Mercredi 7 octobre 2009 à 8:36

Inné et acquit

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    Chez les dindons, un mâle dominant règne généralement sur un petit groupe de trois ou quatre dindons mâles subalternes, qui lui sont entièrement dévoués. Stuart Sharp et ses collègues, de l'Université de Sheffield en Angleterre, ont découvert que ces mâles rabatteurs, suivent le mâle dominant dans tous ses déplacements et se déploient autour des femelles, qu'ils défendent contre les prédateurs. Seul le mâle dominant s'accouple avec les femelles. Eux-mêmes restent chastes toute leur vie durant, sans avoir de descendance.
Ce constat a de quoi surprendre, car ce type de comportement semble démentir la théorie de l'évolution de Darwin selon laquelle tous les animaux cherchent à se reproduire et à transmettre leurs gènes à leur descendance.

    En analysant leur patrimoine génétique, Sharp a constaté que ces soldats dévoués sont tous apparentés au chef : frères, demi-frères ou cousins.
    Ainsi, même s'ils ne transmettent pas directement leurs gènes à leur descendance, ils assurent, par dindon interposé, la transmission des gènes qu'ils ont en commun avec le dindon dominant. S'ils tentaient leurs chances seuls dans la nature, ils transmettraient une proportion plus importante de leurs gènes propres à leur descendance, mais cette dernière serait plus restreinte, car ils n'ont pas le charme d'un dominant, et aussi parce que les coalitions sont plus efficaces pour fidéliser les femelles que l’attrait d’un seul car elles sont plus sécurisantes pour les rejetons futurs et pour le harem.
    Tout bien pesé, le dominant a tellement plus d'enfants grâce à ce stratagème, que le jeu semble en valoir la chandelle, (si je puis oser cette image), mais toutefois d'un strict point de vue génétique.
    Sharp en effet n’a pas demandé leur avis à ces sympathiques bêtes. (le mâle dominant doit évidemment être content de son sort, mais les autres ?).

    Cependant au fond, ne sommes nous pas aussi les dindons de la farce. ?
Rassurez vous je n’ai pas encore vu un coureur de jupon engager des copains pour protéger ses conquêtes des autres mâles !
    Mais il y avait autrefois la cour du roi Soleil, il y a aujourd’hui tous les ministres et députés qui obéissent presque aveuglement à leur chef de parti, les bandes dans les cités, les truands qui protègent le patron et favorisent ses exactions (et pas uniquement dans les films), les hordes qui suivent un chef ou un dictateur dans les guerres civiles ou le terrorisme,  et nous tous, esclaves de la mode et de la société de consommation.
    Je crois que Darwin se retournerait dans sa tombe, s’il voyait ainsi ce que devient l’homme lorsqu’il n’est paraît il, plus une bête, mais un être intelligent et qu’il ne suit donc plus ses instincts d’animal.
    Je ne sais pas si cela va dans le sens de l’évolution, si ce n’est qu’effectivement, comme toujours, ce sont les plus faibles qui sont les dindons de la farce, quand ce ne sont pas des victimes malheureuses.



Jeudi 5 mars 2009 à 10:31

Inné et acquit

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    Je vous parlais hier des études du docteur Mealey de l’influence des soins reçus dans les premières semaines de leur vie de ratons, sur leur future sensibilité au stress de rats adultes, conditionnée par l’expression de gènes spécifiques, qui dépendait de la nature des soins prodigués par leur mère rate.
    Les ratons bien soignés étaient ultérieurement moins sensibles au stress que ceux dont la mère s’étaient peu occupé.

    Des scientifiques de l’université McGill et l'Institut Douglas (un hôpital), au Canada, ont fait une étude sur des cerveaux de 36 personnes décédées, 12 de morts naturelles, 12 suicidées qui avaient eu une enfance normale et 12 suicidées qui avaient eu des traumatismes graves dans leur enfance (maltraitance, violences diverses).
    Ils ont remarqué chez ces derniers, des modifications épigénétiques des zones de l’ADN qui contrôlent la production de cortisol par le canal hypothalamus-hypophyse-glandes surrenales dont j'ai parlé dans les articles précédents.
    Cette étude corroborerait d’autres études statistiques qui montrent que la sensibilité au stress et la probabilité de suicide sont plus grandes chez les personnes maltraitées pendant leur enfance, que chez celles qui ont eu une enfance heureuse.
    Des chercheurs de l’université de Bath en Angleterre et des chercheurs australiens ont montré par exemple que le risque de suicide était dix fois plus élevé chez des hommes qui avaient subis des violences sexuelles dans leur enfance, ce risque étant moindre, semble t'il, pour les femmes ayant subi des traumatismes analogues.
   
    Les chercheurs déduisent donc de ces études que probablement, chez l’homme comme chez le rat, le traitement reçu pendant la petite enfance peut entraîner des modifications génétiques qui augmentent la sensibilité ultérieure au stress. Ces modifications n’altèrent pas l’ADN : ce ne sont pas des mutations, mais l’expression de gènes particuliers et donc des modifications épigénétiques.
    On peut donc penser à contrario, qu'une enfance heureuse, grâce à l’attention des parents et de la famille, diminuerait ultérieurement la sensibilité au stress.

    Des études vont être faites dans ce sens par divers organismes du Canada.

    Je vous relate ici ce que j'ai pu lire sur des articles qui font état d'études scientifiques et ont donc une crédibilité certaine.
    Je me garderai d'attacher la même importance à ce que j'ai pu constater depuis presque cinq ans que je côtoie des jeunes dont certains très malheureux. Mais un nombre non négligeable de mes correspondantes qui étaient tristes et stressées et avaient manifestement des problèmes divers, qu'elles ne situaient pas toujours exactement, m'ont raconté leur enfance et les difficultés qu'elles avaient ou avaient eues avec leurs parents, et j'ai souvent constaté qu'il y avait certainement une corrélation entre ces deux situations, sans qu'effectivement je puisse en donner une explication.
    Je pense que les études du docteur Meaney m'éclairent en partie sur certains points.
    Sans doute pour l'homme, dont la formation et la vie sont beaucoup plus longues que pour des rats, la durée pendant laquelle un enfant a besoin des soins de sa famille va jusqu'à l'adolescence, et si cette tendresse lui manque, peut être des séquelles épigénétiques sont elles possibles.

Mercredi 4 mars 2009 à 8:24

Inné et acquit

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    Je vous avais dit hier que, maintenant que vous avez une idée sur ce qu’est “l’expression d’un gène”, je vous parlerai des études du docteur Meaney,  chercheur en neurobiologie à l’université McGill de Montréal, à propos d’un article qui m’avait été signalé par Maud et dont je vous parlerai demain..

    Depuis plus de dix ans, le docteur Meaney directeur du "Programme de recherche sur le comportement, les gènes et l’environnement", fait des recherches sur les rats, pour savoir quel sont les conséquences sur l’avenir de petis ratons, des soins plus ou moins tendres apportés par leur mère.
    Il a noté, en 2001 que, près de 40 ans plus tôt, des chercheurs ayant travaillé avec des rats avaient indique que l’environnement aurait des effets non seulement sur la progéniture, mais aussi sur la génération suivante1 mais ces résultats n’ont
guère suscité d’intérêt.
    Avec son équipe, il a monté que les facteurs environnementaux qui ont agi tôt dans la vie des rats influencent leur façon de réagir au stress tout le long de leur vie. En effet, si la réponse chimique du corps au stress aide à le supporter, à l’inverse un stress prolongé et cette réaction de l’organisme causent des dégâts, menant à une plus grande vulnérabilité de l’individu, voire à la maladie.
    En effet, en cas de stress, les centres amygdaliens agissent sur l’hypothalamus, dont les neurones vont envoyer des messages à l’hypophyse voisine. Cette glande va alors fabriquer une “pré-hormone”  que nous appellerons ACTH et celle ci va activer nos glandes surrénales et leur faire fabrique une hormone le “cortisol”, proche chimiquement de la cortisone.
    Le cortisol qui a de nombreuses actions sur nos divers orgenes, aide le corps à rassembler son énergie pour faire face au stress, mais présent en permanence pendant de longues durées, il a alors une action néfaste, en particulier sur les défenses immunitaires.
    Mesurer le niveau de cortisol chez les gens (ou son équivalent chez les rongeurs appelé corticostérone) permet aux chercheurs d’apprécier l’intensité des réactions du corps aux facteurs environnementaux de stress.

    Le dr. Meaney a montré que des rates qui dans les dernières étapes de leur grossesse ont été exposées à des niveaux modérés de stress ont mis bas une progéniture d’un poids notablement insuffisant, et avec des niveaux d’hormones de stress accrus lorsqu’on les comparait à la progéniture de mères non exposées au stress.
    Puis il a étudié l’effet du stress sur le comportement maternel et comment la qualité des soins de la mère influence ses petits. Les mères rates ont, dès la naissance de leurs bébés ratons des comportements instinctifs pour l’allaitement, le léchage et le toilettage. Le raton ressent cela comme de la “tendresse” et de l’attachement.
    Le docteur Meaney a comparé la progéniture adulte de mères qui avaient beaucoup léché et toiletté leurs petits à celle issue de mères qui léchaient et toilettaient peu leurs rejetons et il a découvert que la progéniturela plus léchée et toilettée avait des niveaux réduits d’ACTH et de corticostérone et donc un niveau de stress moindre.
    Il a montré que ce phénomène était la conséquence de l’expression d’un gène, et que cette activation avait lieu dans les premières semaines du raton, sous l’effet des soins de sa mère.
    Le dr. Meaney a continué à observer le comportement des ratons jusqu’à ce qu’ils deviennent adultes et se reproduisent et il aconstaté que les rats craintifs et peu léchés produisaient une « progéniture sensible au stress » : les rats stressés engendrent une proportion plus grande de rats stressés.
    Par ailleurs les rates très léchées dans leur prime enfance, ont un haut niveau de léchage et de toilettage avec leur propre progéniture, le
comportement maternel se transmettant via l’expression génétique de génération en génération.
    Le dr Meaney a ensuite soumis la deuxième et la troisième générations à un « allaitement croisé ». en confiant les bébés ratons au soin d’une autre mère durant les douze premières heures suivant leur naissance. Il a mis certains des petits ratons avec une mère qui léchait peu, d’autres avec une mère qui léchait et toilettait beaucoup, et vice versa et il a découvert que les expressions des gènes chez les petits ratons découlaient dans les deux cas de la nature des soins des parents adoptifs.

    Les rats du Docteur Meaney peuvent aider les chercheurs à mieux expliquer certains faits déjà connus concernant l’influence des soins maternels chez les humains.
    Des études ont mis en évidence que les mères dépressives sont moins positives envers leurs bébés et que les mères extrêmement anxieuses étaient plus susceptibles d’avoir des enfants timides et peureux.
    Une étude en 2000 a relié ces résultats aux réponses au stress de l’hypothalamus,  l’hypophyse et les surrénales.
    Les résultats du dr Meaney apportent une explication épigénétique à ces études, ces tests démontrant que le comportement de la mère envers sa progéniture peut “programmer” (au moins chez les rats) l’expression génétique dans la partie du cerveau qui règle les réactions au stress puis les réponses hormonales au stress, ainsi que la vulnérabilité ou la résistance aux maladies provoquées par le stress à l’âge adulte.

    Demain je vous parlerai d’une autre étude signalée par Maud sur l’épigénétique d’enfants suicidaires.

Mardi 3 mars 2009 à 8:39

Inné et acquit

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    A la suite de mon article sur l’évolution des personnalités, j’ai trouvé ce commentaire très intéressant de Maud, notre “chevrette canadienne”. (qui ”
suit maintenant les cycles supérieur d’une université très prestigieuse canadienne dont je lis souvent les compte-rendus de recherches : pas mal hein, pour une petite chèvre ! LOL).

    “ En plus du "génétique" et du "culturel", il semble qu'il faille entrevoir l'incidence du vécu historique de l'enfance : des recherches récentes semblent mener à l'hypothèse de changements intra-cérébraux suite à des sévices ou souffrances lors de l'enfance. L'article dont je donne la référence, va jusqu'à parler d'altérations génétiques suite à des événements traumatisants de l'enfance.”
(http://www.nytimes.com/2009/02/24/health/research/24abuse.html?_r=1&ref=health)


    Je voudrais donc dire quelques mots d’abord sur ce que l’on appelle “l’épigénétique” et dans un autre article, sur les études du docteur Meaney de l’université McGill au Canada.

    Le terme d’épigénétique inventé en 1942 par Conrad Waddington concernait à l’origine  « la branche de la biologie qui étudie les relations de cause à effet entre les gènes et leurs conséquences biologiquess, et concernait donc le phénotype » (notre structure héréditaire ADN.)
    Aujourdhui, la définition la plus courante de l’épigénétique est « l’étude des changements héréditaires dans la fonction des gènes, ayant lieu sans altération de la séquence d’ADN ».
    Je rappelle que l’ADN est une structure moléculaire en double hélice de deux mètres de long, dans le noyau d’une cellule qui ne fait que quelques micromètres. L’échelle élémentaire de l’ADN c’est le nanomètre. (10puissance -9 m)
    L'ADN est une espèce d’échelle avec deux montants hélicoïdaux (composés de phosphates et de sucres) et de barreaux, constitués chacun de deux molécules parmi quatre bases azotées que nous nous contenterons d’appeler (un peu comme Bach avec les notes) A, C, G, T et qui s’associent toujours A et T, (ou T et A) et C et G (ou G et C).
    C’est l’enchaînement des séquences successives de ces molécules (les barreaux) qui constituent le patrimoine génétique d’une cellule, c’est à dire l’enchaînement des nucléotides A,C,G,T.
    Tout le fonctionnement biologique de nos cellules est conditionné par de multiples protéines, qui sont issues de 20 molécules élémentaires d’acides aminés et la “fabrication d’un acide aminé dépend de la succession de 3 de ces bases A,C,G,T. En faitces associations par 3 permettent 61 possibilités d’acides aminés plus 3 codes qui représente des arrêts de synthèse des molécules; il y a donc plusieurs codes possibles pour un acide aminé donné, puisqu'il n'y a que 20 acides pour 61 codes.

    Mais “l’usine” de synthèse des acides aminés est souvent au repos et puis tout à coup, pour des raisons encore mal connues, une portion de cette succession de base va s’activer et fabriquer la succession d’acides aminés et donc la protéine spécifique que code cette succession.
    C’est cette succession de “codons” de 3 bases qui code donc chaque type de protéine bien spécifique, que l’on va appeler un gêne et on dit lorsque cette fabrication entre en jeu, que le “gêne s’exprime”.
    J’essaierai un jour de vous expliquer comment cela se passe, mais il faut que je réfléchisse à al façon de l’expliquer simplement.

    Alors maintenant faites attention car ce qui suit est important.
La suite des codons dans l’ADN d’une de nos cellule représente donc notre partrimoine héréditaire, mais
    -seules certaines séquences représentent des protéines, et entre elles il y a des suites de séquences qui ne représentent rien et paraissent donc inutiles
    - beaucoup des séquences représentant des protéines et donc notre hérédité, ne donneront jamais naissance à une protéine. Elles sont “dormantes” et représente une “prédisposition” qui alors ne deviendra jamais active.
    - pour qu’une de ces “prédisposition”  prenne effet sur notre corps, il faudra que le gène correspondant “s’exprime”, c’est àdire qu’il donne lieu à la chaîne de transformations chimiques qui conduira à la protéine correspondante.
    - les séquences qui paraissent inutiles, ne le sont pas car certaines d'entre elles sont à l'origine des transformations chimiques qui vont permettre de s'exprimer, aux séquences suivantes, qui représentent un gène.

    Dans la formation du corps humain, à certains moments certains gènes seront “forcés” de s’exprimer", sinon nous aurions une non-formation ou mal-formation.
    Mais d’autres pourront rester latents toute notre vie, ou au contraire, tout a coup s’exprimer alors que ce n’était ni obligatoire ni même prévu.
    Cela pourra être sous l’effet de facteurs biologiques, mais aussi de phénomènes extérieurs physiques ou psychiques.

    Donc un  événement extérieur peut être capable de déclencher l’expression d’un gène.
   

    Les médecins le savent puisque quelqu’un peut avoir une prédisposition génétique à la schizophrénie par exemple, ne jamais être schizophrène ou tout à coup le devenir sous l’effet d’un grave traumatisme.

   
Dans le prochain article, je parlerai donc des études du dr. Meaney, qui a montré (sur des populations de rats) que la façon dont une mère se comportait vis à vis de son jeune enfant  pouvait avoir une répercussion importante sur sa sensibilité ou sa résistance au stress, parce que des gènes “latents” pouvaient alors s’exprimer.

Lundi 17 novembre 2008 à 8:10

Inné et acquit

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    Un de mes correspondants émet dans un mail, des doutes sur l’influence de nos aptitudes innées ou héridétaires sur nos comportements et il pense que tout vient de notre éducation. Il conteste encore plus l’héritage ancestral de la civilisation, ce que Jung appelle les “archétypes”. Il ne croit pas aux théories de l’évolution.

    Je ne veux pas entrer dans le débat de savoir si le darwinisme est incompatible avec la religion, et notamment le Coran, c’est une discussion qui me paraît stérile, car Dieu ne pourra jamais nous dire ce qu’il en pense et l’homme me paraît bien présomptueux de parler à sa place.
    Certes les théories de Darwin datent maintenant, mais on trouve dans de nombreuses disciplines scientifiques des  conséquences plausibles de ses théories, en particulier la transmission de comportement qui concourent à la survie de l’espèce (chez les animaux mis aussi chez l’homme).
    Je voudrais vous donner quelques exemples de notre comportement qui semblent être innés et qui, dans certains cas, peuvent venir d’âges lointains.
Ils résultent d’études de neuropsychologues.


    Si l’on vous disait que, de loin, la silhouette d'un homme en train de marcher donne l'impression de s'approcher, alors que celle d'une femme donne l'impression de s'éloigner vous seriez sûrement étonnés. Pourtant c’est ce qu’ont montré des chercheurs de l'Université de Coffs Harbour en Australie, dirigés par A. Brooks.
    Des hommes et des femmes ont été filmés en train de marcher sur un tapis roulant, dans l'obscurité, avec de petites lampes fixées sur les articulations des coudes, des genoux, des poignets, des chevilles, des hanches et à la chevelure. Le film permet de reconnaître une silhouette en train de marcher, mais pas de savoir si elle s'approche ou si elle s'éloigne.
    Mais lorsqu'on demande à des volontaires d'indiquer si la personne s'éloigne ou s'approche, ils disent généralement que la silhouette masculine vient vers eux, alors que la silhouette féminine s'en éloigne.
    Selon les psychologues, le système d’interprétation visuel humain qui est situé à l’arrière de notre crâne, au dessus de la nuque, aurait évolué pour réagir rapidement en cas d'ambiguïté: si l'on ne sait pas si un homme s'approche ou s'éloigne, il vaut mieux supposer qu'il s'approche, car cela permet de se préparer à fuir ou à combattre. Par contre, une femme est rarement hostile, et dans le doute il vaut mieux (surtout pour un enfant si c'est sa mère) supposer qu'elle s'éloigne, afin de mieux la rattraper, car elle est synonyme de survie.
    Evidemment cette tendance nos paraît ridicule au siècle de l’automobile, de l’avion et de l’exploration de l’espace et pourtant.....

    Un autre exemple de l’influence de l’innéité indépendemment de l’éducation.
    Des chercheurs américains ont mené des études sur des enfants de provenance éducatives très différentes et ont constaté certains comportements communs.

    Par exemple un jeune enfant partage difficilement ce qui lui appartient, jouets ou friandise et se montre égoïste jusque vers l’âge de sept ans , puis il semble s’ouvrir à un partage et même se montrent parfois très égalitaires dans la répartition des choses agréables.
    Selon les chercheur cette transformation de l’égoïsme vers l’égalitarisme se ferait à un âge où le cerveau atteint un développement suffisant (cerveau émotionnel ou plus probablement connexion avec le cerveau préfrontal) et serait donc une expression de la génétique (pas forcément de l’hérédité, mais l’expression d’un gêne très répandu dans l’espèce).
    On peut interpréter cela comme la tendance à favoriser la survie du groupe sans lequel l’individu seul ne survivrait pas, mais rien ne permet de conforter cette hypothèse.

    Troisième exemple d’une étude faite par des chercheurs des Pays Bas.
    Les enfants seraient plus sensibles aux encouragements avant une dizaine d’années et plus à même de tirer parti des punitions ensuite.

    Lors d’expériences d'étude du comportement face à des actions positives ou négatives de l’environnement, les chercheurs ont constaté que les enfants de 8 ou 9 ans prenaient de meilleures décisions lorsqu'ils recevaient des messages positifs alors que les enfants de 11 ou 12 ans tiraient aussi parti des messages négatifs.
    Ces expériences, réalisées sous scanner, ont révélé que le cortex préfrontal dorso-latéral (une zone du cerveau qui adapte le comportement aux changements de l'environnement et prévoit en partie les conséquences de nos actes correspondantes), cette zone  s'activait en réaction aux messages d'encouragement
des chez des enfants de 8/9 ans, mais jamais suite à des commentaires négatifs. C'était exactement le contraire chez les enfants de 11/12 ans.
    Évidemment, un enfant même très petit, peut parfaitement comprendre un interdit et s'y conformer !    
Mais en ce qui concerne le raisonnement déductif  pratiqué lors de l’étude, le cortex serait donc presque indépendemment de l’éducation, peu sensible aux instructions formulées sur un mode négatif avant une dizaine d’années et les messages d'erreur ne sont bien pris en compte par le cortex au-delà de 10 ans.
    Dans leur conclusion les chercheurs pensent que les enfants seraient plus sensibles aux encouragements avant l'âge de dix ans, et plus à même de tirer parti des punitions ensuite et que, dans les apprentissages scolaires notamment, il est sans doute plus plus efficace d'insister sur les succès d'un enfant de moins de dix ans,que sur ses erreurs.
   
Il semble bien qu’il s’agisse d’un problème de développement du cerveau lié à l’expression à un moment donné d’un gêne, presque indépendemment de l’environnement.

Vendredi 14 novembre 2008 à 10:04

Inné et acquit

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    Plusieurs commentaires et plusieurs mails me demandent de mieux expliquer comment dans l’optimisme ou le pessimisme, il y a une part d’inné et d’acquit et pourquoi.
    C’est un problème d’autant plus complexe quil y a encore beaucoup d’éléments dans ce domaine qu’on ne connaît pas encore.
    Je vais essayer cependant de vous l’expliquer le plus simplement possible, mais je vous renvoie aussi aux articles que j’ai déjà écrits dans la rubrique “inné ou acquit”


    Vous savez tous que nous héritons de nos parents des caractéristiques génétiques.
    Les cellules humaines comportent 22 paires de chromosomes asexués plus une paire différente selon le sexe que l’on appelle XY chez l’homme et XX chez la femme.
    Les cellules sexuelles (gamètes : ovules ou spermatozoïdes), ne possèdent que la moitié des chromosomes (23), de telle sorte que lors de la fécondation, l’oeuf issu de la réunion des deux cellules, retrouve ses 46 chromosome, la moitié venant du père et la moitié de la mère.
    Dans ces chromosomes il y a de de très nombreux gènes, qui eux mêmes sont composés de molécules d’ADN (acide désoxyribonucléique), sorte d’échelle hélicoïdale, dont les barreaux sont constitués de 4 types de bases azotées, dont l'ordre de succession dans cette échelle constitue nos facteurs héréditaires.
    En effet par un mécanisme complexe, ces bases sont à l’origine de la synthèse des acides aminés dont la combinaison fournit les protéines qui déterminent le fonctionnement du corps humain (et de sa formation).
    Mon article du 6 mars 2008 décrivait la formation du cerveau.
    A l’origine ce sont des gènes qui déclenchent le processus de formation des neurones et la croissance de leurs prolongements et il y a donc dans la formation initiale “grossière” des centres du cerveau, une part d’hérédité.
    Par grossière j’entends que le nombre des neurones des diverses régions du cerveau et la croissance initiale des axones et dendrites est commandée par les gènes et donc l’hérédité joue à ce stade.

    Mais comme je l’ai déjà dit dans plusieurs articles, le fonctionnement de notre cerveau est essentiellement déterminé par les connexions entre neurones. Or les gènes font en sorte que les axones et les dendrites soient au voisinage les uns des autres, mais ils ne déterminent pas les connexions    Celles -ci se font ensuite au hasard, et il y a donc dans la formation de notre cerveau une part d’incertitude, qui n’est pas génétique mais qui se détermine avant notre naissance et qui donc est innée (mais pas héréditaire).

    Nous héritons donc à notre naissance d’un cerveau dont les centres sont déterminés partie par l’hérédité, partie par le hasard, de telle sorte que même les cerveaux de deux jumeaux sont différents.
    Nous avons donc à la naissance des préférences cérébrales innées résultant de cette formation, qui prédisposent notre cerveau à certains types de fonctionnements de préférence à d’autres (Ce que CG. Jung appelait les "types psychologiques")

      Dans le cas de mon article d’hier, à la naissance, l’un de nos deux circuits de liaison positif (cortex préfrontal - noyau accumbens) et négatif  (cortex préfrontal - centres amygdaliens), fonctionne plus facilement que l’autre pour des raisons héréditaires ou innée.
     On ne sait pas pourquoi, sans doute comporte t’il davantage de connexions neuronales, ou utilise t’il davantage de neurotransmetteurs chimiques, ce qui est sûr c'est que les connexions se font plus facilement et donc plus fréquemment.

    Mais en fait à la naissance nous avons un cerveau “vide”, car, en dehors des centres qui régulent la vie du nouveau né et les centres de la perception qui ont commencé à fonctionner très succinctement (surtout l’ouïe), le reste du cerveau n’a rien fait et rien mémorisé, ni souvenirs ni surtout processus de commande de notre corps et de notre esprit.
    Notre cerveau a un énorme potentiel, mais il faut l'utiliser pour transformer ce potentiel en capacités réelles. C'est l'habitude de fonctionner et la fréquence des utilisations qui créera peu à peu des connexions "solides" . Les autres inutilisées disparaîtront.
    Comme je l’ai décrit dans mes précédents articles, le cerveau va alors faire son “apprentissage”, aidé par des “centres d’apprentissage, de récompense et de sanction” qui délivreront de la dopamine (un neurotransmetteur) chaque fois qu’une action entreprise réussira et cette libération de dopamine induit une sorte de satisfaction qui incite à recommencer à réussir et faire mieux. (les journalistes appellent ces centres les “centres du plaisir”; il faudra un jour que je vous explique comment cela fonctionne mais c’est très compliqué et il faut que j’y réfléchisse pour que mon article soit compréhensible !! LooL)
    C’est ainsi que par des essais réussis et d’autres ratés, l’enfant va progresser, apprendre à se servir de ses mains en coordination avec sa vision et son toucher, puis à marcher, à se servir de ses cinq sens, puis à parler, à lire et écrire......
    Cet apprentissage se compliquera et deviendra l’éducation des parents et l’instruction à l’école.
    Evidemment ces divers apprentissages vont avoir une grande influence sur nos préférences cérébrales innées. Ils ne les changeront pas mais ils pourront renforcer l’usage de ces préférences ou au contraire nous permettre d’utiliser plus souvent l’aptitude non préférentielle.
    Un pessimiste restera donc un pessimiste, mais il pourra apprendre à être aussi optimiste dans certains cas et donc à diminuer son comportement pessimiste.


    Vous allez me demander comment se traduit cet apprentissage dans notre cerveau : il favorise certaines connexions entre neurones qui se renforcent par suite de l’usage fréquent de telle sorte que des processus (comme : se servir de ses mains, marcher, faire du vélo... réfléchir, organiser, créer....) vont se mettre au point ainsi que la mémorisation d’images, de perceptions, d’événements, de sentiments et bien entendu du vocabulaire nécessaire au langage, sans lequel les idées n’existent qu’à l’état frustre.
   
Dans le cerveau, tout est affaire de connexions. Lorsque les connexions sont renforcées, entre deux neurones, si l’un est sollicité il sollicite automatiquement l’autre et l’information se propage ainsi, comme lorsqu’un ordinateur exécute un programme dans sa mémoire, avec cette différence essentielle que l’ordinateur fait cela pas à pas, alors que dans le cerveau à tout instant, les connexions sont multiples et très nombreuses.

    Revenons à notre nouveau né “pessimiste”.
    Si on l’aide dans son apprentissage, son circuit de récompense va souvent fonctionner et il prendra l’habitude de fonctionner, mais à ce stade d’apprentissage élémentaire cela n’aura guère d’influence encore sur l’aspect optimisme/pessimisme, qui n’est pas une notion de cet âge. Mais si ce jeune enfant n’a pas l’affection et l’attention des parents, le manque d’aide qu’il ressentira pourra néanmoins renforcer le circuit négatif.
    Il n’en est pas de même du jeune enfant, dès qu’il est en possession du langage et que donc il peut vraiment émettre des idées, penser vraiment.
    Le type d’éducation qu’il recevra peut grandement influencer sa préférence.
    Si l’enfant est entouré d’amour et de tendresse, si on n’oublie pas de le complimenter quand il réussit, si on ne se contente pas de le gronder quand il fait mal, mais qu'on sollicite son cortex en lui expliquant pourquoi c’était mauvais pour lui (ou autrui) et ce qu’il aurait dû faire, si on l’écoute chaque fois qu’il a besoin d’aide, alors son circuit négatif sera beaucoup moins sollicité et il prendra l’habitude d’utiliser davantage son circuit positif, dont les connexion se renforceront. Il diminuera ainsi sa tendance pessimiste.
     Les premières années de l’éducation sont fondamentale car le cerveau est encore très malléable, les connexions non encore renforcées étant infiniment nombreuses.
    Puis vient l’école qui agit autrement car elle sollicite essentiellement notre mémoire et la faculté de notre cortex de raisonner. Elle nous donne aussi par nos lectures (et autres perceptions), une certaine idée des sentiments et émotions.
    L’instruction n’entraîne pas à priori l’orientation vers le circuit positif ou négatif, mais elle nous apprend à maîtriser nos émotions à comprendre nos sentiments et dans une certaine mesure de les soumettre à la raison du cortex au lieu de les laisser tourner en rond dans notre cerveau émotionnel.

    Ce cours de SVT est un peu long, excusez moi, mais je voulais répondre le mieux possible aux questions qui m’avaient été posées.
    J’espère qu’il n’a pas été trop ésotérique et je suis prêt bien sûr, à vous donner des explications complémentaires.

Samedi 14 juin 2008 à 9:35

Inné et acquit




    Des recherches en psychobiologie ont donc montré que certaines anomalies dans le fonctionnement de notre cerveau pouvaient en partie expliquer certains comportements violents ou délinquants, dont la cause principale restait l'influence de notre environnement et de l'éducation et l'instruction que nous avons reçue. On constate aussi que le niveau intellectuel de beaucoup de délinquant est
souvent assez faible, bien que certains soient au contraire, fort intelligents.

    Ces rechercjhes font apparaître que l'on peut déceler chez de jeunes enfants des comportements anti-sociaux et que ces comportements peuvent résulter d'une prédisposition à la violence.

    La question qui se pose est de savoir si ces signes de prédisposition peuvent être utiles et si des actions d'éducation ou de formation peuvent ensuite empêcher un éventuel glissement vers cette violence ou cette délinquance.

    Contrairement à ce qu'ont affirmé certains journalistes, les scientifiques, même médecins, n'ont jamais prôné dans cette optique, d'action médicamenteuse, car on ne peut déceler que des prédispositions et non des “maladies”. La plupart de ceux qui ont ces prédispositions ne seront sans doute jamais délinquant et ne présenteront des réactions violentes que dans des cas extrèmes. Donc il est hors de question de parler de “vaccin” comme fait croire certains journalistes.
    Quand j'avais lu leurs articles, j'avais rejoint Kâa dans ses craintes.
    Toutefois si les études qui se poursuivront peuvent déceler sur un délinquant récidiviste avéré, certaines anomalies par exemple de la MAO, peut être qu'un jour un traitement de ces personnes délinquantes pourrait leur éviter la poursuite de leur déviance et la récidive à leur sortie de prison.
    Mais on n'a pas assez de connaissances actuellement pour envisager cela.

    La meilleure lutte contre la violence et la délinquance reste l'action sociale au niveau de la société

    D'abord l'instruction et l'éducation. Elles développent nos intelligences, nous donnent des exemples à suivre, nos parents sont en charge de nous donner une éducation adéquate pour nous préparer à la vie d'adulte et même si ce n'est pas vraiment au programme de nos études, nos professeurs ont toujours contribué aussi à parfaire cette éducation.
   
    La lutte contre la pauvreté et la maltraitance.
    Il est certain que pauvreté et maltraitance sont des facteurs qui peuvent faire évoluer vers la violence et la délinquance. Toutes les études de montrent et les éducateurs ou ceux qui fréquentent les jeunes (et même les adultes) le savent bien.
    Les enfants maltraités (je ne parle pas d'une simple claque méritée), ont tendance, ados, à devenir violents, et certains à maltraiter leurs enfants lorsqu'ils sont eux mêmes devenus parents.
    J'ai rencontré des gens très pauvres, notamment au Sahara, qui étaient d'un altruisme et d'un dévouement extraordinaires, mais quand elle est poussée jusqu'à la souffrance, et que l'on peut cotoyer des riches qui ne se soucient nullement de vous, la pauvreté pousse à la révolte et donc à la violence.

    L'encadrement des jeunes dans des activités sportives et ludiques.
On sait que la violence et la délinquance naissent souvent parce que les gens s'ennuient et s'inventent des activités qui dégénèrent.
    Par ailleur un bon encadrement de jeunes permet de leur apprendre peu à peu à réfléchir aux conséquences de leurs actes, à appliquer certaines règles, à leur donner l'habitude de ne pas faire aux autres ce qu'ils n'aiment pas subir eux mêmes.
    Cela limite aussi les mauvais exemples. J'ai connu un jeune qui est aujourd'hui en prison pour des délits mineurs. Ce n'était pas un mauvais garçon. Il était seulement naïf et pas très intelligent, et se laissait entraîner, pour rendre service à des copains qui étaient plutôt des voyous.Surtout il ne se rendait pas compte lui même des conséuences de ce qu'il faisait et du risque de sanction qu'il encourrait.

    Une information et une lutte plus importante contre l'alcool et le cannabis. D'une part les revenus de la drogue alimentent la délinquance, mais l'usage régulier d'alcool et de cannabis outre les besoins d'argent qu'il engendre, détruit la volonté et l'uage normal du cerveau et notamment la prévision correcte des conséquences de nos actions.
On a montré que cette absence de mesure du risque et du danger était l'une des prédispositions à la violence.


    Bien sûr, la lutte contre la délinquance, (police et justice), mais la punition n'a jamais été efficace, seule et sans prévention. Elle arrive trop tard.

    Et j'en reparlerai ci après la formation des parents car ce sont d'abord eux qui doivent éduquer leurs enfants (jé le dis souvent ex ducare, en latin c'est conduire dehors, vers l'âge adulte et l'indépendance) et certains d'entre eux sont aujourd'hui complètement dépassés par ce problème.

    Ces diverses actions sont collectives, mais que faire au niveau individuel ? 
    Faut il déceler chez les enfants les comportements anti sociaux et que faire alors ?

    Nous savons tous que la plupart des règles élémentaires et des automatismes de la vie en société doivent être apprises à un enfant avant 8 ans pour qu'elles soient plus efficaces, car cela devient alors naturel en eux.    
    C'est dans cette optique qu'une détection précoce pourarit être utile
    Il ne s'agit pas de faire une mesure du taux de Mao sur chaque enfant, ni de faire systématiquement passer des tests au diagnostic plus ou moins hasardeux, mais de se poser des questions quand un enfant présente de façon précoce des comportement anti-sociaux et des signes de violence.
    On peut alors étudier notamment l'environnement dans lequel il se trouve, v
érifier que ces jeunes qui ont une prédisposition, reçoivent alors une éducation appropriée et sinon, essayer avec les parents d'infléchir l'éducation pour qu'elle apporte un correctif aux tendances naturelles.

    Mais qui apporte l'éducation aux jeunes enfants ? : Avant tout les parents et ensuite l'école.
    Il est donc naturel que ce soit une formation des parents qui soit en premier envisagée.

    Les scientifiques ne se désintéressent pas de ce problème : en 2006, Stéphen Scott, de l'Institut de Psychiatrie de Londres, a mi en place une formationde 3 mois pour les parents qui se sentaient dépassés. Elle leur apprenait comment sanctionner systématiquement et calmement les mauvaises conduites  mais aussi féliciter et récompenser les bonnes, notamments avec les enfants sans réaction émotionnelle dont nous avaons parlé, et qui sont peu sensibles aux punitions.
    Ces stages sont l'occasion de former les parents à un meilleur dialogue avec leurs enfants.
    Les intervenants essaient aussi, dans ces stages, de sensibiliser les parents au suivi des efforts scolaires des enfants, à celui de leurs fréquentations, et à l'avantage de trouver des occupations sportives ou ludiques plutôt que de laisser les enfants traîner dans les rues, ainsi qu'une sensibilisation aux dangers de l'alcool et de la drogue.

    Finalement me direz vous, tout cela on le savait déjà, ce sont des mesures de bon sens et cela ne relève guère de la connaissance du fonctionnement du cerveau.
    Oui, mais c'est à l'image de la vie de tous les jours : la science nous apporte ses découvertes, ses progrès, mais dans le secteur du comportement des hommes, la vie de tous les jours a surtout besoin, d'écoute, de compréhension et de bon sens.
    Et méfions nous des raccourcis à sensation dont on nous abreuve dans les médias et notamment la télévision. Il faut hélas, souvent aller à la source pour savoir ce qui a vraiment été fait et dit. !




Vendredi 13 juin 2008 à 8:30

Inné et acquit




    Que disent les chercheurs sur d'éventuelles prédispositions à la violence et à la délinquance ?
   
    En fait ils sont très prudents; ils ont constaté certaines corrélations, mais n'affirment pas une relation de cause à effet, dont ils n'ont pas la certitude.

    Des études menées dans plusieurs universités ont montré le lien qui existait entre l'agressivité de mammifères et également d'êtres humains, et les fluctuations du taux d'une enzyme, la “monoamine-oxydase” !que pour simplifier j'appellerai MAO). Cette enzyme dégrade certains neurotransmetteurs et notamment la sérotonine, qui joue un rôle important dans le contrôle des centres amygdaliens et de l'agressivité.
    Les fluctuations de cette enzyme MAO sont en partie dues à notre génotype et sont donc partiellement innées.
    Les études de Terrie Moffitt  sur les jeunes néozélandais de Dunedin (voir l'article précédent), ont montré qu'on ne pouvait pas établir une relation certaine entre le taux de cette enzime et le devenir des gens, c'est à dire que les “non délinquants” pouvaient avoir toutes sortes de taux de MAO, faibles comme forts.
    Par contre, elles ont montré que les individus qui avaient à la fois un faible taux de MAO et avaient été maltraités dans l'enfance, avaient, par rapport à ceux qui n'avaient pas subi de maltraitance, trois fois plus de probabilités de manifester des troubles comportementaux dans l'adolescence et dix fois plus d'être délinquant à l'âge adulte.
    Je répète que cette étude a été faite sur un nombre limité (environ 1000 sujets) et dans une population particulière, et que donc les généralisations doivent être prudentes.
    Mais on peut penser que la faible teneur en MAO serait une prédisposition pour que d'autres facteurs liés à l'environnement oul'éducation, transforment chez certains cette prédisposition en comportement nocif.

    Je vous ai souvent expliqué que deux centres du cerveau émotionnel, les centres amygdaliens, étaient responsables de nos réactions de crainte, de peur, d'agressivité, de stress et des réactions correspondantes. Des chercheurs de l'Institut national de la Santé mentale à Betesda dans le Maryland a montré, en 2006, que les personnes ayant de faibles taux de MAO, ont au contraire une forte activité des centres amygdaliens.
    Toutefois une constatation d'activité à partir d'images RMN du cerveau n'est pas vraiment une mesure du comportement agressif dans la réalité.
    C'est une simple présomption de prédisposition et les chercheurs n'en concluaient pas que les jeunes, objet de l'étude, seraient par la suite violents ou délinquants.

    D'autres études portent sur de jeunes enfants qui ont un comportement anti-social précoce. Il est apparu que certains d'entre eux avaient peu de réactions émotionnelles et se montraient beaucoup plus durs et insensibles, de façon analogue à des adultes qui se sonr révélés être des psychopathes.
    Ces enfants ne connaissent pas le sentiment de culpabilité, sont intrépides et prennent des risques exagérés et ont tendance à exagérer leur confiance en eux même jusqu'au narcissisme. Ils sont insensibles aux punitions, mais apprécient les louanges et les récompenses.
    Les centres amygdaliens pourraient être aussi en cause, mais dans ce cas fonctionneraient de façon insuffisante. Ces centres non seulement sont à l'origine de nos craintes, mais par ce biais ils nous permettent d'apprécier celle des autres et en partie leur souffrance.
    Les chercheurs ont également constaté chez ces enfants une sous-activité des centres du cortex préfrontal, qui évaluent les situations, leur risques et prévoient les conséquences de nos actions.
    Il est logique que, si quelqu'un ne comprend pas la souffrance des autres, prévoit mal les risques et conséquences de ses actes, s'il est facilement coléreux, s'il n'a pas conscience du danger, il puisse alors se montrer intrépide, agressif et cruel.

    En définitive les journalistes et les politiques n'ont pas suffisament étudié les résultats et les dires des chercheurs qui ont essayé de comprendre la délinquance des jeunes et leurs propos sont souvent des généralisations hâtives..
    Ces chercheurs ont mis en lumière des pistes possibles de prédispositions à la violence et éventuellement à la délinquance, facteurs qui ont une part de causes génétiques, mais sur lesquels l'environnement peut aussi avoir une action. Ces pistes concernent soit des mécanismes chimiques liés aux neuro-transmetteurs (MAO notamment), soit certains centres du cortex préfrontal ou du cerveau émotionnel (centres amygdaliens en particulier), qui auraient alors une activité soit trop forte, soit trop faible.
    Mais les personnes qui présentent des anomalies dans ces domaines, ne deviendront pas pour autant des criminels. Le terrain est simplement plus propice (comme nous pouvons être prédisposés à certaines maladies, mais nous ne les aurons peut être jamais), et il faut que l'éducation ou l'environnement ait ensuite une action défectueuse pour que la violence ou la délinquance s'exprime.

    La question qui se pose est de savoir si ces signes de prédisposition peuvent être utiles et si des actions d'éducation ou de formation peuvent empêcher un éventuel glissement vers cette violence ou cette délinquance.
    Ce sera l'objet de mon prochain article.

Jeudi 12 juin 2008 à 9:59

Inné et acquit



    Kâa (vous connaissez sûrement son blog), faisait sur mon précédent article le commentaire suivant :


    “..On va bientôt faire une étude génétique de tous les nouveaux nés afin de savoir si ce seront de futurs criminels en série, et le cas échéant on procèdera à l'euthanasie ...
J'exagère bien sur, mais toutes ces théories me font peur...”

    C'est tout à fait mon avis et c'est pourquoi, me méfiant un peu des propos journalistiques,
animés bien sûr par l'envie de frapper les esprits et de faire du “sensationnel”, j'ai voulu aller vérifier si ce qu'ils racontaient, était vraiment ce que les chercheurs en cause avaient écrit.
    Evidemment je n'ai pas consulté tous les articles sur le sujet, mais certains que j'avais entendu citer.
   
    J'ai pu constater que les conclusions de ces chercheurs était assez différentes de ce que disait la presse.
    Ces médecins ou scientifiques étaient persuadés que, si certains sujets présentaient des prédispositions à la violence et à la délinquance, par contre c'était l'éducation et l'environnement qui ensuite jouaient le rôle moteur soit pour empêcher le développement de ces tendances, soit malheureusement pour les favoriser.
    Puis ils se posaient la question d'une part de savoir comment détecter ces prédispositions, et d'autre part comment éviter la dérive vers la délinquance par une éducation appropriée.
    En fait ils n'ont jamais opposé patrimoine génétique contre environnement et éducation, comme on voudrait nous le faire croire.

    Les sujets de leurs études étaient surtout la violence et la délinquance des jeunes, ce qui ne veut pas dire qu'ils négligeaient celle des adultes. Mais ils pensaient que sur les jeunes, il était encore temps d'enrayer le mécanisme d'évolution.
    Le pédopsychiatre Michael Rutter et le criminologue David Smith, ont en particulier montré qu'entre 1950 et 1995, la délinquance juvénile aux USA avait été multipliée par un facteur cinq; l'âge culminant aux USA et au Royaume Uni, se situait entre 17 et 18 ans pour les garçons et 14 et 15 ans pour les filles.
    Le professeur à l'Institut de psychiatrie de Londres, Terrie Moffitt indiquait que cette différence était due sans doute à une maturité plus rapide des filles et pensait qu'il fallait distinguer deux types de délinquance juvénile :

    - ceux ou celles qui à l'adolescence, commettent des infractions légères sous l'influence de l'environnement et notamment de certains camarades.
    En général ils sortent de la délinquance en devenant adulte et autour des 20 ans.

    - les délinquants qui perdurent dans cette voie et dont la délinquance s'aggrave après l'adolescence, et qui pour une part d'entre eux auraient des prédispositions que l'éducation n'aurait pas corrigées ensuite.

    Le point qui a suscité des polémiques est l'affirmation de ce chercheur qui indique que ces personnes manifestaient pour beaucoup des comportements anti-sociaux (troubles neurologiques ou comportements difficiles) dans l'enfance et qu'une détection appropriée aurait pu permettre d'éviter leur évolution malheureuse.

    La généralisation d'un tel propos est effectivement abusive.
    L'étude portaient en fait sur une population de 1037 jeunes garçons et filles d'une “colonie écossaise” en Nouvelle Zélande. C'est donc une population assez particulière.
    D'autre part le chercheur s'il indiquait que certains facteurs génétiques pouvaient être mis en cause, n'excluait pas que les conduites sociales observées (léger déficit cognitif, tempérament difficile, hyper-activité...) soient ensuite exacerbés par l'environnement et notamment par des pratiques parentales inadéquates, des liens familiaux perturbés ou la pauvreté et l'exclusion.
    Il citait également l'influence néfaste de tiers.

    Le docteur Nathalie Philippe, (française vivant en Nouvelle Zélande)a publié en 1997 un livre très intéressant sur cette étude, et en 2006 Pierrette Verlaan et Michèle Déry (chercheurs au Québec) ont également écrit “Les conduites antisociales des filles” , deux livres basés sur ces études de Terrie Moffitt à Dunnedin.

    Mais, s'il faut se méfier des généralisations journalistiques, il ne faut pas par contre se voiler la face. Depuis longtemps des études sur les jumeaux (par comparaison avec des non-jumeaux) ont montré que les facteurs génétiques et innés jouent un rôle important dans notre personnalité et dans nos comportements cognitif et émotionnel et leurs troubles.
    Ceci n'enlève rien au rôle primordial de l'environnement et de l'éducation.
   

    Patricia Brennan de l'université d'Atlanta en Géorgie (USA), qui a également fait des études dans ce domaine sur de jeunes Danois, écrit que
    “ ...La biologie n'explique pas tout. Il faut qu'elle se conjugue à un autre facteur, comme un environnement social défavorable ou une mauvaise éducation parentale...”
    Elle a étudié en particulier comment un rejet maternel, voire paternel de l'enfant, pouvait entraîner par la suite violence et délinquance de l'adolescent.

    En cette période de bac, je ne veux pas vous imposer un long article.
    J'essaierai de vous expliqurer demain ce que des chercheurs ont trouvé comme explication de ces prédispositions et je vous parlerai ensuite de certaines solutions qu'ils ont préconisées pour essayer d'empêcher les prédispositions nuisibles de se manifester



Mercredi 11 juin 2008 à 8:52

Inné et acquit




    Certaines études américaines ont défrayé la chronique surtout lorsqu'elles avaient été citées par le Ministre de l'Intérieur et les journalistes de télévision.
    Elles concernaient las rapports entre la génétique et la criminalité.

    J'avais fait un article sur cette question le 16 mars 2008 ainsi que plusieurs articles sur la formation de notre cerveau, pour essayer de montrer que, certes, une part de cette formation vient de notre hérédité, qu'une autre part est innée (c'est à dire acquise à la naissance, mais indépendante de l'hérédité des parents), mais que la plus grande partie de cette formation était due à l'apprentissage de l'enfant et à l'éducation et l'instruction que nous recevions par la suite. (rubrique “inné et acquis” sur mon blog).

    J'ai reçu depuis cette date quelques mails qui me posent des questions connexes, suggérées sans doute par les procès actuels d'assassins, dont on parle beaucoup à la télé.
    - Pourquoi devient on un assassin?
    - Y a t'il une prédisposition pour être un délinquant ?
    - Nait on violent ?
    - A quel âge peut on déceler ces prédispositions ?

    Lorsque j'avais fait mes articles précédents, je n'avais utilisé que mes souvenirs de lecture.
    Pour mieux répondre à vos questions, j'ai essayé de faire le point dans la documentation que j'avais sur des études récentes de ce domaine, et je vous parlerai dans mes prochains articles d'études des dernières années sur la délinquance et sur sa prévention, c'est à dire sur la détaction des prédisposiions éventuelles.
    Notamment je vais essayer d'expliquer dans les prochains articles ce qu'on entend par prédisposition à la violence et à la délinquance et de montrer que les remèdes sont plus dans le domaine de l'éducation que du coté médicamenteux et psychiatrie.



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