Mercredi 12 avril 2017 à 10:05

Préférences cérébrales

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    J’ai fait un certain nombre d’articles sur les préférences cérébrales et la personnalité car c’est un sujet qui m’intéresse et surtout je suis persuadé qu’il est important de se connaître. Par ailleurs étudier les préférences de deux interlocuteurs ma souvent permis d’expliquer leurs différends et donc de les apaiser.
    Une question m’est souvent posée : ma personnalité peut elle évoluer, dans quel sens et pourquoi ? Puis je avoir une action sur elle.?

    Un premier point : pour aborder ce problème sur soi même il faut déjà bien se connaître et avoir par exemple une idée précise de ses préférences cérébrales. Je préfère cette exploration préalable au big-five, car il n’y a aucun jugement de valeur dans les préférences cérébrales et leur examen est plus complet et plus facile.
    
    La personnalité évolue au cours de la vie. Même si les préférences cérébrales sont au départ innées, l’éducation puis l’instruction les font évoluer. Elles changent aussi avec l’âge et l’expérience que nous acquérons au cours de notre vie. Le contact des autres nous font évoluer. Enfin un travail personnel ou une intervention psychothérapeutique a une action sur notre personnalité.
    Il est certain qu’une personne d’une quarantaine d’années, dont l’éducation et l’instruction sont en partie passées, qui a vécu de nombreux événements, aura une personnalité plus stable qu’une personne d’une vingtaine d’années et à fortiori qu’un adolescent.

    Mais il ne faut pas croire que l’on va changer complètement de personnalité (sauf maladie mentale ou accident cérébral).
    Et les changements possibles dépendent du type de personnalité que l’on a.
    Une préférence cérébrale n’est jamais manichéenne : chacun de nous utilise les deux préférences  antagonistes selon les événements, simplement il utilise sa préférée plus facilement et donc plus souvent. Mais cela plus ou moins et c’est là une condition de l’évolution possible.
    Il sera d’autant plus difficile d’évoluer sur une préférence donnée que celle-ci est très forte et que la préférence antagoniste est faible.
    Je prends une exemple : supposez que vous vouliez apprendre à quelqu’un à être à l’aise s’il fait une conférence devant une centaine de personnes. Il est probable que vous y arriverez facilement avec quelqu’un d’extraverti, sans trop de mal avec une personne moyennement introvertie, mais que vous aurez peu de chnaces d’y arriver avec quelqu’un de très introverti, très timide et replié sur lui même.
    A l’inverse vous aurez du mal à apprendre à quelqu’un de très extraverti à être très concentré et seul pour réfléchir à un problème important.
    De même vous apprendrez difficilement à être très ordonnée et à prévoir ses actions, à une personne qui ne sait pas décider et fait tout le temps de la procrastination (une préférence « P » très exagérée), et au contraire une personne très rigoriste et qui veut tout prévoir et régenter à l’avance, aura du mal à s’adapter à l’environnement et à être plus fiable face à des événements inattendus.

    A l’inverse la personnalité influe fortement sur notre vie. L’enfant et l’adolescent qui ont des préférences innées choisissent des activités où ils sont plus à l’aise donc dans le sens de leurs préférences cérébrales; l’adulte s’orientera si possible vers une activité qui correspond à sa personnalité, d’une part parce qu’il y réussira mieux et d’autre part parce qu’il y trouvera plus de satisfactions et de plaisir.
    Il y a donc un certain renforcement de la personnalité par son usage même, lequel est un frein à une trop forte évolution.
    L’âge a aussi une forte influence. On est beaucoup plus malléable étant jeune lorsque notre système d’apprentissage et de récompense est très actif et ouvert.
L’environnement peut alors influer sur la personnalité.
    Un jeune qui de façon innée aurait tendance à se laisser vivre et à procrastiner, le fera beaucoup moins s’il est dans une famille au contraire très ordonnée et planifiée. Sans devenir une personne très rigoureuse, il apprendra néanmoins à être moins en retard, à prévoir en partie ses actions, à prendre certaines décisions importantes. 

    Chez l’adulte il y a un phénomène particulier de l’âge, concernant les préférences de prise d’information (S ou G) et celles de décision (L 
ou V), c’est à dire le fonctionnement de notre cortex préfrontal.
    Ces préférences sont hiérarchisées et nous avons une préférence dominante et une secondaire, et les préférences opposées tertiaire et inférieure, selon le schéma ci-dessous, dû au psychiatre CG Jung, qu’il a appelé le « chemin du serpent ».
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      Ainsi un enfant n’utilise guère que sa fonction primordiale, un ado ses fonctions primordiale et auxiliaire et peu les fonctions non préférées.
        L’usage fréquent de la fonction tertiaire non préférée n’apparaît qu’après l’adolescence ou  chez l’adulte et celui de la fonction cachée, la moins facile, à l’âge mûr, voire jamais.      .
        En fait ce schéma est très variable selon les personnes, car le développement des autres fonctions dépend fortement de l’éducation et l’instruction, des circonstances et de la volonté de l’individu de développer ses fonctions tertiaire et cachée et de son vécu qui est son expérience de la vie.
    Mais en fait l’usage des fonctions tertiaire et inférieure existe toute la vie, mais n’est pas consciente quand on est jeune et le devient peu à peu.
    En fait ces fonctions inconscientes sont utilisée quand nous ne sommes pas dans notre état normal, par exemple fortement stressés ou en colère. La barre inclinée de limite entre le conscient et l’inconscient se déplace dans le sens de la flèche au fur et à mesure que l’on vieillit.

    En définitive on peut faire évoluer sa personnalité dans les domaines où elle n’est pas trop tranchée. Pour cela il faut d’abord bien la connaître, puis s’entraîner régulièrement pour faire évoluer une préférence cérébrale, à utiliser celle qui n’est pas la préférée. Un introverti, par exemple,  peut se forcer à voir, à discuter avec d’autres, à faire des exposés en public, après s’y être entrainé en privé.

Jeudi 5 mai 2016 à 8:39

Préférences cérébrales

     J’ai dit dans mon précédent article que les critères du MBTI sont beaucoup plus clairs car ils concernent un type de comportement assez bien défini, alors que le Big five mélange certains comportements très différents dans le même critère.   
    Néanmoins le MBTI ne tient pas compte de certains comportements que malheureusement le Biog five mélange à d’autres.
    C’est la raison pour laquelle j’ai complété le MBTI, à partir des considérations suivantes :


    Si on compare les critères Big five avec ceux du MBTI, on peut voir dans l’altruisme de « l’agréabilité » une partie du comportement de décision « valeurs » du MBTI, mais il s’y rajoute des aspects de sociabilité, de tolérance et de négociation.
    « La conscience » recouvre certains aspects de celui qui veut maîtriser les événements, mais aussi des éléments de méthodes rigoureuses de prise d’information du
S ou de prise d’information du L du MBTI
    « Le névrosisme » n’a pas d’équivalent MBTI
    « L’ouverture » ressemble au comportement global de prise d’information, mais elle y ajoute l’aspect indépendance du jugement et l’individualisme, mais aussi en partie le comportement décisionnel de celui qui suit ses sentiments et ses goûts.

    Le big five avait donc l’avantage d’évaluer le comportement des personnes face au stress (névrosisme), et d’examiner, mais en les mélangeant à d’autres aspects, la tolérance et l’indépendance d’esprit.
Il semblait donc intéressant de compléter le MBTI dans ces domaines

    J’ai donc imaginé un complément au MBTI, en conservant l’idée de deux critères antagonistes à chaque fois, de telle sorte qu’il n’y ait aucun jugement de valeur dans le classement que l’on pouvait opérer.
    C’est le MBTI plus ce complément qui m’a servi depuis 10 ans, dans l’aide que j’ai apportée aux jeunes à partir de mon blog.
   
    Les critères que j’ai rajoutés à ceux décrits hier pour le MBTI, sont les suivants :

    J’ai préféré la notion « d’optimisme-pessimisme » au névrosisme :
        - on a tendance à voir dans la vie les choses du bon coté (le verre à moitié plein) ou au contraire les choses sous l'angle défavorable (le verre à moitié vide).
                       - de ce fait on est face aux événements et à son entourage, soit plutôt serein, gai, soit au contraire, inquiet, soucieux, triste.
                       - l'optimiste face aux problèmes du passé en tire la leçon, puis sait tourner la page. Le pessimiste a des remords de ce qu'il a mal fait et des regrets de ce qu'il n'a pas su faire.
                        - il en résulte que l'optimiste a une certaine confiance en lui, qui manque au pessimiste.
                        - enfin face à l'adversité et aux ennuis, l'optimiste arrive a remonter rapidement à la surface, alors que le pessimiste ne se remet que lentement et difficilement.http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/4479695.png
 
     J’ai isolé l’aspect « tolérance » qu’il y avait dans l’agréabilité, qui est différent de l’altruisme et de la bonne relation avec autrui., car c’est un comportement au plan des idées, de l’acceptation des idées des autres, qui n’était pas explicité dans le MBTI :
        - soit nous écoutons et nous admettons les idées des autres, ce qui n'empêche pas de défendre les siennes. Nous sommes « tolérants »
Bien entendu nous pouvons ensuite être influen!ables ou au contraire indépendants d'esprit, c'est autre chose.
        - soit nous préférons avoir absolument raison quelles que soient les idées de l'autre et nous ne changerons d'opinion à aucun prix, même si l'autre personne a raison. Nous sommes « intolérants ».http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/Tolerance.jpg

    Enfin autre préférence qu’évoque le Big five et que j’ai individualisée l'indépendance d'esprit ou l'influençabilité.
    Dans notre vie de tous les jours nous sommes en présence d'autres personnes avec lesquelles nous confrontons nos idées, qui agissent sur les nôtres et nous avons alors deux types d'attitudes différentes :
                 - soit nous sommes influençables et les autres ont une grande influence sur nos opinions, soit directement, soit que nous attachions beaucoup d'importance à leur estime et donc à des règles auxquelles nous obéissons.
Un faible contrôle de nos émotions et une appréciation insuffisante de nos limites et de nos qualités et défauts favorise une attitude soumise.
En général cette attitude s'accompagne d'une trop grande importance attachée à l'opinion d'autrui
                 - soit nous sommes indépendants et le jugement des autres et leurs idées ont une influence faible sur nos comportements et les règles de conduites sont raisonnées.
Un bon contrôle de nos émotions et une appréciation de nos limites et de nos possibilités favorise une certaine liberté d’action.

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    Enfin j’ai introduit une huitième préférence cérébrale qui n’a rien à voir ni avec le MBTI, ni avec le Big five, mais qui résulte de travaux de Plutchik : c’est la notion de sensibilité qui résulte entre autres de la « perception émotionnelle immédiate ».
    La première réaction que nous avons face à une perception (image, son, toucher, discours, lecture), est émotionnelle et affective, partiellement inconsciente et peu maîtrisée.
    C'est seulement dans un deuxième temps que l'on commence à réfléchir, à avoir un comportement rationnel et à prendre une décision d'action.
    Toutefois cette sensibilité de perception instantanée émotive est variable en durée et en intensité selon les individus et constitue donc une préférence cérébrale.
        On notera « A » la tendance à une grande sensibilité de longue durée, (A comme affective) et « O » la tendance à une faible sensibilité émotive et de courte durée, qui cèdera le pas à la perception  en partie réfléchie, (O comme orientée par notre cerveau frontal, qui réfléchit et pense).

    Ces huit catégorie de préférences cérébrales (4 MBTI + 4 ajouts), m’ont très souvent permis de renseigner des personnes qui avaient des problèmes sur leur personnalité et de comprendre leurs divergences avec leurs parents, leurs amis et copains, leurs professeurs ou au sein de leur travail.

Mardi 3 mai 2016 à 8:25

Préférences cérébrales

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http://lancien.cowblog.fr/images/Images3/Unknown2.jpg     Une correspondante me demande pourquoi je préfère , comme système de description de la personnalité les « préférences cérébrales » au « big five » universellement connu.
    C’est un sujet que je n’avais pas abordé et donc je vais le traiter.
    C’est un peu compliqué à expliquer, alors je vais y consacrer deux articles :
        - le premier concernera les systèmes officiel : « Big five » et « MBTI »
        - le second au système personnel que j’utilise pour les préférences cérébrales.
    
    Le « Big five » et « Myers BriggsType Indicator » sont tous deux américains, et les versions couramment utilisées en France se sont souvent contentées de traduire les items de personnalité, traductions qui ne sont pas adaptées à l’esprit latin et à la culture française.
    Tous deux utilisent comme premier critère, celui imaginé par CG Jung : extraversion / Introversion, mais le Big five ne parle que d’extraversion, davantage appréciée aux USA. C’est le milieu dont nous tirons notre énergie : le milieu extérieur des autres personnes, ou celui intérieur de notre pensée.
    Je comparerai donc les autres critères 4 pour le Big five et 3 pour le MBTI.
    
    Le big five propose quatre autres critères constituant chacun un trait de personnalité qui peut être faible, moyen ou fort chez un individu :

    L’agréabilité (on pourrait l’appeler amabilité), est la dimension qui reflète la recherche de l’harmonie et du consensus dans la relation avec autrui. Avec un score faible ,vous ne faites pas confiance à autrui, et vous défendez vos intérêts en compétition plutôt qu’en coopération, alors qu’avec un score élevé, vous êtes amical, serviable et disposé à trouver un terrain d’entente par la négociation et donc altruiste. Vouâtes aussi tolérant.

    La conscience est la dimension qui définit la façon dont on gère ses pulsions et on s’impose des règles. Avec un score faible, vous avez du mal à vous concentrer sur des tâches et vous vous dispersez facilement et avez du mal à atteindre vos objectifs et avec un score fort, vous êtes ordonné, méthodique, organisé et vous savez éviter les difficultés en anticipant, et en étant fiable, réfléchi, déterminé, mais prudent.

    Le névrosisme (je préfèrerai la stabilité émotionnelle, moins traumatisant), est le trait qui reflète la variabilité émotionnelle et l’importance des pensées négatives.
Plus votre score est faible, plus vous êtes émotionnellement stable, calme d’humeur égale, et vous affrontez facilement les situations stressantes, alors qu’avec un score élevé, vous maitrisez mal vos émotions, et vous éprouvez souvent anxiété, peur, colère et stress.

    L’ouverture, qui évalue votre imagination et votre créativité. Avec un faible score, vous avez peu de centres d’intérêts et vous privilégiez les aspects pratiques ayant fait leurs preuves. Avec un score élevé, vous êtes curieux, indépendant dans vos jugements, et vous avez tendance à agir de façon personnelle, en écoutant vos sentiments, vos goûts.

    Comme on le voit il y a dans chaque critère un jugement de valeur : la personne au score élevée est meilleure que la personne au score faible (sauf en névrosisme où c’est l’inverse). C’est cela que je n’aime pas dans le Big five, car il est discriminatoire et décourageant pour certaines personnalités à scores faibles.
    Par ailleurs chacun des critères mélange en fait des aspects assez différents dans lesquels vous pourriez avoir des tendances inverse, ce qui vous donne une note moyenne, qui n’est pas représentative de votre persoinnalité.
    Le MBTI est beaucoup plus clair, car il découle des critères de CG Jung, psychiatre du début du 20ème siècle, qui s’appuyait sur les maigres connaissances du cerveau de cette époque.
    Il ne comporte que trois autres items, mais qui se décomposent chacun en deux tendances opposées, de telle sorte qu’il y a en réalité 6 items différents.
    Il n’y a dans les critères du MBTI, aucun jugement de valeur, ce qui facilite considérablement son emploi.

    Il examine d’abord la façon dont vous prenez vos informations sous deux modes :
        - de façon sensitive, détaillée, progressive, pas à pas, analytique, pragmatique et concrète. Vous êtes plus orienté sur le présent.
        - de façon globale, intuitive, synthétique, mais peu détaillée, plus abstraite et sous forme de schémas et modèles. Vous êtes plus orienté sur l’avenir et vous avez un esprit créatif.

    
    Il examine ensuite la façon dont vous prenez vos décisions sous deux modes :
        - selon des critères logiques et objectifs, en faisant appel à la réflexion et à l’évaluation des situations. Vous êtes plus orienté vers vos objectifs
        - selon des cris!ères subjectifs et intuitifs, faisant appel à vos valeurs et vos goûts. Vous êtes plus altruiste et orienté sur les personnes.

    Enfin il examine selon deux critères quelle est votre attitude vis à vis des événements:
        - soit vous voulez maitriser les situations et donc vous essayez de prévoir à l’avance ce qui se passera et les solutions, en corrigeant éventuellement si vous avez mal prévu. Vous privilégiez donc la prise de décision à la prise d’information.
        - soit vous attendez que les événements se produisent et vous vous adaptez. Vous privilégiez donc la prise d’information à la prise de décision.

    Ces critères sont beaucoup plus clairs car ils concernent un type de comportement assez bien défini, alors que le Big five mélange certains comportements très différents dans le même critère.    
    Néanmoins le MBTI ne tient pas compte de certains comportements que malheureusement le Big five mélange à d’autres.
    C’est la raison pour laquelle j’ai complété le MBTI et c’est ce que je vous exposerai dans mon prochain article.
    

Samedi 6 septembre 2014 à 8:47

Préférences cérébrales

   Pour faire le tour des préférences cérébrales et leur influence sur l’entente dans un couple, il nous reste à voir les préférences de fonctionnement : perception et décision.
    Ce sont celles pour lesquelles les préférences opposées ne sont pas forcément un obstacle.

            Perception : sensitive et globale (S/G) :

    Certains d'entre nous, que j'appellerai “sensitifs”, ont un mécanisme de prise d'information et de perception séquentiel utilisant pas à pas, nos cinq sens. Ce sont de bons observateurs, de bons analystes, concrets, factuels, pragmatiques effectuant des essais et utilisant le langage pour décrire ce qu'ils constatent.
    Ils sont à l'aise dans le passé et le présent, mais en général n'aiment pas faire des prévisions.
        Ils ont peu d'imagination, de créativité , d'inspiration,  d'intuition et ne s'y fient pas.
    D'autres parmi nous, que j'appellerai “globaux”, ont un mécanisme de prise d'information et de perception global et plus intuitif, qui utilise aussi nos sens, mais davantage sous forme d'images, de scènes, de compréhension des situations et des phénomènes. Moins bons observateurs, moins concrets, ils admettent l'abstraction et sont sensibles aux schémas, images et théories.
        Ils sont plus imaginatifs et moins fiables sur la réalité des faits, mais au plan des idées sont capables de synthèse et de modélisation.
        Ayant beaucoup de curiosité intellectuelle et de créativité, ils sont plutôt orientés vers l'avenir et vers les projets.
   
    Avoir les mêmes préférences permettra de prendre l’information de le même façon, donc probablement les mêmes informations sur un sujet donné, donc de mieux se comprendre; d’être tourné de la même façon vers le présent et le concret ou vers le futur et la créativité.C’est donc avoir l’impression d’être plus fusionnels.
    Par contre si l’on a les mêmes informations, on apporte moins à l’autre et certaines informations échappent aux deux partenaires. S’ils avaient été de préférences différentes, leurs prise de renseignements feraient l’objet de perceptions différentes et donc se complèteraient. A l‘un l'examen minutieux et détaillé pas à pas, dans le présent et le passé, à l’autre la synthèse, les explications globales la créativité et la prévisions du futur. Donc c'est une force..
    Il faudrait toutefois qu’il y ait communication, échange et donc tolérance et respect de l’autre, car si au contraire chacun défend sa façon de voir les choses, vous allez vous disputer !

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             Perception émotionnelle immédiate (A/O) :

    Il existe une autre sorte de perception, une "perception immédiate, émotionnelle". (j'en ai déjà parlé dans mes articles des 21 et 27 juin 2007).
    Il est sûrement arrivé à beaucoup d'entre vous de voir une photo, ou des images d'un film, ou d'entendre une musique, de lire un passage d'un roman ou d'une lettre et tout à coup de vous sentir très émue, les larmes aux yeux et cela sans presque savoir pourquoi.
    C'est ce que l'on appelle une “perception émotionnelle immédiate”.
    Le plus souvent c'est une réaction altruiste, vis à vis d'autres personnes, ou de nous même (qui nous apparaît alors comme une personne extérieure).
    Tous n'ont pas la même sensibilité : certaines personnes sont extrêmement sensibles, d'autres paraissent plus froides s'orientant vite vers la perception orientée et raisonnée.

    Venons en à vous et votre petit ami :
    Si vous êtres tous les deux de même sensibilité, vous percevrez à l'unisson, ou de grandes émotions, ou de façon raisonnée.
    Mais si vous êtes de préférences différentes, vous par exemple “A” et lui “O”, certes vous ne vous disputerez pas pour cela, mais il y aura une certaine incompréhension entre vous.
    Il ne comprendra pas vos émotions, encore moins vous larmes, vous traitera de “femme trop sensible”, alors que vous le traiterez d’homme froid et insensible aux émotions
    Et si vous êtes dans la tristesse et stressée, il risque de fortement sous-estimer votre état et de ne pas vous soutenir suffisamment, car lui le sera beaucoup moins.
    J'ai été de nombreuses fois témoin de telles divergences.

            Décision : logique ou valeurs (L/V) :

    Lorsque l’on prend une décision, lorsque l’on fait un choix, le cerveau utilise préférentiellement certains mécanismes, certains critères.
    Deux processus sont utilisés, tous deux étant rationnels, mais différent par les critères de choix utilisés :
    - les critères sont ceux d'une logique impersonnelle (L) : ce sont des principes objectifs, des lois, des règles, une analyse critique et logique; on se pose en juge et on décide “avec la tête”, plutôt en “spectateur”.
On réfléchit avant de décider, aux avantages et aux inconvénients de son choix.
       - les critères sont ceux de valeurs altruistes (V) : la décision est plus subjective et humanitaire; c'est le monde de l'empathie, de l'intimité, de la chaleur humaine et de la persuasion; on se pose en avocat, et on décide “avec le coeur”, plutôt en “participant”.
On décide spontanément en fonction de ses goûts et de ses opinions.

    Avoir les mêmes préférences permettra de discuter des décisions à prendre avec les mêmes processus, les mêmes critères, d’aboutir à des décisions voisines et donc de mieux s’entendre. Mais ce sera évidemment plus difficile si vous êtres tous les deux V mais que vous n’avez pas les mêmes valeurs ni mes mêmes goûts.
    Mais, comme pour la perception, il y aura alors une même approche, alors que si les préférences de décision avaient été différentes, les critères l’aurait été aussi. A condition de communiquer et de ne pas s’opposer la décision aurait été mieux préparée avec plus de chances de réussite, chacun apportant des éléments que l'autre n'a pas vu.
    L’un apporte sa logique et l’autre son altruisme et le sens des valeurs.
   

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Vendredi 5 septembre 2014 à 9:11

Préférences cérébrales

  Autres préférences qui orientent nos comportements : la résistance au stress avec notamment l’optimisme et le pessimisme,  l’intolérance et l’influençabilité / indépendance d’esprit.
    Comment influent elles sur l’entente dans un couple.?
    Comme pour les autres préférences, les problèmes vont surtout être présents si ces préférences sont de forte intensité, alors que, lorsqu’elles sont de faible importance, on peut plus facilement manier aussi l’attitude opposée.

http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/Tolerance.jpg    Pour l’intolérance c’est assez simple :
    Si les deux personnes sont tolérantes, il est évident qu’elles feront effort pour se comprendre et supporter les opinions divergentes de l’autre.
    Si les deux personnes sont intolérantes, si elles ont les mêmes idées ptout va bien, mais si elles sont d’avis opposés, c’est la polémique et la guerre.
    Le cas ou l’une est intolérante et l’autre tolérante est plus intéressant. il est certain que le personne tolérante subit les idées de l’autre. Là encore si leurs idées et leurs goûts concordent, tout va bien. Sinon, elle se révolte ou elle se soumet, mais c’est éprouvant. Alors soit elle tient assez à l’autre pour accepter cette situation, soit à force de subir, la fatigue et la lassitude viennent et la rupture est proche.

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    Pour l’optimisme /pessimisme, la question est plus complexe, car elle dépend beaucoup de l’influence et la confiance mutuelle entre les deux personnes, de la force et du caractère plus ou moins chronique de leur optimisme ou pessimisme, de leur sensibilité et de leur altruisme, de leur écoute mutuelle et de leur volonté d’aider l’autre, de la qualité aussi de leur raisonnement et de leur pragmatisme.
    Si les deux personnes sont optimistes elles verront la vie en rose ensemble,et tout ira bien sauf si elles sont tellement peu réalistes qu’elles ne voient pas arriver les difficultés, baignées dans leur euphorie.
    Si les deux personnes sont pessimistes, elles risquent de s’entendre et d’être d’accord, mais la vie ne sera pas belle pour elles et l’avenir souvent sombre; il faudrait que l’une deux puisse remonter le moral de l’autre quand elle est dans la période sombre.
    Si l’une est optimiste et l’autre pessimiste, il faudrait qu’elles communiquent suffisamment pour que l’optimiste atténue les idées sombre de la personne pessimiste, ses remords et ses regrets et lui communique une certaine joie, voire un certain humour, et que la pessimiste atténue les vues trop béates et utopique de l’optimiste. Cet équilibre peut apporter une vie agréable et une bonne entente.

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    Pour l’influençabilité/ indépendance d’esprit, l’entente dans le couple dépend beaucoup de l’environnement et de l’esprit de tolérance des partenaires. Il faut par ailleurs examiner de plus près les sous-préférences.
    En général les personnes indépendantes d’esprit s’entendent assez bien entre elles, mais à condition d’avoir des idées assez voisines et d’être tolérantes. Le fait qu’on soit indépendant d’esprit, fait en général admettre que quelqu’un d’autre le soit avec des points de vues différents.
    La sensibilité au jugement d’autrui et la sensibilité à la mode, aux usages et à l’appartenance à un groupe sont importants pour les personnes influençables. C’est une source d’incompréhension pour les personnes indépendantes d’esprit et donc de divergence d’idées et de conflits.
    Si les deux personnes sont influençables et renforcent mutuellement leur préférence, ce souci de l’opinion d’autrui peut devenir un véritable calvaire pour le couple.
L’appartenance à des groupes différents peut également être source de disputes.
    Un autre aspect est l’influence mutuelle de l’un sur l’autre. La personne influençable aura tendance à adopter les idées de celle indépendante d’esprit, ce qui peut soit augmenter leur complicité, soit provoquer un manque de confiance en elle dela personne dépendante.
    A l’inverse,deux personnes indépendantes d’esprit peuvent avoir l’impression que leur couple manque de fusionnement.

    Nous sommes dans un domaine d’entente du couple différent de celui des précédents articles où l’on traitait les préférences E/I et J/P.
    Dans ces derniers cas il s’agissait de mode de vie commune et l’entente de personnes de préférences contraires apparaissait plus délicate.
    Dans le cas des trois types que nous avons traités dan cet article, il s’agit d’idées de conceptions, d’adhésion, ou de représentations, donc de notions plus intellectuellees. Il est donc plus facile d’arriver à des compromis si l’on sait écouter l’autre, essayer de le comprendre et d’aller vers lui.

Vendredi 30 mai 2014 à 7:48

Préférences cérébrales

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Les articles que je fais de temps à autre sur introverti/extraverti me valent toujours quelques mails de remarques ou de questions.

On m’écrit en particulier que « la société actuelle est faite pour les extravertis ».

Mais en fait ce sont des personnes introverties qui me disent cela. !!

 

Elles ont en partie raison, en apparence du moins.

Les psys disent souvent que « Le système, à l'oral, est fait pour les extravertis. »

Une de mes correspondantes qui avait eu 18 en français à l’écrit n’a eu que 13 à l’oral, et elle en était vexée), car la question l’avait prise de court, car les introverties ont besoin de réfléchir longtemps avant de donner une réponse, car elles veulent qu'elle soit bien argumentée et bien présentée. Elle s’est bien rattrapée depuis : elle est entrée dans les premiers à Normale Sup Sciences, rue d’Ulm, la première école scientifique française.

C’est vrai que dans le primaire ou même au collège, les introvertis sont souvent seuls dans un coin de la cour, lisent ou discutent tranquillement, alors que d’autres parlent tout le temps et jouent à des jeux collectifs et l’on dit d’eux qu’ils sont « sociaux ».

En fait les introvertis ne sont pas asociaux; ils sont juste moins adaptés à la vie en groupe, parce qu’ils ont besoin d’être parfois seuls et tranquilles pour se reposer et réfléchir. Ce n’est pas une question de système, mais de tempérament.

 

En fait c’est vrai, l’enfant a besoin de relations sociales pour se construire, et donc l’école, surtout maternelle et primaire, a un rôle de socialisation.

Alors, c'est une institution où l'on parle tout le temps, car la pensée de l’homme est structuré autour du langage. C’est vrai que les introvertis sont souvent pris de court par les extravertis qui lèvent tout de suite le doigt et, à force de ne pas être interrogés, ils finissent par se lasser et ne plus se manifester, sûrs de ne pas être écoutés.

Ils risquent alors d'entamer leur estime de soi, d’autant plus qu’il y a parfois sur leur bulletin « Ne participe pas assez en classe », mais ils devraient se rendre compte qu’ils disent beaucoup moins de bêtises que les extravertis qui parlent trop vite, sans réfléchir, poussés par leur tempérament.

Certes les profs interrogent plus volontiers les extravertis, mais ils se réjouissent de ne pas en avoir 30 dans leur classe, car les gérer dans cet espace limité deviendrait vite anarchique, et les profs préfèrent en général les enfants calmes.

 

Bien sûr les réseaux sociaux, les fêtes et anniversaires agités sont plutôt faits pour les extravertis, et les introvertis ne sont pas toujours invités, mais ils préfèrent peut être n’avoir que quelques copains, mais de bons amis et ils se passent volontiers de ces rassemblements où les extravertis populaires et chefs de file passent leur temps à parler, à vouloir être les leaderships et à toujours avoir raison et la barre sur les autres.

Il peut aussi y avoir des cas extrêmes, quand des groupes (où il y a aussi des introvertis mais menés par des extravertis), prennent un introverti pour tête de turc, le traitent de « loser », d’ « intello », et le font passer pour un imbécile infréquentable, l’isolant  à la cantine face à son plateau et lui faisant subir les quolibets de la bande.

Là il faut réagir et l’aider. C’est d’abord aux parents et aux profs de le faire, mais il faut aussi se prendre en charge soi même.

 

Je suis personnellement nettement introverti. J’aime réfléchir et bouquiner, faire de la doc, et les réseaux sociaux et grandes fêtes ne m’ont jamais tenté. Cela a un avantage, seul ou entouré je ne m’ennuie jamais, ayant bien trop de choses à faire et à penser.

Quand j’étais gosse, en classe, je ne levais pas le doigt tout de suite, mais quand je le faisais la réponse était juste, et le prof,; plutôt que m’interroger, m’envoyait au tableau corriger les exercices, et me demandait d’aider ceux qui avaient du mal à suivre.

Mon grand père, qui était ingénieur, me faisait lire des documents techniques puis me les faisait résumer oralement. En première et terminale, mes parents m’ont fait faire du théâtre et cela m’a appris à poser ma voix et à articuler face au public, en le regardant.

J’avais un petit groupe d’amis solidaires et qui s’estimaient et se respectaient et on discutait ensemble de ce qu’on allait faire, et c’est valorisant pour un introverti d’organiser cette discussion. Le sport développe aussi le sens social.

Jeune ingénieur, j’ai eu tout de suite à diriger des équipes, chose difficile au début pour un introverti, mais comme on connaît peu à peu ses collaborateurs, la confiance s’installe, et alors que sur le plan général on reste introverti, dans le petit groupe que l’on dirige, on se comporte comme un extraverti, qui écoute volontiers les autres et essaie de les aider. 

Et le vieux singe aime bien, aujourd’hui écouter, discuter et répondre à ses « guenons » de cowblog.

Le plus difficile c’est de faire un discours lors d’une réunion ou d’une cérémonie, surtout si l’on doit l’improviser. Mais si on le fait souvent et assez facilement sur des sujets techniques qu’on connaît bien, même devant des interlocuteurs importants, on finit par être capable d’improviser un minimum en toutes circonstances, même sur des sujets qu’on connaît moins.

 

Ceci pour vous dire qu’il ne faut pas regretter d’être intro ou extraverti; chaque personnalité a ses avantages et ses inconvénients. Certes en apparence la société actuelle semble, au départ, favoriser les extravertis, mais à l’âge adulte, c’est l’inverse dans certaines professions.

 

Et surtout d’une part il faut que parents et professeurs aident les introvertis à mieux se comporter en groupe et à développer leur confiance en eux, mais il faut aussi qu’ils ne soient pas pessimistes sur leur sort et fassent eux mêmes l’effort nécessaire pour développer leurs capacités d’expression, de communication et de relations sociales.

Mais c’est vrai qu’il faut aider les introvertis à être optimistes et à avoir confiance en eux et empêcher certains groupes de leur nuire.

Samedi 8 mars 2014 à 8:14

Préférences cérébrales

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    Pourquoi remettre à demain ce que nous pouvons faire aujourd’hui ?
Cela s’appelle, en termes de psys, la « procrastination ». (du latin pro , qui signifie « en avant », et crastinus qui signifie « du lendemain »).
    Il y a environ 50% d’adultes qui ont tendance à procrastiner, dans nos pays occidentaux et probablement beaucoup plus de jeunes écoliers ou étudiants. (les professeurs estiment qu’il y en a 80% au moins !!).
   Voyons aujourd’hui, en quoi cela consiste, et demain nous en rechercherons les causes.

    Nous devons sans cesse établir des priorités, et la raison voudrait que l'on réalise d'abord les tâches les plus importantes et que l'on diffère les tâches secondaires. Chez les procrastinateurs, c’est le contraire : ils ont tendance à différer les tâches les plus importantes ou les plus urgentes.
    Cela a des conséquences importantes : des pertes financières (facture envoyée avec retard, dette que vous avez différé d’acquitter et pénalités correspondantes...). mise en danger de la santé si l’on diffère les soins, problèmes dans les relations amicales et professionnelles…
    En général les habitués de ce travers, se trouvent des excuses pour justifier leur conduite : le fait de se rabattre, dans l'instant, sur des tâches sans importance, permet de ne pas penser aux échéances importantes qui approchent et rendent anxieux. On repousse ainsi, un moment, le stress, mais on n’a pas résolu les problèmes pour autant, et  il reviendra encore plus fort devant les difficultés rencontrées.
    Le temps restant avant l'échéance d’une action influe sur la tendance à  la reporter. On constate généralement une tendance plus forte à remettre le travail au lendemain si Ia date limite de son exécution est éloignée. C’est du au fait que le cerveau des procrastinateurs a des difficultés à établir des prévisions à long terme.
    Une autre raison vient du fait que certaines tâches ne donnent des résultats que longtemps après, de sorte qu'il est d'autant plus difficile de se motiver.
    Une des raisons qui a considérablement augmenté cette habitude chez les jeunes en cours d’études, est la dispersion d’activités qu’entraînent les moyens médiatiques actuels, enlevant motivation et concentration, voire goût du travail. Même ceux qui ne devrait pas être procrastinateurs, de par leur préférences cérébrales, remettent quand même leur travail au lendemain, par manque de motivation.

    Les psychologues distinguent trois grands types de procrastinateurs :
        - l’évitant : sachant qu'un travail est désagréable, il se laisse volontiers distraire par la première tentation, Pour ne plus avoir à penser au travail qui l’attend.
        - l’indécis : avant de commencer un travail ou une activité, il se demande s'il vaudrait mieux faire autrement, et, le temps de ces réflexions, il est souvent trop tord pour commencer.
        - l’activateur : il est persuadé qu'à mesure que l'échéance approche, ses capacités mentales et son énergie seront décuplées, et se met au travail la veille au soir, et en général le résultat est mauvais dans ces conditions.

    Mais la procrastination n’a pas des conséquences uniquement sur le travail.
    Celui qui a cette habitude ne sait pas être à l’heure. Cela a des avantages, on, n’attend jamais, mais cela pose aussi des problèmes : je connais un jeune qui part de chez lui à 8h55 pour un cours à 9h (il est à 1/4 d’heure du lycée, sous prétexte que son prof est toujours en retard et qui croit à la devise d’Air France (« vous ne raterez jamais votre avion, car nous sommes toujours plus en retard que vous »). Il a déjà raté une fois l’avion, trois fois son train et une fois un ferry.
    En général, le procrastinateur n’aime pas les contextes stables, les objectifs clairs, le travail planifié, les loisirs prévus,; il veut une liberté permanente et aucune contrainte.
Il lui est difficile d’appartenir à une équipe et d’avoir un chef.

    Demain j’essaierai d’expliquer l’origine de la procrastination.

Lundi 3 mars 2014 à 7:55

Préférences cérébrales

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       J’ai réfuté hier trois idées reçues sur les introvertis, qui sont trop souvent évoquées par les médias : j’en traiterai aujourd’hui quatre autres.

4) - Les introvertis ne sont pas charismatiques, sont de mauvais orateurs et de mauvais leaders : pas plus que les extravertis.


    Les extravertis parlent facilement et beaucoup. On leur prête donc des dons d’orateurs et certains le sont vraiment. Mais beaucoup d’entre eux parlent d’abord et réfléchissent ensuite, et leurs discours en souffrent.
    Les introvertis n’aiment pas parler spontanément, sauf quand ils expriment des sentiments, et en général il leur faut un temps de réflexion avant de parler, d’où la réputation de mauvais orateurs. En général ils improvisent moins bien que les extravertis, mais leurs propos sont plus pertinents parce que plus réfléchis.
    Et un introverti entraîné peut savoir très bien improviser, mais il n’aimera pas cela et préférera préparer son discours.
    Les extravertis ont des contacts faciles et donc ils paraissent au départ, plus conviviaux et plus charismatiques. Mais les études des psychologues montrent que les introvertis sont en général de meilleurs leaders, car ils sont plus aptes au travail d’équipe que les extravertis et réfléchissent plus à l’organisation et au travaux à effectuer.
    En particulier s’ils ont également la préférence cérébrale « jugement J» (au lieu de « perception P », ils ont alors une tendance naturelle à la préparation et à la planification avant d’agir .
    Certes ils leur faut un peu plus de temps pour devenir un leader charismatique, mais une fois qu’ils ont reconnu les qualité de leur chef, les collaborateurs d’un introverti seront tout aussi prêts à le suivre que s’il était extraverti, voire même avec plus de confiance, car ils savent qu’il a réfléchi avant d’agir.
    Certes certains métiers sont plus faciles pour un extraverti, par exemple démarcheur ou représentant commercial, car le contact improvisé peut être important. Cela entraîne seulement qu’un introverti aura un peu plus de difficultés et de temps pour le pratiquer, mais par contre, une fois qu’il aura pris cette habitude, ses arguments de vente risquent d’être plus réfléchis et donc, plus convaincants..

5) - Les introvertis ne sont pas utiles dans les réunions de travail. Cela dépend à quoi.

    Beaucoup d’entreprises ont la « réunionnite » et beaucoup de réunions sont inutiles et on passe beaucoup de temps à ne rien dire d’utile. Les introvertis ont horreurs de cela et essaient de ne pas y perdre de temps (parfois d’y faire autre chose, ce qui est désagréable pour les autres participants, voire de ne pas y assister).
    Effectivement lorsqu’on demande une réponse à une question, sans faire un tour de table ou une désignation des interlocuteurs, les extravertis répondent plus vite et avant la plupart des introvertis, qui ont donc l’air de ne pas participer. Par contre ils réfléchissent pendant ce temps et s’ils prennent la parole, c’est alors pour dire des considérations auxquelles tous les autres n’ont pas pensé.

6) - Les introvertis, trop intellectuels ne sont pas créatifs. Aucun rapport entre ces deux aspects.

    Les introvertis ne sont pas plus intellectuels que les extravertis, ils passent seulement plus de temps à réfléchir. Dans des réunions de « déballage » (brainstorming), ils paraissent moins actifs, car ils ne parlent pas à priori (voir § 5).
    Les extravertis peuvent réfléchir et être très créatifs à la fois, et les introvertis également. La créativité vient davantage de la préférence G (global), et des connaissances acquises que de l’aspect intro ou extraversion.
    Par contre, les meilleurs chefs de bureau d’études ou projeteurs que j’ai eus sous mes ordres, étaient des introvertis, non parce qu’ils étaient plus créatifs, mais parce qu’ils étaient plus concentrés sur leur travail et plus réfléchis.

7) - Il est très difficile de savoir si quelqu’un est introverti ou extraverti : question d'habitude.

    Ce n’est pas exact : on sait très vite si un enfant est introverti ou extraverti.
    Chez un adulte c’est plus difficile car il a appris à utiliser les deux modes de comportements : un extraverti peut utiliser son mode introverti lorsqu’il a un problème exigeant une réflexion importante, et un introverti se comporte en extraverti au sein d’un groupe qu’il connaît bien et au sein duquel il se sent à l’aise.
    En général on voit nettement la différence pour quelqu’un de très introverti ou très extraverti, mais pour une personne adulte de préférence cérébrale E/I moyenne et habituée à utiliser les deux attitudes, il faut alors observer son comportement dans un groupe qu’elle ne connaît pas bien, lors de cérémonies par exemple, ou de réunions à caractère général.
    Se reporter à mes articles sur extraversion et introversion dans ce blog (cf préférences cérébrales, 27, 28, et 29 août 2010 notamment, 28, 29 et 30 août 2008).

Dimanche 2 mars 2014 à 8:26

Préférences cérébrales

                   Susan Cain                                                                          Sophia Dembling
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    J’ai fait de nombreux articles sur la différence entre « introverti » et « extraverti ».
    Comme vous avez sans doute lu, cette distinction de personnalité a été faite au début du 20ème siècle, par le psychiatre Carl-Gustave Jung :
    L’extraverti tire son énergie de la fréquentation des autres humains, alors que l’introverti la trouve dans son for intérieur et ses propres idées.
    A l’époque c’était une réaction avec les théories de son compatriote Freud, qui pensait que l’énergie des humains provenait de leur libido, et donc des désirs sexuels.
    En Europe il y a à peu près autant d’introvertis que d’extravertis, et peu de différences entre les deux sexes, alors qu’aux Etats Unis il y a, 60 à 70% d’extravertis selon les endroits. Les introvertis ont donc eu pendant longtemps mauvaise réputation aux  USA. On leur prêtait de nombreux défauts, ce qui les complexait souvent. Evidemment Facebook et Twitter sont surtout utilisés par les extravertis, et les introvertis y bavardent peu.
    Or actuellement ces idées changent peu à peu.

    Les conférences TED (Technology, Entertainment and Design), sont une série internationale de conférences organisées par la fondation à but non lucratif Sapling foundation. Cette fondation a été créée pour diffuser des « idées qui valent la peine d'être diffusées ». Elle diffuse des comptes rendus de ces conférences.
    L’avocate américaine Susan Cain a fait une conférence, visionnée par plus de 6 millions de personnes, et a ensuite écrit un livre bestseller qui vient d'être traduit en France (La Force des discrets, Éd. JC Lattès). Il vante les avantages d’être introverti.
    Ce titre est d’ailleurs mal choisi, car le véritable titre du livre est : « Silence, ou le pouvoir des introvertis dans un monde qui ne peut arrêter de parler » (Quiet : the power of Introverts in a world that can't stop talking)
    Sophia Dembling, journaliste et bloggeuse américaine, a écrit un livre également très prisé dans le milieu de la psychologie, intitulé « La vie des introvertis: vivre discrètement dans un monde bruyant », (The Introvert' s way: living a quiet life in a noisy world), et qui a été traduit également sous un autre titre : « La revanche des discrets; au royaume des bavards, les discrets sont rois »
    Alors je voudrais, en deux articles, réfuter les critiques et idées fausses qui sont souvent mises en avant par les médias.
   

1) - Les introvertis n’aiment pas la compagnie des autres et les relations humaines : c’est faux !

    C’est exact que les introvertis sont plus à l’aise dans le monde des idées que dans la compagnie des autres. Ils ne recherchent pas en général à se trouver dans la foule ou dans une réception où ils ne connaissent personne.
    L’idée selon laquelle ils seraient antisociaux ou n’apprécieraient pas la présence des autres est complètement fausse. En réalité, ils ont simplement besoin d’un type différent d’interaction sociale.
    Un introverti aime la compagnie des gens qu’il connaît et se trouve bien au milieu d’eux : ce n’est pas forcément un solitaire, mais il ne collectionnera pas les amis sur facebook. Il ne faut pas confondre introversion et misanthropie
    Un introverti s’il est seul à un moment donné ne sera pas catastrophé comme un extraverti, mais saura se trouver des occupations intéressantes : il s’ennuie rarement.
    Par contre cela lui sera moins facile de s’amuser au sein d’un groupe, sauf s’il en connaît bien les membres. Les introvertis préfèrent souvent l’interaction face à face. Dans un groupe mal connu, ils préfèrent généralement se tenir en marge et observer. Les extravertis interprètent ce comportement comme celui d’une personne qui n’a pas envie de s’amuser, mais pour un introverti, l’observation est amusante.
    Un introverti peut savoir parfaitement s’occuper d’autrui. Je pense même qu’il aime mieux les autres qu’un extraverti, car il prend le temps de vraiment connaître les gens qui l’entourent ou dont il s’occupe.
    En fait Jung a parfaitement décrit la différence entre les deux catégories de personnalités : les interactions sociales prennent aux introvertis leur énergie, tandis que la solitude et le silence rechargent leurs batteries. À l’inverse, les extravertis tirent leur énergie des interactions sociales et la solitude et la réflexion les fatiguent.

2) - Les introvertis sont timides et toutes les personnes timides sont introverties : c’est également faux !

    La timidité et l’introversion sont, à tort, tellement associées qu’on utilise souvent les deux termes l’un pour l’autre. Pourtant, ce sont des traits de personnalité très différents.
    L’introversion est rattachée au fait qu’une personne fait le plein d’énergie à travers des moments de solitude et de réflexion, tandis qu’une personne timide se définit plutôt comme quelqu’un pour qui les interactions sociales provoquent inconfort et anxiété.
    Bien des introvertis ne sont pas timides; ils sont parfaitement confiants et détendus dans des situations sociales, mais ont également besoin de moments de solitude pour trouver l’équilibre. Mais c’est vrai aussi qu’un certain nombre de personnes,sont à la fois introverties ét timides, notamment des jeunes qui n’ont pas encore l’expérience de la vie et n’ont pas acquis assez de confiance en eux. Ils ont alors peur du jugement d’autrui, ce qui explique leur inconfort dans les relations avec les autres.
    En fait, la timidité est un comportement; c’est avoir peur des situations sociales, tandis que l’introversion est une motivation, une mesure du besoin et du désir d’interagir avec les autres, qui varie dans le temps.
    J’ai fait d’ailleurs des articles sur introversion et timidité. (24/12/2013; 29/5/2012; 7/10, 1, 2, et 3/9/ 2010), auxquels vous pouvez vous référer.

3) - Les introvertis sont tous pessimistes : tout à fait faux également !

    En fait pessimisme/optimisme et introversion/extraversion, sont des préférences cérébrales indépendantes. Les lier résulte d’une simple apparence.
    On pense trop souvent, à tort, que les introvertis ont une personnalité négative et pessimiste parce qu’ils aiment être seuls, et du fait que les extravertis, qui tirent leur énergie de leurs interactions sociales, se sentent tristes lorsqu’ils sont privés de ces interactions, ce qui n’est pas le cas des introvertis.
    Pour la majorité des introvertis, passer du temps seul ne rime pas avec solitude et ennui, ils passent simplement plus de temps à réfléchir et analyser, ce qui ne mène nullement à des pensées négatives, tant que ce n’est pas poussé à l’extrême, et que l’on ne tombe dans l'excès bien entendu.
    Je connais beaucoup d’introvertis qui sont très optimistes, à commencer par moi-même, et des extravertis qui sont très pessimistes. J’ai connu des gens en dépression, qu’ils soient introvertis ou extravertis. Par contre les pessimistes sont plus enclins à la dépression que les optimistes et l’optimisme est un atout pour être heureux.

    Je continuerai demain l’examen des idées reçues sur les introvertis, qui souvent ont une grande part d’erroné.

Mardi 24 décembre 2013 à 8:10

Préférences cérébrales

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    Deux autres exemples des combinaisons des préférences cérébrales : d’abord le problème de la confiance en soi.   
    La personne indépendante d'esprit est celle sur laquelle les autres, et la société, n'ont pas une influence déterminante : elle les écoute, tient compte des us et coutumes, mais conserve son libre arbitre et tient surtout compte de ses idées personnelles et de sa propre estime.          
    La personne influençable est en général, trop attachée à l'opinion que les autres ont d’elle : elle a peur d'être jugée et d'être mal jugée. Cela devient pour certains un véritable tourment et une obsession, à tel point que toutes leurs décisions, toute leur vie en dépendent.
En effet, l'influence actuelle des médias, (télévision, internet, cinéma et livres) et le développement exagéré des réseaux, que ce soit sur les téléphones portables ou sur le web, fait que l'on a l'impression, si on n'y prend garde, d'être en permanence sous le regard d'autrui.
    L’autre importante influence est celle de toutes les règles et tendances : règles morales et religieuse, règles de vie en société, mais aussi les tendances à la mode, les règles du groupe auquel on appartient .. La aussi les médias ont leur responsabilité, en favorisant l'esprit moutonnier et l'esprit de mode, en nous enlevant, peu à peu, notre équation personnelle pour la remplacer par ce qu'on veut que nous soyons.
    Les deux influences combinées font qu'une personne très influençable devient très sensible à l'opinion des autres, au point de bne plus avoir confiance en ses propres opinions, en ses décisions et en ses actes.   
    Il est par ailleurs connu que si nous sommes sous le coup d'émotions, nous sommes moins objectifs et que pour faire agir un groupe, les meneurs savent le saturer d'émotionnel pour l'empêcher de réfléchir.
    Une personne très sensible (émotivité immédiate A importante), qui ne maîtrise pas ses émotions, qui ne les comprends pas bien et qui les subit, est plus influençable.
    La personne optimiste voit le verre à moitié plein, est sereine, tourne la page face au passé et revient assez rapidement à l'objectivité après une émotion négative.
    La personne pessimiste voit le verre à moitié vide, est soucieuse de l'avenir, a, sur le passé, des remords de ce qu'elle a fait et des regrets de ce qu'elle n'a pas su faire, et le retour à la normale après un passage malheureux est lent et difficile
    Le pessimisme aggrave donc le manque de confiance en soi, car on craint toujours le pire et on croit ne jamais être à la hauteur des événements.
    L'introverti, timide aura tendance à avoir moins confiance en lui que l'extraverti, insouciant et qui a des contacts faciles avec autrui. Mais ce n'est pas généralisable, car l'introverti qui réfléchit davantage, sera très mal à l'aise dans une réception, mais aura confiance en lui pour faire un exposé sur un sujet qu'il connaît bien. Et l'extraverti fera dans certain cas, plus attention au jugement d'autrui que l'introverti qui a l'habitude du monde de ses pensées.
    La personne "J", qui donne priorité à la décision et cherche à prévoir son comportement face aux événements, sera plus assurée qu'une personne "P", qui donne priorité à l'information, et sera donc peu confiante en ses décisions (si elle en prend). Mais par contre la personne J aura moins confiance en elle face à une situation imprévue qu'elle n'aura pas pu étudier, alors que la personne "P" saura mieux s’adapter.
    La personne "L", qui prends ses décisions en fonction d'un raisonnement logique, aura davantage tendance à contester l'opinion des autres et à les comparer aux siennes propres, que la personne "V", qui suit intuitivement ses goûts et ses valeurs.
    Elle saura mieux analyser logiquement les problèmes et aura le plus souvent davantage confiance en elle.
    La personne de perception sensitive" S", qui examine les détails, avance pas à pas dans sa prise d'information, aura davantage confiance dans les faits et la vue des événements, que la personne "G" qui perçoit globalement et intuitivement, mais de façon moins précise.
    Enfin la préférence "tolérance, intolérance" a une influence particulière : la personne intolérante a évidemment davantage confiance dans ses propres opinions, mais par contre, peu sensible à l'environnement et à l'opinion de ceux qui ne pensent pas comme elle, elle risque de se trouver très démunie dans un milieu hostile à ses valeurs et à ses désirs.
   

    Deuxième cas important et fréquent : les conflits entre préférences.        
    Supposons une personne de préférences V et J très fortes.
    Pour elle maîtriser les événements est primordial et elle doit donc prévoir les conséquences de ses actes; mais sa préférence de décision V ne l’aide pas puisqu’elle est subjective et intuitive. Elle serait beaucoup plus à l’aise si elle était J.
    Supposons qu’elle soit fortement G, sa perception globale, intuitive, mais moins précise, moins pragmatique va également l’handicaper par rapport à le préférence S, qui lui permettrait une analyse des phénomènes pas à pas.
    Etre GV va donc perturber la volonté de maîtriser les situations, au point de paralyser dans certains cas la prise de décision.
    Evidemment, si la personne est de plus pessimiste, la peur de se tromper va la mettre mal à l’aise et la paralyser encore plus.
    Si enfin selle est influençable, elle risque d’attacher trop d’importance à l’opinion des autres, ainsi qu’aux valeurs et aux goûts qui sont le propre du V. Ceci va être un handicap supplémentaire pour maîtriser les événements.
    On voit donc qu’une personne très fortement J, pour laquelle il faut absolument maîtriser les situations, va être complètement bloquée et paralysée, au point d’être profondément stressée en permanence, si elle est aussi V, G, et influençable.
    Au contraire, il lui sera facile, pour elle J, de maîtriser les événements si elle est L, S, optimiste et indépendante d’esprit.

    Vous pouvez donc avoir des combinaisons défavorables de préférences cérébrales. Ne vous désespérez pas, su vous êtes dans ce cas. On peut s’en sortir : il faut alors arriver à s’entraîner pour savoir aussi, dans certaines circonstances, utiliser l’attitude antagoniste de vos préférences et diminuer l’influence des préférences qui sont trop marquées.

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