Samedi 14 novembre 2015 à 8:56

Biologie, santé.

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    Je pense qu’il vous arrive, comme à moi, d’aller chez le médecin, mais évidemment, le moins souvent possible.
    Mon médecin a mon dossier sur son microordinateur, mais je n’y ai pas accès.
Cela ne me gêne pas car j’ai sur le mien un dossier plus complet !
    En effet le médecin, s’il veut rentrer le résultat des analyses dans un laboratoire ou des examens chez un centre d’imagerie, voire un compte rendu d’un spécialiste, devrait scanner les documents correspondants. Il n’a pas le temps et se contente de les lire et note s’il y a vraiment une grosse anomalie.
    Pourtant ces documents ont aussi été faits sur ordinateur et même les clichés sont sur de petits DVD, dont d’ailleurs j’ai deux exemplaires d’une IRM et d’une échographie.
    Bien sûr, moi je n’y distingue rien, mais le médecin devrait pouvoir y voir un minimum, avec l’aide du commentaire du spécialiste.
    Et encore je suis privilégié. La plupart du temps chaque médecin crée et conserve un dossier médical qu'il vous transmettra, le cas échéant, sous forme papier., si vous le lui demandez et qu’il trouve la requête justifiée. Et cela prends du temps, souvent un mois pour les hôpitaux. Il vaut mieux ne pas avoir besoin d’un second avis pour confirmation.
    Ce n’est vraiment pas une bonne utilisation de l’informatique.

    Aux USA, depuis 2010, le système est plus évolué.
    Chaque patient a un « dossier médical » sur une machine externe (comme votre facebook), et toutes les personnes habilitées y ont accès. Le patient grâce au mot de passe qui lui est propre, les médecins et organismes médicaux avec des mots de passe qui leur sont propres. Un logiciel appelé « Blue Button » permet cet accès.
    Et chacun qui vous traite, pour une consultation ou un examen, met directement le résultat sur le dossier informatique. Ainsi, si vous êtes malade en vacance, le médecin aura lui aussi, accès au dossier.
    Cette pratique ne semble pas poser de problème.
   
    On annonce que, en France, un  « dossier médical partagé » électronique pourrait voir le jour en 2016, mais en fait, ce « DMP » en projet n'est pas un véritable dossier médical mais plutôt un carnet de santé amélioré.
    Il existe actuellement un DMP simplifié dans quatorze régions, et 525 000 dossiers, tenus dans quelque 600 établissements et par 6000 professionnels de santé libéraux.
    Mais en fait c’est plus un dossier médical personnel que partagé et il est très peu utilisé et a coûté cher.
    Par ailleurs, les médecins ont un peu tendance à croire que cela porte atteinte à leur liberté, qu’ils peuvent être ainsi jugés par des confrères, et ils disent aussi que les malades ne peuvent comprendre le dossier et que de mauvaises interprétations peuvent être faites.
    Je ne suis pas d’accord avec eux.
    Si vous consultez deux médecins pour un même trouble, qu’il y ait ce dossier ou non, le second peut toujours juger le premier, et cela en fonction de ce que vous lui aurez dit. Comme vous n’êtes pas médecin, cela peut être erroné et le dossier médical engendrerait un jugement plus équitable.
    Je crois par ailleurs que toute personne doit être un acteur de sa santé, qu’il doit être conscient des données biologiques s’il veut comprendre et appliquer le traitement.
C’est le rôle des médecins de leur expliquer s’ils ne comprennent pas bien.
    Par ailleurs les documents ont eux mêmes des explications (par exemple les valeurs normales sur les analyses), et le logiciel peut comprendre un petit dictionnaire pour donner la signification des mots trop techniques.
    Personnellement je souhaite d'être informé clairement sur ma santé, de comprendre ce qu'on va me faire éventuellement pour y consentir et je lis toujours les notices des médicaments que l’on me donne, et si je ne comprends pas, je demande au médecin de m’expliquer - ce qui l’agace parfois un peu lol.
    J’espère simplement que les informaticiens qui concevront le futur logiciel ne feront pas une usine à gaz !!

Mardi 3 novembre 2015 à 10:31

Biologie, santé.

Je suis vraiment étonné et inquiet de ce que j’ai entendu au journaux télévisés de vendredi et samedi derniers : de très nombreux petits enfant écouteraient de la musique ou des jeux sur un casque, pendant plusieurs heures par jour, ceci pour ne pas déranger les parents par le bruit ;  et les parents endormiraient même des nourrissons en leur sussurant de la musique sur un casque, pour ne pas avoir à s’en occuper et à leur chanter une berceuse.
            C’est ahurissant de bêtise : il n’y a plus de cours d’anatomie pour le bac, ou bien ne les ont ils pas suivis. Personnellement, je me souviens encore des cours de « Sciences Nat. » (SVT aujourd’hui), en terminale, où j’ai appris comment était faite l’oreille humaine, et les dangers dus à des auditions anormales (et à l’époque il n’y avait que la radio : pas de télé ni de tablettes ou d’ordis, ni de baladeurs).

            Je résume ce que j’ai déjà dit dans des articles (12 et 13 juillet 2014) en m’aidant du schéma ci dessous :

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            Le « pavillon » reçoit la vibration du son dans l’air et la canalise vers le conduit auditif, jusqu’au « tympan », une membrane biologique qui vibre sous l’effet des différences de pression, mais aussi isole et protège l’oreille interne contre des éléments extérieurs.
            Le tympan vibre et transmet cette vibration à trois osselet, qui vont transmettre les sons en les amplifiant d'un facteur d'environ 100, à une cavité remplie de liquide, en forme de colimaçon, la « cochlée », qui contient des cils vibratiles : une rangée de 3 500 cellules cillées "internes”  et  trois rangées de chacune 4 000 cellules cillées "externes” qui modulent la stimulation acoustique en changeant de longueur.
            Ces cellules font à la fois, une analyse de l'intensité des sons et surtout une analyse de fréquence, qui va permettre leur interprétation, et notamment la saisie de la parole.  
            30 000 fibres nerveuses dans chaque oreille transmettent des signaux d'influx nerveux, par le nerfs auditif, au tronc cérébral et au cortex auditif du cerveau.http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4298159.jpg            Gros danger, quand les sons sont trop intenses (plus de 120 db, pour un adulte, ce qui peut se produire près des baffles dans une boite de nuit ou avec les écouteurs d'un baladeur), les cils vibratiles cassent et ceci définitivement et l'audition devient défectueuse, sans soin possible. Et cela même pour une écoute de courte durée.
            Pour des intensités plus faibles (au dessus de 90 db), et pour une écoute assez longue, les cils fatiguent et à la longue finissent par devenir moins souples, voire par casser : l’ouïe baisse et notamment on n’entend plus aussi bien graves et aigus. Là encore il s’agit de chiffres pour des adultes.
            Mais pour de jeunes enfants l’oreille n’est pas à sa taille définitive et la cochlée est beaucoup plus fragile. Des dégâts peuvent se produire dès 80 db, voire 70, pour des nourrissons.

 

Leur mettre un casque sur les oreilles est donc une aberration qui peut être lourde de conséquences pour leur future audition.
              L’intensité du son est certes réglable, mais sans qu’on ait une échelle précise de l’intensité. Il y a souvent des filtres qui la limitent pour des casques destinés aux enfants, mais un déréglage peut se produire sans qu’on s’en aperçoive à temps.
              Lorsqu’il y a un réglage l’enfant peut agir sur lui et sera t’il assez raisonnable pour ne pas le faire, surtout avant 8 ou 9 ans ? Croira t’il vraiment au danger ? Quand je vois les jeunes de 16 ou 17 ans qui continuent à fumer du cannabis, sans penser à leur mémoire, j’en doute.

Quant aux nourrissons, c’est encore pire : c’est une période d’apprentissage où on apprend tout de l’environnement, comme je l’ai expliqué dans plusieurs articles.
              Quand il entend des sons, il apprend à reconnaître d’où ils viennent, à mesurer leur intensité, à reconnaître ce qu’ils représentent : voix des parents, leurs paroles de la langue qu’ils parlent, aboiements du chien, sonnerie du téléphone ou de la pendule,, bruit des machines…
              Mettre bébé sous l’éteignoir d’un casque perturbe cet apprentissage.

Et puis l’enfant a besoin de la tendresse de ses parents, de leurs paroles, de communiquer. Se débarrasser ainsi de son enfant sous un casque à musique (ou devant la télé), c’est ne pas vouloir ni l’aimer, ni l’éduquer. Ce n’est pas digne de parents : ils auraient mieux fait d’acheter un animal domestique que de faire un enfant, et encore : un animal a besoin aussi qu’on s’occupe de lui !

Vendredi 30 octobre 2015 à 9:45

Biologie, santé.

 
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     Les maladies de l’oeil atteignent de très nombreuses personnes âgées. Je ne parle pas de la presbytie, qui est plutôt un vieillissement du cristallin qui accomode moins, mais de la DMLA et du glaucome.
    Mais on en parle beaucoup à la télé, sans jamais préciser ce que c’est, ni les traitements (c’est présenté comme une pub pour les ophtalmologiste, alors qu’il n’y en a pas assez et qu’il faut six mois attendre un rendez vous !) et je me suis aperçu que la plupart de mes enfants, petits enfants ou amis ne savaient pas bien ce que c’était.
    Le glaucome est une maladie bénigne au départ et que l’on ignore, mais qui peut conduire à la cécité, alors que la DMLA  est très vite invalidante, mais ne rend pas aveugle.

             Qu’est ce que le glaucome ?

    Comme le montre le schéma ci dessous, le globe oculaire est rempli par un liquide un peu visqueux : l’humeur aqueuse, qui nourrit le cristallin et la cornée et protège la rétine
    Des glandes fabriquent en permanence ce liquide protecteur et il s’évacue par un petit orifice, le « trabeculum », sorte de couloir filtrant en tissus fibreux; situé au coin de l’iris (voir schéma). L’humeur aqueuse se renouvelle donc lentement et l pression dans l’oeil exercée par ce liquide reste constante.
    Toutefois cette pression normale est assez variable d’une personne à l’autre.
    Mais en vieillissant le tissus fibreux ne filtre plus correctement, l’évacuation se bouche et la pression de l’humeur aqueuse dans l’oeil augmente.
    En général on ne s’aperçoit de rien, car cela n’influe pas sur la vision.
    On appelle cette augmentation de la pression un « glaucome à angle ouvert »
    Mais peu à peu la pression devenue trop importante appuie trop sur les cellules du nerf optique, au fond du globe oculaire et en détruisent les cellules nerveuses.
    L’atteinte visuelle causée par la maladie touche d’abord la périphérie du champ visuel, puis s’étend progressivement vers son centre. Le glaucome est souvent diagnostiqué à un stade déjà très évolué, lorsque la vision centrale est menacée. Le handicap visuel est alors irréversible, et se termine par une cécité.
    Lorsque le champ visuel est atteint on dit qu’on a un « glaucome à anglefermé ».
    Pourtant un traitement est possible.
    Personnellement j’ai une pression de l’oeil naturellement très élevée. C’était vrai pour mes deux parents et ils ont eu la chance de ne pas avoir de conséquence. On m’avait diagnostiqué cette anomalie lorsqu’à l’entrée de Polytechnique, on nous fait passer un examen physiologique complet. On m’avait prévenu que j’aurais intérêt à consulter un ophtalmo quand j’atteindrai la cinquantaine, car j’étais une personne à risque au plan du glaucome.
    Alors depuis plus de 30 ans, je passe tous les six mois un examen de champ visuel et je mets tous les soirs une goutte dans chacun de mes yeux, d’un médicament qui débouche mon canal trabeculum.
    Lorsque les gouttes ne suffisent pas, une intervention laser est possible pour déboucher ce canal, mais, mon champ oculaire restant normal, je n’ai pas d’atteinte du nerf optique, mai je continue à mettre mes gouttes par précaution.
    Cette maladie est malheureusement en général insensible, et c’est pour cela qu’elle est décelée tardivement. L’obturation complète du trabeculum peut toutefois se traduire brutalement par des crises nocturnes, douloureuses et très destructrices nécessitant un traitement en urgence.
    Mais la plupart du temps, la maladie détruit le nerf optique de manière insidieuse, rapide et irréversible.

             Qu’est ce que la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) ?

    Alors que le glaucome était une atteinte du nerf optique, la DMLA est un défaut de la rétine, qui est l’organe sensible formés de neurones qui tapissent le fond de l’oeil.
    Deux types d’atteintes : défaut de renouvellement de l'épithélium pigmentaire crée des cicatrices sur la rétine (on l’appelle la « forme sèche ») ou de nombreux petits vaisseaux sanguins viennent se former sur la rétine (on l’appelle la « forme humide »).
    La DMLA affecte la macula, la zone centrale de la rétine responsable de la vision fine et de la vision des couleurs (c’est elle qui contient les cellules en forme de cônes, très sensibles aux couleurs; voir mon article du  ) . Elle déforme la vision de près: les lignes se gondolent et des zones d'ombre apparaissent, des signes à détecter en fermant un œil puisque la DMLA n'affecte pas les deux yeux au même rythme. La vision périphériqueen noir et blanc n'est pas affectée.
    Des traitements qui empêchent la formation de ces petits vaisseaux, sont apparus récemment et permettent de ralentir l'évolution de la forme humide. Il n'existe encore aucun traitement pour la forme sèche mais de nombreuses techniques de rééducation permettent d'apprendre à utiliser la vision périphérique, intacte, pour continuer à effectuer de nombreuses tâches de la vie quotidienne et même à lire grâce à des outils comme les tablettes numériques, qui permettent de grossir les caractères.

    DMLA comme le glaucome sont des handicap sévères qui pourraient s’éviter à condition de faire un examen chez un ophtalmologue, dès la quarantaine, et de ne pas hésiter à pratiquer un traitement préventif, s’il décèle une anomalie

Mercredi 28 octobre 2015 à 15:30

Biologie, santé.

    Je vous ai décrit, hier, le mécanisme de modification de l’ADN de virus  par les bactéries, afin de se vacciner, en utilisant un ARN guide content une séquence caractéristique de l’ADN viral, qui retrouvera cette séquence sur le virus infectant, et d’une enzyme CAS, capable de couper cette séquence en un endroit très précis.

    Lorsqu’il s’agissait de couper en laboratoire l’ADN de cellules en expérimentation, que pouvait on faire?
    Bien avant que, en 1944, l'on connaisse l'ADN en tant que support génétique, et que l'on puisse déterminer un génome, l'homme a fait des croisements d'animaux et de plantes, et a ainsi modifié l'ADN, car c'est le seul moyen de modifier durablement un organisme.
    Les scientifiques avaient aussi montré que les rayonnements ionisants, des produits chimiques ou des virus pouvaient entraîner des mutations génétiques, mais on ne pouvait les orienter et elles semblaient se faire « au hasard ».
    La première modification volontaire ciblée du génome d'une cellule animale a été faite en1985, en échangeant deux séquences très proches, l'une de l'ADN de la cellule, par une autre introduite dans la cellule.
    En 1988 Mario Capecchi et son équipe, mettent au point une méthode permettant de cibler et de modifier un gène dans une cellule animale, ce qui lui vaudra le prix Nobel en 2007. En 1994, des biologistes de l'Institut Pasteur montrent que la réparation naturelle d'un gène accidentellement coupé est facilitée si on pratique une coupure avec une enzyme de levure.
    Les chercheurs ont alors essayé de fabriquer des protéines qui reconnaissent de façon spécifique une séquence particulière d'ADN, et de les coupler à des enzymes qui coupent la séquence au bon endroit désiré. Ces composants étaient très difficiles et longs à fabriquer
    En 2010, l'université du Minnesota a utilisé une enzyme fabriquée par une bactérie, qui reconnaissait certaines séquences d'ADN, et en la combinant a une protéine capable de couper le brin. Cette méthode était beaucoup plus simple mais encore laborieuse.
    L'utilisation des enzymes CAS des bactéries et des ARN guides va considérablement faciliter les modifications d’ADN et les rendre très rapides au niveau de la synthèse des produits nécessaires.
    Il faut fabriquer un petit ARN, composé de l'ARN « tracr" et de l'ARN issu de la séquence d'ADN que l'on veut sectionner, et on le couple avec l'enzyme CAS (voir les explications de mon article d'hier). L'introduction de plusieurs petits ARN dans la cellule permet même de réaliser plusieurs coupures simultanées.
    Le schéma ci dessous' tire de l'article de la revue "Pour la science", montre le processus :

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    Depuis cette avancée technologique en 2013, les études de modifications génétiques en laboratoire de cellules animales et végétales se sont multipliées. Car grâce à cette technique CAS, il est possible de couper avec précision n'importe quelle séquence de l'ADN de n'importe quelle cellule et d'y introduire des séquences autres (entre les brins coupés ou à la place d'une séquence ôtée entre deux coupures).
    De plus les chercheurs ont modifié les protéines CAS pour l'inhiber dans certaines conditions, ou au contraire l'activer, par exemple en présence de lumière ou de certains produits chimiques. ARN guides et la protéine CAS peuvent aussi maintenant être éliminés naturellement par la cellule, une fois la mutation réalisée.

    De telles mutations provoquées ouvrent des horizons nouveaux en thérapeutique, surtout en ce qui concerne les maladies génétiques, car on peut espérer trouver un  moyen de modifier les anomalie génétique à leur origine. Deux grands problèmes toutefois : il y a en général une multitude de gènes responsables de la maladie et il faudrait les modifier presque tous; il faut par ailleurs introduire la mutation dans un très grand nombre de cellules.
    Mais on peut aussi espérer réparer des cellules souches in vivo, voire réparer un organe défectueux quand la dégénérescence de l’organe est du à une mutation.
    On pourra peut être trouver des solutions durables contre le diabète ou l’excès de cholestérol, ou bloquer l’infection de certains virus.
    Enfin l’étude de modifications génétiques de plantes et de leurs conséquence sera  grandement facilitée.
    C’est donc bien une grande avancée que ces progrès, bien peu décrits par les médias.
    On peut penser aussi à pratiquer des modifications sur le génome d’embryons humains pour éviter des enfants anormaux, ce qui serait un grand progrès.
    Mais évidemment, comme toute avancée scientifique, cela pose des problèmes d’éthique car une découverte peut être mal utilisée, et notamment pour des recherches de nature eugénistes..

Mardi 27 octobre 2015 à 10:49

Biologie, santé.

Les journalistes nous abreuvent continuellement à la télé, à la radio et dans les journaux, de tous les conflits, attentats et surtout accidents et crimes ou rixes diverses.
    Mais lorsque se prépare an silence une énorme évolution, il n’y en a pas un pour en parler, car cela n’a rien de sensationnel et n’est pas fait pour les voyeurs.

    Depuis dix ans le génome de centaine d'espèces animales a été décrypté. De nombreuses études ont été lancées pour essayer de trouver des thérapeutiques.
 Mais pour cela il fallait pouvoir  inclure des séquences où en enlever dans l'ADN des animaux en expérience, et de telles opérations prenaient des mois., car les méthodes étaient très complexes.
    Un nouvel outil vient d'être mis au point par des chercheurs, simple et rapide, qui permet de couper l’ADN aux endroits désirés, et c'est une révolution dans la génétique. Je vais essayer de vous l’expliquer en deux articles.
    SI vous soulez plus de détail vous pouvez vous référer aux revues « La Recherche » de janvier 2015, et « Pour la Science » d’octobre 2016, qui publie un article du professeur Emmanuelle Charpentier, qui dirige un département du centre de recherche sur les infections à Braunschweig en Allemagne, qui a reçu récemment un prix pour les recherches qu’elle effectue dans ce domaine.

    Pour comprendre la méthode mise au point, il faut d'abord que je vous explique comment les bactéries se protègent contre des virus, par une sorte de vaccination. Ce système de protection a été baptisé CRIPS-CAS9 et il est schématisée ci-dessous.

    Pour se défendre la bactérie à une mémoire et constitue une banque de données des ADN ou ARN des menaces auxquelles elle peut être exposée.
    Lorsqu'une bactérie est en contact avec un virus, elle va isoler des séquences de l'ADN ou l'ARN viral, en les repérant grâce à de petites séquences spécifiques appelées PAM,et va les insérer dans son génome, grâce à des enzymes appelles CAS qui permettent la découpe de cette séquence, dont les gènes sont insérées également dans le génome. De plus, pour être efficaces, ces gènes ont besoin d'une autre séquence du génome, un petit ARN spécifique nommé par les chercheurs « Tract ».
    La banque de données CRIPS des bactéries est donc composée de suites des trois petites séquences Tract, CAS et  l’extrait d’ADN du virus rencontré, et elle regroupe donc le signalement de nombreux virus, qui sont ensuite transmis par réplication, aux descendants de la bactérie, constituant ainsi une sorte de vaccin.
    Cet extrait complémentaire du virus est ce qui permettra ensuite à la bactérie de le reconnaître.

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    Comment ces séquences sont elles ensuite utilisées ?
    Quand se produit une infection virale de la bactérie, chaque séquence CAS est alertée, ainsi que la zone adjacente du génome. Une enzyme CAS est alors produite ainsi qu’un petit ARN composé d’une séquence tract et du morceau du génome du virus stocké dans la mémoire génétique CRIPS de la bactérie.
    Ainsi sont formés autant de petit ARN de reconnaissance que la bactérie a stocké de séquences virales dans son génome.
    Ces ARN vont aller à la rencontre du virus infectant, et si celui ci était connu de la bactérie, l’ARN Tract spécifique du génome de ce virus va le reconnaître.
    Lorsqu’il est reconnu, l’enzyme CAS va le couper en un endroit précis, l’empêchant ainsi de se reproduire. La bactérie est ainsi sauvée de l’infection.
    Ce mécanisme est voisin de celui des vaccins humains qui produisent des anticorps, capables de reconnaître le microbe infectant et ensuite de le faire détruire par les lymphocytes.
    C’est assez extraordinaire de voir ainsi les bactéries s’immuniser contre les virus quand évidemment elles n’y ont pas succombé à la première infection, et transmettre ainsi cette immunité à leurs descendants.
    Mais les chercheurs qui ont mis en lumière ce mécanisme , ont réalisé que cette enzyme CAS avec son dispositif ARN de reconnaissance d’une séquence d’ARN ou d’ADN constituait un  remarquable outil pour couper la chaîne en un endroit précis et donc pouvoir ensuite la modifier        ;
    C’est évidement une source de manipulations génétiques, mais aussi un très grand espoir de possibilités de soins pour les maladies d’origine génétique, contre lesquelles nous sommes actuellement très démunis.
    C’est ce que j’essaierai de vous expliquer dans l’article de demain.

    Nota : Sans doute vous demandez vous ce que veut dire
        CRISPR; je n’ai pas voulu vous ennuyer avec cela, mais pour les curieux c’est  « Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats » (Courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées); il s’agit de ces répétitions dans le génome de la bactérie qui sont à l’origine du mécanisme de vaccination).
        CAS veut dire « Crispr associated protein » (protéine associée à Crispr). C’est une enzyme spécialisée pour couper l'ADN avec deux zones de coupe actives, une pour chaque brin de la double hélice.
        PAM signifie « Protospacer adjacent motif » (motif de reconnaissance adjacente); il est très court : quelques bases.
    Vous pouvez trouver aussi pas mal de doc sur Google, mais elle est souvent un peu indigeste et la plupart en anglais.

Commentaire du schéma :

    1 - La bactérie est infectée par un virus elle découpe une séquence ciblée, qui lui est indiquée par un repère : la séquence PAM.

    2 - Si elle réchappe à l’infection, elle a incorporé dans son génome cette séquence, suivie de deux gènes : le premier est celui d’une protéine CAS et le second celui d’un ARN guide TRACR

    3 - Une nouvelle infection du virus se produit.

    4 - Le gène CAS s’exprime et génère l’enzyme CAS. Le gène de TRACR libère un ARN Tracr, qui se lie à la séquence ciblée du virus.

    5 - Grâce à cet assemblage, ce guide reconnait le virus et localise sa séquence PAML suivie du morceau d’ADN à sectionner.

    6 - La protéine CAS a coupé l’ADN du virus en un point précis et il ne peut plus se reproduire.


Jeudi 22 octobre 2015 à 11:19

Biologie, santé.

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    J’ai la chance de ne pas avoir eu d’infarctus, mais je connais plusieurs personnes de mon âge qui en ont eu et qui heureusement, se sont rétablis.
    Lorsqu’il est bénin, il passe presque inaperçu surtout chez une femme : mal au niveau du cœur, à gauche et douleur et crampe au bras gauche.
    Dans les cas graves c’est une douleur thoracique oppressante et violente qui irradie jusque dans le bras, le dos ou la mâchoire.
    Dans le premier cas, il faut consulter le plus vite possible , dans le second cas, il faut aller aux urgences ou appeler les pompiers.
    La douleur thoracique représente la manifestation typique de l'infarctus du myocarde. Elle peut survenir dans la poitrine, la mâchoire, l'épaule, le bras, le cou ou le dos. Elle apparaît brutalement et ne disparaît pas au repos. La douleur peut se prolonger quelques minutes ou quelques heures. Elle provoque la sensation de recevoir un poids ou une barre dans la poitrine et peut ressembler à un pincement ou une forte pression. Son intensité varie d'un degré minime à une violente douleur.
    Beaucoup de patients présentant des douleurs thoraciques, consultent les urgences (cela représente 5% des motifs de consultation, et tous n’ont pas un infarctus. Le problème est de faire un diagnostic sûr le plus vite possible, d’une part pour soigner le malade, mais aussi pour désengorger le service des urgences.
    Le médecin effectue un électrocardiogramme et depuis quelques années, effectuait souvent deux à trois dosages de « troponine" à plusieurs heures d'intervalle avant de donner le diagnostic définitif.

    Qu’est ce que la troponine ?
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    C’est une molécule très complexe, composée de protéines. Vous avez ci dessus un schéma de sa formule chimique.
    Si vous allez voir sur un article que j’avais fait hier, vous avez pu voir que la troponine est incorporée dans les fibres musculaires et qu’elle joue un double rôle : d’une part elle favorise l’action des ions calcium dont la libération commande une contraction ou une extension, et d’autre part elle sert de régulation au mécanisme de contraction/extension, en favorisant le glissement des fibres d’actine dans les fibres de myosine, ou en le bloquant un peu comme un crochet.
    On en trouve notamment dans le cœur. Son taux normal dans le sang est proche de zéro, car elle reste liée aux fibres musculaires, mais lorsqu’il y a problème, son taux augmente.
    Dans certaines maladies de cœur stables, son taux peut être très bas, mais un taux élevé associé aux symptômes ci dessus est considéré comme une preuve d’infarctus.
   

    Un seul dosage va désormais être suffisant.

    Une étude menée au RoyaumeUni (British Heart Foundation and Chief Scientist Office Scotland). sur 6 304 patients, a montré que si, dès le premier dosage, les patients ont un taux de troponine très faible, inférieur à 5 ng/L (1 nanogramme = 10 puissance -9 grammes), ils courent peu de risque de faire un infarctus dans le mois suivant. Ils peuvent alors ne pas être gardés à l’hôpital, la probabilité de n’avoir pas d’infarctus étant de 99,6%, indépendamment de l’âge et du sexe et de ne pas avoir de décès de 100%. C’était le cas de 61% des patients analysés.
    Bien entendu ce dosage très faible doit être accompagné d’un électrocardiogramme normal.
    Par contre des taux plus élevés montrent la présence probable d’un infarctus.

    Deux hôpitaux américains ont effectué une étude analogue sur 14 636 personnes pendant deux ans, souffrant de douleurs thoraciques, qui ont été classés en trois catégories :
    taux de troponine inférieur à 5ng/L  : (8907 patients).
    taux compris entre 5 et 14 ng/L : (3150 patients).
    Taux supérieur à 14 ng/L : (2579 patients).

    Sur les 8907 patient ayant un taux « indétectable », la moyenne d’âge était de 47 ans et les femmes étaient un peu plus de la moitié (53%).
    Ces patients ont été suivis ensuite et ont fait l’objet de nombreux examens.
    Au bout d’un mois 15 patients ont été réhospitalisés pour un infarctus et 2 sont morts mais d’une autre maladie. Le personnes réhospitalisées étaient plus âgés, il s’agissait majoritairement d’hommes (73 %), aux antécédents cardio-vasculaires (20 %) et de fumeurs actifs (40 %). En outre, le dosage initial de troponine avait été effectué dans les deux heures suivant le début des symptômes
    L’étude aboutit à un résultat analogue au précédent, à condition que le dosage soit fait 3 heures après l’apparition des douleurs. Il faut en outre pour avoir un diagnostic négatif, que l’électrocardiogramme soit négatif et que les patients n’aient pas de pathologie chronique, notamment cardiaque. Le diagnostic peut être plus réservé pour un fumleur important, facteur de risque élevé pour un infarctus du myocarde.

Dimanche 18 octobre 2015 à 9:01

Biologie, santé.

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    Comme tous les ans, je vais me faire vacciner contre la grippe, et cela depuis plus de 20 ans.
    Cela ne m’a jamais produit de réaction désagréable, et je n’au jamais eu de grippe. Bien plus, l’adjuvant excitant les défenses immunitaire, depuis que je me faius ains vacciner, je n’ai presque plus jamais eu de rhume l’hiver. Je pense que je tue mieux mes microbes !
    J’en parle parce que je suis étonné, et inquiet de voir la réticence de beaucoup de personnes pour les vaccins, uniquement parce qu’ils croient toutes les rumeurs que font circuler des imbéciles et des inconscients.
    Les vaccins ont sauvé des millions de personnes de la mort et de la maladie. Sans les vaccins il y aurait tous les ans des millions de morts de la variole, de la diphtérie, de la polio, de la grippe, de la tuberculose, du tétanos et même chez les enfants de la coqueluche, les oreillons, la varicelle, la rougeole et la rubéole. Ces maladies sont maintenant très rare grâce à la vaccination, mais, si on arrête ces vaccinations systématiques, elles réapparaitront en force.
    Certains vaccins sont peu pratiqués comme la méningite ou celui contre les pneumocoques, mais je connais une personne, qui, si elle avait été vaccinée ne serait pas morte de la méningite (il y a plusieurs types de méningites :ce n’est pas le virus qui est mortel, mais la bactérie Haemophilus influenzae ou bacille de Pfeiffer)
    Les vaccins sont également efficace pour ceux qui voyagent : fièvre jaune, choléra, la peste et les hépatites et certains vaccins pour les animaux (comme celui contre la rage) leur évitent la maladie, mais empêchent également de la transmettre à l’homme.

    Revenons à la grippe.
    Beaucoup n’ayant pas voulu se faire vacciner fin 2014, et le vaccin ayant été moins efficace en raison d’une mutation du virus, la grippe a fait en France, pendant l’hiver 2014-2015, 18 300 morts soit 30% de plus qu’en 2013/2014.
    Or ce vaccin ne peut en aucun cas transmettre la grippe, car il s’agit d’un vaccin à virus inactivé.
    Certains vaccins ont un adjuvant qui le rend plus actif, et malgré la polémique due à des personnes irresponsables et ignares, l’adjuvant à base s de sels d’aluminium est efficace et sans danger, toutes les études faites ayant montré que les rumeurs qui courent étaient infondées.
    Mais il existe aussi pour ceux trop crédules, un vaccin contre la grippe sans adjuvant.
   
http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/vaccindessin.jpg     Il y a très peu d’effets secondaires.
    Evidemment comme pour toute piqûre, vous pouvez avoir un nerf de touché ou faire une petite inflammation locale. Bien sûr vous pouvez être très émotif, avoir peur des piqûres et tourner de l’oeil ou paniquer, mais ce n’est pas la faute du vaccin !!!
    En cas de rougeur ou gonflement du point d’injection, il faut appliquer uen compresse froide. En cas de douleur ou de céphalée (le plus souvent émotionnelle) prendre un antalgique.
    Les réactions plus graves sont extrêmement rares et il faut alors consulter un médecin.
    Mais de nombreuses femmes enceintes et des enfants de 6 mois sont vaccinés sans qu’il ait été constaté de réaction nocive.

    Le vaccin met 15 jours environ pour être pleinement efficace et protège pendant un an au moins. Mais les virus grippaux évoluant, la composition du vaccin est adapté chaque année aux virus qui circulent.
    Le vaccin est gratuit pour les personnes de plus de 65 ans, pour celles atteintes de certaines maladies chroniques, ou possédant un indice de masse corporelle supérieure à 40 et pour les femmes enceintes. Il est pris en charge par certains organismes pour le personnel (crèches ou hôpitaux par exemple). Pour les autres personnes il est relativement peu cher (8 € environ) et pris en charge par les mutuelles, de même que le coût de l’injection par une infirmière.
    Et en se vaccinant on se protège, mais on protège aussi ses proches et l’environnement.
    En fait se faire vacciner, surtout si on est une personne à risque, est un geste citoyen.

    Et pour ceux qui ne se feront pas vacciner, si vous attrapez la grippe, il vaut mieux ne pas la transmettre, (Le virus se transmet par les aérosols de la respiration et éventuellement par les surfaces que vous touchez - on appelle cette contamination des « fomites »), et si vous ne l’avez pas encore attrapée, protégez vous, alors :
        - lavez vous régulièrement les mains au savon,
        - couvrez vous la bouche avec un mouchoir en papier quand vous toussez et jetez le aux ordures.
        - limitez tous les contacts non indispensables.

Lundi 5 octobre 2015 à 8:11

Biologie, santé.

  L'article que j'ai publié avant hier, m'a valu plusieurs mails, qui me demandent si j'ai des chiffres sur ces questions.
Alors je ne ferai pas d'article aujourd'hui, mais publierai des graphiques : obésité, consommation d'alcool, de tabac, espérance de vie dans le monde et en Afrique où est est la plus faible, baisse d'espérance de vie due à la pollution en Europe. Le dernier graphique montre le lien entre la consommation de cigarettes et le cancer du poumon ou l'infarctus.
   Ces graphiques sont tirés d'articles dans des revues.

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Mercredi 30 septembre 2015 à 12:34

Biologie, santé.

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    Notre monde, sensibilisé par les écologistes et les journalistes, qui manient le principe de précaution à propos de n’importe quoi, nous ont sensibilisé aux microbes, et l’on trouve partout des « agents antibactéries ».
    Dans tous les hôpitaux et clinique, on voit des distributeurs de savons antibactéries et de gels hydroalccoliques, à tous les coins de couloirs, les médecins, infirmières et kinés en transportent des bouteilles ou des sachets.
    Mais bien plus, il y en a dans des produits ménagers, les déodorants, les dentifrices, certains produits de beauté, les lingettes pour bébés ….
    Des milliers de Français en sont devenus adeptes après l'épidémie de grippe mexicaine. Depuis 2009, des tonnes de gel hydroalcoolique sont distribuées pour, nous promet on, « éliminer 99,99% des bactéries ».
    Est ce bien indispensable?

    Quand j’étais jeune cela n’existait pas, tous, personnels de santé et les particuliers utilisaient du savon et de l'eau chaude, de l'alcool ou de l'eau de Javel. Le savon décolle la saleté, les corps gras et les microbes des surfaces, et ceux ci sont alors éliminés par de l'eau. L’alcool et l'eau de Javel détruisent les cellules mortes de la peau et des bactéries, puis s’évaporent.
    Au contraire, les produits utilisant des antibactériens tuent les bactéries, mais laissent des résidus.
    Des bactéries qui n’auraient pas été tuées peuvent s’habituer en présence de ces résidus, peu toxiques et elles se développent et prennent le dessus sur les autres bactéries non résistantes : la nouvelle population bactérienne résistera à une deuxième attaque du même agent antibactérien.
    De plus quand les bactéries deviennent résistantes à ces savons, elles sont parfois moins sensibles à certains antibiotiques, auxquels elles n'ont pourtant jamais été exposées. Plusieurs cas ont été identifiés, notamment avec le triclosan, l’agent bactéricide le plus employé.
    De plus ce produit est utilisé dans les engrais en agriculture, de telle sorte qu’on en trouve des quantités notables dans les rivières, ce qui augmente la résistance des bactéries à leur environnement.
    Une équipe Coréenne a montré que le triclosan n’était par ailleus pas plus efficace que le savon de Marseille.
    De plus le triclosan est soupçonné d’être un perturbateur endocrinien, voire de perturber le fonctionnement du cœur et de la thyroïde.
    Les systèmes d’épuration des eaux n’éliminent pas le triclosan, dont il reste des quantités non négligeable dans l’environnement.

    De plus la concentration en triclosan doit être supérieure à 1% afin de réduire considérablement le nombre de bactéries. Cependant, la plupart des savons vendus dans le commerce ont une concentration en triclosan comprise entre 0.1% - et 0.45%.

    Les savons antibactériens en général, dont les gels hydro-alcooliques, ne sont pas plus utiles que les savons classiques. Le meilleur moyen de rester en bonne santé est toujours de se laver les mains à l’eau chaude avec du savon ordinaire, au moins trois fois par jour à l'eau savonneuse.
    Savon et eau éliminent les germes et les souillures visibles, et préservent la flore naturelle des mains. Des lingettes nettoyantes peuvent être utilisées lorsqu’il n’y a pas de point d’eau, mais ne sont pas aussi efficaces que de l’eau et du savon.
    Les gels hydro-alcooliques sont pratiques pour les personnes ayant besoin de se laver les mains entre 20 et 30 fois par jour, comme dans le secteur de la santé et les crèches.
    Utilisé correctement, un gel hydro-alcoolique tue la plupart des germes et bactéries, hydrate la peau et n’a pas d’impact significatif sur la flore naturelle, alors que les savons antibactériens sans alcool peuvent être néfastes pour la flore naturelle des mains.

Dimanche 27 septembre 2015 à 8:38

Biologie, santé.

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     A la suite de l’article que j’ai fait hier sur le numérique à l’école et certains de ses inconvénients, j’ai reçu plusieurs mails qui me parlent d’un autre problème connexe : les tablettes achetées comme jouet à de jeunes (voire très jeunes) enfants.
    Evidemment les âges sont très différents d’un cas à l’autre.
    Je vous donnerai mon avis sur deux aspects :
   
    D’abord les enfants d’âge moyen disons 7 à 10 ans.

    La tablette a les mêmes inconvénients qu’un ordinateur sans en avoir les avantages.
    Elle est essentiellement faite pour accéder à internet. Or s’ils donnent cette tablette comme « jouet », les parents n’ont plus de contrôle sur son utilisation, car elle est à toute heure dans la chambre de l’enfant et « lui appartient », alors que un ordinateur dans la salle de séjour ne le distraira pas s’il fait ses devoirs dans sa chambre et permettra un certain contrôle de son accessibilité à internet et aux réseaux sociaux.
    Sur le plan fonctionnement, la tablette est quasi automatique (certains disent méchamment d’un fonctionnement fait pour les idiots !!). C’est vrai qu’elle décide de presque tout à votre place, classe les documents où elle le décide, décide en partie de leur appellation, n’est souvent pas facile d’emploi au plan du clavier. Bref elle n’apprend pas ni à taper sur un clavier, ni a une certaine rigueur dans l’organisation de son travail et de ses données personnelles. La tablette vous détourne de la logique et de la prévision et du classement.
    En outre la tablette a des possibilités limitées au plan mémoire et communication ou sauvegarde sauf si on passe par un « Cloud », mais les nuages ont l’inconvénient de permettre un accès très facile (- voire organisé - cf Google) aux information que vous y stockez. Un adulte peut être prudent quant à ce qu’il y dépose, mais pas un enfant qui n’a pas d’expérience et ne sait pas prévoir les conséquences de ses actes.
    Enfin la tablette, au moins autant si ce n’est plus, va habituer l’enfant à zapper, ce qui limite peu à peu ses capacités d’attention.
    En fait la tablette n’est pas un jouet, pas plus que le téléphone portable

    Deuxième problème encore plus néfaste, les enfants de moins de 6 ans.

    La tentation est forte pour les parents de se débarrasser de leurs enfants en les mettant devant la télévision ou la tablette, sans avori à s’occuper d’eux. C’est un jeu qui occupe l’enfant. Mais quelles en sont les conséquences.

    D’abord il faut bien le dire, l’enfant ne sait pas et ne peut pas apprendre vraiment à se servir efficacement d’une tablette. Il va apprendre des gestes automatiques, des procédures simples, qui lui permettront d’atteindre certains sites, certains jeux.
    Si on ne sait pas lire, on ne peux se servir ni d’un ordinateur, ni d’une tablette. Ce que l’on apprend à un enfant de cet âge pourrait être appris à un chimpanzé (et l’a été en laboratoire).
    Des études de chercheurs ont examiné les conséquences de cet usage chez les tout petits. Ils ont constaté des troubles de l’attention et un retard dans l’acquisition du langage.
    En se concentrant sur les images et les sons attrayants de l'écran, l'enfant mobilise moins d'énergie pour ce qui importe vraiment, et il ne fait plus attention à son environnement. Il se laisse mener par la tablette et ne fait plus les gestes répétitifs qui conditionnent l’apprentissage. L’enfant prend un retard mental. En séparant l'enfant de son environnement, le monde virtuel met en péril le développement de sa logique et de ses repères.
    L’enfant doit toucher une couleur, une forme, d'écouter un son, de voir l'effet de son doigt, de sa main, dans la réalité de son entourage et le faire sur une tablette, ne lui apprend rien et est même contre-intuitif.
    Deuxième inconvénient, l’enfant reste seul dans un monde virtuel, sans communication avec autrui et déconnecté du réel. Or l’expérience a toujours montré que le contact avec les parents, les grands parents, les éducateurs, était essentiel pour le développement de l’intelligence - et du savoir faire - de l’enfant. C’st par ces contacts qu’il maîtrise peu à peu le langage et acquiert du vocabulaire. Les enfants cantonnés devant les écrans ont en général, un vocabulaire très faible, et donc peu de capacités de communication. C’est le début d’un retard scolaire ultérieur.

    Enfin quelque soit leur âge, l’usage de l’ordinateur comme de la tablette peut devenir une addiction.
    Cela ne veut pas dire que les ordinateurs et les écrans soient inutiles, et qu’il faille les négliger et ne pas apprendre aux enfants à s’en servir.
    Mais il faut d’abord maîtriser certaines techniques : tant qu’on ne sait pas parler, lire et écrire et ceci appris à la main et non sur un clavier, on n’est pas à même de se servir seul d’un ordinateur ou d’une tablette et les accès à la télévision doivent être limités. Des jeusx sont possibles, mais accompagnés par la famille. Et si possible des jeux développant la logique, l’usage du langage, la réflexion et non la dextérité au combat.
    Michel Desmurget, chercheur à l’Inserm, disait dans un interview : « les écrans créent chez les enfants des cerveaux fanés ».    et il a dénoncé tous les arguments publicitaires qui donnent aux écrans des vertus qu’ils n’ont pas, (comme la lutte contre la dyslexie, ou l’agressivité et l’amélioration des capacités d’attention visuelle), alors que souvent ils aggravent même les problèmes correspondants.
    Mais évidemment des intérêts économiques sont en jeu : il faut vendre beaucoup d’écrans !!

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