Jeudi 6 mars 2014 à 8:07

Adolescence

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      Maintenant que vous avez une idée de l’ambiance de l’époque et des moyens que l’on trouvait dans l’environnement, je peux vous parler de nos études et essayer de répondre à votre question : travaillait on plus autrefois en classe ?

    La comparaison est difficile car les populations ne sont pas comparables. Aujourd’hui 80% des jeunes en France vont jusqu’au bac et la plupart l’obtiennent.
    Dans les années 45/50, 30% seulement des jeunes allaient dans le secondaire, après un concours ou un examen d’entrée en sixième, où les épreuves de français et de maths étaient difficiles (5 fautes en dictée éliminatoires, et les accents comptaient pour 1/2 faute; je crois que la plupart de nos bacheliers se feraient coller !). Cela éliminait plus de la moitié des élèves du primaire.
    Une partie non négligeable s’arrêtaient en troisième (au brevet) ou se faisaient coller au premier bac, et les titulaires des deux bacs représentaient entre 15 et 20 % seulement. Il n’y avait pas d’option pour avoir des points supplémentaires, les épreuves étaient plus nombreuses et plus difficiles et avoir une mention bien ou très-bien était assez rare (il y avait toutes les matières à l’écrit, et déjà 30% de recalés, comme à l’oral, qui se passait dans la ville d’académie).
    La filière S (C à l’époque; il y avait aussi A lettres, B langues/biologie et M sans latin), était peu suivie parce que réputée difficile et il n’y avait presque pas de filles (elles se croyaient nulles en maths, ce qui est absurde, une fille pouvant être aussi douée qu’un garçon, si elle est motivée).
    La distinction collège, lycée n’existait pas : le « lycée » commençait en CM1 jusqu’en terminale, mais par contre il y avait un lycée de filles et un autre de garçons.
Cependant à Pau, ville de 20 000 habitants, il n’y avait que deux premières et qu’une seule terminale C, mixte, au lycée de garçons; en terminale C (appelée « maths élem »), nous étions 24 garçons et 3 filles (une est devenues prof de maths, l’autre ingénieur et la troisième l’aurait été, si elle n’était morte accidentellement après sa prépa).
    Les jeunes qui n’allaient pas dans le secondaire suivaient une deuxième année après le CM2 et passaient le « certificat d’étude », puis des formations professionnelles ou allaient en apprentissage. Des formations techniques à des métiers existaient aussi pour ceux qui arrêtaient en troisième ou qui rataient leur bac.
    Il faudrait donc comparer les élèves du lycée de cette époque aux 20% des meilleurs élèves d’aujourd’hui, et je pense que ces derniers sont tout aussi motivés qu’on l’était jadis, même s’ils ont plus de tentations pour faire autre chose qu’étudier.
    Au plan de la motivation, les ados vont aujourd’hui au collège ou lycée, un peu parce que c’est obligatoire. Après la guerre, le chômage n’existait pas, et nous avions conscience que nos études préparaient le métier que nous aurions plus tard.

    Je pense donc que les 20 % des élèves les meilleurs aujourd’hui, sont comparables à ceux du secondaire, il y a 70 ans.
    Par contre il est certain que nous avions davantage de travail : les horaires étaient de 8h30 à 12h et de 14h à 17h30, et nous avions congé le jeudi après midi et le dimanche. Le samedi après midi était consacré aux sports de plein air, mais l’hiver certains samedi après midi étaient libres pour des raisons météo.
    Mais nous avions beaucoup de travail le soir. Non seulement les leçons, mais des exercices et en première et terminale, toutes les semaines, un devoir écrit de maths et de physique/chimie, et une composition française ou une dissertation de philo. Tous les trimestres des « compositions », examens en temps limité en classe.
    L’atmosphère surtout était très différente : nous respections nos professeurs comme nos parents, et il n’y avait pas de chahut, car il aurait été sanctionné lourdement.
    Nos professeurs étaient moins diplômés qu’aujourd’hui, mais leurs études comportaient deux ans de pédagogie et le bac pour instituteurs et une licence pour les professeurs du secondaire.
    Alors, ils savaient nous intéresser, bien que les seuls moyens  à leur disposition étaient leur voix, les livres et le tableau noir. En particulier ils connaissaient individuellement leurs élèves et essayaient de les aider en fonction de leur niveau.
    Ils demandaient notamment aux meilleurs d’aider les moins doués et, en cela, d’une part ils rendaient services aux deux élèves, car on apprend autant en essayant d’enseigner (il faut dominer son problème et être clair) et d’autre part ils instituaient un esprit de camaraderie (les meilleurs n’étaient pas traités comme aujourd’hui « d’intellectuels », car les moins bons avaient besoin de leur aide).
    De plus les professeurs repéraient ceux qui doués, comprenaient vite et risquaient de s’ennuyer ou de ne pas travailler. On avait droit alors, outre aider les moins bons, à des devoirs supplémentaires, plus compliqués (mais c’était un challenge), voire parfois à faire un bout de cours à la place du prof, repris et corrigé ensuite. Cela entraînait pour l’oral.
    Ils discutaient avec nous de nos idées sur un futur métier et essayaient de nous aider dans le choix de nos futures études.
    Et si j’ai par la suite réussi à entrer dans une grande école d’ingénieur, c’est bien à mon grand-père et à mes profs que je le dois, car ils m’ont donné, en plus d’une instruction,  la curiosité intellectuelle et le goût d’apprendre.

    Je pense donc que les élèves du secondaire, travaillent moins en moyenne, aujourd’hui qu’autrefois et qu’obtenir le bac est plus facile et malheureusement, prépare mal aux études supérieures. Et c’est vrai que l’on s’amusait beaucoup moins, mais cela ne nous manquait pas. En fait il n’y avait pas de « cancres » empêchant les autres de travailler, car ils s’étaient fait coller à l’examen d’entrée en sixième.
    Mais, que ce soit dans les classes de prépa, en BTS et DUT, ou à la Fac, les études supérieures sont aussi exigeantes qu’autrefois. Les examens et concours sont différents (les sciences et les techniques ont évolué), de nombreuses autres matières sont apparues, mais ces sélections sont aussi exigeantes, et la quantité de travail demandée dans l’enseignement supérieur est toujours aussi importante, si l’on veut réussir.
    Malheureusement, entre le travail moins fourni nécessaire pour obtenir le bac, et toutes les tentations multimédia, les études secondaires n’habituent plus les élèves à travailler et ils se trouvent très démunis, tant au plan des méthodes que des quantités de travail à fournir, à l’arrivée dans le supérieur. D’où bon nombre d’échecs, qui auraient pu être évités.

    J’espère avoir répondu aux questions qui m’étaient posées par cette évocation d’un passé lointain, qui étonnera certains, car, entre mon enfance et ma vieillesse, l’environnement, les sciences, les techniques et les moyens dont nous disposons ont beaucoup évolué.
    Mais je voudrais ajouter que les connaissances acquises lors des études sont importantes, mais ne suffisent pas, et qu’on apprend en permanence toute sa vie, tout en changeant d’activité, de poste, ou de métier, et que finalement, ce qui compte, c’est d’avoir appris à travailler, à se poser des questions et à chercher les bonnes réponses.


Mercredi 5 mars 2014 à 8:22

Adolescence

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     Je ne sais pas si c’est la rentrée qui vous inspire, mais trois correspondant(e)s m’ont demandé, après avoir lu un de mes articles sur l’école, si, quand j’étais ado, les jeunes travaillaient plus qu’aujourd’hui.
    Ce n’est pas si simple de répondre à cette question, car les temps sont très différents pour trois raisons au moins : la différence de fréquentation des lycées en nombre de jeunes, la formation des professeurs, et l’évolution des moyens audiovisuels et informatiques.


    Les moyens techniques et audiovisuels, j’en ai parlé plusieurs fois sur ce blog : c’était au lendemain de la guerre.
    Non seulement les plastiques et les antibiotiques n’existaient presque pas, mais il n’y avait ni transistors, ni circuits électroniques intégrés (les puces); pas de télévision; les postes radio et les amplificateurs de « tourne disques » (disques 33 et 45 tours en vinyle écoutés grâce à une aiguille qui suivait le sillon) utilisaient d’énormes « lampes radio », qui chauffaient horriblement et mourraient tous les 2 ou 3 ans. (par contre on pouvait réparer soi même, car c’était aussi facile que de changer une lampe d’éclairage - juste acheter la bonne référence !).
    Les téléphones (fixes évidemment) étaient réservés au professionnels et à quelques riches particuliers (manque de lignes et centraux électromécaniques très volumineux pour peu de lignes), et c’était onéreux.
    Evidemment ni ordinateur, ni appareil photo numérique, et les appareils argentiques, ou étaient de simple boîtes qui faisaient de très mauvaises photos, ou étaient très volumineux, extrêmement chers et les films de 12 photos revenaient cher à l’achat et au tirage. Les machines à écrire étaient mécaniques et difficile à utiliser pour quelqu’un qui n’avait pas reçu la formation de dactylographie. Les cours se prenaient à la main sur des cahiers.
    Les informations étaient prises dans les journaux (quotidiens et revues mensuelles) et la radio pour ceux qui avaient d’énormes postes (environ 20% de la population). Pas de poste portatif évidemment.
    Les cinémas étaient rares et ne jouaient en province que le soir et le week-end. Dans la petite ville du sud-ouest où j’habitais, qui avait environ 20 000 habitants, seulement deux cinémas, qui jouaient de bons films en noir et blanc et quelques films américains (souvent mauvais) en « technicolor » gueulard, mais c’était une curiosité que des films en couleur. Vu le prix, nous y allions moins d’une fois par mois et c’était une récompense.
    Evidemment pas de console de jeu, mais des jeux de société classiques et considérés aujourd’hui comme démodés par la plupart des jeunes : cartes à jouer classiques, tarots, dames échecs, mah-jong, petits chevaux, jeu de l’oie pour les enfants…
    Le sport se faisait au collège et au lycée, éventuellement dans de rares clubs municipaux payants.
    Pour faire un panorama de la vie d’alors, pas de supermarchés, rien que de petits commerces et un « grand magasin » de vêtements et objets pour la maison, par ville, de surface moyenne, aux enseignes limitées (plus de la moitié étaient des « Printemps » « Galeries Lafayette » et « Prisunic »).
    Les voitures étaient en nombre limité, vu leur prix, (et toutes celles qui existaient pendant la guerre avaient été prises par les allemands), d’ailleurs l’essence était aussi chère qu’aujourd’hui. Les constructeurs français étaient pratiquement les seuls à vendre mais de l’ordre de 150 000 par an (plusieurs millions aujourd’hui). Hors professionnels la voiture était un luxe, 10 à 15 % des ménages.
    Les bicyclettes étaient vieilles mais fonctionnaient encore car on les avait entretenues au mieux et on retrouvait enfin des pneus, des chambres à air et des patins de freins, introuvables sous l’occupation.
    Pendant la guerre nous n’avions ni vêtements ni chaussures, et ceux qui avaient tenu le coup, étaient usés jusqu’à la corde (sauf quelques chaussures à semelle de bois, résistantes, mais inconfortables).    Alors peu à peu on essayait de s’habiller mieux, mais ce n’était pas l’opulence. Un tricot ou un pantalon étaient de beaux cadeaux de Noël.
    Et coté nourriture, après les privations de la guerre, c’était la joie, mais les tickets de rationnement ont été encore en service de 1945 à 1949, et, si en province on pouvait se ravitailler chez le paysan et dans les marchés locaux, dans les grandes villes l’approvisionnement était beaucoup plus restreint, et les gens avaient la ligne « haricot vert », célèbre pour sa maigreur.
    Enfin pas de matériel domestique : machines à laver le linge ou la vaisselle n’existaient pas (lessiveuse sur le gaz et vaisselle à la main !). Les frigos étaient rarissimes (on utilisait des glacières et on achetait des pains de glace). Cuisinières à charbon ou à bois, pas de cocottes minutes ni de mixers. Les aspirateurs étaient rares et chers et donc on maniait le balais, la pelle et les serpillières.
    Beaucoup d’appartements n’avaient qu’éviers et lavabos et ni douches ni baignoires et il y avait des « bains publics ».
    A la campagne, il n’y avait pas toujours l’électricité ni surtout l'eau courante et les wc étaient une cahute dans la jardin, avec des rats et des araignées; de nuit les jours de pluie, il fallait parapluie et lampe de poche, pour gagner ces prétendues "commodités".

    Toutefois il ne faut pas croire que nous étions malheureux et que nous nous ennuyions. Je parlerai de l’école dans un autre article demain. Elle nous occupait une bonne partie du temps.
    Mais nous avions des nombreux loisirs, mais différents de ceux d’aujourd’hui. Nous avions aussi beaucoup de copains, mais pas de contact par messagerie ou portable, et donc nous nous voyions « en vrai », surtout pour faire du sport ensemble ou quelques balades en campagne, à pied ou à vélo. Eventuellement on s’écrivait, mais les timbres étaient chers, et bien entendu les pointes « bic » n’étaient pas encore inventées; on utilisait des stylos à plume avec des réservoirs, en caoutchouc, comme un compte goutte, avec lequel on aspirait l’encre dans une bouteille pour le remplir.
    L’hiver où il y avait moins de sports, on allait aussi les uns chez les autres, le jeudi après midi, pour le « goûter » et on discutait ou on jouait à des jeux de société.
    Le soir, une fois les devoirs finis, on lisait beaucoup, car les livres étaient notre bien précieux et j’avais la chance que mes parents et grands parents aient une bibliothèque très fournie. On écoutait aussi la radio avec les parents, et c’était eux qui choisissaient les émissions.
    Les rapports enfants-parents étaient un peu différents d’aujourd’hui. Certes les parents aiment toujours autant leurs enfants, mais ils s’occupent moins d’eux, si ce n’est pour les trimballer jusqu’à de multiples occupations extérieures.  Beaucoup plus de femmes travaillent aujourd’hui et ont moins de temps à leur consacrer.
    A l’époque, enfants et parents restaient ensemble et avaient des occupations communes le dimanche : balades s’il faisait beau, travaux à la maison (le bricolage était laborieux car tous les instruments étaient à main : pas de perceuse électrique notamment, mais des « chignoles » à manivelle), du sport en commun aussi; quelquefois cinéma, ou un concert (classique et jazz). La musique à la maison était correcte à la radio, mais celle des disques était très déformée, mais on aimait quand même.
    Un point très différents : ados, nos parents étaient nos « modèles », et les couples étaient unis au moins en apparence. Aujourd’hui, le modèle à suivre des ados est constitué des autres jeunes, et les parents ne cachent pas leurs amours multiples.
    Il faut dire que l’influence sur les ados des médias, toutes puissantes aujourd’hui, était nulle, et la société de consommation n’existait pas.
   
    Et finalement, malgré le souvenir traumatisant de la guerre, je me demande si nous n’étions pas plus heureux que mes petits enfants, car nous disposions de peu de choses mais nous nous en contentions, nous avions certes des désirs, mais nous n’étions pas pressés de les satisfaire, et nous profitions des petites joies de tous les jours, sans vouloir toujours autre chose que ce que nous avions.
    Etre heureux de son sort, c’est une partie du bonheur

    Demain je vous parlerai de notre travail en classe, il y a 70 ans.

Mardi 26 novembre 2013 à 7:46

Adolescence

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     J’entends souvent dire par les parents un peu dépassés que la faute de tous ces errements des jeunes, est celle de notre société.
    Je pense que c’est un peu facile de se dédouaner ainsi du manque de l’éducation que l’on n’a pas su donner à ses enfants, mais il est exact que la société d’aujourd’hui (et donc nous tous) avons notre responsabilité.
    La société à changé et personnellement j’ai eu du mal à m’adapter à ses pratiques culturelles, tellement différentes de l’éducation que j’avais reçue.

    La première différence que je constate est que les enfants n’ont plus d’enfance.
    La faute d’abord aux parents qui ne les laissent plus jouer aux jeux d’enfants qu’ils trouvent puérils (et pourtant !!), et qui demandent leur avis et même leur laissent la décision, sur tout ce qui les concerne et qui, à leur âge, devrait rester du ressort des parents.
    La faute ensuite au collège, où les plus grands obligent plus ou moins les «petits» à partager leurs opinions.
    Ce n’était pas comme cela autrefois et je me souviens qu’à 13 ans, j’avais encore une âme d’enfant, même si je rentrais dans l’adolescence, et pourtant j’étais au lycée en seconde et mes camarades avaient souvent deux ans de plus que moi. Mais eux se sentaient ado et ne jouaient pas à l’adulte prématuré.
    Mes petits enfants et leurs camarades n’ont plus dès la 6ème, l’exubérance de l’enfance, mais n’en sont pas plus sérieux pour cela, loin de là !
    Cependant leur attitude est souvent différente au collège et à la maison, leurs lectures sont différentes, leurs jeux en partie aussi, par crainte d’être ridicule au collège, devant les copains et copines.
    Cette «honte sociale» n’existait pas il y a 50 ans. J’étais en général de loin le plus jeune de la classe tout au long de mes études secondaires, mais en aucun cas je me serais laisser commander par l’opinion des autres. Ce qui m’importait c’était celle de mes parents, de mes professeurs, et la considération de ma propre conscience et individualité.
    Quant aux camarades de classe, ils ne traitaient pas d’intellectuels les premiers de la classe, ils leur demandaient de les aider  à comprendre les cours et expliquer les exercices. D’ailleurs les professeurs encourageaient cette attitude qui permettait un niveau moyen plus élevé et évitait aux meilleurs de s’ennuyer (et aussi d’être prétentieux, car c’est en expliquant qu’on se rend compte soi même qu’on n’a parfois pas bien compris).

    Une deuxième constatation est l’évolution des objets culturels : l’invasion de la télévision, d’internet, des CD et des baladeurs a bouleversé les références «culturelles» des jeunes ados. Il suffit de regarder les posters de leur chambre, d’écouter leur musique (certains morceaux de «métal» qu’écoutait l’une de mes petites filles, me rappelait parfois les cris des cochons que les paysans égorgeaient vivants dans mon enfance !! lol C
eal dit il y a de la musique métal irlandaise que je trouve audible), les photos des amis, et tous les objets de collection plus ceux qui résultent de l’évolution technologique.
    De plus même le multimédia évolue. Mes enfants s’intéressaient beaucoup à la télévision, mes petits enfants la délaissent pour l’ordinateur, internet et le téléphone portable et ses SMS. Certains de leurs amis ont même les pouces déformés par cette pratique.
    Evidemment il y a un compromis avec les parents qui ont encore leur mot à dire sur la décoration de la chambre de leurs ados, au moins pour la canaliser, mais je constate que cette influence est de plus en plus faible.
    Le même phénomène se retrouve sur les vêtements qui veulent de plus en plus ressembler à ceux des jeunes adultes, ce qui est malheureusement beaucoup trop encouragé par les parents, et le phénomène des marques et de la contagion des copains, car ce qui compte alors c’est l’appartenance à un groupe.
    Il faut avouer que notre société de consommation est en grande partie responsable : les industries culturelles et mercantiles ciblent des consommateurs de plus en plus jeunes, relayées par les médias et la pub omniprésente. Alors qu’un adulte est peu sensible à la publicité (il en profite pour passer un coup de fil ou aller aux toilettes), les enfants apprennent les slogans et les clips beaucoup mieux que leurs leçons de classe. Les enquêtes sur les audiences incluent maintenant les enfants à partir de 12 ans et les pouvoirs publics trouvent cela naturel !!

    Je ne parlerai pas de l’attitude des ados qui leur fait faire les pires bêtises pour se faire valoir auprès des copains, pour faire croire à eux mêmes qu’ils sont des adultes et parce qu’ils se sentent en partie rejetés par la société, mais j’en ai parlé hier.
    Le taux de fumeurs, de consommateurs d’alcool, d’accidents a augmenté, surtout chez les plus jeunes.

    Une autre caractéristique qui me soucie est le peu de curiosité intellectuelle, d’imagination de créativité et de capacité à s’ennuyer de beaucoup d’ados d’aujourd’hui.
    Sans doute en raison des moyens modernes de communication, les jeunes ont peur d’être seuls, non seulement les extravertis dont c’est la nature, mais même les introvertis qui devraient se plaire dans l’univers de leurs pensées.
    Ils ont peur de s’ennuyer et d’ailleurs leurs parents s’ingénient à leur trouver des tas d’occupations et à les trimballer en permanence pour y aller. Autrefois au contraire les parents nous laissaient volontairement nous ennuyer et ils avaient raison.
    Quand nous étions seuls, nous nous trouvions nous mêmes des occupations; nous nous inventions des jeux, nous recherchions des informations dans les livres et revues, nous regardions la nature, le dessin, la musique, l’écriture et bien sûr le travail de classe, bien plus abondant qu’aujourd’hui, nous occupait.
    Internet est un merveilleux outils de culture, mais les jeunes qui ont peur de s’ennuyer ne savent pas s’en servir (on ne leur apprend pas non plus !), et ils préfèrent facebook à google.
    Les jeunes s’ennuient, en souffrent et ne savent plus utiliser ce temps de réflexion et de solitude : l’imagination, la créativité en souffre.
    Personnellement j’encourage fortement ceux ou celles qui sur leur blog dessinent, écrive nouvelles ou poésie, donnent des recettes, ou même racontent leur vie. C’est une façon bien meilleure de ne pas s’ennuyer.

    Dernier point l’amitié et l’amour. Je réserverai un autre article aux ados face à l’amour et au sexe, car c’est un changement très important.
    Mais pour les amis, je constate que les jeunes ont peu de vrais amis. Ceux dénommés ainsi sur facebook, sont loin dêtre des amis. J’ai fait plusieurs articles sur l’amitié, qui est au fond la même chose que l’amour mais sans le sexe.
    Les jeunes aujourd’hui ont surtout des copains, ceux avec lesquels ils chahutent et s’amusent, ceux aussi avec lesquels ils font un certain nombre d’âneries.
    Mais c’es copains ont une énorme influence, car l’individualité du jeune est moins forte qu’autrefois. Il faut qu’il appartienne à un groupe, qu’il y soit intégré, qu’il partage leurs coutumes, y compris souvent l’habillement, la façon de parler, les musiques, les comportements.
    Rien n’est pire que de ne pas être intégré au groupe de copain, surtout pour les garçons, et l’ado devient ainsi moutonnier, alors que le groupe est lui même sous influence de la mode, de la publicité, de l’attrait des grandes marques, et de l’imitaion du monde des adultes.
    Cette appartenance au groupe contrarie l’évolution de l’ado vers l’autonomie, et je constate que cela, allié à l’allongement moyen des études, et au chômage, fait que l’ado, qui se croit devenu adulte, est en fait moins autonome qu’autrefois et n’atteint sa maturité que plus tard.
    Le désir d’indépendance naturel à l’adolescence, qui était plus rapidement satisfait autrefois, est contrarié plus longtemps aujourd’hui, et aboutit, soit à des conflits parents-enfants, soit à un laxisme des parents, qui confèrent une indépendance à un ado qui n’a pas reçu l’éducation nécessaire pour gérer cette indépendance sans erreurs.


Lundi 25 novembre 2013 à 7:51

Adolescence

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     Je suis toujours étonné du nombre d’adolescents qu’il soient jeunes (14 ans) ou plus âgés (18 ans), qui prennent d’énormes risques sans réfléchir, font des bêtises du niveau d’un gosse, alors qu’ils se prennent à tort pour des adultes, et qui se conduisent socialement comme des personnes peu sensées alors qu’ils sont intelligents.
    Je me demande souvent à quoi tout cela est dû. Je ne pense pas pouvoir faire le tour du problème (je crois que même les psychologue ne l’ont pas fait), mais je voudrais faire part de quelques réflexions.

    Au début du siècle dernier, non seulement les règles d’éducation des enfants étaient très sévères, mais il existait un processus d’initiation que ce soit à l’école ou en apprentissage. Le certificat d'études et le brevet, et à fortiori le bac, avaient une valeur de reconnaissance sociale.La progression des épreuves, surveillées par un «tuteur» donnait à l’adolescent des repères et lui permettait d’apprendre peu à peu la prévision des conséquences de ses actes et l’indépendance.
    Quand j’étais jeune ou du temps de mes enfants, les parents, puis les professeurs veillaient encore sur l’éducation progressive des enfant et le respect de règles. Ils servaient de référence aux jeunes. Pour les garçons, le service militaire était aussi une occasion d'initiaioon et de mélange social.
    Aujourd’hui, entre les familles recomposées et les parents laxistes, l’instruction devenue très théorique et n’incitant pas à l’effort, nombreux sont les ados qui ne sont pas habitué à respecter, même des règles élémentaires. Il n’y a plus aucune initiation «rituelle», les modèles sont les stars de la musique et du sport dont le niveau et la conduite ne sont pas le plus souvent, très satisfaisants.
    Alors l’initiation se fait au petit bonheur la chance et à l’initiative des jeunes et de leurs camarades. On se soucie surtout de paraître devant les copains et de se montrer «adulte», alors on fume du tabac ou du cannabis, on boit de l’alcool, on confond le sexe et l’amour, on passe sont temps  sur la télé, internet et les jeux, on sabote ses études, et on flirte parfois avec la mort dans un véhicule ou à vélo.
    C’est une initiation certes, mais désordonnée et sans progression, ou l’erreur peut se transformer en catastrophe, et qui, en aucun cas ne satisfait le besoin de montrer sa valeur personnelle. Les instances sociales sont hostiles et mettent en place prévention et sanctions. La réussite de l’épreuve n’est jamais assurée et peut se transformer en blessure, handicap, voire la mort, ou, si l’on a inconsidérément enfreint la loi, peut se terminer en prison, à la grande douleur des parents impuissants.
    Les jeunes sont perdus, car, en l’absence de règles et de guides suffisants, dans un contexte où les valeurs sont l’argent et la consommation, et où tout est orchestré par les médias et  la vie réglée par la télévision, internet, et les téléphones portables, et où l’avenir est plombé par le chômage, l’adolescent ne peut plus donner un sens à sa vie, et il s’efforce de reprendre le contrôle de sa vie qui lui échappe, sans l’aide de ceux qui pourraient le guider.
    Les initiations sont individuelles, n’ont de valeur que pour celui qui les pratique, n’apporte aucune réponse valable sur l’identité du jeune, ni une progression dans son rôle et son statut social. Il n'existe aucun rite unanime : ce sont des manifestations certes venues d'une certaine mode, mais individuelles : tatouages, piercing, blog, les techniques de communication, le sexe, la musique de groupes....
    La société ne valide évidemment pas ces comportements à risque et le jeune se sent au contraire, exclu et rejeté. Le savoir et les diplômes n'ont souvent aucune valeur pour lui et être intellectuel est un défaut.
    Ce sont pourtant des rites d’initiation, mais où le jeune n’est pas conscient de ce qu’il recherche, et l’approche du risque et de la mort est en fait, une manifestation erronée du goût de vivre.

    Certes tous les jeunes ne sont pas ainsi, mais pour ceux qui ont cette approche, se ressemblent quelle que soit leur milieu et leur nationalité. Et ceux qui se scarifient ou se suicident tiennent des propos semblables
    Ceux qui échappent à cette tendance, sont ceux à qui les parents ont su donner des règles dès l’enfance, ceux que les professeurs ont réussi à intéresser à leurs études, leur donnant curiosité intellectuelle et goût du travail, et enfin, ceux défavorisés, qui ont dû trimer très jeunes pour gagner leur vie, et qui sont devenu adultes plus vite, alors que les autres prolongent leur adolescence au delà des limites d’âge habituelles.

Samedi 13 octobre 2012 à 8:21

Adolescence

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            J'avoue être à la fois surpris, inquiet voire horrifié et je me pose beaucoup de questions.
            Depuis la rentrée la télévision annonce tous les jours qu'un(e) jeune élève s'est fait blesser grièvement, voire tuer, par l'un de ses camarades. Il y a aussi toutes les agressions sexuelles et celles aussi dont on ne parle pas.
            Comment les jeunes peuvent ils être devenus ainsi, aussi violents et inconscients.
            Car certes il faut plaindre avant tout la victime et sa famille, mais le meurtrier gâche également sa vie à jamais, ne serait ce que parce qu'il va faire des années de prison.
            Comment être assez inconscient et fou pour en arriver là.?
            De plus les motifs invoqués pour des actes aussi graves sont parfois futiles, (comme un "mauvais regard". Là on ne comprend plus !
 
            C'est vrai que pour quelqu'un de vieux comme moi, c'est incompréhensible. J'ai pourtant connu la guerre où la violence et la mort étaient le lot quotidien, mais entre adultes et pour des raisons politiques. Ce n'était pas mieux, mais justement peut être en avons nous compris quel était le prix de la vie et aussi celui de la souffrance.
            Pour moi agresser volontairement et dangereusement quelqu'un est non seulement un délit, mais c'est une atteinte à une autre personne, qui est la même chose que moi. Bien sûr si on m'attaquait, si on violentait ma famille, je me défendrais et peut être blesserais-je l'agresseur, sous le coup de l'émotion et de l'action. Mais je ne me vois en aucun cas agresser quelqu'un par une vague idée de vengeance ou de vexation, ou de présumée insulte ou parce que mon amie m'a plaqué.
            Rien que le fait de la réciprocité, de ce que je n'aimerais pas qu'il m'arrive dans le cas inverse, me retiendrait de faire ces âneries.
            Je sais que le cerveau préfrontal des jeunes n'est pas mature, et que donc ils ont du mal à imaginer les conséquences de leurs actes. Je comprends donc que, dans le feu d'une dispute, un coup de poing au mauvais endroit, une chute malencontreuse, puisse entraîner des blessures graves, sans que l'auteur ait pensé à cette conséquence. Mais emmener un couteau ou une arme à feu, pour agresser quelqu'un, c'est de l'assassinat avec préméditation à la clé ! La dimension de l'acte est tout autre.
 
            Mais il faut l'admettre, l a violence des jeunes est l’une des formes de violence les plus visibles (on estime que le nombre de morts est de l'ordre de 200 000 par an dans le monde). Les agressions, mortelles ou non, perpétrées par les jeunes contribuent fortement dans le monde entier au nombre total de décès prématurés, de traumatismes et d’incapacités. Cette violence entraîne des préjudices graves non seulement pour les victimes, mais aussi pour les familles, les amis et les communautés.
            Il y a des liens étroits entre la violence des jeunes et d’autres formes de violence. Les jeunes violents commettent fréquemment toute une série de délits et manifestent d’autres problèmes sociaux et psychologiques.
            Les combats physiques et les brimades ou harcèlement sont aussi plus fréquents chez les jeunes. Une étude, portant sur les enfants en âge scolaire dans 27 pays, a établi que la majorité des jeunes de 13 ans, dans la plupart des pays de l’étude, avaient exercé des brimades
ou harcelé autrui au moins de temps en temps.
 
            Des études ont été faites sur les facteurs de risque de telles violences et les facteurs que je vais citer sont extrait d'une étude de l'organisation mondiale de la santé.:
 
                        • Il y a forcément d'abord des facteurs individuels :
           
- l’hyperactivité
- l’impulsivité
- une maîtrise insuffisante de soi
- des problèmes d’attention
- des antécédents de comportement agressif
- un faible niveau d’éducation. Il ne faut pas oublier que l'enfant naît avec un cerveau presque vierge et que c'est l'éducation et l'instruction qui développent l'intelligence, la logique et le bon sens.
- une absence de règles et là encore l'éducation est en cause.
 
                        • Il y a ensuite des facteurs familiaux :
- un encadrement insuffisant des enfants par les parents, des châtiments corporels durs pour discipliner les enfants;
- des conflits entre les parents pendant la petite enfance;
- un attachement insuffisant entre les parents et les enfants;
- une mère ayant eu son premier enfant trop jeune et qui ne peut le contrôler
- la séparation ou le divorce des parents à un jeune âge;
- une faible cohésion de la famille;
- un niveau socio-économique faible;
- la fréquentation de camarades délinquants.
 
 
                        Mais il y a aussi des facteurs sociaux culturels, voire politiques :
- les bandes et un approvisionnement local en armes ou en drogues;
- la faiblesse des liens sociaux dans la communauté;
- l’administration du pays, sa législation et les moyens mis en oeuvre pour l’appliquer, ainsi que sa politique sociale;
- l’inégalité des revenus, l’évolution rapide de la démographie, et l'urbanisation conduisant parfois à des ghettos;
- les sociétés qui ne proposent pas de solutions non violentes pour résoudre les conflits semblent connaître une fréquence plus élevée de la violence chez les jeunes.    
 
 
            Je serais intéressé par votre avis sur ces questions et les moyens d'y remédier   avant de faire un autre article à ce sujet.
            Il est certain que les méthodes que l'on propose reposent en général sur l'éducation, mais que certains parents son défaillants, et que justement les violences de jeunes ont souvent lieu à l'école, lieu d'instruction.       
            L'un des problèmes est évidemment de prévenir ces violences par action sur tous, mais peut être aussi sur ceux dont les professeurs ou les parents pourraient détecter à temps la tendance à la violence.    

Dimanche 29 avril 2012 à 10:30

Adolescence

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            J'avais fait il y a un mois un article sur l'influence des films violents au cinéma et à la télé sur les adolescents et l'incitation à la violence.
            J'ai lu plusieurs études sur l'influence des jeux vidéo, et notamment celle de Laurent Buègue, professeur de psychologie sociale à l'Université de Grenoble, qui parlait d'un jeu qui avec des images d'une qualité et d'un réalisme inégalé, faisait l'apologie des vices urbains : gang, trafics, drogue, prostitution, violence....
            Il stigmatisait également des jeux téléchargeables gratuitement, qui mettaient en valeur l'actualité et la brutalité mondiale. Le joueur s'identifiait à un kamikase arabe qui organisait des attentats et tuait indistinctement hommes, femmes et enfants, dont le nombre était comptabilisé et le but étant évidemment d'obtenir le score maximal.
            Un troisième jeu aux USA, faisait incarner au joueur l'assassin Seung-Hui Cho, auteur d'une tuerie dans une université, et ce jeu consistait à abattre le maximum d'étudiants sur le campus.
            Dans ces jeux on peut choisir nom, vêtements, allure, tatouages, bref tout ce qui renforce la personnalisation et l'identification à l'agresseur.
            Et la violence constitue malheureusement le thème principal de la moitié des jeux vidéo vendus dans le monde et ce sont les plus vendus !
           
            Comment savoir s'ils engendrent la violence : deux méthodes sont utilisées par les chercheurs en sociologie.
            Des personnes sont placées devant un écran où elles jouent pendant une quinzaine de minutes à un jeu vidéo violent et d'autres jouent, dans des conditions identiques, à des jeux vidéo neutres. Ensuite, on compare leurs comportements d'agression.
            Les niveaux de difficulté, d'excitation ou de frustration associés à ces jeux devront être équivalents afin que l'on ne puisse attribuer les différences observées qu'au degré de violence véhiculé par le jeu.
            Autre méthode : recueillir des informations sur les comportements agressifs d'un certain nombre de personnes, en les interrogeant ainsi que leur entourage, leurs professeurs... ainsi que sur le type de jeux vidéo qu'ils pratiquent et la durée moyenne qu'ils y consacrent. Dans ce type de statistiques, on veille aux biais connus, notamment au fait que les garçons jouent plus aux jeux vidéo violents et sont plus agressifs verbalement et physiquement, en moyenne, que les filles.
            On peut recueillir des informations à plusieurs reprises auprès des mêmes personnes, afin d'étudier leur évolution dans le temps et les variations de leur comportement en fonction de leur assiduité aux jeux violents.
 
            Les très nombreuses études faites montent toutes que la pratique régulière de jeux violents accroît de façon importante la tendance des joueurs à être violents dans la vie courante.
            Et réciproquement, dans une recherche réalisée auprès de 300 adolescents scolarisés aux Pays-Bas, Jeroen Lemmens, de l'Université d'Amsterdam, a montré que ceux qui aiment les jeux vidéo violents sont le plus souvent des garçons ayant un niveau d'agressivité élevé et un niveau d'empathie bas.
            D'autres recherches ont montré que les enfants adeptes des jeux vidéo violents ont davantage de conflits avec leurs enseignants, sont plus agressifs verbalement et physiquement.             Dans une étude effectuée auprès de 1 254 adolescents âgés de 12 à 14 ans, Lawrence Kutner et Cheryl Olson, de la Faculté de médecine de Harvard, ont mis en relation divers problèmes de comportement avec la pratique de jeux vidéo violents : provocation, frustration, , mauvaise humeur, violence en groupe, alcoolisme, voire délinquance.
            Ainsi agression, délinquance et utilisation de jeux vidéo sont bien liées, mais ces études montent certaines conséquences plus précises.
 
            Le caractère particulièrement sanglant de certains jeux n'est pas sans conséquences.            
            Dans une récente étude, Christophe Barlett et ses collègues de l'Université de l'Iowa, ont fait jouer des participants à un jeu violent classique, dans lequel il est possible d'abattre les ennemis sans voir le sang couler. Avec l'option "sang" activée, ils ont observé une plus grande pression sanguine et un rythme cardiaque plus élevé chez les joueurs que lorsque l'option "sang" était désactivée. En outre, l'hostilité des joueurs augmentait, et ils avaient davantage de pensées agressives après le jeu, indépendamment de leur caractère agressif initial, mesuré au début du jeu.
            La pratique de jeux violents induit des pensées agressives comme l'on montré de nombreuses études et les joueurs ont ensuite une plus grande anxiété et un plus grand sentiment d'hostilité envers les autres. Ce sont ces pensées agressives qui se traduisent ensuite par des comportements plus agressifs.
            Plus le jeu est réaliste, plus les participants s'immergent dans le jeu et plus ce phénomène est constaté.
            Mais l'effet n'est pas seulement à court terme; une étude faite sur des joeurs réguliers mais qui avaient dû s'arrêter de jouer faute de temps, avaient encore une agressivité supérieure à la moyenne, un an après cet arrêt, plus d'hostilité envers d'autres personnes et moins d'altruisme.
 
            Mais un fait grave est que les jeunes ados, pas encore assez réfléchis ne se erendent pas compte du danger des jeux vidéos qui les éloignent de la réalité:
            Dans leur étude, Kutner et Olson ont distingué quatre motifs recherchés par les enfants : l'excitation et le plaisir (ils jouent pour gagner, arriver à terminer la partie au dernier niveau) ; l'aspect social (ils aiment jouer entre amis) ; les émotions ressenties (ils jouent pour calmer leur colère, oublier leurs problèmes, se sentir moins seul) ; ils jouent pour ne pas s'ennuyer (pour tuer le temps).
            Et un enfant de 8 ans disait "j'aime ce jeu parce qu'on peut tirer sur les gens et rouler à toute vitesse en voiture. Quand je serai plus grand' je pourrai faire cela aussi !! "
            En effet un des mécanismes clés est celui de la désensibilisation.
            Nick Carnagey, de l'Université de l'Iowa, a montré que les personnes ayant joué à des jeux vidéo violents étaient moins sensibles à la violence que les autres : la conductivité de leur peau restait faible et leur rythme cardiaque lent (peu d'émotion). le cerveau des joueurs réguliers est comme désensibilisé aux images de violence qu'on leur projette, et ces personnes se montrent ensuite plus agressives par manque de frein naturel.
            Certains jeunes peuvent aller jusqu'à ne plus se rendre compte de la valeur de la vie, des conséquences de la mort, à force d'avoir" plusieurs vies" dans les jeux vidéo et de pouvoir tuer impunément sans conséquence grave dans un monde virtuel.
            On peut en effet être effaré du nombre de jeunes ados mineurs qui blessent grièvement ou tuent un de leur camarade, souvent pour des raisons dérisoires, sans se rendre compte des conséquences de leur geste pour évidemment la victime, mais aussi pour leur propre avenir qu'ils compromettent ainsi définitivement.
            Ce sont sans doute des gens instables et on ne sait quelle part ont les jeux vidéo dans leur geste, mais il est certain que de tels actes étaient beaucoup plus rares il y a soixante ans et que donc on doit probablement y voir un phénomène de société.
            Je ne sais pas si on peut interdire certains jeux trop violents, mais en tout cas, il faudrait faire l'éducation des parents pour qu'ils surveillent mieux leurs enfants et notamment exclure les ordinateurs dans les chambres jusqu'au moins à l'âge du lycée et en surveiller l'emploi dans une pièce commune.
 

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Vendredi 9 mars 2012 à 8:37

Adolescence

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      La télévision met elle les ados sous influence?
      Je lisais récemment dans un article de recherche de psychologie sociale, cette statistique qui m'intéressait d'autant plus quelle faisait référence à des périodes que j'ai connues.
      Il y a 60 ans, les ados ne citaient pas de personne connue qu'ils admiraient et prenaient pour modèle. Ils regardaient leurs parents et leurs professeurs vivre et essayaient de les imiter. C'était l'après guerre, la télé n'existait pas et on allait peu au cinéma. Il y avait beaucoup de travail à faire si l'on voulait avoir un métier, mais par contre le chômage n'existait pas et donc la motivation au travail était certaine, car c'était le moyen de réussir.
      Il y a 15 ans, sur 6000 jeunes de 10 à 18 ans interrogés en Allemagne, seuls 20% citaient une personne connue, star, personnage de série ou sportif, et cette proportion en 2003 était passée à 60%.
      L'institut de technologie d'Orlando, aux USA,  a étudié de phénomène "d'idolâtrie" et il constate que cette adoration pour une idole a peu d'effets négatifs. Ses chercheurs pensent que c'est un moyen pour les ados de s'éloigner émotionnellement des parents et d'acquérir une certaine distance émotionnelle.
     Est ce certain ? Et la télévision n' incite t'elle les ados qu'à de bonnes actions ?
Certains parents craignent que les enfants et les ados reproduisent ce qu'ils ont vu à la télévision, bon ou mauvais? Ont ils raison?

      Certes beaucoup ados commencent à boire de l'alcool ou à fumer sous l'influence de leur entourage, notamment des camarades de leur âge, mais des études menées au New Hampshire ont montré que les ados qui avaient vu beaucoup de héros de films fumer, devenaient des fumeurs, deux fois plus souvent que les ados ayant peu vu les films en cause.
      Des expériences ont eu lieu également, toujours probantes, entre la projection de films qui montraient des scènes en rapport avec des stéréotypes courants ,véhiculés par les médias et l'opinion, et les réponses à des questionnaires portant sur ces stéréotypes. La vision préalable de films augmentait de façon importante les réponses positives, par rapport au groupe témoin qui ne les avait pas vus.
      Mais certaines conséquences sont relativement bénéfiques : il semble que les ados qui regardent souvent la télévision soient plus tolérants vis à vis des autres, probablement parce qu'ils prennent conscience de la multitude des réactions possibles, face à une même situation.
      Ces études ont montré en particulier que si les personnages des scènes projetées ont des attitudes positives, souriants, heureux de vivre, ils sont plus facilement pris comme modèle et leurs comportements sont davantage acceptés et suivis. Nous sommes certes conscients que les personnes à l'écran sont des personnages fabriqués pour les besoins du scénario, mais nous réagissons comme s'ils étaient des personnes réelles, et les limites entre réalité et fiction devient floues.

      De nombreuses études ont été menées, notamment aux USA quant à l'influence des films violents.
      Elles ont toutes montré que la vision répétée de tels films accroissait nettement les tendances des jeunes, voire des adultes à être violents.
      L'explication semble être l'habituation à ces scènes, qui ensuite rend le passage à l'acte plus anodin, de la même façon que le chirurgien (heureusement pour lui et son calme au cours de l'opération , devient au cours de ses études, mains sensible à la souffrance du malade sur la table d'opération.

      Une étude menée en 2001 sur 1600 jeunes les a classées en quatre catégories, vis à vis de leurs réactions face aux médias et notamment la télévision :
           - la première catégorie de jeunes regarde peu, voire pas du tout la télévision :elle est
qualifiée de catégorie orientée vers l'éducation.
           - la deuxième catégorie, dite « orientée vers la consommation », regarde souvent la télévision,
mais passe surtout beaucoup de temps devant l'ordinateur et utilise les médias comme distraction.        
           - le troisième type de jeunes, dit « orienté vers la communication », utilise surtout des médias comme Internet pour discuter et regarde plutôt les films entre amis.
           - enfin la quatrième catégorie est celle des jeunes gens qui regardent très souvent la télévision sans aucun esprit critique.
Selon K.P Treumann, l'appartenance aux différents groupes est déterminée par le sexe, l'âge et l'environnement social.

     L'environnement du jeune spectateur est essentiel. L'influence des modèles médiatiques n'est sans doute pas directe, car les jeunes ne regardent pas la télévision comme s'ils étaient coupés des autres et du monde extérieur : ils n'imitent pas n'importe quel héros télévisé mais après des discussions entre amis, les jeunes se feraient leur propre avis d"après ces échanges d'idées.
     Les adultes et notamment les parents, ne doivent pas s'interdire de critiquer ou de rejeter certains modèles, leurs réactions pouvant aussi aider les adolescents à progresser dans la construction de leurs valeurs et de leur vision du monde.
     Pendant la puberté, les prises de distance vis-à-vis des parents représentent une étape cruciale du développement des ados, et il n'est pas étonnant que les modèles médiatiques venant contredire ce que disent les parents exercent alors une certaine fascination des adolescents.

Jeudi 12 novembre 2009 à 9:05

Adolescence

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    J’ai eu souvent parmi mes correspondantes, des jeunes qui avaient des problèmes assez sérieux de stress et dans le passé de dépression, suite à des ennuis très divers.
    Mais ce qui m’a toujours frappé, c’est que la plupart de ces jeunes qui m’ont confié leur problèmes et donc avec lesquelles j’ai discuté de leur environnement au cours de leur enfance et de leur jeunesse, ont à une époque été la “tête de turc” de leurs camarades de classe.

    Dans presque toutes les classes, il y a une tête de turc.
    Cible des quolibets, parfois molesté par ses camarades, le “canard boiteux” souffre le martyre. Comment éviter cet ostracisme ?


http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/LivreFaireuneerreur.jpg    Une enquête menée par des chercheurs en psychologie dans une école américaine, auprès de 600 lycéens âgés de 13 à 15 ans a révélé que la vindicte populaire s'abat sur celui ou celle qui a initialement la plus piètre estime de lui-même.
    Des questionnaires distribués au début de l'année ont révélé que certains adolescents se voient initialement comme peu intéressants et incapables. Au fil des mois, ils attirent moqueries et agressions. C'est le début d'une spirale infernale. La victime perd peu à peu toute estime de soi, et attire encore plus la haine des autres.

    Quand un innocent subit les attaques d'un groupe, on lui attribue des crimes fictifs, ce qu'explique le psychologue américain Melvin Lerner par une « croyance en un monde juste ». Chacun a, de façon innée, la conviction que si l'on est puni, c'est que l'on a fait quelque chose de mal. (un proverbe arabe dit “tu peux battre ta femme, tu ne sais pas pourquoi, mais elle, elle le sait” - et il est notoire que les femmes sont des victimes dans beaucoup des civilisations arabes actuelles).
    On ne peut imaginer une victime innocente, et l'on modifie inconsciemment sa vision de la réalité en accablant le souffre-douleur de crimes qu'il n'a pas commis.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/955232gf.jpg

    Attention, par conséquent, à la baisse d'estime de soi chez un adolescent. C'est la première brèche par où peut s'engouffrer l'hostilité de ses camarades.
    Un jeune persuadé de sa propre valeur; est généralement respecté. S'il est hésitant sur ce point, il faut lui donner des signes qui le rassurent sur ce qu'il vaut pour qu'il ne se dévalorise pas à ses propres yeux..
    C’est une leçon que j’ai tirée de mes nombreux entretiens avec mes jeunes correspondant(e)s.
La première chose que j’essaie de faire en cas de problème, c’est de leur montrer qu’ils ou elles ont une valeur, des qualités, de quoi réussir certaines choses, que je les estime et qu’ils ou elles doivent s’estimer eux aussi.
    Cela dit, c’est moins vrai pour les adultes, mais dans ma vie professionnelle j’avais remarqué que ce problème était aussi en partie présent, leurs collègues ayant peu d’estime pour ceux qui n’en n’ont pas pour eux mêmes.

  
  http://lancien.cowblog.fr/images/Chats1/468538.jpg








    
Donc je vous en prie, cessez de détester votre image et de vous croire incapable d’arriver à vos fins.

    En fait on ne réussit que ce qu’on a la volonté de faire et si on a bien réfléchi aux situations, on arrive à réussir plus des 3/4 de ce qu’on entreprend.

  Il faudra que nous en reparlions quand j'aurais un peu plus de temps pour examiner comment faire pour avoir davantage de confiance en soi

Samedi 13 juin 2009 à 8:19

Adolescence

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    Peu de parents lisent mon blog et, de plus, ce sont des parents qui ont le souci de communiquer avec leurs enfants.
    C’est dommage qu’il n’y en ait pas plus, parce j’aurais aimé discuter de certaines questions avec parents et ados.

    Pourquoi tant de parents ne sont ils plus tendres avec leurs ados, comme ils l’étaient lorsque ces ados étaient enfants. Croyez vous qu’ils n’aient pas autant besoin d’amour?
    Pourquoi vous, ados, ne voulez vous pas continuer à montrer votre tendresse à vos parents, sous prétexte que vous êtes grands maintenant. N’ont ils pas aussi besoin de savoir que vous les aimez toujours ?

    Vous ados, qui êtes souvent comblés et n’avez pas grand chose à désirer, pourquoi vous estimer malheureux à la moindre petite interdiction, au moindre refus de satisfaire vos caprices?
    Et vous , parents, pourquoi ne pas avoir donné des règles claires, un contrat à respecter, l’un comme l’autre, plutot que des interdictions au coup par coup, dont on ne voit pas la cohérence, le fil conducteur
    
    Vous parents, pourquoi faire tout à coup de grandes colères, alors que jusque là vous n’aviez rien dit, sur maints petits accrocs, qui auraient pu donner lieu à des avertissements salutaires.?    
    Et vous ados, quand on vous refuse quelque chose de mineur, croyez vous raisonnable de faire une grande scène digne de la “Castafiore”?

    Une autre constatation m’étonne : c’est que dans beaucoup de familles, de nos jours, chacun, parents et enfants, vit sa vie, comme s’il était seul, libre et indépendant des autres. Peut être souhaitez vous cette liberté.
    Il y a 30 ans, les habitudes étaient différentes, les parents, les enfants, les frères et les soeurs prenaient plaisir à avoir des activités communes, à prendre ensemble leurs repas, à sortir et s’amuser ensemble, à faire en famille du sport, de la musique, de la lecture, des jeux de société, et de réfléchir aussi ensemble à un devoir de maths ou une dissertation de philo, bref à vivre ensemble.
    Peut être étions nous plus heureux?

    Et il y a plus de 60 ans, j ’ai eu des grands parents merveilleux, qui m’apprenaient tout ce qu’ils savaient de la vie, qui me racontaient aussi leur existence passée, leurs joies et leurs peines, leurs distractions mais aussi leurs labeurs et qui m’ont accompagné dans toute ma scolarité, jusqu’à ce que j’ai 15 ans et mon bac. J’allais les voir presque tous les jours.
    De tout ce qui m’a servi par la suite dans ma vie, je pense  que la moitié seulement est du ressort de mes études, pourtant bien longues, et l’autre moitié, c’est l’enseignement de mes parents et grands-parents.
    J’ai l’impression que cette habitude s’est perdue. C’est vrai que les familles sont plus dispersées de nos jours et que souvent les parents sont surchargés par leur travail quotidien..

Lundi 1er juin 2009 à 9:29

Adolescence


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    J’ai déjà dit dans d’autres articles que les jeunes prenaient en général trop de risques sur certaines actions, car leur centres du cortex préfrontal, dont le rôle est de prévoir les conséquences de nos actes, ne se forment que lentement et ne sont complètement matures qu’entre 20 et 25 ans.
    J’ai souvent l’occasion de discuter avec certaines de mes correspondantes de leurs “rêves” et je dois souvent, au risque de paraître moralisateur, leur montrer que si je comprends leurs aspirations - et j’en avais de voisines quand j’étais jeune -, par contre elles n’étaient pas suffisamment réalistes et donc vouées presque sûrement à l’échec.
    Ces rêves un peu fous, je les classerai en trois catégories :

    D’abord des rêves de voyages : parcourir le monde en roulotte, en péniche, faire le tour du monde, aller dans des pays lointains et inconnus.
C’est normal de rêver ainsi, car cela donne un sentiment d’indépendance, de liberté en même temps que voir du pays, en s’imaginant que c’est mieux ailleurs.
    J’ai voyagé beaucoup pour mon métier et  bien que ces voyages m’aient permis de voir beaucoup de choses, je peux vous dire que l’on a rarement le sentiment de liberté, que les problèmes de langues, d’habitudes sociales et de mentalité différentes, de nourriture amènent de nombreuses contraintes, et que l’accueil n’est pas toujours aussi chaleureux qu’on l’espérait et que finalement, la France est un pays ou l’on est exceptionnellement bien, malgré tous les problèmes actuels.
    De plus vivre en voyage est relativement onéreux et habituées à ce que vos parents subviennent à vos besoins ou vous aident beaucoup, vous négligez totalement cet aspect, d’autant plus que dans de tels voyages itinérants, avant que vous n’ayez un métier, il est pratiquement impossible de gagner de l’argent à l’étranger.
    Sans parler du risque de maladie et de la non couverture par la sécurité sociale, qui est une grande garantie dans notre pays, mais ne nous couvre pas en général à l’extérieur et donc des assurances efficaces sont indispensables.
    Je ne vous demande pas d’abandonner votre rêve, mais de le construire : choisissez un métier où vous devrez voyager, et vous pourrez alors satisfaire vos souhaits en grande partie. Certes vous ne pourrez pas aller à votre guise, mais vous arriverez quand même à visiter des villes, de jolis coins, des musées, des églises, des monuments.
    Vous pouvez aussi aller faire certaines études à l’étranger, dans le cadre d’Erasmus par exemple. Mais là faut bosser dur !

    Le deuxième type de rêve, ce sont les sports et  les expériences émotionnelles assimilées à tort à un sport, car en effet un sport nécessite un effort physique soutenu et une pratique courante que ce soit entraînement ou compétition. Et là vous sous-estimez totalement les difficultés et les dangers. Tout vous paraît simple et sans problèmes.
    Certains sports sont dangereux, mais si on a subi un bon entraînement, si on respecte des règles - ou des équipements - de sécurité et si on a un bon moniteur, leur pratique est possible dans de bonnes conditions : je pense, parmi ce qui vous fait rêver, aux sports de combat, au canyoning, à l’équitation, au ski....
Mais entre pratiquer le sport et être champion, il y a une marge énorme et une quantité de travail et d’entraînement que vous ne soupçonnez pas !
    Dans certains cas aussi, vous sous-estimez complètement la sécurité : grimper en haut d’une falaise puis descendre en rappel, s’il y a un moniteur et qu’on est assuré par un autre filin qui vous rattrape en cas de chute et qu’on a un casque et un vêtement solide, il n’y a pratiquement aucun danger, sauf si on fait une grosse bêtise avec les mousquetons. Par contre vouloir escalader sans cette sécurité la falaise ou un immeuble est proche du suicide!
    J’ai fait autrefois du planeur, j’ai piloté de petits avions et  fait un peu d’ULM et quelques sauts en parachute. Mais il faut un apprentissage sérieux, obéir au moniteur et respecter certaines règles. Faire du parapente (qui n’a pas de moteur), n’est pas trop dangereux  si on évite les jours de fort vent (qui vous retourne comme une crêpe !) et qu’on ne va pas bêtement au dessus d’un terrain accidenté ou avec des obstacles mais que l’on atterrit en un endroit bien déterminé  et dégagé, ce n’est pas très dangereux, mais il faut avoir appris de nombreuses fois en double commande.
    Par contre si on fait des paris avec les camarades tel que “aller le plus loin possible”, cela peut être catastrophique à l’atterrissage (le petit fils d’un ami s’est cassé deux bras et une jambe et est resté immobilisé six mois). Faire du parapente en montagne est encore plus dangereux car les vents peuvent vous plaquer contre une paroi et un moniteur que je connaissais s’est tué ainsi vers Chamonix, un été. Il avait 26 ans.
    De même alors que je fais assez bien de la planche à voile, et que j’ai mis des années pour y arriver, je ne me lancerais jamais dans le windsurf. C’est réservé aux athlètes exceptionnels. On se casse les poignets avec une grande facilité et si on se retrouve, sur une grande rafale, à dix mètres en l’air, l’amérissage risque d’être accidentel et j’ai vu en Bretagne des dommages graves à des colonnes vertébrales.                               
    Et là encore la notion de coût vous échappe. La pratique des sports de ce type coûte cher et on ne peut tout vous payer !
    Quant au saut à l’élastique, cela relève du pari,de l'épreuve pour faire peur, mais ce n’est pas un sport et c’est plus dangereux qu’on ne croit, tant au plan cardiaque que réactions sur la colonne vertébrale.
    Là aussi je ne vous demande pas d’oublier vos rêves, mais de les raisonner. Faire du sport est bénéfique, physiquement, c’est un jeu, mais cela peut être une puissante motivation qui vous fera prendre confiance en vous;
    Mais le sport n’est pas une activité pour épater les copains ou la foule.

    Et même pour prendre du plaisir dans un sport, il faut atteindre un certain niveau et dites vous que pour cela ou il faut être très doué, ou il faut beaucoup travailler et s’entraîner, surtout en débutant, et ceci dans des conditions de sécurité convenables..
   
    Le troisième type de rêve c’est celui d’être artiste célèbre, que ce soit en musique rock, en créateur de mangas, comme faire du théâtre ou du cinéma...
    Dans la fougue de votre jeunesse vous voyez cela avec passion et vous en voyez le coté agréable. Mais pour être vedette, il faut être douée au départ, cela demande un énorme travail, beaucoup de persévérance et peu arrivent à ce stade et souvent après des années de travail et de galère.
    Je pense qu’avoir ce type d’activité est très bon, essayer de faire de son mieux aussi, mais il vaut mieux s’assurer d’avoir un autre bon métier, quitte à revoir sa position si vraiment on avait du succès.

    Alors certes, continuez à rêver, mais ne prenez pas trop vos rêves pour réalités, soyez plus réalistes et ne vous étonnez pas si vos parents ne peuvent satisfaire toutes ces aspirations, et notamment s’opposent aux pratiques les plus dangereuses.
    Et appliquez le “principe de précaution” : pour avoir une vie normale demain, il vous faudra un métier et pour cela il vaut mieux si possible commencer par avoir son bac. alors travaillez d’abord le mieux possible en classe, et vos parents n’en seront que plus enclins à accepter que vous fassiez un sport ou une activité artistique raisonnables et en rapport avec vos capacités ou vos dons.
    Le vieux singe rêve aussi parfois, que toutes ses guenons sont heureuses, réussissent leurs études et ont le sourire !   

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lancien

sortir de la tristesse

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