Jeudi 14 mai 2015 à 8:22

Stress, dépression, médicaments

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      Quand j’ai débuté mon blog, j’avais surtout des jeunes comme lecteurs et lectrices. Ceux ci ont vieilli et certains sont encore mes correspondant(e)s. Puis des personnes déjà adultes ont également peu à peu lu mes articles.
    Je reçois donc aussi des messages de personnes qui ne sont plus dans le monde des études, mais dans celui du travail.
    Je peux comparer l’ambiance et les méthodes de management avec le temps où j’étais moi même dans une entreprise. Je parle donc là des gens au travail et non des chômeurs, dont les problèmes sont très différents.
    Alors comme aujourd'hui c'est la fête du travail et férié, je peux parler du travail en entreprise !
    Ce qui me frappe, c’est un climat beaucoup moins bon dans les entreprises moyennes ou grosses, surtout un stress beaucoup plus important, et des méthodes de management qui sont souvent assez contestables au niveau des relations humaines.
    Bien sûr cela ne touche pas toutes les entreprises, notamment les PME où, si le stress est encore présent, les relations humaines sont plus conviviales.
    Bien entendu, si on discute avec les dirigeants, c’est la faute de la crise et du travail précaire actuel, auquel est lié le risque de chômage.
    C’est en partie vrai, mais je crois que c’est loin d’expliquer ce malaise important dans sa totalité.

    A mon avis il y a une évolution des mentalités et des moyens de communication, auxquelles les entreprises se sont mal adaptées. J’ai eu la chance de faire partie d’une entreprise où il y avait dès 1987, beaucoup d’ordinateur, un intranet et une messagerie performante, et j’ai vu cette évolution à laquelle il a fallu s’adapter.
    Il me semble que beaucoup d’entreprises n’ont pas compris l’évolution, notamment de leurs cadres.
    Certes les entreprises ont modernisé leur système informatique, leurs cadres et même beaucoup de techniciens et d’employés ont un ordinateur et un téléphone portable et bénéficient d’un accès à internet dans certaines conditions, mais les méthodes de travail et de management n’ont pas suffisamment évolué.  Ces moyens sont essentiellement utilisés pour communiquer, pour donner des ordres, pour rendre compte, et elles aboutissent à une mise sous pression permanente, non seulement pendant le temps de travail, mais aussi en dehors de ce temps, et le stress qui en résulte est important.

    Certes la crise n’est pas étrangère aux malaises constatés.
    Les entreprises embauchent peu, font peser la menace d’un licenciement, d’une restructuration, elles sous-paient leurs salariés, même diplômés, et profitent abusivement des stagiaires, des contrats précaires et des sous-traitants individuels du type micro-entreprise, pour diminuer leur masse salariale, les charges sociales et augmenter leurs profits. Ce travail précaire lié au chômage et à l’exploitation des individus les plus faibles est certainement une source importante du malaise.
    Par ailleurs, toujours pour faire des économie et augmenter leurs bénéfices, les entreprises ont supprimé les manageurs de proximité : chefs d’équipes, vieux techniciens ou cadres anciens à l’expérience importante du métier et de l’entreprise.
    Il en résulte que des personnes plus jeunes ne sont pas encadrées, ne sont pas formées et se sentent abandonnées lorsqu’il y a un  problème qu’elles ne savent pas résoudre. Un savoir faire précieux a également été perdu.

            Mais la généralisation des techniques de communication a changé les esprits.
    La messagerie permet une diffusion beaucoup plus grande et systématique de l’information par rapport au courrier papier. L’information ne suit plus la voie hiérarchique.
    Les jeunes notamment cadres, conçoivent les relations de manière horizontale, et ils refusent l'autorité si celle-ci n'est pas une autorité de compétence. Ils sont souples dans leur organisation, apprécient les projets menés en équipe et font plus facilement un travail s’ils ont envie de faire, c’est à dire une motivation personnelle. Or l'entreprise est souvent verticale, rigide et structurée par des règles et des méthodologies. Elle encourage la performance individuelle et les motivations de résultats, comme celle de faire des efforts pour obtenir une meilleure rémunération.
    Les entreprises n’ont pas compris qu’il fallait faire évoluer le management, favoriser le travail en équipe et donner aux personnels les moyens de se réaliser dans leur métier et de progresser dans leurs capacités et compétences, en les formant mieux, en diversifiant les tâches, en les faisant participer aux décisions, en donnant du sens à leur travail, et en augmentant leur estime de soi.

    Le stress est intrinsèque à l’être humain. Il est même bénéfique qu’il y ait un peu de stress, et il appartient à chacun de maîtriser ses émotions.
    Mais il est quand même anormal que 54% des salariés et 60% des cadres, estiment avoir en entreprise un niveau de stress élevé,
    Le phénomène est particulièrement inquiétant dans un contexte économique difficile, qui connaît un taux de chômage très élevé et des restructurations d'entreprise incessantes et une étude récente révélait que 3 millions de salariés étaient au bord de la rupture psychologique, le fameux « burn out ».
    Et la France est considérée, comme l’un des pays les plus touchés par le stress. Les délais alors que l’on est en sous-effectif et que l’entreprise refuse d’embaucher, les restructurations, les emplois du temps surchargés, la compétition, la pression relationnelle, les conflits de pouvoir, la précarité, etc., sont autant de sources de stress, qu'il n'est pas toujours possible d'éviter ou d’éliminer, surtout si on ne s’en préoccupe pas..

Mercredi 13 mai 2015 à 8:38

Stress, dépression, médicaments

    Beaucoup de ceux qui m’écrivent me parlent de stress. En fait c’est un mot ambigu.
    Il y a le stress passager, qui ressemble à la peur, et le stress chronique, qui est de permanente.

    Le stress passager, la peur sont des réflexes utiles et salutaires.

     Si un danger vous menace, l’amygdale va réagir en créant une émotion qui est un sentiment de peur. Elle prépare le terrain en mettant en alerte l’hypothalamus et le locus coerouleus, qui se préparent à réagir sur l’organisme.
    L’amygdale prévient le patron, le cortex préfrontal, qui analyse la situation, aidé également par l’hippocampe, qui cherche des souvenirs analogues de danger (phase 1 du schéma). Si le cortex préfrontal estime le danger réel, il stimule le thalamus (phase 2), qui va mettre en action deux voies :
        - l’hypothalamus et l’hypophyse, qui est la voie hormonale (phase 3). L’hypophyse envoie une préhormone qui excite les glandes surrénales et celles ci sécrètent adrénaline et cortisol (un glucocorticoÏde) (phase 4).
        - le locus ceruleus  (phase 5), qui va agir sur le système nerveux autonome orthosympathique. Celui-ci (phase 6), accélère le cœur et libère de l’adrénaline et mobilise les poumons en accélérant la ventilation et contracte les viscères. (la « peur au ventre »).
    Les réserves de glucose sont mobilisées grâce au cortisol et les muscles prêts à agir, grâce à l’adrénaline.
    Force et réflexes sont temporairement augmentés.
    Le schéma ci dessous est emprunté à l’infographe Sylvie Dessert), mais je l’ai légèrement complété.

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    Une fois le danger passé, le cortisol libéré agit comme un frein et va freiner l’hypothalamus (phase 7) tandis que le système nerveux parasympathique va agir sur le locus ceruleus et le cœur en ralentissant rythme cardiaque, tension et respiration.
    Tout redevient normal dans l’organisme.
    Le stress a été un élément éventuellement salvateur, face au danger supposé.

    Il ne faut pas que cette action soit trop longue. Des expériences sur les animaux montrent que si le danger se prolonge, les actions précédentes excitatrices subsistent pour permettre la lutte et la fuite, qui deviennent prioritaires, d’autres actions étant inhibées à leur profit.
    Mais si l’excitation subsiste très longtemps, on arrive à une phase d’épuisement.
    Les rythmes cardiaque et respiratoire ralentissent et les muscles se relâchent. Le capacités de défense sont dépassée. L’épuisement peut aller jusqu’à la mort.
    Le stress a alors un effet négatif parce que prolongé.

    Dans le cas d’un stress chronique, celui ci peut avoir des causes diverses : le souvenir d’une agression physique, la peur permanente d’une agression psychologique dans le cas de la pression au travail en entreprise, un chagrin d’amour persistant, la crainte de l’avenir dans le cas d’un divorce….
    L’excitation des deux axes sympathique et de l’axe hormonal sont moindres que précédemment, mais persistent. Le stress devient chronique.
    Sur le plan physiologique, d’une part la mobilisation permanente du cœur et des artètes peut leur être nocive, d’autre part, la mobilisation du système corticoïde va perturber les autres systèmes hormonaux; on peut avoir alors des perturbations du système immunitaire, de la sécrétion d’insuline aboutissant au diabète, de l’absorption des graisses conduisant à la prise de poids et à l’obésité…
.
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    En ce qui concerne le cerveau la présence de cortisol perturbe divers circuits, notamment ceux de l’humeur et peut conduire à la dépression.
    De plus on a constaté chez des malades atteints d’une maladie qui augment en permanence la concentration de cortisol, que le volume de l’hippocampe (le professeur de la mémoire), diminuait avec l’augmentation de la concentration de cette hormone.
    On constate effectivement que les personnes ayant subi un long stress aboutissant à des dépressions, présentent des troubles de la mémoire.



    Un stress prolongé, même moindre que celui intervenant lors d’une peur passagère, peut avoir des conséquences catastrophiques pour l’organisme.
    Il est donc très important de remonter aux causes, pour essayer de les supprimer.

Mercredi 18 décembre 2013 à 8:30

Stress, dépression, médicaments


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    J’ai souvent constaté que lorsque nous sommes malades, cela augmente notre stress et nous sommes de mauvaise humeur.
    Il y a très souvent une corrélation entre notre état physique et notre état mental, soit que certaines évolutions chimiques influent sur notre  psychisme, soit évidemment que nous ayons un début de maladie physiologique.
    Par exemple, très souvent les variations de progestérone et d’oestrogènes du cycle féminin influent sur l’humeur, de même que la baisse du taux de testostérone chez l’homme entre 40 et 50 ans.
    Tristesse et léthargie peuvent résulter de déséquilibres hormonaux ou de carences nutritionnelles. De l’anxiété peut résulter d'allergies ou d'une hyperactivité de la glande thyroïde. Un manque d'eau ou de fer peuvent interférer avec les capacités d'apprentissage, de mémorisation et de planification.
    Les inflammations qui accompagnent les infections et les maladies chroniques peuvent déclencher des dépressions.
    Et surtout on néglige beaucoup trop l’influence d’une mauvaise nutrition soit qu’elle soit déséquilibrée en qualité ou en temps, soit pire qu’elle soit insuffisante - sans parler d’anorexie -, qui prive le cerveau des protéines dont il aurait besoin, de certaines vitamines ou des globules rouges et du fer dont dépend son alimentation en oxygène.
    Les médecins oublient souvent d’interroger leurs patients sur leurs symptômes psychologiques, et les psychologues ou les psychiatres traitent les troubles mentaux sans
rechercher d'éventuelles causes physiques.
    Pourtant Descartes (voir ses paroles en haut de mon blog) avait commencé à soupçonner, ce qui était très rare à l’époque, l’interdépendance du corps et de l’esprit.
    Il est vrai qu’actuellement, on ne sait pas mesurer la situation du cerveau en matière de neurotransmetteurs et doser des concentrations (et donc des anomalies) de certains transmetteurs très importants : dopamine, adrénaline, acétylcholine, sérotonine, Gaba, glutamate …
    Le jour où les psychiatre auront cet outils à leur disposition, ils seront beaucoup plus sûrs de leur diagnostic et du programme de soins ou de médicaments à administrer.

    Même des maladies bénignes, tel un rhume peut agir sur notre moral.
    D’abord nous pouvons avoir mal - à la gorge par exemple - ou être très gênés dans notre respiration et mal dormir du fait deus « nez bouché ».
    Nous sommes fatigués parce que le cerveau réduit de façon automatique et inconsciente l’activité physique pour mieux lutter contre la maladie, et cela nous incite à l’isolement et la solitude.
    Et si, bien qu’en apparence guéri, l’infection subsiste de façon bénigne, le système immunitaire reste actif, et son activation permanent engendre souvent mauvaise humeur et angoisse.
   
    Et même si l’on est en apparence, en bonne santé, des déficit qui peuvent être ignorés diminuent nos performances cérébrales.
    Des études ont été faites pour comparer des groupes, notamment de femmes, qui présentaient des carences en vitamine ou en fer, à des groupes normaux, de niveau intellectuel voisin et les performances de ces personnes souffrant de carences étaient nettement inférieures, et d’autre part, leur moral était moins bon.
    Ce n’est pas étonnant, le fer est essentiel à l’hémoglobine, qui alimente en oxygène les cellules et notamment celles de notre cerveau.
    Une carence encore plus ignorée, si j’en crois mes correspondantes : celle en eau. On ne boit jamais assez d’eau.
    Outre le fonctionnement des reins et l’épuration de notre corps de tous les produits nocifs qu’ils éliminent, ainsi que la prolifération des allergies qu’il peut entraîner, le manque d’eau perturbe le fonctionnement des cellules cérébrales et aussi celui des glandes hormonales. Un fonctionnement anormal de l’hypophyse et de la thyroïde peut entrainer de très nombreux mécanismes perturbateurs, à commencer par un mauvais fonctionnement des glandes surrénales, qui produisent en particulier le cortisol, l’hormone qui nous aide à lutter contre le stress.

    Quand nous avons réellement une certaine souffrance, un certain mal-être, alors que nos problèmes réels ne sont pas cruciaux, il faut se demander si on est en bonne santé et ne pas hésiter à aller voir le médecin, son généraliste et pas son psychiatre.

Mardi 6 août 2013 à 8:02

Stress, dépression, médicaments

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            J'ai eu l'occasion de correspondre avec un certain nombre de jeunes qui souffraient de dépression.
            Elles m'ont souvent dit que leur entourage les considérait comme des "faibles, manquant de volonté". C'est effectivement un cliché très répandu, mais faux.
            Cela vient peut être qu'un certain nombre de personne stressées se croit en dépression alors qu'ils ne le sont pas et qu'évidemment, cela rend sceptique vis à vis de personnes qui le sont vraiment. On accuse les vrais déprimés de "faux semblant" et leur entourage est souvent persuadé qu'il suffirait qu'ils se prennent en charge, pour que tout rentre dans l'ordre.
            C'est vrai que la dépression est une maladie particulière.
            Dans la plupart des maladies, on peut déceler sa présence et même souvent "mesurer" son intensité. Il existe des tests bactériologiques, physiologiques (pression artérielle, température, rythme cardiaque, EEG et ECG...), ou biologiques (numération sanguine, taux de divers produits biochimiques (protéines, cholestérol, sucres, fer, alcalins et alcalino-terreux, hormones ....).
            La souffrance du déprimé est elle, invisible et il n'en existe pas de mesure objective.
            Le déprimé souffre malheureusement d'un mal auquel il ne peut pas grand chose, du moins seul, et avoir une attitude sceptique ou accusatrice, ne fait qu'aggraver son sentiment d'impuissance, éventuellement de culpabilité, et donc son mal.
            Le déprime a du mal à réagir, à prendre des décisions, à sortir de ses idées sombres et reste en partie inerte; il est donc normal qu'il donne l'impression de manquer de volonté.
 
            Quels sont les symptômes de la dépression ?
 
            D'abord une tristesse presque permanente, pathologique, une souffrance morale.
La vie psychique de la personne n'est plus normale, semble détériorée. C'est un désespoir, un dégoût de la vie, l'envie de rien, le face à face avec le vide, qui peut inciter à des pensées morbides.
            C'est aussi une perte des sensations, donc des réactions correspondantes et en particulier du plaisir que l'on avait à voir, à sentir, à faire., un désintéressement pour l'environnement.
            Ceci crée angoisse et donc souffrance morale.
            Le déprimé n'a plus confiance en lui, se dévalorise, ne voit plus que ses défauts et s'estime inutile, un poids pour son entourage. Il se sent coupable. Il se reproche véhémentement des broutilles, voire des fautes qu'il n'a pas commises.
 
            Souvent cet état, surtout au bout d'un certain temps de souffrances, se traduit par une grande fatigue, non seulement morale, mais aussi physique, un certain épuisement.
            Intellectuellement le déprimé ne peut se concentrer faire attention, a même souvent du mal à mémoriser; il se fatigue vite, par exemple en lisant ou en réfléchissant.
            Le fait qu'il ait des difficultés à décider et à agir, lui font ressentir un ralentissement de son activité, une sensation de manque de volonté et d'épuisement devant l'effort.
            La dépression perturbe les rythmes biologiques et notamment le sommeil et l'appétit. Insomnie et diminution (ou au contraire augmentation) de l'envie de manger, voire une alternance des deux, et l'amaigrissement ou l'augmentation de poids qui en résultent, augmentent encore le stress ressenti.
            Dans certains cas , on peut voire apparaître des troubles physiologiques : céphalées, difficultés à respirer, troubles digestifs, tremblements, sueurs ... qui évidemment amènent leur lot d'inquiétudes.
            Inquiet, la personne prend peur, a besoin d'être rassurée en permanence.
            En général cette souffrance fait s'isoler l'individu, qui a tendance, même s'il est extraverti, à ne plus vouloir voir autrui.
            Evidemment les conséquences sur le travail scolaire ou professionnel sont importantes et apportent leur contribution à l'angoisse du malade.
 
            On ne connaît pas les causes exactes des dépressions; les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux se mélangent.
            On peut en général en discutant longuement avec l'intéressé, finir par trouver certaines causes du type événements extérieurs qui ont contribué à cette évolution : problèmes multiples, chagrin d'amour, disputes familiales, traumatismes dus à une mort, une agression, un viol, un échec, une déception amoureuse, un harcèlement ...
            il y a en fait une perturbation complète du fonctionnement cérébral, un eperte du contrôle du cerveau. Il y adonc certainement des modifications importantes de l'action des neurotransmetteurs - la sérotonine notamment -, mais actuellement on sait mal la caractériser et encore moins la mesurer.
 
            Les médicaments psychotropes n'apportent pas la guérison. Ils sont un peu comme le plâtre lors d'une fracture osseuse. Ils ont l'avantage de calmer le malade et donc de lui donner la possibilité avec l'aide de son environnement, la possibilité de reprendre peu à peu le contrôle de son intellect.
            Il est en général bénéfique que le malade prenne conscience des causes à l'origine de sa dépression, mais je regrette que les psys qui le soignent, fassent ce type d'investigation sur un plan très théorique, à partir de thèses psychologiques, plus ou moins freudiennes, ou avec l'obsession de trouver des maladies mentales, genre bipolaire ou borderline, alors que le plus souvent une approche très pragmatique et logique des faits dans la vie de la personnes donnerait les éléments et permettraient de mieux cerner les problèmes et donc d'envisager des solutions en réagissant contre certains traumatismes ou causes de stress.

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Samedi 24 novembre 2012 à 8:35

Stress, dépression, médicaments

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              Il m'arrive assez souvent de discuter avec des jeunes qui ont des problèmes au lycée en fac ou au travail, et souffrent de stress et d'anxiété, avec parfois des conséquences gênantes.
            J'ai remarqué que le plus souvent stress et anxiété sont, pour eux, la même chose, et c'est vrai qu'en apparence les conséquences sont voisines.
 
            Mais ce sont deux phénomènes différents au plan physiologique, et j'aimerais le préciser, en parlant des réactions du système nerveux et du système endocrinien (les hormones), qui ont lieu dans les deux cas, mais de façon différente.
 
            Le stress est une réaction physiologique qui dans un premier temps permet de s'adapter face à une agression externe plus ou moins grande, qu'elle soit un traumatisme physique ou psychique, thermique ou sociale.
            Il peut y avoir trois phases successives ou pas :
                        - une phase d'alerte où l'organisme est prévenu de l'agression et mobilise ses défenses. C'est le cortex préfrontal qui constate un conflit à l'intérieur du cerveau émotionnel qui déclenche l'alarme, (voir mon article du 18 novembre 2012), et en cas de danger immédiat ce sont les centres amygdaliens qui réagissent directement.
                        - une phase d'adaptation et de résistance à l'agent stressant, où les réactions de l'organisme et de l'individu vont atténuer et surmonter le traumatisme et le stress va diminuer.
                        - une phase d'épuisement si l'agent stressant est trop fort et trop durable pour l'organisme qui ne plus y faire face. Dans ce cas la situation s'aggrave et l'on peut aboutir à la dépression.
            En fait le stress a une issue favorable si tout s'arrête à la phase 2 et défavorable si le traumatisme reprend en phase 3.
 
            Dans la première phase c'est le système nerveux qui réagit le premier. Ce sont principalement les centres amygdaliens qui vont se mobiliser et qui par l'intermédiaire du neurotransmetteur adrénaline, vont alerter l'hypothalamus qui, agissant sur le système sympathique, va mobiliser les défenses et préparer l'organisme au combat ou à la fuite : augmentation du rythme cardiaque, de la pression artérielle, du rythme respiratoire, sudation ....
            Puis l'hypothalamus excite les glandes surrénales (situées au dessus du rein), qui vont sécréter de l'adrénaline dans leur partie médiane (médullosurrénale), puis dans la partie périphérique (corticosurrénale) le "cortisol" que l'on appelle l'hormone du stress.
 
            Dans la deuxième phase le cortisol va "calmer le jeu" dans le cerveau. Il va d'une part faire préparer par le cerveau émotionnel les réactions de défense (résistance, fuite...) mais ensuite il prépare l'organisme à un retour à la normale, par rétroaction sur l'hypothalamus.
            Les réactions physiologiques s'atténuent, la production d'adrénaline diminue.
            Si le stress ne se prolonge pas, tout rentre dans l'ordre.
 
            Si par contre le stress continue et surtout s'amplifie, le cortisol , qui continue à être sécrété s'accumule et provoque des réactions du système nerveux.
            Les premières actions se font au niveau du système émotionnel et les idées négatives "tournent en rond" dans le cerveau émotionnel comme le montre le circuit de Papez (c'est une représentation simplifiée d'un phénomène très complexe; voir mon article du 13 juillet 2007).
            Puis des actions néfastes sont possibles au niveau de l'hippocampe et donc de la mémoire. Parallèlement des anomalies de sécrétion de dopamine et de sérotonine modifient l'humeur et perturbe le système de récompense, de telle sorte que volonté et motivation baissent considérablement.
            Par la suite le cerveau émotionnel ne transmets plus normalement les informations au cortex préfrontal (voir l'article du 19 octobre 2012) et le cerveau n'arrive plus à anticiper et à raisonner logiquement.
            On entre en dépression.
           
            L'anxiété est un phénomène différent. En présence d'un danger (ou d'un trauamtisme), nos centres amygdaliens produisent le sentiment de peur. Plus cette peur est grande, plus elle va impressionner le cerveau et notamment ancrer des souvenirs dans la mémoire.
            Quand le danger disparaît, la peur ne cesse pas forcément car le cerveau continue à croire que le danger va revenir et à anticiper ses conséquences. On ne parle alors plus de peur, mais d'anxiété ou d'angoisse.
 
            L'anxiété est donc une réaction cérébrale, anticipant un danger ou un risque de traumatisme, qui n'existe pas ou pas encore.
            L'anxiété peut être utile car elle stimule la mémoire pour éviter des dangers, mais permanente et forte elle a comme le stress des conséquences néfastes.
            Elle peut conduire à des dépressions, des phobies ou des comportements compulsifs.
            Contrairement au stress elle est un phénomène purement cérébral dont les deux principaux acteurs initiaux antagonistes sont les centres amygdaliens et le cortex préfrontal.
            La sérotonine qui agit sur l'humeur, la noradrénaline qui est un excitateur, la dopamine et le circuit de récompense et surtout le gaba, qui diminue l'activité des neurones (il favorise l'action d'ions Cl- qui diminuent les influx nerveux), sont les principaux neurotransmetteurs en jeu. La plupart des anxiolytiques qui diminuent l'anxiété agissent en augmentant l'action du GABA.
 
            Tout le monde connaît une forme bénigne et passagère d'anxiété : le trac. Mais il y a malheureusement des cas plus sérieux.
            En 2011, une enquête européenne a révélé que plus de 14% des européens souffraient de troubles anxieux. (15% aux USA).
            D'après les différentes études 2,1 % souffrent de troubles paniques, 4,8% d'agoraphobie (la peur de ne pas pouvoir échapper à une situation ou de ne pas être secouru en cas par exemple de crise physiologique). D'autres manifestations existent comme la phobie sociale qui fait éviter toute manifestation en société, les troubles obsessionnels compulsifs qui résultent de souffrances dues à des obsessions, et qui peuvent se traduire par des gestes ou actions compulsifs.
            Le ressenti commun est un sentiment de malaise, de tension interne, de peur de l'avenir.
Les pensées s'orientent vers des scénarios catastrophes, la peur du regard des autre, l'impression d'être agressé ou menacé, en général sans véritable raison.
            Le sujet peut ressentir des bouffées de chaleur, une sensation d'étouffement, des nausées, des tremblements, des douleurs musculaires ou des fourmillements, des bourdonnements d'oreille etc...
            D'autres symptômes sont psychiques. Certaines personnes, au bord de la dépression à la suite d'anxiété ont l'impression d'être étrangers à leur corps ou à leur environnement, de se voir en spectateurs (Ce n'est pas alors une maladie de dépersonnalisation).
            A des stades plus graves on peut aboutir à une difficulté à réfléchir, une agressivité, une hyper-agitation, une hypersensibilité émotionnelle.
            Lorsque l'on est au stade dépressif, il y a perte de motivation et de volonté, même celle de guérir.
 
            Les troubles anxieux, comme le stress, peuvent être graves, mais on sait les traiter.
           Outre la prise temporaire de médicament pour soulager la personne, ou certains exercices physiques simples tels la relaxation, ou le contrôle de la respiration et de ses pensées, il faut d'abord essayer d'éclairer sa situation avec une opinion extérieure, objective et logique, afin de lui faire "voir autrement"  la représentation de son angoisse et de mieux la comprendre, et d'identifier les divers facteurs de stress pour les combattre ou les accepter.
            Un éclairage sur sa personnalité peut l'aider à mieux contrôler ses émotion et améliorer sa confiance en soi.
            Au plan des médicaments, les cours de médecine indiquent en général que les anxiolytiques ne doivent pas être prescrits plus de 12 semaines et que s'il faut recourir à un traitement de fond pour  réguler les quantités de sérotonine dans le cerveau, on peut prescrire des antidépresseurs, pour une durée brève, de six mois à un an.

           Je ferai, le mois prochain, des articles sur le contrôle des émotions.

Mardi 27 mars 2012 à 8:09

Stress, dépression, médicaments

            Quand j'étais jeune il n'y avait pas de psys : pas encore inventés.
            Bien sûr il y avait eu le père Freud et sa psychanalyse, mais seuls des psychiatres l'utilisaient et à l'époque, ils ne soignaient que de vraies maladies mentales. Les tranquillisants n'existaient pas (la première benzodiazépine, le valium, date de 1963), et les médicaments psychotropes se comptaient sur les doigts de la main.
            Les gens qui avaient du vague à l'âme ou une humeur changeante faisaient avec et de bonnes vieilles recettes de grand-mères, basées sur une vie studieuse et hygiénique, en venaient en général à bout.
            Les médias n'existaient pas, le multimédia non plus, il fallait travailler et il n'y avait pas de chômage. Alors on ne stressait pas et pour se reposer du boulot, on faisait du sport !
 
            Mais aujourd'hui avec l'audiovisuel en plus du travail, on ne sait plus où donner de la tête, on est stressé et en plus on a peur de perdre son travail, quand on n'est pas déjà au chômage. Et puis il faut bien donner du boulot aux psys, bien que les accidents et autres malheurs occupe pas mal de cellules psychologiques.
            Alors pour faire un peu peur et inciter à consulter, on a inventé des noms pour tous nos états d'âme et les hebdomadaires et la télé nous en rebattent les oreilles.
 
            Autrefois, ceux qui avaient une humeur un peu instable, on disait qu'ils étaient cyclothymiques, et c'était un petit mot gentil, qui ne faisait peur à personne.
            Ma grand mère, une des rares femmes à l'époque sachant conduire une voiture, disait plutôt "celui là il a le caractère en dos d'ânes et en montagnes russes".
            Aujourd'hui les psys vous diront l'air inquiet, "il est peut être bipolaire", et évidement vous le verrez tout de suite dans un hôpital psychiatrique, alors que la plupart du temps ce n'est pas si grave que cela.

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  Que fait une personne bipolaire?
 
            C'est une personne dont l'humeur est assez fluctuante et qui oscille entre des périodes d'excitation et des périodes de mélancolie, passant assez facilement d'un extrême à l'autre.
 
            Le psys vous diront que c'est un trouble maniaco-dépressif (maniaque ne veux pas dire comme dans le langage courant tatillon, préoccupé d'une chose jusqu'à l'obsession, mais signifie en psychologie, avoir des degrés d'humeur d'irritation ou d'énergie anormalement élevés, être hyper actif un peu comme Sarkozy !).
            Alors c'est vrai que pour certaines personnes, cela peut être grave, car un état maniaque très intense peut conduire à des crises de fureur ou de violence, voire des délires et des hallucinations tandis que la mélancolie poussée à l'extrême devient une dépression, avec d'éventuels états suicidaires.
           Dans le cas où les personnes présentes des troubles sérieux où parfois les états d'excitation et de dépression se mélangent, la maladie peut être confondue avec la schizophrénie.
 
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             Si vous vous référez aux livres de psychologie, dans la phase dépressive, la personne ressent un manque de motivation, des problèmes de concentration, de l'apathie ou de l'indifférence, de la fatigue et des pertes d'intérêts dans les activités, anxiété, timidité ou manque de confiance en soi.

            Au stade suivant elle éprouve des sentiments persistants de tristesse, d'anxiété, de culpabilité, de colère, d'isolement ou de désespoir ; des troubles du sommeil et de l'appétit; agressivité, souffrance chronique avec ou sans cause apparente.
            Dans la phase d'excitation euphorique, la personne est gaie et hyperactive, a tendance à être euphorique, à avoir davantage d’idées, à faire des projets parfois très ambitieux voire irréalistes, et peut manifester une certaine désinhibition sociale.
            L'individu peut perdre contact avec la réalité, ne plus ressentir la fatigue ni l’envie de dormir, prendre des risques importants pour lui ou devenir agressif.

            Ces deux états sont entrecoupés d'états normaux pendant lesquels la personne qui s'est livrée à des écarts de comportement en raison à son état d'excitation et d'euphorie, peut regretter ses actes malheureux au point de tomber alors dans l'état dépressif.
            La durée des épisodes maniaques ou dépressifs, va de quelques semaines à plusieurs mois. Leur fréquence est également variable.
            Chaque malade a donc son propre "cycle" qui est composé d'une phase maniaque, d'une phase dépressive et d'une phase "normale". On parle de trouble bipolaire à cycle rapide lorsque les patients présentent au moins quatre cycles par an. Parfois, l'humeur peut même changer tous les jours, ce qui rend la vie de ces patients extrêmement difficile.
            C'est vrai que certains malades présentent ces symptômes à l'extrême et dans certains cas de prise de risque ou d'agressivité, il est nécessaire de les hospitaliser.
            C'est vrai aussi que certaines personnes, qui ont des accès importants, fonctionnent normalement lorsqu'elles ne sont ni en phase maniaque, ni en phase dépressive, et se sentent généralement bien. Ces périodes "normales" peuvent durer plusieurs années.
            On peut donc être bipolaire, sans bien s'en rendre compte et le diagnostic est parfois difficile.
            On estime à 1% le nombre de personnes atteintes par cette maladie. (ce qui me paraît énorme !). Les femmes sont autant touchées que les hommes. En moyenne, le trouble bipolaire apparaît vers l'âge de 30 ans.
            Les recherches actuelles sont en faveur d'importants facteurs génétiques à l'origine de ce trouble. Cependant, différentes sources de stress extérieurs semblent capables de favoriser la survenue d'un épisode. Les saisons affecteraient aussi les troubles de l'humeur: la manie est plus fréquente en été et la dépression en hiver.
 
            Mais à l'inverse tout le monde à des hauts et des bas dans son humeur sans être pour cela bipolaire.
J'ai constaté que certaines personnes qui ne souffraient que de d'une toute petite dépression passagère, ont souvent reçu des étiquettes effrayantes en allant voir un spécialiste : borderline, psychose, hypomanie, maladie bipolaire… Toutes sorte de maladies mentales effrayantes.
J'ai trouvé sur internet et dans des journaux, des "tests" (qui ne sont pas ceux utilisés par les médecins), et je me suis amusé à les faire.
Suivant mes humeurs du moment et la façon d'ont j'interprétais les questions et donc faisait les réponses, je me suis trouvé parfois à la limite de la bipolarité ou du borderline (qui est une grande variabilité des émotions).
 Par exemple quand on vous demande si pendant une durée d'au moins deux semaines consécutives vous avez ressenti:
- Une absence d'intérêt ou de plaisir pour des activités habituellement agréables.
                        - Une variation de plus de 5% ou de votre appétit (en + ou en -).
                         Un état de fatigue.
                        - Des difficultés à vous concentrer ou à prendre des décisions.
                        - Une distractibilité avec l'attention très vite attirée par des événements extérieurs multiples.
                        - Une certaine tristesse ou de l'anxiété.
            Si vous êtes un peu fatigué par l'hiver ou votre boulot, vous répondrez forcément "oui".
 
            Alors si vous êtes d'humeur changeante, ne vous croyez pas tout de suite bipolaire.
Commencez par vous demander si vous dormez assez, si vous ne passez pas trop de temps à des activités multimédias, et si votre vie n'est pas trop trépidante.
            Et si vous avez vraiment des doutes, voyez votre médecin généraliste avant d'aller voir le psy !
 
 

Mercredi 19 janvier 2011 à 8:04

Stress, dépression, médicaments


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    La dépression touche aujourd'hui 10 à 15 pour cent de la population.
J’ai côtoyé des personnes en dépression dans mon travail, et surtout certaines de mes “guenons” se sentaient mal, au bord de la dépression.
    C’est toujours délicat, car on ne sait pas bien comment s’y prendre, le raisonnement logique étant tout à fait perturbé et le pessimisme poussé à l’extrême.
    Ce qui m’étonne c’est que je n’ai pas souvenir d’avoir vu en dépression, quand j'étais très jeune, des adultes et surtout des jeunes parmi mes camarades, sauf  quand ils avaient subi une catastrophe, le deuil d’un être très cher notamment. Pourtant on sortait de la guerre et la période n’avait pas été très rose.

    Est ce donc notre époque actuelle qui veut cela?
    Mal conjoncturel, la dépression est interprétée par le sociologue Alain Ehrenberg comme le symptôme d'une société individualiste qui a fragilisé le lien social autrefois fondé sur la famille, la hiérarchie des classes et les conventions.        
    Condamné à improviser, à s'inventer et à faire à chaque instant la preuve de sa valeur personnelle, l'individu s'est de plus en plus centré sur lui-même (notamment sous la pression des discours visant à développer l'initiative personnelle, la consommation, la libre entreprise et le narcissisme des théories à la mode du « développement personnel »).
    Selon A. Ehrenberg, la dépression est la part réservée à tous ceux qui, ayant cherché leur accomplissement personnel, n'ont pas rencontré le succès attendu : isolés, déçus et épuisés par les efforts consentis, ils subissent la violence d'une société sans compassion à laquelle ils ont l’impression d’être inutiles. Ceux qui en sont atteints, souffrent d'une solitude auto-centrée et d'une perte de socialisation.

    Or, la dépression est une maladie, où le fragile équilibre des neuromédiateurs est perturbé. L’activation de certaines zones cérébrales apparaît modifiée lors d’examens IRM du cerveau.
    On sait que la sérotonine est l’un des neurotransmetteurs qui détermine le plus nos humeurs, notre moral.
    Comment expliquer que la concentration cérébrale de sérotonine d'un individu centré sur lui-même baisse et que ses ressources cognitives diminuent ?

    Les animaux ne sont pas à l’abri de telles manifestations :  une souris régulièrement agressée et repoussée par ses semblables se replie sur elle-même, évite tout contact même avec les animaux bienveillants et dépérit, privée de tissu social.
    Le neurobiologiste Olivier Berton et son équipe de neurosciences fonda- mentales de l'Université du Texas ont découvert qu’une molécule qu’ils ont appelée BDNF (Brain Derived Neurotrophic Factor), pourrait faire le lien entre le cerveau déprimé et l'environnement social:
    Cette substance est libérée dans le cerveau d'animaux qui subissent un rejet social, et si on supprime chimiquement l'action de cette molécule dans le cerveau de souris de laboratoire, on constate que les souris privées de cette molécule ne sont plus sujettes à la dépression lorsqu'elles ont été rejetées par leurs congénères .
    Chez une souris normale, un réseau de neurones  établit des ordres de préférence, que ce soit dans le domaine de la nourriture ou des relations sociales. Chez la souris rejetée par ses congénères, le BDNF est synthétisé en excès, et ce réseau devient incapable de faire ces choix liés aux relations sociales.

    Les généticiens et biochimistes auteurs de cette découverte soulignent son potentiel thérapeutique. Selon eux, en plus des antidépresseurs classiques, de nouvelles molécules enrayant l'action du BDNF éviteraient aux exclus sociaux de se replier sur eux- mêmes et d'accentuer leur isolement. Toutefois, cette étude souligne surtout l'impact déterminant des conditions de socialisation des animaux sur leur fonctionnement cognitif.
   
Hélas, la dépression est probablement un produit de notre société moderne, qui devient de moins en moins humaine.

Samedi 14 mars 2009 à 9:56

Stress, dépression, médicaments

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    Je vais vous parler aujourd’hui de l’anxiété et de la dépression.
    Plusieurs de mes correspondantes ont actuellement un grand mal-être comme c’est assez courant à la fin de l’hiver. Certaines sont proches d’une petite dépression passagère, qui s’installe pendant quelques jours, puis heureusement s’atténue et disparaît avec le retour du printemps et les vacances de Pâques.
    D’autres ont un gros chagrin d’amour et provisoirement n’ont plus goût à rien et se croient en dépression.
    C’est vrai que la frontière entre une grande anxiété, un grand stress et une dépression est assez floue et on ne sait pas trop où on en est.
    Certaines d’entre vous me disent qu’elles ne comprenaient pas comment leur souffrance pouvait cohabiter avec une vie de tous les jours, active et joyeuse, et les quelques parents qui suivent mon blog m’ont posé la même question.
    Certaines de ces ados sont aussi honteuses de cette peine et se croient des exceptions, des “anormales”, des folles à envoyer à l’asile.
Heureusement ce n'est pas vrai !

    Parlons d’abord un peu de la dépression.
    Dans une étude publiée en 1995 , Marie Choquet, médecin spécialiste des adolescents indique que la dépression est un trouble de l’adolescence qui touche 7,5 % des garçons et 22,5 % des filles de moins de 18 ans. L’”épisode dépressif majeur”, la dépression profonde, varie selon les études de 3 à 7 % de la population des 12 à 23 ans. Ce sont de très fortes proportions.
    Vous n’êtes donc pas “anormal(e)”.

    L’opinion publique pense que le déprimé est apathique, qu’il ne sort plus, ne parle plus et dépérit. Ce cliché est vrai pour l’adulte, faux pour l’enfant ou l’ado.
    L’adolescent au contraire déborde souvent d’énergie, se perd dans l’action, sort régulièrement, est apparement gai et en mouvement permanent.  
   
Ce qui fait le fond de sa dépression, c’est une autodévalorisation, la conviction qu’il n’a pas de valeur qu’il est inutile et abandonné et sans défense dans un monde hostile et affreux. Cest évidemment faux, mais encore faut il l’en convaincre.
  
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        En général il s’agit au départ d’anxiété, de stress, et l’ado s’en sort au bout de quelques semaines, mais s’il persiste dans cette voie, ces sentiments qui tournent en rond dans son cerveau émotionnel s’ancrent peu à peu et on glisse vers la dépression avec la fatigue qui s’installe et la perte de toute envie, la difficulté à prendre une décision et agir, le repli sur soi.

    Il ne faut donc pas trop vous affoler d’une période de crise passagère. Ce n’est sans doute qu’une vague d’anxiété.
    Vous me demandez comment je fais la différence entre anxiété et dépression.

    Je ne suispas psychiâtre, donc ce que je vais vous dire n’est qu’une “recette” que j’emploie et seul un médecin compétent pourrait vraiment répondre :

Quand vous êtes seulement                       Quand c’est plus grave
      anxieuse


Vous êtes inquète.                                 Vous êtes triste

Vous êtes préoccupée mais                   Vous êtes découragée et vous
vous essayez de vous adapter               n’avez plus envie de faire des
de vous en sortir seule.                          efforts.

Vous essayez de prévoir les                  Vous ruminez les échecs et ne
problèmes, de tourner la page,               pensez que regrets et remords.
d’anticiper les difficultés.

L’anxiété varie. Vous vous sentez           Vous vous sentez toujours mal
aussi par moment rassurée et                dans votre peau
détendue.

Vous avez des doutes sur votre                Vous avez la certitude que votre
avenir :                                                     avenir sera déplorable :
“Que va t’il se passer”?                           “ Cela va mal se passer ! “

   
Alors ne paniquez pas et si vraiment cela ne va pas, confiez vous à quelqu’un.

Jeudi 5 février 2009 à 8:15

Stress, dépression, médicaments

    Pour comprendre l’action des  neuro-transmetteurs et des anxiolytiques, il faut d’abord comprendre comment fonctionne une synapse.
    Les étapes de ce fonctionnement sont schématisées sur le schéma ci dessous.


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    Autour des synapses et dans l’interstice (appelé fente synaptique, on trouve des ions à des concentrations diverses, relativement constantes en moyenne, principalement calcium Ca++, sodium Na+, potassium K+ et chlore Cl-.
    L’arrivée de l’influx nerveux dans l’axone du neurone précédent provoque l’entrée massive d’ions calcium qui libèrent le neurotransmetteur contenu dans des capsules, dont les molécules vont migrer dans la fente synaptique.
    Ce neurotransmetteur est capté par des récepteurs spécifiques et cette capture va ouvrir des canaux ioniques qui permettront à des ions soit sodium positifs Na+, soit chlore négatifs Cl- , d’entrer dans la dendrite du neurone suivant et de transmettre un potentiel d’action vers le neurone lui même. Si l’ensemble de ces potentiels en provenance des diverses dendrites est supérieur à un certain seuil, ce neurone enverra un influx nerveux dans son propre axone;
    Pour décrire tout à fait de manière simple le phénomène, un mot de ces récepteurs et “canaux ioniques” . Regardez le schéma ci dessous :

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    Un canal ionique est constituée par une très longue protéine, qui traverse plusieurs fois la paroi entre la fente synaptique et la dendrite suivante.
Certaines parties qui se trouvent sur la paroi de la fente ont une structure telle que des molécules de neurotransmetteurs (ou parfois d’autres produits chimiques de structure voisine), peuvent venir s’ccrocher sur cette partie émergeante.
    Plus loin la protéine traverse une nouvelle fois la paroi en s’enroulant en spirale et constitue un canal qui toutefois est bouché à ce stade.
    Lorsque le neurotransmetteur est fixé sur son récepteur spécifique, la protéine subit un changement de structure chimique et stérique et  la partie qui bouche le canal se distend. De plus des phénomènes électriques se produisent à la surface du canal qui attirent des ions Na+ ou Cl- à travers ce canal, de telle sorte qu’ils peuvent traverser la paroi pour entrer dans la dendrite.
    Selon le neurotransmetteur et l’ion concerné on aura ainsi crée une polarisation positive ou négative dans la dendrite du neurone suivant.
    Certains canaux ioniques comportent plusisuers récepteurs pouvant créer des ouvertures à partir de naurotransmetteurs différents (ou de produits chimiques ayant une structure voisine)

    Revenons à notre problème d’anxiété.

    Le processus chimique dans le cerveau, à partir des actions des centres amygdaliens, est mal connu parce que très complexe.
    Les systèmes de neurotransmetteur qui peuvent avoir une influence sur l'anxiété sont nombreux. La sérotonine est souvent citée pour ses taux élevés dans certaines régions du cerveau associées à l'anxiété et pour son rôle dans les troubles obsessionnels- compulsifs et la dépression, qui sont tous deux états voisins de l'anxiété. Et le fait que les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (qui augmentent sa concentration) aient un effet sur ces états montre que la sérotonine y joue probablement un rôle.
    La noradrénaline  en excès est souvent associée aux états de panique, une forme aiguë d'angoisse.
    Dans le processus de préparation à la contraction des muscles, l’excitation, la colère, les amygdales utilisent l’acétylcholine.

http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Cerveau1/gaba.jpg    Par contre on connaît mieux les réactions de l’organisme destinées à faire diminuer la peur ou l’anxiété qui sont dues à l’action d’un neuro-transmetteur le GABA (acide gamma-amino-butyrique), très répandu dans le cerveau,qui a pour fonction naturelle de diminuer l'activité nerveuse des neurones sur lesquels il se fixe.
    Le récepteur GABA est probablement le récepteur le plus répandu dans le système nerveux des mammifères. !près de 40 % des synapses du cerveau humain fonctionneraient avec du GABA et impliquerait donc son récepteur).
Ce récepteur canal,  lorsque le GABA s'y fixe, change légèrement de forme et permet ainsi à des ions négatifs Cl- de traverser son canal central, ce qui a pour effet de diminuer l'excitabilité du neurone.
    D’autres produits peuvent influencer ce récepteur en se fixant à d’autres endroit sur la grosse protéine.

    Ces substances sont dites modulatrices car elles diminuent ou augmentent l'effet du GABA, mais sont sans effet en absence de GABA. Celles qui diminuent l'efficacité du GABA, donc la perméabilité au chlore, auront un effet anxiogène. Celles au contraire qui augmentent l'efficacité du GABA, et par conséquent la perméabilité au chlore, auront un effet anxiolytique. C'est le cas des de benzodiazépines, le potentialisateur le plus puissant de la perméabilité au chlore donc de la puissance inhibitrice du GABA (vous avez sûrement entendu parler du valium, du diazépam, du lexomil, du tranxène, ou du témesta qui sont les plus connus - le xanax et l’équanil ne sont pas des benzodiazépines, mais ont des effets analogues).
    Elles accroissent l’action du Gaba en augmentant l’ouverture du canal, ce qui facilite le passage des ions chlore et contribuent ainsi à diminuer l’intensité su message nerveux des amygdales.
    Mais ces médicaments ne sont pas sans danger et on contate notamment en France, une surconsommation anormale d’automédicalisation
    Les anxiolytiques, s’ils sont pris de façon régulière, produisent une certaine addiction, et surtout diminuent l’ensemble de l’activité cérébrale, provoquant des baisses de motivation, de volonté et d’attebtion, voire même à long terme certains troubles de la mémoire.


Lundi 5 janvier 2009 à 11:08

Stress, dépression, médicaments

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    J’ai lu récemment un article de 2006 de Kelly Lambert, neurobiologiste à l’université d’Ashland aux USA sur le bien être apporté par l’effort et le lien avec les dépressions.
    Ce chercheur s’intéresse depuis dix ans à l’impact de nos activités et de notre style de vie sur notre santé mentale.
    Elle s’était basée sur deux études faites dans les années 70 par Martin Séligman, sur plusieurs groupes de personnes d’âges différents, qui avaient montré que le risque de dépression chez des personnes adultes, (qui avaient pourtant connu la guerre et les privations et avaient les soucis normaux de la vie et des responsabilités), était dix fois moindres que chez des jeunes et adolescents dont la vie était plus facile et moins traumatisante.
    Mais la même étude montrait que l’activité physique de ces jeunes était nettement moindre que celle des adultes et c’était encore plus vrai pour des adultes plus âgés.
    Il s’agissait non seulement d’activités sportives, mais surtout des activités physiques dans la vie quotidienne, qui est largement facilitée par des machines, en appuyant seulement sur des boutons.

    Madame Lambert s’est donc demandé s’ il y avait un bien-être psychologique, une “récompense”  liés à l’effort .
    Elle pensait en effet que nos ancêtres depuis la préhistoire, pour subsister, devaient cultiver, chasser, se défendre, construire et ne pas paresser dans les grottes (qui avaient moins d’attrait sans télévision IOI) et que l’évolution avait peu à peu conservé les humains dont le cerveau était  “cablé” pour favoriser ces activités physiques.
    Elle a fait l’hypothèse que ces efforts permettaient non seulement de survivre, ainsi que sa famille ou sa tribu, mais aussi de mieux contrôler les événements et l’environnement et donc apportaient des émotions “positives”  et activaient notre système de récompense.

    Elle a essayé avec son équipe de chercher ce qui pouvait se passer dans le cerveau et notamment s’il y avait des liens entre l’amoindrissement des capacités motrices et la difficulté de concentration et la perte de plaisir et d’estime de soi et le sentiment de dévalorisation, qui sont fréquents dans les dépression.
    En faisant des études notamment sur des populations de rats, elle a montré qu’il y avait des liens étroits entre le circuit de la récompense (ou du plaisir, et notamment le noyau accumbens dont j’ai déjà parlé dans certains articles), les centres qui contrôlent nos mouvements (notamment un centre du cerveau émotionnel qui s’appelle le striatum) d’autres centres du cerveau émotionnel (et notamment les centres amygdaliens dont je parle souvent, qui contrôlent peur, stress, colère...) et enfin le cortex préfrontal qui contrôle nos processus de pensée et notamment prévoit et anticipe les conséquences de nos actes et qui est à la base de notre concentration sur nos activités.
    Elle a montré que les activités physiques favorisaient la production et la diffusion de neuromédiateurs tels que la dopamine et la sérotonine qui sont essentielles pour développer des “émotions positives”, et que le circuit de la récompense était maintenu actif par les stimulations nerveuses provoquées par l’effort.
    Les expériences sur les rats ont montré que des groupes de rats que l’on entraînait à l’effort quotidien, avaient des capacité de résistance et d’adaptation à des situations stressantes, beaucoup plus grandes que d’autres groupes qui ne suivaient pas le même entraînement physique.

    Il est certain que notre vie s’est beaucoup “intellectualisée” et que notre activité physique a énormément diminué depuis des décennies; nous n’utilisons plus notre cerveau de la même façon, mais son organisation profonde n’évolue que lentement, beaucoup moins vite que nos activités; Il y a donc une certaine inadaptation de notre cerveau à la vie actuelle.
    Certes les activités intellectuelles qui sollicitent les cortex frontal et préfrontal apportent une certaine récompense, mais les récompenses liées à l’effort qui activent à la fois cortex préfrontal, striatum, cerveau émotionnel et circuit de la récompense sont plus complètes et nous prépare mieux à affronter les épreuves de la vie. On note une meilleure activation des circuits ayant la dopamine comme neurotransmetteur.
    On a également montré que le sport favorisait la sécrétion de sérotonine qui permet les émotions positives et d’endorphines qui luttent contre la douleur et le mal-être.

    Madame Kelly Lambert termine son article par un conseil audacieux : quand nous nous sentons mal, anxieux et angoissés, avant d’aller voir le psy et de nous bourrer de médicaments psychotropes, d’une part ayons des activités intellectuelles pour ne pas nous ennuyer et nous distraire de nos malheurs, mais surtout essayons d’avoir des activités physiques et sportives, car elles stimuleront  nos systèmes de récompense et de réactions positives et amélioreront notre résistance à la dépression.

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