Vendredi 15 mai 2020 à 9:15

Biologie, santé.

J'avais fait le premier mai, un article sur les modèles de prévision des épidémies. Mais ce n'était peut être pas assez clair car j'avais voulu trop simplifier et on m' demandé de faire un article plus complet.
          Je le fais donc aujourd'hui, mais c'est un problème complexe et l'explication va être longue.
          Les principaux renseignements que j'ai utilisés  proviennent d’un article de Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Modèles_compartimentaux_en_épidémiologie) et d’une visio-conférence du Professeur Philippe Dumas (ENS Ulm, ancien directeur de Polytech Marseille)(https://cloud.cinam.univmrs.fr/owncloud/index.php/s/cKCTMduxPzgZO4O#pdfviewer) .


       La propagation d’un agent infectieux au sein d’une population est un phénomène dynamique : les effectifs d’individus sains et malades évoluent dans le temps, en fonction des contacts au cours desquels cet agent passe d’un individu infecté à un individu sain non immunisé, l’infectant à son tour. Un tel phénomène peut être étudié en le modélisant par des équations et en déterminant son comportement à travers la résolution numérique de ces équations.

          Les modèles mathématiques d’épidémies ont besoin de deux grand types de facteurs :
               - Les caractéristiques de la population démographiques et géographiques : nombre, densité, type d’habitat, sexe, âge, structure familiale et ce qui est plus difficile à connaître les flux journaliers et les taux de contact entre personnes, très différents selon les régions, les lieux, les métiers et occupations de chacun, car dans une épidémie la transmission se fait souvent par contact ou cohabitation dans un même lieu, notamment de travail, une même pièce, un même moyen de transport.
                - Les données sur la maladie que l’on peut représenter sur le graphique ci-
après :

Davantage d'informations sur les méthodes de prévision des épidémies.

           A noter que le temps de latence est celui à partir duquel on est contagieux, et qui peut être inférieur à l'incubation, qui est le temps au bout duquel apparaissent les symptômes de la maladie. Pour le Covid19, il semble que l'on puisse être contagieux 2 ou 3 jours avant l'apparition des symptômes, (s'il y en a, puisqu'il peut y avoir aussi des "porteurs sains").

Les modèles mathématiques pour prédire les épidémies sont donc très complexes et en général, organisés en "compartiments", dans lesquels on simule les phénomènes par des équations différentielles. 
        Dans le cas d'un virus comme le Covid19, dont les conséquences sont très variables, le compartiment des personnes malades peut être scindé en plusieurs sous-compartiments, tels "personnes à faibles symptômes", "malades à domicile", "personnes hospitalisées" et "personnes en réanimation". Il peut y avoir en outre des gens immunisés à la naissances ou vaccinées

 

Davantage d'informations sur les méthodes de prévision des épidémies.

 Le but de la simulation est de calculer le nombre de personnes dans chaque compartiment, en fonction du temps S(t),(t), M(t) ....en fonction de paramètres qui régissent les variation de ces fonctions à chaque instant, lesquels dépendent des connaissances que l'on a de la maladie.

Pour simplifier on se limitera à un système à trois compartiments :

Davantage d'informations sur les méthodes de prévision des épidémies.
 
          Parmi les personnes saines S d’une population de N membres, I personnes sont infectées, mais parmi elles, G malades guérissent. 

         Les trois compartiments échangeant en permanence des flux.

Pour modéliser ces échanges, on définit deux paramètres :  
                  - Une probabilité béta, ß, pour qu’une personne infectée rencontre dans la population de N membres, une personne saine et l’infecte.
         La  probabilité ß dépend de l’environnement : elle  sera plus faible, en campagne que dans une ville, et plus forte dans un EPAD où les personnes sont confinées ou à fortiori sur un porte-avion ou un internat à dortoirs.
         Une étude menée sur l’épidémie de covid19 dans le navire de croisière Diamond princess a montré qu’une personne en contaminait en moyenne 7, alors que dans la population, c’est un peu inférieur à 3.
                  - Une probabilité gamma, γ, pour qu’une personne infectée guérisse et redevienne donc saine.
          Ces deux paramètres ne sont pas connus. On les fera varier pour connaître leur importance et se rapprocher des résultats expérimentaux, qui permettront de leur attribuer une valeur approximative.. 

Au départ de l’épidémie, le nombre de personnes infectées I est faible et le nombre de personnes saines S est pratiquement égal à la population N.
          A chaque instant dt, le nombre de personnes nouvellement infectées dI est égal à :        dI = ß. I  dt      et S diminue de cette quantité    dS = - ß.I dt     
          S diminue peu à peu et la probabilité ß ne s‘applique plus qu’à la proportion S/N donc                           dI = ß . S / N. I. dt
          Mais il faut tenir compte des guérisons possibles dG = γ. I dt  que l’on soustrait du chiffre des infectés et en définitive :
                      dI = dt (ß.S / N.I – γ.I)   ce qui s’écrit aussi    dI/I = dt . (ß.S / N. – γ.)
                      soit en intégrant    Ln I = ∫(ß.S(t) / N. – γ.) dt = f(t)  et    I = e f(t)      
          Au début de l’épidémie, le nombre d’infections I va croître donc exponentiellement tant que  (ß.S(t) / (N. – γ ) >0, c’et à dire S/N > γ / ß
          Mais S diminuant, le nombre d’infection ralentit, passe par un maximum et lorsque S/N < γ / ß, le coefficient de l’exponentielle devient négatif et le nombre d’infection diminue de façon exponentielle, ce qui met fin au flux, une grande partie des personnes de la population ayant été contaminées successivement. Dans le cas du coronavirus, si ß = 3 et γ =1, le nombre maximal de personnes contaminées serait de ß / γ = 1 / 3. N

          Le rapport ß / γ est appelé R0. C’est en moyenne le rapport entre la probabilité de contamination en la probabilité de guérison. C’est en moyenne le nombre de personnes saines que peut contaminer une personne infectée.
          Il y a donc un pic de contamination obtenu pour dI / dt = 0 et donc 
                                      S/N  =  γ
 / ß  = 1 / Ro
          Ceci en l’absence de mesures telles de confinement ou autres qui changeraient les divers facteurs.

         Le confinement va diminuer la valeur de S, un nombre faible de personnes risquant alors d’être infecté.
        L’amélioration des soins et de médicaments  accroîtra la valeur du  coefficient γ.            

        L’allure de la courbe pour ß = 0,3, γ= 0,1 et N = 100 000 est la suivante, sans mesure particulière pour lutter contre l’épidémie, qui se propage donc naturellement :

Davantage d'information sur les méthodes de prévision des épidémies.


Davantage d'informations sur les méthodes de prévision des épidémies.         On remarquera que sur le graphique logarithmique, la partie exponentielle des courbes de montée et de descente de la valeur de I est très voisine de deux droites. (en bleu)

         Ces deux droites sont une approximation des courbes de l’épidémie et se coupent en un point où I = N (alors que le max de I est de 1/R0 par rapport à N serait environ 1/3 pour le covid 19.)
          La droite correspondant au développement de l’épidémie, passe par I0 = 10 pour t = 0 et par le point pour lequel I = N (100 000, et elle a une pente de dI/dt = ß.S(t) / N. –γ c’est à dire pour S = N de ß – γ
         On peut donc calculer une approximation du temps du maximum
                  Ln (100 000) – Ln(10) = (ß – γ) ∆t  d’où ∆t =  (11,2 – 2,3) / (0,3-0,1)  = 46 jours
          La pente de la droite descendante est – gamma puisque elle est issue du point où I = N et qu’elle correspond donc à une absence de nouveaux cas et sa pente ne dépend donc plus que des guérisons et donc du coefficient gamma.

Davantage d'informations sur les méthodes de prévision des épidémies.       Il faut différencier deux pics :

                  - Celui du nombre total de personnes infectées i , (en rouge).

                   -  Celui du nombre de nouvelles personnes infectées chaque jour dI / dt  (en bleu).

Le pic des nouveaux infectés précède légèrement celui du nombre total d’infectés

           Il faut toutefois se rendre compte que dans le modèle on compte toutes les personnes qui sont dans ces cas, alors que dans la réalité, il est difficile de les recenser, car certaines personnes ne se rendent pas compte qu’elle sont malades et ne consultent pas et il peut y avoir de porteurs sains. Dans le cas  du coronavirus c’est un handicap, car cela peut représenter 20 à 30 % de la population.
          Les valeurs que l’on a des coefficients ß et R0 sont donc approximatives et peuvent être assez variables selon l’environnement.

         Quelques R0 caractéristiques de maladies courantes :

Davantage d'information sur les méthodes de prévision des épidémies.

          Le modèle ci-dessus montre que si en France on restait face à la maladie sans rien faire, avec R0 = 3 on aurait un tiers de la population infectée, soit 20 millions.
          Si 15% ont besoin de soins intensifs :  --> 3 millions. Disponibles 10 000

          Si 1/3 avec assistance respiratoire : --> 1 million . Disponibles 5 000
          La mortalité même avec un chiffre bas de 3% ---> 600 000 morts

          D’où la nécessité du confinement qui diminue la population qui peut être atteinte S et de « gestes barrières » qui diminuent la probabilité ß de contamination, (la probabilité de guérison γ restant fixe si les moyens de soins ne sont pas débordés par l’afflux de malades)
          Isoler (par exemple en hôtel), les malades, qui ne sont pas gravement atteints, mais sont cependant contagieux, peut être aussi une mesure importante, car elle diminue fortement le contacts infectieux donc le coefficient ß

           En ce qui concerne le confinement, un raisonnement simple permet de comprendre son effet sur le sombre de personnes S0 qui peuvent être contaminés:
          Supposons qu’on soit au début de l’infection qu’il y ait environ 0,1% de personnes infectées. On a donc une chance sur mille d’être infecté .
          Si on confine en coupant ces 60 millions de personnes en 12 millions de groupes de 5 personnes confinées. Il y a 5 pour mille de chances pour qu’une telle cellule soit infectée et donc 99,5 % de chances qu’elle ne soit pas infectée, ce qui représente donc un groupe à risque de 12 millions x 0,5 % = 60 000 personnes
          On a donc fait passer la population à risque de S0 de 60 millions à 60 000, ce qui l’a divisé par 1000, ce qui permet de ramener les besoins sanitaires au-dessous des moyens existants, lorsque l’épidémie va se développer.
          Certes un tel confinement total n’est pas possible, puisqu’il faut q’une partie des personnes travaille ou ayillent se ravitailler, mais cela permet de comprendre l’intérêt de l’opération.

          En définitive, le modèle ci-dessus à 3 compartiments est très simpliste, mais il permet de se rendre compte des principes de prévision, de sa difficulté aussi, car face à un nouveau virus, on ne connaît pas ses caractéristiques, et on obtient difficilement de chiffres du développement de l’épidémie (il est par exemple difficile de connaître le nombre exact de personnes infectées, en raison des cas asymptomatiques et des personnes faiblement atteintes, qui ne consultent pas un médecin.). Les paramètres sont donc difficiles à déterminer.
          Par ailleurs les calculs faits sont plus complexes et ne sont pas littéraux, mais on fait des simulations. Dans le cas ci-dessus des trois compartiments, on serait par exemple parti d’une hypothèse de valeur des paramètres ß et γ, et d’un I0 par exemple de 10 et on aurait demandé à l’ordinateur, de calculer chaque jour la valeur du nombre d’infectés I, de la population restante S et du nombre de guéris G. L’ordinateur trace ensuite les courbes en fonction du temps, que l’on compare à la réalité. On prend une autre valeur des paramètres et on regarde si elle est plus proche du réel.
          Dans le cas du covid19, étant donné la difficulté pour avoir des valeurs réelles de I, il est nécessaire de traiter davantage de compartiments car les seuls chiffres sûrs sont les entrées à l’hôpital, les mises en réanimation et les décès.
          Mais le modèle simple à 3 compartiments permet de se rendre compte de la gravité de la propagation du virus si aucune mesure n’est prise, et de la conséquence inexorable alors, du débordement des moyens sanitaires.



Vendredi 1er mai 2020 à 11:19

Biologie, santé.


http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/lesmicrobesnousenvahissent6713.jpg
 
  Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, on nous parle des prévisions concernant son évolution faites par des scientifiques qui conseillent le gouvernement. Mais que sont donc les modèles mathématiques qui servent pour ces prévisions.
          J'ai donc pensé que cela vous intéresserait peut être de comprendre comment cela fonctionnait et j'ai donc lu plusieurs articles d'explications, avec beaucoup de mal d'ailleurs, car les mathématiques ont beaucoup évolué depuis mes études d'ingénieur, notamment grâce aux résolutions des équations sur ordinateur. 
          Rassurez vous, je vais essayer d'être simple et je ne vais pas vous embarquez dans des équations compliquées : je me limiterai aux principes.

Mais d'abord, qu’est ce qu’un modèle mathématique ? et une simulation ?

          Quand vous prenez votre voiture pour partir en vacances et que vous roulez sur l’autoroute à vitesse constante, vous savez que la distance d que vous parcourez pendant un temps donné, est le produit de votre vitesse v par le temps t. 
          Dire que d = v t est un modèle mathématique est un peu abusif, tant c’est simplifié à l’état d’une simple formule qu’on apprend en CM1, mais c’est un exemple.
          En effet on est parti de la réalité, on a fait des mesures de distance, vitesse et temps et on a abouti à cette équation toute simple. On est allé de l’expérience aux mathématiques. Ensuite si on connaît sa vitesse on peut calculer les distances parcourues à diverses heures; On se sert de la formule mathématique pour prévoir la situation.
          Un modèle mathématique est analogue, si ce n’est que les équations sont beaucoup plus compliquées et cela d’autant plus que les phénomènes sont complexes.
           Cela concerne en général un phénomène physique, chimique ou biologique; on part d’observations numériques et d’hypothèses d’équations issues d’une explication scientifique du phénomène, on bâtit un modèle à base de ces équations, et ensuite on essaie de prévoir les résultats d’expériences que l’on peut faire sur le phénomène. On peut alors vérifier si les résultats des mesures sont conformes à ceux prévus par le modèle ou s’il faut modifier celui-ci, soit en changeant les équations, soit en ajustant des paramètres dans les équations utilisées.
            On peut ensuite utiliser ces modèles mathématiques pour prévoir des phénomènes analogues, mais qui ne sont pas encore arrivés, et pour établir diverses situations en fonctions d’hypothèses de départ initiales différentes. C’est ce qu’on appelle une simulation. C’est par exemple ce que l’on essaye de faire en simulant les conséquences sur le climat, de la production des gaz à effet de serre ou la progression de l'épidémie de coronavirus.

    Un petit complément au cas où vous entendriez ces mots :
    Certains modèles sont dits « déterministes » : c’était le cas de notre voiture. Ce sont des modèles où on décompose les phénomènes en étapes successives et où on peut expliciter les événements par des données initiales, des équations qui représentent le phénomène de façon supposée exacte, et où on aboutit à des données finales, cela sans intervention des lois de probabilité. Cela suppose en quelque sorte que les phénomènes sont déterminés, c’est à dire qu’ils se passent toujours de la même façon.
    A l’inverse il y a des phénomènes que l’on est incapable de décrire par des données et des équations permanentes et où donc les éléments ne se comportent pas toujours de la même façon. Par contre on peut observer une certaine répartition statistique des comportements. On peut alors se servir des calculs mathématiques des probabilités pour décrire ces phénomènes. On parle alors de modèles « stochastiques »
    On a enfin des cas où les phénomènes dépendent d’une multitude de petites causes et on n’est jamais certain de les connaître toutes et de pouvoir les quantifier.
    On dit alors qu’ils se produisent « au hasard » et on simule mathématiquement ce hasard. 
   
     Bien entendu de tels calculs étaient très difficiles à faire quand j’ai fait mes études (à la main avec des tables de logarithmes, que la plupart d’entre vous n’ont jamais connues). 
Aujourd’hui, tout se fait évidemment sur ordinateur et des simulations complexes comme celles sur le climat, ou le Covid19 demandent des ordinateurs très puissants. 

     Mais vous constatez donc que pour faire un « modèle mathématique » il ne suffit pas d’être matheux, il faut en outre bien connaître le phénomène scientifique que l’on veut simuler. Donc dans le cas des épidémies, il faut d’abord voir ce qu’on doit connaître sur ce sujet. Et ensuite il faut avoir de nombreux chiffres constatant l'évolution réelle des phénomènes. C’est ce que je vais essayer de vous montrer.

      La propagation d’un agent infectieux au sein d’une population est un phénomène dynamique : les effectifs d’individus sains et malades évoluent dans le temps, en fonction des contacts au cours desquels cet agent passe d’un individu infecté à un individu sain non immunisé, l’infectant à son tour. Un tel phénomène peut être étudié en le modélisant par des équations et en déterminant son comportement à travers la résolution numérique de ces équations.
     Les modèles mathématiques d’épidémies ont besoin de deux grand types de facteurs :
               - Les caractéristiques de la population démographiques et géographiques : nombre, densité, type d’habitat, sexe, âge, structure familiale et ce qui est plus difficile à connaître les flux journaliers et les taux de contact entre personnes, très différents selon les métiers et occupations de chacun, car dans une épidémie la transmission se fait souvent par contact ou cohabitation dans un même lieu, notamment de travail, une même pièce, un même moyen de transport.
                - Les données sur la maladie que l’on peut représenter sur le graphique ci dessous :
Les modèles mathématiques de simulation des épidémies.

          A noter que le temps de latence est celui à partir duquel on est contagieux, et qui peut être inférieur à l'incubation, qui est le temps au bout duquel apparaissent les symptômes de la maladie. Pour le Covid19, il semble que l'on puisse être contagieux 2 ou 3 jours avant l'apparition des symptômes, (s'il y en a puisqu'il peut y avoir aussi des "porteurs sains").

     On pourrait utiliser des modèles simples comme les deux suivants :
                 - Si l'on ne fait rien et qu'une personne en contamine 3 en moyenne dans un espace de temps ∆t, le nombre de personnes malades croit chaque ∆t comme ", 32, 33...3n.. c'est à dire comme une courbe exponentielle. Effectivement les courbes d'expansion du coronavirus ont cette allure, mais la valeur de ce coefficient n'est pas connue et varie selon les circons-tances et donc un modèle aussi simple, calculable sur Excel, est aberrant.
              - On pourrait penser que  le nombre de personnes infectées dans une durée donnée Ni est proportionnel au nombre d’individus sains S, au taux de contact c, à la probabilité p que ce contact ait lieu avec une personne infectée et à une probabilité de transmission de la maladie m : Ni (t) = S x c x p x m, t étant le temps. Mais ces paramètres ne sont pas non plus connus.

       Les modèles mathématiques pour prédire les épidémies sont donc beaucoup plus complexes et en général, organisés en "compartiments", dans lesquels on simule les phénomènes par des équations différentielles.

Les modèles mathématiques de simulation des épidémies.

     Dans le cas d'un virus comme le Covid19, dont les conséquences sont très variables, le compartiment des personnes malades peut être scindé en plusieurs sous-compartiments, tels "personnes à faibles symptômes", "malades à domicile", "personnes hospitalisées" et "personnes en réanimation". 
      Le but de la simulation est de calculer le nombre de personnes dans chaque compartiment, en fonction du temps S(t), C(t), M(t) ....en fonction de paramètres qui régissent les variation dS/dt, dC/dt, dM/dt ... de ces fonctions à chaque instant.
 Ces paramètres dépendent des connaissances que l'on a de la maladie.

        On a donc une série d'équations différentielles que l'on peut résoudre sur ordinateur, en affectant des valeurs à ces paramètres. On compare alors les chiffres calculés à la réalité de ceux obtenus sur le terrain tous les jours, et on modifie la valeur des paramètres pour que la correspondance soit la meilleure possible.

       Mais mettre sur pied une simulation fiable n'est pas simple, car il faut avoir des chiffres corrects de la réalité, et par exemple cela n'est pas le cas en France pour le coronavirus, pour le nombre de contaminés, puisque les tests ne permettent pas de le connaître. On ne peut se baser que sur des chiffres de personnes atteintes nettement, hospitalisées ou en réanimation. De plus il peut y avoir des variations de ces coefficients dans le temps : par exemple l'infectiosité d'un individu peut varier en fonction de l'avancement de la maladie, la quantité de virus ingérée par un individu est variable selon les circonstances de la contamination, le virus peut muter....

       De plus une telle simulation peut être faite pour tout le pays et la population entière, mais aussi pour une région donnée (par exemple Alsace ou Ile de France), ou pour une tranche d'âges de la population.
       Mais les populations ne sont pas non plus homogènes, ne serait ce que parce que les conditions de vie ne sont pas lés mêmes, les états de santé hors épidémie étudiée, sont différents et les sensibilités des individus à l'épidémie en cause sont aussi très différentes, tout particulièrement en ce qui concerne le coronavirus actuel.
        On pourrait aussi ajouter un compartiment pour étudier l'influence d'un médicament, ou d'une mesure, si elle est appliquée à un grand nombre de personnes. (pour étudier l'influence d'un médicament sur quelques personnes, on peut suivre des paramètres biologiques précis).

       De tels modèles ne peuvent donc avoir une très grande précision et notamment lorsque le virus est nouveau et peu connu, mais ils permettent d'avoir une idée approximative de l'influence de certaines mesures de protection ou de la charge des moyens de santé, et ils sont donc une aide à la décision des personnes qui gèrent la crise sanitaire.

Vendredi 24 avril 2020 à 17:36

Biologie, santé.

 http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/masquetissufemme.jpg

        Avec le déconfinement prochain du 11 mai, on parle beaucoup de masques et des idées fausses circulent à ce sujet. Alors je voudrais faire un point succinct pour rectifier ces erreurs : une partie des renseignements est issue d’un article de la revue « Pour la Science ». Il s’agit de masques médicaux bien entendu et non de masques industriels (peintures par exemple), de plongée, ou pour intervention des pompiers dans un incendie.

     D’abord contre quoi se protéger : bactéries et virus. Les bactéries sont des cellules vivantes de 0,5 à 5 µ (millième de mm). Les virus, entités inertes faites de protéines et d’ADN ou ARN, ont des dimensions plus faibles 0,03 à 0,3 µ. La taille du Covid 19 est d’environ 0,1 µ…
    Au départ ces microbes proviennent du corps d’être vivants et notamment des hommes contaminés lorsqu’ils toussent éternuent, parlent. Ils sont supportés par des gouttelettes d’eau de 1 à 100 µ, qui s’évaporent rapidement et libèrent leurs hôtes dans l’air et sur les surfaces. Mais si les bactéries pour la plupart du temps restées vivantes, il n’en est pas de même des virus qui perdant peu à peu la couche de lipide qui protège leur coque, se décomposent spontanément au bout de quelques heures sur les surfaces contaminées (voire quelques jours selon le support et l’environnement).
    Les gouttelettes les plus grosses tombent rapidement sur le sol, dans un cercle de 1 mètre environ, mais des gouttes plus petites de 20µ par exemple peuvent mettre environ 4mn à tomber d’une hauteur de 3m et des gouttes de 5µ peuvent mettre de l’ordre d’une heure. Mais évidemment elles sont dispersées par les courants d’air et leur nombre devient faible dans un certain volume d’air; par ailleurs elles s’évaporent rapidement et le virus ne vivra pas dans l’air (du moins celui du coronavirus, car d’autre virus comme celui de la rougeole ou de la varicelle peuvent rester un certain temps en suspension et on peut constater des contamination à quelques dizaines de mètres).
    En plein air, quand on croise une personne, le risque est très faible, sauf si elle vient d’éternuer ou de tousser sans précaution. Discuter quelques minutes à un mètre de distance ne fait pas prendre beaucoup de risques mais dans une pièce fermée, comme par exemple le bus ou le métro, où l’on est proche des autres pendant un certain temps, le port d’un masque peut être utile. Mis en principe une personne malade ou risquant d’être contaminée doit rester confinée et on ne devrait pas en rencontrer (toutefois cette personne peut ne pas le savoir car on peut être contagieux pour le coronavirus, deux jours environ avant les symptômes)
          Il est évidemment indispensable de porter un masque pour les personnes qui risquent de rencontrer de personnes contaminées ou qui préparent des objets (notamment repas). Le risque est encore plus grand pour les personnels soignants qui sont à proximité de malades.

    Comment un masque arrête t’il des particules? Evidemment s’il était constitué d’une surface dont les trous sont très petit, (0,02 µ) rien ne rentrerait, mais on ne pourrait plus respirer non plus.
    Les tissus ont des « trous » très gros et ne sont pas multicouches. Ce sont donc de mauvais filtres qui n’arrêtent que les particules les plus grosses. Par ailleurs ils sont souples et et les masques laissent des interstices sur les joues ou sous le menton (A noter qu’un homme doit être rasé pour porter un masque !).
    Néanmoins ils évitent d’envoyer des gouttelettes dans l’air après un éternuement, arrêtent les gouttelettes extérieures les plus grosses et empêchent de se toucher la bouche ou le nez avec les mains, si celles -ci sont contaminées, avant de les laver.
    Deux tissus semblent appropriés
        - Le coton : avantages fibre naturelle, souple, respirante, lavable à 60 d° sans perte de propriétés, mais gros inconvénient est hydrophile et donc absorbe les gouttelettes.
        - Le polyester hydrophile, s’électrise (ce qui attire les gouttelettes), résistant, mais c’est une fibre synthétique rêche qui perd au lavage, ses propriétés mécaniques au delà de 40 d° (se déforme et se froisse).
http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/15116638.jpg    En fait deux sortes de masques seront réalisés en tissus. Ceux destinés aux professionnels en contact avec le public filtreront environ 90% des particules au dessus de 3 µ. Les masques grand public auront une performance moindre : environ 70%.
    Ces masques apportent un minimum de protection dans un magasin ou dans le métro, mais leur port ne dispense pas des « mesures barrières », qui restent essentielles pour endiguer l’épidémie. Ils empêchent des personnes asymptomatiques de contaminer sans le savoir d’autres personnes et évitent qu’on contamine sa bouche ou son nez.
    Ils auront deux formes « bec de canard » ou « trois plis ». c(photo ci contre).

    Le tissu n’assure pas une protection suffisante contre les particules de faible diamètre, pour pouvoir être en contact avec des malades et mais il vaudrait mieux qu’ils soient constitués de fibres non-tissées.
 http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser2-copie-6.jpg   Quels sont les mécanismes d’arrêt des fibres non-tissées entrelacées de polypropylène, sur lesquelles les particules vont venir se fixer, à condition des rencontrer, car l’intervalle entre fibres est plus grand que la taille de beaucoup de gouttelettes. ? Ces fibres ont un diamètre de 5µ et laissent des intervalles de 10 à 20 µ, mais peuvent cependant arrêter des gouttes plus petites
     L’air qui pénètre et se trouve face à une fibre, va la contourner et la gouttelette va essayer de suivre le courant d’air. Mais d’une part certaines passeront près des fibres et seront piégées (effet d’interception) et les grosses gouttelettes qui ont une certaine inertie, prendront difficilement le virage et heurteront la fibre.
    Les petites particules s’agitent en permanence en raison du mouvement brownien des molécules d’air (dû à la température). Leurs mouvements désordonnés leur feront cogner les fibres si la couche est assez épaisse. C’est l’effet de diffusion.
    Un masque en fibre non-tissée assurera donc une protection meilleure qu’un masque en tissu. Certains masques grand public en seront constitués.  


http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser3-copie-4.jpg
      Mais l’arrêt des particule n’est pas uniforme et les fibres non tissées ont un rendement plus faible entre 0,1 et 1 µ (cf courbe ci dessus).

    Les masques pour les personnels soignants.

    Les masques dits « chirurgicaux sont faits avec de telles fibres et leur découpe est étudiée pour mieux « coller » au visage. Ils sont destinés surtout à éviter au chirurgien de contaminer par sa respiration celui ou celle qu’il opère, mais il ne constitue pas une protection suffisante pour les soignants qui sont au contact des malades infectés.
Mais si l’on fait un test avec des particules de 0,06µ dans un flux d’air de 85l/mn, selon l’adhérence du masque chirurgical au visage on trouve un taux d’arrêt entre  4 et 90 %.

    Les malades du Covid19 sont pourvus de masques de chirurgiens pour éviter d’infecter leurs patients

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser-copie-2.jpg   Les masques dits FFP (filtering face piece), comprennent une protection externe en polypropylène, puis une couche filtrante épaisse de non-tissé, un support de tenue en acrylique et une dernière couche de non-tissé..
    Ils doivent être parfaitement ajustés sur le visage et sur le nez avec une pince. En outre l’expiration les met en pression par rapport à l’extérieur (2 millibars). Pour les mêmes particules de 0,06µ, la filtration est de 94% pour un FFP2 et 99% pour un FFP3. Certains masques sont équipés de soupapes d’expiration.0
   Ils sont réservé pour les contacts rapprochés pour soins avec des personnes infectées.

    Ces masques ne peuvent être portés plus de quelques heures (4 à 6) et doivent ensuite être jetés. Il faut évidemment ne pas les toucher en les enlevant (par le élastiques), sous peine de risquer une contamination.
   Il est certain que doter tout le monde de masque chirurgicaux est prohibitif, il en faudrait plus de 100 millions par jour !

    Une constatation qui me choque dans le domaine des masques :
    Il est encore fréquent de croiser, pendant ses achats de première nécessité, des personnes revêtant un masque chirurgical, voire un masque de protection respiratoire individuel FFP2. Il n’est pas aberrant de présumer que toutes ne sont pas malades, car ils devraient dès lors, impérativement rester confinés.
    Pourtant, en contexte de pénurie, se procurer des masques qui seront, le plus souvent, mal utilisés, c’est potentiellement priver le personnel soignant de ces dispositifs de protection, alors qu’il en a cruellement besoin.
    En attendant que chacun puisse disposer de masques de protection, ces personnes doivent être approvisionnées en priorité. Si chacun utilise chaque jour un masque jetable, les pénuries se feront rapidement sentir et les gens qui en ont vraiment besoin viendront peut-être à en manquer.

    Enfin, pour terminer, un mot sur les masques militaires, qui étaient fabriqués dans la manufacture militaire de Saint Etienne. Ils ne sont pas fait à l’origine pour arrêter les microbes, mais les gaz toxiques, mais qui peut le plus, peut le moins. Ce sont donc des masques en caoutchouc étanches et muni d’un double filtre, en non-tissé et d’une cartouche filtrante en charbon spécial.
    Il est d’une forme telle qu’il adhère à la figure et c’est le plus désagréable car il serre notamment aux tempes. Par contre il est muni de deux soupapes, à l’inspiration où l’air passe par la cartouche et à l’expiration ou celle-ci met le masque en pression et empêche toute entrée. On a très chaud sous ce masque, mais contrairement aux masques médicaux on respire bien et on n’a pas l’impression d’étouffer grâce aux soupapes).

Vendredi 13 mars 2020 à 13:45

Biologie, santé.

Grippe et coronavirus Càvi-19 : comparaison.

           Quelques lectrices et lecteurs m’ont demandé de comparer la grippe et le Covi-19.

Mais c’’est un peu comme comparer des choux et des carottes qui sont tous deux des légumes, mais ont bien des différences.

 

Mortalité :

 

           Ce qui est évident et bizarre, c’est que l’épidémie actuelle de corona-virus, qui affole la population, est, pour le moment un tout petit événement, par rapport aux épidémies de grippe qui sévissent tous les ans, dont on parle peu et qui n’affolent personne.

           Pourtant dans le monde entier, alors que le corona-virus a fait actuellement un peu plus de 3 000 morts et de 100 000 malades, la grippe contamine chaque année plusieurs centaines de millions de personnes et fait entre 300 000 et 650 000 morts.

           En France lors de l’hiver 2018-19, l’épidémie d’environ 8 semaines, de virulence plutôt moyenne, a engendré 1,8 millions de consultations, 44 750 séjours hospitaliers, et 8 117 décès dont 84% de personnes âgées de plus de 75 ans.

           Les létalités (le nombre de morts par rapport à la population infectée), des deux virus sont différentes. Sur l(ensemble de la population, la grippe a un taux qui varie selon les années de 0,2 à 0,5 %, tandis que celle du coronavirus est de 2,3% (si l’on ne compte que les cas confirmés par des tests de l’ARN viral prélevés), et de 2,6% si l’on compte tous les cas de personnes contaminées. Dix fois plus environ que la grippe saisonnière en France. 

          La létalité du coronavirus est certes plus à craindre, mais le nombre de décès imputables à la grippe est beaucoup plus important vu le grand nombre de personnes contaminées. Et pourtant les pouvoirs publics ne prennent pas des mesures aussi sévères lors des épidémies de grippe ! 

           En fait, alors que les médias et les réseaux sociaux ne se soucient pas de la grippe, ce sont eux qui affolent la population à propos du coronavirus. mais évidemment, c’est le « péril jaune », alors c’est plus extraordinaire !

 

           Cependant les deux maladies ne touchent pas les mêmes personnes. 

           La grippe saisonnière touche beaucoup les enfants, mais avec un très faible taux de mortalité, alors que les personnes âgées, moins touchées, ont le plus fort taux de mortalité. 

          Pour le coronavirus, selon les statistiques chinoises, les enfants ne sont pas du tout touchés par le Covid-19. Les moins de 10 ans représentent moins de 1% des personnes contaminées. On observe des formes graves de Covid-19 chez des adultes de moins de 65 ans, ce qui est rare pour la grippe. Mais les vieillards sont aussi les plus touchés : la létalité des personnes âgées de plus de 80 ans est de 14,8%. Elle est de 8% pour les 70 à 79 ans, de 3,6% pour les 60-69 ans, 1,3% pour les 50-59 ans, 0,4% pour les 40-49 ans, et 0,2% pour les 10-39 ans. Les femmes meurent moins que les hommes : 1,7% de létalité contre 2,8%. 

           Les patients déjà atteints de maladies cardiovasculaires sont les plus menacés (10,5%) devant les diabétiques (7,3%) ou les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques (6,3%) ou d’hypertension (6%). Au total, 80% des cas de Covid-19 sont bénins.

           Toutefois les calculs de létalité ne sont pas faits de la même façon pour les deux maladies; pour le coronavirus, on compare les décès au nombre de personnes porteurs du virus. Pour la grippe, on met en place un système de surveillance auprès des acteurs médicaux et on calcule un nombre de cas probables de malades.

 

Symptômes et période d’incubation :

 

          Les symptômes des deux maladies sont comparables : écoulement nasal, fièvre, toux, courbature, céphalée, fatigue; les formes sévères sont analogues (difficultés respiratoires, pleurésies, détresse respiratoire…) mais elles sont plus fréquentes pour le Covi-19. En outre celui-ci peut provoquer une insuffisance rénale aiguë voire une défaillance multi-viscérale souvent mortelles. Une proportion plus importante de patients risque d’aller en réanimation.

           La période d'incubation du Covid-19 est plus longue que celle de la grippe, puisqu'elle peut aller jusqu'à 12/14 jours contre 3/6 jours pour la grippe.

On ne connait pas bien la durée minimale d’incubation du Covi-19; elle semble être de 6 jours environ. On ne sait pas encore à partir de quand un malade est contagieux et s’il y a des porteurs sains, mais la contagion est peu probable tant que le malade ne tousse pas et n’a pas d’écoulement nasal.

           Le fait que les symptômes des deux maladies soient très proches, explique pourquoi les chinois ont mis plus d’un mois à s’apercevoir de l’existence du coronavirus COVI-19, ce qui a entraîné des contagions nombreuses. En fait il a fallu des cas très graves différents de ceux de la grippe pour donner l’alerte.

 

Transmission et contagiosité; diagnostic :

 

           Le mode de transmission est le même pour les deux maladies : transmission par voie aérienne en toussant ou éternuant, par contact rapproché entre deux personnes, ou par l'intermédiaire d'un objet ou d'une surface, préalablement touché par un malade.

           Dans les deux cas, le risque de contagion respiratoire est limité à moins de deux mètres environ.

           La contagiosité du Covid-19 est légèrement supérieure à celle de la grippe saisonnière. Le « taux de reproduction de base » - RO (nombre moyen de personnes auxquelles un malade risque de transmettre la maladie) se situe entre 2 et 3, quand il n'est que d’1,5 pour la grippe saisonnière. Toutefois ce facteur n’est pas constant et il varie avec l’environnement et la météorologie.

           Le diagnostic du covi-19 se fait par prélèvement de mucus nasal et salivaire et recherche de l’ARN du virus.

           En période de circulation du virus de la grippe, le tableau clinique par observation des symptômes est suffisant pour poser le diagnostic. La détection du virus n'est, pour l'instant, pas réalisée en pratique courante.

 En dehors d'une période épidémique déclarée, les syndromes grippaux peuvent avoir d'autres origines, virus divers, voire bactéries.

 

           En définitive, les conséquences des épidémies annuelles de grippe sont pour le moment, sans commune mesure avec celle du coronavirus chinois, mais évidemment on ne sait pas ce que serait une épidémie importante et ses conséquences. Les chinois semblent avoir enrayé cette épidémie.

           Le fait que ce nouveau virus soit inconnu a sûrement contribué à l’affolement actuel, alors qu’on est habitué à la grippe, et que l’on a un vaccin pour celle-ci, que la plupart des gens n’utilisent malheureusement pas, par négligence..
           Mais il est quand même anormal qu’on ne se préoccupe pas des nombreuses victimes de la grippe, alors que les médias consacrent la moitié d’un journal télévisé à l’annonce de tous les nouveaux cas de covi-19, que certaines mesures contradictoires sont prises, sans toujours en prévoir les conséquences économiques, que les renseignements donnés à la télévision sur les masques et les solutions hydroalcooliques et les savons tout aussi efficaces, ne sont pas assez précis.

           Il est étonnant que l’on insiste autant sur les désinfections, alors que le virus ne peut subsister en dehors de l’homme plus de quelques heures.

 Les réseaux sociaux par ailleurs diffusent des âneries notoires et certaines personnes spéculent sur cette crise (notamment les masques et les désinfectants).
           Il s’ensuit un affolement assez anormal et il est curieux de voir par exemple les « droits de retrait » qui sont invoqués dans des régions où il n’y a pas de foyer de contagion, alors que personne ne songe à cela en période d’épidémie grippale où le risque de contamination est des milliers de fois plus grand, vu le nombre de porteurs du virus.


Nota : Les statistiques sur la grippe 2018/19 sont tirées du rapport de surveillance de la grippe en France de la Santé publique http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2019/28/pdf/2019_28_1.pdf

 

Grippe et coronavirus Càvi-19 : comparaison.

Vendredi 6 mars 2020 à 9:52

Biologie, santé.

Un point rapide sur le coronavirus chinois Covid 19


          On en parle tellement partout, radio, télévision, journaux, réseau sociaux, et l'on dit tellement de bêtises que cela m'a semblé utile de revenir sur ce sujet, maintenant que l'on a davantage de renseignements sur le coronavirus chinois Covid.19.

         J'ai déjà fait un article le 30/01/2020,  sur ce virus, où je rappelais ce qu'était un virus, et notamment qu'il ne pouvait pas se reproduire, ni vivre longtemps à l'extérieur de cellules animales qu'il infectait, et je disais que l'infection se propageait essentiellement par voie respiratoire ou cutanée, soit que nous respirions ou que nous touchions des gouttelettes expulsées par des personnes porteuses du virus, en toussant ou éternuant, présentes dans l'air jusqu'à un à deux mètres maximum de la personne, ou déposés sur des objets. Ces gouttes contenant du virus et déposées sont appelées "fomites" et deviennent inactives au bout de quelques heures.
         Je vais dans cet article, donner plus d'information sur le virus

Les divers coronavirus :

         On connait les coronavirus depuis de nombreuses années et il y en avait 4 principaux, dénommés ainsi à cause de leur forme circulaire et de leurs protubérances (qui leur permettent de s'attacher aux cellules pour les infecter, et qui font penser à une couronne, ou à la couronne solaire lors d'une éclipse). Mais ces 4 types de virus, lorsqu'ils infectaient l'homme, ne produisaient que des rhumes relativement bénins, sauf complications par des infections bactériennes.
         Le principal réservoir de ces virus est la chauve-souris, qui est insensible à son action. Pour qu'il infecte l'homme, il faut en général qu'un mammifère intermédiaire soit infecté.
         La chauve souris est aussi porteuse du virus Ebola, qui a sévit fortement en Afrique (et sévit encore), mais ce n'est pas un coronavirus.
         Les coronavirus provoquant des pneumonies graves et pouvant être mortels sont apparus en 2002 et sont au nombre de 3 : 
                  - le syndrome respiratoire aigu sévère ou SRAS-cov-1, qui a sévi en 2002/2003,  principalement dans les pays asiatiques, pendant 7 mois, avec 8346 cas dénombrés et 646 décès.
                  -  le syndrome respiratoire du Moyen Orient ou MERS, avec 2374 cas et 823 décès, qui sévit encore depuis 2012.
                  - Le SRAS-cov-2 ou covid 19 actuellement en cours et qui a touché environ 90.000 personnes, principalementt en Chine, et provoqué environ 3.000 décès.
         On peut penser que la chute-souris est l'animal initial (souche connue de coronavirus RaTG13), mais il faut un intermédiaire pour le passage à l'homme. Il semble que pour le SRAS, ce fut une civette et pour le MERS, le dromadaire. Pour le virus chinois, on soupçonne un pangolin, animaux vendus sur le marché de Wuhan.

Un point rapide sur le coronavirus chinois Covid 19
 
                       SRAS - COV1                       MERS                SRAS  COV2 ou Covid 19

Structure des coronavirus COV   

Un point rapide sur le coronavirus chinois Covid 19     Ces virus comportent une enveloppe, une capside, et un matériel génomique constitué d'ARN. Cet ARN monobrin, est l'un des plus gros qui existe parmi les virus, compor-tant de l'ordre de 30 000 bases puriques (en N sur le schéma ci-contre.
    Les protéines S réagissent avec des protéines des membranes cellulaire un peu comme une colle, pour arrimer le virus à la cellule. Les protéines M et E vont ensuite percer la membrane cellulaire et injecter l'ARN du virus dans la cellule. Le matériel cellulaire de la cellule, au lieu de la reproduirere identique à elle même produira à la place l'ARN du virus, qui se reproduira et se multipliera .       

Les symptômes provoqués par le Covid-19

          Le plus souvent, le Covid-19 provoque des symptômes proches de ceux d’une grippe: de la fièvre, de la toux, des maux de gorge, des difficultés respiratoires, des douleurs musculaires et de la fatigue. Une pneumonie sévère, un syndrome de détresse respiratoire aiguë ou encore un choc septique peuvent intervenir dans les cas les plus graves et conduire au décès. On constate également des insuffisances rénales.
          Tous les malades ne sont pas réceptifs de la même façon : les enfants, qui ont un bon système immunitaire sont peu touchés. La maladie est rarement mortelle au dessous de 40 ans. Par contre la mortalité est beaucoup plus forte chez les vieillards ou chez les personnes déjà atteintes d'une maladie respiratoire ou cardiovasculaire, ou souffrant de diabète.

Les dangers du Covid-19, par rapport à d'autres virus : 

        Trois paramètres permettent de caractériser rapidement un virus par rapport à d'autres :

La contagiosité
         On donne en général deux paramètres importants : la distance de contamination et le nombre de personnes contaminées en moyenne par une personne porteuse du virus/

         L'un des virus les plus contagieux est celui de la rougeole, pour lequel une personne peut en moyenne en contaminer 18 et cela jusqu'à 30 mètres de la personne contaminée. Pour le Covi-19, la distance n'est que de 2 mètres et le nombre de personnes de 3, comme le SRAS. Toutefois il semble que le virus chinois ait dix fois plus d'affinité pour les cellules humaines que celui du SRAS.

La durée d'incubation :
        Elle a été estimés pour le Covi-19 à environ 12 jours maximum, ce qui détermine les durées de quarantaine de 14 jours.

        L'exemple le plus extrême est le VIH qui peut déclencher le sida entre quelques mois et 7 à 10 ans après la contamination : sauf dépistage un individu peut donc transmettre la maladie pendant des années sans qu'on s'en aperçoive : il est provisoirement "porteur sain". C'est ce qui a permis la dissémination mondiale du sida.
       L'autre problème est de savoir à partir de quand une personne peut transmettre le virus et si cela intervient avant qu'elle ne présente des symptômes de la maladie.
       Ce paramètre semble encore mal connu pour le Covi-19; les premier cas en Chine semblaient montrer que l'on avait des symptômes lorsque l'on était contagieux, mais des cas plus récents, notamment en France, semblent montrer qu'on peut être porteur sain dans un premier temps. Cela veut dire qu'on a déjà un infection suffisante pour transmettre le virus, avant d'avoir les symptômes de la maladie. Mais cela n'est sans doute vrai pour toutes les personne.

La létalité :
       Le virus le plus mortel est le virus Ebola, qui peut tuer jusqu'à 90% des malades. Le virus de la grippe aviaire bien que peu transmis à l'homme, est mortel à environ 60%Les coronavirus MERS et SRAS étaient très dangereux avec 35% et 10% de mortalité.

        Bien qu'on n'ait pas encore des chiffres bien établis, car en début d'épidémie, les personnes peu atteinte n'ont sans doute pas été détectées en Chine, le Covi-19 ne semble pas avoir une létalité supérieure à 2 à 3 %.
        Le virus de la grippe a une létalité au moins 10 fois moindre, 1 à 2 pour mille, mais comme il y a chaque année des millions de personnes contaminées, il y a des milliers de morts.

La psychose actuelle.

        C'est un peu paradoxal que ce virus chinois suscite une telle pd-sychose, alors que la grippe annuelle contamine et tue beaucoup plus et qu'il existe un vaccin efficace, mais que la plupart des gens ne se font pas vacciner.
        J'ai été témoin  ou j'ai vu à la télévision des choses aberrantes, qui me font douter de l'intelligence de certaines personnes :
        J'ai vu, dans une queue du dimanche chez le boucher, des gens laisser un vide de deux places derrière une dame chinoise, qui ne revenait pas de voyage, ne toussait et n'éternuait pas. J'ai vu des gens porter des masques dans la rue, alors qu'il n'y a pas de personne contaminée dans le secteur, et que de toute façon ces masques ne protègent pas contre le virus qui est trop petit.
        Les autorités ont annulé le marché du dimanche de Creil, ce qui est pénalisant pour les agriculteurs qui vendent leur production, alors que, en plein air on ne risque pas de contamination si on est à plus d'un mètre face à une personne qui tousse ou éternue, et qu'on ne touche pas des objets de l'environnement. Mais la grande surface voisine était restée ouverte, alors que c'est un lieu clos, où il vaut mieux rester à plus de deux mètres d'une autre personne. C'est absurde.
       Au lycée Lakanal à Sceaux, 12 élèves venant d'Italie, sont en quarantaine de 14 jours, mais par pure précaution. D'autres élèves disent sur les réseaux sociaux, qu'il y a 12 élèves du lycée atteints par le corona virus. On s'étonnera ensuite si les gens s'affolent quand on voit de pareilles inepties.

      Les pharmacies n'ont plus de masques et là encore cela montre le manque d'information. La plupart des masques vendus ne protègent pas des virus, car ils ne filtrent que les poussières supérieures à 50 µ, alors que les virus ne font que quelques microns, et d'autre part n'adhèrent pas aux joues sur le coté. Par contre ils arrêtent les postillons et gouttes d'éternuement et isolent correctement une personne porteuse du virus.
       Les seuls masques efficaces sont les "masques chirurgicaux coques" FFP2 et FFP3.
Ces masques se colmatent peu à peu et leur durée de vie maximale est de 6 heures et ils doivent ensuite être jetés à la poubelle. Dans certaines conditions, cette durée peut même être abaissée à 3 heures et ces masques, potentiellement contaminés ne sont,en aucun cas, lavables. En fait ils sont réservés aux personnels médicaux, amenés à soigner les malades contaminés.
      En fait, porter un masque en prévention pour aller faire ses courses, n'a de sens que lors d'une épidémie véritablement présente dans le secteur où l'on se trouve, et les masques n'ont aucun sens si on ne se lave pas les mains puisqu'en pratique on touche des surfaces contaminées.

       On ne trouve plus de solution hydroalcoolique dans les pharmacies. Certes cela permet une désinfection si on est loin de tout lavabo et robinet, mais faut il, comme le font certaines personnes s’en appliquer sur les mains avant chaque repas.
          Les gels hydroalcooliques ont des propriétés bactéricides, virucides et fongicides (tuant les bactéries, les virus et autres champignons) sans avoir aucun effet nettoyant : les bactéries meurent, évitant ainsi toute propagation vers d’autres personnes, mais elles restent sur vos mains. 

         Les solutions hydroalcooliques ne remplacent donc pas le lavage des mains. D’ailleurs, celles-ci doivent être propres et sèches avant toute utilisation de ce gel. et les effets de ces gels sur le long terme sont mal connus. 
        Les bactéries contenues sur nos paumes ne sont pas toutes mauvaises et certaines d’entre elles nous permettent de combattre les autres, plus mauvaises, notamment les souches plus résistantes aux antibiotiques. À force de tout aseptiser en voulant se protéger, on perd également notre meilleure défense immunitaire.
       Le savon de Marseille de ma grand mère est tout aussi efficace si on se lave bien les mains !         
 
     Enfin j'ai été étonné du manque de logique d'un propos de notre premier ministre, qui recommandait à la télé de se laver les mains toutes les heures. Cette fréquence imposée est absurde.
       Si on n'a touché aucune surface susceptible d'être contaminée pendant une heure, pourquoi se relaver les mains. Et par contre si on vient de sortir à l'extérieur et que l'on a touché des surfaces inconnues, il faut alors se laver les mains, car on pourrait les avoir contaminées.

     Mais virus ou pas virus, mes parents m'ont toujours dit qu'il fallait se passer les mains à l'eau et au savon avant de manger. Où est passé le bon sens d'autrefois ?

Les Tests :

          Et j'ai entendu certaine personnes avoir peur des tests, peur d'avoir mal. C'est absurde.
          Le test ressemble à un test d'ADN, sauf qu'on ne vous prend pas que de la salive mais aussi un peu de mucus nasal, avec des espèces de coton-tiges. Ils sont ensuite soigneusement scellés dans un tube car ces prélèvement peuvent contenir des virus.
          Le test en labo ressemble à un test d'ADN. Mais on le fait après une culture rapide du prélèvement pour multiplier le nombre de virus et donc être plus sensible. Puis on fait le séquençage, et on regarde si'il contient l'ARN caractéristique du Covi-19.
          Ce test en labo dure environ 3 heures.

 Nota : La plupart des virus ont besoin d'être dans le corps d'un animal pour vivre et se reproduire. Mais il existe aussi des virus qui peuvent vivre dans des plantes en se servant de leurs cellules pour se reproduire. C'est le cas par exemple du virus de la tomate qui sévit actuellement. Mais ces virus ne sont alors pas nocifs pour l'homme et les animaux dans les cellules duquel ils ne peuvent se reproduire.
Mais il y a aussi des virus de bactéries et des virus de virus, qui vivent au détriment de leur hôte.

 

Vendredi 31 janvier 2020 à 10:11

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/Unknown2-copie-2.jpg
                Des pestes antiques et du Moyen Age aux virus modernes,  Ebola et Zika ou du SRAS (le syndrome respiratoire aigu sévère), l’humanité a peur des épidémies depuis des millénaires, car autrefois, virus et bactéries ont décimé des populations entières, car la médecine embryonnaire de l’époque n’arrivait pas à les contenir. 

           Alors, à chaque apparition d’une nouvelle menace, même minime, l’opinion imagine des conséquences apocalyptiques, plausibles ou non, en oubliant que la médecine a fait des progrès.
          C’est bien le cas actuellement pour le coronavirus chinois (qui n’est pas jaune et n’a pas les yeux bridés !).
          Je voudrais essayer de ramener les craintes actuelles dans le domaine du raisonnable.

           J’ai déjà fait un article sur les virus, que vous pouvez consulter en cliquant dans la rubrique Accueil / Santé au 1/8/2019.

 « Qu’est ce qu’un virus ».

          J’y rappelais que ce n’est pas un être vivant C’est une “entité biologique” qui nécessite une cellule hôte d’un homme ou d’un animal, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Il ne peut se multiplier seul, ni subsister longtemps à l’extérieur.
         Il est composé d'une molécule d'acide nucléique (soit d'ADN soit d'ARN), entourée d'une coque de protéines appelée "capside" et parfois d'une enveloppe. Il ne possède en général aucun enzyme pouvant produire de l'énergie. Les virus sont le plus souvent de très petite taille, comparée à celle d'une bactérie, comprise entre 10 et 250 nanomètres. ( nanomètre = un millionième de mm).

 Ci-dessous le virus de la grippe.

Il ne faut pas avoir peur du coronavirus chinois

 Qu’est ce qu’un coronavirus

           Les coronavirus forment une famille comptant un grand nombre de virus qui peuvent provoquer des maladies très diverses chez l’homme, allant du rhume banal au SRAS, et qui causent également un certain nombre de maladies chez l’animal (principalement des mammifères et des oiseaux) 
 Il ne faut pas avoir peur du coronavirus chinois          Ce sont virus constitués d'une enveloppe entourant une capside à symétrie hélicoïdale. Leur génome est d’environ 30 00 bases puriques, , valeur très élevée pour un virus è ARN. Le terme coronavirusprovient de l'apparence au microscope électronique, caractérisée par une frange de grandes protubérances entourant l'enveloppe avec l'apparence d'une couronne, par analogie avec la couronne solaire.

          La plupart de ces virus déclenchent, chez l’homme comme chez l’animal, des syndromes respiratoires analogues à des pneumonies.
          Une nouvelle forme de syndrome respiratoire, analogue au SRAS, est apparue à Wuhan (en Chine) début décembre 2019. La pneumonie de Wuhan est due à un nouveau coronavirus, dont six génomes ont été communiqués à la communauté scientifique internationale. En janvier 2020, le virus a été nommé 2019-nCoV.
           La maladie est apparue chez des clients du marché aux poissons de Wuhan (où l'on vend aussi des oiseaux, des serpents et des lapins). Elle est d'origine animale et se transmet entre êtres humains. elle peut avoir été transmise dans ce marché par un animal ou par un homme qui avait été Au 26 janvier 2020, 56 décès ont été recensés sur environ 2 000 personnes infectées.

          Dans l’article du 3/8/2019, je parlais des conditions de contagion et j’expliquais que, pour les virus, ils se propageaient surtout soit par les voies respiratoires, (par exemple grippe), soit par contact avec des liquides du corps humain (Ebola).          
           Le virus chinois, comme celui de la grippe, se propage principalement par respiration de gouttelettes contenant des virus, expectorées par les malades (ou les porteurs sains) et par absorption des virus lorsque les gouttelettes se déposent sur des surfaces (ou y sont déposées par des objets contaminés, les mains en particulier), et nous touchons ces surfaces avec nos mains que nous portons ensuite à la bouche, au nez ou aux yeux. Les virus passent alors par les muqueuses de ces organes.
           Ces dépôts de gouttelettes infectées sur des surfaces où elles sèchent et qu’elles contaminent avec des bactéries ou des virus ont reçu un nom bizarre et peu connu : des “fomites”. Elles sèchent plus vite en été et la chaleur et les rayons UV du soleil, tuent les virus en quelques heures. En hiver, la contamination peut être active plusieurs jours.
(Pour votre culture générale, Wikipédia indique que “fomite était le nom autrefois donné aux éclats de bois se détachant des arbres lorsqu'on les abattait à la hache et désignait également les étincelles du silex ou que le marteau fait surgir lorsqu'il frappe le fer chauffé au rouge sur l'enclume.”.)
          Le virus peut également se transmettre par la salive et donc une contamination des lèvres et des mains du malade.

Dans l’article du 4 août je parlais de la lutte contre les virus.

          
 Il n’y a pas de médicament général très efficace pour lutter contre les virus. Les antibiotiques sont sans effets, mais peuvent éviter que le malade affaibli par le virus, ne succombe ensuite à une infection par des bactéries diverses.

           Il existe des médicaments antiviraux spécifiques d’un virus donné.  mais ils ne ne tuent pas les virus. Ils les empêchent de se multiplier, pour permettre à l’organisme de les éliminer plus facilement. Un des principaux moyens de suivre l’efficacité d’un traitement antiviral est d’ailleurs de mesurer la charge virale, c’est-à-dire le nombre de virus présents dans le sang.  
           Il existe aussi des vaccins pour atténuer préventivement l’effet du virus comme c’est le cas pour la grippe.

           Donc, dans la cas d’un virus nouveau, comme le virus chinois, on n’a pas de médicament spécifique.
     
    Alors que faire ?

           La première chose à faire c’est que les personnes atteintes contaminent le moins possible les autres. Il faut donc les mettre à l’écart et rechercher toutes les personnes qu’elles ont pu rencontrer pour examiner leur état de santé et éventuellement les isoler également.
           En Chine il a fallu d’abord qu’ils identifient le virus en cause, lequel était inconnu. Pendant  pus d'un mois il y a pu avoir contamination, et fialement le nombre de malades actuels (environ 2000) n’est pas très grand, vi à vis de ce délai
           Maintenant les chinois ont pris des mesures drastiques et la propagation est beaucoup mieux contrôlée.
            En France on sait la nature du virus et ses effets. Donc dès l’apparition des 3 cas, les personnes ont été mises en chambres stériles et leurs contacts éventuels ont été recherchés pour examiner leur état de santé. Le risque de propagation est donc très faible.

            Par ailleurs lLes études ont montré que la contagion était très peu probable en plein air, même sans masque, si on se maintient à plus de 2 mètres des autres personnes. car la dilution dans l’air des gouttelettes est très rapide et les UV jouent leur rôle protecteur.
            Par contre la contagion est plus probable dès que l’on séjourne nombreux dans des locaux peu ventilés, comme les bureaux, le métro, les classes, les magasins…
            Les études des dépôts de particules dans les diverses parties du système respiratoire ont montré que le risque principal était dû aux particules de 1 à 10 μm. Or les masques en tissus des pharmacies arrêtent les particules à partir de 50 μm, et donc sont peu utiles, car ils n’arrêtent pas les particules les plus fines, qui sont pourtant les plus disséminées et les plus dangereuses, 
Les personnels sanitaires qui utilisent des masques de chirurgien sont mieux protégées, car ils arrêtent mieux les particules fines..
            Les études ont également montré que la contamination par les surfaces sur lesquelles s’étaient déposées les gouttelettes contenant des virus (les “fomites”) était aussi importante que la transmission dans l’air dans le cas de la grippe et du SRAS et il est presque certain qu’il en est de même pour le nouveau virus. Porter des gants dans le métro et se laver souvent les mains avec du savon est donc une précaution utile.

            Lors de l’épidémie de Stras en Chine, virus de virulrnce analogue à l’actuel et alors tout aussi inconnu, il y a eu 300 morts, ce qui est 5 à di fois inférieur aux victimes annuelles de la grippe en France. C’est très regrettable, mais ne parlons pas de cataclysme !
           Certains français s’indignet qu’in ne prenne pas la température des passagers d’avions venat de Chine. Ce serait une mesure parfaitement inutile et inefficace. On peut être proteur qain du virus (on ne connait pas exactement le temps d’incubation du virus, mais ilest compris entre 2 et 12 jours, et par ailleurs il suffit d’avoir pris une aspirine ou du paracétamol pour ne pas avoir de fièvre.
           Mais actuellement le danger encouru en France face à ce nouveau virus est bien inférieur à celui du virus grippal (qui a fait l’an dernier plus de 1200 morts et plus de 100 000 malades). Il est peu probable, vu les précautions peises que l’on ait plus de quelques dizaine de cas sévères. 
           
Alors ne nous affolons pas et gardons nous de jouer les augures de scènes apocalyptiques qui risquent d’affoler les personnes peu informées. 

Vendredi 17 janvier 2020 à 17:39

Biologie, santé.

     Vous trouverez ci dessous un tableau donnant les caractéristiques des services proposés par les quatre grandes firmes américaines de tests génétiques offerts aux particuliers sur internet. Ce tableau est issu d’un numéro Hors sére de la revue « Pour la Science ».
    Seule la société 23andme (ce sont les 23 chromosomes) offre le service de tests « médicaux » aux particuliers qui voudrait cerner des risques statistiques de maladies, marché qu’elle obtient grâce à une publicité et un démarchage ciblé et en mettant à disposition des utilisateurs un logiciel qui leur donne l’impression de faire eux mêmes les recherches génétiques dont ils ont envie.
http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser3-copie-1.jpg

    Pour déterminer ces données, la société est partie d’études faites sur des malades et des témoins qui n’ont pas la maladie concernée. On a recherché des marqueurs en proportion notable chez les malades et absents ou en faible proportion chez les témoins indemnes.
    La fréquence de ces marqueurs dans l’ADN d’une personne peut donc indiquer un risque de maladie future.
    En fait cette méthode est très critiquée par les scientifiques, car elle suppose que des maladies complexes qui ont des causses multiples, n’ont qu’un caractère génétique à leur déclenchement.
    Il apparaît en effet qu’on ne sait pas en général l’origine de la maladie, et que l’environnement a le plus souvent un rôle important, même s’il ne s’agit que d’un déclencheur épigénétique.
    Le déclenchement des maladies complexes dépend certes de la génétique, mais aussi de l’environnement et du mode de vie de la personne en cause.
    Les données fournies par la société américaine ne sont donc qu’une mauvaise approximation du risque de la maladie.

    De plus, livrer de simples statistiques de risque de maladies, directement au consommateur sans l’intermédiaire d’un professionnel de santé, risque de provoquer des réactions erronées par méconnaissance des maladies, ou des prises inconsidérées de médicaments.
    On cite le cas de l’actrice Angélina Jolie, qui ayant ainsi appris qu’elle avait un certain risque de cancer du sein, alors qu’elle n’avait aucun signe clinique de la maladie, s’est fait enlever les deux seins.
    La FDA américaine a interdit en 2013 la diffusion de tels tests aux particuliers, mais elle est peu à peu revenue sur sa décision depuis 2015 et a autorisé une vingtaine de tests qui avaient fait l’objet d’études médicales.
    Mais si par exemple les mutations testées par la société 23andmesont des marqueurs fiables d’un risque de cancer du sein ou des ovaires, pour les personnes chez qui ils sont présents, par contre leur absence ne signifie pas un risque zéro, car d’autres mutations pourraient provoquer ces maladies.
    Le droit français interdit de réaliser des tests à d’autres fins que médicales ou scientifiques ou sur injonction d’un juge, et l’interprétation doit être faite par un professionnel de sante.

    En fait ces tests négligent l’épigénétique. Comme je l’ai déjà expliqué, L’ADN humain comporte environ 3 milliards de nucléotides (paire de bases face à face) et environ 30 000 gènes, support de l’hérédité des cellules..
        Mais ces gènes ne représentent que 30 % de l’ADN
        Les 70 % restant semblent ne servir à rien et sont ce que l’on appelle “l’ADN silencieux”
        On ne sait pas à quoi il sert. On pense que certaines parties sont des restes d’anciens gènes désactivés au cours de l’évolution.
        Mais il est actuellement certain également que certaines parties soient responsables de l’activation ou non de certains autres gènes
Un gène existant n’est pas automatiquement exprimé et il semble que de nombreux gènes ne s’expriment jamais.
        Il est possible qu’une partie de l’ADN silencieux soit constitué de gènes que nous ne connaissons pas parce qu’ils s’expriment rarement et que la recherche dans ce domaine est à ses débuts
        On a vu que, pour que la transcription se fasse, il fallait que l’ADN soit redéplié et que la double hélice soit séparée localement au niveau du gène à répliquer.
        Il semble que dans de nombreux cas, cette ouverture de l’ADN ne se fasse pas et le gène ne peut pas s’exprimer.
        Cet empêchement d’ouverture est dû à de légères modifications chimiques qui se sont produites dans la chaine d'ADN, et qui sont ensuite transmises aux cellules filles suivantes.
        La plus connue de ces modification est l’apparition de radicaux méthyl (-CH3), lesquels semblent empêcher l’ouverture de la chaîne à leur emplacement et donc l’expression du gène correspondant.
        Certains gènes correspondant à l’apparition de maladies sont ainsi bloqués et si à un moment donné ce blocage chimique disparaît, le gène s’exprime et la maladie se produit.
        On pense que cela pourrait être une explication de certains cancers.
        Il est probable que ce serait une explication des maladies immuno-déficientes.
        Certains chercheurs pensent également que de nombreuses personnes possèdent un gène de la schizophrénie, mais que ce gène ne s’exprimerait pas. Mais un traumatisme, une modification environnementale, une alimentation particulière... pourraient détruire le blocage de ce gène et la maladie se manifesterait alors.
        Ce type d'apparition doit être possible pour de nombreuses maladies génétiques.
Les tests de la société 23andme tiennent peu compte de ces données.

Vendredi 13 décembre 2019 à 15:58

Biologie, santé.

    J’ai lu un article assez étonnant sur  le numéro d’avril 2019 du magazine « Pour la Science » : les neurobiologistes explorent les faisceaux nerveux du cerveau grâce au virus de la rage.
 Sur le moment cela m’a inquiété car le virus de la rage s’attaque justement aux neurones du cerveau.

    Voyons d’abord ce qu’est ce virus de la rage, cher à Pasteur.
    C’est un virus très malin, qui a fait d’énorme ravage au &çème siècle, car il transforme un petit chien en une bête féroce qui mord et transmet le virus contenu dans sa salive, lequel colonise peu à peu les neurones et au bout d’un à trois mois d’incubation est mortel à 100%.
    Heureusement il y a eu Pasteur et son sérum et son vaccin et aujourd’hui il n’y a plus dans le monde, chaque année, qu’environ 60 000 décès dus à ce virus, au lieu de plusieurs millions.
    Ce virus a des capacités assez extraordinaires. La morsure permet aux virus de pénétrer dans les tissus musculaires de l’animal mordu, et de là, le virus va remonter tout le trajet nerveux, neurone après neurone, en leurrant le défenses immunitaires de façon très astucieuse.
    Le virus est une petite capsule (une capside), contenant un brin d'ARN, qui contient son matériel génétique, et sa capside est recouverte de protéines particulières : des glycoprotéines. Elles vont permettre au virus de pénétrer dans un neurone qui commande la contraction des muscles.
    Si vous avez lu mes articles vous savez que les axones des neurones sont liés aux dendrites des neurones suivants par des synapses pourvues de récepteurs chimiques et que des neurotransmetteurs libérés par l’influx nerveux arrivant sur l’axone, vont se fixer sur des récepteur de la paroi liée à la dendrite et provoquer une dépolarisation électrique qui va ainsi transmettre l’influx nerveux au neurone suivant.
Le flux nerveux descend ainsi jusqu’aux neurones situés dans les muscles et en commande la contraction.
    Le virus de la rage va remonter cette chaîne de transmission, à contre-courant, jusqu’au cerveau.
    Pour cela il va entrer dans la synapse, ses glycoprotéines vont lui permettre de simuler un neurotransmetteur et de pénétrer dans la terminaison nerveuse de l’axone, par la « porte de sortie » de l’influx nerveux. Il remonte ensuite l’axone, jusqu’au neurone.
    Une fois dans le corps du neurone, le virus va se déshabiller de ses glycoprotéines, libérer son ARN et il va se servir du matériel et de l’énergie (l’ATP) du neurone pour se répliquer et faire des copies de son ARN, et également des diverses protéines du virus.
    Les virus habituels font alors de très nombreuses copies d’eux-mêmes, c’est l’infection, mais cela fait mourir la cellule hôte et alerte les défenses immunitaires.
    Le virus de la rage est plus malin; Il va limiter sa reproduction, de telle sorte que le neurone ne meurt pas et les défenses immunitaires sont leurrées.
    Puis tous les virus produits vont remonter les diverses dendrites du neurone et gagner des neurones pus amonts dans le circuit neuronal.  Ainsi les virus remontent peu à peu la chaine, via la moelle épinière, en se multipliant à chaque étape, mais sans dommage apparent, et enfin, ils arrivent très nombreux dans le cerveau, sans que l’alerte ait été donnée et ils continuent à se multiplier dans les neurones du cerveau.. Mais cela a pris du temps plus d’un mois, d’où ce long délai d’incubation avant que la maladie ne se déclare.
    C’est pourquoi, dès qu’on est mordu, il ne faut pas attendre, et consulter pour des analyses, faites en général sur la victime et sur la bête si possible; le cerveau de celle-ci est infecté et chose exceptionnelle, cela la rend hargneuse et désireuse de mordre, car le virus permet ainsi une meilleure transmission à d’autres de son ARN.
    Le schéma ci-dessous résume tout ce périple.

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/Numeriser2-copie-1.jpg    Comment se servir de ce virus pour mieux connaître les faisceaux nerveux, notamment du cerveau.?
Pour le moment ce n’est que sur animaux et on ne va évidemment pas prendre un virus pathogène, mais on va le modifier génétiquement, avant de l’injecter dans le cerveau des animaux de laboratoire.


    Les chercheurs vont donc le reconfigurer pour pouvoir suivre son trajet, sans qu’il soit nocif.
    Ils remplacent d’abord le gêne qui entraine la production des glycoprotéines par un gêne fluorescent : Le virus garde donc son ARN, mais les cellules infectées deviendront fluorescentes. Ils vont ensuite redonner des glycoprotéines modifiées au virus, pour qu’il puisse entrer dans un neurone, mais ne puisse pas en sortir pour en infecter un deuxième.
Ainsi traité le virus lorsqu’il est entré dans un neurone peut se reproduire, mais ne sait pas reproduire ses glycoprotéines et donc ne peut rentrer dans le neurone suivant.
    Mais on risquait de détruire trop de neurone lors de l’injection. Les chercheurs ont extrait une protéine du virus de la grippe aviaire, qui empéchait le virus de pénétrer dans les neurones qui n’avaient pas un récepteur particulier sur les synapse et neurones des souris en étaient dépourvues.
    Ils ont ensuite introduit ce récepteur uniquement dans quelques groupes de neurones particuliers et le virus de la rage modifié n’a pu entrer que dans ce groupe restreint de neurones ayant reçu ce récepteur
    L’étude décrit les processus détaillés de modifications génétique; Je vous en fait grâce car c’est assez difficile et un peu lassant à lire
    Mais après ces modifications complexes; les chercheurs peuvent suivre pas à pas la  progression du virus depuis le groupe de neurones spécifiques où l’on a introduit les récepteurs particuliers.
    Les chercheurs ont ainsi commencé à étudier les circuits des neurones moteurs qui commandent nos muscles et d’autres ont étudieé les circuits d’interprétation de la vue.
    Bien sûr cette technique est limitée à des animaux (essentiellement des souris), mais elle permet une analyse beaucoup plus fine que la RMN, qui ne permet de détecter qu’un grand nombre de neurones.

Samedi 13 juillet 2019 à 11:09

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/lesplaquettescellulessanguines.jpg
    Les « thrombocytes » ou plaquettes sanguines, sont des cellules sans noyau, formées dans la moelle osseuse. Elles jouent un rôle essentiel dans la coagulation car elles forment des agrégats qui vont "boucher" une blessure (coupure, plaie) juste après qu'elle se produise, et avant que les autres facteurs de la coagulation ne se déclenchent.
    Les plaquettes permettent donc d’éviter un saignement à l’intérieur du corps.

    Elles  sont de forme lenticulaire, en disque biconvexe, et mesurent entre 1.5 et 3.5 µm de diamètre. Les plaquettes sont présentes à raison de 150 000 à 400 000/µL de sang. Leur durée de vie moyenne est de 9 jours.
    Les thrombocytes sont formés par fragmentation des méga-caryocytes, grandes cellules contenues dans la moelle osseuse. Ils ne sont donc en fait pas des cellules complètes mais uniquement de petits fragment de cellules.
    Un méga-caryocyte produit environ à lui seul 1 000 à 10 000 plaquettes, en environ 5 jours, le temps nécessaire au mégacaryocyte immature de se remplir de protéine, de cyto-squelette et de granules que chaque plaquette emportera.

    Des cellules souches de la moelle osseuse donnent naissance à des méga-caryoblastes qui possèdent une potentialité de différenciation et vont devenir des "méga-caryocytes". Ceux-ci subissent plusieurs cycles de division cellulaire durant lesquels ils répliquent leurn ADN. Cependant, aucune n'étant menée à son terme, le noyau double sa quantité d'ADN à chaque division. La cellule mesure alors de 100 à 150 micromètres (les mégacaryocytes sont les plus grosses cellules de la moelle osseuse, mais aussi les plus rares) et le noyau comporte jusqu'à 128 fois la quantité normale d'ADN ..
 Le mégacaryocyte va alors se diviser en « proplaquettes » (5 à 7), qui vont être libérées, et « exploser » pour donner naissance à 1 000 voire 1 500 plaquettes chacune, conférant un pouvoir de production de l'ordre de 10 000. plaquettes par méga-caryocyte, ce qui se justifie par la courte durée de vie (9 à 10 jours chez l'humain) des plaquettes dans le sang (environ 10puissance11 plaquettes sont produites chaque jour pour garder le taux constant dans le sang humain). Les plaquettes sont alors libérées dans le sang, afin qu'elles puissent remplir le rôle fondamental dans la survie du corps.

    Aujourd’hui, pour éviter les hémorragies, lorsqu’il y a carence naturelle des plaquettes, la seule source existante est la transfusion de plaquettes provenant de dons du sang, dont les besoins continuent d’augmenter, ce qui encourage les chercheurs à envisager des sources complémentaires au don du sang, d’autant plus que les plaquettes sont aussi difficiles à conserver, contrairement aux globules rouges, ce qui nécessite qu’elles soient transfusées dans les 5 jours après le don du sang..
    Une équipe associant physico-chimistes, biologistes médecins des Universités de Paris Descartes et Diderot, du CNRS, de l’Ecole supérieure de Chimie de Paris, de l’Inserm et la start-up PlatOD a développé un dispositif microfluidique (une sorte de « puce »), qui produit en quelques heures une grande quantité de plaquettes sanguines. (la figure ci-dessous est empruntée à leur compte-rendu d’étude)

http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/reyssatfig1bis.jpg
    Le puce est constituée d’un canal, encombré par de nombreux « micropiliers », dans lequel on injecte des mégacaryocytes (schéma a). Ceux-ci adhèrent aux piliers grâce à une protéine identique à celles de la paroi du vaisseau sanguin, qui recouvre la surface des micropilliers et qui reconnaît spécifiquement la membrane des mégacaryocytes (schéma b).
    Les mégacaryocytes subissent les cycles de transformations qui donnent naissance aux plaquettes, qui sont emportées par le flux qui traverse la puce, (photo c), et peuvent être recueillies, et sont, après une activation chimique, capables de remplir leur fonction anti-hémorragique chez un receveur.
    Avec une source plus importante de mégacaryocytes et une puce de plus grande capacité, une production de plaquettes sanguines in vitro à grande échelle sera possible.
    Le procédé est actuellement validé, il faut le redimensionner, faire des essais sur des animaux, puis, dans quelques années, passer à l’expérimentation clinique.

Samedi 15 juin 2019 à 8:57

Biologie, santé.


    La maladie d’Alzheimer se rencontre de plus en plus chez les personnes âgées, du fait du vieillissement de la population.
    Rare avant 65 ans, elle représente 2 à 4% de la population des 70 ans et le pourcentage augmente ensuite vers 15% à 80 ans.
    Les femmes (60%) sont plus exposées que les hommes (40%), mais ce n’est peut être dû qu’à la différence d’espérence de vie.
    Il y a aujourd’hui environ un million de malades, mais leur nombre devrait atteindre 1,3 millions en 2020.

    La maladie d’Alzheimer est une lente dégénérescence des neurones, qui est caractérisée par deux sortes de lésions :

  http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/betaamyloides.jpg       - des « dépôts amyloïdes, principalement près des axones, dus à une protéine, la peptide bêta-amyloïde. (Nota amyloÏde vient d’amidon, car le médecin Rudolf Virchof, qui a découvert ces dépôts croyait à tort que c’était de l’amidon alors que c’était une protéine; il n'y avait pas, à l'époque de moyens analytiques suffisants).
    Il existe naturellement dans la membrane des neurones, des protéines transmembranaires appelées APP (« Amyloid Protein Precursor », précurseur de la protéine amyloïde), qui aident les neurones à croître, à survivre et à se réparer quand ils subissent des lésions. (cf. les trois schémas ci-dessous)
    Des enzymes peuvent couper en deux endroits cette APP et libèrent alors une petite protéine, qui se replie en feuillets plissés, la protéine beta-amyloïde. Ces protéines ont tendance ensuite à s’agglutiner en plaques, stables et insolubles.
    Ces plaques coupent la communication synaptique, en perturbant le rôle d’un neurotransmetteur, la choline.
    De plus il semble que ces amas finiraient par devenir toxiques pour les neurones.





http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/d08malz2a-copie-2.jpg
 
     d’autres protéines, les protéines Tau (pour « tubulin associated unit », sont aussi présentes naturellement dans l’environnement des neurones. Elles constituent une ossature comprenant des micro-tubulures qui assurent le transport de nutriments des neurones aux extrémités de l’axone, comme sur un « rail ». Ces micro-tubulures sont aussi appelées « fibrilles »
    Sous l’effet d’une trop grande phosphorilation, ces protéine peuvent devenir »collantes » et quitter les microtubulures pour s’agglutiner. Les microtubulures ne peuvent plus acheminer les nutriments et l’axone meurt, puis ultérieurement le neurone.
    Cette destruction s’appelle la « dégénérescence neurofibrillaire ».

    Non seulement des neurones meurent, mais les communications avec les neurones suivants sont détruites et donc toute une chaine de communication cesse de fonctionner.

    Quelles sont les conséquences sur le fonctionnement du cerveau ?

    A partir de 20 ans et en vieillissant, le cerveau perd des neurones qui meurent. C’est particulièrement vrai pour l’hippocampe, le centre d’aiguillage de la mémoire. Donc nous avons tous des « trous de mémoire » en vieillissant, sous des aspects divers : difficulté pour trouver un mot, oubli de l’endroit où l’on a mis un objet, difficulté pour mémoriser de nouvelles connaissance, oubli d(une action mineure…
    Les malades d’Alzheimer voient ces difficultés de mémorisation augmenter progressivement. De plus une diminution importante de l’attention et de la concentration s’ensuit. C’est la mémoire épisodique immédiate qui est la plus atteinte. Puis progressivement des souvenirs plus anciens.
    Le cortex endorhinal (qui fait partie de l’hippocampe) contrôle notre notion du temps qui s’écoule et d’autre part notre « GPS interne » qui nous guide en permanence (voir mes articles des 10 et 14/12/2016).
    Il en résulte que les personnes qui développent la maladie se perdent sur un trajet habituel ou ne savent plus se situer dans le temps.
    Les troubles peuvent ensuite s’étendre au cortex préfrontal et entraîner des troubles des fonctions exécutives (programmation, séquence de réalisation d’un but, par exemple ne plus savoir comment se servir de son téléphone, de la télévision ou d’un ordinateur, ou comment préparer une recette jusque-là bien connue.)
    En temps normal le cortex préfrontal contrebalance l’influence des centres amygdaliens. Si son rôle diminue, ces derniers prennent l’avantage, entraînant des troubles du comportement et de l’humeur (anxiété, dépression irritabilité).
    L’extension de la maladie peut se traduire par des troubles progressifs du mouvement (apraxie), et plus rarement, des troubles du langage (oral : aphasie et écrit dysorthographie), ou de la vision élaborée (lecture, repérage des objets…).

    ll faut cependant souligner que cette progression de la maladie n’est ni unique, ni forcément catastrophique : tous les patients ne vivent pas la même évolution, et ne souffrent pas du même handicap. On peut bien souvent longtemps continuer à avoir une vie sociale, intellectuelle et affective avec la maladie d’Alzheimer...

  Un progrès important serait fait, si l'on savait dépister assez tôt la maladie d'Alzheimer, pour pouvoir ralentir ses effets. Il semble que ce soit possible, car des tests relativement sensibles ont été mis au point, permettant de déceler dans le sang, des marqueurs de la présence dans le cerveau, des béta-amyloïdes et des protéines Tau


 

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