Jeudi 24 septembre 2015 à 8:54

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/RTEmagicCamibepandoravirusChantalAbergelJeanMichelClaverie.jpg

   Une étude très originale vient de paraître ces derniers jours (In-depth study of Mollivirus sibericum, a new 30,000-y old giant virus infecting Acanthamoeba. M. Legendre et coll. PNAS, 7 septembre 2015.).
   
    Les virus que nous connaissons et qui déclenchent des maladies ont en général une taille de 20 à 200 nanomètres, alors qu’une cellule mesure de l’ordre de 20 µ. (100 à 1000 fois plus). Toutefois certains virus sont plus gros comme le virus Ebola qui mesure entre 0,5 et 1 µ de long, car il est très linéaire.   
    En 2003 les chercheurs ont découvert un « virus géant », si gros qu’il était observable au microscope optique : baptisé Mimivirus.
    D’abord pris pour une bactérie, présent au sein d’une amibe dans une tour de climatisation industrielle, en Angleterre, il a été reconnu comme virus par une équipe de l’Université de Marseille, et la séquence complète de son génome a été publiée en 2004.
    Officiellement, le professeur de microbiologie Didier Raoult a baptisé ce microbe du nom de Mimivirus parce que cela signifie « Mimicking Microbe Virus » (« virus imitant un microbe »). Officieusement, c'est en souvenir des aventures de « Mimi l'amibe », un héros de son enfance sorti de l'imagination de son père qui lui racontait de la sorte l'histoire de l’évolution.
    Ce virus mesure 0,4 µ  et contient 1262 gènes et de l’ordre de 1 200 000 bases dans son ADN et il contient une trentaine de gènes qui ne sont pas présents dans les autres virus, mais le sont dans les organismes cellulaires, comme ceux codant des protéines de réparation de l'ADN ou de la traduction de l'ARN en protéines, qu’il fabrique lui même (alors que les autres virus se servent du matériel génétique de la cellule hôte).. Il a en particulier un processus de réplication unique et différent des autres virus.
    Il pourrait être considéré comme un être vivant, mais néanmoins il a besoin d'une cellule hôte pour se répliquer, mais avec son propre matériel génétique, sans utiliser celui de la cellule.
    A titre de comparaison le virus Delta, le plus petit des virus, ne comporte qu’un seul gêne et ne vit qu’en colonisant un autre virus : celui de l’hépatite B. La plupart des virus ont quelques centaines de gênes au plus. Celui du VIH ne comporte que 10 gènes.
    On n’a pas démontré qu’il était pathogène, mais rien ne s’y oppose; il colonise bien une amibe et donc peut coloniser une cellule et il semble que sa présence ait été constatée dans certaines pneumonie.

    D’autres virus géant ont été trouvé au Chili,  dans les années 2010. On les avais appelé « Mégavirus ».
    En 2013 un virus géant a été découvert par l’équipe de chercheurs de Marseille, dans un étang en Australie et au Chili : le « Pandoravirus » (allusion à la « boite de Pandore »), qui comporte 2000 à 2500 gènes.
Il apparaissait, au microscope, sous forme de points noirs d’origine inconnue dans des amibes (la photo ci dessus au début de l’article montre une amibe infectée).
    Ces pandoravirus n’ont pas de capside, l’enveloppe protéique protectrice qui entoure normalement les virus,
    En 2014 dans le permafrost (le sol recouvert de glaces polaires), dans une carotte vieille de 30 000 ans, à 30 m sous la surface de sédiments de la fin du Pléistocène, des virus encore plus gros ont été mis à jour : les « Pithovirus » qui comporte 467 gènes et mesure environ 1,5 μm de longueur et 0,5 μm de diamètre, ce qui en fait le plus grand virus connu. Sa structure ressemble à celle d'un nid d’abeilles.
    Le nom de « Pithovirus » fait référence à de grands conteneurs de stockage de la Grèce antique connus sous le nom de « pithos ». Les auteur

    Une étude a été publiée ce 7 septembre 2015 dans les Comptes-rendus de l'Académie des sciences américaine concernant un nouveau virus géant vieux de 30.000 ans, trouvé dans le pergélisol (sols gelés en permanence) sibérien. Il a été baptisé « Mollivirus » et possède plus de 500 gènes. Il se présente comme une coque oblongue de 0,6 micron de long et, pour se multiplier, il a besoin du noyau de la cellule hôte.
    Après avoir établi l'absence de pathogénicité de Mollivirus sibericum pour la souris et pour l'homme, l’équipe de Marseille à pu réaliser un "réveil" en laboratoire en se servant d'amibes (organisme unicellulaire) comme cellules hôte.

    Ces virus géants sont particulièrement intéressant car ils constituent un « pont » entre les virus (qui ne vivent pas seuls) et les bactéries, qui sont des organismes autonomes, vivants, comme les cellules.
    L’équipe de Marseille de Chantal Abergel et Jean-Michel Claverie, sont les grands spécialistes à l’origine de ces découvertes.

    Cela dit cette découverte dans les glaces, montre que les virus s’y conservent très bien et il faudra prendre des précautions, avec le réchauffement climatique, car on court le risque de réveiller un jour des virus comme celui de la variole que l'on pensait éradiqués.

    On ne sait pas quelle est l’origine de ces virus géants. Les principales hypothèses considèrent que ces virus descendraient d’anciennes cellules, qui auraient parasité les cellules existantes, et que par simplification du génome, elles auraient perdu certaines de leurs capacités intrinsèques de reproduction et de production d’énergie. Ces parasites auraient seulement conservé les caractères leur permettant de survivre aux dépens de leur hôte.

Jeudi 17 septembre 2015 à 7:53

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/thumb329defaultseizeneuf.jpg

    J’avais fait le 3 mars 2012 un article sur l’hémophilie et le traitement réussi aux USA en utilisant un virus non pathogène modifié génétiquement, sur lequel on avait greffé le gêne codant une protéine essentielle à la coagulation du sang. Le virus a transmis ce gène aux cellules des patients et leur hémophilie a été guérie ou grandement atténuée.
    Je disais en conclusion que j’espérais que de telles thérapies géniques pourraient  un jour s’appliquer à la maladie de Crohn ou à la mucoviscidose.
    La maladie de Crohn, qui est une maladie génétique inflammatoire et hémorragique des intestins et les maladies voisines, touchent environ 150 000 personnes en France.
    J’ai connu plusieurs personnes atteinte de la maladie de Crohn. C’est une maladie pénible avec des rémissions et des crises, plus ou moins graves selon les personnes, mais qui peut entraîner des ablations successives de l’intestin et engager le pronostic vital.
    Elle a une cause génétique ou plus exactement épigénétique et apparait en général entre 14 e 30 ans, et dure toute la vie du malade. Les femmes sont davantage touchées que les hommes. Elle modifie le microbiote de l’intestin.
    Un des malades que je connais a ainsi des hauts et des bas et arrive à survivre au prix de souffrances périodiques, une autre malade est moins gravement atteinte, et une troisième, pourtant assez gravement atteinte, a guéri brutalement de façon presque inexpliquée, suite à un traitement banal, sans effets sur d’autres patients.
    C’est donc une maladie difficile à soigner, comme toutes les maladies auto-immunes. Aucun médicament ni régime alimentaire n’a pu jusqu’à présent la soigner systématiquement.

    Je viens de lire le compte rendu d’une étude d’une équipe de Lille (Université, Inserm et CHR) - http://www.nature.com/mi/journal/vaop/ncurrent/full/mi201562a.html -
qui a réussi à atténuer la maladie chez des rats de laboratoire, en rééquilibrant le système immunitaire grâce à un traitement par une protéine.
    Cette équipe a utilisé une protéine, appelée P28GST (je l’appellerai P), qui est une protéine connue, appartenant à un ver parasitaire, le « schistosome », qui est responsable de la maladie dite « bilharziose », qui touche environ 180 millions de personnes dans le monde et notamment en Afrique et dans les zones subtropicales ou tropicales, et provoque tous les ans 280 000 décès.
    Cette maladie est provoquée par les oeufs du ver, qui sont déposés dans les tissus hépatiques, et provoque un afflux de cellules inflammatoires (lymphocites et ésinophiles), qui sont peu à peu transformées en un tissu fibreux, qui va perturber la circulation sanguine.
    On a constaté que les malades atteints de bilharziose étaient très rarement atteints par des maladies auto-immunes et l’équipe de Lille a constaté que l’introduction de larves du ver diminuait la colite due à la maladie de Crohn, puis a réussi à identifier la protéine P comme responsable de ce phénomène, et l’a ensuite utilisée comme médicament.
    La protéine P est produite en levures et possède des propriétés anti-oxydantes, anti-inflammatoires et immuno-géniques; elle est très bien caractérisée sur le plan biochimique et fonctionnel, et sa production sous forme de levures est maîtrisée. La molécule a franchi avec succès les épreuves de toxicité aigüe et chronique jusqu’en phase 3 dans une application à la bilharziose, et elle subit des essais de phase 2 spécifiques de la maladie de Crohn.
    Un adjuvant a été étudié, qui augmente l'effet anti-inflammatoire de la vaccination par la protéine P.
    Le travail de l'équipe lilloise est désormais couronné de succès puisqu'il en est maintenant aux premiers essais cliniques chez l’homme, sur 24 patients, à l’hôpital universitaire de Lille.
    On peut donc espérer dans les années qui viennet un traitement efficace de la maladie de Crohn..

Samedi 12 septembre 2015 à 9:40

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/Spectrefrequence.jpg

          Nous avons vu hier ce qu’étaient les champs et les rayonnements électromagnétiques : aujourd’hui nous allons parler succinctement d’effets biologiques.

Rayons X et Gamma, lumières UV, visible et Infra-rouge :
   
    Nous avons dit hier que les rayons X et Gamma, encore plus énergiques et pénétrants peuvent casser les liaisons moléculaires et arracher des électrons à la matière et représentent donc un danger pour les tissus humains. Des doses trop élevées peuvent entrainer des dégâts irréversibles, notamment sur les cellules productrices des globules blancs et rouge et entraîner la mort. Des doses plus faibles localisées sur la peau peuvent entrainer des érythèmes (comme les coups de soleil) et des nécroses nécessitant un e amputation.
    Les rayonnements ultraviolets sont beaucoup moins énergiques et moins pénétrants; mais nous savons tous qu’ils sont à l’origine de coups de soleil et de nombreux cancers de la peau.
    La lumière visible et infrarouge est encore moins énergétique et pénètre peu la peau. Mais elle peut l’échauffer et soit aggraver les coups de soleils dus aux UV, soit provoquer des brûlures. Quand vous cuisez un rôti dans votre four, il ne touche aucune plaque chaude : ce sont les rayons infra-rouges produits par les résistances qui chauffent l’air, le portant ainsi à environ 200 d°C.

    Les radars et les ondes radio, les micro-ondes :


    Ces ondes sont de fréquence moindre et transportent individuellement poins d’énergie. Mais on peut électriquement augmenter considérablement le champ induit par un émetteur et donc lui faire produire une énergie considérable.
    Ces ondes sont beaucoup plus pénétrantes et peuvent agir sur les molécules de faible poids, comme les molécules d’eau, en les faisant vibrer et en échauffant donc la température du liquide (qui traduit l’agitation moléculaire).
    Le corps humain étant constitué aux 3/4 d’eau, y est donc sensible, à condition que les énergies distribuées soient fortes.
    Un radar produit une grande quantité d’énergie dans la calotte émettrice et si nous y mettions notre mains nous pourrions être brûlés (mais l’accès à ces endroits est interdit mécaniquement). Cette énergie décroit comme le carré de la distance et lorsqu’on détecte un véhicule ou un avion à quelques centaines de mètres l’énergie en jeu est très faible et sans danger. C’est la sensibilité des récepteurs qui permet de détecter le signal réfléchi.
    De la même façon l’énergie produite dans le four à micro-ondes va chauffer l’eau dans un verre très rapidement à 100 d° et notre main serait détruite si nous pouvions la mettre à la même place. Mais si l’on considère les ondes wi-fi ou bluetooth, utilisée en transmission d’information, l’énergie mise en jeu est si faible qu’il n’y a plus de manifestation importante : vous pouvez laisser votre main plusieurs minutes à coté de votre box internet, elle ne chauffera pas ou d’une quantité infime sans conséquence et indécelable.

    Les ondes de téléphones mobiles :


    Comme les micro-ondes, les ondes des téléphones mobiles peuvent provoquer un échauffement, mais ils sont extrêmement faibles, et donc ne peuvent troubler la thermorégulation du corps humain
    Mais, selon l’OMS, les données actuelles ne confirment pas l’existence d’effets sanitaires avérés résultant d’une exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité dans le domaine des radiofréquences.
    En fait il n’y a effet sanitaire que lorsque les facultés de réaction normale de l’organisme pour compenser ces effets sont dépassées : en cas d’exposition de très longue durée ou très intense.
    Les téléphones mobiles peuvent, dans de rares cas, perturber le fonctionnement de stimulateurs cardiaques et de prothèses auditives. Les utilisateurs de tels appareils devraient consulter leur médecin pour déterminer leur sensibilité à ces effets.

    Les émissions des conducteurs électriques :

    On ne peut mettre aucune action en évidence sur les tissus humains et les conducteurs courants n’émettent que très peu d’énergie.
    Les lignes à haute tension émettent des champs plus importants, mais là encore, on ne peut mettre en évidence d’effet direct. Des études épidémiologiques statistiques ont déterminé un risque accru de leucémie chez des enfants vivant à proximité de lignes à haute tension. Mais on n’a ni confirmation ni explication de ce résultat.

    Les champs magnétiques statiques des aimants à fréquence nulle :

    Rien n’indique que l’exposition transitoire à des flux magnétiques statiques, jusqu’à une densité de 2T, produise des effets sur la santé et la plupart des aimants n’induisent que des champs plus de mille fois inférieurs.   
    Des aimants de plusieurs teslas ne sont utilisés que dans des appareils spéciaux en recherche des particules ou en recherche biologique (RMN).
    Une exposition à un champ magnétique statique de très grande intensité (supérieure à 2T) peut induire certains symptômes : réactions cutanées, malaises (nausées, vertiges),  goût métallique, perception de taches lumineuses,  modification de l’électrocardiogramme (ECG).
    Ces champs attirent les objets métalliques sensibles et induisent des courants dans des conducteurs. Les dispositifs médicaux implantables actifs (stimulateur cardiaque, pompes à insuline) peuvent subir des dysfonctionnements et les implants passifs (broches ou plaques) peuvent se déplacer sensiblement par attraction.

    La règlementation :

    Pour prévenir les éventuels effets liés à une exposition à des champs électromagnétiques trop intenses, des valeurs limites d’exposition ont été définies, sur une recommandation de l’Union européenne et sur les lignes directrices de la Commission internationale de protection contre les radiations non ionisantes (ICNIRP) publiées en 1998. Le Décret n°2002-775 du 3 mai 2002 et l’arrêté du 8 octobre 2003 fixent les valeurs limites que ne doivent pas dépasser les champs électromagnétiques émis par les stations radioélectriques et les équipements terminaux radioélectriques et des directives du parlement européen fixent les conditions auxquelles doivent se soumettre les équipements terminaux de télécommunications et les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l'exposition des travailleurs aux champs électromagnétiques.


Vendredi 11 septembre 2015 à 10:10

Biologie, santé.

  La télé et lé presse se sont fait l’écho de la reconnaissance du droit à une indemnité d’une personne hypersensible aux hyperfréquences, ce qui est un précédent juridique. Ce qui est curieux c’est que cela ne s’appuie sur aucune certitude scientifique ou médicale.
    J’ai pensé qu’il serait intéressant de faire le point de la question, mais en commençant par de la physique avant de parler demain de biologie dans les trois articles suivants.

   
    Qu’est ce qu’un champ électromagnétique ?

    On parle d’exposition aux champs électromagnétiques; encore faudrait il savoir ce que c’est et où on les rencontre.
    La notion de champ est utilisée en physique pour traduire l’influence que peut exercer, à distance, un objet sur son environnement.
    Un champ électromagnétique est constitué de l’association d’un champ électrique et d’un champ magnétique.

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/presencechampelectriquemagnetique.jpg

    Un champ électrique est la possibilité d’action à distance d’une charge électrique sur une autre charge électrique, car elles exercent l’une sur l’autre une force qui les attire ou les repousse, selon leurs charges.
    Lorsqu’il s’agit de charges fixées sur un support on parle aussi de champ électrostatique; vous vous êtes sûrement amusé au collège à frotter une tige de verre avec un chiffon de laine et a attirer ensuite de petits bouts de papier. En la frottant on fait apparaître des charges électrostatiques sur la tige (des accumulations des électrons de ses atomes), et celles ci attirent les charges qui existent du les feuilles de papier et dont l’emplacement est modifié par l’attrait de la tige.
    De même deux tiges électrisées s’attirent ou se repoussent.
    La réalité c’est la force induite par chaque tige l’une sur l’autre. Le champ électrique c’est lorsqu’il n’y a qu’une seule tige, la possibilité de cette force en un point de l’espace, si on y mettait la seconde tige : elle est caractéristique de la charge électrique de la première tige et de la distance à laquelle on se place. Cela permet ensuite de calculer la force exercée qui dépend aussi de la charge de la seconde tige.
    Si l’une des charge électrique est mobile, elle pourra être mise en mouvement par la force créée par le champ due à une autre charge. C’est ainsi que l’on va créer un courant électrique dans un conducteur, en déplaçant les électrons qui sont relativement mobiles dans un métal conducteur., comme le cuivre.
    Dans la pratique, tout fil ou appareil électrique sous tension crée un champ électrique autour de lui, même s’il n’y a pas circulation de courant.
    Ce champ est caractérisé par la différence de potentiel entre deux points de l’espace exprimée en volts par mètre.
    Ainsi si vous êtes en un point à une certaine distance d’une antenne radio, la différence de potentiel entre l’antenne et l’endroit où vous êtes correspondra à une certaine valeur en volts/mètre, qui caractérisera le champ électrique.

    Les champs magnétiques sont provoqués par le déplacement de charges électriques. Ils n’apparaissent que lors du passage d’un courant électrique dans un conducteur. Plus l’intensité du courant est élevée, plus le champ magnétique est important.
    L’exemple classique est l’électroaimant, qui, si vous faites passer un courant dans le fil de la bobine, va créer un champ magnétique, qui représente là encore la « possibilité d’une force » et si un morceau de fer est présent dans le champ, il sera ainsi attiré par la bobine.
    Le champ magnétique en un point est mesuré en Tesla, mais comme c’est une unité qui correspond à un champ énorme, on parle le plus souvent de millionièmes de Tesla ou µT.

    Un champ électromagnétique peut être constant dans le temps : c’est le cas des champs électrostatiques et de champs magnétiques produits par des aimants.
    Mais il peut aussi être variable au cours du temps, cette variation est caractérisée par le nombre de cycles par seconde, oui d’oscillations par seconde : il s’agit de la fréquence.
    Il existe des champs électromagnétiques de diverses fréquences, exprimées en hertz (Hz). C’est le nombre de variations du champ par seconde.
    Dans la théorie électromagnétique  où l’on associe une onde et une particule, la fréquence est celle de l’onde associée et elle correspond à l’énergie transportée par chaque particule. Plus la fréquence est grande plus l’énergie est importante (l’énergie est proportionnelle à la fréquence.
    Dans le cas de fréquences faibles, l’énergie transportée est trop faible pour avoir une action sur les molécules : c’est le cas pour les ondes radio et la lumière visible. Tout au plus peut il y avoir dégagement de chaleur pour des expositions très fortes.
    Les rayons ultraviolets peuvent modifier le niveau de liaisons chimiques en même temps qu’apporter de la chaleur d’où les « coups de soleil » et le risques associés cancérigènes.
    Les rayons X et Gamma, encore plus énergiques et pénétrants peuvent casser les liaisons moléculaires et arracher des électrons à la matière et représentent donc un danger pour les tissus humains, une irradiation trop forte pouvant entrainer la mort.

    Le tableau ci dessous représente la gradation des diverses fréquences :
(1kHz = 10 puissance3 Hz; 1MHz = 10 puissance6 Hz; 1kGz = 10 puissance9 Hz; 1THz = 10 puissance12 Hz; 1PHz = 10 puissance15 Hz; 1EHz = 10 puissance18 Hz)    UMTS est le sigle américain pour la téléphonie mobile 3 et 4G (le tableau est pris sur Wikipédia) :

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/frequencesrayonnements.jpg                     
   
    Les champs électriques et magnétiques décroissent rapidement quand on s’éloigne de la source de champ. Dans le domaine des extrêmement basses fréquences, le champ électrique est facilement arrêté par la plupart des matériaux, même faiblement conducteurs, mais à l’inverse, la plupart des matériaux sont transparents vis à vis du champ magnétique.

    Demain nous verrons quels sont les effets physiologiques des rayonnements électromagnétiques. Dans les deux articles suivants, je parlerai des lignes haute tension et des téléphones mobiles, puis de l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques.

Samedi 5 septembre 2015 à 9:13

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/vaccination.jpg

Après mes articles sur certains vaccins, j’ai reçu des mails me posant des questions sur la vaccination et je vais essayer d'y répondre.

    Vous en connaissez sûrement le principe que rappelle le schéma ci dessus.
    Le vaccin injecté contient des microbes atténués qui excitent et sensibilisent les défenses immunitaires (principalement les lymphocytes), qui sécrètent des anticorps. Si par la suite, le microbe vient contaminer la personne vaccinée, il est reconnu par ces défenses qui le détruisent ou l’empêchent de proliférer.
    Toutefois avec les virus, on cherche aussi à utiliser certains morceaux et non le virus entier, et notamment certaines protéines qui permettent au virus de pénétrer dans les cellules pour y injecter son ADN (ou ARN).
    La vaccination est le meilleur outil de lutte contre les maladies infectieuses. Elle a permis notamment d’éradiquer complètement la variole.

    La vaccination n’est jamais totalement dépourvue de risques, mais ceux ci sont minimes par rapport au nombre de malades épargnés par la maladie ou sauvés de conséquences graves.
    En aucun cas le vaccin ne peut donner à la personne vaccinée la maladie contre laquelle il va la protéger. Par ailleurs il n’y a pas de lien entre vaccination et des maladies graves ultérieures.
    Il peut par contre, comme pour tout médicament, y avoir des effets indésirables chez certaines personnes : petite fièvre, douleur et inflammation du point d’infection, fatigue.
    Par contre il peut y avoir des contre-indications pour une personne en mauvaise santé, car le risque de réaction indésirable serait plus grand.
    En principe on ne fait pas plusieurs vaccins à la fois, sauf pour des vaccins multiples autorisés et étudiés spécialement, qu’il est préférable d’utiliser pour limiter le nombre de piqûres.

    Si nous avons eu un contact avec un microbe qui n’a pas pu se développer et ne nous a pas rendu malade, notre système immunitaire est sensibilisé, un peu comme dans la vaccination. Certaines personnes (ou certaines sectes), pensent donc qu’il vaut mieux laisser faire la nature.
    Seulement nous ne somme pas surs d’avoir développé cette défense naturelle, et si la première fois où nous rencontrons le microbe, celui-ci est assez virulent pour déborder nos défenses immunitaires, ce sera la maladie et peut être une issue fatale.
    Les vaccins stimulent le système immunitaire et entraînent une réponse immunitaire semblable à celle produite par l’infection naturelle, mais ils ne provoquent pas la maladie. Ils ne font donc pas courir à la personne vaccinée le risque d’une maladie qui peut se compliquer et entraîner des séquelles voire la mort.

    La controverse actuelle, surtout entretenue par des rumeurs et les médias à la recherche du sensationnel, concerne les adjuvants. Ils permettent de stimuler la réponse immunitaire induite par le vaccin et donc d’en renforcer l’efficacité.
    La polémique a surtout eu lieu à propos de l’aluminium contenu dans beaucoup d’adjuvants, qui est utilisé dans tous les pays du monde depuis près de 90 ans. Des traces d’aluminium peuvent rester autour du point d’injection pendant plusieurs années mais il n’a jamais été démontré que l’aluminium était associé à des maladies musculaires ou des maladies générales particulières. Aucune donnée ne permet de remettre en cause la sécurité des vaccins contenant de l’aluminium.
    La presse a monté en épingle le fait que l’aluminium serait néfaste pour le cerveau, mais les doses correspondantes sont sans commune mesure avec celles contenues dans les vaccins.
    Une autre polémique a concerné un produit organique utilisé contenant du mercure : le thiomersal, qui n’est utilisé en France que dans les vaccins multidoses en bouteilles, pour une vaccination de masse. Mais Ii n’existe, à l’heure actuelle, aucune preuve scientifique attestant que le thiomersal utilisé dans les vaccins représente un risque pour la santé.
    Les vaccins subissent des contrôles préalables à tout agrément par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament, et sont suivis ensuite, ce qui est relativement efficace vu le grand nombre de personnes vaccinées et donc la statistique correspondante.

    Pourquoi vacciner les bébés au lieu d’attendre qu’ils soient plus forts : un enfant est le plus vulnérable aux treize maladies évitables par la vaccination au cours des deux premières années de sa vie, car il n’a pas pu développer naturellement son immunité. Il faut donc le protéger au plus tôt.
    La rougeole, la coqueluche une méningite, voire la diphtérie, bien quelle soit devenue rare, peuvent laisser des séquelles graves voire entraîner la mort.
    Les oreillons ne sont pas très dangereux en général pour un enfant mais très désagréables et pour un adulte peuvent chez les hommes diminuer fortement la fertilité.
    La poliomyélite a presque été éradiquée grâce à la vaccination, mais quand j’étais jeune, elle provoquait des ravages handicapant à vie de nombreuses personnes.
    Le tétanos est devenu rare, mais pour une personne non vaccinée et non soigné extrêmement rapidement, il est mortel.
    Pour un adulte, l’hépatite peut provoquer une maladie grave du foie ou un cancer dont plus de mille personnes décèdent chaque année. La rubéole chez une femme enceinte, peut provoquer des malformations du foetus, les papillomavirus peuvent provoquer des cancers de l’utérus.
    Le « BCG » (vaccination contre la tuberculose a longtemps été obligatoire à l’entrée en collectivité. Ce n’est plus le cas depuis 2007, mais on note dans certaines régions une recrudescence de la maladie.
    Beaucoup de personnes négligent la vaccination contre la rougeole et depuis le début de l'année 2015, déjà 365 cas de rougeole ont été déclarés en France.  Depuis 2008, environ 24.000 cas de rougeole ont été déclarés en France, et parmi eux, 1.500 cas ont présenté une pneumopathie grave, 34 une complication neurologique, et 10 personnes sont décédées.
    Comme je l’ai écrit dans des articles, la vaccination contre la grippe est efficace alors que celle ci fait de nombreux malades et morts dans le monde et en France, et par ailleurs ne pas se faire vacciner contre certaines maladies, quand on va vers un pays à risque (par exemple la fièvre jaune, le choléra ou certaines maladies pulmonaires ou intestinales), c’est tout simplement mettre sa vie en danger.
    Je connais une personne qui était en vacances dans un pays à risque et a dû être rapatriée et a gaché ses vacances, mais, si elle n’avait pas été vaccinée, elle serait morte.

Mercredi 2 septembre 2015 à 8:20

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/rtxnvuf.jpg

    Tous les ans je me fais vacciner contre la grippe et c’est plutôt bénéfique. Non seulement je ne contracte pas la grippe, mais cela stimule sans doute mes défenses immunitaires et je n’attrape presque plus de rhume depuis 20 ans.
    Mais les virus de la grippe évoluent en permanence. Les vaccins traditionnels contre la grippe utilisent des virus entiers inactivés (injectables) ou atténués (spray nasal) et doivent donc être mis à jour chaque année en fonction des souches qui circulent dans l'autre hémisphère, et il faut ainsi prévoir les souches les plus susceptibles d’infecter la population. Chaque année, les chercheurs doivent donc mettre à jour le vaccin, mélange en général de deux souches H1N1 et d’une souche H3N1. Mais parfois, comme l’an dernier 2014, le virus mute entre temps et le vaccin est un peu moins efficace.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/sanstitre7.png    De nombreux travaux ont été menés dans ce sens, sans succès : aucun "super-vaccin" n'a, à ce jour, été testé sur l’homme. Cependant les résultats de deux nouvelles études viennent de paraître en août 2015 dans les revues Nature et Science, qui font état d’une possibilité d’obtenir dans quelques années, un vaccin « universel ».
    Une protéine, l’hémagglutinine, à la surface du virus, ressemble à un petit bâtonnet dont l’extrémité s'accroche aux cellules de l’organisme, et qui est la principales cible des anticorps de nos défenses immunitaires. C'est elle qui est en partie responsable du changement annuel de vaccin : les mutations génétiques du virus peuvent modifier la protéine, qui n'est donc plus reconnue par les anticorps de défense de notre organisme.
   
    Dans l’étude publiée dans la revue britannique Nature (http://www.nature.com/nm/journal/vaop/ncurrent/full/nm.3927.html),  les chercheurs de l'institut américain des allergies et des maladies infectieuses ont concentré leurs recherches sur la tige du bâtonnet de l'hémagglutinine. Sa structure est beaucoup plus stable que celle de son extrémité, en constante mutation.
    Ils ont « accroché » ce corps de bâtonnet d’hémagglutinine, provenant d'un virus grippal de souche A(H1N1), à des nanoparticules en la combinant avec un adjuvant, ils ont ainsi fabriqué un vaccin qui a été injecté à des souris et des furets.
    Ils leur ont ensuite injecté des doses létales de virus A(H5N1). Bien que la vaccination n'ait pas réussi à neutraliser complètement le virus H5N1, elle a protégé complètement les souris et partiellement les furets, qui ne sont pas morts.
   
    Dans l’étude, publiée dans la revue américaine Science, (http://www.sciencemag.org/content/early/2015/08/24/science.aac7263.1.abstract), des chercheurs du Crucell Vaccine Institute, aux USA et d’un institut de la Hague aux Pays Bas, a testé un vaccin qui a conféré une protection complète à des souris et développé une réponse immunitaire importante chez des singes.
    Certains anticorps de notre organisme sont capables d’être polyvalents et de reconnaître et s'attaquer aux différentes souches d'une même famille de virus. Ces chercheurs ont donc étudié quels morceaux de la tige du bâtonnet de l’hémagglutinine pouvaient se lier à ces anticorps, et ont fabriqué un vaccin à partir de ces résultats.

    Les souris et les furets n’ont pas la même réponse immunitaire que les hommes, et i faudrait tester ces vaccins sur de grands singes, pour être surs de leur efficacité, puis sur des hommes en hôpital.
    Certes il faudra sans doute encore plusieurs années avant que ces deux techniques puissent déboucher sur un vaccin optimisé et ayant subi les tests d’innocuité des effets secondaires exigés pour tout médicament, mais c’est une voie très prometteuse quiva être exploitée.
    Rappelons que tous les ans, dans le monde, plusieurs millions de personnes sont gravement touchées par la grippe, qui tue annuellement entre 200 et 500 000 personnes, et que la vaccination , qui doit être renouvelée tous les ans est coûteuse (en France elle a coûté 180 millions d’euros à la Sécurité Sociale).

Dimanche 30 août 2015 à 10:47

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/479435800pxnicolaspoussintheplagueatashdodwga18274.jpg

     La presse et la télé ont monté en épingle trois cas de peste aux USA: une enfant en juillet et un touriste adulte en août, qui visitaient le par de Yosemite, en Californie, qui reçoit tous les ans plus de 4 millions de visiteurs.
    Je rassure tout de suite les utilisateurs de Macintosh, dont le dernier logiciel système s’appelle Yosémite, que leur Mac n’est pas contagieux !
    Evidemment les énormes épidémies de peste de L’Antiquité du Moyen âge (vers 1350), ont laissé des souvenirs dans la littérature et donc pour les médias, c’est une nouvelle sensationnelle.
    Mais aujourd’hui, bien que ce soit une maladie grave dont on peut mourir, la peste se soigne relativement bien avec des antibiotiques, et d’ailleurs la petite fille qui l’avait contractée en juillet est guérie. Il faut simplement faire le bon diagnostic à temps,
    Il semble que cela n’ait pas été le cas d’un jeune homme en juin, qui est décédé.

    En fait il existe deux sortes de peste, la « peste bubonique » et la « peste noire » ou pulmonaire.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/plaguetitjpgb3a18d7261a14d6d8d7109445cd5f4bdLarge.jpg    Toutes deux sont provoquées par une bactérie, qui est un cocobacille : Yersinia pestis, (voir photo ci contre environ 0,5 X 2 microns), comportant 4000 gènes. Il est très résistant aux défenses naturelles et reste virulent dans les corps en putréfaction, ce qui explique les mesures prises dans l’antiquité et le Moyen âge de brûler les corps.
    Il est résistant au froid et reste virulent dans les sols.
    Les pathologies dépendent de l’importance de la prolifération du virus dans le corps de la personne contaminée.
 
    La bactérie est en général à l’origine, véhiculée par les parasites des rats, et notamment les piqûres de puces. Les puces transmettent de virus de rat à rat, et quand ceux-ci meurent, les colonies se rapprochent souvent des habitations humaines, et les puces des animaux morts peuvent émigrer vers l’homme.
    La peste bubonique est la plus courante. Après piqûre et ingestion de la bactérie, celle ci se multiplie sur place et provoque une pustule (le « bubon »), puis envahit le système lymphatique et se développe dans les ganglions, qui deviennent à leur tour des pustules infectées.
    La bactérie sécrète une toxine qui détruit les globules blancs macrophages et envahit peu à peu l’organisme et notamment les poumons : lorsque ceux ci sont infectés, des bacilles sont alors présent dans les gouttelettes rejetées par la respiration et la toux;la contamination peut alors se produire par voie aérienne, d’homme à homme. C’est la peste pulmonaire, extrêmement contagieuse et le plus souvent mortelle, à l’origine des grandes épidémies.
    L’incubation dure en général deux à dix jours, puis apparaissent fièvre, vertiges céphalées. Le bubon est visible sur la piqûre au deuxième jour après celle-ci.
    Dans 20à 40 % des cas, la guérison est spontanée mais longue. Le traitement antibiotique est efficace à ce stade et il est rare de constater des décès.
    Dans environ 15% des cas la maladie peut évoluer vers une septicémie, qui peut être mortelle.
    Par contre si la contamination atteint le stade pulmonaire, le traitement est peu efficace et la mort intervient en quelques jours. A l’origine, il y a peu de cas de peste pulmonaire (environ 5%), mais le mécanisme de contamination devenant aérien, celle ci peut croître brutalement et engendrer une énorme épidémie.
    Pour éviter ce problème, il faut soigner précocement la maladie et mettre les malades en isolement.

    L’opinion publique croit que la peste est une maladie qui n’existe plus. C’est totalement faux.
    Près de 40 000 cas humains de peste ont été déclarés à l’OMS par 24 pays au cours des quinze dernières années. L’Afrique est le continent le plus touché, suivi par l’Asie. Les foyers de peste les plus importants se situent à Madagascar, en République Démocratique du Congo et en Tanzanie, et en Asie, la Chine, la Mongolie et le Vietnam.
    Le bacille peut rester virulent dans le sol pendant au moins quelques dizaines de jours, ou dans des carcasses d’animaux. Parmi des rats de laboratoire contaminés, certains mouraient rapidement, mais d’autres ont survécu plusieurs semaines et étaient porteurs du bacille. Celui ci peut donc rester présent dans une colonie animale et entraîner des épizooties successives, et donc des transmissions possibles à l’homme.
    Il semble que le bacille puisse ainsi persister en un endroit pendant des dizaines d’années.
    Par contre sa persistance sur des surfaces usinées domestiques (acier, verre..) est de l’ordre de 3 jours.

    Dès qu'un cas de peste est signalé et reconnu, un dispositif de sécurité se met immédiatement en place : isolement et traitement du ou des malades par des antibiotiques, vaccination massive de la population, désinsectisation et dératisation intensives, surveillance de tous les moyens de transport.

Mercredi 19 août 2015 à 8:59

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux5/mosquito.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Animaux5/aedesalbopictus0.jpg













     Vous avez sûrement entendu parler de deux maladies virales, le chikungunya et la dengue, qui sont propagées par des moustiques, notamment le moustique tigre (aedes aegypti - à gauche- ou aedes albopictus - à droite). Ce moustique albopictus doit son nom à ses rayures qu’il porte sur ses pattes et se reconnait par la présence d'une ligne longitudinale blanche en position centrale sur son thorax noir, tandis que l’aegypti, moins fréquent en Europe, a les mêmes rayures sur les pattes, mais un dessin blanc en forme de lyre sur le thorax.
    La femelle de ces moustiques pond des œufs dans des mares et flaques d’eau, lesquels éclosent en une journée et passant à l’état de larves puis de nymphes, donnent lieu à de nouveaux moustiques au bout de 7 à 12 jours. D’où une prolifération importante.
    Le moustique n’est porteur de maladie que dans la mesure où il a absorbé du sang d’une personne déjà contaminée, et il véhicule alors le virus qu’il peut injecter à d’autres personnes.

    Il semble que ces moustiques  propagent une nouvelle maladie virale due au virus Zika., qui est également un arbovirus et donc, un virus à ARN simple brin.
    Son nom est celui d'une forêt en Ouganda où il a été identifié pour la première fois en 1947, chez un singe macaque rhésus. Le premier cas humain date de 1967 et plusieurs cas isolés ont été constatés en Afrique  ou en Asie. Il a été à l'origine d'une première épidémie en Micronésie en 2007, (probablement un millier de cas), avant de se propager en 2013-2014 en Polynésie française (plus de 50 000 cas), puis au Brésil depuis le début de cette année.
    La maladie (que l’on appelle la « fièvre zika »), se manifeste par de la fièvre, des douleurs musculaires et des éruptions cutanées, voire des complications neurologiques et aucun traitement ni aucun vaccin n'existe à ce jour contre cette infection mal connue. Mais chez certains, ses personnes contaminée le virus se multiplie peu et l’infection peut passer inaperçue.
    Sa diffusion est difficile à suivre cas les symptômes de maladie ne sont ni nets,ni spécifiques. Outre la dengue et le chikungunya, la rubéole, la rougeole, des arthrites et certaines allergies, donnent des symptômes voisins.
    La durée d’incubation est de 3 à 12 jours et la maladie brève, de l’ordre de 3 à 5 jours. Aucun décès n’a été constaté jusqu’à présent.
    L’aspirine est à éviter (génératrice d’hémorragies), mais on peut utiliser le paracétamol pour lutter contre les douleurs.
    Le plus efficace est de se protéger contre les piqûres de moustique.

    Les journaux et la télévision ont évidemment monté en épingle la nouvelle de ce nouveau virus, et de ses moustiques vecteurs, mais ils ont exagéré énormément la diffusion du moustique. La carte officielle ci dessous est beaucoup plus restreinte.
    Peut être les marchands d’anti-moustiques ont il intérêt à grossir un peu l’événement !

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux5/INFfda258883f7b11e5a0ad5d5b9174081e350x3502.jpg
      Une étude américaine récente d’une université en Californie a précisé comment le moustique femelle, qui a besoin de sang pour alimenter ses œufs, repère des animaux (et les hommes), qui puissent lui fournir ce précieux liquide.
Le moustique détecte d’abord, dans un cercle d’environ 1à mètres, le gaz carbonique dégagé par la respiration; c’est pour lui une alerte et il navigue alors, à vue, vers les objets sombres qui l’environne, mais qui peuvent être inerte.
    Pour les différencier des être vivants, le moustique est ensuite sensible au rayonnement infrarouge, provenant de la chaleur animale, et à l’humidité provenant de la transpiration, car l'acide lactique, un composant de la sueur, attire les moustiques femelles.
    On peut davantage se faire piquer après un effort sportif ou quant on jardine, car on transpire davantage et on exhale plus de CO2;.
    Il semble aussi qu’il y ait des peaux moins sujettes à piqûres, car on a identifié deux composants chimiques (des acétones)) naturellement présents sur l'épiderme de certains individus particulièrement peu piqués. La combinaison de ces deux molécules testée par la suite en laboratoire, était plus répulsive que le produit anti-moustique le plus efficace.
    Certains d’entre nous sont donc naturellement protégés de façon innée.

Mardi 18 août 2015 à 9:00

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/RTEmagicCvache4.jpg

     Peut être ne savez vous pas ce qu’est un « prion », responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jacob sur l’homme, e plus connue la maladie de la vache folle.
    J’avais fait un long article 7 mars 2009 et je vais brièvement vous le résumer.

    Alors voyons maintenant : qu’est ce qu’un “prion” ?
Ce n’est ni un virus, ni une bactérie, ni un agent vivant, mais une grosse protéine, donc une molécule chimique, présente normalement dans le cerveau.
    Elle comporte 253 acides aminés chez l’homme et est donc volumineuse, et on ne sait pas à quoi elle sert !
    Cette protéine est créée de façon classique à partir d’ADN au sein des neurones selon le schéma habituel : ADN  --->  ARN messagers --->  Acides aminés (20) ---->  Protéines, qui sont des assemblages de certains de ces 20 acides aminés.

    Les prions normaux sont détruits par des enzymes en 3 à 6 heures de telle sorte qu’un équilibre existe en permanence quant à la concentration de ces molécules dans le cerveau. Si on détruit cet équilibre pour créer une concentration anormale, on constate que ces protéines deviennent toxiques pour le cerveau, créant une “encéphalopathie spongiforme”, c’est à dire détruisant des neurones au point de créer des “trous” , rendant le tissu cérébral analogue à une éponge.
    C’est la maladie de Creutzfeldt -Jacob et pour les bovins, celle de la vache folle, qui a défrayé la chronique.

    Les prions normaux ont une forme linéaire en hélice (dite alpha). Un gène qui préexiste dans notre ADN et qui s’exprime soudain pour une cause incinnue (c’est ce qu’on appelle l’épigénétique), modifie la structure des prions.
    La protéine se replie sur elle même pour donner une structure en “feuillets plissés” (dite béta), extrêmement solide et résistante.
    Les enzymes qui détruisent le prion normal, détruisent ceux existant , mais sont sans effet sur le prion anormal dont la concentration augmente donc et devient pathogène, agissant comme un “poison” sur les neurones et les astrocytes. Les neurones et astrocytes meurent par endroit comme si une mite s’était attaquée au tissu cérébral.
http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/imagescopie2.jpg    Ce prion anormal béta possède une résistance extraordinaire, n’étant pas détruit par  l’eau, les solvants, les acides, l’alcool et le formol, les désinfectants usuels. Il résiste à 360 degrés pendant une heure, et à 1 »0d° il faut une pression de plus de 3 bars pour le détruire, ce que ne supportent pas en général les autoclaves médicaux. On peut le détruire avec une solution de soude concentrée et de peroxyde d’hydrogène.
    Dans le cerveau, les prions anormaux, au lieu de rester à la surface des neurones,  s’agglutineraient entre eux, formant ainsi des amas dan les neurones que ne pourrait pénétrer l ‘enzyme qui les détruit, ce qui permettrait leur prolifération.
    On n’avait jusqu’à présent aucun médicament pour soigner ces maladies à prions et les troupeaux de vaches folles étaient donc abattus et brûlés.

    La revue américaine « Science Translational Medicine » a publié le 5 août 2015 un article annonçant que des chercheurs de l’université de Zurich et de l’Institut de biologie des protéines à Lyon, auraient trouvé une molécule permettant de bloquer le développement du prion anormal.
http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/220pxPolythiophenerepeatunit.png    Des molécules polythiophènes (obtenues par polymérisation du thiophène,  corps assez simple de formule ci-contre et qui ont des propriétés électriques remarquables), empêcheraient l’agglomération des prions anormaux, qui resteraient  destructibles par l’enzyme chargée de cette fonction.
    Les polythiophènes mis au point ont permis de prolonger de plus de 80% la vie de souris et de hamsters infectés par des prions et donnent donc un espoir de découvrir des médicaments efficaces pour les hommes et les bovins.

    Certains chercheurs pensent que la maladie d’Alzeimer est en partie due à des prions et donc cette découverte ouvre peut être une nouvelle voie de rechercher dans la lutte contre cette dégénérescence du cerveau et notamment de l’hippocampe.

Mercredi 12 août 2015 à 9:06

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/ebolamaladecouche.jpg

     Le journal télévisé a annoncé à grand renfort de trompettes, « un traitement efficace à 100% » contre le virus Ebola, il y a 15 jours, avant que la découverte d’un morceau d’aile d’avion ne détrône cette nouvelle sensationnelle.
    Qu’en est il réellement?

    Tout d’abord il faut être plus précis, ce n’est pas vraiment un traitement, mais un vaccin préventif qu’il faut utiliser dès qu’on risque d’être en contact avec la maladie, le temps d’incubation pendant lequel se développe le virus étant compris selon les individus et l’environnement, entre 2 et 21 jours. Le vaccin bloque la prolifération du virus, et donc empêche le développement de la maladie, si le virus ne s’est pas encore développé.
    Par contre son efficacité pour soigner la maladie déclarée sera faible.

    Deux vaccins ont été essayé lors de la récente épidémie : un vaccin développé par une firme anglaise, GSK, qui est en cours de test au Libéria, et un autre développé par Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de santé publique du Canada, qui a été testé en Guinée sur plus de 7600 adultes, le VSV ZEBOV.
    C’est ce dernier dont les résultats sont encourageants.
    Ce vaccin expérimental pourrait prévenir la maladie à virus Ebola s'il est administré avant ou immédiatement après l'exposition au virus Ebola.
    Les russes poursuivent, de leur coté, le développement d’un troisième vaccin.

    Lorsqu'une personne reçoit un vaccin, son système immunitaire se met à produire des anticorps, qui agissent en repérant et en neutralisant des corps étrangers tels que des bactéries et des virus. De la même façon, lorsqu'il est administré, le vaccin VSV ZEBOV déclenche une réaction immunitaire contre le virus Ebola.
    Le vaccin ne renferme pas le virus Ebola vivant. Il n'y a donc aucun risque que les personnes qui se portent volontaire contractent le virus Ebola en participant aux essais.
    Il a été conçu à partir d'un virus animal appelé le virus de la stomatite vésiculaire (VSV)

    Ce virus de la stomatite vésiculaire peut infecter des animaux : chevaux, bovins, porcs, mais aussi des rongeurs et des sauterelles. Il est très peu fréquent en Europe. Il peut aussi contaminer l’homme, par contact direct avec des animaux infectés, ou indirect par le biais de la piqûre d’une mouche infectée, provoquant une forte fièvre, des symptômes de type grippal, et éventuellement la formation de vésicules sur les muqueuses de la bouche, des lèvres et du nez.
http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/220pxImagevsv.png    Le virus VSV a une forme cylindrique, d’environ 70 nm de diamètre et 170 nm de longueur et possède un génome constitué d'un seul brin d’ARN. Il ressemble au virus de la rage.
    Cet ARN code la synthèse de cinq protéine, dont une « glycoprotéine G », qui se lie à la surface de la cellule hôte et fait fusionner les membranes cellulaires et virales, et permet ainsi la réplication de l’ARN du virus, dans le cytoplasme de la cellule infectée.
   
    Le virus EBOLA possède des protéines G analogues, qui le recouvrent. Le vaccin, grâce à sa protéine G du virus VSV, déclenche une réaction immunitaire contre le virus Ebola, qui inhibe ses protéine G et l’empêche de se lier à des cellules hôtes.
    La prolifération du virus est donc bloquée.

    L’Agence de santé publique du Canada a donné son vaccin VSV ZEBOV à l’Organisation Mondiale de la Santé et il est fabriqué par les firmes Merck et NewLink Genetics Corp. ont conclu un accord de licence mondial et exclusif dans lequel Merck assume la responsabilité de la recherche, de la mise au point, de la fabrication et de la distribution du vaccin expérimental.
    Des essais ont été effectués sur des personnes de services médicaux ou sur des volontaires de familles où venait d’être diagnostiqué une maladie Ebola, et les résultats comparés à de personnes qui, dans les mêmes conditions,  n’avait pas reçu le vaccin.
    Aucune personne vaccinée n’a développé la maladie, d’où l’efficacité 1ààù, fièrement annoncée par la télévision.
    On n’a décelé aucun effet secondaire.

    C’est effectivement un résultat très encourageant. Il pourra y avoir toujours des patients malades d’Ebola, mais, en vaccinant alors les personnels soignants et la population avoisinante, on pourrait juguler l’épidémie.
    Bien que, jusqu’à présent, le vaccin semble être efficace chez tous les sujets vaccinés, il faudra disposer de données plus concluantes pour savoir si le vaccin peut conférer une «immunité collective» à des populations entières.
    Le vaccin n’a été essayé que sur des adultes, et il faudra l’essayer sur des enfants, et confirmer tous les essais concernant les effets secondaires.
    La prochaine étape sera l'obtention d'une autorisation de mise sur le marché, et de l'aval de l'OMS pour sa recommandation. Le laboratoire se prépare d'ores et déjà à une fabrication de masse à destination de l'Afrique, en prévision de futures pandémies.

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast