Dimanche 31 mai 2009 à 8:51

Adolescence

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    Quand on discute sur vos rapports avec vos parents et vos problèmes de contraintes et de liberté, vous me dites souvent “je n’arrive pas à discuter avec mes parents; ils ne m’écoutent pas et ils ne me comprennent pas”

    Pourquoi souvent les personnes les plus proches, sont les plus inaccessibles? Pourquoi certains parents n’écoutent ils pas leurs enfant? Pourquoi est-il si difficile, pour les parents d'apprendre à leurs propres enfants à se confier, à dialoguer, à se connaître? Cela n'explique-t-il pas le mal-être de beaucoup d’entre vous
    J’ai constaté qu’effectivement souvent les parents ne s’apercevaient pas du mal-être de leur enfantmais aussi que celui-ci faisait tout pour le leur cacher. Pourtant ils s’aiment beaucoup. Pourquoi ce manque de communication?
    Alors essayons d’y réfléchir ensemble.

    Vos parents sont très pris par leur travail et, en dehors des vacances, n’ont pas assez de temps à vous consacrer, d’autant plus qu’ils sont fatigués le soir en rentrant et ont encore beaucoup à faire. Qu’y pouvez vous?
    Si vous avez quelque chose à dire, peut être est il possible de le faire pendant le repas. Si c’est trop délicat et pas trop pressé, attendez le week-end. SI c’est très important et urgent, il ne faut pas hésiter à leur dire . Ils vous écouteront. Mais n’usez pas du procédé pour des broutilles, sinon ils ne vous croiront plus quand ce sera grave.
    Vos parents ont été éduqués 25 à 30 ans avant vous; la façon d’éduquer, les moeurs, l’environnement étaient très différents à leur époque et leurs “références” ne sont pas les mêmes que les vôtres.
    Certes ils devraient essayer de vous comprendre; mais il faut faire chacun un pas. Alors demandez leur de vous raconter leur jeunesse. D’abord cela vous fera rigoler, (c’est ce qui se passe quand je raconte la mienne à mes petits-enfants, qui se demandent si je n’ai pas vécu sous Charlemengne.), Alors, peut être comprendrez vous un peu pourquoi vos parents ont du mal à suivre votre vie.
     Vos parents ont des préoccuparitions, des soucis d’adultes; ce ne sont pas les mêmes que les vôtres. Ils ne pourront pas comprendre vos problèmes à la lumière des leurs et ne s’apercevront de rien si vous ne dites rien.
    Si vous avez des soucis réels, ce n’est pas en faisant la gueule ou le boudin que vous attirerez leur attention. Mais il ne faut pas vous mettre dans la tête que ce sera plus efficace en essayant de faire des bêtises. Malheureusement cela ne résoudra pas non plus vos problèmes et en créera beaucoup d’autres encore.
    
    Réfléchisser à ce que sont vos vrais problèmes, essayez de vous les expliquer le plus clairement possible, afin de pouvoir en raconter l’essentiel à vos parents en leur montrant que c’est vraiment important pour vous.
Beaucoup de problèmes d’’ados paraissent futiles aux parents qui n’ont pas le même genre de préoccupations, alors qu’ils sont importants pour vous.
    A l’inverse vos parents, encore plus aujourd’hui qu’hier, ont tendance à vous prendre pour des adultes et à vous laisser des responsabilités et des choix d’adultes. Cela vous fait probablement plaisir et vous aimez peut-être cela, mais vous n’avez ni la maturité d’esprit, ni encore l’expérience de la vie qui permettent d’être sûr de ses choix.
    Dans les dix ans qui vont venir, vous ferez peu à peu l’apprentissage des techniques de décision, de la maîtrise des sentiments, et vous aurez cette confiance en vous qui vous manque actuellement. Ce manque de confiance vous stresse lorsque vous avez à vous comporter comme un adulte.
    C’est probablement pour cela que vous me demandez souvent de vous aider et que vous acceptez mes conseils sans m’envoyer sur les roses
    L’une d’entre vous m’écrivait, dans un moment d’indignation et de révolte (elle se reconnaîtra!) : “je suis contente de discuter avec toi car tu es moins con que mes camarades et moins chiant que mes parents !!!”.
    J’avoue que cela m’a d’abord fait sourire, puis cela m’a presque fait plaisir, mais j’aurais préféré que ce soit dit de façon plus académique. On ne peut pas tout avoir, même quand on est vieux !
    Mais au fond ce n’était pas si drôle que cela. C’était la marque même de ce problème de difficulté de communication entre les personnes.


Samedi 30 mai 2009 à 10:09

Adolescence

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     Ces derniers temps, certaines de mes correspondantes, surtout celles qui sont les plus jeunes, (13 -15 ans), ont des moments de révolte contre leurs parents qui “s’opposent à tous leurs désirs”.
    C’est sans doute qu’à la fin de l’année scolaire vous êtes fatiguées, et puis je ne m’inquiète pas trop, il y a toujours une marge entre ce que l’on dit et ce que l’on fait et je sais bien que l’adolescence est une période où la personnalité se forme et où les générations s’opposent, et souvent ne se comprennent pas.

    L’adolescence, quand j’étais jeune, commençait à 16 ans (sauf peut-être pour quelques uns en avance dans leurs études). Aujourd’hui elle commence à 13 ans. Vous vous croyez des adultes, car vous aspirez à l’être, ce qui est normal..
    Vous avez effectivement une autonomie beaucoup plus grande que ce que nous avions autrefois; vous avez des moyens de communication incomparables (nous n’avions que notre voix et nos jambes dans les années 50 !). Vous avez des responsabilités électives, vous menez des revendicatons et organisez des manifs, certains s’intéressent à la politique.
    Vous découvrez l’amour très jeune (ou du moins ce que vous croyez être l’amour; quand j’avais 16 ans, nous nous regardions dans les yeux et nous osions à peine nous embrasser. Je vous vois rigoler!).
    Vous faites là des expériences enrichissantes, mais elles sont souvent stressantes, même pour les adultes. Je reparlerai de cela dans un autre article. Et vous n’avez pas la résistance psychique d’un adulte. De plus c’est la période de la puberté où les transformations psychiques et physiologiques (surtout chez les filles; chez les garçons, cela vient plus tard et c’est moins spectaculaire), apportent un bouleversement qui accroit ce stress, et exacerbe la sensibilité.
    Vous avez donc un risque beaucoup plus grand qu’un adulte (ou que moi, lorsque j’étais jeune), de vous trouver dans des situations où vous vous verrez débordés par vos problèmes. Cela beaucoup de parents n’en sont pas conscients, parce qu’ils imaginent que cela se passe comme dans leur enfance et que leurs enfants ont la même résistance qu’eux face aux problèmes qui ne valent pas la peine d’en faire un fromage.
    Raison de plus pour tirer la sonnette d’alarme assez tôt pour qu’ils aient le temps de s’apercevoir de votre désarroi et de vous expliquer que vous paniquez pour des faux problèmes, ou pour des ennuis mineurs.

    La force d’un adulte (enfin pas toujours), c’est de savoir n’être triste que pour de vraies peines et de ne pas perdre sa santé sur des problèmes qui ne valent pas la peine qu’on s’y arrête.
    L’adolescence est une période de révolte contre l’autorité des parents. C’est normal, notamment chez les filles entre 13 et 16 ans et les garçons de 15 à 18. C’est la nymphe qui veut sortir de sa chrysalide, le bébé qui veut couper le cordon ombilical, le bateau qui cherche à couper les amarres pour voguer à l’aventure.
    Pourtant la liberté totale est un rêve une utopie: on croit cela magnifique de partir à l’aventure (à condition d’emmener télé, téléphone, ordinateur, chaine HiFi.... comme Robinson Crusöe et bien sûr d’avoir l’argent nécessaire pour subvenir à ses besoins)!).
    Vous verrez que plus tard, quand vous serez vraiment libres et complètement autonomes, vous trouverez qu’après tout, ce n’était pas si mal que cela de vivre chez papa et maman.

    Face à cela, que font vos parents? Certains lâchent la bride en croyant que cela sera votre bonheur, en répétant qu’ils ont confiance en votre sagesse, et vous faites un peu n’importe quoi!  Vous vous sentez certes libres, mais complètement abandonnés pour prendre certaines décisions notamment sentimentales.
    D'autres au contraire, resserrent la vis, pour vous éviter de faire des bêtises, ou vous surveillent (qui fréquentez vous, qu’écoutez vous, que faites vous sur internet, qu’achetez vous, à qui téléphonez vous, qu’est ce que vous fumez, qu’est ce que vous buvez,????...) et cela vous exaspère. Je le comprend, c’est agaçant, mais ils le font parce qu’ils vous aiment, ont peur pour vous et veulent vous protéger.
    Comment éviter ces écueils. Certains parents d’abord sont dans un juste milieu et cela se passe bien. Mais vous de votre coté : essayez d’inspirer confiance à vos parents, et une vraie confiance, pas celle qui repose sur des mensonges et des cachotteries.
    S'ils sont sûrs que vous ne fumerez jamais de drogue, que vous ne conduirez pas une voiture après avoir bu de l’alcool, que vous ne suivrez pas n’importe qui, que vous n’irez pas sur n’importe quel site sur internet, ils vous tracasseront beaucoup moins, mais à condition de ne pas les tromper, sinon adieu la confiance et là les tracasseries seront justifiées : un contrat est un contrat, il faut en respecter les clauses (les deux partties qui l’ont conclu moralement, vos parents et vous).
  Encore faut il que le contrat soit clair et précis et pour cela le dialogue est nécessaire. J'en parlerai dans un prochain article, ainsi que des risques que vous prenez le plus souvent inconsciemment.

Vendredi 3 avril 2009 à 8:34

Adolescence

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    Beaucoup d’ados (surtout ceux de 15/16 ans) qui m’écrivent, se plaignent que leurs parents ne s’aperçoivent pas de leur âge et les surveillent comme s’ils étaient des enfants. D’autres au contraire, croient que leurs parents les abandonnent. Quelques uns, pourtant d’un âge adulte, ne veulent pas quitter le giron des parents.
    Quand sortons nous du cocon familial ?

     Je ne crois pas que ce soit une question d’âge, mais plutôt d’état d’esprit, de moyens matériels et évidemment de l’éducation que l’on reçoit et enfin également, d'environnement.
    Je pense qu’on ne peut être vraiment indépendant que lorsqu’on est capable de mener sa vie seul, sans avoir ses parents derrière soi. Cela ne veut pas dire qu’on ne les aime plus et qu’on ne demande plus leur avis, mais qu’on est “responsable de sa destinée”.
     Il faut d’abord l’être matériellement et donc gagner sa vie, sinon on n’est pas responsable : on a une mentalité d’assisté !!!
    Ceci peut donc intervenir à un âge très différent selon les cas et notamment les études que l’on fait..

    Encore faut il être capable de prendre des décisions et d’en assumer les conséquences.
    Cela demande d’analyser et de prévoir les événements, de définir ses actes et de tenir compte de leurs répercussions futures sur ce qui nous entoure et notamment sur les autres êtres humains : parents, ami(es), petit(e) ami(e), camarades.
    Les neurobiologistes nous disent que c’est le cerveau préfrontal qui nous permet de prévoir les conséquences de nos actes, et que ses centres ont besoin d’une certaine “expérience de la vie” pour se former et qu’il n’est vraiment mature , en général qu’entre 20 et 25 ans. Il y a donc une limite basse physiologique à notre sortie de l’adolescence et notre entrée dans la vie d’adulte.

     La connaissance et l’acceptation des règles de la vie en société est aussi une condition impérative pour avoir notre indépendance.
     Il est certain que l’éducation que l’on a reçue et l’attitude des parents est une chose primordiale, pour faire cet apprentissage de la vie.
    Des parents qui couvent leur enfant et qui ne veulent pas se résigner à voir “l’oiseau s’envoler du nid” et à le laisser vivre sa vie sans décider tout à sa place, ne lui facilitent pas la tâche et risquent de l’étouffer ou de l’acculer dans l’égoîsme.    
    Mais à l’inverse, il ne me parait pas raisonnable de vous traiter dès le début de l’adolescence en adultes (que vous n’êtes pas) et de vous laisser la bride sur le cou, sans règles et sans surveillance et assistance.
    La transition doit être progressive.
    Dans l’entreprise où je travaillais, lorsqu’un jeune ingénieur arrivait, (22 à 25 ans), on désignait, outre son chef de service, un ingénieur “référent” qui était son “ange gardien”, chargé de l’aider, mais aussi de lui montrer les règles à suivre, les méthodes à utiliser, les erreurs à ne pas commettre.
    Votre référent à vous, ados, ce sont en général vos parents, aidés éventuellement des grands parents et dans certains cas, vos professeurs. .......
   
    Alors quelle peut être votre “liberté” à 15 ou 16 ans ? .
    Je n’ai pas eu de doléances de garçons; sont ils moins moins surveillés, s’accomodent ils mieux de cette surveillance, les parents considèrent ils que le monde est moins dangereux pour eux ? Je ne puis le dire.
    Je sais bien que les filles sont mures pus tôt que les garçons, c’est peut être pour cela qu’elles veulent décider de leur vie.
    Je remarque toutefois que paradoxalement, celles qui se plaignent le plus d’être brimées, sont celles auxquelles on passe tous leurs caprices, qui ont matériellement tout ce qu’elles désirent et auxquelles on laisse même une grande liberté de sortir.
    Cela ne m’a pas étonné, quand tous ses désirs sont satisfaits, le plaisir s’émousse et la moindre contrariété prend l’allure d’une brimade catastrophique.

    Je comprend que sur certains points vous souhaitiez participer aux décisions vous concernant : votre orientation scolaire, le choix de vos ami(e)s, les sports et activités qui vous intéressent, et que par ailleurs on ne vous traite plus comme un enfant, mais que l’on respecte votre “liberté d’opinion et d’expression”.        
    Mais à l’inverse, vous n’avez pas encore l’expérience de la vie, et, sauf exception, vos parents sont à même de vous guider dans ces choix et de vous en montrer les avantages et les inconvénientsavant que vous ne preniez en définitive une décision. D'ailleurs quand vous me consultez c’est ce que je me contente de faire : vous montrer certains aspects possibles de vos actes et vous m’écoutez en général avant de décider.
   
    Enfin et surtout, je trouve que beaucoup d’exemples que vous me citez sont puérils.
    Quand vous me parlez d’un conflit énorme pour le choix de la couleur d’une robe ou une différence de une demi heure sur l’heure de rentrée d’une sortie (souvent à la limite des heures d’arrêt des transports en commun), je crois quand même que vous devriez réserver vos efforts d’obtention de votre liberté de choix, pour des causes qui en valent la peine.
    Etre adulte, c’est aussi faire la part des choses et réserver son énergie pour les actions qui aboutissent à un résultat important, à une satisfaction notable, à un choix déterminant pour le futur, sans la gaspiller pour des broutilles.
    En vous opposant à vos parents pour des futilités, vous les renforcez dans l’idée que vous êtes encore une enfant irresponsable.

Samedi 21 mars 2009 à 11:18

Adolescence

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    Presque tous ceux qui m’écrivent sont privilégiés sur le plan matériel et ont presque tout ce qu’ils désirent. Et pour la plupart d’entre vous, vos parents vous aiment et, d’après vos dires, paraissent “supportables” !
    Je suis toujours étonné que par contre, vous supportiez aussi mal les frustrations quotidiennes : vulnérabilité devant la “vie” en général, difficulté à accepter les contradictions de toutes sortes, les critiques des copains des parents et des profs, les contraintes de temps, les interdits concernant les sorties ou certains achats, refus de la moindre contrariété et des petits différents avec les copains et copines
    Sans parler d’une inadaptation aux horaires et rythmes de vie, d’une alimentation à la demande et souvent anarchique, d’une recherche incessante de relations et d’activités, du refus de l’ennui (pourtant pour devenir créatif, il faut s’ennuyer un peu; je crais que vous ne tuiez ainsi votre imagination !).

    Que vous recherchiez les bienfaits d’une vie matérielle aisée, puisque cela vous est possible, je comprends. Par contre que vous vous opposiez fréquemment et parfois systématiquement à l’autorité des parents, aux demandes de vos professeurs, aux idées de vos camarades, que vous n’hésitiez pas à affermir “votre pouvoir” par le conflit systématique, la comédie, voire le chantage et la menace, me parait vraiment une attitude peu compréhensible.
    Je ne parle pas des petites disputes, confrontations , oppositions typiques des conflits de génération et des ados qui cherchent à sortir de leur cocon et ont du mal à distendre, peu à peu, raisonnablement, le lien avec leurs parents ou des malentendus et disputes inévitables entre copains.
    Votre attitude me parait souvent disproportionnée par rapport à cela et j’en cherche la raison.

    Je pense à la phrase célèbre des droits de l’homme “la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres” et je me demande si l’autorité parentale n’a pas été fragilisée et si l’éducation qui devrait être donnée aux enfants par les parents, n’a pas dans bien des cas, de grandes failles.
    Certes lbeaucoup de psychologues reconnaissent dans l’agressivité des enfants, le refus de la frustration face à la “réalité”, mais ils en tirent ensuite des conclusions et recommandations qui déresponsabilisent les parents.
    Ils ont institué une croyance selon laquelle les réprimandes et les contraintes apportées par des “règles” seraient interdites, sinon l’enfant ou l’ado aura des problèmes psychologiques, via une opération de refoulement.
    On est très étonné quand on compare au texte initial de l’auteur, les propos qu’ils attribuent à madame Dolto, la “Freud française de notre époque”. Jamais madame Dolto n’a prôné l’absence de règles, recommandation dont on lui attribue la maternité.
    Ce qu’a dit Françoise Dolto, c’est que la crise normale de l’adolescence qui  n’a pas su s’exprimer, du fait d’une problématique compliquée (et non du fait d’une permissivité éducative), risque de jeter l’ado dans des difficultés plus lourdes, vers la souffrance, voire vers des conséquences extrèmes : l’alcoolisme, la toxicomanie, la délinquance ou le suicide. Elle a au contraire montré que le très jeune enfant avait besoin de limites et ne devait pas se trouver sans repères.

    Il me semble que dans cette crise de l’adolescence, soit  vous arrivez à intégrer la réalité de la vie, de l’univers et vous vivrez - ou ne vivrez pas - une crise  passagère d’opposition et de singularité salutaire, pour vous affirmer en tant qu’individu et s’émanciper en tant qu’adulte, soit vous ne sortez pas de votre monde de rêve et vous n’y intégrez que le principe de votre plaisir, et vous vous enfermerez alors, dans un refus de la réalité de plus en plus grave, car vous serez bien obligés de vivre en tant qu’adulte dans le monde réel.

    Mais je crois qu’il faudrait aussi que les parents s’en remettent moins aux théories de la frustration, soient plus réalistes,  vous aident à découvrir cette réalité, et vous imposent des règles, un contrat clair, qu’ils vous les expliquent pour obtenir leur acceptation, et qu’ils les respectent ensuite eux mêmes, de la même façon qu’ils exigent de vous leur respect.
    Je crois que parents comme professeurs devraient essayer de comprendre mieux les jeunes et ne pas poser à priori le principe qu’un ado est en crise et est systématiquement contre tout, lorsqu’il manifeste une réticence à faire une action qui le gêne psychologiquement.
   
    Un effort important et mutuel de communication me paraît indispensable, car il semble que, alors que les moyens techniques de communication ont centuplé en vingt ans, la compréhension entre parents et enfants s’est plutôt détériorée.
C’est vrai aussi pour les professeurs et leurs élèves.
    Et bien sûr rien ne peut se faire si on ne se montre pas récirpoquement notre intérêt, notre attention, notre amour.

    J’aimerais connaître votre réaction, face à ce réquisitoire peut être un peu sévère. Je ne dis d’ailleurs pas que vous êtes tous comme cela. Je connais des jeunes qui acceptent les contraintes de la vie - et souvent d’une vie très studieuse - et qui ne s’en portent pas plus mal et semblent malgré tout heureux. Mais je pense qu’un petit effort mutuel des jeunes pour sortir de leur bulle et des adultes pour les comprendre, pourrait grandement diminuer le nombre de cas de tristesse que je rencontre.




Samedi 11 octobre 2008 à 9:36

Adolescence



    Des parents me demandent  comment agir face à des enfants impulsifs, comment j'agis avec des correspondant(e)s qui ont une telle personnalité et comment corriger une trop grande impulsivité.

    Des correspondantes me posent aussi cette question : comment réfréner son impulsivité.?
    Je vais donc essayer de répondre à ces demandes.

    Certaines attitudes sont nécessaires qu'il s'agisse d'impulsivité ou d'un autre problème :
    Un adolescent est un enfant en train de devenir adulte.
    Il a encore les mêmes besoins qu'un enfant : être aimé, écouté, rassuré, quelquefois grondé mais aussi encouragé, conseillé.
    Quelque soit le problème avec mes correspondant(e)s je les écoute, je les prends au sérieux et je leur fais confiance; leurs problèmes m'intéressent et j'essaie de les conseiller mais je ne les juge pas. J'évite de ne voir que les côtés négatifs, je valorise plutôt les gestes positifs.
Finalement la confiance s'installe, on m'appelle papynet, et la discussion peut avoir lieu sans réticences.
    Créer un climat d'écoute, d'attention, de confiance et d'affection est toujours essentiel.

    Venons en à l'impulsivité.

    Il y a d'abord des actions très générales qui peuvent inciter à diminuer l'impulsivité d'enfants dont on a la charge :
        - Réagir rapidement avant qu'il adopte un comportement hostile que ce soit par un geste, un signe verbal ou non-verbal.
        - L'aider à développer sa personnalité, sa volonté et surtout l'estime et la confiance en soi.
        - Développer les idées de non-violence; montrer les risques de conduites impulsives.
        - Renforcer les comportements amicaux, de coopération et d'entraide dès qu'ils se manifestent.
        - Forcer les jeunes à régler leurs conflits ensembles et à trouver des solutions (tout en surveillant comment cela se passe pour éviter que cela ne dégénère).
        - Prévoir un coin sécuritaire et reposant où l'enfant pourra se retirer pour se sentir rassuré et aussi pour réfléchir sur ses gestes ou ses paroles;(sa chambre par exemple).

    On peut ensuite aider l'ado à traiter son impulsivité et son agressivité. On peut aussi , si on est un grand ado, s'améliorer soi-même :

    Il faut d'abord essayer d'avoir un  tempérament plus calme et des actions très générales y contribuent :
    Pratiquer des activités de relaxation peut être très efficace. Cela détend le corps mais aussi l'esprit. Quand j'étais un jeune adulte, je me crispais facilement et j'avais du mal à me détendre et lors de la naissance de mon premier enfant, j'ai  accompagné ma femme aux cours d'accouchement sans douleur et cela m'a en partie appris à me relaxer.
    Penser à ses désirs et travailler à réaliser ses rêves. Enfant, quand je commençais à m'énerver, ma grand-mère me disait “essaie donc de rêver un peu à ce qui te plairait de faire”.
    Gardez en tête les choses que vous aimeriez réaliser, les projets que vous aimeriez mettre sur pied. Apprenez à vous organiser en fonction de vos objectifs. Vous canaliserez ainsi votre énergie vers un objectif réfléchi.
    Faites vous plaisir : Changez-vous les idées en pratiquant des activités que vous aimez. Respectez vos limites au travail et n'oubliez pas de prendre soin de vous. Accordez-vous des pauses et des petits plaisirs, même en période d'activités intense. Ceux-ci sont nécessaires pour votre bien-être et pour votre équilibre !
    Banissez de votre esprit les expressions trop manichéennes : certaines idées viennent systématiquement à l'esprit lors de situations irritantes et empêchent de bien voir la réalité. Pour ne pas laisser vos émotions négatives vous dominer, commencez par proscrire de votre vocabulaire intérieur par exemple des mots tels que « toujours » et « jamais », ce qui ramènera les choses à leurs justes proportions.
    Prenez des risques avec philosophie : apprenez à accepter le risque de réussir ! Les échecs font partie de la vie. Il s'agit de savoir en tirer les leçons qui s'imposent pour construire votre avenir et ensuite de tourner la page. Affrontez les difficultés avec philosophie et voyez les différentes étapes de votre vie comme des expériences enrichissantes à vivre plutôt que comme des obstacles stressants à affronter.
    Développez votre patience; entraînez vous à faire des tâches délicates et un peu fastidieuses qui demandent du soin et de l'attention.

    On peut ensuite traiter l'impulsivité de façon générale :

    Déterminer les sources de ses réactions impulsives : Qu'est-ce qui provoque ces réactions ? La peur, l'insécurité, le stress, votre manque de confiance ou tout simplement unpetit ennui ? Dans quel genre de situation êtes-vous généralement le plus souvent à fleur de peau ?
    Devant ces situations, reprenez votre souffle et pesez le pour et le contre avant d'agir et de réagir: prendre un peu de temps pour réfléchir avant d'agir est une excellente façon de rester calme.
    S'habituer à sentir ses émotions et à les traduire en mots (le langage est le support de la pensée réfléchie) sans réaction impulsive, avant d'éclater et de se désorganiser. Anticiper les circonstances et les contextes où l'on a tendance à être impulsif. Reconnaitre les signes avant-coureurs de l'impulsivité : envie de passer immédiatement à l'action, observation désordonnée et superficielle, besoin d'aller vite, sentiment d'être pressé...
    Revenir à la raison : l'impulsivité c'est la bride laché au cerveau émotionnel(les amygdales notamment), par le cortex qui ne réfléchit pus assez et ne contrôle plus les décisions et les .actions.
    Il faut donc essayer de mettre de coté un instat ses émotions et de rendre l'initiative à la réflexion en examinant la situation comme si on lui était extérieure, en observateur.
    Essayer de se concentrer : en général dans un comportement impulsif, les pensées se bousculent et on a une attitude distraite. En fait il faut essayer de se concentrer sur le problème, de l'analyser, de réfléchir aux solutions et de ne pas agir immédiatement, mais de remettre la décision à la fin d'une analyse plus sérieuse de la situation.
    C'est difficile pour les gens de préférence cérébrale “J” qui veulent décider et agir rapidement mais également pour les gens de préférence antagoniste “P”qui n'ont pas l'habitude d'agir sur les événements mais de s'y adapter.
    Essayer d'évaluer objectivement les risques de ses actions avant de les entreprendre :      cela retarde la réaction et éviterait les impulsions qui risquent d'avoir des conséquences néfastes.
    Préférer le contact direct aux discussions virtuelles (mail; MSN, téléphone) dans le cas de discussion difficile : j'ai trop souvent été témoins de ruptures par téléphone ou MSN, par lâcheté (peur d'être en face de l'autre) ou par culpabilité.vis à vis de l'autre.
    Le manque de retenue dans les communications - les propos offensants, embarrassants ou carrément grossiers - sont plus fréquents dans les communications en ligne que dans les communications en face à face.
Les psychologues expliquent ceci par une certaine “desinhibition, due entre autres à l'anonymat d'un pseudonyme, l'invisibilité aux autres; le délai entre l'envoi du message et la réception de la réponse; le fait d'être seul(e) à son clavier et le manque de responsable de l'autorité en ligne.
   
    Et enfin on peut traiter les “crises” elles-mêmes.

    Mais je m'aperçois que j'ai été très long et que ces recettes (certaines venant de ma grand- mère !) risquent d'allonger encore mon article. Alors ces interventions dans l'urgence, des conseils et des “recettes” pratiques pour se maîtriser, je les remets à demain dans mon prochain article.


   

Mercredi 8 octobre 2008 à 14:25

Adolescence


    Une de mes correspondantes “welcometomymind” a écrit à propos de mon article sur l'impulsivité :

“...Je trouve que la composante Urgence serait à nuancer. Je ne pense pas qu'elle soit incompatible avec un l'anticipation et la projection dans le futur. J'ai presque envie de dire "au contraire" si l'on considère que le mot "urgence" porte aussi en lui une idée, outre celle de la rapidité, d'importance. Et justement les professions où l'on doit prendre des décisions urgente (importante + rapide) ne le font pas avec moins d'anticipation mais, avec l'entrainement, de plus en plus rapidement. ...”

    Je suis d'accord avec elle, le mot “urgence” est sans doute mal choisi, mais je partais de l'étude de Joel Billieux qui utilise ce terme.
    Je pense qu'il ne faut pas confondre l'impulsivité, qui est un trait de personnalité et une action adaptée à des circonstances particulières.
    On a tous besoin parfois de réagir très rapidement face à un incident, une situation inattendus. Ce n'est pas être impulsif que de réagir ainsi exceptionnellement
en cas de nécessité, sous la pression des événements .
    D'ailleurs on ne le fait pas sans réfléchir et sous le coup d'une pulsion.
On réfléchit très rapidement en fonction des éléments de décision dont on dispose et de son expérience. On appelle cela “l'intuition”.

    Par ailleurs plusieurs correspondantes me demandent de préciser un peu les symptômes et les causes de l'impulsivité; je vais essayer de le faire dans cet article.
    Certaines d'entre elles et des parents me demandent aussi comment corriger une trop grande impulsivité, comment agir face à des enfants impulsifs et comment j'agis avec des correspondant(e)s qui ont une telle personnalité.
    J'essaierai de répondre à cela dans un prochain article car il me faut un petit temps de réflexion pour cela.

    Quel est  le comportement d'une personne impulsive, notamment un ado (lisez également mon article précédent); on peut avoir trois approche :

     D'abord au plan intellectuel , la personne
        - ne sait pas bien lorsqu'un problème se présente réfléchir à la situation et prévoir les conséquences de ses actes.
        - a tendance à suivre ses émotions qu'elle contrôle mal plutôt qu'un raisonnement et à répondre à partir de ses premières pulsions..
        - évalue mal le risque et a tendance à rechercher des émotions fortes.   
        - a du mal à se concentrer et à faire preuve de persévérance.

    Au niveau des actions normales la personne :
        - supporte mal que ses désirs ne soient pas vite satisfaits.
        - peut être hyperactive, avec un niveau d'activité excessif et perturbateur, par exemple un enfant rencontre de la difficulté à rester en classe dans les rangs ou devant son bureau et à attendre son tour dans les jeux.
        - se précipite souvent pour répondre aux questions sans attendre qu'on ait terminé de les poser.       
        - parle souvent trop, sans tenir compte des conventions sociales; Interrompt par exemple autrui, impose sa présence ou intervient sans raison dans les discussions ou les jeux des autre.
        - a du mal à respecter les règles, refuse souvent de répondre à une demande ou d'obéir et claque les portes.
        - elle a du mal à écouter, à se concentrer sur son travail ou sur une tâche fastidieuse, parce qu'elle est distraite par le moindre incident, ou par ses propres pensées et rêveries.
        - agit spontanément sans réfléchir aux conséquences et prend donc des risques excessifs notamment dans des “jeux” qui peuvent se révéler dangereux.
        - elle peut avoir deux types d'impulsions:  impulsion positive (acte pour sauver quelqu'un sans réfléchir du danger);
impulsion négative (violence).

    La personne peut même faire preuve de violence :
        - elle veut toujours avoir raison sans écouter l'autre
        - elle cherche la bataille facilement et peut faire des colères très violentes entraînant la destruction de beaucoup de choses, brutaliser et briser des objets.
        - elle peut même utiliser la violence physique.

    Quelles sont les causes de cette impulsivité (j'en ai déjà parlé dans l'article précédent) :

        - le manque de contrôle de ses émotions;
        - un niveau de tolérance faible.
        - une forte personnalité et vouloir l'affirmer envers et contre tous.
        - rechercher des sensations très forte.
        - un niveau de frustration élevé ou vivre dans un milieu relationnel perturbé.
        - l'influence de l'hérédité.
        - l'influence de l'éducation reçue, et notamment de l'exemple des parents eux mêmes impulsifs       
        - l'influence des médias (cinéma, télévision, jeux vidéos violents, vantant l'impulsivité comme une qualité qui permet la spontanéité, l'expression de ses émotions et la capacité de vivre celles-ci jusqu'à leur paroxysme).
        - revenir sur des situations du passé qui vous ont traumatisées par exemple une blessure d'enfance qui n'a jamais guérie.
        - éventuellement une alimentation inappropriée ou un manque de sommeil.

    Mais encore une fois l'impulsivité est une tendance normale des adolescents dont le cerveau subit des modifications profondes et donc il ne faut pas s'en alarmer, mais examiner comment l'atténuer.
    C'est ce que je me propose d'examiner dans le prochain article.

Lundi 6 octobre 2008 à 9:40

Adolescence



    J'ai lu une thèse de Joel Billieux sur l'impulsivité, qu'il a passée à l'université de Genève au service de psychopathologie et de neuropsychologie.

    Cette étude est intéressante car elle décortique les aspects de l'impulsivité et j'essaierai ensuite de la rattacher à l'usage du portable.

    L'impulsivité c'est le manque de patience lorsque l'on cherche à satisfaire un désir, à obtenir satisfaction, une tendance à agir selon ses pulsions et donc un faible contrôle de soi.
    Joel Billieux distingue quatre composantes de l'impulsivité :

    “L'urgence “, c'est avoir de fortes réactions face à une situation, lorsque la personne est en proie à une émotion forte positive ou négative, au risque d'avoir des réactions regrettables.
    Les personnes ayant une forte composante d'urgence réagissent sans prendre assez de recul sous le coup de l'émotion, et peuvent se mettre en colère, avoir des mots vifs pour une personne, faire des gestes regrettables.
    C'est probablement dû entre autres, à une forte activité des centres amygdaliens du cerveau et à une insuffisance de contrôle de ses réactions par les cortex frontaux et préfrontaux qui doivent inhiber les réactions exagérées.

    “Le manque d'anticipation” désigne le fait de ne pas savoir suffisamment prévoir les conséquences de ses actions avant de s'y engager. C'est une prédisposition à se focaliser sur le présent plutôt que sur l'avenir.
    C'est peut être le cas des personnes de préférence cérébrale de perception “sensitif” “S” mais c'est aussi celui de personnes dont le cortex préfrontal ne remplit pas suffisamment ce rôle de prévision.
    On se rappelle que les adolescents n'ont pas un cortex préfrontal arrivé à maturité.

    “Le manque de persévérance” est une difficulté à rester concentré sur une tâche éventuellement longue, difficile et fastidieuse. Elle serait liée à une faible capacité de la personne à résister à l'intrusion de pensées, images et souvenirs qui peuvent distraire la personne de sa tâche et en perturber le déroulement et la réalisation.
    C'est peut être le cas des personnes de préférence cérébrale de perception “global” “G” mais c'est aussi celui de personnes dont les centres du cortex et du cerveau émotionnel chargés de maintenir l'attention ne remplissent pas suffisamment leur rôle.
    La sérotonine est un neuromédiateur qui joue un rôle important dans ce domaine. On a vu que les adolescent, outre un cortex préfrontal non totalement mature, avaient des troubles de la sécrétion de sérotonine, (en partie dus à la puberté), ce qui rendait plus difficile leur concentration sur une tâche et qu'il fallait particulièrement les habituer à cet effort.
    En effet interrompre sa réflexion pour penser à ses amis, à un jeu, une soirée, une sortie... oblige à tout reprendre depuis le début et donc à perdre énormément de temps.


    Enfin la recheche de sensations fortes et la prise de risque est le quatrième facteur de l'impulsivité; c'est la tendance à apprécier et rechercher des activités excitantes et de nouvelles expériences.
    Dans un article précédent j'avais montré que au début de l'adolescence, le cerveau, considérant que la période d'apprentissage intensif de l'enfant était terminée, réduisait d'un tiers les connexions des centres de récompense et de sanction, dont le rôle est de déclencher un certain plaisir par la libération de dopamine, un neurotransmetteur très important.
    Dès lors l'adolescent a besoin de sensations plus fortes pour déclencher ces réactions de récompense et donc, comme par ailleurs son cerveau préfrontal ne maîtrise pas bien la prévision des conséquences de ses actes, il prend des risques inconsidérés.

    Que dire du rapprochement de ces quatre facettes de l'impulsivité, avec l'usage par les adolescents du téléphone portable ?
    D'abord on vient de le voir, les adolescents du fait de leur évolution cérébrale sont tous plus ou moins impulsifs et donc agissent dans l'urgence (et cela d'autant plus qu'ils ont la préférence cérébrale “P” d'adaptation aux événements); ils manquent d'anticipation et de persévérance et recherchent les sensations fortes.
    Bien entendu l'intensité de cette impulsivité dépend de leur personnalité (préférences cérébrales notamment), et du développement plus ou moins rapide de leur cerveau, sous l'effet notamment de l'éducation, de l'instruction et du vécu.
    L'impulsivité est un trait de comportement fréquent à l'adolescence; mais certains adolescents ne supportent aucune limite, ne supportent aucune frustration, et dès qu'ils éprouvent un certain désir ou besoin, ils doivent aussitôt le satisfaire ou l'accomplir.

    Un haut niveau “d'urgence” se traduit par un usage éventuellement regrettable du téléphone portable, des difficultés financières d'utilisation et un certain niveau de dépendance.
    Lorsque ces personnes sont  sous le coup d'une émotion, elles ne peuvent s'empêcher de se servir de leur portable pour parler immédiatement de cette situation, à chaud et sans recul suffisant, et le dialogue peut tourner mal (ce que je racontais dans mon article d'avant hier).
    Cela peut aussi arriver simplement pour répéter à son chéri “jtm”.
    Dès lors ne pouvoir se servir du portable représente une forte contrainte qui se traduit par un sentiment de dépendance et peut conduire à des utilisations dangereuses (au volant par exemple).
    L'envie irrésistible de téléphoner qui entraîne une utilisation intensive du téléphone portable, coûte cher financièrement !

    Le manque d'anticipation sur les conséquences des actes entraîne (associé au haut niveau d'urgence), l'utilisation du téléphone en des lieux et devant des personnes, qui apporte une gêne et peut entraîner dans certains cas des remontrances ou des sanctions. (utilisation en classe, dans une conférence, au cinéma, au volant, dans le métro)
    Je me souviens d'un voyage dans l'Eurostar où je n'entendais pas ce que me disait mon voisin de fauteuil en raison du niveau sonore de toutes les personnes qui téléphonaient.

    Les personnes qui ont de faibles niveaux de concentration font un usage immodéré du portable, tant en nombre de communications qu'en durée.
    La multiplication des pensées intrusives ramène à l'esprit une multitude de sujets de conversation, incitant à téléphoner et entraine à aborder de nouveaux thèmes de conversation, qui augmentent sa durée.

    La recherche de sensation peut être liée à l'utilisation dangereuse du téléphone (au volant ou en filmant des images... ). Mais elle peut aussi aggraver le sentiment de solitude et donc pousser à contacter d'autres personnes.

    Finalement on peut dire que certaines caractéristiques de la personnalité liées à l'impulsivité et à un manque de contrôle de soi, peuvent entraîner un usage du téléphone portable ayant des conséquences néfastes, sur soi même et sur les autres, notamment chez les adolescents dont le cerveau n'a pas atteint encore sa maturité.
    Mais je me pose aussi la question inverse : l'utilisation
du téléphone portable intensive et alors qu'on est trop jeune, ne perturbe t'elle pas le développement de la personnalité, habituant les jeunes à l'impulsivité et les empêchant d'acquérir un contrôle suffisant de soi, face aux émotions et aux pulsions.?
    De plus, en privilégiant la communication instantannée, le portable n'est il pas un handicap à la projection sur le futur et la planification des décisions et de l'action ?

Dimanche 5 octobre 2008 à 8:22

Adolescence



    L'article qui va suivre résume une étude d'un chercheur américain R. Ling, sur les usages en communication des ados, notamment téléphone et SMS.

    Un adolescent sans portable est aujourd'hui aussi difficile à trouver qu'une aiguille dans une meule de foin,
    Aucune tranche d'âge n'a intégré les téléphones portables aussi rapidement et complètement dans sa vie quotidienne que les « 12-19 ans ».
En 1998, huit pour cent seulement des adolescents possédaient un téléphone portable, alors qu'on estime le pourcentage actuel vers 98%.
    Toutes les classes sociales sont concernées. La possession d'un téléphone portable serait     même plus importante pour les garçons issus des classes modestes, qui y voient un certain prestige.
    À la différence des ordinateurs. les filles sont aussi attirées, voire davantage que les garçons. Aucun lien non plus avec le niveau d'éducation: il n'y a pas de différences entre les filières technologique et littéraires.

    Les fournisseurs de téléphones portables ne cessent de proposer de nouvelles fonctions et les jeunes recherchent l'innovation, mais le plus important reste de téléphoner et d'envoyer des SMS.
 La plupart des adolescents téléphonent chaque jour avec leur portable et envoient en moyenne neuf SMS entrants et sortants par jour. Bien souvent, les adultes s'étonnent de la dextérité avec laquelle les jeunes composent leurs messages : moi, vieux singe, il me faut 10 minutes pour écrire un SMS que je tape au clavier de l'ordinateur en 20 secondes.

    Quelles sont les conséquences de l'utilisation intense des téléphones portables dans la vie quotidienne, sur les relations et la personnalité des jeunes ?

    Le téléphone est un instrument d'organisation de son emploi du temps :
On peut arranger des rendez-vous avec ses amis de façon très flexible, sans avoir à fixer des rencontres longtemps à l'avance, le point de rencontre n'étant fixé qu'en cours de route et le téléphone permet de se retrouver si on a fait une erreur de lieu. Par ailleurs on peut tenir les parents au courant de ces changements d'emploi du temps inopinés (ce qu'ils n'apprécient pas toujours !!).
    Est ce un élément de liberté.? Les parents vous diront que oui, car ils pensent laisser plus libres les enfants puisqu'ils peuvent les toucher en permanence, mais mes correspondant(e)s me paraissent plutôt agacé(e)s par ces nombreux coups de fil de leurs parents pour savoir où ils (elles) se trouvent et considèrent que c'est “un fil virtuel à la patte”.
    En fait le téléphone portable abolit la frontière qui existait jusque là entre ce qui se passe à la maison et ce qui se passe au dehors, l'ado pouvant joindre de la maison ses copains à tout moment sans contrôle (et y passer beaucoup de temps au lieu de travailler !), et les parents pouvant essayer de contrôler où se trouve leur enfant, lorsqu'il est au dehors.

    Mais le téléphone portable constitue surtout plaque tournante des relations entre adolescents, à tel point que la possession d'un portable constitue le préalable indispensable pour appartenir à un groupe de copains. Les
propriétaires de portable choisissent leurs amis parmi d'autres propriétaires de portable.
    Le besoin de de communication est tel pour les adolescents, qu'Il faut être toujours joignable et répondre rapidement à tout SMS. Une enquête a montré qu'un délai de réponse de 15 à 30 minutes est considéré comme tout juste acceptable, et on téléphone à ses copains alors qu'on vient de les quitter.

    Est ce un besoin d'échanger des idées, de discuter de choses essentielles. En général non !
Je me souviens d'un jeune de ma famille qui téléphonait et disait à son copain : “ Je t'appelle parce que je n'ai rien à te dire.... ” !

    Le « papotage" aurait plutôt la fonction d'échanger émotions et amitié, quel que soit le sujet, partager le devenir et les soucis quotidiens de l'autre, ressentir et exprimer l'appartenance à un groupe.
    La mise en réseau permanente semble agir comme  un stimulant de l'humeur chez les jeunes et contribuerait à diminuer le sentiment de solitude et les doutes

    Cela dit, le téléphone portable n'est pas sans inconvénients.

    Ne pas supporter d'être solitaire, vouloir être en permanence extraverti même si ce n'est pas sa préférence cérébrale, n'est ce pas un handicap pour un développement harmonieux de sa personnalité ?

    La boulimie de communications téléphoniques et surtout de SMS amène parfois des complications avec les parents lorsque la facture de téléphone arrive.

    Je connais aussi des ados qui adorent téléphoner ou envoyer des sms le soir et l'attente de la réponse les empêche de dormir. Certains laissent leur téléphone allumé près de leur lit pour pouvoir répondre à toute heure.

    Il y a eu de nombreux abus dans l'usage de la possibilité de filmer avec un poratble pour ensuite publier le film sur internet, mais il s'agit là d'un problème différent.

    Finalement le portable est certainement un progrès s'il est bien employé, mais comme tout outil il peut entraîner des dérives et avoir des conséquences néfastes.
    Je pense que ce n'est un outil utile que si l'on évite (parents comme enfants) deux écueils : garder la maîtrise de soi et s'imposer des limites pour ne pas devenir dépendant du portable, exactement comme du jeu ou d'une drogue.

    C'est ce que je développerai dans mon prochain article sur l'impulsivité.

Samedi 27 septembre 2008 à 9:03

Adolescence



     Une de mes correspondantes qui n'a pas de blog m'a posé une question qui d'ailleurs pourrait vous intéresser, alors j'essaie de lui répondre ici.


      Commentaire de "Une fille qui se ^pose une question"  :
Je voudrais vous posez une question : Pourquoi chez certaines personnes l'adolescence (plus ou moins 15 ans) les change complètement (de la mauvais façon!) c'est à dire qu'il sont plus agressifs, qu'ils font la "gueule" sans raison à d'autres personnes (qui ne leur ont rien fait)
Est ce à cause des hormones? ou d'autre chose ?
Svp répondez moi
Cordialement :)

    C'est difficile de savoir où commence et où finit l'adolescence et c'est variable selon chacun : je dirai entre la classe de 6ème et le bac. On change vraiment quand on passe dans l'enseignement supérieur, peut être parce que l'espace de liberté change de format.

    Revenons à notre sujet  :  pourquoi certains adolescents sont ils ainsi mal dans leur peau, alors que d'autres restent presque zen ?
    Je vais d'abord donner quelques raisons générales qui concernent tous les adolescents, mais plus ou moins selon leur biologie et leur environnement familial.

    Je disais dans un de mes précédents articles que le très jeune enfant avait un sentiment de “toute puissance”, puis qu'il découvrait que les parents et l'univers ne lui obéissait pas et qu'il devait alors s'adapter. Il reste malgré tout très protégé car ses parents, ses puéricultrices et ses instituteurs s'occupent de lui “personnellement” et la plupart des enfants ont heureusement l'impression d'être entouré d'intérêt et d'amour.
    Et puis tout à coup une évolution brusque l'entrée au collège : c'est un autre monde, les copains changent, les profs sont multiple et n'ont pas le temps de s'occuper de chacun. Le travail change de nature, devient plus anonyme, avec des matières nouvelles. Les parents qui travaillent n'ont pas assez de temps non plus pour aider à cette évolution.
    Alors l'enfant se sent un peu mal aimé, abandonné, face à des difficultés d'autonomie qu'il n'a ni prévu ni souhaitées et il se referme un peu sur lui même.

    Mais il grandit au contact des autres et peu à peu voit le monde autour de lui sous un autre jour. La société de consommation actuelle, aidée par ses médias et par ses copains, lui donnent des tas de désirs qu'il ne peut satisfaire tous.
    Il n'a ni un cerveau suffisamment formé ni assez d'expérience et donc raisonne encore mal en face de la prévision de l'avenir et des décisions qu'il doit prendre, notamment quand il faut faire des choix (qui forcément éliminent des solutions souvent désirées). C'est ce que je développais dans un précédent article.
    Ces problèmes lui pourrissent un peu la vie, plus ou moins selon son caractère et cela d'autant plus que les relations entre les centres dits du plaisir (de sanction et de récompense) et le cortexpréfrontal ne sont pas arrivés à maturité et que donc le jeune a une mauvaise maîtrise de ses pulsions et désirs.
    De plus ces centres qui ont beaucoup participé jusque là, à l'apprentissage de l'enfant, sont moins sollicités et perdent au début de l'adolescence plus de 30 % de leurs neurones et connexions.

    Vient alors la puberté avec ses changements hormonaux, mais qui se répercutent sur le fonctionnement des neurotransmetteurs du cerveau.
En particulier elle entraine souvent des modifications des taux de sérotonine, qui agissent fortement sur la régulation de notre “humeur”.

    Par ailleurs je l'ai dit dans le précédent article, les centres qui assurent la motivation ne sont pas encore formés suffisamment, alors que les centres de la récompense sont en décroissance.
    L'ado est donc très peu motivé et il lui faut des pulsions fortes pour assurer cette motivation, alors que son évaluatioon des risques n'est pas encore mature.
    Il en résulte un certain nombre d'erreurs et de bêtises, qui évidemment entraînent des sanctions, qui n'influent pas favorablement sur un climat dégradé.

    Dernier point  négatif, alors que l'ado a du mal à trouver les ressources nécessaires à  une certaine autonomie, il y a tout à coup la nature qui le pousse vers cette “sortie du cocon familial” et il éprouve un besoin de liberté grandissant et supporte mal les contraintes (familiales scolaires et autres) qui s'opposent à cette émancipation, qu'il n'est d'ailleurs pas capable d'assurer (ne serait ce que financièrement).

    En résumé l'adolescence est un tournant important de la vie où on découvre avac angoisse qu'il va falloir peu à peu s'émanciper, puis où l'on désire cette liberté, mais où on n'en a ni les moyens intellectuels (cerveau pas totalement mature), ni l'expérience de la vie, ni les moyens matériels et notamment financiers.
    Par ailleurs les difficultés qu'il rencontre sur le plan de la prise de décision, du contrôle des pulsions et de l'absence de motivation compliquent singulièrement la vie de l'adolescent.
    La puberté vient en plus apporter des changements stressants, et perturber l'humeur, rendant l'adolescent d'une sensibilité et d'une susceptibilité à fleur de peau.
    Certes ces transformations et réactions sont différentes et d'ampleur plus ou moins grande selon les adolescents, mais l'éducation préalable qu'il a reçue auparavant et les réactions des parents, de la famille et des enseignants sont donc primordiales dans cette période et  vont en partie conditionner le devenir de cet adolescent.
    Ce sera le sujet d'un prochain article

Jeudi 8 mai 2008 à 8:26

Adolescence







      Je viens de trouver dans "Télérama" un extrait d'une lettre d'un lecteur sur "l'adolescence" aujourd'hui, sujet qui vous intéresse (et moi aussi !), description qui m'a fait sourire, même si je ne partage pas entièrement l'avis de l'auteur.
    Je ne résiste pas au plaisir de vous faire lire cet extrait, même si cela doit vous faire un peu grincer des dents !! J'espère que cela ne vous choquera pas !

"....Tout en mâchant son chewing-gum, il faisait ses devoirs avec un MP3 sur
les oreilles, tandis qu'un oeil restait braqué sur la télévision, l'autre surveillant
l'écran de l'ordinateur. De temps en temps, le portable buzzait et délivrait
ses SMS. Il n'avait encore rien dans le rectum, mais les fabricants de clés USB réfléchissaient à la question....."

    Je me demande si je vais encore acheter des clés USB ?


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lancien

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