Vendredi 17 septembre 2010 à 8:30

Préférences cérébrales

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    Je vais maintenant faire la même description qu’hier pour les préférences de décision : - les critères sont ceux d'une logique impersonnelle (L), ou ceux de valeurs altruistes et de goûts (V).

    Mais je voudrais bien préciser auparavant (pour répondre à des mails), que ce n’est pas parce qu’on est L qu’on n’a pas des goûts et des valeurs et le V peut être ordonné et logique.
    Ce n’est qu’une question de critères, de méthode de décision
        Le V décide sur un “coup de coeur”, donc en fonction de ses goûts, de ses valeurs, de ses désirs (au feeling comme disent les américains).
        Le L raisonne logiquement pour évaluer sa décision mais dans son raisonnement logique ses goûts et valeurs prennent aussi une place, mais objective, raisonnée, consciente.

    Voici des exemples :

    Périphéric est L et Falbala est V.

    Lorsqu’il y a des élections ils vont voter. Pour qui? il faut se décider.
    Périphéric qui décide selon des critères logiques, épluche les professions de foi, les tracts, les lettres envoyées par les candidats. Il a dressé une liste de critères à remplir et il note chacun d’eaux et il se décidera en fonctionde sa notation pour le moins mauvais.
    Falbala elle n’a pas du tout envie de se fatiguer ainsi. Elle regarde d’abord les photos. Qui a une bonne tête ?
Puis tout de même elle lit  le prospectus reçu avec les bulletins de vote. Elle regarde si globalement  cela correspond à ses idées. pas la peine d’en faire plus pour choisir. De toutes façons ce ne sont que des promesses !

    Quand ils font leurs achats, leur attitude est aussi différente sur le choix des aliments.
    Périphéric regarde les prix, compare les marques, va lire les étiquettes et la composition des aliments en boites, la provenance des légumes, bien sûr les dates de péremption,  et il connaît quelques règles d’hygiène alimentaire et de données caloriques. C’est en fonction de ces données et de leur examen logique, qu’il va choisir ce qu’il achète pour plusieurs jours.
    Falbala ne s’embarrasse pas de tout cela; Cela la retarderait. Certes elle regarde les prix, mais en dehors de cela elle choisit en fonction de ses goûts, de ce qu’elle a envie de manger, de l’aspect encourageant des produits, sur “un coup de coeur”!

    Périphéric et Falbala ont le BAFA et s’occupent de jeunes le mercredi après-midi. Ils vont découvrir un nouveau goupe et on leur a donné des fiches sur chacun de leurs futurs “élèves” .
   Périphéric préfère travailler sur dossiers. Il regarde les fiches, a sélectionné certains critères et remplit un tableau sur Excel pour comparer ceux et celles qu’il va encadrer, pour en connaître les goûts et la formation, la situaion de famille....
    Au contraire Falbala n’aime pas ce travail loin de la personne, car pour elle, cela manque d’altruisme. Il lui faut le contact. Elle demande le premier jour, à chacun de se présenter et au besoin elle revoit certains à la fin de la séance. Pour elle c’est le contact direct qui prime, l’impression que lui fait la personne.

        J’espère qu’après ces descriptions, vous aurez mieux compris ce que sont les préférences S/G et L/V.
    Cela dit on n’est pas forcément tout L ou tout V .
    Par exemple, moi qui suis très “L”, dans le dernier exemple je regarderais rapidement les fiches au préalable pour ne pas débarquer dans l’inconnu, mais j’utiliserais aussi la méthode de Falbala.

Jeudi 16 septembre 2010 à 8:16

Préférences cérébrales

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J’essaierai aujourd’hui d’examiner des cas plus pratiques de préférences S/G et demain pour les préférences L/V.

     Pour que vous compreniez mieux, je voudrais faire aujourd’hui un portrait de personnes  de « perception sensitive et factuelle S. » et de « perception globale et intuitive G » et également de personnes qui décident selon des critères de logique impersonnelle et objective (L) ou qui suivent davantage de façon subjective, leurs valeurs et leurs goûts (V).
   
    Périphéric et Falbala sont deux jeunes qui aiment bricoler et faire des randonnées à vélo. Périphéric est “S” et Falbala “G”.

    Dans le bricolage, chacun a ses préférences :
    Périphéric aime bien la peinture : enduire, poncer, peindre, cela ne le rebute pas. Certes, c’est toujours la même chose, mais il ne craint pas les tâches répétitives et cela permet, tout en faisant attention de regarder autour de soi et de ne pas trop réfléchir. On fait cela dans l’ordre, peu à peu, pas à pas en couvrant la surface. Il aime bien aussi la maçonnerie, contruire pierre par pierre méticuleusement en faisant attention à ce que ce soit bien droit.
    Monter un meuble, cela dépend de la notice. Si elle vous guide opération par opération en disant ce qu’il faut faire chaque fois, de façon détaillée, comme dans les notices américaines, où on n’a qu’à suivre , et que n’importe quelle personne même peu douée peut appliquer.

    Falbala au contraire a horreur de ces notices. Elle il lui faut un schéma qui montre le fonctionnement de l’objet, pour comprendre comment il fonctionne, puis des schémas de montage sous forme de plans. L’exécution bête n’est pas pour elle : elle veut sa liberté.
    Ce qu’elle aime beaucoup c’est l’électricité; pour faire une installation, il faut avoir des connaissances sur le courant et les conducteurs, faire un schéma et imaginer, calculer au besoin. Puis il faut voir comment on va le réaliser sur place, dans quel ordre; bref imaginer, concevoir, puis passer ensuite à l’acte.
    Là au moins il n’y a pas de fastidieux, de répétitif comme quand on peint.

    Quand ils se promènent, à vélo, Périphéric a regardé la carte et il a fait la liste des noms des rues à traverser, les numéros des chemins à prendre : “première à gauche VO n° 56, troisième à droite RN 7, quatrième à gauche : rue Pelletier, passer devant la fontaine... ....”
    Falbala a horreur de cette litanie, de cette énumération à respecter. C’est horrible d’ennui.
    Elle il lui faut la carte. Son cerveau se repère et s’il ne sait plus, il y a le soleil, et sinon la boussole qu’elle emmène toujours. De temps en temps un petit point au crayon sur la carte pour repérer où on est arrivé.
    Et puis si on loupe une des rues de Périphéric, peu importe, on tournera à la suivante et on se retrouvera bientôt sur le bon chemin. La carte c’est fait pour cela.
    D’ailleurs quand elle est allée une fois quelque part, elle s’y retrouve ensuite (sauf évidemment s’ils ont tout démoli et reconstruit différemment , ne reiz pas, cela m’est arrivé !!)

    Périphéric aime se rappeler le passé, regarder des photos de ses albums, et il va écrire ses mémoires. Ses album sont rangés méticuleusement, les photos datées, dans l’ordre chronologique, avec une explication en dessous.
    Falbala ne déteste pas regarder ces albums, mais c’est purement sentimental. Sinon le passé ce n’est pas intéressant puisqu’on ne peut plus rien pour le changer. Elle, ce qui l’intéresse c’est l’avenir, c’est imaginer comment il sera, rêver un peu, faire des plans sur la comète, puis essayer de les réaliser.
    Elle aime dessinner ou assembler des photos pour faire une oeuvre originale. Mais classer des photos, c’est barbant.

Mardi 14 septembre 2010 à 8:29

Préférences cérébrales

     Nous avons vu hier nos préférences de prise d’information.
    A partir de ces informations, dans notre vie de tous les jours, que ce soit à la maison, au collège, au lycée à la fac ou au bureau, nous avons besoin de prendre des décisions à tout instant, certes parfois de grandes décisions complexes, mais la plupart du temps des choix tout simples.
Il ne se passe pas une minute sans que nous ayons à nous décider ainsi, et cela nous le faisons principalement selon deux types de préférences en matière de décision.
    Les deux processus utilisés, tous deux rationnels, différent par les critères de choix utilisés :

        - les critères sont ceux d'une logique impersonnelle (L) : ce sont des principes objectifs, des lois, des règles, une analyse critique et logique; on se pose en juge et on décide “avec la tête”, plutôt en “spectateur”.

        - les critères sont ceux de valeurs altruistes (V) : la décision est plus subjective et humanitaire; c'est le monde de l'empathie, de l'intimité, de la chaleur humaine et de la persuasion; on se pose en avocat, et on décide “avec le coeur”, plutôt en “participant”.


    Notre cerveau pratique les deux modes selon les circonstances, mais l'un d'entre eux est préférentiel, pour lequel nous sommes plus “doués”, et que nous pratiquons d'instinct (comme le droitier avec sa main droite).
    L'autre mode non préférentiel, est peu ou relativement assez développé selon les individus, leur formation, leur environnement et l'entrainement qu'ils ont pu acquérir au cours de leur vie, (et donc leur âge), mais il reste moins naturel, plus laborieux et moins performant.

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Si vous êtes une personne « Logique L » :

    - Vous faites vos choix de façon objective, en fonction de critères logiques et analytiques;
    - Vous agissez plutôt en "spectateur" et vous avez tendance à prendre des décisions impersonnelles, sans faire toujours suffisamment attention aux souhaits des gens;
    - Vous pouvez heurter les sentiments des autres sans vous en rendre compte;
    - Vous n'aimez pas montrer vos émotions et vous n’êtes pas à l'aise quand vous êtes confrontée aux sentiments d'autrui;
    - Vous êtes capable de réprimander les gens lorsque c'est nécessaire;
    - Vous êtes plutôt ferme et décidée et vous ne vous laissez pas influencer;
    - Vous avez besoin qu'on vous traite avec impartialité et équité;
    - Vous aimez analyser et organiser les choses, sans forcément avoir l’avis des autres.

Si vous êtes une personne « Valeurs V » :

    - Vous faites vos choix de façon subjective et émotionnelle en fonction de ce qui vous plaît et plus généralement de valeurs altruistes, sentimentales, intellectuelles et morales;
    - Vous participez aux événements; vous êtestrès attentive aux autres et à leurs sentiments et vous vous intéressez à leurs valeurs;
    - Vous êtes toujours prête à écouter les autres, à participer;
    - Vous aimez faire plaisir aux gens, même pour de petites choses;
    - Vous aimez vivre en bonne entente et les inimitiés vous affectent; vous n'aimez pas dire des choses désagréables;
    - Vous avez tendance à prendre vos décisions en vous laissant influencer par vos sympathies et vos antipathies ou celles des autres;
    - Vous avez besoin d'être félicitée;
    - Vous ne prenez pas les grandes décisions d’action en groupe sans consulter les autres et tenir compte de leurs avis.

    On considère qu'en France il y a environ moitié/moitié d'hommes ayant la préférence L ou V, mais que par contre, pour les femmes, il y a 60% de V et 40% de L environ. La raison n’en n’est pas connue (on pense qu’il s’agit d’un héritage lointain de l’évolution).
     On constate en effet dans la vie courante que les femmes sont plus sensibles et plus altruistes que les hommes, mais souvent moins logiques dans leurs décisions (ce qui ne veut pas dire qu'lles n'aient pas du "bon sens" qui est plus affaire de perception que de décision.


Lundi 13 septembre 2010 à 8:16

Préférences cérébrales

     Dans notre vie de tous les jours, que ce soit à la maison, au collège, au lycée, à la fac ou au bureau, nous avons besoin de prendre des informations et cela nous le faisons principalement avec nos cinq sens, c'est à dire que nous nous servons de nos moyens de perception.

    Comme nous l'avons développé dans le précédent article, notre cerveau a d’abord une perception immédiate émotionnelle, puis après un délai plus pu moins long selon que nous avons la préférence A ou O, la perception devient alors “rationnelle” et “orientée”, c’est à dire que le cortex frontal est informée des perceptions les plus importantes et qu’il oriente nos sens pour lui apporter une information pertinente.
    Dans cette recherche d’information et donc en matière de perception, notre cerveau peut avoir deux types de préférences :

        - soit il gère nos perceptions de façon analytique, séquentielle (pas à pas successivement ), répétitive, dans les détails, de façon concrète et expérimentale.
Il est davantage orienté sur le présent et le passé. Il appréhende les faits au moyen d'énumération des données ou de procédures.
    Nous appellerons cette préférence  « perception sensitive et factuelle S »
   
         - soit il gère nos perceptions de façon synthétique, globale, dans les grandes lignes, de façon aléatoire et par bonds, plus abstraite et imaginative.
Il est davantage orienté vers le futur et la prévision. Il appréhende les faits au moyen de schémas et de modèles.
    Nous appellerons cette préférence  « perception globale et intuitive G »


    On considère qu'en France il y a environ moitié/moitié de personnes ayant la préférence S ou G, hommes ou femmes.

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    Si vous êtes une personne sensitive et factuelle S :

- Vous perçevez les informations de façon pragmatique et sensitive;
- Vous organisez les informations sous forme de faits séquentiels;
- Vous vous  trompez rarement sur les faits, les perceptions;
- Vous êtes un bon observateur et vous mémorisez des détails;
- Vous apprenez mieux par énumération  des propriétés et description progressive grâce au langage, et sur des sujets pragmatiques et pratiques, alors que vous n’êtes pas à l’aise dans les théories, sur des schémas et dans l’abstraction;
- En particulier vous préférez une description des itinéraires par une succession d’indications et d’images des parties successives du trajet.
- Vous parvenez progressivement à des conclusions;
- Vous supportez de passer du temps sur des détails routiniers;
- Vous avez des dispositions pour les tâches de précision;
- Par contre, vous n’avez pas souvent d'inspiration et vous ne vous y fiez pas:
- Vous n’avez pas non plus beaucoup d’imagination et vous n’êtes pas très créatif.
- Vous préfèrez utiliser des compétences déjà acquises plutôt que d'en développer de nouvelles;
- Vous travaillez mieux si vous avez une idée des tâches à accomplir et du temps nécessaire à leur accomplissement.
 
Si vous êtes une personne globale et intuitive G :

- Vous percevez les informations de façon intuitive et globale;
- Vous organisez les informations sous forme de schémas globaux, de théories, d’idées générales;
- Vous avez des inspirations, bonnes ou mauvaises, mais vous n’êtes pas très observateur;
- Vous avez de l’imagination, vous êtes créatif, associant des données de façon originale;
- Vous n'aimez pas perdre du temps à préciser des détails routiniers;
- Vous êtes à l'aise dans la modélisation, l’abstraction, les théories, les schémas et vous préférez comprendre une scène par des images plutôt que par une description par le langage;
- En particulier vous préférez une description des itinéraires par une succession  de schémas, des cartes
- Vous tirez rapidement des conclusions;
- Vous n'aimez pas faire les choses de façon répétitive;
- Vous aimez résoudre de nouveaux problèmes;
- Vous préfèrez acquérir des compétences nouvelles plutôt que d'utiliser celles déjà acquises;
- Vous travaillez avec beaucoup d'énergie, poussée par l'enthousiasme, avec des périodes de relâchement.

    Comme nous utilisons nos deux fonctions antagonistes suivant les circonstances, mais que la préférée est simplement celle que nous utilisons le plus souvent, il est possible que certaines de ces caractéristiques se rapportent à notre fonction préférée, (par exemple « S » ) mais que d'autres se rapportent à l'autre fonction.(par exemple “G »)
    Par ailleurs nous sommes plus ou moins S ou G, c’est à dire que nous utilisons plus ou moins fréquemment notre fonction préférée et nous pouvons être très maladroit dans l’utilisation de notre fonction la moins habituelle ou au contraire “ambidextre de la perception”

     Alors êtes vous S ou G ?


Demain nous examinerons les préférences de décision.

Dimanche 12 septembre 2010 à 8:27

Préférences cérébrales

     A chaque instant, nous prenons autour de nous des informations à l'aide de nos sens : ce sont des perceptions, que notre cerveau reçoit, analyse et interprète.

    Ces informations nous les traitons dans notre cerveau et nous prenons ensuite des décisions, nous faisons des choix, élémentaires ou complexes, selon des « critères de décision ».
   
    Aujourd’hui, nous allons commencer à examiner quelles sont nos préférences de perception.


    La première perception que nous avons est une perception immédiate affective spontanée que nous maîtrisons peu, qui ne met en jeu que des centres du cerveau émotionnel, qui est plus ou moins développée chez les individus, qui peuvent donc être relativement "sensibles" ou "peu sensibles".
    Nous parlerons de “sensibilité affective A” ou de “sensibilité orientée O”.

    Pour comprendre ces préférences nous allons d’abord examiner les temps de réaction cérébrale qui sont très variables.
    On remarquera sur le graphique ci dessous qu'un signal émotionnel inconscient est transmis par nos sens, via une plaque tournante que l'on appelle le « thalamus », à des centres nerveux particuliers du cerveau (les centres amygdaliens) qui sont responsables des réactions de peur, de colère et de déclenchement des émotions et des réactions physiologiques correspondantes notamment de sauvegarde de l'individu.
    Au contraire une réaction logique et sensée de la pensée n'est possible qu'au bout de quelques secondes, par transmission aux cortex préfrontal et frontal.
    Il est donc normal qu'en matière de perception notre cerveau ait d'abord une perception immédiate instantanée d'ordre affectif, et que ce ne soit qu'ensuite, qu'il puisse analyser  et interpréter logiquement les sensations.

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    La première réaction que nous avons face à une perception (image, son, toucher, discours, lecture), est émotionnelle et affective, partiellement inconsciente et peu maîtrisée.
    C'est seulement dans un deuxième temps que l'on commence à réfléchir, à avoir un comportement rationnel et à prendre une décision d'action.
Toutefois cette sensibilité de perception instantanée émotive est variable en durée et en intensité selon les individus et constitue donc une préférence cérébrale.
    On notera « A » la tendance à une grande sensibilité de longue durée, (A comme affective) et « O » la tendance à une faible sensibilité émotive et de courte durée, qui cèdera le pas à la perception  (O comme orientée par notre cerveau frontal, qui réfléchit et pense).

    Si vous possèdez une grande sensibilité émotionnelle immédiate vous aurez des réactions émotionnelles quasi instantanées aux événements qui se présentent, même anodins.
    Vous êtes par exemple très ému(e) par des images, une musique, un texte, allant éventuellement jusqu'aux larmes et sans avoir de raison rationnelle (les neurologues appellent cela « l'émotion pure », qui est particulièrement contrôlée par le cortex insulaire et le cortex cingulaire antérieur du cerveau émotionnel).
    Quand une personne vous parle, vous êtes sensible à ses émotions face à ses problèmes et vous ressentez une émotion avant de voir les aspects factuels.
    Devant une scène mettant en jeu des personnes, vous êtes plus préoccupé(e) par les personnes et leur devenir que par l'action elle-même et par le souci immédiat de leur venir en aide.
    Lorsque quelqu'un vient vous parler, la première impression que vous avez d'elle est l'impression émotionnelle immédiate, et son récit peut vous émouvoir
    Vous ne l'envisagerez rationnellement que lorsque cette émotion sera passée et que vous serez arrivé au stade de la perception objective dont je parlerai dans le prochain article.
    Chez les personnes très sensibles, la perception émotionnelle retarde de façon importante la perception normale des sensations, des informations, des faits et de l'environnement, pouvant même aller jusqu'à masquer une perception objective rationnelle.
    Une partie de ces perceptions immédiate n’étant pas entièrement conscientes, vous pouvez vous sentir tout à coup émue, au bord des larmes, sans même savoir pourquoi..

    Si vous êtes peu sensible émotionnellement, vous pouvez avoir des réactions analogues, mais leur durée est beaucoup plus courte et les réactions beaucoup moins importantes.
    Il vous arrivera très rarement d’être très ému(e) sans savoir pourquoi.
    Devant une image, une lecture, une scène, vous ressentez peu d’émotion, mais vous vous intéressez aux faits, à ce qui se passe, aux personnes, mais plus à ce qui leur arrive qu’à ce qu’elles ressentent.
   
    La combinaison des préférences A / O et optimiste/pessimiste est particulièrement importante :
    Chez la personne pessimiste cette sensibilité immédiate l'oriente vers l'émotionnel et le subjectif dont l'incertitude est un terrain favorable pour voir les choses de façon défavorable et pour entretenir la circulation des idées tristes dans le cerveau émotionnel. Elle minimise également l'intervention rationnelle des cortex frontal (qui réfléchit et organise), et préfrontal (qui prévoit et juge).       
    Une personne pessimiste et très sensible aura donc des émotions plus fortes surtout négatives qu’elle maîtrisera peu, est beaucoup plus torturée par son pessimisme, voit la vie encore plus en noir, a souvent des angoisses et des crises de larmes et aura du mal à considérer ses problèmes rationnellement et à voir objectivement le bon coté des choses.
    Une personne optimiste et très sensible conserve son optimisme, mais ressent davantage d'émotion.
    Une personne peu sensible sera moins pessimiste ou optimiste, car elle aura tendance à examiner ses perceptions rationellement en regardant plutôt objectivement les faits et en maîtrisant l’aspect émotif.

   
Nous verrons également dans les prochains articles que les autres préférences de perception et de décisions peuvent être interprétées différemment selon que l’on a la préférence de perception immédiate émotionnelle A ou O.
   

Vendredi 10 septembre 2010 à 8:28

Préférences cérébrales

Aujourd’hui j’essaierai de montrer des conséquences de notre préférence optimiste/pessimiste dans des cas pratiques.
     Comme je l’ai fait pour la préférence E/I, je suppose que deux personnes sont ami(e)s ou même vivent en couple.


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    Prenons d’abord le cas où les deux sont optimistes.
    S’ils le sont modérément c’est la joie. Ils voient la vie du bon coté, se remontent mutuellement le moral dès que celui-ci baisse chez l’un deux, et s’ils s’entendent sur les objectifs à atteindre, ils sont confiants dans l’avenir et donc arriveront souvent à un succès.
    S’ils sont extrêmement optimistes, certes ils verront tous deux le “verre plein”, mais ils risquent d’avoir trop confiance en l’avenir et de ne pas voir suffisamment certaines difficultés.

    Voyons maintenant le cas d’un optimiste et d’un pessimiste.
    Certes le couple sera moins confiant face à la vie que le précédent, mais l’optimiste essaiera de soutenir le pessimiste, de lui montrer que la situation n’est pas si mauvaise que cela, de lui montrer qu’il exagère les problèmes et leurs conséquences, et qu’il n’a pas assez confiance en son action sur l’avenir.
    Bref si l’optimiste est relativement stable dans ses idées et si le pessimiste ne l’est pas au point de friser la dépression, le couple trouvera un équilibre satisfaisant rface à la vie.

    Le cas de deux pessimistes est plus préoccupant.
    Face à la vie, le couple verra le mauvais coté des choses, le verre à moitié vide,; il aura l’impression d’êtredéfavorisé, ne saura pas apprécier les bon cotés qu’ils rencontrent, accumulera les remords et les regrets de chacun et risque de se trouver sans réaction vis à vis de l’adversité, ou même de ne pas faire effort par manque de confiance en l’avenir.
    Le plus dangereux est le cas où l’un des deux est très atteint par son pesimisme, presque à la limite de la dépression et où l’autre veut l’aider à s’en sortir, ce qui est une réaction normale.
    Mais pessimiste lui même il aura du mal à trouver les mots, les arguments pour rassurer l’autre et risque lui même d’augmenter son propre pessimisme et de dégrader son propre affectif.

    Bien entendu bien que les diverses préférences cérébrales soient en principe indépendantes les unes des autres, leurs associations ont cependant une influence sur le comportement des personnes.
    Par exemple un extraverti pessimiste le sera en général moins qu’un introverti pessimiste.
    Par contre l’introverti optimiste, qui réfléchit plus que l’extraverti optimiste qui risque de se laisser entraîner par son exhubérance, aura probablement plus de chances de mieux utiliser sa vision du monde pour optimiser le cours de sa vie.
    On verra par la suite que les préférences de perception et de décision risquent aussi d’influer la façon dont optimistes et pessimistes voient les choses.
    Le pessimiste est par nature beaucoup plus stressé que l'optimiste.
    Les effets de ce stress peuvent être différents en fonction d'une autre de nos préférences cérébrales, qui a été étudiée notamment par le psychologue américain d'origine russe, Plutchik : la “perception émotionnelle immédiate”, que j'examinerai par la suite.
    La préférence de décision que nous examinerons aussi dans un futur article, influencera aussi le degré d'optimisme ou de pessimisme, car elle entrainera une réaction, soit logique et objective de la pensée, soit sentimentale et subjective.

Jeudi 9 septembre 2010 à 8:09

Préférences cérébrales

Je reprends aujourd’hui mes articles sur les préférences cérébrales en vous parlant d’une autre attitude très importante dans la vie courante qui à coté de la motivation externe ou interne (E/I) a une grande influence sur nous : l’optimisme ou le pessimisme.
    Nous sommes influencés par les événement et l'environnement extérieur, qui nous préoccupent plus ou moins et auxquels nous réagissons favorablement (et nous éprouvons de la satisfaction, de la joie) ou défavorablement (et nous éprouvons de la peine et de la tristesse).
    Ces réactions nous stressent plus ou moins, voire nous angoissent ou nous traumatisent en causant une souffrance réelle.
    Les préférences correspondantes sont importantes car elles modifient de façon consciente et inconsciente les données d'entrées des événements et donc les réactions de notre cerveau, rationnelles et surtout émotionnelles.


    J’ai déjà fait plusieurs articles à ce sujet (16, 17, 18 et 19 juin 2010 sur la quête du bonheur), dans lesquels j’avais montré que les pessimistes pensaient le plus souvent qu’ils n’avaient pas d’influence sur leur avenir, que les situations mauvaises avaient une certaines stabilité tandis qu’ils ne se sentaient pas responsables des événements heureux, alors que les optimistes étaient en attente d’un avenir agréable, sur lequel ils pouvaient agir en le rendant le meilleur possible.
    Je vais détailler cette attitude sous l’aspect des préférences cérébrales, afin que vous puissiez déterminer votre préférence innée et ce qu’elle est devenue du fait de votre éducation, de vos études et de votre vécu.

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    La première caractéristique est la vision de la vie que l'on voit avec optimisme ou pessimisme :
    Toute chose, tout événement a des conséquences favorables et d'autres défavorables, d'une part de manière générale et d'autre part par rapport à notre propre situation particulière.
    L'optimiste voit le plus souvent le bon coté des choses, ce qui lui est favorable et il minimise les inconvénients : il voit « le verre à moitié plein ».
    Le pessimiste voit le plus souvent le mauvais coté des choses, ce qui lui est défavorable et il est en partie aveugle vis à vis des conséquences heureuses: il voit « le verre à moitié vide ».
    Dans les cas extrêmes, l'optimiste néglige complètement les inconvénients et difficultés éventuelles (il risque d'être imprudent), et le pessimiste les exagère considérablement au point de ne jamais voir de satisfaction dans les situations mêmes relativement bonnes (et il se rend ainsi malheureux).

    La deuxième caractéristique est la réaction qui en résulte : l'optimiste sera serein et gai et exprimera sa joie, alors que le pessimiste sera soucieux et triste et exprimera son mécontentement.
    Quelqu'un de préférence modérée sera tantôt gai, tantôt triste, comme nous le sommes tous, quelle que soit notre préférence.
    Mais une personne de préférence très marquée sera, si elle est optimiste, toujours sereine, la plupart du temps joyeuse, entraînant les autres dans sa joie et « prenant la vie du bon coté » et au contraire, si elle est pessimiste, les soucis l'emporteront et elle sera anxieuse, voire souffrira de véritables angoisses, dès qu'un événement ou même une simple possibilité lui apparaîtra comme défavorable, car elle en négligera les bons cotés.
    Les personnes à tendance dépressives sont en général pessimistes.

    La troisième caractéristique est la tendance de comportement vis à vis du passé.
    L'optimiste tourne la page et le pessimiste est assailli de remords pour ce qu'il a mal fait et de regrets pour ce qu'il n'a pas su ou osé faire.
    L'optimiste regrette sur le moment ses fautes, et face à un malheur il souffre tout autant. Mais son optimisme reprend le dessus, l'oblige à vivre et en général, il réfléchit aux causes et aux erreurs,  il tire les leçons du passé et sans l'oublier totalement, il tourne néanmoins la page pour aller de l'avant, en essayant de ne pas refaire les mêmes erreurs, et de regarder l'avenir pour essayer de l'optimiser.
    Par contre il donne parfois l'impression à son entourage d'être peu sensible et d'oublier facilement.
    Le pessimiste ressasse au contraire son passé, est assailli constamment de remords et de regrets, et ces remords et ces regrets lui empoisonnent la vie. Il culpabilise sans cesse. il a le culte du souvenir mais a du mal à tirer les leçons du passé et à  tourner la page.

    Il résulte de ces attitudes que l'optimiste, après un problème qui l'a atteint émotionnellement revient assez vite à une vision plus rationnelle et objective, alors que pour le pessimiste, les émotions et pensées tristes tournent en rond dans son cerveau émotionnel, sans que son cortex frontal vienne y mettre de la raison.
    Le pessimiste va donc ressasser ses problèmes, ses ennuis, ses défaites et cela risque d'accroître son stress, de l'angoisser, de le mener à l'extrême à la dépression. Ses pensées tournent en rond dans le cerveau émotionnel (ce que l'on appelle le « circuit de Papez », qui est toutefois un schéma très simplifié).
    L'optimiste au contraire aura une période de tristesse et de préoccupation, mais il fera remonter ses préoccupations au cortex frontal, qui les examinera rationnellement et qui essaiera de tempérer ses réactions émotionnelles défavorables.

    Du fait de ces deux attitudes le comportement est différent vis à vis du futur. L'optimiste a une certaine confiance en lui et une certaine assurance, ou du moins une certaine confiance en l'avenir et en la vie, alors que le pessimiste est inquiet et craintif du lendemain.
   

Vendredi 3 septembre 2010 à 8:29

Préférences cérébrales

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     Mes articles sur l’introversion et la timidité m’ont valu quelques commentaires et beaucoup de mails.
    Je vais répondre d’ici dimanche aux correspndant(e)s qui évoquent des cas personnels, mais je vais essayer de répondre ici à des questions plus générales.

    Ces questions posent d’abord le problème de l’apparition de la préférence E/I avec l’âge et de la timidité chez les enfants et également celui du comportement très différent des gens dans des circonstances différentes, notamment au téléphone, ou sur internet, par rapport aux contacts réels ou dans des circonstances différentes.

    On parle souvent de la “fraicheur” des réflexions des jeunes enfants qui ne sont pas encore sensibles au jugement d’autrui. C’est certes vrai, mais c’est en fait plus complexe que cela, de même que tout comportement est le résultat de nombreux facteurs et ne peut se ramener aux seules préférences cérébrales.

    L’extraversion ou l’introversion apparaît très vite chez un enfant. Avant même la première année, on voit si l’enfant sait jouer seul, “s’occuper lui même” ou s’il a besoin en permanence d’une personne pour s’ocuuper de lui et le pousser à l’action.
    Lorsque, entre dix huit mois et deux ans et demi, l’enfant apprend à parler, c’est encore plus net : l’extraverti apprendra vite à parler et cherchera à parler et communiquer le plus possible avec parents, frères et soeurs, alors que l’introverti certes s’exprimera lorsqu’il a vraiment besoin de quelque chose, mais sera (au moins en apparence), en retard dans l’apprentissage de la parole et parlera peu et ne cherchera pas à tout prix une compagnie, se trouvant lui même jeux et occupations.
    Ce sera encore plus net lorsque vers six ou sept ans, l’enfant saura bien lire. L’extraverti aura besoin de la fratrie et des camarades pour jouer, alors que l’introverti, certes s’amusera avec eux, mais à défaut, aimera éventuellement des jeux plus solitaires et la lecture.

    J’ai dit dans les précédents articles que certes l’introversion s’accompagnait souvent de timidité, mais que celle-ci était davantage due à un manque de confiance en soi et à la peur du jugement d’autrui.
    Qu’en est il pour le jeune enfant. ?

    L’enfant peut être timide relativement jeune, mais c’est alors plutôt son introversion qui se manifeste; disons qu’il est plutôt “réservé”.

    Le manque de confiance en soi ne se manifeste que parce qu’on a échoué à plusieurs reprises soit dans un même domaine, soit de façon plus générale.
    C’est alors la peur d’échouer à nouveau.
    Les tentatives de l’enfant pouvant mener à un échec appréciable sont rares en bas âge et par ailleurs les réactions des parents et éducateurs sont importantes pour lui donner ou non cette sensation d’échec. Cela dépend aussi de l’environnement et si l’enfant est en contact avec de nombreux autres enfants.
    Avant l’âge scolaire ces échecs ne peuvent guère apparaître que dans les relations plus ou moins conflictuelles avec d’autres enfants et la timidité est alors une peur de communication et de contact par peur des désagréments infligés par les autres.
    A l’âge scolaire, des difficultés en classe peuvent intervenir, comme par exemple une difficulté pour apprendre à lire et écrire, ou simplement la difficulté de travailler. L’enfant peut alors se replier sur lui même et devenir timide.

    La peur du jugement d’autrui ne peut intervenir vraiment que plus tard encore. Pendant longtemps l’enfant n’a de jugement que le sien propre. Il apprend de ses parents et de ses éducateurs des “interdictions” et des “autorisations”, mais ce sont des règles et non des jugements de valeur.
    Il acquiert ensuite la notion de ce qui est ou peut être “bon pour lui” et “néfaste” pour lui, mais ce sont encore des constatations.
    Le jugement des autres n’intervient que d’une part lorsque l’enfant a acquis une notion plus abstraite, qui est celle du bien et du mal, que ce soit au plan moral, religieux, sociétal, ou même ce que j’appelerai “politiquement correct”, c’est à dire une notion de valeur attachée aux actions, celles qu’il “faut” faire” et celles qu’il ne “faut pas faire”, non pas parce qu’elles sont agréables ou néfastes, mais parce qu’une règle supérieure ou collective l’impose.
    De plus il faut qu’il y ait des “autres” et que l’enfant ait conscience du jugement de valeur des autres et que de plus un jugement défavorable l’affecte.
    Autant je pense que la peur des autres (des mauvais traitements des autres) peut intervenir à la maternelle, par contre je ne crois pas que la peur du jugement des autres ne soit vraiment importante avant 7 ou 8 ans.
    Mais là encore l’éducation fait beaucoup, car les parents ou les éducateurs peuvent selon la façon dont est présentée une réprimande, développer ou retarder et minimiser cette notion de crainte du jugement d’autrui, et donc la timidité qui pourrait en résulter.

    Je pense que c’est cette peur du jugement des autres qui est la principale raison du comportement différent de personnes introverties ou timides, au téléphone, sur internet, ou au contraire lorsqu’elles se trouvent face à uen personne en chair et en os.
    C’est également vrai dans le comportement vis à vis d’un “étranger”  par rapport à celui d’une personne de sa famille, dont on craint le jugement.
    C’est aussi le cas vis à vis d’une personne dont on craint l’indiscrétion vis à vis de parents ou amis, par rapport à une personne qui, ne les connaissant pas, ne risque par de leur révéler quelque chose.
    Il m’est souvent arrivé que des jeunes avec lesquels je correspondais, me confient quelque chose qu’ils n’avaient pas voulu dire au psy parce que celui-ci était véritablement en face d’eux, et que je reçoive plus facilement leurs confidences que celles de jeunes dont je connais la famille.
    Je pense aussi qu’ils ne se confient facilement que parce qu’ils savent que je ne les juge jamais.

    J’espère avoir ainsi répondu à quelques questions générales qu’on m’a posées.Mes articles sur l’introversion et la timidité m’ont valu quelques commentaires et beaucoup de mails.
    Je vais répondre d’ici dimanche aux correspndant(e)s qui évoquent des cas personnels, mais je vais essayer de répondre ici à des questions plus générales.

   

Jeudi 2 septembre 2010 à 8:33

Préférences cérébrales

http://lancien.cowblog.fr/images/ZFleurs2/1001863.jpg

    Il n’y a pas lieu de lutter contre une introversion raisonnable, qui a une part d’inné et une part d’acquit, mais qui est au moins aussi avantageuse qu’une extraversion modérée.
    Par contre quelqu’un de très intro ou extraverti a intérêt à essayer de mieux utiliser son attitude non préférée.
    Mais il s’agit là du milieu dont nous tirons notre motivation, notre énergie.
    Par contre il me paraît bénéfique et nécessairee de lutter contre sa timidité si elle est excessive
    Elle résulte le plus souvent d’une part d’un manque de confiance en soi et d’autre part d’une grande peur du jugement et du regard des autres.
    C’est contre ces deux tendances qu’il faut lutter.

    Les psychologues qui envisagent des remèdes à ces deux attitudes parlent souvent d’une “timidité sociale” et distinguent plusieurs types de craintes ou de comportements (je les cite) :

        Timidité  de relation :
    Appréhension et maladresse dans des situations relationnelles importantes (professeurs, supérieurs hiérarchiques, sexe opposé) ou nouvelles, sans retentissement marqué sur le mode de vie et I'équilibre psychologique.
        Anxiété de performance, trac :
    Crainte d'échouer ou de mal se comporter lors d'une prestation face à un public; dans sa forme bénigne, le trac disparait en quelques minutes et n'altère pas la performance, contrairement à ce qui peut se passer dans des formes plus graves d'anxiété de performance.
        Phobie sociale, éreutophobie :
    Crainte d'agir de manière embarrassante. voire humiliante. sous le regard d'autrui, accompagnée d'angoisses dans certaines situations sociales, souvent évitées. L’éreutophobie est une forme particulière de phobie sociale : la personne est obsédée par la crainte de rougir en public, par peur d'etre jugée négativement à cause de cette émotivité.
        Personnalité évitante
     Tendance permanente à éviter la plupart des situations sociales et nouvelles, souvent en raison d'une phobie sociale très importante. La personne finit par ne plus sortir de chez elle et par ne plus voir personne.

    Plus la peur est forte et plus l’attention de la personne est focalisée sur ses problèmes et plus la peur et ses conséquences grandissent. Il est difficile de faire attention à autrui et à son environnement, quand on est obnubilé par ses propres sensations et envahi par la panique.

    Lutter contre le manque de confiance en soi n’est pas facile.
    En général le manque de confiance en soi résulte d’expériences négatives qui incitent l’adolescent à douter de ses capacités qu’il est en train d’acquérir peu à peu, et de penser qu’il ne peut être autonome et responsable.
     Le réflexe habituel du timide est de rester uniquement sur les sensations d'anxiété ou de gêne qu'il a ressenties, et non pas de mémoriser les éléments positifs de ]l’'expérience (même s’il a fait fait l'effort de sortir, et de communiquer avec une ou deux personnes qui avaient l'air sympathiques et contentes).
    Il faut donc demander au timide d’essayer d’analyser le coté positif des situations qu’il a rencontrées En se for\ant ainsi à analyser tous les aspects positifs et négatifs des situations rencontrées, il peut ainsi remettre en cause - voire modifier ses à-priori.
    Personnellement lorsque j’aide quelqu’un qui n’a pas confiance en soi, je lui demande de lister et d’analyser toutes ses qualités, les actions qu’il a réussies, les personnes qui l’apprécient, les compliments qu’il a reçus ...

    Pour lutter contre le regard des autres, les psychologues préconisent des exercices assez particuliers pour dédramatiser ces situations dans lesquelles on se sent gêné.
    Je cite comme exemple l’un d’entre eux :

    “ Des camarades doivent emmener la personne timide dans le métro et,  lui chanter, devant tout le monde: « Joyeux anniversaire ! . La personne se sent alors au centre de tous les regards, mais on lui demande de ne pas baisser les yeux, et de ne pas quitter le wagon. Elle doit rester pendant dix minutes dans une situation embarrassante. Progressivement son rythme cardiaque, sa tension et sa transpiration diminuent; après ces minutes qui semblent interminables, elle se retrouve dans une situation qui, habituellement, déclenche sapanique, mais qui désormais l’affole moins. Des passagers lui tapent parfois sur l'épaule en descendant du wagon et lui lancent: « Joyeux anniversaire! . A ce moment,la personne s'apen;oit qu'il s'agit d'un « non-événement., et cette prise de cons
cience change sa vision de la vie en société. Alors qu'elle croyait être jugée négativement par les autres, elle s'aperçoit que le jugement d’autrui peut être bienveillant.”

    Lorsqu’un timide est laissé face à ses peurs, les évitements permettent de fuir les situations angoissantes, mais le maintiennent  dans l'idée fausse qu'il ne peut les affronter.
    Il faut donc lui apprendre à s'exposer à des niveaux croissants d'anxiété, en provoquant des situations faiblement, puis plus fortement, anxiogènes (aborder des inconnus, se faire remarquer dans un lieu public, prendre la parole dans une réunion, etc.).
    Il peut alors constater que son angoisse peut être forte « a l'intérieur» sans que cela soit perçu par les autres, ce qui n'a pas de conséquences.

    Chez le grand timide, les centres de l'émotion, et le complexe amygdalien, sont facilement activés par les situations anxiogenes, et les zones qui servent a controler cette émotion ne sont pas assez efficaces. C'est notamment le cas du cortex préfrontal, qui est relativement hypoactif.
    Les exercices précités sont en quelque sorte, un travail de « désensibilisation » qui produit probablement ses effets dans la mémoire émotionnelle dont le complexe amygdalien (qui réagit à la peur) et l'hippocampe (professeur de la mémoire), précisément les zones hyperactivées chez les sociophobes.
    De telles modifications prennent place probablement dans la mémoire à long terme et dans le cortex préfrontal, entraînant des raisonnements plus réalistes et un meilleur contróle des émotions.

Mercredi 1er septembre 2010 à 10:08

Préférences cérébrales

http://lancien.cowblog.fr/images/ZFleurs2/1001012.jpg

     Chaque jour, il nous arrive d'avoir peur de la réaction d'autrui, de nous demander si nous avons fait bonne impression.
    Cela heureusement s’atténue avec l’âge au fur et à mesure que nous prenons confiance en nous.
     Souvent mes correspondantes introverties et timides se plaignent que les extravertis ont bien de la chance et qu’ils leur volent une part de leur vie.
      Je ne suis pas tellement d’accord avec cette vue optimiste de l’extraverti.


    Supposons un introverti timide, est il sous la domination d’un extraverti intrépide.?
    Nous avons vu que les introvertis ne prennent pas facilement la parole, qu’ils hésitent avant de faire connaissance, mais aussi avant de prendre un risque et qu’ils réfléchissent avant d’agir. En ce sens, ils s'exposent moins aux dangers, que les extravertis, ceux qui profiteraient de la situation, qui sont plus enclins à prendre des risques, réfléchissent moins avant l’action, et courent plus de dangers d'être confrontés a des difficultés.
    Prenons un exemple : le timide qui ne parle guère ne prend pas le risque de se discréditer en public, alors que l'extraverti qui prend sans cesse la parole pour se faire valoir, prend aussi le risque de choquer ou de se fourvoyer, ce qui peut lui óter tout crédit.

    La timidité est vraisemblablement une composante naturelle de la personnalité humaine. Depuis des centaines de milliers d'années, l’homme vit en communauté d'individus qui ne sauraient être tous des dominateurs.
    Il faut une certaine proportion de personnes réservées, pas trop bruyantes, réfléchies, circonspectes, prudentes, hésitant a entrer en conflit, afin que la vie en communauté ne soit pas constamment parsemée de disputes et de dissensions,    
    Ainsi, les timides et les introvertis sont souvent considérés comme des pacificateurs, des gens qui « arrondissent les angles ", Ils jouent en quelque sorte le rôle de « lubrifiants sociaux ".
    Nous avons besoin d'eux, car une société sans timides serait une société de frictions constantes...
    La timidité  ne constitue pas un avantage pour la qualité de vie de l'individu, et pourtant il semble qu'elle aide au fonctionnement de la société, et même qu'elle participe au jeu de la séduction. David Buss a constaté que les femmes qui regardent tres franchement les hommes dans les yeux attirent moins un homme qui recherche une relation de confiance durable qu’une femme qui baisse les yeux timideme.
    La société accepte plus difficilement la timidité masculine, dès le plus jeune âge. Les parents semblent mieux tolérer la timidité de leur fille que de leur fils. !
    De nombreuses études ont été réalisées auprès de parents d'enfants très timides. Ces parents ont le plus souvent un comportement de timide introverti, ayant peu de relations humaines et donnent à leurs enfants des habitudes négatives qui renforcent leur timidité naturelle, de surptotection et de froideur affective.   
    Bien entendu il y a sûrement une composante génétique notamment de la préférence cérébrale E/I.

    Le neurologue Richard Ebstein, de I'Hópital Herzog de Jérusalem estime qu’un des récepteur de la dopamine (le neurotransmetteur des circuits de récompense) existerait sous deux formes associées à l’introversion et à l’extraversion, et donc dépendrait du gène qui code ce récepteur.
    Le psychologue américain Jérome Kagan, de l'université de Harvard, a étudié le comportement de bébés et a constaté qu’environ dix pour cent des enfants manifestent de nombreux signes de timidité notoire, et la même proportion pratiquement aucun.
    Kagan a suivi ces enfants pendant plusieurs années, et a constaté qu'à six ans, les plus tirnides gardent ce trait de caractere. Devenus adolescents, ils sont plus craintifs que la moyenne. Plus tard, on constate que c'est aussi parmi ces enfants qu'on trouve le plus d'adultes manifestant des attaques de panique ou de phobie sociale.
    Il existe donc une part innée de timidité.

    Dans le prochain article je donnerai quelques indications sur des possibilités de lutter contre sa timidité.

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