Vendredi 13 janvier 2012 à 8:16

Inné et acquit

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/330.jpg     Quelques centaines d’années avant J.-C., des savants grecs se sont mis à réfléchir sur notre développement. Dans quelle mesure sommes-nous programmés plutôt que façonnés par notre environnement ? Plus de deux mille ans ont passé et pourtant, le verdict n’est pas encore tombé.

     Certaines de mes correspondantes m’ont demandé à plusieurs reprises si je pouvais faire un article sur l’épigénétique,que j’ai évoquées à plusieurs reprises dans mes articles sur l’ADN et d’autres me demandent si une maladie mentale peut “s’attraper”, car elles apparaissent parfois soudainement.

    C’est un sujet difficile à expliquer et je vais essayer de le faire le plus simplement possible, en deux articles, en empruntant des schémas à Edmund Higgins, psychiatre et chercheur à l’Université de Caroline du Sud aux Etats Unis.

    Même si nous ne savons pas grand chose sur les maladies mentales et les dépressions, la neurobiologie a fait des progrès dans ce domaine et la génétique vient à son aide, car les progrès sur la connaissance du génôme humain ont été importants ces dernières années.
    Pour les neurobiologistes, les troubles psychiatriques seraient en grande partie d'origine génétique, le bon fonctionnement du cerveau est contrôlé par diverses protéines qui interagissent entre elles, chacune étant codée par un gène.   
Il suffit qu'un de ces gènes soit (ou devienne) défectueux pour que la protéine correspondante ne puisse plus remplir sa fonction dans le fonctionnement complexe cérébral.
    Mais il ne faut pas prendre génétique au sens seulement de l’hérédité. Les vrais jumeaux, qui sont dotés du même patrimoine génétique issu des parents, n'ont pas nécessairement les mêmes maladies mentales, comme par exemple, Ia schizophrénie.
     Les maladies psychiatriques résulteraient plutôt d'une interaction complexe de I'environnement avec certains gènes, et l'on commence à peine à comprendre comment I'environnement modifie le cerveau et déclenche des troubles mentaux.
    Les expériences de la vie peuvent changer le comportement d'un individu en modifiant I'expression des gènes qui contrôlent le fonctionnement de son cerveau.

    Je ne vais pas refaire un article sur l’ADN, et je vous renvoie pour ceux qui ne se rapellent pas à mes articles des 3, 4, 5, et 6 juillet 2010.

    J’ai montré dans ces articles que l’ADN était une très grande molécule hélicoïdale, avec des “montants” et des “barreaux”, et que l’hérédité est due à la nature et l’arrangement des “bases puriques” qui constituaient ces barreaux. (A pour adénine,T pour thymine, C pour cytosine et G pour guanine ).
    Un traumatisme, la consommation de drogues ou le manque d'affection n'altèrent pas la séquence des bases dans les gènes mais ils conduisent à Ia “greffe chimique” de molécules satellites sur I'ADN. Ces additions influent sur I'expression des gènes, inhibant ou activant la production des protéines qu'ils codent, ce qui risque de perturber le fonctionnement cérébral et l'état mental des sujets.
    Ces processus ou l'expression des gènes est modifiée par des mécanismes qui laissent inchangées les séquences d'ADN sont dits “épigénétiques” (épi signifiant au-dessus ou au-delà .... des gènes).

    En 1997, ie neurobiologiste Michael Meaney et ses collègues de l'Université McGill, au Canada, ont comparé des rats qui avaient été abondamment léchés et toilettés par leur mère pendant les dix premiers jours. de leur vie avec d'autres rats auxquels les mères avaient prodigué peu de soins.
Confinés dans un tube étroit en plastique pendant 20 minutes, Ies jeunes rats ayant des mères attentionnées étaient moins anxieux et moins stressés que les autres.
    Ces expériences montrent que le bon comportement maternel d'une mère rat peut, par exemple, renforcer la résistance émotionnelle de ses jeunes en favorisant I'expression d'un gène diminuant le stress et l'anxiété. A I'inverse, des événements traumatisants chez ces jeunes rats arrêteraient, par un mécanisme épigénétique, la fabrication d'une protéine responsable de la croissance neuronale, et entraîneraient une dépression.
    Ceci est également vrai pour les humains : des enfants qui reçoivent beaucoup d'affection et d'attention peuvent devenir émotionnellement plus résistants et récupérer plus vite d'un stress important, et ensuite, être moins sujets au stress à l'âge adulte, que les enfants qui n'ont pas eu cette chance.
    Des travaux récents montrent également que des changements épigénétiques joueraient un rôle dans des pathologies telles que I'addiction aux drogues et Ia schizophrénie, ainsi que dans les troubles de la mémoire à long terme.
    En élucidant les mécanismes moléculaires de ce type dans les maladies mentales, les neurologues pourraient mettre au point de nouveaux traitements contre les maladies psychiatriques. Ainsi, de futurs médicaments pourraient "nettoyer" I'ADN afin d'éliminer les modifications moléculaires que l’on aurait décelées et qui favorisent des maladies.

    Demain je vous donnerai un peu plus de détails sur ces processus.

Vendredi 25 novembre 2011 à 8:18

Inné et acquit

Le nombre de lecteurs des horoscopes m’a toujours étonné.
    Comment les astrologues des magazines parviennent-ils à ce que leurs lecteurs se retrouvent dans leurs petits textes ?
    Ils ont quelques astuces professionnelles : utilisation de notions abstraites; formulations ambigues; énoncé de vérités intemporelles; évocations suggérées par des formulations imagées; vocabulaire astrologique spécialisé peu compréhensible; implication émotionnelle....

    Mais je suis encore plus étonné du nombre de gens sensés qui vont voir des marabouts ou des diseuses de bonne aventure, avec leurs tarots ou leur boule de cristal, et qui croient à leurs prédictions.
    Un tel “consultant”  évalue les réactions de la personne d'après ses mimiques, ses gestes, ses vêtements et son comportement
    Il est en général un bon psychologue et s’il est expérimenté, à l’aide de questions subtiles, iI peut rapidement corriger les propositions qu’il compte vous faire, vous dévoiler ce qu’en fait vous lui avez révélé vous même, ce qui effectivement vous étonnera et vous mettra en confiance, et il vous prédira un avenir qui corresponde à vos désirs d’une part et d’autre part à quelque chose de vraisemblable dans le contexte que vous avez fourni.

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    Je vais vous donner un exemple vécu.
    Il y a dans les pays du Maghreb de nombreuses personnes qui prédisent votre avenir et beaucoup de gens crédules qui vont les consulter, et cela d’autant plus que leur instruction est faible, certains ne sachant ni lire, ni écrire.
    Dans certains endroits, ce sont des gens influents qui ont un véritable ascendant sur la population, qui va les consulter à chaque décision importante à prendre.
    Mais certaines de ces diseuses de bonne aventure sont assez remarquables, bien que fort peu instruites.

    Il m’est arrivé dans les années 60/70 d’aller en mission dans un laboratoire que nous possédions dans le Sahara, à des kilomètres de toute ville, et à une vingtaine de kilomètres d’une palmeraie habitée par une centaine de personnes et qui était une halte sur le chemin de caravanes nomades.
    Le niveau de vie n’était pas très élevé; comparons le à celui des campagnes au Moyen-Age, mais l’eau des puits y était abondante et permettait de cultiver pour produire des légumes et élever des volailles et des petits animaux genre moutons, facochères, gazelles.... (beaucoup de mouches aussi hélas !!)
    La population habitait dans des maisons aux murs très épais, faits de briques de glaise, fraiches malgré le climat. (45 à 50 d° à l'ombre l'été)
    Leur gros handicap était la salubrité et beaucoup de femmes mouraient en couches et des enfants en bas âge, par manque d’hygiène et contamination par des bactéries du genre escherichia-coli ou staphylocoques. Les hommes eux mouraient d’accidents ou de maladies mal soignées.
    Un de mes collaborateurs, médecin, étaient là au cas où nous serions malades, mais il avait donc beaucoup à faire dans la palmeraie et grâce à lui, nous étions les bienvenus. Mais nous n’y allions pas non plus les mains vides.
    Tous les habitants et nomades parlaient un français compréhensible et étaient extrêmement accueillants et nous voyons souvent le chef de palmeraie et certaines personnes de sa famille, assez nombreuse car la polygamie était de règle. Sur cette famille “régnait” sa mère, âgée d’une soixantaine d’années, qui était la pythie du lieu, que l’on consultait à toute occasion. C’est elle qui choisissait toutes les épouses de son fils !!
    Je ne sais pas exactement à quelle ethnie ils appartenaient dans les palmeraies, mais je pense que c’était la même que les Touaregs nomades qui y faisaient halte.
    J’avais deux collaborateurs immédiats, jeunes ingénieurs, un homme et une femme, qui m’accompagnaient souvent et la “voyante” sympathisait avec l’ingénieur masculin, très extraverti, et lui avait proposé de lui prédire l’avenir.
    Elle avait discuté presque deux heures avec lui, devant, sur une table, du sable, des feuilles de thé vert et des pierres, ainsi que des vestiges animaux, tels des moustaches, poils, dents et ongles divers, qu’elle manipulait adroitement semblant les consulter un peu comme on le ferait avec des tarots, histoire d'impressionner le consultant.
    Notre ingénieur était revenu bouleversé et enthousiaste : “elle m’a raconté mon enfance, ma vie, mes ennuis et mes joies, mon caractère. Elle est extraordinaire; je crois à ce qu’elle m’a prédit”.
    Cela nous avait interloqué mon "ingénieure" et moi et nous avons décidé d’agir. Nous avons réfléchi chacun de notre coté, puis nous avons mis au point notre plan ensemble un soir.
    Nous nous étions constitué chacun une personnalité, évidemment différente de la nôtre, mais pas trop, nous nous étions imaginé une enfance et une adolescence vraisemblables, et puis une aventure commune et nous lui avons demandé conseil car nous souhaitions nous marier, ce qui était évidemment une invention de toutes pièces. La veille, on s’était testé mutuellement dans une "répétition" de façon à être naturels.

    Nous sommes restés deux heures avec notre voyante. Alors que c’était une femme presque illettrée, elle faisait preuve d’un don de psychologie extraordinaire
    Elle nous écoutait avec beaucoup d’attention, ne nous quittait pas des yeux, manipulant ses gris-gris sans les regarder. Elle observait non seulement la personne à laquelle elle parlait mais aussi les réaction de l’autre.
    Quand elle s’adressait à l’un de nous deux, ce qui mobilisait alors  l’attention de celui-ci pour répondre, (d’autant plus qu’il ne fallait pas être nous même mais le “personnage” que nous avions décidé d’être), l’autre observait et notait mentalement les événements, de telle sorte que nous essayons de démonter son processus de devin du Sahara.
    Ses questions étaient simples, claires, mais souvent ambigües et on ne savait pas bien auquel de nous deux elle s’adressait, ce qui lui permettait de voir les réactions des deux et de rectifier s’il y avait erreur sur l’un des deux seulement. On ne savait pas toujours si c’était une question ou une affirmation, et cela lui permettait parfois d’obtenir une réponse, de rectifier si elle était dans l’erreur et de conforter son opinion, si elle avait trouvé juste.
    Notre voyante avait un don certain pour imaginer ce qui reliait les réponses à des questions, puis pour vérifier par petites touches si ce qu’elle devinait était exact ou non.
    Peu à peu elle a restitué ainsi quelques faits importants de notre vie à tous deux, pas de notre vraie vie, mais de celle que nous avions imaginée et pour laquelle nous jouions la comédie.
    Elle nous a aussi restitué quelques traits de nos caractères, en termes simples, (pas ceux des psys qu’elle ignorait sûrement), et là c’était plus complexe car il est difficile de jouer tout à fait le rôle d’un autre et donc, ce qu’elle nous a dit était un mélange des personnalités fictives que nous nous efforcions de jouer, et de la réalité. Certes ce n'était pas une étude approfondie de personnalité, mais quelques grands traits.
    Elle s’appuyait aussi sur ce qu’elle voyait et ses opinions transparaissaient parfois. Ainsi elle a longuement parlé des mérites de ma collaboratrice, car pour elle, dans son contexte, imaginer une femme ingénieur, qui commande des hommes techniciens et ouvriers pour leur travail, était quelque chose d’extraordinaire, de presque inconcevable, dans son monde à elle.
    Bien entendu elle nous a prédit notre avenir. Nous avions fait exprès de venir, la main dans la main, et d’avoir l’air très affectueux l’un pour l’autre.
Alors elle nous a dit que notre amour était grand et durable, et elle a essayé de combler nos “désirs fictifs”, en nous disant que nous allions nous marier, et que nous aurions trois enfants, deux garçons et une fille qui feraient notre joie.

   
Finalement nous sommes partis admiratifs, qu’une personne aussi peu instruite, aussi éloignée de notre monde, ait su, avec autant d’habileté et de psychologie, déduire, de nos réponses notre passé et des éléments de nos personnalités, même si ce n'étaient que ceux que nous nous étions inventés.
    Certes ce n’étaient pas la vérité, puisque nous avions joué la comédie, et nous en étions presque honteux, mais cela nous avait permis de démonter les mécanismes que notre pythie Touareg utilisait.
    Au fond nous avions reçu une formidable leçon d'écoute, de déduction et de communication.

Jeudi 24 novembre 2011 à 8:03

Inné et acquit

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    Aujourd’hui, je me demanderai, pourquoi les élucubrations d’un horoscope paraissent elles si vraisemblables à bon nombre de gens ?

    D’abord certaines prédictions se réalisent : je rappellerai l’histoire de Raymond Devos, qui a lu dans son horoscope qu’il devait avoir un accident de voiture et qui, rentrant de son travail, arrive près de chez lui sans le moindre accrochage. Alors il prend le journal sur le siège à coté de lui, pour v
érifier qu’il ne s’est pas trompé, quitte le route des yeux... et rentre dans la voiture devant lui qui avait freiné un peu fort. !
    Il demande au conducteur de cette voiture quelle est sa date de naissance, regarde son horoscope et lui dit “votre horoscope ne prévoit pas pour vous d’accident aujourd’hui, vous êtes en tort, monsieur !”
    Beaucoup de choses nous arrivent parce qu’on en est persuadé et qu’on fait tout, inconsciemment pour qu’elles se réalisent !

    Mais l’explication de la vraisemblance des bons horoscope réside ailleurs.

    Le chercheur américain Geoffrey Dean a identifié une trentaine de raisons psychologiques, dont la principale était l’effet Barnum! J’avais fait, il y a longtemps un article sur cet effet et sur la graphologie
    Cet effet tire son nom de Phileas Barnum (1810-1891), qui était directeur d’un cirque, et qui disait que ce qui faisait le succès de ses spectacles était “qu’il y mettait un peu de ce que chacun des spectateurs espérait  y trouver”.

    En 1948, le psychologue californien Bertram Forer a étudié cet effet pour la première fois. et a demandé à ses étudiants de remplir un test de personnalité , en leur disant qu’ils leur en donnerait une analyse. Mais, au lieu de l'analyse personnelle annoncée, il a donné le même texte à tous les participants, qu'il avait assemblé a partir d'horoscopes trouvés dans les journaux.
    Les étudiants devaient alors juger de la conformité de l'analyse les concernant en lui attribuant une note entre 0 (ne me correspond pas du tout) et 5 (me convient parfaitement). La moyenne des notes rassemblées fut égale à 4,2.        
    Par la suite, le test a été répété avec d'autres sujets et par beaucoup d'autres chercheurs avec des textes préparés selon certaines règles. Des affirmations vagues, générales et ambigues, telles que ”Vous avez tendance à trop critiquer” ou “Parfois vous doutez sérieusement d'avoir pris la bonne décision” font la quasi-unanimité : 97 % des sujets sont d'accord avec de telles “analyses”. !    
    D’après Forer, et d'autres scientifiques, les personnes sont d'autant plus d'accord avec les propositions de ce type qu'elles croient en l'astrologie, que les descriptions sont positives, et que leur date de naissance a été prise en compte - même si elles sont conscientes que les propositions sont formulées de façon très générale.
    Le psychologue viennois Andreas Hergovich conclut de ces expériences, que nous sommes capables d'appliquer les propositions Barnum à n'importe quel événement ou n'importe quelle caractéristique nous concernant, et que nous pouvons même accepter des propositions contradictoires. Ainsi, nous serions capables de considérer que n'importe quel horoscope s'applique à nous personnellement.

    Un autre mécanisme impliqué est nommé “pseudo-individualisation”.
    En 1973, le psychologue américain Rick Snyder, de I'Université du Kansas, avait donné des textes astrologiques identiques supposés décrire leur caractère à trois groupes de sujets.
    Il avait expliqué, au premier groupe qu'il s'agissait d'une description générale de la personnalité, qui pourrait s'appliquer à tout le monde, au deuxième groupe, que le texte était fondé sur une description de personnalité en fonction de l'année et du mois de naissance, et aux sujets du troisième groupe qu'il s'agissait d'un horoscope établi pour chaque individu à partir de sa date de naissance.
    Bien que les participants aient tous reçu le même texte, (sans le savoir), ils ont émis des jugements différents : le premier groupe a jugé le texte ni partículièrement juste ni particulièrement faux; le troisième a considéré que les propositions étaient en bon, voire très bon, accord avec leur cas personnel; l'évaluation faite par le deuxième groupe était intermédiaire.    
    Cela signifie que plus un horoscope est présenté comme étant “pseudo-individualisé”, plus l'impression qu'il est exact est marquée.

    Un troisième phénomène qui rend les horoscopes convaincants pour le lecteur est “l'erreur d'attribution”. Les psychologues nomment ainsi la tendance à chercher les causes d'un comportement dans les caractéristiques stables d'une personne plutót que dans les conditions changeantes de l'environnement.        
    L’astrologie a tendance à penser qu'une personne se comporte de façon plutôt réservée, plutôt obstinée ou plutôt émotionnelle, selon qu'elle est née sous le signe du poisson, du taureau ou du cancer. Cependant, si un taureau se comporte de façon obstinée dans une situation particulière, un partisan de l'astrologie aura tendance à attribuer la cause au signe du zodiaque, sans penser que beaucoup d'autres personnes auraient réagi de la même façon dans la même situation, quelle que soit leur date de naissance.
    Nous avons tendance a trouver ce qui répond à nos attentes ou à nos convictions. Les partisans de I'astrologie ne retiennent souvent que ce qui confirme leurs attentes, oubliant le reste.

    Pour vous faire sourire, 200 volontaires avaient été recrutés par une petite annonce, pour participer à une émission de télévision traitant d’un “projet de recherche en astrologie”.
    On leur avait distribué, sans qu’il le sachent un même horoscope, en leur disant qu’il avait été établi spécifiquement pour eux et les 3:4 des personnes ont trouvé qu’il décrivait très bien leur personnalité.
   
Or cet horoscope avait été établi par un astrologue pour Friedrich Haarmann, un tueur en série allemand, qui avait assassiné 24 personnes !!.
    Le nombre d'éléments d'interprétation dans un horoscope complexe est tellement grand qu'on peut finalement trouver n 'importe quel trait de caractère dans n'importe quel horoscope.

    Demain je vous parlerai d’une expérience personnelle que j’ai faite, mais qui sort de la routine de notre vie de citadin.


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Mercredi 23 novembre 2011 à 8:19

Inné et acquit

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    Je suis toujours étonné par le nombre de mes correspondantes, même dans les classes dites scientifiques, qui soient croient en les prédictions diverses d’avenir, soit, du moins lisent, sans doute sans y croire vraiment,  l’horoscope que publient de nombreux journaux.
    Quelques unes ont même été voir des voyants en tous genre et m’ont raconté leurs séances.
    Je connais même un psy qui envoyait ses patients consulter un marabout, mais je n’ai jamais su quelle était son intention véritable.


    Voyons aujourd’hui : que sait on sur l’astrologie.?
    Pourquoi y aurait-il une connexion entre les positions des astres ou des planètes et le caractère ou l’avenir de personnes ? Même les astrologues ne sont pas d'accord entre eux sur le sujet.
    Historiquement, iI s'agissait de I'expression de la volonté des dieux et des démons. Mais cette approche a perdu sa crédibilité, quand, il y a quelque 2500 ans, nos ancêtres ont appris à calculer les trajectoires des planètes.sur plusieurs siècles et que Képler a expliqué les lois de leurs mouvement, au début du 17ème siècle.
    On a alors proposé I'existence d'influences physiques sur nos vies, un peu comme l’attraction de la lune en a sur les marées. Mais cette théorie est apparue de plus en plus improbable à mesure du développement des sciences. 
    Les astrologues ont alors admis qu’il n'y avait pas des influences des astres, mais bien des “analogies symboliques” - c’est à dire que quelque chose se passe de façon analogue “en haut” (dans le firmament) et "en bas", sur terre , parce qu’une certaine “qualité du temps” règne partout. De nombreuses études ont montré que de telles connexions n'existent pas et la relativité d’Einstein a porté un coup définitif à ces théories fumeuses.
    Alors, les astrologues ont fait appel au contenu “archétypique” des systèmes de symboles en tant que produit de I'histoire culturelle humaine.     Interprétation curieuse des théories de Jung sur l’inconscient collectif : il a dû se retourner dans sa tombe, lui qui s’indignait de ce que “L'astrologie moderne se rapproche de plus en plus de la psychologie et frappe déja cIairement aux portes des universités” ! 
    J’ai rencontré un chercheur qui faisait des études sur les horoscopes et je vous dirais demain ce qu’il pensait. de leur vraisemblance.

    Mais voyons avant ce qu’est un horoscope pour ceux qui y croient (ou font semblant d’y croire, mais veulent paraître sérieux aux yeux de leurs clients), car j’ai connu aussi un informaticien qui a fait fortune en inventant un logiciel de calcul d’horoscope..
    Comment fabriquer un horoscope et comment travaillent les astrologues du 21ème siècle ?
    Tout d'abord, ils entrent les dates de naissance d'une personne dans un ordinateur qui calcule alors une configuration compliquée de différents symboles mythologiques, qui sont la base d’un horoscope. Cette configuration repose sur une projection assez peu conventionnelle sur une feuille de papier, des positions des planètes dans le ciel. Les corps célestes eux-mêmes, leurs attractions ou leurs distances ne sont pas intéressants pour les astrologues. La plupart d'entre eux ne sont pas capables de reconnaitre ne serait-ce que les constellations les plus importantes dans le ciel nocturne, parce que le monde symbolique des astrologues n'a presque rien en commun avec l’univers étudié par les astronomes.
    Le métier d'un astrologue consiste à “interpréter” I'horoscope : il doit combiner le contenu des symboles, parmi lesquels au moins 9 planètes, 12 signes du zodiaque, 12”maisons” (des champs symboliques, dont un plus influent, qui s'appelle I'ascendant), de nombreux “aspects” (des relations d'angle entre les symboles), si bien qu'émerge d'une façon ou d'une autre, une image qui semble sensée.
    II n'existe pas de système d'interprétation unique, reconnu par tous les astrologues - iI faut plutôt utiliser son “intuition”. En tous les cas, différents astrologues arrivent souvent a des propositions très différentes en partant de la même date de naissance et , chose curieuse, ils n’essaient jamais de prédire leur propre vie !

    Mais peut on savoir l’influence de la date de naissance sur un horoscope ou sur votre avenir ?
    Pour le tester, les chercheurs ont systématiquement comparé des horoscopes fondés sur de vraies dates de naissance et sur des fausses.
    Si les deux conduisent à des phénomènes et  des expériences de la même intensité et aussi fréquentes, alors ces expériences ne peuvent pas être liées a la date de naissance ni à la position des étoiles et des planètes. C'est exactement ce qu'ont montré de nombreuses études, portant sur des milliers de sujets.
    L’une d’entre elles, menée par Edgar Wunder, à l’université d’Heidelberg, est amusante, car, bien que les astrologues aient eu la possibilité de demander aux sujets tout ce qu'iIs voulaient - à I'exception de leur date de naissance -, iIs ont été incapables de décider laquelle, parmi deux dates de naissance possibles, était celle des personnes interrogées. De même, les sujets n'étaient pas capables de déterminer laquelle de deux analyses astrologiques avait été établie pour leur propre date de naissance.
    D'autres études, dont certaines réalisées par les astrologues eux-mêmes, confirment ces résultats.
    G. Dean, qui a abandonné son activité d'astrologue à cause de ces résultats décevants, et  a comparé plus de 50 études de ce type, a conclu que ses anciens collègues ne sont pas capables d'associer un horoscope établi sur la base de la date de naissance à un profil de personnalité ou à une histoire mieux que ne le ferait un tirage au sort.
    Malgré cela, iI semble plutôt que la psychologie académique frappe aux portes de I'astrologie et je suis scandalisé quand je vois certains recruteurs dans de grandes sociétés, trier certains candidats à partir de données d’astrologie ou de numérologie. La bêtise humaine n’a pas de limite, même chez les gens dits intelligents.

Samedi 15 octobre 2011 à 8:39

Inné et acquit

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Je vous ai plusieurs fois parlé de la faible différence entre le cerveau des femmes et celui des hommes.

A l’origine, certes les gènes interviennent dans la formation du cerveau, de même que le hasard pour les jonctions terminales entre neurones, de telle sorte qu’aucun cerveau n’est pareil à l’origine, pas même celui de jumeaux, mais cela aussi bien pour les deux sexes, `

Comme je vous l’avais dit, les filles sont mûres plus tôt, car leur cerveau préfrontal arrive plus vite à son état définitif, et à l’adolescence, elles sont plus douées pour l’écriture et la communication, tandis que les garçons sont plus forts en représentation de l’espace, car les hémisphères et leur communication (le corps calleux), se développent un peu différemment dans le temps.
 

Lise Eliot, (photo ci dessus à droite), diplômée de Harvard et docteur de l'université Columbia, est maître de conférences en neurosciences à l'université Rosalind Franklin de Chicago, a écrit un livre intéressant à ce sujet : “cerveau rose, cerveau bleu, les neurones ont ils un sexe?.”.

Elle montre que si une fille et un garçon montrent rapidement des “fonctionnement cérébraux” différents, c’est que leurs cerveau sont fortement influencés par toutes sortes de facteurs, notamment culturels et éducatifs.

Notre cerveau est adaptable et malléable et cette neuroplasticité est maximale à l’enfance, quand le cerveau est “tout neuf”  et que nos centres d’apprentissages vont peu à peu renforcer les connexions entre neurones qui nous sont le plus utiles.

Lise Eliot montre comment de minuscules différences observables entre garçons et filles à la naissance peuvent s'amplifier au fil du temps et tout particulièrement sous l'influence des parents, des enseignants, des camarades, et du système culturel au sens large. Ces derniers renforçant involontairement les stéréotypes sociaux relatifs à l'identité sexuelle, et les enfants eux-mêmes peuvent d'ailleurs exacerber ces différences à leur manière 

Avec ces réflexions sur les influences réciproques entre biologie et culture, Lise Eliot invite ainsi chacun à s'interroger tout en livrant une foule de bonnes idées. Pour éduquer ses enfants, si on est parent ; pour aider ses élèves, si on est enseignant ; voire pour mieux se comprendre soi-même !


Lise Eliot parle d’abord des différences lors de la formation de l’enfant.

Le processus de différenciation sexuelle ne commence que vers le 40ème ou 50ème jour de la grossesse, mais il n'apparaît pas clairement à l'échographie au plus tôt avant la fin du troisième mois. Et la différenciation des cerveaux est encore plus lente.

La première poussée de testostérone l’hormone stéroïde mâle) démarre six semaines après la conception, pour se terminer avant la fin du second trimestre. Ensuite, et jusqu'au moment de la naissance, le niveau de testostérone des garçons n'est guère différent de celui des filles. Comme vous le savez sans doute, c’est la génétique qui détermine le sexe (deux chromosomes différents X et Y pour les garçons et deux chromosomes X pour les filles.)

Et les foetus mâles se développent plus vite que les foetus femelles.

Les embryons mâles ont un métabolisme plus élevé, qui accélère le début de leur croissance et la multiplication des cellules. L'évolution semble avoir favorisé cette croissance plus rapide afin que les embryons mâles passent la période critique de la différenciation testiculaire avant que les œstrogènes de leur mère, dont les niveaux augmentent régulièrement au début de la grossesse, ne perturbent le développement de leur appareil uro-génital. 

Les garçons ont donc à la naissance des cerveaux plus gros, mais ne sont pas plus intelligents pour cela !!


Jusqu’à deux ans il y a peu de différences entre garçons et filles.

Paradoxalement les garçons sont plus fragiles et risquent davantage que les filles de succomber à un nombre impressionnant de problèmes physiques et mentaux, le taux de mortalité infantile global, aux Etats-Unis, étant de 22% plus élevé chez les garçons que chez les filles.

Les bébés filles devancent les garçons par le nombre de gestes qu'elles produisent. En moyenne, elles commencent quelques semaines avant eux à pointer du doigt, à saluer de la main et à lever les bras vers les adultes pour être soulevées, mais jusqu’à un an, garçons et filles s’intéressent aux mêmes jouets.

Puis ils ont tendance à imiter leurs parents, et la fille va bercer une poupée et pousser un landau, jouer avec une casserole ou un nécessaire à maquillage, tandis que le garçon préfèrera faire semblant de lire un journal ou de conduire une voiture ou jouera avec des outils de bricolage. 


Les écarts entre garçons et filles se creusent énormément entre 2 et 6 ans ( à partir du moment où ils parlent couramment ), et certains sont plus marqués à cette période qu'à aucun autre moment de la vie. Les coupables ne sont pas les hormones, mais le fait que le développement des cerveaux masculins et féminins n’est probablement pas tout à fait sensible aux mêmes facteurs et que donc l’environnement accroit la différence.

Les garçons, plus actifs, sont peut-être davantage séduits par les objets mobiles qu'ils peuvent manipuler et contrôler en utilisant leur corps. Les filles trouvent peut-être les poupées plus plaisantes parce qu'elles ont davantage propension à nouer des liens avec les personnes de leur entourage, voire, parce qu'elles ont une attitude véritablement instinctive pour les bébés 

Mais en fait, ce sont surtout les comportements des parents à la maison et le choix des jouets pour leurs enfants qui sont prépondérants. Et l’on peut parfaitement habituer une fille à jouer avec des jouets de garçons (et vice-versa).


Une caractéristique peu connue résulte des études de Lise Eliot sur les enfants américains : les garçons seraient plutôt plus émotifs que les filles: les nouveau-nés sont plus irritables, ils pleurent plus tôt s'ils ont un problème et ils sont moins faciles à consoler que les nouveau-nées. Les choses s'égalisent assez vite, mais, les jeunes garçon manifestent beaucoup leurs émotions

Mais le phénomène s’inverse vers 4/5 ans et si les garçons éprouvent sûrement les mêmes émotions que les filles, ils apprennent cependant bien vite à ne pas les montrer. 

Les hommes adultes manifestent effectivement moins d'expressions faciales, ils pleurent moins et, de manière générale, ils dissimulent leurs sentiments davantage que les femmes. Leurs réactions sont essentiellement internes: dans les situations émotionnellement troublantes, ils connaissent de plus fortes accélérations de leur rythme cardiaque, de plus fortes élévations de leur pression artérielle et davantage de suées que les femmes. Mais leurs émotions, même si elles sont moins visibles en surface, sont tout aussi puissantes que celles des femmes.


Ce qui m’inquiète plutôt, au vu de ces connaissances, c’est l’influence des médias et de certains parents sur le développement des filles et des enfants, la mode “princesse” et les toutes jeunes ados qui se prennent pour des artistes ou des mannequins au lieu de profiter de leur enfance.

Mais j’ai connu aussi des ados très perturbés car leurs parents qui regrettaient de ne pas avoir eu un enfant du sexe opposé, l’élevaient selon ce désir et contre les souhaits de l’enfant, qui évidemment se comparait à ses camarades d’école.

Je crois que la plupart des parents sous-estiment l’influence qu’ils ont sur le développement de leur enfant (voir aussi mes articles sur l’intelligence).


Samedi 27 août 2011 à 8:35

Inné et acquit

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    Je vous ai souvent dit qu’un des problèmes des jeunes était leur difficulté à évaluer les risques de leurs actes, ce qui conduisait à beaucoup d’imprudences.
    En effet c’est le cortex préfrontal qui exécute cette tâche et il n’est pas complètement connecté jusqu’à un âge “avancé” (20 à 25 ans). Par ailleurs il se réfère à des situations passées et l’expérience ne vient qu’avec l’âge.


    Par ailleurs je vous ai aussi expliqué l’une des préférences cérébrales, qui nous amenait à privilégier l’information (on dit que la personne a une préférence “P” comme “Perception”, ou à préférer la décision et on dit qu’elle est “J” comme “Jugement”.
    La personne "J" veut avoir barre sur les événements et prévoit ce qui va se passer et ce qu’elle devra faire (et parfois se trompe par manque d’adaptabilité), et le personne "P" s’adapte au dernier moment ( et parfois ne es décide jamais et remet toujours au lendemain ce qu’elle pourrait faire immédiatement).
    Il est certain qu’une personne J prévoiera mieux les conséquences de ses actes qu’une personne P.

    Mais j’ai trouvé dans un article récent une explication complémentaire quant à la capacité d’apprentissage et son lien avec des gènes.
    En effet quand un enfant, malgré ce qu’on lui a dit, touche un objet trop chaud et se brûle, il retient en général que c’est dangereux de mettre ses doigts sur de tels objets, dont la chaleur se perçoit à distance avant le contact
    II a appris grâce à son erreur, mais cette capacité d'apprentissage des erreurs serait génétiquement déterminée, et inégalement répartie entre les individus.
    Dans une expérience réalisée el l'lnstitut Max Planck de Leipzig, des volontaires voyaient se succéder sur un écran des paires de signes chinois incomprélensibles, et devaient en sélectionner un sur les deux.
    Certains signes apportaient des récompenses et d'autres; des pénalités. Peu à peu, la plupart des joueurs apprennent à éviter les signes associés à des sanctions, mais certains y parviennent moins bien que d’autres. L'analyse génétique révèle que ces “mauvais élèves” ont une forme bien particulière du gene codant ‘un des récepteurs de la dopamine.
    Sur les 26 personnes testées dans cette expérience, 14 avaient une forme du gène qui rend plus difficile I'apprentissage par essai et erreurs, et 12 ont une forme qui facilite cet apprentissage. Le gène incriminé assure la production, par le cerveau, d'une protéine qui conditionne l’action de la dopamine et tapisse la paroi des synapses de certains neurones, au sein desquels elle assure le transfert de I'information nerveuse. Elle est synthétisée en moindre concentration chez les “mauvais éleves”, si bien que le circuit neuronal qui permet d'ajuster ses choix en fonction des expériences passées (le cortex frontal postéro-médian et les ganglions de la base) s'active moins.
    D’autres études ont montré que la version désavantageuse du gène serait en outre responsable de conduites addictives, tel l'alcoolisme ou la consommadon de drogues. Dans ce cas, elle empêcherait ceux qui en sont dotés de prendre conscience des conséquences néfastes de leurs actes.

    Cela dit, même quand on ne fait que ça, prévoir les conséquences de nos actes, parfois notre hypocrisie et notre égoïsme nous aveuglent, et on ne pense qu'à notre intérêt, et on néglige l'autre!!!

Lundi 23 mai 2011 à 8:09

Inné et acquit

  A la suite de mes articles sur Ben Laden et sur le bien et le mal, j’ai évidemment eu un certain nombre de mails qui m’ont demandé si, à mon avis l’homme était naturellement bon ou mauvais.
    C’est un sujet de dissertation bateau que beaucoup d’entre vous ont sûrement eu et que j’ai traité aussi dans mon enfance.
    Rappelez vous, en première où Jean Jacques Rousseau se faisait le chantre de la bonté innée de l’homme.
    Et en philo, Kant qui affirmait que l’homme était un “animal” comme les autres, avec ses instincts, et qu’il ne devenait un être moral que lorsque sa raison s'élevait jusqu'aux concepts du devoir et de la loi", ce qui signifie que l'homme peut devenir moral grâce aux sociétés qu'il a  mises en place et aux cultures qu'elles partagent.

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    Il y a ceux qui croient que l’homme est naturellement bon et que le système le pervertit, et ceux qui croient que l’homme est naturellement mauvais et que le système, notamment éducatif,  doit le recadrer.
    Rassurez vous, je ne vais pas me lancer dans la philosophie; certaines de mes correspondantes sont plus douées que moi à ce sujet.
    Je vais vous faire part de certains résultats de recherches de biologistes concernant l’altruisme et le dévouement vis à vis d’autrui.



    Tania Singer et ses collègues de l'Université de Zurich, ont demandé à des supporters de football d’observer un supporter de la même équipe, ou de l'équipe adverse, en train de recevoir une décharge électrique. Les supporters avaient la possibilité d'aider la personne souffrante en déviant une partie de la décharge sur eux-mêmes, ou bien de ne rien faire et, dans ce cas, ils pouvaient soit regarder ailleurs, soit observer la scène.
    La plupart des supporters compatissaient avec une personne arborant les couleurs de la même équipe et prenaient sur eux une partie de sa douleur physique, mais préféraient regarder souffrir une personne soutenant l'équipe adverse

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    Dans leur cerveau, deux zones très différentes s'activaient :
        -dans la situation de compassion, le cortex insulaire antérieur du cerveau émotionnel ;
        - dans la situation de cruauté, c'était le noyau accumbens, généralement impliqué dans les sensations de plaisir.
    La “zone de la cruauté” (le noyau accumbens) est un générateur de plaisir, activé aussi bien par la nourriture que par l'alcool, les drogues ou le sexe.
    Son implication dans des situations analogues à celle de l’expérimentation laisse penser que la cruauté à l'égard des groupes externes est un comportement profondément ancré. Elle aurait rempli une fonction de survie au cours de l’évolution.
    Le psychologue turc Muzafer Sherif a observé, dans les années 1960, que des individus normaux placés en situation de pénurie formaient rapide- ment des groupes antagonistes qui s'affrontaient pour l'accès aux ressources.
    La sélection naturelle aurait ainsi privilégié la capacité d'aider et celle de tuer.


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L’existence de structures cérébrales différentes, dédiées à des manifestations d'altruisme envers les personnes affichant la même appartenance identitaire que lui, et d'hostilité vis-à-vis des membres de groupes externes,suggère que l'être humain est double vis-à-vis des thématiques altruistes. Il n'est ni bon ni mauvais, mais exprime ses tendances compassionnelles ou cruelles selon l'identité de la victime.
    Mais pour expliquer l'existence de sentiments universels d'altruisme, non cantonnés à des groupes d'appartenance il ne faut plus se référer à la théorie de l'évolution, mais à l'influence des cultures.


   
Ce n'est pas l'homme qui est bon ou mauvais, mais les messages culturels qu'il produit collectivement et qui agissent en retour sur lui, dans l’un ou l’autre sens.

Au fond les biologistes donnent plutôt raison à Kant !


Nota : vous remarquerez que sur les images ce sont toujours les filles qui sont les anges et les garçons les démons : je proteste vivement auprès de l'Eternel et je lui demande l'égalité des sexes, et des quotas d'admission dans la cohorte des anges, avec une discrimination positive provisoire pour réparer cette injustice!!

Vendredi 11 mars 2011 à 8:17

Inné et acquit

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    Une étude d’un chercheur de l’université de Binghampton en Grande-Bretagne , J Garcia, est récemment paru dans Plos ONE, sur le lien entre un gène codant un récepteur de la dopamine dans le cerveau et l’infidélité ou la fidélité conjugale.
    J’avoue avoir été surpris par le titre et je suis donc allé lire l’article.
   
    Je vous ai souvent parlé des centres d’apprentissage et de récompense du cerveau, dont les neurones utilisent la dopamine comme neurotransmetteur.
    Chaque fois que nous accomplissons une action qui nous semble bénéfique ou nous donne du plaisir, des récepteurs de dopamine nous donnent une impression de satisfaction.
    Or ces récepteurs sont sous l’influence d’un gêne dont il existe deux formes différentes allèles (qui occupent le même emplacement dans l’ADN, mais diffèrent par quelques nucléotypes - les séquences de bases puriques), l'une longue et l'autre courte.

    Les chercheurs ont recueilli des données en questionnant 63 hommes et 118 femmes sur leur vie sexuelle, ainsi que des échantillons de leur ADN.
    Ils ont établi que les détenteurs de la variante longue du gène sont deux fois plus nombreux à avoir eu des expériences sexuelles courtese (relation d'une nuit] que les porteurs de la variante courte.
    Cela voudrait il dire qu'il existe des tempéraments fidèles et d'autres infidèles et que nous sommes programmés pour la fidélité conjugale ou pour la tromperie ?
    Il y aurait donc des constituants biologiques du penchant fidèle ou infidèle et ces gènes constitueraient une prédisposition à partir de laquelle peuvent s'exercer le choix de l'individu et l'influence de la société.

    En fait le comportement sexuel humain est très variable à l'intérieur et entre les populations et on peut donc chercher à vérifier l’influence de cette différence génétique par rapport aux dispositions légales ou morales réprimant ou tolérant l'infidélité dont les sociétés se dotent et qui peubent aussi jouer le rôle d'un filtre de sélection génétique.
    On peut faire l’hypothèse que, dans les sociétés qui tolèrent l'infidélité, la variante longue du gène se propage plus facilement, car ses porteurs trouvent des partenaires et se reproduisent ; et que, dans les sociétés réprimant l'infidélité, c'est la variante courte qui est  au contraire sélectionnée et devrait être plus répandue.
    C'est ce qui est observé, d'une part, chez les Indiens Yanomamô d'Amérique du Sud qui tolèrent la promiscuité sexuelle et où s'observe une majorité de variantes longues et, d'autre part, chez les Kung d'Afrique du Sud où la tromperie est découragée, et où la variante courte est majoritaire.

    Où est la cause, et où est l'effet ?
    La donnée biologique génétique rétroagit probablement sur les lois sociales, si bien que les influences réciproques entre gènes et société ne peuvent plus vraiment être séparées.
    La morale est donc sauve, puisqu’elle garde une certaine influence et ne cherchez donc pas, vis à vis de votre partenaire, une excuse génétique à vos éventuelles turpitudes lol

Dimanche 20 février 2011 à 8:17

Inné et acquit

    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/salegueule.jpg


    Il est connu qu’aux USA on condamnait plus facilement un noir qu’un blanc.
    Mais en France, combien de fois nous dit on que les policiers contrôlent davantage des noirs ou des personnes ayant une apparence maghrébine, que des blancs et cela s’appelle “le délit de sale gueule”.
    C’est évidemment imputable au racisme de certains et au fait que, les populations d’origine étrangère ayant une vie plus difficile parce qu’ayant des difficultés financières, certains de leurs membres commettent des délits et nous avons tendance à généraliser abusivement à tous leurs compatriotes, même s’ils sont devenus français.
    Mais j’ai lu récemment une étude qui montre que notre cerveau n'a pas des réactions très objectives dans ce domaine.

    Nous nous fions souvent à notre première impression pour nous faire une opinion sur une personne que nous voyons pour la première fois : “dès le début, je l'ai trouvé sympathique” ...  “Au premier contact, j'ai su que cela ne marcherait jamais entre nous”....    
    Tant mieux si le contact est bon, mais attention aux conséquences si la tête de l'autre ne vous revient pas !
    Ces réactions seraient dues à un système de détection cérébral qui détermine, en quelques fractions de seconde, notre sentiment de sympathie à l'égard d'une personne.
    En un dixième de seconde, il évalue jusqu'à cinq impressions sur notre interlocuteur... pour ne plus en démordre.

    Janine Willis et Alexander Todorov, de l'Université de Princeton, ont montré à des volontaires des visages de plusieurs personnes, pendant un dixième de seconde. Pour chacune de ces photographies, ils leur ont demandé d'indiquer si, selon eux, les personnes étaient dignes de confiance, compétentes professionnellement, aimables, agressives ou attirantes physiquement. Les volontaires ont attribué une note à chacun de ces critères.
    Puis on leur a laissé réviser éventuellement leur jugement en observant les photos aussi longtemps qu'ils le souhaitaient.et on leur a redemandé leur opinion.
    On n'a constaté que des différences minimes entre la notation instantanée et la notation “réfléchie”. Le trait “digne de confiance”», notamment, ne subissait aucune variation.

    J’avoue que ce manque d’objectivité m’a choqué et comme je vais souvent à Paris et passe de nombreuses minutes dans le RER, j’ai essayé de faire des expérience sur mes voisins de banquette en face de moi, en évaluant en quelques secondes ces caractéristiques relatives à leur personnalité, et en les observant ensuite et en révisant mon jugement.
    Je confirme que j’ai rarement changé d’avis.
    Alors évidemment il me manque la confirmation, savoir ce qu’étaient réellement ces personnes et si je m’étais trompé.
    Mais je ne comprends pas comment notre avis pourrait être fiable en si peu de temps et cela m'inquiète !.
    Alors, décidément, nous jugeons tous, les gens sur leur mine !!

Lundi 12 octobre 2009 à 9:25

Inné et acquit

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Dessins copiés sur internet et crées par Pierre Botherel, illustrateur à Nantes
http://www.pierrebotherel.fr




    Cela m’arrive souvent d’aider une de mes correspondantes dans un lycée a faire un devoir de maths, de physique-chimie ou de philo. Quelquefois aussi après le bac, mais là mes études sont un peu anciennes et j’ai davantage de difficultés ! lol
   

    Et souvent l’une d’elle me dit “Les filles ne sont pas douées en maths !” , ce qui est parfaitement ridicule.

    D’abord
, à l’origine, personne n’est plus ou moins doué en maths, pas plus une fille qu’un garçon.
    Selon nos préférences cérébrales innées nous avons un mode de décision logique ou bien qui procède à partir des valeurs, des goûts. Les personnes ayant un cortex frontal prépondérant sur le cerveau émotionnel lorsqu’il fait un choix, et donc une préférence pour les raisonnements logiques, apprendra plus facilement certaines parties des mathématiques.
    De même quelqu’un qui a une meilleure représentation spatiale se représentera plus facilement les figures géométriques.
    Une personne dont les préférences de perceptions seront plutôt sensorielles et factorielles sera moins rebutée et plus précise dans les calculs longs d’algèbre, alors que la personne globale et imaginative résoudra plus facilement les problèmes de géométrie ou ceux pour lesquels il faut “créer”.
    Mais ce ne sont que des préférences innées de départ et l’éducation, l’instruction et l’expérience de la vie ont une grande influence sur le développement de nos préférences cérébrales, de même que notre capacité mémorielle, que nous pouvons grandement développer est une part importante de l’intelligence.
    C’est une question de travail et d’entraînement.

    C’est vrai que le cerveau se développe un peu différemment chez les filles et chez les garçons dans l’enfance et l’adolescence.
    Au départ l’hémisphère gauche se développe plus vite chez les filles qui s’expriment mieux en moyenne que les garçons, dont l’hémisphère droit est plus efficace en moyenne, pour les représentation spatiales. Mais les différences sont très atténuées à l’entrée au lycée et diparaissent complètement à l’âge adulte.
    La formation du cerveau de chacun est beaucoup plus dépendante de l’entraînement et du travail fourni notamment avant 25 ans environ, et du vécu de toute la vie, que des “dons innés”.
    Et les filles qui travaillent plus que les garçons en maths, sont plus “doués” qu’eux dans cette matière !
    J’ai eu presque autant de collaboratrices ingénieurs femems que d’hommes et elles étaient aussi efficaces et performantes. C’était le plus souvent le plus travailleur qui était le meilleur !
    Je vous ai dit un jour dans un article que j’avais une “petite fille virtuelle”  que je connais depuis le déburt de mes blogs, qui était aussi forte en sciences qu’en lettres, qui a réussi son bac avec plus de 18 de moyenne et qui vient d’être reçue brillamment à l’Ecole Normale supérieure de la rue d’Ulm et à l’X. Mais pour arriver à cela elle a abattu une quantité énorme de travail. Il n’y a pas de miracle.
    Et si elle est très intelligente, elle le doit plus à son travail qu’à ses dons innés et sans ce travail, je suis sûr qu’elle n’aurait eu que des résultats médiocres.
    Pour réussir en maths comme dans la vie, bien sûr il faut une part de chance, celle notamment d’avoir des parents ou un contexte qui vous permette de faire des étude, mais la motivation, la volonté et le travail sont beucoup plus efficaces que les dons innés.

    Pour en revenir à la légende de la  “bosse des maths”, j'avais lu un article assez curieux sur des études faites par une psychologue de l'Université de San Francisco, Talia Ben-Zeev, qui s’élevait contre l’idée que les carrières scientifiques sont dominées par les garçons, et qu'il est notablement plus difficile à une fille d'y réussir, idée reçue, mais plus dangereuse qu'il n'y paraît car ce stéréotype s'auto-entretient en complexant les filles, et il les inhibe et les conduit effectivement à moins bien réussir.

    Il y a quelques années, T. Ben-Zeev avait réalisé une expérience aussi simple qu'édifiante : elle avait demandé à des étudiantes de résoudre des exercices de mathématiques, d'une part, dons des classes composées exclusivement de filles et, d'autre part, dans des classes composées de filles et de garçons. Elle avait constaté que les notes étaient nettement inférieures dans le second cas.
    Aujourd'hui, elle pense avoir élucidé le mode d'action des stéréotypes. Elle a ajouté un détail à ses expériences: les jeunes filles étaient réunies avec des garçons dons une salle où étaient diffusées, (leur disait-on, mais c’était faux) des ondes ultrasonores inaudibles qui pouvaient avoir une incidence sur le rythme cardiaque et la transpiration. Curieusement, les filles ont alors obtenu de très bonnes notes.
    T. Ben-Zeev interprète ainsi cette observation  : dès qu'une fille entre dans une salle d'examen où se trouvent des garçons, sans même qu'elle en ait conscience, le stéréotype,  selon lequel les filles réussissent moins bien en mathématiques, provoque chez elle une anxiété inconsciente. Si elle pense que les garçons sont meilleurs en maths, le trac aura un impact néfaste sur sa prestation. Au contraire, si elle pense qu’elle transpire et que son cœur est accéléré à cause de l’émission d’ondes ultrasonores, le stéréotype est balayé et elle pourra réfléchir à  ses problèmes de maths librement, et révéler sa vraie valeur. C'est effectivement ce qui s'est produit.

    Suffit-il, mesdemoiselles, de diffuser de fausses ondes acoustiques dans les salles d'examen pour que vous soyez performantes en maths ?
Moi je vous conseillerai plutôt de travailler beaucoup et d’apprendre vos formules et la façon dont on s’en sert !


     C’est vrai qu’aujourd’hui, avec toutes les tentations médiatiques et multimédia, il est plus difficile de travailler. Mais internet est aussi un fabuleux outil pour trouver des renseignements tant scientifiques que littéraires

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lancien

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