Mardi 17 novembre 2015 à 12:33

Aider les autres

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Ces jours derniers, je parlais de la formation et de apprentissage des enfants parce que je m’intéresse beaucoup à ce sujet, très important pour tout parent.

Mais aujourd’hui une correspondante me demande « Comment fais tu, as tu des trucs pour mieux comprendre quelqu’un que tu veux aider ? » 

Je vais essayer de répondre, mais ce ne sont pas des trucs, mais plutôt un comportement, qui s’est perfectionné avec l’habitude et les divers cas que j’ai pu rencontrer, tant dans ma vie familiale et professionnelle, que sur ce blog.

 

Une première constatation, il n’y a pas de recette universelle : arriver à comprendre les sentiments d’autrui, ses émotions et sa souffrance, est variable selon les individus, selon l’interlocuteur que l’on a face à soi, selon le problème et sa cause, et selon le contexte du moment. Le langage , la façon de s’exprimer a également beaucoup d’importance, comme dans toute communication.

 

Il faut d’abord ressentir des émotions : les mêmes que son interlocuteur : joie, peine, angoisse, douleur, peur, dégoût, colère et comprendre les émotions liées à l’amitié, à l’amour, à la haine… On ne peut pas ressentir les émotions de l’autre si’ on n’a pas une affectivité suffisante. La plupart des personnes y arrivent avec un peu d’entrainement, mais ce n’est pas toujours le cas.

ll faut être dans un état affectif assez similaire et proche de son interlocuteur. On peut ressentir soi même une émotion, mais si l’état est trop différent de celui que l’on a en face de soi, il est difficile de le comprendre.
Il ne faut pas confondre empathie et sympathie, car même si nous comprenons la douleur de l’autre, nous n’y sommes pas sensible de la même façon.

Supposons que des personnes regardent un film où un homme bat sa femme.

Un jeune enfant pleurera parce qu’il s’imagine recevoir une fessée et avoir mal.

Un psychiatre comprendra la douleur de la femme, mais il est tellement habitué à de s problèmes psychologiques q’il n’aura pas une grande émotion.

Mais supposons qu’il s’agissent d’une mère et que la jeune femme battue ressemble à sa fille, là son émotion sera bien plus forte, parce qu’il y a ce lien affectif même s’il n’est que subjectif.

Finalement, éprouver de l’empathie pour quelqu’un qui souffre, ce n’est pas seulement éprouver les mêmes émotions, parce que l’on est sensible, ou par mimétisme; c’est vraiment imaginer la douleur de l’autre et se l’approprier, c’est partager ses émotions, en faisant appel à son expérience et sa mémoire.

 

Mais si on veut ensuite aider cette personne, il ne faut pas aller trop loin. 

Si je restais insensible, je ne comprendrais pas ses problèmes; si je me laissais aller à trop de sensibilité, je serais alors incapable de l’aider parce que ne maîtrisant pas mon émotion au profit de la raison, la logique et le pragmatisme. C’est en fait moins facile que l’on ne croit de ne rester que moyennement sensible.

On peut parfaitement s’imaginer les émotions d’autrui sans partager les mêmes croyances, les mêmes désirs et pulsions, les mêmes intentions. Pour aider quelqu’un il faut avoir un certain recul, il ne faut pas se laisser entraîner dans l’émotion pure. Il faut certes comprendre et s’assimiler ses émotions et leurs causes, mais il faut en partie regarder la scène en spectateur, conserver sa logique et son esprit critique.

Il faut finalement tout en éprouvant de l’empathie pour lui, voir la situation autrement que son interlocuteur, pour pouvoir lui montrer ce qu’il n’a pas pu ou n’a pas su voir. C’est beaucoup plus facile avec quelqu’un d’extérieur qui ne vous est pas proche, qu’avec quelqu’un de sa propre famille, car là, on est trop impliqué sentimentalement.

Je reprends l’exemple de la personne battue, par exemple une adolescente par ses parents ou par des camarades de lycée.

Si je ne m’imagine totalement sa souffrance corporelle, au points de la ressentir presque, certes je comprends une partie de sa douleur, mais ce n’est pas comprendre ses émotions.

Par contre, en discutant avec elle, j’arrive à comprendre la situation, le contexte, les causes, à analyser ce que ressent mon interlocuteur, quelle est la nature de ses émotions, que j’arrive à imaginer ce que je ressentirai moi même en tenant compte de sa personnalité, là je ne ressens pas la douleur physique, mais vraiment l’état subjectif de la personne que j’ai en face de moi.

Je peux alors aller plus loin avec mon imagination : c’est essayer de trouver les réponses qui pourraient améliorer la situation, apaiser les souffrances, faire aussi cesser ses causes, mais je dois alors analyse le fruit de mon imagination, critiquer mes idées voir leur vraisemblance, leur chance d’aboutir et ensuite les confronter à la réalité de l’autre.

 

Enfin je mets en garde surtout les jeunes qui essaient d’aider leurs amis.

  Assimiler ainsi la souffrance d’autrui est quelque chose d’éprouvant si on ne prend pas assez de recul, si on se laisse soi même gagner par l’émotion. Si la douleur de l’autre vient trop en nous, elle peut devenir insupportable et il y a donc un risque de contagion. 

J’ai connu des jeunes qui, en voulant aider leur petit(e) ami(e), en dépression, ont fini eux mêmes en dépression, car ils n’avaient pas l’expérience et le recul nécessaires pour cette lourde tâche. Si un jour vous sentez, en aidant quelqu’un, que vous êtes vous même dépassé(e) par vos émotions, il faut appeler à l’aide, car il y a parfois des situations trop difficiles pour une seule personne, même si elle est motivée par l’amour ou par une grande amitié.

 

Dimanche 16 août 2015 à 9:12

Aider les autres

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    Il m’est arrivé d’essayer d’aider des correspondantes qui avaient été agressées.
Certaines s’étonnaient et se reprochaient de ne pas d’être défendues davantage. Pourquoi n'ai-je pas crié? Pourquoi ne me suis-je pas débattue?
    Une autre correspondante dont une camarade a également été insi traumatisée, se demande pourquoi elle a l’air amorphe et ne réagit pas, comme si c’était une autre qui était concernée.
    Il faut savoir qu’une agression, même si au plan physique on n’a pas souffert, est très éprouvant au plan psychologique. Orle cerveau a des mécanismes de défense qui peuvent parfois paraître bizarre, mais sont destinés à vous protéger, et qu’on ne connaît pas si on n’a pas vécu un même traumatisme, ou si on n’a pas lu les études correspondantes.

    D’abord, face à un danger les centres amygdaliens de notre cerveau, dont j’ai souvent déjà parlé, réagissent pour essayer de nous faire réagir au mieux.
    Ils augmentent le rythme cardiaque et la pression artérielle, accélèrent la respiration et mobilisent les réserve de glycogène, pour permettre éventuellement le combat ou la fuite. Mais la réaction qui suit n’est pas automatique : cela peut être la lutte, la fuite ou la sidération.
    Certains réagissent violemment à l’agression et se défendent becs et ongles, mais ce n’est pas forcément la meilleure solution s’ils ont affaire à quelqu’un de violent et brutal.
    Beaucoup essaient de fuir, mais ne le peuvent pas toujours
    Mais dans certains cas, l'agresseur qui isole et terrorise la victime va créer chez elle un sentiment de frayeur panique, de perte de repères, voire de danger pour sa vie qui la paralysent. Le cerveau disjoncte en quelque sorte et les centres amygdaliens sont seuls à réagir, le cerveau émotionnel est submergé et il n’y a plus communication avec le cortex préfrontal, qui ne peut plus réfléchir, le stress est extrême et vous paralyse.
    C’est normal dans ce cas de ne pas réagir, on n’y peut rien. Le cortex préfrontal ne peut plus donner d’ordres au centres moteurs qui animent notre corps.
    Cette sidération peut aussi intervenir sur des témoins d’une agression ou d’un accident, dont la vue a provoqué un blocage, les empêchant d’agir et de secourir les victimes.

    Un deuxième mécanisme de survie psychologique, mais cette fois post traumatique, empêche de réagir après l’agression (ou un accident). La victime est apathique, ne semble pas réaliser ce qui s’est passé ou ne semble pas se sentir concernée, comme si l’agression concernait une autre personne et qu’elle n’était qu’une simple spectatrice.
    Les psychologues appellent cela un mécanisme de dissociation : c’est une sorte de déconnexion émotionnelle. C’est une sorte d’anesthésie du cerveau émotionnel, qui ne réagit plus normalement, et n’envoie plus de signaux au cortex frontal, qui donc reste amorphe, au repos. C’est en fait un blocage inconscient et réflexe, qui est destiné à diminuer le stress post-traumatique, et à protéger le cerveau et le psychisme.
    Evidemment les autres personnes qui ont des réaction, d’aide, de secours ou d’empathie trouvent que cette réaction n’est pas normale.
    Des médecins ou des policiers peu expérimentés peuvent croire que l'agression est anodine, voire inexistante, puisque la victime semble si bien la supporter., alors que c'est au contraire, parce que l'agression est insoutenable, que la dissociation se produit.
    L’alcool ou le cannabis que certaines victimes prennent pour se calmer, augmentent  leur déconnexion émotionnelle.

    Un troisième mécanisme est celui d’évitement. La victime change de vie, évite toutes les occupations qu’elle avait avant l’agression, voire ignore les personnes qu’elle connaissait.
    Là, il ne s ‘agit pas d’une mesure de protection, mais d’un blocage post-traumatique. Cette conduite risque au contraire d’isoler la victime, de la faire ruminer sur ce qui lui est arrivé, bref d’augmenter son stress. Ce repli sur soi-même aggrave en général le choc psychologique.
    C’est la raison pour laquelle les psychologues essaient au contraire de faire s’exprimer la victime, qu’elle raconte en mots ou en dessins son agression et ce qu’elle ressent. Il faut d’une part la sortir de son isolement, et il faut d’autre part essayer de décompresser le cerveau émotionnel et de vider le plus possible la mémoire des souvenirs traumatisants qui reviennent en boucle. C’est un peu comme faire son deuil après la perte d’un être cher.

    Un autre écueil est la sensation de culpabilité de la personne, alors qu’elle est victime, dont les remords et les regrets viennent empoisonner la vie. Cela va parfois jusqu’à croire qu’on a provoqué l’agresseur et qu’on est en partie responsable de sa propre agression.

    Les proches des victimes sont souvent dépassés par une telle situation et j’ai souvent eu des correspondantes qui me demandaient que faire
    Contrairement à ce que l’on croit il ne faut pas éviter de parler de l’agression. Il faut au contraire essayer de faire dire à la victime ce qu’elle ressent, mais prudemment, en la rassurant et en ne la pressant pas, surtout en évitant la curiosité. Il faut essayer de s’en tenir au départ aux faits généraux, en faisant appel d’abord à la raison, de gagner sa confiance, et on pourra alors parler davantage de détails et sentiments et émotions.
    Il faut parfois ne pas chercher à connaître l’auteur de l’agression, si la victime ne veut pas dénoncer un proche. Il faut surtout éviter tout jugement. Il faut encourager la personne, qu’elle sente que l’on est à coté d’elle pour l’aider.
    Il faut surtout ne pas banaliser ce qu’elle a subi, ne pas lui dire que ce n’est rien, mais au contraire, reconnaître l’horreur de ce qu’elle a subi.
    Il faut être patient, écouter, essayer de comprendre ce qu’elle ressent et ne pas l’analyser avec son propre ressenti, qui est celui de quelqu’un qui n’a pas subi le choc de l’agression.
    Il faut essayer de sortir la victime de son passé; l’orienter versl’avenir, ne pas lui parler que de son malheur, mais partager avec elle des échanges sur d’autres sujets : travail, cinéma musique sports ….
    Mais il faut se dire que gagner la confiance de quelqu’un pred parfois plusieurs semaines et qu’un choc traumatique peut durer des mois.
    Si aucune amélioration ne se produit, il ne faut pas hésiter à conseiller de voir un médecin, car des médicaments peuvent pendant une durée limitée aider à réparer les blessures (un peu comme un plâtre aide l’os à se réparer).

Samedi 25 avril 2015 à 8:12

Aider les autres

Je lisais un article sur le bénévolat et je suis étonné de la proportion de personnes en France, qui ont une activité bénévole.
    Le bénévolat est un pilier essentiel de la vie associative : sur 1.3 million d’associations en France, seules 165 000 ont un ou plusieurs salariés, et elles sont donc animée principalement par des bénévoles.
    Mais en outre un très grand nombre de bénévoles ne travaillent pas pour des associations, mais à titre individuels.
    Une étude faite par France Bénévolat avance les chiffres suivants :

 

2010

2013

évolution    

bénévoles associatifs

11 300 000

12 700 000

+12%

bénévoles totaux

18 300 000

20 900 000

+14%

 

engagement associatif

23 %

24,5 %

+1,5

engagement total

36 %

40,3 %

+4,3



    La progression la plus spectaculaire est dans le bénévolat direct + 31 % et surtout le bénévolat des jeunes, comme le montre le tableau ci-dessous.
Les femmes sont plus engagées dans le bénévolat informel et les hommes dans l’associatif. Le taux d’engagement des femmes reste un peu supérieur à celui des hommes. Le bénévolat des plus de 65 ans est très important, mais cela correspond sûrement au fait que la plupart sont retraités.

 

bénévoles

2010

bénévoles

2013

évolution

hommes 2010

hommes 2013

femmes 2010

femmes 2013

 

15/35 ans

2 500 000

3 300 000

+32%

900 000

1 400 000

1 600 000

1 900 000

35/64 ans

5 000 000

5 500 000

+10%

2 200 000

2 100 000

2 200 000

2 900 000

>64 ans

3 800 000

3 900 000

+5%

1 900 000

1 900 000

2 000 000

1 700 000

Total

11 300 000

12 700 000

+32%

5 500 000

6 200 000

5 800 000

6 500 000


    En ce qui concerne les occupations des bénévoles, outre les retraités, on trouve des lycéens ou étudiants, des jeunes, demandeurs de premier emploi, des chômeurs ayant déjà travaillé, des femmes au foyer.
    Quant aux secteurs les plus utilisateurs de bénévolat, c’est avant tout, les secteurs social et caritatif regroupent 31% des bénévoles, légèrement devant les loisirs et le sport : 25% et 23%; puis on trouve la jeunesse, l’insertion, la formation et l’éducation 18%, la culture 13%, la santé 12% et l’environnement 12%. (le total fait plus que 100 en raison de bénévoles sur plusieurs secteurs; on trouve aussi des divers pour 20%).
    La proportion d’engagement bénévole n’est pas très sensible au niveau d’éducation : les taux d’engagement par rapport à la population active sont, en 2013, de : niveau inférieur au bac 34%, niveau bac 37% et diplômes d’enseignement supérieur 45%.

http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/motivationbenevoles.jpg    Si l’on cherche les motivation des bénévoles, on trouve les six principales motivations résumées dans le schéma ci dessus, que l’on peut rapprocher de la pyramide de Maslow des besoins fondamentaux humains (voir mon article du 26/5/2007).
    Il est certains que les jeunes et les retraités n’ont en général pas les mêmes motivations.

http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/Maslow.jpg
    Pour les retraités (je connais puisque j’ai beaucoup d’activités bénévoles, au sein d’association ou non), après une vie de travail, on rompt avec les habitudes que l’on avait acquises, et deux choses sont importantes : se sentir encore utile à quelque chose, et retrouver une activité au sein d’une équipe et au profit d’autres. Continuer à entretenir son cerveau malgré la vieillesse, et acquérir de nouvelles connaissances est aussi une motivation.
    Pour les jeunes, être utile est une motivation certaine, mais également acquérir une première expérience, des connaissances et des compétences au sein d’une équipe, sont des acquits très utiles en cette période de chômage, pour trouver un emploi.
   
    Personnellement je trouve encourageant de voir que des jeunes font du bénévolat au lieu de s’amuser et leurs motivations me paraissent dignes d’intérêt.
    C’est effectivement pour eux un apprentissage de leur vie future.

Lundi 2 janvier 2012 à 7:58

Aider les autres

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Quand une de mes correspondantes ne va pas bien, j’essaie de voir avec elle ce qui ne va pas, en échangeant des mails qui nous permettent de nous expliquer mutuellement, de façon suffisamment détaillée pour nous comprendre.
    Et quand cela ne va vraiment pas bien et qu’il faut vraiment échanger dans la minute, le téléphone est nécessaire.

    Certains des jeunes que je connais, préfèrent utiliser leur pouce plutôt que leurs doigts, pas pour le sucer, mais pour écrire des SMS.
    Tandis que certains adorent partager leurs émotions en utilisant leur téléphone portable, notamment pour chercher le réconfort d'un ami ou d'un parent après une mauvaise note, un chagrin d'amour ou une dispute, d’autres envoient un texto pour communiquer leur indignation ou leur détresse.
    Mal leur en prend, ils ne se sentiront pas mieux après.

    Des psychologues de l'Université du Wisconsin ont examiné les conséquences émotionnelles d'un échange par texto ou par conversation téléphonique, en situation de stress. lls ont prélevé des échantillons de salive auprès de jeunes filles téléphonant ou envoyant un texto à leur mère, juste après avoir été contrariées.
    Le cortisol, je vous l’ai déjà dit, est l’hormone que sécrète la glande surrénale à partir du cholestérol, sous la dépendance d’une pré-hormone (l’ACTH), sécrétée par l’hypophyse, glande située dans le cerveau, près de l’hypothalamus (qui lui même l’active par une autre pré-hormone), et des centres amygdaliens qui réagissent au stress.
    Le cortisol a beaucoup d’actions dans l’organisme, (notamment en matière de phénomènes circadiens et du métabolisme des graisses, mais en matière de stress, il vient appuyer les effets mobilisateurs et “guerriers” de l’adrénaline, en mobilisant les réserves de glucose, pour les envoyer à des endroits précis. En fin de stress il stimulera la faim pour récupérer la perte d’énergie que l’on a subie.
    Le cortisol est donc un excellent indicateur chimique de mesure du stress.

    Les mesures faites par ces chercheurs, montrent que la concentration
de cortisol diminue rapidement après une conversation téléphonique, mais reste inchangée après l'envoi d'un texto. Le stress ne diminue pas, la jeune personne rumine sa peine.
    En outre, les jeunes filles qui discutent au téléphone avec leur mère après un épisode de stress, voient leur concentration d'ocytocine augmenter. Cette hormone est associée aux émotions positives, aux états de détente.

    L’article que j’ai lu, ne donne pas d’explication des résultats de cette expérience. Je pense que, dans des sms, le volume de ce qu’on peut dire est trop faible et on ne décharge pas son cerveau de sa peine, de ce qui vous tracasse, tandis que votre interlocuteur ne peut vous donner des expications, des conseils suffisants et des idées apaisantes suffisamment explicites pour vous toucher et agir. Pour cela il faut écrire des pages ou parler pendant quelques minutes au moins.

Vendredi 2 septembre 2011 à 8:23

Aider les autres

Louis Dessales a imaginé une classification des personnes altruistes en quatre catégories (contrairement à ce que j’ai résumé hier, on ne parle plus que d’altruisme et plus d’égoïsme) :
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        L’altruime népotique de “parentèle”  (au sein de sa famille) :

    Les individus partageant une partie de leurs gènes s'entraident, de sorte que le sacrifice de I'un profite finalement aux mêmes genes.
    Correspond à certains types de comportements altruistes d’animaux, notamment chez les insectes.
    L'être humain peut se montrer désintéressé et généreux avec des personnes étrangères à sa famille.

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        L’altruisme réciproque :

    C'est I'altruisme « intéressé » ou « marchand » : I'individu espère un retour immédiat à la hauteur de ce qu'il donne.
    Peut se répandre très vite dans la population lorsqu'il est difficile de tricher.
    Ne rend pas compte de toutes les conduites d'altruisme, car il existe des conduites d'altruisme désintéressé, sans aucun intéret, ni recherche de réciprocité.





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        L’altruisme guerrier :
    Pousse les individus à risquer leur vie pour leur groupe. L'acte altruiste bénéficie au groupe aux dépens de I’acteur, mais il profite à d'autres individus altruistes, ce qui permet aux gènes altruistes de se répandre.
    N' est pas fondé sur l' espoir d'une réciprocité. C'est un vrai altruisme, sans parenté, ni intéret « marchand ».
    Altruisme très instable, qui peut disparaître rapidement au profit d'autres comportements à la fois plus égoïstes et plus tolérants. En outre, il n'explique pas pourquoi les femmes, peu guerrières traditionnellement, sont altruistes.

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       L’altruisme politique et publicitaire :

    C'est le vrai altruisme désintéressé, mais qui joue le rôle de « signal social»: les membres de la communauté admirent les comportements altruistes et acceptent leurs auteurs dans le groupe, ce qui permet aux gènes de cet altruisme de se répandre.
    Altruisme désintéressé et non belliqueux, qui concerne aussi bien les hommes que les femmes. Il s'accorde avec le fait que nous nous montrons toujours plus altruistes en public.
    Suppose que les individus aient le choix de leurs alliances et que ces alliances soient vitales.




    Louis Dessales critique dans son article la simulation de Jung-Kyoo Choi et Samuel Bowles, d’une part sur le choix des proportions de personnes de leurs différents types, et notamment lui reproche de ne pas expliquer les attitudes différentes des hommes et des femmes, le comportement guerrier étant rarement féminin.
    Il a donc imaginé les catégories ci-dessus et fait l’hypothèse que l'altruisme guerrier - aussi bien que l'altruisme au quotidien - serait par nature politique et publicitaire, et son raisonnement est le suivant :
    Pour lui, l’originalité de l’espèce humaine est de nature politique : les humains forment des coalitions pour résister à l'agression des autres coalitions, ou éventuellement pour les agresser.
    L'une des préoccupations que tout etre humain doit résoudre tout au long de sa vie est de trouver et conserver les meilleurs amis possibles.     I
    Il peut être profitable de prouver sa détermination à combattre, et de se montrer serviable, même si le coût associé à de telles conduites est élevé.            
    Celui qui se cache lorsque son groupe est menacé, ou se montre égo'iste au quotidien, risque de se retrouver seul, simplement parce que les autres membres du groupe préferent s'allier aux individus courageux et prêts à aider. Or les individus sans amis, en l'absence d'état de droit, sont les premières victimes de ceux qui en ont.
    On ne s'attend pas exactement aux mêmes comportements, selon que l'altruisme humain est d'origine guerrière ou d'origine politique.
    L'altruiste guerrier n'est courageux que s'il se sent entouré de congénères également courageux et si son comportement produit un bénéfice collectif immédiat. L'altruiste politique est courageux en présence d'un public capable d'apprécier sa prise de risque.
    Ce scénario semble plus conforme à la réalité humaine, ce que réveIent par exemple des études récentes sur la prise de risque chez les adolescents, qui prennent plus de risques et envisagent plus les avantages que les inconvénients d'une conduite à risque, lorsqu'ils sont en présence d'autres jeunes de leur milieu.

   
Ces deux études m’ont intéressé, mais la première m’a paru très accèe sur la recherche de l’origine de l’altruisme dans la société préhistorique, pour expliquer l’altruisme comme une sorte de prédisposition héritée de nos ancêtres.
    La seconde étude est certes plus réaliste dans la société moderne, mais elle semble, à mon goût, négliger toute l’éducation que l’on peut recevoir, de ses parents comme de l’enseignement  de nos professeurs.
    Il me semble que ce que mes parents m’ont appris, les discussions avec mes professeurs lors des cours de français d’histoire et de philosophie, m’ont montré l’altruisme comme une “valeur” , certes indispensable dans une certaine mesure à la vie en société, mais aussi personnelle, et qui n’est pas uniquement basée sur la publicité, c’est à dire l’opinion des autres sur soi-même.
    Je ne crois pas non plus qu’il faille voir dans l’altruiste celui qui se sacrifie pour les autres - les mères Thérésa sont très rares -, mais plutôt ceux qui, dans la vie de tous les jours, pensent à ne pas être trop égqïstes.
    Evidemment ce n’est pas la tendance des gouvernements actuels qui, à l’instar des américains, voient comme qualité suprême la réussite et la richesse.

Jeudi 1er septembre 2011 à 8:50

Aider les autres

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   Quand on écoute les nouvelles notamment à la télé où l’on monte en épingle tout ce qu’autrefois on appelait les “chiens écrasés”, on nous parle le plus souvent  de guerres, d’agressions et d’homicides, mais parfois aussi d’actes de dévouement.
    D’ailleurs, “homo sapiens” est la seule espèce dont les membres rendent systématiquement des services à leurs congénères non apparentés (dans d'autres espèces animales, on observe certains comportements altruistes, la plupart du temps entre individus partageant un lien de parenté).
    Les populations humaines sont-elles un mélange nécessaire ou cohabitent des individus agressifs et des altruistes ?

    J’ai lu récemment plusieurs études sur l’altruisme et un article de Jean Louis Dessales, chercheur en Sciences cognitives à Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications et cela m’a donné envie de faire deux articles sur cette question.

    Aujourd’hui je vous parlerai d’une étude sur les origines de l’altruislme faite par le coréen Jung-Kyoo Choi et le nordaméricain Samuel Bowles, qui pensent que les agressifs et les altruistes pourraient être les mêmes personnes !

    Ces chercheurs ont divisé les altruistes en quatre catégories :
         - Le tolérant-altruiste
est serviable avec les membres de son groupe, et non violent avec les étrangers, membres d’un autre groupe. Il lie des relations commerciales avec tout le monde, et ne fait pas la guerre
         - Le xénophobe-altruiste est serviable avec les siens et violent avec les étrangers. Il fait la guerre, surtout s'iI est entouré d'autres altruistes-xénophobes. Il partage les avantages de la victoire avec les siens, même ceux qui n'ont pas combattu. Il ne pratique pas le commerce.
        - Le tolérant-égoïste n'est pas serviable avec les siens, mais reste non violent avec les étrangers. Il ne fait pas la guerre et pratique le commerce. .
        - Le xénophobe-égoïste
n'est pas serviable avec les siens, se montre belliqueux avec les étrangers, et n'entretient aucune relation commerciale avec personne.
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    Au-delà de la nature simplifiée de cette classification pourrait se dessiner un aspect important de nos origines humaines et les chercheurs imaginent des situations des temps préhistoriques, pour réaliser des simulations sur ordinateur.
    Ils ont étudié le devenir de ces catégories dans diverses circonstances.
    Ils ont constitué différents groupes, avec des proportions diverses de chaque catégorie et ces groupes ont interagi entre eux, au cours de périodes de paix et de périodes de guerre.
    Ces simulations sur ordinateur ont été poursuivies sur 5000 génération et ont été publiées récemment dans la revue américaine “Science”.

    Les xénophobes-altruistes, à première vue, ont toutes les raisons d'être perdants face aux trois autres stratégies possibles: les tolérants-altruistes, les tolérants-égoÏstes et les xénophobes-égoïstes. Et pourtant, l'étude montre qu'en période de rivalité entre groupes, les xénophobes-altruistes prolifèrent, tandis qu'en période de paix, l'avantage revient aux tolérants-égolstes.
    En temps de paix, les relations commerciales I'emportent et les tolérants (altruistes comme égoïstes) agissent, mais ce sont surtout les tolérants-égoïstes qui prospèrent et se reproduisent mieux, car ils disposent de plus de ressources matérielles et gardent tout pour eux, si bien que leurs gênes se répandent dans la population. Les gênes altruistes ne sont pas favorisés.   
    En temps de guerre, en revanche, les égoïstes-xénophobes et les altruistes-xénophobes prennent les armes, mais ces derniers les prennent plus facilement, car ils acceptent de combattre pour les autres. Les égolstes laissent les autres prendre des risques, quant aux tolérants, ils ne font pas la guerre.
    Deux groupes entrent dans une relation hostile selon une probabilité qui augmente avec le nombre de xénophobes de part et d'autre, et il faut, en outre, qu'un groupe comporte plus de guerriers que l'autre, sans quoi la guerre est évitée.        
    Lorsqu'il y a victoire, même s'ils ont perdu des hommes, ils occupent le terrain de I'ennemi et font des enfants, augmentant le nombre de copies des gênes altruistes et xénophobes.    

    En fait la simulation n’aboutit qu’à deux états possibles d’équilibre selon les circonstances :

    Le premier équilibre voit la prolifération des individus à la fois altruistes avec les membres de leur communauté et hostiles aux étrangers, sont plus enclins à prendre des risques pour leur communauté et à partir en guerre. Malgré des pertes humaines, (qui touchent tout autant les tolérants et les égoïstes énnemis), ils colonisent de nouveaux territoires, qu'ils peuplent ensuite, et ils répandent leurs gënes, favorisant à la fois I'altruisme et la xénophobie.
    Le paradoxe vient de ce que la stratégie guerrière s'impose souvent, malgré son apparente absurdité, du fait que les xénophobes-altruistes sont favorisés en temps de crise et que leur proportion augmentant, favorise le maintien des conflits.
    Dans le second équilibre, une plus forte proportion initiale de tolérants conduit le systeme vers une situation de paix, profitable aux tolérants-égolstes qui bénéfident des relations commerciales entre groupes, ce qui maintient la stabilité de cet état paisible.
    Le hasard des fluctuations peut amener le système a basculer assez brusquement d'un état à l'autre. En revanche, le système ne reste pas dans les autres états possibles. En période de paix où les échanges commerciaux se généralisent, les xénophobes perdent le bénéfice de la coopération et les altruistes ont tout à perdre à contribuer au bien-être de leur groupe, à leurs propres dépens. En période de guerre, les tolérants et les égoistes sont les victimes préférentielles.
 
     Si cette simulation est valable, I'etre humain actuel serait à la fois solidaire avec les membres de sa communauté, et belliqueux avec les étrangers. L'altruisme aurait la xénophobie comme complément favorable.
    Résultat vraiment surprenant, d’autant plus que la théorie de l’évolution de Darwinin, qui est abondamment vérifiée, prévoit des stratégies comportementales qui maximisent la descendance de ceux qui les adoptent.
    Contrairement a une vision populaire et anthropocentrée des mécanismes darwiniens, l'évolution ne procède pas par la sélection des groupes ou des espèces, mais à travers la reproduction plus efficace de certains individus au détriment d'autres. Or, le comportement altruiste, même s'il bénéficie au groupe, favorise par définition la descendance d'autrui plutót que la sienne propre. Ce comportement devrait done disparaitre rapidement, ce qui est contraire aux résultats de l'étude.
    Pourtant, dans le cas présent, le comportement apparemment aberrant des xénophobes-altruistes s'explique par le bénéfice qu'en retire leur groupe.


    Demain je résumerai une autre classification faite par Louis Dessale qui permet en partie d’expliquer ces résultats surprenants.

Mercredi 17 juin 2009 à 8:38

Aider les autres


http://lancien.cowblog.fr/images/ZFleurs2/1001245.jpg


    Vous me demandez souvent pourquoi il ne faut pas juger un acte, et comment faire lorsque l’on veut aider la personne, mais que cet acte est très éloigné de nos propres réflexes, et qu’on ne le comprend pas, qu’on ne l’approuve pas.
    Efectuvement, ce n’est pas aussi simple que cela.

    C’est vrai, il faut se garder de juger quelqu’un, surtout s’il est dans une situation difficile. On n’est pas  dans le même environnement que lui, on n’a pas la même personnalité, on ne ressent pas les problèmes de façon identique; il est donc très difficile de se mettre à sa place. Tout au plus pourrait on dire, “je ferais telle action, si j’étais dans la même situation que lui”, si tant est que l’on connaisse cette situation !.

    Les situations face auxquelles on se trouve sont très différentes et de gravité très diverses : du chagrin d’amour, dont l’intensité peut être très variable, aux parents qui divorcent, à ceux dont les principes d’éducation sont sévères et traumatisants ou qui boivent ou se droguent, et jusqu’aux agressions qui peuvent détruire un être.
    Il est extrèmement difficile de mesurer quels sont les sentiments exacts ressentis par quelqu’un : tristesse, angoisse, peur, désespoir, manque de confiance en soi et sentiment d’inutilité, isolement, abandon ?
        
    Pour apprécier vraiment la situation de quelqu’un il faut très longtemps et tout d’abord instaurer une confiance suffisante pour réfléchir ensemble sur des faits, sur l’environnement, les personnalités, les sentiments, faire des hypothèses, imaginer des solutions; les données sont souvent intimes et secrètes et il n’est pas facile de se confier à autrui. Se faire une opinion demande temps et échanges nombreux.

    Si un(e) de vos camarades, de vos ami(e)s est en situation difficile, essayez de lui montrer que vous l’aimez, écoutez, essayez de comprendre, mais ne jugez pas, ne critiquez pas.
    Essayez de voir si la personne raisonne correctement ou si elle est perdue dans un monde irréel et n’a plus le sens des réalités, ou encore si elle est engluée dans sa tristesse et son désespoir et ne peut s’en sortir.
    Dans ces derniers cas, il est peu probable que vous puissiez l’aider suffisamment et il faut faire appel à un adulte.

    Et faites attention à vous même; cotoyer quelqu’un dans une telle situation est assez traumatisant et on finit, si l’on n’est pas très résistant au stress, par succomber soi-même à cette ambiance et par se sentir envahi par la tristesse et l’angoisse.

    Quand je parle de “ne pas juger”,  je ne me fais pas toujours bien comprendre; voici ce que je veux dire exactement :

    Il ne s’agit pas de ne pas donner son opinion, d’être toujours d’accord,
    Il s’agit de ne pas porter de “jugement de valeur”.   
    Mais à l’inverse ne vous vexez pas si votre interlocuteur n’est pas d’accord avec vous et s’il vous le dit objectivement en exposant ses idées, chacun a droit à ses opinions et cela ce n’est pas juger l’autre !

    Ne dites pas d’une personne qu’elle est bonne ou mauvaise, que ce qu’elle fait est bien ou mal.
    N’allez pas dire à votre camarade qui souffre “c’est idiot de faire comme tu fais, tu ferais mieux de faire ceci” ou pire “tu n’as pas honte de faire cela, tu ne fais que faire du mal à toi même” ou même “tu n’aurais pas dû faire cela, c’est très mal, rends toi compte la peine que tu as faite à tes parents, tes amis...”
    Lorsque vous portez un jugement de valeur sur quelqu’un, ou sur l’une de ses actions, vous le culpabilisez encore plus et finalement vous augmentez sa tristesse.
    Mais il n’est pas question de ne pas donner son opinion, d’abdiquer devant l’adversité ou devant quelqu’un, qui parfois n’est pas aimable avec vous.     On peut donner son opinion, mais sans juger.

    Attention aussi, avec des gens susceptibles, ou avec les parents qui n’aiment pas recevoir des leçons de leurs enfants, d’éviter si possible les réflexions du genre “ce n’est pas comme cela qu’il faut faire; moi à ta place.... ”  ou  “vraiment ce n’est pas malin d’avoir fait cela....”, car là aussi la personne à qui vous faites cette réflexion culpabilise et avec les parents, cela amène parfois des retours de bâton!
    Essayez plutôt de dire “je ne suis pas de cet avis...”  ou “je pense que...” et de dire pourquoi, mais sans juger, en n’essayant de n’énoncer que des faits, des actions ou des opinions personnelles, mais qui ne mettre pas en cause la “qualité” de votre interlocuteur.

    Ce n’est pas facile : la preuve : en écrivant cet article, je vous dis implicitement que vous commettez parfois des maladresses. C'est un jugement de valeur !
    Moi aussi  d’ailleurs, rassurez vous, cela m’arrive aussi d’être maladroit    
  

Dimanche 1er mars 2009 à 9:48

Aider les autres

http://lancien.cowblog.fr/images/ZFleurs2/P3170170.jpg

    A la suite de mon article sur les pensées morbides et les suicides, j’ai de nouveau reçu plusieurs mails, dans lesquels vous critiquez la légèreté avec laquelle certains parlent de la mort, ou même jouent avec leur vie.
    Je comprends votre étonnement, mais il ne faut pas juger un acte, parce qu’il est très éloigné de nos propres réflexes, et qu’on ne le comprend pas.
    Ce n’est pas aussi simple que cela.

     Tout d’abord, il faut se garder de juger quelqu’un. On n’est pas  dans la même situation que lui, on n’a pas la même personnalité, on ne ressent pas les problèmes de façon identique; il est donc très difficile de se mettre à sa place. Tout au plus pourrait on dire, “je ferais telle action, si j’étais dans la même situation que lui”, si tant est que l’on connaisse cette situation !.

Quand je parle de “ne pas juger”,  voici ce que je veux dire exactement : Il ne s’agit pas de ne pas donner son opinion, d’être toujours d’accord, il s’agit de ne pas porter de “jugement de valeur”
    Ne dites pas d’une personne qu’elle est bonne ou mauvaise, que ce qu’elle fait est bien ou mal.
    N’allez pas dire à votre camarade qui souffre “c’est idiot de faire comme tu fais, tu ferais mieux de faire ceci” ou pire “tu n’as pas honte de faire cela, tu ne fais que faire du mal à toi même” ou même “tu n’aurais pas dû faire cela, c’est très mal, rends toi compte la peine que tu as faite à tes parents, tes amis...”
    Lorsque vous portez un jugement de valeur sur quelqu’un, ou sur l’une de ses actions, vous le culpabilisez encore plus et finalement vous augmentez sa tristesse.

    Mais il n’est pas question de ne pas donner son opinion, d’abdiquer devant l’adversité ou devant quelqu’un, qui parfois n’est pas aimable avec vous.     On peut donner son opinion, mais sans juger.

    Attention aussi, avec des gens susceptibles, ou avec les parents qui n’aiment pas recevoir des leçons de leurs enfants, d’éviter si possible les réflexions du genre “ce n’est pas comme cela qu’il faut faire; moi à ta place.... ”  ou  “vraiment ce n’est pas malin d’avoir fait cela....”, car là aussi la personne à qui vous faites cette réflexion culpabilise et avec les parents, cela amène parfois des retours de bâton!

    Essayez plutôt de dire “je ne suis pas de cet avis...”  ou “je pense que...” et de dire pourquoi, mais sans juger, en n’essayant de n’énoncer que des faits, des actions ou des opinions personnelles, mais qui ne mettre pas en cause la “qualité” de votre interlocuteur.

    Ce n’est pas facile : la preuve : en écrivant cet article, je vous dis implicitement que vous commettez parfois des maladresses.
C'est un jugement de valeur !
Moi aussi  d’ailleurs, rassurez vous !.

    Les situations face auxquelles on se trouve sont très différentes et de gravité très diverses : du chagrin d’amour, dont l’intensité peut être très variable, aux parents qui divorcent, à ceux dont les principes d’éducation sont sévères et traumatisants, ou qui boivent ou se droguent, et jusqu’aux agressions qui peuvent détruire un être.
    Il est extrèmement difficile de mesurer quels sont les sentiments exacts ressentis par quelqu’un : tristesse, angoisse, peur, désespoir, manque de confiance en soi et sentiment d’inutilité, isolement, abandon ?
        
    Pour apprécier vraiment la situation de quelqu’un il faut très longtemps et tout d’abord instaurer une confiance suffisante pour réfléchir ensemble sur des faits, sur l’environnement, les personnalités, les sentiments, faire des hypothèses, imaginer des solutions; les données sont souvent intimes et secrètes et il n’est pas facile de se confier à autrui. Se faire une opinion demande temps et échanges nombreux.
    Juger quelqu’un tue cette confiance.

    Si un(e) de vos camarades, de vos ami(e)s est en situation difficile, essayez de lui montrer que vous l’aimez, écoutez, essayez de comprendre, mais ne jugez pas, ne critiquez pas.
    Essayez de voir si la personne raisonne correctement ou si elle est perdue dans un monde irréel et n’a plus le sens des réalités, ou encore si elle est engluée dans sa tristesse et son désespoir et ne peut s’en sortir.
    Dans ces derniers cas, il est peu probable que vous puissiez l’aider suffisamment et il faut faire appel à un adulte.

  
  Et faites attention à vous même; cotoyer quelqu’un dans une telle situation est assez traumatisant et on finit, si l’on n’est pas très résistant au stress, par succomber soi-même à cette ambiance et par se sentir envahi par la tristesse et l’angoisse.

Vendredi 6 avril 2007 à 19:34

Aider les autres

   
    Plusieurs correspondantes me demandent dans leur mails, des conseils pour pouvoir aider une camarade qui se trouve en difficulté morale ou sentimentale.

    Et quand elles m'expliquent le cas de leur amie, elles  critiquent souvent son attitude  qui, disent elles, explique les difficultés dans lesquelles elle se trouve.
    Je ne pense pas que l'on puisse ainsi juger un acte, du fait qu'il est très éloigné de nos propres réflexes, et qu'on ne le comprend pas.

     Tout d'abord, il faut se garder de juger quelqu'un. On n'est pas  dans la même situation que lui, on n'a pas la même personnalité, on ne ressent pas les problèmes de façon identique; il est donc très difficile de se mettre à sa place. Tout au plus pourrait on dire, “je ferais telle action, si j'étais dans la même situation que lui, si tant est que l'on connaisse cette situation !.
    Il ne s'agit pas de ne pas donner son opinion, d'être toujours d'accord,
    Il s'agit de ne pas porter de “jugement de valeur”

     Ne dites pas d'une personne qu'elle est bonne ou mauvaise, que ce qu'elle fait est bien ou mal.
     N'allez pas dire à votre camarade qui souffre “c'est idiot de faire comme tu fais, tu ferais mieux de faire ceci” ou pire “tu n'as pas honte de faire cela, tu ne fais que faire du mal à toi même” ou même “tu n'aurais pas dû faire cela, c'est très mal, rends toi compte la peine que tu as faite à tes parents, tes amis...”
     Lorsque vous portez un jugement de valeur sur quelqu'un, ou sur l'une de ses actions, vous le culpabilisez encore plus et finalement vous augmentez sa tristesse.

     Mais il n'est pas question de ne pas donner son opinion, d'abdiquer devant l'adversité ou devant quelqu'un, qui parfois n'est pas aimable avec vous.    
    On peut donner son opinion, mais sans juger.

     Attention aussi, avec des gens susceptibles, ou avec les parents qui n'aiment pas recevoir des leçons de leurs enfants, d'éviter si possible les réflexions du genre “ce n'est pas comme cela qu'il faut faire; moi à ta place.... ”  ou  “vraiment ce n'est pas malin d'avoir fait cela....”, car là aussi la personne à qui vous faites cette réflexion culpabilise et avec les parents, cela amène parfois des retours de bâton!

     Essayez plutôt de dire “je ne suis pas de cet avis...”  ou “je pense que...” et de dire pourquoi, mais sans juger, en n'essayant de n'énoncer que des faits, des actions ou des opinions personnelles, mais qui ne mettre pas en cause la “qualité” de votre interlocuteur.

     Ce n'est pas facile : la preuve : en écrivant cet article, je vous dis implicitement que vous commettez parfois des maladresses.
 C'est un jugement de valeur !
 Moi aussi  d'ailleurs, rassurez vous !.
 Dur dur, la communication !!!

     Les situations face auxquelles on se trouve aquand on veut aider quelqu'un, sont très différentes et de gravité très diverses : du chagrin d'amour, dont l'intensité peut être très variable, aux parents qui divorcent, à ceux dont les principes d'éducation sont sévères et traumatisants, ou qui boivent ou se droguent, et jusqu'aux agressions qui peuvent détruire un être.
     Il est extrèmement difficile de mesurer quels sont les sentiments exacts ressentis par quelqu'un : tristesse, angoisse, peur, désespoir, manque de confiance en soi et sentiment d'inutilité, isolement, abandon ?
         
     Pour apprécier vraiment la situation de quelqu'un il faut très longtemps et tout d'abord instaurer une confiance suffisante pour réfléchir ensemble sur des faits, sur l'environnement, les personnalités, les sentiments, faire des hypothèses, imaginer des solutions; les données sont souvent intimes et secrètes et il n'est pas facile de se confier à autrui. Se faire une opinion demande temps et échanges nombreux.

     Si un(e) de vos camarades, de vos ami(e)s est en situation difficile, essayez de lui montrer que vous l'aimez, écoutez, essayez de comprendre, mais ne jugez pas, ne critiquez pas.
     Essayez de voir si la personne raisonne correctement ou si elle est perdue dans un monde irréel et n'a plus le sens des réalités, ou encore si elle est engluée dans sa tristesse et son désespoir et ne peut s'en sortir.
     Dans ces derniers cas, il est peu probable que vous puissiez l'aider suffisamment et il faut faire appel à un adulte.

     Et faites attention à vous même; cotoyer quelqu'un dans une telle situation est assez traumatisant et on finit, si l'on n'est pas très résistant au stress, par succomber soi-même à cette ambiance et par se sentir envahi par la tristesse et l'angoisse.

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