), on dit qu’il y a infection et que celle-ci entraîne une maladie.

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    Deux notions sont importantes et souvent mal utilisées :

        - Le pouvoir pathogène conditionne le type de maladie et va dépendre de l'espèce bactérienne responsable de l'infection.
La peste dont la bactérie a la doux nom de “Yersinia pestis” est une maladie complètement différente du choléra dont l’agent est “vibrio cholerae” (ils ont de beaux noms latins n’est ce pas ! ^^).
Le pouvoir pathogène c’est donc la capacité de provoquer telle ou telle maladie, plus ou moins grave. C’est une notion qualitative.

        - la virulence d’une bactérie  : c’est une notion quantitative.
C’est en quelque sorte la facilité avec laquelle la bactérie déclenche l’infection, que l’on pourrait caractériser par le nombre de bactéries qui déclenchent la maladie. Pour certaines (même pour des souches de même nature, mais légèrement différentes, ou à des moments différents), il en faudra plusieurs milliers et pour d’autres quelques bactéries suffiront à provoquer l’infection.
    Ces nombres de bactéries nécessaires sont malheureusement très mal connus et ils dépendent aussi de la sensibilité de l’individu et notamment de ses défenses immunitaires.
    Les scientifiques cherchent à connaître le “taux et le délai d’infection secondaire” c’est à dire le nombre moyen d’autres personnes que va contaminer une personne malade et au bout de combien de jours (par exemple pour la peste, on pense que ce facteur de transmission est d’environ 1,4 pour un délai de 3 jours, à titre de comparaison ce facteur est de 2 à 3 pour un virus de grippe et de 25 pour un virus de rougeole !! Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les bactéries ne sont pas les plus contagieuses de ce point de vue.).

    Toutes les bactéries sont potentiellement pathogènes. Quand les défenses immunitaires d’une personne diminuent, même leurs bactéries présentes dans le corps et qui lui sont habituellement utiles, peuvent provoquer des troubles. C'est le cas, bien sûr, chez les immunodéprimés ou les malades du SIDA, mais aussi à la suite d'une infection virale qui affaiblit ces défences immunitaires, au cours du développement de maladies métaboliques comme le diabète, ou simplement pendant des périodes de fatigue ou de stress.

    Au plan médical, on classe les bactéries en deux grandes catégories :

        - Les bactéries pathogènes qui sont des bactéries responsables d'une maladie même chez le sujet " sain " (au sens du précédent paragraphe).
    Une bactérie pathogène, même redoutable, comme le bacille diphtérique ou le méningocoque peut être hébergée par une personne sans lui occasionner le moindre trouble. Ces hôtes sont dits porteurs sains.
    Quelquefois ces bactéries résident sur leur hôte après qu'elles l'aient infecté et après guérison (porteurs chroniques), mais souvent, ces bactéries font partie de sa microflore "normale".  Par exemple le méningocoque, agent de la méningite cérébrospinale, est souvent présent dans le nasopharynx d’une personne et la maladie est l'exception puisqu'elle ne touche qu'un porteur sain sur 10 000.
   
        - Les bactéries dites “opportunistes”, qui ne donnent habituellement pas de maladie chez les sujets sains, mais peuvent devenir pathogènes chez les sujets aux défenses immunitaires altérées.
    Ces bactéries sont souvent des bactéries dites “commensales”, qui vivent en permanence à la surface de la peau et des muqueuses de l'homme (notamment oro-pharynx, système gastro-intestinal et urinaire).
    Le type de maladie (et donc le pouvoir pathogène) de ces bactéries est en général une grande prolifération sur leur lieu habituel, avec une inflammation non spécifique à ce niveau (pneumonie, infection urinaire, infection intestinale,.. ), éventuellement suivie d'une généralisation, ou de localisations secondaires, en migrant  vers des tissus sur lesquels elles ne sont pas naturellement présentes (endocardite, cystites, abcès profond, ostéites, méningites...).

    Les germes qui sont très virulents ont une aptitude particulière pourse répandre et se multiplier sur ou dans un hôte, malgré les défenses que celui-ci opposera.
    Une infection débute généralement par la fixation du germe sur les muqueuses respiratoires, uro-génitales ou intestinales. Cette fixation permet au germe d'éviter l'expulsion par des phénomènes mécaniques tels le flux urinaire, la toux ou les mouvements péristaltiques de l'intestin.
    L'adhésion se fait, selon les germes, grâce aux pilis, à des protéines, sortes de colles sécrétées grâce à l’expression de gênes des plasmides , ou encore à de  longues fibres polysaccharidiques qui permettent à la bactérie de se lier comme un bateau à un ponton.
    Les bactéries doivent alors se protéger des défenses naturelles de l'hôte et leur capsule constitue une défense contre la phagocytose par les globules blancs, qui ne disposent pas toujours des enzymes nécessaires à leur digestion.
Certaines bactéries ont des stratégies remarquables :
Les staphylocoques, par exemple, disposent d'une coagulase qui entraîne la formation d'un caillot veineux dans lequel, protégé de la phagocytose, le germe peut se multiplier. Lorsque les germes sont nombreux, une enzyme dissout le caillot. Les germes sont libérés et sécrètent alors des enzymes qui attaquent le tissu conjonctif et créent des lésions tissulaires.

    Les bactéries pathogènes produisent de nombreuses substances qui sont toxiques pour leur hôte. Lorsqu'il s'agit de protéines et qu'elles agissent à faibles concentrations, on les appelle “toxines”.
    Dans certains cas (tétanos et botulisme par exemple), seule la toxine est pathogène et la multiplication du microorganisme ne participe en rien aux symptomes observés.
        Une neurotoxine est une toxine agissant sur le système nerveux,
        Une myotoxine agit sur la contraction des muscles (notamment les cardiotoxines sur le cœur et d'autres  sur les muscles respiratoires).
        Une hémotoxine détruit les cellules du sang.
        Une dermatotoxine s’attaque à la peau et les muqueuses;
        Une hépatotoxine au foie;
        Une néphrotoxine au rein.
    La toxine botulique est celle dont la toxicité est la plus élevée pour l’homme : un microgramme peut entraîner la mort.
    Sont également très dangereuses les toxines diphtérique, tétanique;, l’entérotoxine des staphylocoques,
    Des organismes vivants autres que les bactéries fabriquent aussi des toxines dangereuses : ricine extraite de la fève de ricin mortelle à environ 1mg par kg du receveur, ou la saxitoxine sécrétées oar des algues américaines;
   
    J’espère que maintenant vous avez une idée de ce que sont les bactéries.
Je n’en n’ai pas mis une liste, elle est trop longue, mais vous en trouverez une sur le site suivant :   http://www.123bio.net/cours/bacterio/index.html

   
Dans mon prochain article, je parlerai des virus.
Par n9wb0rn le Mardi 26 mai 2009 à 0:01
Bonjour, sans avoir encore lu l'article, je trouve étonnant que la chose à gauche qui est une puce soit en fait une bactérie ! Sûrement une erreur de ta part, je sais que tu sais !
Par lancien le Mardi 26 mai 2009 à 9:40
Tu as tout à fait raison. J'avais pris sur une revue plusieurs photos qui étaient de taille différentes et sur la table de montage, je me suis ensuite trompé de numéro de photo et je n'ai pas fait attention. J'aurais dû le voir car les pattes de la puce n'ont rien des flagelles d'une bactérie. Du coup j'ai remis les trois photos avec de petites légendes. Merci de m'avoir signalé l'erreur car je ne l'avais pas remarquée. Je relirai dorénavant mes articles après parution !!
Par alesia le Lundi 17 mai 2010 à 11:44
Je viens de lire cet article qui date un peu, grâce au module "il y a un an", et je me demande : je crois qu'il existe aussi des bactéries "positives", non ?
Dans le cadre de la maladie de crohn, certaines études avaient mis en cause le manque d'un certain type de bactérie dans l'intestin. Mais peut-être que je me trompe, j'avais lu ces études il y a lgtps.
 

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