Mardi 12 juillet 2011 à 8:59

Biologie, santé.

J’ai lu un article intéressant dans le journal “La Recherche”, sur les recherches qui ont permis de trouver un vaccin contre le paludisme, actuellement en cours d’essai sur des malades.
    J’ai pensé que cela pourrait peut-être intéresser certin(e)s d’entre vous.

    Le paludisme ou malaria (la “maladie des marais”), est une maladie parasitaire qui a fait  en 2009, 225 millions de malades et 780 000 morts, principalement des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes, et surtout en Afrique subsaharienne.
    C’est un moustique femelle, l’anophèle, qui injecte à la victime, un parasite,  protozoaire du genre “Plasmodium” de quelques microns, après avoir pompé le sang d’un animal (ou homme) à sang chaud, infecté par la maladie.
    Un protozoaire, pour ceux et celles qui ne l’ont pas appris au lycée, est un organisme unicellulaire eucaryote (c’est à dire avec un noyau), qui se nourrissent par phagocytose (ils ingèrent d’autres cellules, de la même façon que les globules blancs ingèrent les bactéries), en se fixant sur la “proie”, en l’ingérant dans la cellule et en la digérant et éventuellement en rejetant ensuite des déchets.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/paludisme.jpg

    Le moustique pompe dans le sang infecté des “gamétocytes” mâles et femelles qui se réunissent et donnent naissance à de petits batonnets de quelques microns de longueur que l’on appelle des “sporozoïtes”.
    Les sporozoïtes du genre  “Plasmodium “ sont les protozoaires du paludisme, qui infectent le sang de la personne piquée par le moustique.
    Véhiculés par le sang, ces sporozoïtes atteignent le foie en une trentaine de minutes et infectent les cellules du foie (les hépatocytes), chargées de la synthèse du glycogène, notamment à partir des graisses, de l’élimination de produits de dégradation de l’hémoglobine, ou d’autres substances toxiques et de la production de la bile.
    Les sporozoïdes vont subir une intense multiplication dans ces cellules du foie pendant 6 à 12 jours, devenant une “sorte d’oeuf bleu” de 40 à 80 microns, qui donne naissance à des vésicules qui produisent certaines protéines qui les emêchent d’être reconnues et phagocitées par les globules blancs. Ces vésicules libèrent dans la circulation sanguine des cellules appelées “mérozoïtes”
    Ces mérozoïtes infectent les globules rouges (hématies) du sang et s’y multiplient et les font éclater, puis vont coloniser d’autres globules rouges.
    Ils vont ensuite se transformer 15 ou 20 jours plus tard, en gamétocytes que pourront pomper des moustiques etle cycle est bouclé !. (je rappelle au passage que seules les moustiques femelles piquent et pompent le sang, nécessaire à l’éclosion de leurs oeufs).

    L’infection provoque d’abord la fièvre, puis une atteinte du foie et ensuite une destruction massive des globules rouges qui entraîne une énorme anémie.
    Suivant la nature du Plasmodium (il y  en a plusieurs sortes plus ou moins nocifs), on peut avoir des crises périodiques de fièvre suivie d’anémie, mais non mortelles. Mais dans les cas graves, surtout pour les jeunes enfants, l’anémie peut entraîner la mort.

    Comment faire un vaccin contre le paludisme ?
    Des dizaines de recherches ont eu lieu depuis plus de soixante ans, mais la tâche n’est pas facile. Les voies de recherche utilisées sont résumées sur le schéma ci-dessous.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/IMG.jpg

    Au début de chaque étude, il faut essayer de trouver un “antigène” adapté;
c’est une macromolécule, la plupart du temps une protéine, reconnue par des anticorps ou des cellules du système immunitaire et capable d'engendrer une réponse immunitaire, c’est à dire une mobilisation des globules blancs qui “apprennent” à reconnaitre l’agent infectieux et à le phagocyter.
    Antigènes et anti-corps sont des molécules (souvent protéines) qui se correspondent et de reconnaissent par leur structure chimique et spatiale et cette reconnaissance déclenche les réactions de défense.
    L’étude la plus avancée avait commencé en 1960 à rechercher ces antigènes et avait trouvé en 1980, une solution prometteuse pour cibler le parasite du paludisme, à son entrée dans le corps et avant qu’il n’infecte les globules rouges. Le vaccin a été mis au point, mais il fallait l’essayer et une difficulté se présentait alors, car il faut passer par l’expérimentation animale avant de le tester sur des humains..

    Le parasite responsable du paludisme“Plasmodium falciparum” est spécifique de l’homme : il n'infecte pas la souris,par exemple. Ia recherche vaccinale se fait donc sur des souris infectées par le Plasmodium... des rongeurs. Mais les deux parasites ne sont pas identiques. Des vaccins efficaces chez l,a souris ne le sont donc pas forcément chez l'homme.
    Pour contourner ce problème, plusieurs équipes ont développé des souris dites “humanisées”, des souris mutantes, aux défenses immunitaires affaiblies, auxquelles on a greffé des globules rouges humains. Lorsqu'elles sont infectées par le parasite humain, l'étape du cycle où le parasite se multiplie dans les globules rouges est ainsi reproduite, ce qui permet d'évaluer rapidement l'efficacité d'un candidat vaccin.

    Le premier vaccin essayé en 1990 et baptisé RTS-S n’avait malheureusement qu’une faible efficacité.  Les chercheurs ont alors développé des adjuvants qui augmentent son action.
    A la suite d’essais encourageants sur l’animal une première campagne d’essais sur des enfants a eu lieu en 2003 au Mozambique lieu d’infection importante, qui touchait de nombreux enfants.
    Ces essais ont montré qu’on évitait l’infection d’environ 30% des sujets et que la maladie de ceux touchée était moins grave. Les chercheurs se sont aperçu que le vaccin cessait son action dès que les sporozoïtes infectaient les hépatocytes du foie et se transformaient en mérozoites, le transfert vers le foie se faisant très vite ( en 30 minutes).
    Il faut donc une réponse immunitaire plus rapide et un nouvel adjuvant a été mis au point et les derniers essais donnent un résultat de 50% et une diminution nette de la gravité de la maladie chez plus de 50% de ceux qui sont malgré tout malades.

    Le vaccin va être mis en service, et une vaccination de masse va être organisée en Afrique, car même si ce résultat paraît encore insuffisant, il permettrait de sauver plusieurs centaines de milliers de vies chaque année.
    La recherche va continuer, notamment  pour savoir comment le parasite déjoue les défenses immunitaires, et on espère arriver vers 2014 à avoir un vaccin d’efficacité 80% (à titre de comparaison le vaccin contre la rougeole a une efficacité de plus de 90 %).
    La recherche médicale, c’est très complexe, mais très important pour sauver des vies.
Par Bavareine le Mardi 12 juillet 2011 à 16:00
Ca me fait soudainement penser à cette histoire de vaccin contre le col de l'utérus qui commence à faire parler de lui niveau effets secondaires ... :/ (parce que c'est un vaccin, rien d'autre ^^')
Par philmounda@gmail.com le Lundi 18 novembre 2013 à 15:13
je suis particulier satisfait de voir que le vaccin contre le paludisme. mais si posssible ne tarder pour nopus mettre ça sur le marché dde sorte que le peu des africains restent n'entrent pas tous à l'au-de-là du paludisme
 

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