Jeudi 3 mars 2016 à 18:15

Biologie, santé.

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          Je vous ai parlé plusieurs fois de « l’épigénétique ». ( mes articles des 3/1/2015, 13 et 14 /1/2012, 6/7/2010 et 3 mars 2009).
           On me demande  à nouveau quel est l’influence de l’environnement sur notre patrimoine génétique et qu’est ce que l’épigénétique.
           Plutôt que de vous renvoyer sur mes anciens articles, je vais essayer de les résumer.

           Le terme d’épigénétique inventé en 1942 par Conrad Waddington concernait à l’origine  « la branche de la biologie qui étudie les relations de cause à effet entre les gènes et leurs conséquences biologiquess, et concernait donc le phénotype » (notre structure héréditaire ADN.)
          Aujourd'hui, la définition la plus courante de l’épigénétique est « l’étude des changements héréditaires dans la fonction des gènes, ayant lieu sans altération de la séquence d’ADN ».
         Je rappelle que l’ADN est une structure moléculaire en double hélice de deux mètres de long, dans le noyau d’une cellule qui ne fait que quelques micromètres. L’échelle élémentaire de l’ADN c’est le nanomètre. (10puissance -9 m)
         L'ADN est une espèce d’échelle avec deux montants hélicoïdaux (composés de phosphates et de sucres) et de barreaux, constitués chacun de deux molécules parmi quatre bases azotées que nous nous contenterons d’appeler (un peu comme Bach avec les notes) A, C, G, T et qui s’associent toujours A et T, (ou T et A) et C et G (ou G et C).
        C’est l’enchaînement des séquences successives de ces molécules (les barreaux) qui constituent le patrimoine génétique d’une cellule, c’est à dire l’enchaînement des nucléotides A,C,G,T.
        Tout le fonctionnement biologique de nos cellules est conditionné par de multiples protéines, qui sont issues de 20 molécules élémentaires d’acides aminés et la synthèse d’un acide aminé donné dépend de la succession de 3 de ces bases A,C,G,T. (on appelle cette succession de 3 bases des « codons »)

       Mais “l’usine” de synthèse des acides aminés est souvent au repos et puis tout à coup, pour des raisons encore mal connues, une portion de cette succession de base va s’activer et fabriquer la succession d’acides aminés et donc la protéine spécifique que code cette succession.
       C’est cette succession de “codons” de 3 bases qui code donc chaque type de protéine bien spécifique, que l’on va appeler un gêne et on dit lorsque cette fabrication entre en jeu, que le “gêne s’exprime”.

         Dans la formation du corps humain, à certains moments, certains gènes seront “forcés” de s’exprimer", sinon nous aurions une non-formation ou mal-formation.
        Mais d’autres pourront rester « endormis » toute notre vie, ou au contraire, tout a coup s’exprimer alors que ce n’était ni obligatoire ni même prévu. Cela pourra être sous l’effet de facteurs biologiques, mais aussi de phénomènes extérieurs physiques ou psychiques.
        Donc un  événement extérieur peut être capable de déclencher l’expression d’un gène. C’est cela l’épigénétique

   
       Cela dit, ce n’est pas tout à fait aussi simple que cela, car une caractéristique de notre corps, un caractère génétique, la prédisposition à une maladie ou son apparition; ne dépendent pas d’un seul gènes, mais de plusieurs qui modulent les événements épigénétiques.
      L’apparition d’une modification génétique n’est donc pas du « tout ou rien » car elle est modulée par plusieurs gènes, et tous ne s’expriment pas forcément.
       
      L’épigénétique est donc un potentiel de modifications génétiques sous l’effet d’événements internes ou externes «(nourriture, stress, traumatismes divers…), modifications qui sont ultérieures à la conception et à la naissance.
      On pourrait donc penser qu’elles n’ont aucun rapport avec notre patrimoine génétique légué par nos parents.
      Ce n’est pas tout à fait vrai.
      En effet pour s’exprimer un gène doit permettre que les éléments d’ADN le concernant, (la séquence des bases),puissent être « reproduits ».
      Pour que cette duplication se fasse il faut que l’ADN dont la chaine est enroulée sur des espèces de bobines, les histones, (voir mon article du 14/1/2012), se déroule à l’endroit où doit se faire la transcription.
      D’autres gènes voisins peuvent bloquer ce mécanisme.
      Par exemple, la présence de groupes méthyle (-CH3) à I'ADN limite I'accès et empêche la machinerie de transcription de se lier à I'ADN, et le gène est ainsi rendu silencieux, ou du moins la probabilité de son expression est fortement diminuée.
A l'inverse, le groupes acétyle (- C0CH3) fixés aux histones, conduisent au relâchement et au déroulement de I'ADN et facilitent l'expression génique, et donc sa probabilité, mais ce ne sont pas les seuls groupes chimiques concernés par ce mécanisme.
(voir les deux schémas en tête de l'article).
      Dans l’ADN transmis par nos parents un certain nombre de groupes favorisant ou interdisant le déroulement et donc la transcription, sont présents.
      Certaines possibilités ou impossibilités de modification épigénétiques sont donc transmises par nos parents, mais s’il est presque impossible aux gènes silencieux de s’exprimer, il n’est pas certain que ceux qui pourraient s’exprimer le fassent par la suite.
      Il faut qu’un événement les pousse à s’exprimer.



Mardi 1er mars 2016 à 15:28

Biologie, santé.

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    Chirurgien est un métier bien difficile.
    D’une part il faut avoir les connaissances habituelles à tout médecin, mais encore il faut de super connaissances en anatomie.
    Je me souviens d’un chirurgien avec lequel je discutais et qui me décrivait une opération, en me donnant tous les détails de ce qu’il allait rencontrer successivement en faisant ses incisions : muqueuses, muscles, nerfs, vaisseaux sanguins, organes, pout arriver sur ce qu’il devait opérer. C’était une véritable carte en 3D.
    Et puis non seulement il faut des connaissances et une expérience intellectuelles, mais il faut une grande dextérité pour manier les instruments avec précision surtout pour inciser, mais aussi pour recoudre. Et il faut calme et concentration et que la main ne tremble pas.
    J’ai beaucoup d’admiration pour cette capacité d’action.

    L’apprentissage d’un chirurgien est donc très long. Non seulement 10 ans d’études de médecine et de spécialité, mais l’acquisition d’expérience au sein d’une équipe, auprès des chirurgiens plus anciens.
    Il est bien connu qu’en fac de médecine, avant d’oser intervenir sur une personne, les étudiants apprenaient à manier le scalpel et à étudier l’anatomie sur des cadavres. Ce n’est pas nouveau et de nombreuses peintures de maîtres en témoignent.
    Mais un cadavre n’est pas un être vivant et ce n’est pas une véritable opération.
    Les facs de médecine avaient donc des blocs opératoires avec une salle d’observation où les étudiants pouvaient suivre des opérations réelles ou bien des caméras qui filmaient l’opération et retransmettait l’image dans un amphi. Des anesthésistes et des infirmier(es) pouvaient aussi apprendre ainsi leur métier.

    Ces pratiques se modernisent.
    Déjà étaient apparus des mannequins interactifs sur lesquels certaines interventions pouvaient être faites
    Les cadavres évoluent. Ce sont toujours des personnes décédées mais dont le corps a été mis au congélateur et réchauffé quelques heures juste avant la séance opératoire, pour repasser de -22 à + 37 d°C.
    Mais une petite installation hydro-pneumatique permet maintenant d’insuffler d’une part de l’air dans les poumons de sorte que le cadavre respire en quelque sorte, mais aussi d’injecter un liquide ayant la consistance et la couleur du sang dans ses artères, ce qui redonne même à la peau sa couleur naturelle et ses caractéristiques mécaniques presque analogues à uen personne vivante. On peut même simuler une anesthésie.
    Bref les étudiants peuvent pratiquer une véritable opération, sans risque toutefois de faire des dégâts par maladresse. Le cadavre ne criera jamais qu’on lui fait mal !!!
    Et la machinerie peut être programmée pour entraîner des incidents non pévus par les chirurgiens, pour les habituer à avoir les bonnes réactions.

    Autre progrès, on continue à filmer des opération, mais avec des caméras 3D et le film peut être envoyé sur des lunettes 3D de « réalité virtuelle ».
    C’est la même technique que dans les jeux vidéo ou dans certains musées ou visites de lieux aux architectures de l’antiquité où l’on reconstitue ce qu’étaient autrefois les monuments.
    L’étudiant voit ce que voit le chirurgien, comme s’il avait la tête au dessus du champ opératoire et il peut assister à l’opération comme s’il était à sa place, si ce n’est que ce n’est pas lui qui manie les instruments, alors que dans un jeu, c’est vous qui commandez les gestes (ou de même dans un simulateur de vol pour pilotes).

    Mais au delà de la formation technique des spécialistes, il sera d’une part possible de donner une certaine information au malade (s’il le souhaite et avec prudence, car cela peut être traumatisant avant une opération qu’on va subir soi même), au besoin après l’intervention. D’autre part des applications simplifiées analogues aux jeux seront disponible sur smartphone en le reliant à un « masque 3D ». On pourra jouer à l’apprenti chirurgien et cela pourra peut être susciter  des vocations.

    Ces divers moyens ont effectivement un but d’apprentissage technique et manuel, mais aussi psychologique, car l’étudiant doit s’habituer au stress des premières opérations, car le risque est toujours présent. L’apprentissage des internes auprès des anciens restera donc toujours nécessaire, mais ils auront été mieux formés au préalable.

Les photos, en tête d’article, représentent un étudiant habillé comme pour une opération, et doté des lunettes de réalité virtuelle pour la suivre, et d’autre part le dispositif « simlife », qui simule la vie d’un cadavre. Ci dessous les installations chirurgicales simulées de l’Université de Poitiers.

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Mercredi 24 février 2016 à 9:55

Biologie, santé.

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Un correspondant m’écrit, « Je sais en quoi consiste l’effet placebo, mais je ne sais pas l’expliquer : est il tout à fait psychologique  et quels en sont les éléments? »

    Je vais essayer de vous donner quelques explications, mais je ne suis pas sûr de les connaître toutes.

    Un placebo, c’est une « absence de médicament » que l’on fait prendre à quelqu’un en lui faisant croire que c’est un médicament. Cela sert notamment dans les études comparatives des effets des médicaments : on donne par exemple à un groupe, les gélules du médicament et à un autre groupe « témoin », des gélules qui ne contiennet que du sucre en poudre, mais les membres du groupe ne le savent pas et croient qu’il s’agit du même médicament. C’est un « placebo » (du latin placebo, je plairai). On compare alors les effets, car en général les effets du placébo sont moindres que ceux du médicaments mais non nuls. Ils sont en général faibles quand il s’agit de maladies graves ou microbiennes, mais peuvent être important lorsque l’action se fait par l’intermédiaire du système nerveux ou du système hormonal.

          Les effets psychologiques d’un placebo :

    La prise du placebo peut d’abord déclencher la libération dans l’organisme de produits chimiques naturels, proches d’un médicament quant à leur action.
    C’est le cas par exemple de la lutte contre la douleur. La prise d’un placebo, par son effet psychologique agit sur l’hypothalamus, dans le cerveau, lequel par l’intermédiaire de l’hypophyse sécrète des « endorphines », neuropeptides naturels ressemblant à al morphine, et qui agissent sur des neurones qui bloquent en partie les synapse des neurones de la moelle épinière qui transmettent la douleur.
    Le corps par ailleurs s’habitue aux effets de certains médicaments, et notre cerveau  est conscient de ces effets. La prise du placebo peut déclencher un e réaction analogue à la prise du médicament : ainsi la prise d’un placebo remplaçant un médicament stimulant, augmente néanmoins la pression sanguine et le rythme cardiaque (par l’intermédiaire de l’hypothalamus et du système orthosympathique.
    Cet effet est particulièrement efficace sur des animaux de laboratoire ou domestiques, qui sont habituellement traités avec un médicament.

    La prise d’un médicament (ou supposé tel), modifie le comportement du malade et ses habitudes, en raison de la confiance qu’il fait au médecin et au médicament. Certains de ces changements peuvent être bénéfiques pour la santé.

    Le fait d’être soigné diminue l’anxiété due à la maladie, et donc un placebo a un effet apaisant. C’est efficace contre des douleurs bénignes (on console les enfants qui sont tombés), ou dans des troubles où le système nerveux joue un rôle : sommeil, toux, ; asthme, allergie, troubles viscéraux. Le placébo ne guérit pas, mais il peut soulager le stress et ses effets excitants et douloureux   

        Les effets naturels dus à l’évolution de la maladie :

    Certaines maladies peu graves guérissent d’elles mêmes, en l’absence de médicament. L’organisme fait son travail de lutte.
    En général on prend les médicaments au maximum de la maladie, quand on se décide à voir le médecin. Les symptômes diminuent ensuite, même si on n’a pris qu’un placebo (ou rien du tout).

    Par ailleurs des médicaments antérieurs déjà pris, peuvent avoir un effet prolongé et se superposer au placebo.

    Cet effet en l’absence de tout médicament ou avec prise d’un faux traitement est ce que l’on appelle « l’effet placebo ». Il est d’autant plus efficace que la maladie est bénigne, sensible au suivi du traitement et au stress, et dépendant des réactions du système nerveux. il n’est pas facile pour un patient de savoir pourquoi son état s’améliore, et donc de juger si c’est son médicament qui fait effet, ou s’il s’agit là des conséquences d’un changement général d’attitude, de la réduction de son stress, ou le simple fait du temps qui passe. C’est pourquoi la prise d’un  simili médicament paut améliorer la situation, notamment en matière de douleur.
    Mais un placébo soulage, mais ne guérit en aucun cas la maladie.

Vendredi 19 février 2016 à 14:06

Biologie, santé.

J’ai fait plusieurs articles sur les vaccins, leurs bienfaits et leurs inconvénients. Cela ne plaît pas toujours à mes lecteurs et l’un d'entre eux, qui ne veut pas se faire vacciner, me dit qu’il a le droit de disposer de son propre corps comme il l’entend.
    Certes je ne conteste pas cela, mais je considère cependant que son attitude n’est pas raisonnable.

    D’abord pour lui même, s’il a envie de vivre.
    Les effets secondaires dangereux des vaccins sont très rares et on leur attribue par contre de nombreux effets indésirables qui ne leur sont pas dus, surtout depuis que n’importe qui raconte n’importe quoi sur les réseaux sociaux d’internet.
    Par exemple on raconte que le vaccin contre le papillomavirus pourrait causer de cas de sclérose en plaques, ce qui est faux, http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/mortnourrisson.jpgde même que l’on raconte sur le web que la vaccination contre la coqueluche a entraîné des morts subites du nourrisson, alors que c’était la mode du couchage sur le ventre qui en était la cause (voir statistique ci contre).









    Par contre les vaccins nous protègent efficacement contre de nombreuses maladies, et ils ont sauvé des centaines de millions de personnes.
    http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/nonvaccin.jpg

Actuellement, 1,4 millions d’enfants meurent tous les ans dans le monde, faute d’avoir été vaccinés . Le graphique ci contre donne les maladies en cause.












    Mais il met en danger la vie de ses proches, et ceci doublement et c’est une non assistance à personne en danger. D’une part parce qu’il fait en sorte que ses enfants ne soient pas vaccinés et que donc le risque est pour eux des milliers de fois plus grand que s’ils l’avaient été. D’autre part risquent lui même beaucoup plus d’être malade, il risque de contaminer son entourage.
    Plus une maladie est contagieuse et plus il faut s’en prémunir : un malade de la rougeole contamine en moyenne 17 autres personnes, 7 pour les oreillons, et 2 pour la grippe et cette dernière peut être mortelle (18 000 morts en 2014).

    C’est même une attitude incivique, car si beaucoup de personnes avaient la même cela met en danger la population, et des chiffres simples le démontrent.

    Certaines maladies ont pratiquement presque disparu grâce à la vaccination.
La variole a fait des centaines de milliers de morts dans le monde. Peu de cas deûis 1958 et le dernier cas connu en Somalie, en 1977+
    La diphtérie faisait encore 45 000 malades en France  vers 1920 : plus aucun aujourd’hui.
    Avant la vaccination en 1950, 4000 malades par an de poliomyélite en France, plus un seul actuellement.
    A la même époque il y avait plus de 500 000 cas de coqueluche en France et moins de 1000 en l’an 2000.
    Dans les années 50, la rougeoles faisait plus de 500 000 malades par an en France; aujourd’hui moins de 1000.

    Les statistiques montrent que, dans une population, plus le pourcentage de vaccination est grand, moins il y a de maladies correspondantes.
  
    Ne pas avoir recours aux vaccinations obligatoires et recommandées est donc aberrant. Cela bien sûr, n’empêche pas de faire des recherches pour améliorer encore l’efficacité et l’innocuité des vaccins.

Mercredi 17 février 2016 à 9:11

Biologie, santé.

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     La tuberculose était une maladie extrêmement répandue et parfois mortelle, en France après la guerre. Puis est intervenu le vaccin BCG et la maladie a presque disparu.
    Depuis quelques années on constate à nouveau des une recrudescence de la maladie, et au niveau mondial, la tuberculose est la seconde cause de mortalité infectieuse après le sida.

    En 2014 on a dénombré 0,6 millions de malades de la tuberculose, 1,5 millions de décès et 500 000 cas de tuberculose multirésistante aux antibiotiques.

    Pourquoi.?
    D’abord parce que dans certains pays, la vaccination est peu suivie : c’est le cas notamment de l’Afrique et du Maghreb.
    Ensuite parce que le BCG, s’il est très efficace chez les enfants, (plus de 80%), il l’est moins chez les adolescents et les adultes.

    Le BCG actuellement utilisé est un vaccin fabriqué à partir d’une souche atténuée de tuberculose bovine. Il n’a pas tout à fait les mêmes antigènes (les molécules que notre système immunitaire reconnait et qui le fait réagir pour éliminer les bactéries infectieuses), que le bacille humain.
    On améliorerait donc l’efficacité du vaccin si on le préparait à partir d’une souche atténuée du bacille humain (mycobactérium tuberculosis).
    C’est ce qu’a réalisé un centre hospitalier de Lausanne en Suisse.
    La bactérie humaine a été atténuée par la mutation de deux gènes impliqués dans la capacité de la bactérie à se multiplier dans l’organisme et à y fabriquer des toxines.
    Après des essais sur animaux probants pour tester son innocuité, des essais cliniques ont été menés sur trois groupes témoin d’adultes, l’un ne recevant rien et les deux autres des doses croissantes de BCG et du nouveau vaccin et les patients ont été suivis pendant 210 jours.
    Ce nouveau vaccin a très bien été toléré, au moins autant sinon plus que le BCG et une meilleure capacité à faire réagir le système immunitaire.
    Des essais on lieu en Afrique du Sud sur des bébés et la protection à terme de une dizaine d’années va être évaluée sur un nombre beaucoup plus important de personnes (plusieurs milliers)

    On espère ainsi diminuer fortement le nombre de cas de tuberculose dans le monde, à condition toutefois de généraliser la vaccination.
   

Mercredi 30 décembre 2015 à 9:19

Biologie, santé.

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J’ai lu dans le presse médicale anglaise un article inquiétant   (http://www. thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099%2815%2900546-0/fulltext ).

    A la suite des épidémies importantes de fièvre Ebola en Afrique (j’ai fait plusieurs articles çà ce sujet), notamment en Sierra Léone, les médecins ont étudié pour la première fois sur le terrain et par des examens des malades guéris, les éventuelles séquelles de leur maladie. Il y avait peu de données sur ce sujet parce qu’il y avait peu de survivants et la priorité était la lutte contre la maladie.
    Celle ci étant, au moins pour un certain temps, éliminée, les études des personnes qui en sont réchappées ont pu être faites.

           Voici l’une des conclusions : « 277 survivants (dont 57% de femmes) ont été examinés pour cette étude entre le 7 mars et le 24 avril, quatre mois en moyenne après leur guérison. 76% d'entre eux souffraient d'arthrite, 60% de problèmes de vue, 18% d'une inflammation à l'oeil (menaçant potentiellement la vue) et 24% de troubles de l'audition comme les acouphènes. »

    L’étude n’est pas totalement probante car il n’y avait pas de groupe de comparaison témoin valable de personnes non infectées par la maladie, et les examens de troubles auditifs sont insuffisants, faute de matériel.

    L’un des problèmes important est de savoir si des virus subsiste,t encore dans quelques parties de l’organisme : yeux, oreilles, organes génitaux…
    Il serait intéressant de poursuivre ces études et notamment de rechercher dans les dossiers médicaux si des analyses pourraient indiquer la gravité de l’infection au moment de la maladie, liée notamment à la quantité de virus présente dans le corps.
      Malheureusement les moyens médicaux de ces pays en matériels, laboratoires et personnel médical sont très insuffisants.

    Si la lutte contre la maaldie d’Ebola a fait des progrès certains, malheureusement il semble que des séquelles graves puissent encore subsister.

Dimanche 27 décembre 2015 à 9:14

Biologie, santé.

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    Nous sommes en période de fêtes et les réveillons de Noël et de Nouvel an sont, dans les familles l’occasion de faire des repas exceptionnels.   
    Parmi les plats préférés des français le foie gras et la dinde aux marrons.
    Mais en faisant mes courses dans les supermarchés, j’entends des personnes qui ont peur d’attraper la grippe aviaire en mangeant ces plats et le gouvernement ne fait pas rassurer sur la télévision.

    Je rappelle d’abord que le virus de la grippe aviaire ressemble à celui de la grippe, et n’en diffère que par une structure interne un peu différente; alors que la grippe humaine est en général un H1N1 ou H2N3, celui de la grippe aviaire est un H5N1.
    Voici à quoi cela correspond :
     A la surface du virus, une protéine (l’hémagglutinine HA) est responsable de la fixation du virus sur les cellules qu’il va infecter. On en connait 16 sortes de H1 à H16.
        Les souches H1, H2 et H3 correspondent aux grippes humaines, les autres à celles sur des animaux, La H5 est très souvent rencontrée sur les oiseaux.
        Une deuxième protéine (la neuramidase NA) avec neuf types de N1 à N9, facilite l’entrée du virus en faisant un « trou chimique » dans les parois cellulaires.
    Un virus de grippe est donc caractérisé par deux lettres correspondant aux deux types de protéines comme le H1N1, mais en fait  il peut y avoir de nombreux virus différents H1N1 correspondant à des ARN différents, issus de mutations génétiques.
    On ne peut pas associer une dangerosité à ces sous types, les grandes pandémies humaines passées correspondant à des virus A, H1N1, H2N2 et H3N2.
     Le virus grippal infecte d'autres animaux que l'homme, terrestres et marins, et c'est chez l'oiseau qu'elle est la plus fréquente : « peste aviaire », « grippe aviaire » ou « grippe du poulet » et celle de ces dernières années très pathogène pour les oiseaux, était de type H5N1.

    Je rappelle par ailleurs qu’un virus ne vit que dans des cellules hôtes vivantes, et il ne peut se multiplier qu’en interne. A l’extérieur d’un organisme il ne survivra que quelques heures, voir quelques jours s’il est protégé de la lumière et de la pluie.
    On peut attraper une maladie bactérienne en étant dans un endroit où a séjourné un malade. Par contre on ne contractera pas une maladie virale si on est à plusieurs mètres de lui.
    La contagion par un virus se fait par contact avec la personne ou l’animal, par respiration des gouttelettes qu’expectore la personne en toussant ou par des liquides biologiques, sang, sueur, sperme, excréments. Pour des virus très contagieux par de que l’on appelle du nom barbare de « fomites », les traces de ces liquides organismes laissées sur des support (par exemple les poignées de portes), et cela pendant quelques heures seulement.
    Pour la grippe aviaire, elle est extrêmement contagieuse entre oiseaux, qui se touchent ou sont en contact avec des fomites laissées sur le sol par des animaux contaminés. Par contre elle est peu contagieuse vis à vis de l’homme, sauf s’il manipule ces oiseaux malades, et notamment leurs plumes, dont il peut respirer de petites particules ou contaminer ses mains.
    Et le virus, en admettant qu’il soit présent dans une viande, ne résistera pas à la chaleur de la cuisson.

    Les gens ont peur parce que les journalistes mettent en exergue le sensationnel et qu’on a abattu 2000 volailles d’un élevage où il n’y avait qu’une bête malade (ou soupçonnée de l’être). En fait la raison est d’éviter de propager la maladie parmi les autres élevages car là, la contagion est grande entre oiseaux (jusqu'à 100% de mortalité dans les 48 heures), et il y aurait une pandémie animale, faisant beaucoup de morts parmi dindes, chapons, oies et canards, poulets etc… ce qui serait une catastrophe économique.
    Evidemment si la maladie ne se propage pas, l’homme est d’autant plus protégé, mais en fait seuls les éleveurs et les gens qui plument les oiseaux sont vraiment exposés.
    Par ailleurs il faut surveiller le virus et notamment ses mutations éventuelles.

    Donc n’ayez aucune crainte :
        - d’abord les précautions et la surveillance sont telles qu’aucun oiseau contaminé ne peut se retrouver sur les étals des magasins.
        - ensuite, quand bien même il y en aurait un, la cuisson détruit le virus et donc manger sa viande ou son foie est dans danger aucun.

Samedi 26 décembre 2015 à 9:06

Biologie, santé.

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    L’hépatite C est un véritable fléau. Tous les ans, 3 à 4 millions de personnes sont infectées  par le virus et environ 350 000 meurent des pathologies hépatiques qui en résultent.  150 millions de personnes ont une hépatite C chronique.
   
    Qu’est ce que l’hépatite ? C’est une inflammation du foie, le plus souvent causée par une infection par un virus, mais parfois par l’alcoolisme, ou par une intoxication par un médicament ou par un produit chimique.
   
    La majorité des hépatites se résorbent spontanément, sans laisser de séquelles. Parfois, la maladie persiste plusieurs mois. Quand elle dure plus de 6 mois, elle est considérée comme chronique.
    Les symptômes varient beaucoup d’une personne à l’autre et dépendent de la cause de l’hépatite. Certains types d’hépatite provoquent carrément la destruction d’une partie du foie.
    Il y a 6 types de virus d’hépatite : A,B,G,D,E, et G. Les trois premières sont responsables de 90% des maladies. (voir mon article du 9 août 2014)

    L’Hépatite A est la moins grave des hépatites virales. Habituellement, le patient guérit en quelques semaines et reste immunisé à vie, le virus ayant disparu et seuls des anticorps étant présents dans le sang.
    Elle se transmet par l’ingestion d’aliment et de liquides, notamment l’eau, contaminés, principalement par les selles de personnes infectées.
    Un vaccin permet de s’en protéger.

     L’ Hépatite B est la plus fréquente dans le monde, et aussi la plus mortelle. Le virus se transmet au moment des rapports sexuels et par le sang (notamment seringues chez les drogués), et est 100 fois plus infectieux que le virus du sida.
    La grande majorité des personnes infectées parviennent à combattre complètement l’infection. Environ 5 % restent infectées de façon chronique et sont « porteuses » du virus. Les porteurs n’ont pas de symptômes, mais ils courent un risque élevé de souffrir de cirrhose du foie ou d’un cancer du foie, maladies souvent mortelles.
    Un vaccin existe depuis 1982.

    L’Hépatite C est la forme la plus insidieuse, car elle est causée par un virus très résistant. Jusqu’à 80 % des infections au virus de l’hépatite C deviennent chroniques.
    Le virus se transmet le plus souvent par contact direct avec du sang humain contaminé : surtout par l’échange de seringues servant à l’injection de drogues, par la transfusion de sang qui n’a pas été soumis à un dépistage, et par la réutilisation d’aiguilles et de seringues non stériles.
    Il n’y a pas de vaccin et jusqu’à présent il n’y avait pas de réelle thérapeutique et le diagnostic était très tardif, par voie sanguine, nécessitant plusieurs tests, alors que les symptômes étaient déjà déclarés.

    Des progrès ont été faits récemment.
    Des chercheurs de la Irvine School of Medicine de l'université de Californie ont annoncé avoir mis au point un test urinaire simple et peu cher qui permet de savoir si l'on souffre ou non d'une hépatite C..
    Il permettrait de savoir en une fois si une personne a été en contact avec le VHC et si elle développe ou non la maladie, sans passer par la prise de sang, Il faut encore vérifier sur une large échelle la fiabilité du test et réaliser son développement industriel.
    Par ailleurs des médicaments apparaissent peu à peu, mais coûtent très chers.
    Un laboratoire américain a lancé un produit permettant d'obtenir un taux de guérison de plus de 90% avec un traitement de trois mois, mais coûtant 41 000 €.
    D’autres médicaments ont été mis au point, mais presque aussi onéreux. On peut cependant espérer que la concurrence fera baisser peu à peu les prix.

    L’hépatite C est un véritable fléau. Tous les ans, 3 à 4 millions de personnes sont infectées  par le virus et environ 350 000 meurent des pathologies hépatiques qui en résultent.  150 millions de personnes ont une hépatite C chronique.
   
    Qu’est ce que l’hépatite ? C’est une inflammation du foie, le plus souvent causée par une infection par un virus, mais parfois par l’alcoolisme, ou par une intoxication par un médicament ou par un produit chimique.
   
    La majorité des hépatites se résorbent spontanément, sans laisser de séquelles. Parfois, la maladie persiste plusieurs mois. Quand elle dure plus de 6 mois, elle est considérée comme chronique.
    Les symptômes varient beaucoup d’une personne à l’autre et dépendent de la cause de l’hépatite. Certains types d’hépatite provoquent carrément la destruction d’une partie du foie.
    Il y a 6 types de virus d’hépatite : A,B,G,D,E, et G. Les trois premières sont responsables de 90% des maladies. (voir mon article du 9 août 2014)

    L’Hépatite A est la moins grave des hépatites virales. Habituellement, le patient guérit en quelques semaines et reste immunisé à vie, le virus ayant disparu et seuls des anticorps étant présents dans le sang.
    Elle se transmet par l’ingestion d’aliment et de liquides, notamment l’eau, contaminés, principalement par les selles de personnes infectées.
    Un vaccin permet de s’en protéger.

     L’ Hépatite B est la plus fréquente dans le monde, et aussi la plus mortelle. Le virus se transmet au moment des rapports sexuels et par le sang (notamment seringues chez les drogués), et est 100 fois plus infectieux que le virus du sida.
    La grande majorité des personnes infectées parviennent à combattre complètement l’infection. Environ 5 % restent infectées de façon chronique et sont « porteuses » du virus. Les porteurs n’ont pas de symptômes, mais ils courent un risque élevé de souffrir de cirrhose du foie ou d’un cancer du foie, maladies souvent mortelles.
    Un vaccin existe depuis 1982.

    L’Hépatite C est la forme la plus insidieuse, car elle est causée par un virus très résistant. Jusqu’à 80 % des infections au virus de l’hépatite C deviennent chroniques.
    Le virus se transmet le plus souvent par contact direct avec du sang humain contaminé : surtout par l’échange de seringues servant à l’injection de drogues, par la transfusion de sang qui n’a pas été soumis à un dépistage, et par la réutilisation d’aiguilles et de seringues non stériles.
    Il n’y a pas de vaccin et jusqu’à présent il n’y avait pas de réelle thérapeutique et le diagnostic était très tardif, par voie sanguine, nécessitant plusieurs tests, alors que les symptômes étaient déjà déclarés.

    Des progrès ont été faits récemment.
    Des chercheurs de la Irvine School of Medicine de l'université de Californie ont annoncé avoir mis au point un test urinaire simple et peu cher qui permet de savoir si l'on souffre ou non d'une hépatite C..
    Il permettrait de savoir en une fois si une personne a été en contact avec le VHC et si elle développe ou non la maladie, sans passer par la prise de sang, Il faut encore vérifier sur une large échelle la fiabilité du test et réaliser son développement industriel.
    Par ailleurs des médicaments apparaissent peu à peu, mais coûtent très chers.
    Un laboratoire américain a lancé un produit permettant d'obtenir un taux de guérison de plus de 90% avec un traitement de trois mois, mais coûtant 41 000 €.
    D’autres médicaments ont été mis au point, mais presque aussi onéreux. On peut cependant espérer que la concurrence fera baisser peu à peu les prix.

Mardi 8 décembre 2015 à 11:47

Biologie, santé.

La pharmacie est en train de faire des progrès important en matière de sang humain.

    Sans doute savez vous que le sang humain est différent d’une personne à l’autre et qu’il est caractérisé par un « groupe » et un « facteur rhésus ».
    Il existe quatre groupes O, A, B, AB et deux facteurs rhésus + et -
    En France la répartition des groupes et rhésus est approximativement la suivante :
http://lancien.cowblog.fr/images/Santebiologie2/193962408615781677.jpg
     Le problème est qu’en cas de besoin thérapeutique de transfusion sanguine, on ne peut pas recevoir d’un donneur n’importe quel sang suivant les caractéristiques de son propre sang. Dans la majorité des cas, les receveurs seront transfusés avec les globules rouges d'un donneur du même groupe sanguin. Deux exceptions : les individus de groupe O- sont "donneurs universels" et peuvent donc donner leur sang à n'importe quel receveur, tandis que les individus de groupe AB+ sont "receveurs universels ».
    Le tableau ci-dessous donne les compatibilités des sangs entre eux, en ce qui concerne les globules rouges et plaquettes.

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    La compatibilité du plasma est différente. Les individus de groupe AB, qui représentent 4 % de la population, sont pour ce type de don tout particulièrement recherchés : leur plasma peut en effet être transfusé à tous les malades. Ils sont ainsi « donneurs universels de plasma ».

    On retrouve dans le sang de toutes les personnes des anticorps spécifiques des antigènes qu'ils ne possèdent pas sur leurs globules. Ainsi une personne de groupe B développera naturellement des anticorps anti-A et une personne du groupe OB développera des anticorps anti-A. Ces anticorps sont présents chez tous les individus, sauf chez le nouveau-né, chez lequel ils apparaissent dans les premiers mois de la vie.
    Une transfusion échouera si des anticorps rencontrent des cellules présentant les antigènes correspondants, une réaction immunologique se déclenchant alors très rapidement pour détruire ces cellules. Cette destruction peut soit faire échouer la transfusion, soit déclencher des réactions bénignes ou plus graves, voire une réaction pouvant entrainer la mort.
    En ce qui concerne les facteurs rhésus, il n'y a pas d'anticorps présents naturellement. Ils n'apparaissent en règle générale qu'après une première sensibilisation, par grossesse ou transfusion. Si la mère d’un enfant a été ainsi sensibilisée contre le rhésus opposé, si au cours d’une seconde grossesse, l’enfant est de rhésus opposé, ese cellules sanguines vont être détruites par les réactions immunologiques.

    Le groupe sanguin d'un enfant est fonction de celui de ses parents. Il est en effet défini par rapport au groupe de ses parents, lequel se base sur deux gènes allèles provenant du père et de la mère. Ci-dessous le tableau indiquant les différentes combinaisons possibles.

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    Des progrès importants viennent d’être faits, grâce à une équipe canadienne, qui a mis au point une enzyme, capable de retirer les antigènes à la surface de la cellule sanguine : l’enzyme coupe sélectivement les sucres complexes qui lient les marqueurs sanguins A et B et la cellule sanguine.
    Une bactérie streptocoque possédait une telle propriété, mais assez faible. Les chercheurs ont isolé l’enzyme correspondante, puis ils ont modifié la chaine d’acides aminés qui la constituait et l’ont rendue 180 fois plus active.
    Les principales difficultés provenant de l’incompatibilité des groupes A et B, posséder un tel sang serait déjà un progrès important.
    Il faut actuellement mettre en pratique cette technique et faire les essais cliniques correspondants.
    Les chercheurs essaient aussi actuellement de trouver une protéine capable de couper les marqueurs AB et O et on pourrait avoir alors pour les transfusions un sang totalement dépourvu de marqueurs.
   

Mercredi 18 novembre 2015 à 8:58

Biologie, santé.

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    Sans doute avez vous vu sur les journaux ou au journal télévisé qu’un bébé britannique d’un an Layla Richards, avait été semble t’il, guérie d’une leucémie infantile, alors qu’elle semblait condamnée.
    Ce n’est pas un miracle, comme le clame le journaliste de la télé, ou certains journaux anglais, mais un nouveau traitement rendu possible par les progrès de la génétique et de la modification possible des ADN dont je parlais il y a quelques jours.

    Pour comprendre la suite, quelques mots sur notre immunité.
    Les lymphocytes T sont une catégorie de leucocytes (globules blancs), qui jouent un grand rôle dans la réponse immunitaire : ils détruisent les cellules infectées par un virus ou les cellules reconnues comme étrangères à l’organisme, c'est-à-dire autres que celles que les cellules T ont appris à tolérer lors de leur maturation.
    Lors d’une infection, ils reconnaissent les cellules étrangères, et se multiplient alors rapidement. Ils produisent des protéines qui détruisent les cellules anormales ou activent des macrophages (d’autres lymphocytes) qui vont les détruire.
    Ces lymphocytes sont générés dans la moelle osseuse et dans le thymus, une glande située derrière le sternum, et devant la trachée.
    Lorsqu’ils viennent d’être produits les lymphocytes T ne sont pas « instruits ». Ils vont circuler dans le sang et notamment dans les organes lymphoïdes, et là, rencontrent des cellules spécialisées qui vont les éduquer. Elles contiennent des antigènes que les cellules T vont apprendre à reconnaître. Ils différencieront ainsi les cellules étrangères de celles appartenant à l’organisme.

    Le problème des cancers et leucémies, est que les cellules malades, même si elles ont un comportement anormal de différenciation, sont des cellules de l’organisme. Elles envoient donc un signal de reconnaissance aux récepteurs des lymphocytes T et ne sont pas reconnues comme étrangères à l’organisme et ne sont donc pas éliminées.
    Des expériences réalisées dans les années 1980, ont montré que la neutralisation de ces récepteurs permettait aux lymphocytes T de redevenir agressifs à l’égard des tumeurs. On essayait donc d’intervenir sur les récepteurs du malade, mais souvent celui-ci ne possédait pas assez de lymphocytes pour que ce soit efficace, et par ailleurs le traitement était long et onéreux.

    La jeune britannique était atteinte d’une leucémie aiguë lymphoblastique, maladie dans laquelle les globules blancs qui ne sont pas arrivés à maturité et dont le développement est arrêté, et qui n'ont donc pas de fonction spécifique, se multiplient en très grand nombre.
    En dépit d’un traitement par chimiothérapie et une greffe de moelle osseuse, la leucémie du bébé n’avait malheureusement pas disparu, et les médecins avaient dit à ses parents d'envisager des soins palliatifs et de fin de vie.
    Une méthode inédite a été essayer en désespoir de cause.
    Des lymphocytes T ont été prélevés sur un donneur. Ils ont subi un traitement de modification génétique, de façon à les rendre non seulement indétectables par le système immunitaire, puisqu’ils provenaient d’un autre organisme, mais aussi exclusivement agressifs pour les cellules tumorales et également insensibles aux substances de chimiothérapie présentes dans l’organisme.
    Un millilitre de cellules modifiées génétiquement, a été administré au nourrisson par voie intraveineuse, en une dizaine de minutes. Après quoi, la jeune patiente a été isolée plusieurs mois pour la protéger des infections. Après plusieurs semaines, les cellules cancéreuses semblaient avoir été éradiquées.
    L’enfant a alors reçu une greffe de moelle osseuse, en vue de renouveler son sang et son système immunitaire. Elle est actuellement ressortie de l’hôpital et se remet progressivement. Elle semble donc guérie : une première encourageante pour cette méthode salvatrice des cas désespérés.

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lancien

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