Dimanche 16 mars 2008 à 12:27

Inné et acquit




    J'ai l'impression que j'ai choqué quelques uns de mes correspondants  en écrivant  “on n'est pas plus homo à la naissance qu'on n'est délinquant ou saint...”

Ma phrase a été comprise à l'inverse de ce que je voulais dire.

    Pour moi, on n'est ni délinquant ni saint de façon innée. C'est l'éducation, l'environnement et les actes personnels qui essentiellement peuvent vous amener à la délinquance ou la sainteté.
    Croire l'inverse dans ce domaine, en une espèce de prédestination ou d'hérédité, me paraît au contraire une chose très dangereuse à l'origine de monstruosités comme on en a connues sous le nazisme.

    Il est cependant certain, me direz vous, qu'il y a une part d'inné dans notre personnalité.
    Je suis tout à fait d'accord et c'est ce que je vous montrais dans les articles sur les “préférences cérébrales” qui ont une part imporatnte d'innéité, mais que nous pouvons ensuite modifier par l'éducation et l'apprentissage de nos tendances “non préférées”. (voir mes précédenyts articles sur les préférences cérébrales)

    On constate que la plupart des ingénieurs ont une préférence de décision “lLogique”. Ils font leurs choix après un examen logique des situations et de leurs conséquences et ne prennent pas, le plus souvent, leurs décisions selon leurs goûts et valeurs de façon intuitive et subjective, comme le font les personnes de préférences “Valeurs”.
    On trouve également que la plupart d'entre eux donnent priorité à la décision et veulent maitriser les événements, (préférence J) plutôt qu'attendre pour décider et s'adapter ensuite (préférence P).
    Pourquoi?
    D'abord parce que ces préférences sontt plus favorables pour comprendre et résoudre les problèmes qu'on vous pose dans des études scientifiques.
    Ensuite parce que ces études scientifiques développent énormément ce processus de décision et d'emprise sur les phénomènes.
    Ceux qui étaient “L J” de façon innée ont renforcé leurs préférences et ceux qui étaient “V”  ou “P” ont appris à se servir de leur mode non préféré qui est devenu presque habituel (une seconde nature).
    A l'inverse j'ai constaté que certains jeunes qui avaient passé un bac S et avaient commencé une prépa scientifique, ont renoncé parce que leur préférence était “Valeurs” et qu'ils avaient du mal à s”adapter.

    A l'inverse si l'on prend les métiers de la santé ou de l'aide sociale, on y trouve beaucoup d'extravertis qui ont au contraire une préférence de décision “valeur” car ces deux préférences entraînent une affectivité et un altruisme plus grands, nécessaires dans leur métier.
    Là encore cela facilite leurs études qui leur plaisent mieux et l'exercice de leur métier renforce ces préférences.

    Il m'arrive de discuter avec des jeunes en difficulté (pas des délinquants, mais des situations difficiles) et j'ai constaté (et cela sur plus de 200 cas) que leurs préférences cérébrales n'étaient  pas conformes aux statistiques générales sur la population. Beaucoup d'entre eux étaient E S V P . Cela signifie quoi ?

    Extravertis, (“E”), ils se plaisent en compagnie des autres et n'aiment pas leur monde intérieur, celui des idées. Ils ont donc plus tendance à prler qu'à réfléchir.
    Sensitifs, (“S”), ils vivent dans le présent et aiment les sensations et donc tout ce qui touche au plaisir rapide immédiat. Ils prévoient mal les conséquences de leurs actes, et cela d'autant plus que les centres du cortex destinés à cette prévision ne sont pas encore entièrement développés chez les ados.
    Valeurs (“V”),  ils ne décident  pas  en fonction de raisonnements logiques, mais font « ce qui leur plait, en fonction de leurs valeurs ». Mais ces jeunes ont eu une (absence d') éducation dans laquelle on ne leur a pas donné de valeurs (ni de règles). Ils font donc ce qui leur plait en fonction de leurs goûts, leurs instincts, et de leurs envies.
    Perception (“P”), ils ne cherchent pas prise sur les événements mais se laissent dominer par ce qui arrive, en s'y adaptant au mieux.
   
    Ces jeunes font donc un peu n'importe quoi au gré de leurs envies et sont le plus souvent très influençables. C'est à mon avis ce qui les a mené à des situations difficiles, qui peu à peu ont renforcé ces préférences innées.
    Et j'ai constaté que parmi eux, ceux qui avaient des préférences autres arrivaient beaucoup mieux, dans des situations analogues, à remonter la pente.

    Si leur situation est souvent difficile, avec des échecs scolaires ou sociaux, les préférences cérébrales ne sont pas la seule explication. La situation familiale, l'incapacité des parents à les éduquer, la faible instruction scolaire, sont grandement responsables.
    Mais ce ne sont pas des délinquants

    Alors comment devient on délinquant ? J'essaierai de réfléchir à cette question dans un de mes prochains articles.

   


Dimanche 9 mars 2008 à 9:58

Inné et acquit

    Dans les deux articles précédents je vous ai montré dans un premier article, comment le cerveau du foetus se formait à partir de notre matériel génétique, avec toutefois certains degrés de liberté, mais évidemment avec une infliuence très faible de l'environnement - si ce n'est l'organisme de la mère - et que donc les résultats de cette formation étaient “innés”, mais ils ne concernent pas la vie sexuelle, si ce n'est le sexe de l'enfant.

    Mais à la naissance si le cerveau a un potentiel immense, il était relativement peu performant, comme le serait un ordinateur sans logiciels et dont le disque dur n'a rien dans sa mémoire;
    Dans le second article nous avons constaté que l'environnement avait au contraire une influence considérable sur son développement, car il allait “façonner”les connexions et les réseaux de neurones en fonction de l'apprentissage, de l'instruction et de l'éducation que nous allions recevoir et cela gâce à des “contrôleurs” qui étaient nos “centres d'apprentissage” et nos “centres de plaisir”.
    Ces centres qui guident le cortex, nous permettent d'acquérir la maîtrise de notre corps, des connaissances, des automatismes et des règles de vie, des outils tels la parole, l'écriture, puis tous les acquits scolaires, nos goûts, la gestion de nos sentiments, avec toutefois des risques de dérapages car le plaisir peut conduire à des habitudes bénéfiques comme néfastes (par exemple la drogue).
    A coté de ce qui est inné, cette influence de notre environnement et notamment de notre famille, de nos éducateurs et de nos amis , cet “acquit” est immense.
    Nous nous étions arrêtés juste avant la puberté de l'adolescent.
    Quel est le rôle du cerveau dans la puberté?

    Pourquoi la puberté se déclenche t'elle?

    Les chercheurs ont identifié en 1990 un gêne qui déclenche la production de pré-hormones par les neurones de l'hypothalamus de peptines, constituées d'acides aminés, et qu'ils ont appelées “kisspeptiines”.
    D'autres neurones possèdent des récepteurs de ces kisspeptines. En l'absence de ces récepteurs (on a réussi à créer des rats par mutation qui ne possédaient pas ce récepteur), il n' y a pas de puberté.
    Il semble que les signaux reçus par ces récepteurs activent une nouvelle catégorie de neurones de l'hypothalamus, qui produisent alors une nouvelle pré-hormone (découverte en 1977 par Roger Guillemin et Andrew V. Schally,et leur a valu  le prix Nobel) également composée d'acides aminés, la “Gonadolibérine” ou GnRH.   
    Cette Gonadolibérine est libérée par les terminaison nerveuses des neurones de l'hypothalamus et atteint une glande voisine qui se trouve au milieu du cerveau central et s'appelle l'hypophyse, glande qui régule notre système hormonal en envoyant dans la circulation sanguine des pré-hormones qui régulent le fonctionnement des autres glandes.
    La GnRH se fixe sur des récepteurs de cellules de l'hypophyse et elles stimule dans cette glande la sécrétion de deux hormones dont je ne vous détaillerai pas les noms compliqués et que nous appellerons seulement FSH et LH.. La GnRH ayanr fait son action est détruite.
    Ces deux hormones sont amenées par la circulation sanguine dans les testicules des garçons et les ovaires des filles et feront produire par les testicules de la testostérone (une autre hormone) qui permet la production des spermatozoïdes et par les ovaires des oestrogènes (folliculine et lutéine) qui sont les deux hormones qui régulent le cycle féminin et la maturation des ovules.
    Mais la testostérone et les oestrogènes qui circulent dans le sang vont atteindre aussi l'hypothalamus et elles agissent alors comme un régulateur (une rétroaction) pour freiner la production de GnRH.
    Evidemment vous allez poser la question : mais qu'est ce qui déclenche à l'origine l'expression du gène des kisspeptines? Pour le moment on ne sait pas et lorsqu'on le saura une autre question causale se posera probablement !!!

    A partir de la puberté ce cycle GnRH, --> FSH  + LH --> testostérone et oestrogènes et rétroaction de freinage et régulation va fonctionner régulièrement jusqu'à un ralentissement progressif à la vieilesse chez les hommes, à la ménopause chez les femmes. (voir le schéma ci-dessous).

    Ce sont aussi cette circulation d'hormones sexuelles qui vont en partie provoquer le désir et les pulsions sexuelles. Mais si chez l'animal c'est instinctif, chez l'homme (et en partie chez les grand singes), le cerveau émotionnel et le cortex contrôlent cette action et ont un rôle inhibiteur ou orientateur de ces phénomènes.
    Il est important de savoir que les variations de taux hormonal, surtout chez la femme, peuvent entrainer des variations d'humeur, voire des phénomènes cycliques d'angoisse et de stress.   

    Il est certain donc que la génétique a une action sur le déclenchement de la puberté et sur la régulation de notre vie sexuelle, qui est largement soumise aux variations plus ou moins normales de nos sécrétions hormonales.
    Des études ont montré le caractère héréditaire ou inné de certaines caractéristiques de ces productions d'hormones.
    Une partie de notre vie sexuelle est donc de nature innée. L'évolution a d'ailleurs apporté sûrement certaines règles instinctives destinées à protéger l'espèce et et à éviter notamment les mutation,s néfastes.
    Mais ces tendances sont fortement influencées par les coutumes et l'éducation : archétypes et tabous hérités de notre civilisation, les coutumes, règles morales et religieuses, éducation familiale et instruction scolaires, sentiments et valeurs propres à chacun de nous qui finalement en résultent (ce que les psy baptisent du nom barbare de “sur-moi”) et aussi les médias et le “regard des autres”.
    Il y a donc aussi une forte influence de l'environnement et de l'acquit

    Mais il faut se garder d'une confusion : les désirs sexuels, leur induction et leur régulation sont une chose.
    Le sentiment d'amour et le choix d'un partenaire en sont une autre différente.

    Nous ne sommes pas des animaux et nous ne choisissons pas notre partenaire par la détection d'une phéromone, ni pour son aptitude à procréer.
    Nos choix, (du moins s'ils concernent un véritable amour et non une aventure purement sexuelle)  sont intellectuels et sentimentaux, ils ne sont pas guidés par nos hormones.
    Dans le prochain article nous allons revenir sur l'orientation sexuelle, maintenant que nous avons acquis certaines connaissances, en nous posant la question qui préoccupait certain(e)s d'entre vous :
             l'homosexualité est elle innée ou acquise ?



Vendredi 7 mars 2008 à 16:39

Inné et acquit


    Dans le précédent article je vous ai montré comment notre patrimoine génétique déclenchait un processus chimique très complexe, qui permet la formation de milliards de neurones, puis leur migration vers des centres spécifiques et enfin la croissance de dendrites et d'axones qui se relient entre eux formant des millions de milliards de connections appelées “synapses”.
    Mais ce processus chimique a une certaine autonomie  et la phase terminale des connections est même aléatoire, de telle sorte qu'une partie de la formation de notre cerveau échappe à l'hérédité et même aux lois de la génétique.
    Toutefois nous n'avons  aucune action sur cette formation qui est donc “innée”

    Mais lorsque nous naissons, seuls les centres du cerveau qui régulent notre vie autonome fonctionnent normalement.
    Bien qu'ils possèdent les neurones nécessaires et même des connexions en nombre superflu, notre cerveau émotionnel n'a encore aucun sentiment et notre cortex ne réfléchit pas et le bébé perçoit bien peu de sensations à sa naissance.
    Nous allons donc maintenant voir l'évolution du cerveau après la naissance et nous constaterons l'énorme influence de l'environnement et de l'éducation sur cette évolution.

                    Le “démarrage” :

    L'environnement a déjà une très faible influence sur l'embryon avant sa naissance.
    Le mécanisme de l'ouïe fonctionne chez le foétus de six mois et il “entend” et son cerveau apprend à reconnaitre certains bruits répétitifs et familiers, de façon inconsciente car il ne sait pas ce qu'ils sont (c'est le cas de la sonnerie d'une horloge, de la voix de ses parents ...). La mémoire des sons commence à fonctionner.
    Le mécanisme du toucher  et de la perception de chaleur commence à fonctionner et engendre par l'intermédiaire de la moelle épinière des actes réflexes de mouvements, mais le cerveau ne commande pas encore les mouvements. Mais le bébé “bouge”.
   
    Le bébé vient de naître. L'hypothalamus met en route le processus de contrôle de la respiration et du fonctionnement autonome de la vie de ce nouveau corps qui doit maintenant s'assumer seul. Il commence à contrôler le sommeil et quelques instants d'éveil où les yeux s'ouvrent.
    Un réflexe instinctif provoqué par l'entrée d'air dans les poumons a provoqué les signaux nécessaires au déclenchement des processus des cris.
    Le bébé est aveugle, mais l'oeil perçoit de la lumière et les neurones des aires visuelles (à l'arrière de la tête au dessus de la nuque), reçoivent des signaux qui pour le moment, ne signifient rien pour elles.  Les neurones du tronccérébral battent la mesure à 40 hertz et le thalamus commence à faire ses cycles de coordination des sensations.
    Les aires du cortex sur le dessus du crâne reçoivent des informations sur le toucher, l'état de contraction des muscles et essaient de contrôler les mouvents réflexes jusque là laissés à l'initiative de la moelle épinière.

    Quelques jours : l'hypothalamus délivre des signaux de faim et de soif.et le réflexe de téter est là. Peu à peu le cortex associe des signaux qu'il reçoit du nez, de la langue et des lèvres qu'il relie à ceux de faim et à sa tétée, et si celle ci ne vient pas, il déclenche des cris. Bébé reconnait l'odeur de sa mère.
    Peu à peu les processus nécessaires à la vie se mettent en place.
    Le bébé est très myope (pour ne pas donner trop d'information au cortex qui ne pourrait tout traiter, car il ne sait pas encore), mais les aires visuelles s'habituent à voir les formes, les couleurs, les déplacements.

    Bébé a un mois. Sa myopie diminue. Il commence à voir les visages qui se penchent sur lui et le processus ultra-compliqué et ultra-performant de reconnaissance des visages commence à se mettre en place pour analyser lles visages familiers qu'il reconnaîtra vers 3 mois.
    Si cela intéresse mes lecteurs je pourrai vous expliquer dans un futur article, comment le cerveau reconnait les visages.
   
                L'apprentissage de son corps

    Quatre à huit mois, première phase d'apprentissage intensif..
    Les centres de la vision savent interpréter ce qu'ils voient et le cortex reçoit ces informations et sait maintenant commander les muscles. Mais il ne sait pas encore coordonner l'information et l'action et faire des mouvements “efficaces”.
    Un processus extraordinaire entre alors en jeu.
    Bébé veut attraper un objet, il essaie mais l'évaluation de la distance et la coordination avec le geste n'et pas bonne : il  passe trop loin. Pas de signal nerveux i: l faut recommencer.
    Cette fois il touche l'objet. Un centre du cerveau central “un “centre d'apprentissage” va libérer un peu d'un neuro-transmetteur , la dopamine, et des neurones dont les synapses utilisent ce neuro-transmetteur vont envoyer un petit signal au cortex  : c'est mieux. Le cortex modifie sa stratégie et Bébé va essayer de s'approcher plus; cette fois ci il saisit l'objet mais le lâche. Signal plus fort : on est sur la bonne voie. Dernier essai et l'objet est pris : beaucoup de dopamine et signal très fort : essai réussi.
    Si au contraire l'essai avait été moins bon, le siganl aurait été plus faible.
    Ainsi notre cerveau est guidé par un mécanisme de récompense ou de sanction, émis par ce centre d'apprentissage, qui permet d'optimiser les gestes et plus généralement les actions faites dans un but donné, en fonction de la réussite plus ou moins grande de l'approche du but.
    C'est ainsi que nous apprenons à utiliser nos perceptions et notre corps à maîtriser l'environnement et plus tard à marcher. C'est aussi pour le cortex le début de la réflexion et de l'organisation des actions. Il met ainsi au point des méthodes pour tous nos automatismes.
    Ce mode opératoire c'est le renforcement d'une série de connections, le renforcement des actions de certaines synapses qui représentent la séquence des opérations à réaliser.

    Finalement dans cette tâche d'apprentissage, c'est une recherche de mode opératoire par le cortex, qui est guidé par un censeur : les centres d'apprentissage, et qui finit, à force de répétitions et de mises au point successives,  par optimiser le processus.Si c'est une tâche relativement automatique, dès qu'il a réussi, il donne le mode opératoire au cervelet et passe à une autre tâche.
    Ce mode opératoire est ensuite mémorisé dans le cervelet qui pourra ensuite l'exécuter sans intervention du cortex, automatiquement et instinctivement.
    C'est ainsi que nous allons apprendre à nous servir de nos sens, de nos membres, à marcher et plus tard, comme ado ou adulte, à jouer du piano, au tennis, à taper sur un clavier, à nager, à être en équilibre sur un vélo ou une planche à voile, à conduire une voiture .....
    Tant que la tâche est routinière le cervelet l'assume sans que nous soyons conscients, mais quand une difficulté se présente, le cortex reprend le commandement des opérations.

    Le cervelet n'est pas le seul à avoir un apprentissage dans cette période.
Le bébé découvre son environnement et donc son cerveau reçoit une multitude de perceptions. Le thalamus coordonne vue, ouie, toucher goût, odorat et le cortex s'habitue à interpréter ces diverses informations et à se former une “cartographie” de son environnement.
    Deux centres se développent pour compléter le travail des centres de la vue : un centre qui identifie les images et les objets et un autre centre qui nous donne la cartogarphie de l'espace qui nous entoure.

    Cet apprentissage chez le bébé : attraper son biberon, se servir de ses mains, s'asseoir, marcher, se diriger, se fait de façon presque  inconsciente par essais successifs mais sans un effort de réflexion apparent.
    On a donc tendance à croire que c'est sinon inné, du moins naturel, automatique.
    Il n'en est rien. Nous pouvons beaucoup participer à la formation du bébé.
    L'aider dans ses gestes, lui donner des jeux qui puissent favoriser cet apprentissage, lui donner toute occasion de perfectionner ses systèmes de perception, de raisonnement certes simpliste, mais aussi de découverte et de créativité. Il va dans ces apprentissages dejà exercer sa mémoire toute neuve et prendre des habitudes, des règles de vie aussi.. C'est le début de la formation de son “goût”, les centres d'apprentissage se transformant peu à peu en “centres du plaisir”.
    Cet apprentissage, les parents, les puéricultrices des crèches et maternelles en sont en partie responsables. On ne le sait pas assez.

                Apprentissage devient formation du cortex

    Deux étapes cruciales dans la vie de l'enfant : apprendre à parler, puis à lire et à écrire.
    Là ce n'est plus inconscient. C'est un véritable travail pour le cerveau de l'enfant. Mais le mécanisme d'apprentissage joue toujours.
C'est le développement du centre de Wernicke qui comprend le langage, puis la lecture, du centre de Broca qui apprend la parole, puis l'écriture, du centre de Geschwind qui gère la mémoire du langage et des objets associés.
    Un remaniement complet de la mémoire intervient. Jusque là articulée autour d'images et de perceptions, elle devient linguistique en groupant dans des sites voisins les aiguillages vers les mots qui représentent des notions ou des objets de la même famille.
    Certes il y a un mécanisme, un automatisme de la parole, de la lecture et de l'écriture, qui devient inconscient et auquel le cervelet participe.
    Mais la signification des mots et des phrases est du ressort du cortex.
    L'enfant apprend là à réfléchir à émettre des idées à définir tout son environnement par les mots.
    L'enfant “devient intelligent” et là encore la responsabilité de ses parents et de ses éducateurs est énorme. Parler à un enfant, discuter avec lui, lui apprendre du vocabulaire et l'aider à connaître son environnement, lui faire découvrir les choses, l'habituer à réfléchir, à imaginer, à faire des hypothèses, à raisonner, à avoir du bon sens et à suivre des règles, à s'en imposer aussi, ce sont des choses primordiales qui peuvent décupler son développement et son intelligence (mais aussi quelquefois lui donner nos mauvaises habitudes ou des habitudes néfastes pour son avenir).
    On sous-estime notamment l'importance du jeu sur son développement et trop souvent de nos jours, on traite l'enfant comme une grande personne qu'il n'est pas, notamment par le développement de son cerveau.
   

                Et les sentiments me direz vous.?

    Paradoxalement si l'on connait un peu le fonctionnement du cerveau émotionnel, si l'on a identifié des centres qui interviennent dans les principales manifestations sentimentales : colère, peur, anxiété, rapports sociaux, émotivité, humeurs positives ou négatives, voire même amour maternel, on ne connait pas grand chose, ni sur le développement du cerveau émotionnel, ni sur le développement des “sentiments et émotions”
    En fait le problème est très complexe parce qu'il n'est pas limité au cerveau émotionnel, mais est l'affaire du cerveau tout entier avec de multiples actions réciproques.
    Les neurobiologistes manquent de moyens d'investigation et ne se sont pas suffisamment penchés sur ces problèmes, qui restent encore trop du domaine des seuls psychologues, sociologues et médecins.
    Cette période de l'enfance après la possession du langage est celle où l'enfant prend vraiment conscience d'exister, de son “moi” (je sais que certaines d'entre vous s'intéressent à la nature de ce “moi” et j'aimerais en discuter), et d'être différent des autres.
    Il apprend aussi  ce qui distingue les hommes des animaux : à imaginer ce que peuvent penser les autres, à anticiper leurs pensées et leurs raisonnements  et à s'en servir pour ses propres actions, mais aussi pour avoir barre sur autrui.

    Un phénomène important commence à se manifester : les centres d'apprentissage ne servent plus uniquement à automatiser nos processus, mais ont en liaison avec le cerveau émotionnel une action sur la mémoire de ce qui nous est bénéfique ou nuisible.
    C'est ainsi que quand il mange de la glace à la vanille ou de la glace au café, le nez et le palais envoient des infoemations qui, pour des raisons que l'on connaît mal (probablement de connexionx très complexes dans le cerveau émotionnel, vont déclencher une libération de dopamine et un signal positif au cortex et à la mémoire. L'enfant aimera la glade au chocolat et à la vanille.
    Les centres d'apprentissage vont donc “former les goûts” de l'enfant.

    Mais l'enfant est encore très influençable et là aussi parents et éducateurs ont une grande responsabilité : celle d'obliger l'enfant à multiplier les expériences pour qu'il puisse former ce goût, qu'il puisse comparer, l'obliger à goûter, sentir toucher, voir de multiples choses, discuter avec lui des différences et des réactions qu'elles provoquent, l'aider à argumenter et faire ses choix et trouver dans des images, livres, visites, la pluarlité des informations pour qu'il ait une certaine liberté dans ses choix, mais aussi qu'il ne se comporte pas comme un mouton.
   
    Enfin il faut être conscients pour comprendre le prochain de mes articles de la chose suivante : :

    Sur le plan de l'amour l'enfant est axé sur sa famille et donc sur l'amour des parnents, grands parents, frères et soeurs.
    Sur le plan de la sociabilité, sont importants pour lui les camarades de jeu et de classe. et l'amitié qui peut en résulter.
    De plus il a  des “représentations sentimentales”, par exemple les poupées, les peluches ou les animaux de compagnie.
    Mais contrairement à ce que croyait Freud, l'enfant n'a pas de préoccupation ni de désirs et refoulements sexuels.
    Même s'il sait comment on fabrique un bébé, si on lui a donné une certaine connaissance dans ce domaine, ce n'est pas un besoin pour lui.
    Rien ne se passe vraiment avant la puberté.
    Le cerveau de l'enfant est à la fois asexuel et bisexuel.

        L'adolescence : Centres d'apprentissages deviennent centres du plaisir.

    Un phénomène important va intervenir, en général au début de l'adolescence.
    La nature ( les lois de l'évolution), concidère que l'enfant ayant beaucoup appris en matière de mécanismes et d'automatismes, n'a plus autant besoin de ses centres d'apprentissages.
    Environ 30% des connexions des centres d'apprentissages vont disparaître et une partie de ces centres va se transformer en ce que les journalistes appellent “les centres du plaisir”.
    Je pourrai un jour vous en expliquer le fonctionnement si vous le désirez.   
    Ces centres fonctionnent comme les centres d'apprentissage en libérant  de la dopamine et donc en délivrant des signaux forts lors d'un événement ou d'une sensation agréables, (ou coïncidant avec un événement agréable), et ne délivrant aucun signal, mais en excitant au contraire des centres du cerveau émotionnel lors de sensations désagréables ou de coïncidence avec des événements désagréables.
    De même que nous maximisions les réussites de nos buts avec les centres d'apprentissages, nous maximisons les manifestations de plaisirs avec ces nouveaux “outils”
    En fonction donc des habitudes que prennent ces centres du plaisir, des sensations et événements qui accompagnent nos pensées, nos émotions, nos actions, ou les situations, l'ado va façonner ses goûts, ses joies, ses plaisirs mais aussi nos habitudes bonnes ou mauvaise, voire nos vices.

    Cette époque de l'adolescence est difficile pour plusieurs raisons :
    - L'ado est en partie privé des centres d'apprentissages auxquels il était habitué. Il a donc des difficultés passagères pour réaliserncertaines actions.
    - Il est confronté à ces “centres du plaisir” qu'il ne maîtrise pas.
    - Son cerveau préfrontal qui a entre autres, la tâche de prévoir les conséquences de nos actes n'est pas parvenu à maturité en matière de connexions, parce que l'enfant n'a pas eu l'occasion d'acquérir de l'expérience de ce genre de problème. L'ado ne mesure donc pas bien les risques et les conséquences de ses actes.
    - Il n'a pas l'expérience d'un adulte, est plus sensible, moins résistant au stress; il est beaucoup plus influençable.
    - Il se voit grandir et ressent un besoin d'autonomie et de liberté, mais en même temps, craignant de ne pas savoir l'assumer, il souhaiterait  rester enfant dans le nid familial. Dure contradiction.
    - Dans ce contexte difficile l'ado ressent plus que jamais le besoin d'être écouté, encouragé, aidé, conseillé, tout en jouissant d'une certaine autonomie et d'une certaine confiance.
    Et encore plus, il a besoin de tendresse et d'amour.
    - Et malheureusement il ne sait pas encore bien communiquer et parfois aussi craint que cette communication n'ait des conséquences désagréables et donc il ne se confie pas à ceux qui pourraient l'aider
   
    L'adolescence est certainement la période de sa vie ou l'enfant en route vers l'état d'adulte, mais dont le cerveau n'a pas encore les capacités et les connaissances et l'expérience pour assumer cet état, a le plus besoin de ses parents ou de “tuteurs référents” sur  lesquels il puisse s'appuyer et  qui le conduisent hors de l'enfance et de l'adolescence ( ex ducare, “conduire hors de”, c'est éduquer).
    Je suis très perplexe de constater avec mes guenons, que souvent les parents actuels, trop occupés par leur travail ou leur vie et ses problèmes, n'ont pas le temps ni quelquefois l'envie, de s'occuper des soucis et difficultés de leurs ados, qui sont ainsi délaissés, d'autant plus que la mode, l'influence des médias et des psys a entraîné une fâcheuse habitude : celle de considérer les ados comme des grandes personnes, sans s'apercevoir qu'ils sont à peine sortis de l'enfance.

    Et là, au mileiu des difficultés et problèmes de l'adolescence, arrive la puberté. Ce sera l'objet de mon prochain article.




Jeudi 6 mars 2008 à 14:35

Inné et acquit

    Dans un des commentaires à propos de mon article sur l'homosexualité, “Ankou” m'écrit :

“....le déterminisme; c'est un sujet qui m'intéresse énormément... Mais difficile, car il y a une part de génétique (c'est indéniable), d'hormonal, de culturel (le contexte socioculturel du pays dans lequel tu vis), il y a le rôle de l'éducation et des avis de la famille... Dur de trouver comment ça se fait... Mais une chose est sure : on ne choisit pas d'être homo. On l'est, à la naissance”

    Je suis d'accord avec toi sauf sur un point : on n'est pas plus homo à la naissance qu'on n'est délinquant ou saint.
    La sempiternelle question de l'inné et de l'acquis est une source sans cesse renouvelée de faux problèmes et de malentendus.
    Je vais essayer de vous expliquer le plus simplement possible. Ce sera un peu à nouveau un cours de SVT, mais c'est difficile de faire autrement et pour ne pas vous endormir, je ferai plusieurs articles..

    Il faut que je commence par la génèse du cerveau chez l'embryon.
Ce sera l'objet de cet article qui va nous permettre de différencier ce qui est génétique et ce qui est inné et les mécanismes d”acquisition ultérieure.

    Dans l'article suivant je ferai la différence entre l'apprentissage instinctif chez le bébé, l'acquisition volontaire chez l'enfant, puis l'acquisition progressive des connaissances des goûts et des habitudes de plaisir et de déplaisir.

    On pourra dans un troisième article reparler d'homo et de bisexualité.

    Pendant les quinze premiers jours de la gestation, l'ovule fécondée se multiplie, mais reste relativement indifférenciée. Entre les 7ème et 10ème jours, elle se fixe sur la paroi de l'utérus et continue à se développer ainsi que le placenta qui la nourrit.
    La troisième semaine de développement débute par une réorganisation cellulaire importante, des marqueurs chimiques d'origine génétique dirigeant une première différenciation en trois types de cellules qui vont conduire à la formation d'une part des poumons, des intestins et du foie, d'autre part  des os, des muscles, du système vasculaire, des reins et des organes reproducteur et enfin  “ l'ectoderme ” , qui donnera naissance à la peau et au systèmes nerveux central et périphérique.

    Durant cette troisième semaine on voit apparaître au milieu du foetus, ce qu'on appelle une plaque neurale, qui se “fend” dans le sens de la longueur et se ferme peu à peu. (figure 1), la tête se formant ensuite autour du haut de la plaque qui sera le cerveau, alors que le reste de la plaque donnera naissance au système nerveux périphérique. (figure 2)


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4220984.jpg
  http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4220986.jpg














http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4220999.jpg













  
Au début de la quatrième semaine le haut de cette plaque se divise en cinq parties qui donneront peu à peu naissance aux diverses parties importantes du cerveau que j'ai décrites dans d'autres articles. (figure 3). Le cortex deviendra la couche extérieure du cerveau, qui pense, maîtrise le langage, perçoit et commande notre motricité. Le cerveau émotionnel sous-jacent régira sentiments et émotions, le thalamus coordonne nos sensations et perceptions, et le corps calleux fait communiquer les deux hémisphères droit et gauche.
    

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/4220993.jpg    La photo (figure 4) montre l'extrémité supérieure d'un embryon de 4 semaines qui pèse environ 2 grammes et a quelques millimètres de large et 2 cm de long environ, et sur lequel on voit bien l'ébauche du cerveau et autour ce qui deviendra la tête

    Les premiers neurones se forment à la fin de la 4ème semaine. Dès le 33ème jour, on constate un développement différencié de la moelle épinière et du cerveau. Entre le 2ème et le 5ème mois, la formation des neurones atteint son maximum; elle s'achève quelques mois après la naissance. Par la suite nous ne fabriquerons plus de neurones, mais au contraire, nous en perdrons en vieillissant.
    Les centres du cerveau essentiels à la vie végétative se forment en premier
    La première ébauche du cortex apparaît après six semaines de gestation
    Il va peu à peu se former 100 milliards de neurones dans notre cerveau qui en moyenne vont avoir 10 000 connexions chacun, ce qui représente (10 puissance 15) synapses (les connexions entre axones et dendrites, à prédominance chimique) avec des densités jusqu'à 250 000 synapses par millimètre cube. C'est un énorme chiffre !
    Ce sont ces innombrables synapses et connexions qui sont la base du fonctionnement de notre cerveau, car tout ce qui est “pensée”, perception, réflexion, décision, mémoire, sentiments, se résume en des réseaux de connexions.

    La plupart des neurones vont migrer sur des distances appréciables à l'échelle de l'embryon, de quelques millimètres, pour atteindre la zone qui leur est dévolue où ils pourront se différencier et avoir une fonction déterminée. Ils font ce déplacement en “rampant” le long d'un réseau particulier de cellules de soutien, (comme sur une autoroute), guidés par des “marqueurs chimiques” que l'on appelle “facteurs de croissance”.
    Puis les axones vont “pousser” comme les bourgeons et les tiges d'une plante, et se diriger vers les “cibles” que sont les dendrites d'une certaine population de neurones nécessaires à la bonne marche de cette fonction. Les axones vont continuer à se diriger vers les dendrites cibles à quelques fractions de millimètre près, attirés ou repoussés par des "sémaphores" chimiques et aidés par un réseau de “cellules de soutien” et des "colles" temporaires“, puis il y a jonction avone dendrite avec formation d'une synapse, grâce à "molécules de reconnaissance", et enfin un signal chimique d'arrêt de croissance des axones.
    Les premiers contacts synaptiques simples apparaissent vers la dixième semaine mais ne sont vraiment généralisés qu'au cours du cinquième mois de gestation. Durant le septième mois, le développement synaptique se fait de manière extensive dans toutes les régions du cerveau. Les synapses continuent de se former à un taux très rapide après la naissance et atteignent leur densité maximale entre six et douze mois après la naissance.

    Je vous ai donc décrit le plus simplement possible, un processus chimique très complexe de formation des réseaux de neurones et surtout de la croissance de leurs prolongements (axones) sous l'effet de marqueurs chimiques spécialisés. Ces marqueurs sont commandés par notre patrimoine génétique.
    Il y a donc une part d'hérédité dans la formation de notre cerveau, puisque nos gènes proviennent de nos parents, mais ce processus chimique d'expression des gènes a une certaine autonomie et donc il y a aussi une part d'influence génétique qui peut être autre que l'hérédité.
    Cette influence génétique donne naissance à des centres qui, bien qu'ayant la même fonction, ne sont pas identiques d'un individu à l'autre. Cela se traduit par des qualités et des déficiences différentes de fonctionnement et surtout par des possibilités différentes : c'est la partie génétique de nos “préférences cérébrales” dont je vous parle parfois.
    Mais un facteur supplémentaire d'incertitude intervient : les marqueurs chimiques amènent l'axone jusqu'à une très faible distance de sa cible (quelques centièmes de millimètre), c'est à dire dans une population de neurones ayant des fonctions précises,mais à partir de là, les connexions se font “au hasard” et donc sans contrôle génétique.
    C'est pour cela que les cerveaux de deux “vrais” jumeaux (monozygotes, c'est à dire issus de la même ovule), bien que très ressemblants, sont malgré tout  différents car les connexions ne sont pas identiques.
    Nos cerveaux sont donc tous différents, mais jusqu'à la naissance nous n'avons pas de pouvoir sur leur formation. C'est cela la partie innée. (dans laquelle il y a une parte héréditaire, une partie gébétique et une partie aléatoire).
    Mais nous allons voir qu'ensuite, après la naissance, notre action sur la formation de notre cerveau est immense.

    En effet pendant surtout les deux premières années de notre vie de bébé, mais encore par la suite, certaines connexions vont évoluer et pourront changer de destination jusqu'à l'âge adulte.
    Au départ nous avons un nombre de synapses très superflu pour un fonctionnement correct du cerveau. La façon dont nos allons utiliser notre cerveau va influer sur son contenu
    Les connexions les plus utilisées vont  se renforcer et les autres disparaître, façonnant ainsi des réseaux de neurones uniques à chaque individu. Il y aura même disparitions de certains neurones inutilisés
    En formant une multitude de synapses dans la phase précoce de son développement, le cerveau peut ensuite sélectionner les combinaisons qui fonctionnent le mieux pour perfectionner ses circuits.
    La phase d'élimination sélective des synapses débute quelques mois après la naissance  et va amener une diminution de 60 % des synapses lorsque le cerveau devient celui d'un adulte mature.
    En outre une gaine isolante de myéline se forme autour des nerfs et augmente considérablement la vitesse du signal d'influx nerveux et donc la vitesse de réacrion et le rendement du fonctionnement du cerveau. La myélinisation du cortex commence juste après la naissance et se poursuit jusqu'à environ 18 ans, bien que certaines régions du cerveau soient complètement myélinisées bien avant.

    Les neurones du cortex conservent aussi durant toute la vie une grande plasticité. car ils peuvent modifier l'intensité et la durabilité de connexions entre neurones en fonction de ce que nous apprenons à faire ou de ce que nous mémorisons. S'il n'en nétait pas ainsi, nous ne pourrions plus rien faire après 30 ans environ.
    Cette capacité de modifier l'efficacité des connexions synaptiques est beaucoup moins marquée dans les régions cérébrales plus primitives comme le le cerveau central, l'hypothalamus notamment et le tronc cérébral.

    Dans le prochain article, je reviendrai sur les mécanismes qui nous permettent consciemment ou inconsciemment de modifier notre cerveau en changeant l'importance de ses connexions internes entre réseaux de neurones.



Mercredi 5 décembre 2007 à 17:40

Inné et acquit

Je voudrais vous expliquer simplement pourquoi nos yeuxont une certaine couleur.

    D'abord regardez le schéma d'un oeil : il ressemble à celui d'un appareil photo. :
le cristallin c'est le zoom qui ajuste la distance de vision pour que l'image soit nette, la rétine c'est la pellicule photo-sensible ou les micro-capteurs de l'appareil numérique, et l'iris, le diapragme : c'est un muscle dont le diamètre varie, qui contrôle la quantité de lumière qui entre dans l'oeil par la pupille, celle ci étant l'objectif de l'appareil, derrière la cornée, sorte de “capot” protecteur transparent..

    L'iris contient des pigments qui lui confèrent une certaine couleur. 

 


    Par contre vous ne connaissez peut être pas la “sclérotique”, cette membrane solide qui entoure et protège l'oeil et que l'on voit dans le "blanc" des yeux, et la “choroïde”, (en rouge sur le schéma), une membrane entre la sclérotique et la rétine.
    Cette choroïde a de multiples propriétés
    D'abord elle contient de multiples vaisseaux sanguins et nourrit donc les cellules de la rétine et de l'iris.
    Très pigmentée elle va participer à la coloration des yeux.
    Partiellement transparente, mais réfléchissant certains rayonnements (notamment l'infra-rouge), elle protège la rétine contre des effets thermiques, rend l'intérieur de l'oeil analogue à la chambre noire d'un appareil photographique, et réfléchit et diffracte plus ou moins de lumière suivant les espèces animales et les individus.
Chez des animaux comme le chat, elle a un grand pouvoir de réfraction et renforce donc considérablement la sensibilité de l'oeil, qui par ailleurs possède davantage de bâtonnets sensibles au faibles lumières. Le chat voit donc assez bien dans l'obscurité, là où l'homme ne voit rien.

    Lorsqu'on photographie un visage au flash, l'iris n'a pas le temps de se fermer suffisamment, et la choroïde protège la rétine en réfléchissant l'excès de lumière reçue et l'on voit alors les vaisseaux sanguins qui la tapissent : c'est l'origine des “yeux rouges” des photos au flash.

    La couleur des yeux est due aux pigments qui existent principalement dans l'iris, mais aussi dans la choroïde, le principal pigment de l'iris étant la “mélanine”, de couleur noire, mais d'autres pigments interviennent à un moindre degré.
    La densité de ces pigments est variable et c'est leur répartition qui donne la couleur de l'oeil, exactement comme votre imprimante couleur reconstitue les diverses couleurs par le mélange d'une multitude de petits points de trois couleurs primaires dont les densités par unité de surface varient.

    La couleur de vos yeux est essentiellement héréditaire, c'est à dire transmise par les gênes du père et de la mère. Ces gènes composés d'ADN, donnent naissance à des ARN (acides ribo-nucléiques messagers), qui permettent la synthèses de protéines (on a dû vous apprendre celà au lycée!).
    Parmi les protéines, l'enzyme tyrosinase permet d'accumuler plus ou moins de mélanine au moment de la formation et de la croissance de l'oeil.

    Si une personne est démunie de tyrosinase, (raison génétique), son oeil est dépourvu de mélanine. Son iris et sa choroïde seront incolores et on ne verra que les vaisseaux sanguins.
    En général en l'absence de mélanine, la personne aura des cheveux blancs ou blonds très clair. C'est pourquoi les “albinos” ont les yeux rouges.
   
    Les enfants naissent sans mélanine, aussi ont ils les yeux bleus. S'ils ont le gène "bleu",, leurs yeux resteront de cette couleur. S'ils ont le gène "marron", (qui est dominant alors que le gêne bleu est récessif), celui-ci va s'exprimer ensuite, et permettre la coloration de l'iris, par production de mélanine en plus ou moins grande quantité, ce qui donnera des variantes de coloration.
    En fait les gênes "yeux bleus" ou "yeux marron" n'est pas le seul à intervenir (c'est une simplification faite dans les cours de génétique du lycée). Il est responsable à 75% de la couleur des yeux, mais d'autres gênes interviennent, notamment pour induire la quantité et la répartition de mélanine et également pour la couleur verte des yeux.

    Les personnes aux yeux bleus ne possèdent pas de mélanine dans l'iris (elles en ont quand même un peu dans la choroïde). La couleur bleue n'est pas le fait d'un colorant.
    L'œil apparaît alors bleu pour la même raison que l'eau profonde nous apparaît bleue. L'iris disperse la composante bleue de la lumière plus que les autres couleurs qui sont partiellement absorbées. L'iris semblera alors bleu puisque c'est surtout le bleu qui sera réfléchi notamment par la choroïde.
   
    Pour les yeux noirs / marron / bruns / gris, c'est une question de densité du colorant (la mélanine). Pour cela, le gène "marron" détermine que de la mélanine sera synthétisée dans l'iris. En plus de ce gène, il y a plusieurs autres gènes qui interviennent pour déterminer dans quelle partie de l'iris, et en quelle quantité, cette mélanine sera produite. D'où des variations dans l'intensité de la coloration.

    Pour les yeux verts ou verts avec souvent des reflets dorés, c'est un autre gène qui intervient à la manière du gêne bleu (récessif).

    Enfin pour les yeux “pairs” ou “vairons” c'est à dire de couleurs différentes, on pense que c'est le plus souvent une mutation d'une cellule au niveau embryonnaire, cellule qui sera à l'origine d'un des deux iris, dont la couleur sera alors différente de celle “prévue” à l'origine et qui est celle de l'autre oeil.

    La génétique qui détermine la couleur des yeux est différente suivant les espèces animales.
    Elle est plus compliquée pour le chat. Il semblerait qu'elle mette en jeu quatre couleurs, dont le jaune qui serait un gène dominant. C'est pourquoi beaucoup de chats ont les yeux jaunes ou jaune-vert. Certains ont aussi les yeux bleus (absence d'autres colorants).
    Les yeux pairs sont assez fréquents et peut être dûs à un gène qui empêche le colorant de s'exprimer dans un oeil (un oeil jaune ou vert et l'autre bleu).

Mercredi 6 décembre 2006 à 15:16

Inné et acquit

   

    J'ai reçu à plusieurs reprises des mails qui me demandaient ce que je pensais du cerveau des “casseurs” ou des “délinquants”.

    C'est vrai que les médias ont jeté une certaine ambiguité sur un rapport qui prétendait - disaient elles - que l'on peu déceler très tôt - chez un tout jeune enfant - un délinquant, et  qu'en quelque sorte nous serions ainsi prédestinés.
    A mon avis rien n'est plus faux que cette assertion !
    Je n'ai pas eu le temps de répondre personnellement à mes correspondant(e)s, mais j'écris ce texte à leur intention.

    On ne naît pas bon ou méchant, on ne naît pas avec un cerveau de bandit de casseur ou d'assassin.
    Quand on naît, nos cerveaux sont presque “vides”, à part les circuits nécessaire à notre survie et notre vie; c'est à dire qu'ils ont plus de 100 milliards de neurones avec en moyenne 10 000 connexions possibles par neurone et ce sont ces connexion qui vont composer notre être, et il y a tellement de possibilités différentes (plus de 10 puissance 15 !), que nous sommes évidemment tous différents, même deux jumeaux.
    Mais c'est un énorme potentiel.!
       
    Lorsque notre cerveau se forme chez l'embryon, notre patrimoine génétique gère la croissance des cellules et donc des neurones et de leurs prolongements.
    Mais cette formation n'est pas entièrement génétique car seule les grandes orientations de la formation du cerveau sont réglées par des facteurs de croissance génétiques. Les croissances finales des axones et les premières liaisons se font en partie “au hasard”. Deux jumeaux ont donc des cerveaux différents.
    A notre naissance certaines connexions entre certaines parties de notre cerveau se font donc plus ou moins facilement : ce sont nos préférences cérébrales, et finalement notre “personnalité”.   
    Au moment de la naissance il y aura beaucoup trop de connexions potentielles, qui sont présentes, mais qui ne continueront à exister que dans la mesure où elles sont utilisées. (Par exemple si on bande un oeil à un chat nouveau né, la partie de son cerveau qui interprète les images se mettra au service du seul oeil valide et les autres connexions vont peu à peu disparaître; et même si on enlève le bandeau au bout de quelques semaines, bien que cet oeil soit en bon état, le chat ne récupèrera pas la vision de cet oeil.  il sera “cervicalement” borgne).
    Ce qui va donc former notre cerveau, ce sont d'abord les expériences que le bébé va faire en regardant autour de lui, en essayant d'attraper les objets, de se redresser de se déplacer, d'apprendre à marcher, puis à parler, puis à réfléchir, avoir des sentiments, penser, agir.
    Au début et même pendant l'adolescence, de nouvelles connections vont se faire entre les neurones, mais d'autres vont être supprimées, et elles représentent notre apprentissage progressif, notre mémoire des faits et notre expérience, mais aussi les règles logiques ou d'organisation qui nous permettent de penser et d'agir; également tout ce que nous apprenons en classe et plus encore, tout ce que nous apprendrons ensuite tout au long de notre vie.
    Par conséquent une partie très importante de cette personnalité et surtout tout le savoir et les règles que l'on va emmagasiner et qui règleront notre conduite, dépendent de l'apprentissage, de ces connexions qui vont s'établir peu à peu, tout au long de notre vie et surtout pendant notre enfance et notre jeunesse
    Un enfant qui doit apprendre tout seul à attraper des objets, à se tenir debout , à marcher, sera en retard de plusieurs mois, voire de plusieurs années sur un enfant qui a l'aide d'une autre personne (notamment ses parents). Seul, un enfant ne peut apprendre à parler. Et un enfant qui n'a aucune communication avec autrui devient fou et meurt.

    Et c'est au travers de l'exemple qu'ils donnent, des orientations ou des règles qu'ils inculquent à leur enfant, notamment avant l'adolescence, que les parents lui apprennent à se comporter convenablement “en humain”. L'école, les camarades, les lectures tout y contribue.
    Bien sûr cela se poursuit au cours de l'adolescence, mais si l'essentiel n'a pas été emmagasiné avant, l'ado devient vite ingouvernable.
    Mais c'est au cours de l'adolescence que l'ado doit, au contact des autres, parents, camarades, autres adultes, l'école, les activités externes, qu'il va peu à peu apprendre à réfléchir comme un adulte, à s'assumer et assumer ses actes, à devenir une grande personne respnsable, qui pourra peu à peu, être indépendante.
    Toute cette “éducation” ne touche pas uniquement l'intelligence, mais aussi les sentiments, et l'instruction scolaire, la lecture, les discussions (la culture !) sont autant de facteurs qui contribuent au développement de cette intelligence et de cette mâturité.
    J'ai eu l'occasion de m'occuper de personnes de 40 ans environ, qui ne savaient ni lire ni écrire. Leur cerveau était capable d'intelligence, mais le manque d'instruction, de lectures, le handicap que constitue l'illettrisme, l'ont considérablement limitée.
    Par contre j'ai eu l'occasion, au Sahara, d'apprendre à lire et à écrire et de m'occuper d'un jeune “esclave” de dix ans, que j'avais “acheté” 100 francs à des nomades du désert, et ce gosse a poursuivi ses études et est très intelligent.
    C'est pour cela qu'il faudrait que les jeunes comprennent que le travail fait en classe conditionne leur avenir intellectuel et même sentimental et qu'il vaudrait mieux faire, pour eux mêmes le maximum d'efforts.


Mercredi 6 décembre 2006 à 15:14

Inné et acquit



    Pour en revenir aux casseurs, aux délinquants, si leurs parents ne leur ont donné aucune règle, si malheureusement au chômage ces parents n'ont pu ni leur donner une vie correcte, ni même leur donner un exemple suffisant, s'ils les ont laissé aquérir n'importe quel apprentissage au contact de copains plus ou moins voyous, s'ils leur ont laissé sécher l'école, s'ils en ont perdu le contrôle lorsqu'ils sont devenus ados, ces jeunes n'ont effectivement aucune des règles morales qui sont les vôtres (et les miennes ) et ne respectent ni leur environnement ni même les autres humains. Au contraire, ils ont appris une "morale" néfaste et contraire à la nôtre : celle de leurs copains voyous.

    De plus ils n'ont plus rien à espérer, car ils n'ont pas développé leur intelligence, ne savent rien faire, et sont voués au chômage.

    Je ne cherche pas à excuser leurs gestes, la violence n'est jamais une solution et encore moins si elle touche d'autres humains; je suis donc d'accord sur le fait qu'il faut remettre de l'ordre et punir ceux qui font de telles horreurs, mais je crois qu'il faut quand même chercher à comprendre et à bien mesurer les responsabilités.
    Car il y en a parmi eux qui entraînent les autres et ceux là doivent être punis plus sévèrement. Il y a parmi eux des trafiquants, des délinquants, qui font du traffic de drogue, d'objets volés, et d'exactions de toutes sortes et qui ne veulent pas que la police vienne mettre le nez dans leurs affaires. Ceux là aussi il faudrait les mettre hors d'état de nuire.
    Mais il y a aussi des très jeunes, probablement pas très intelligent, à qui on n'a donné aucune “formation morale et civique” et qui, entraînés par les autres, trouvent très amusant de faire des bêtises.
Certes il faut qu'ils soient punis, mais ce n'est pas entièrement leur faute et il faudrait surtout leur apprendre à se comporter autrement.
    Il y a ausi des “provocateurs”, qui sont là, payés par on ne sait qui, pour mettre le “feu aux poudres” et entraîner les irresponsables dans une spirale de viiolence.

    On traite souvent tous les délinquants d'anormaux, mais ils ne sont pas nés comme cela (sauf malformation du cerveau, ce qui est rare) la société et leur famille sont responsables de ne pas avoir su les rendre intelligents.
    Ils n'avaient peut être pas l'aptitude de génies, mais tout homme a un minimum de potentiel d'intelligence, et les génies font aussi des âneries parfois !  Il y a aussi les jeunes (et les adultes) qui croient aux voyantes, aux mages, au satanisme et autres absurdités au plan scientifique ... et qui sont les mêmes qui se laissent prendre par des escrocs.

    L'homme ne sait pas de lui même ce qui est bien ou mal, si on lui a pas appris , soit certaines règles, soit par l'exemple, ses lectures, sa réflexion, à apprendre et à définir ce qui est bien et mal, sans que cela s'oppose trop à la morale de son voisin.
    Je ne dirai pas qu'il y a “un bien et un mal” unique. Je ne veux pas mettre en cause les morales des diverses religions.
    Et j'ai discuté (dons mes déplacements pour mon travail), avec des personnes de pays, soit chinois ou japonais, soit arabes, voire même avec les américains et j'ai constaté que les morales (ce qui est bien ou mal) étaient très différentes des nôtres et entre elles.
Même le “prix de la vie humaine”.
    Les gens de la rue ne préfèrent pas le mal. On ne leur a pas appris ce qui était le bien et c'est pour cela qu'ils sont dans la rue à faire des âneries.
    Et pour les délinquants c'est souvent la même chose.

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast