Mardi 5 avril 2016 à 8:54

Eveil, sommeil, rêves

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    J’ai déjà fait plusieurs articles sur le sommeil; et le besoin de sommeil.
    Les français dorment en moyenne, une heure de moins qu’il y a 50 ans !!
Deux jeunes correspondants me demandent de préciser les besoins en sommeil et quelels sont les conséquences d’un sommeil insuffisant.

    La durée moyenne de sommeil nécessaire à un adulte est de 8 heures par nuit. pour un jeune collégien, ce serait 9 heures et plus pour un enfant. Ne parlons pas du nourrisson qui dort 18 à 20 heures par jour, mais lui n’a pas de téléphone portable et ne va pas sur internet.

    Des études récentes montrent que 90 % des étudiants ne respectent pas cette durée et que 20% d’entre eux dorment moins de 6 heures par nuit.
    Chez les collégiens les pourcentages sont moindres mais tout aussi alarmants.
    Les causes sont bien connues :
        - principalement les écrans : télévision, mais surtout jeux sur ordinateurs et téléphones portables. Les réseaux sociaux et SMS sont les principaux responsables d’un temps pris sir le travail ou le sommeil.
        - la quantité de travail pour certains élèves. C’est surtout le cas dans les classes de prépa et de BTS, moins à la fac et au lycée.
        - le manque de sport est aussi un facteur important : pas assez d’exercice englue le corps dans un manque d’entraînement, empêche une dépense suffisante de calories et une oxygénation bénéfique. La fatigue liée au sport est salutaire et elle fait dormir, comme le grand air.
        - l’alimentation. Un mauvais régime alimentaire, constitué majoritairement de restauration rapide et trop peu équilibré, nuit à la qualité du sommeil, de même que les boissons sucrées ou le café.
        - certains médicaments pris pour  veiller ou pour réviser. Les drogues et l’alcool, notamment le cannabis.
        - il est possible que la lumière des écrans, notamment des led voire même les ondes wi-fi et téléphoniques, diminuent la production de mélatonine, l’hormone du sommeil.

    Chez les adultes plis âgés l’hyper connexion est moins prenante, mais le stress et la fatiguz résultant du travail est une source d’insomnies.

    Les conséquences :
    - à court terme elles sont bien connues : la fatigue : plus de 50% des élèves et des étudiants ont du mal à se lever le matin. Le manque d’attention et de concentration qui en résulte.. Moins connue la baisse de capacité de la mémoire, car le sommeil élimine les souvenirs inutiles et fait de la place pour de nouvelles informations
    - à long terme, un sommeil insuffisant en permanence peut avoir des conséquences plus graves encore : obésité, diabète, stress et dépression et affaiblirait les défenses immunitaires.
       
    Il est certain que le rythme de vie s’est accéléré par rapport à la société d’il y a 50 ans.  L’utilisation des écrans s’est généralisée, et même si on ne passe pas beaucoup de temps en  sms et sur les réseaux sociaux, on se sert beaucoup de l’ordinateur, et c’est une fatigue mentale et un  manque d’exercice certain. Cela ne favorise pas le sommeil.

    On ne répète pas assez que le sommeil est fondamental pour le cerveau : il permet d’affaiblir les liaisons des neurones qui ont emmagasiné une information inutile à terme (la presque totalité de ce que nous percevons), et les rend donc apte à recevoir de nouvelles informations.
    Sans sommeil notre cerveau « s’encrasse » et se paralyse peu à peu. Une semaine sans sommeil, voire beaucoup moins pour certains, et c’est le coma puis la mort.

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Lundi 23 novembre 2015 à 16:16

Eveil, sommeil, rêves

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     Vous avez sûrement déjà proposé du café à vos convives, le soir après un bon dîner. Et vous avez eu trois sortes de réponses : « avec plaisir », « non merci j’ai peur de ne pas dormir », et « avez vous du décaféiné s’il vous plaît ? »
    Est ce si évident ? En ce qui me concerne, le café agirait comme une tisane chaude et me donnerait plutôt sommeil; mais si j’en bois deux tasses, alors si je le réveille à 3 ou 4 heures du matin, j’aurai du mal à me rendormir.
    Est ce psychologique, Y est on plus ou moins sensible. S’y habitue t’on ?

    Comment agit la caféine, qui est l’alcaloïde que contient le café et qui est un stimulant et qui est identique à la théine (du thé) et à la matéine (du maté). (En chimie, elle s’appelle « triméthylxanthine ».
    Sachez qu’elle joue le rôle d’insecticide dans certaines plantes, car elle tue les insectes en s’attaquant à leur système nerveux.
    Elle est rapidement absorbée par notre intestin et arrive au cerveau 5 à 10 minutes après l’absorption, et arrive à franchir la barrière hémato-encéphalique car elle ressemble à l’adénine, qui est une base présente dan s tout l’organisme à l’origine de nombreuses synthèses de molécules indispensables à l’organisme.
    Un autre molécule très importante est l’adénosine. Celle ci intervient dans la structure de l’ADN, et surtout sous forme d’adénosine triphosphate, est le fournisseur d’énergie des cellules et notamment des neurones.
    De nombreux neurones ont des récepteurs d’adénosine, et notamment au niveau du bulbe, du cerveau basal et du cortex, où sa fixation sur ces récepteur fait passer de l’éveil au sommeil.
    Elle produit des microblocages dans le cœur et dilate les principales artères.

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    La caféine dont la formule chimique est voisine de l’adénosine, se fixe sur les mêmes récepteurs, mais n’agit pas sur eux. Par contre elle empêche ensuite l’adénosine d’agir sur ces récepteurs. On constate une augmentation de l’activité nerveuse, avec libération d’adrénaline et de dopamine, une augmentation de la pression artérielle et du rythme cardiaque. Elle augmente la capacité de travail du cerveau.
    Elle entraîne des relâchements des sphincters et a notamment une action diurétique.
    Donc il est exact que la caféine contrarie le sommeil.
    Par ailleurs la libération de dopamine rend agréable sa consommation.

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    En fait nous ne sommes pas égaux devant les effets de la caféine.
    Elle est en effet éliminée par l’organisme, grâce à des enzymes présentes dans le foie, mais la rapidité de cette élimination est très variable d’un individu à l’autre.
    La moitié de la caféine est éliminée chez des personnes normalement sensibles en 3 à 4 heures, mais cette durée peut doubler pour des femmes prenant la pilule. Elle est moindre chez les fumeurs. Elle est beaucoup plus grande pour les bébés (30 heures », et pour les animaux mammifères, de telle sorte que l’absorption de caféine est beaucoup plus dangereuse pour eux.

    Des chercheurs ont identifié les gênes codant le mécanisme du blocage de l’adénosine par la caféine, et ils ont constaté que ce gène existait sous deux formes.
    L’une de ces deux formes semble prédisposer à l’action plus importante de la caféine, et donc à un phénomène d’endormissement plus important.
    Par contre, si on prive de sommeil ces personnes pendant 40 heure, la caféine produit un effet excitant qui les rend beaucoup plus performantes que les autres personnes, porteuses de l’autre forme de gène et moins sensibles à l’effet de la caféine.
    De plus les effets du café soient aussi modulés par des facteurs variés, (poids, âge, consommation de nicotine, prise de contraceptifs ou état de grossesse qui agissent sur la vitesse d'élimination de la caféine par l’organisme.

    Si aucune dépendance physiologique ne peut être imputée à la caféine, les chercheurs n'excluent pas la dépendance psychologique attachée au confort d'une meilleure vigilance ou de performances intellectuelles accrues grâce à la capacité de concentration psychique que permet la caféine et à la libération de dopamine.
    Des effets gênants de la caféine (nervosité, anxiété, agitation musculaire) peuvent devenir plus habituel et la limitation de café qu’ils entrainaient diminue.
    Les études semblent indiquer qu'une consommation faible à modérée de caféine, correspondant à moins de 5 tasses par jour, n'a pas d'effet négatif notoire sur la santé.

Mardi 6 octobre 2015 à 8:49

Eveil, sommeil, rêves

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     Je lisais un article sur des cas assez particuliers de personnes qui n’ont (d’après elles « jamais rêvé de leur vie pendant leur sommeil, - ou plus exactement ne se sont jamais souvenu d’un rêve au réveil (environ 0,4 % de la population).
    Le service des « Pathologie du sommeil » de la Salpétrière, à Paris, a étudié ces cas, et montre que les patients rêvent néanmoins, comme les autres humains - enfin tout dépend de ce qu’on appelle rêver !
    Je vous ai souvent parlé du sommeil et des rêves. (voir notamment l’article du 28/12/2014).
    Pour plus de clarté, j’appellerai « rêve », les scènes dont nous pouvons ensuite nous souvenir, et « pseudo-rêve »; celles dont nous n’avons aucune conscience par la suite, et c’est donc comme si elles n’existaient pas.

    Toutes les images, et autres sensations, inutiles que nous avons enregistrées inconsciemment  ne font qu’encombrer notre mémoire à court terme. De même des renseignements utiles pendant un moment (où ai-je garé ma voiture?) et qui ne le sont plus en fin de journée.
        Par ailleurs, certains souvenirs désagréables peuvent nous harceler. Certains problèmes que nous avons sont souvent renvoyés vers le cortex préfrontal, pour qu’il réfléchisse à une solution et c ela nous dérange souvent.
    Enfin, avant de dormir, nous avons pensé à diverses idées et inconsciemment cela a été mémorisé.-
          Le cerveau, pendant le sommeil, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 999‰), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement).
        Puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), et il éliminera aussi les souvenirs des pensées que nous avons eu avant de nous endormir, dans la mesure où nous n’avons rien trouvé de nouveau ou d’important.
           Le cerveau remet donc de l'ordre dans la mémoire et rend en particulier de nombreux neurones à nouveau disponibles pour la journée suivante.

    Pour éliminer toutes ces sensations superflues, il va se servir des centres d’interprétation correspondants. Les sensations sont récupérées dans la mémoire par nos centres habituels d'interprétation des sensations : visuel, auditif, olfactif, sensitif ou gustatif. Au plan physiologique, tout se passe comme si arrivaient dans ces centres, des images réelles venues des yeux, des sons en provenance de nos oreilles etc..
    Par exemple, pour les images le centre d’interprétation primaire de la vison va traiter l’information comme si elle provenait de l’oeil. Mais en fait ce sont des images « reconstituées par la mémoire » et nous les appelleront des « pseudo-images internes ».
    La différence entre éveil et sommeil est d'une part que ces sensations lorsqu'elles viennent de nos sens éveillés, représentent la réalité et sont donc cohérentes, alors que, dans le sommeil, elles viennent de façon totalement aléatoire, sans suite logique et sont donc peu cohérentes. D'autre part, alors que nous sommes conscients d'une partie des sensations lorsque nous sommes éveillés, car certaines des informations importntes sont transmises au cortex préfrontal qui réfléchit et pense, alors que le cortex cingulaire antérieur focalise notre attention, ous n'avons au contraire aucune conscience du phénomène lorsque nous dormons, car le cortex préfrontal et le cortex cingulaire antérieur sont mis en veilleuse et coupés de la plupart des informations provenant des autres centres du cerveau.
    Toutes ces « pseudos-sensations » présentes dans nos centres d’interprétation des sensations constituent donc, pendant notre sommeil, des « pseudos-rêves », qui dureront toute la nuit, mais dont nous n’aurons aucune conscience au réveil.
      Mais supposons que nous nous réveillons pendant quelques secondes seulement , (ce qui peut arriver plusieurs fois dans la nuit et nous nous rendormons aussitôt), ou définitivement le matin.
        Alors ces sensations (images sons etc...) vont être transmises à nouveau par le thalamus au cortex frontal, qui sera donc conscient d'une suite de sensations, peu cohérente et d'autant plus difficile à interpréter que son fonctionnement à l'état éveillé n'est pas entièrement revenu à la normale. Là c’est un « vrai rêve ».
    Le cortex préfrontal, encore à moitié réveillé, essaie d'interpréter comme il peut ce qu'il reçoit et le renvoie en mémoire avec les explications qu’il a pu trouver, et qui peuvent être absolument farfelues, surtout si l’éveil n’a duré que quelques secondes et qu’il n’a pas eu le temps de réfléchir.
        Après notre sommeil, nous aurons alors le souvenir d'un rêve, avec une certaine cohérence car le cortex frontal a essayé d'arranger les sensations de façon logique, mais aussi des aspects incohérents et farfelus, car il a fait au mieux, mais avec un ensemble de sensations qui était peu logique à l’origine et alors que lui même n’était pas au mieux de sa forme. 

    Le service de la Salpétrière a montré grâce à l’IRM que ces patients avaient les mêmes phases de sommeil que les autres dormeurs. Il ont une mémoire tout à fait normale, ainsi qu’une bonne représentation des images mentales. Ils font comme tout le monde, des « pseudo-rêves ».
Ils ont ^même souvent, un sommeil très agité par ceux ci. Et l’iRM permet de savoir en partie de quoi ils ont rêvé.
    La différence c’est qu’ils ne font pas de micro-réveils. Donc rien n’est transmis au cortex préfrontal et ils ne se souviennent pas des pseudo-rêves, transformés par l’éveil en « rêves réels »

Mercredi 9 septembre 2015 à 10:45

Eveil, sommeil, rêves

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    Pour beaucoup de jeunes, septembre est la reprise des études et d’une vie plus réglée, : se lever plus tôt, faire attention aux cours, revoir le soir ce qu’on a fait et retenir l’essentiel, faire des exercices…
    Malheureusement beaucoup de jeunes continuent à veiller le soir et ne comprennent pas que le sommeil est essentiel pour la réussite de leurs études.
    Le sommeil est évidemment un repos pour le corps et pour l’esprit car l’organisme et le cerveau récupèrent après les fatigues de la journée. De nombreux mécanismes biologiques se mettent en veille ou diminuent d’intensité et l’énergie consommée (notamment par le cerveau qui consomme en temps normal 20% de notre énergie), diminue de façon notable.
    Mais l’essentiel au plan des études c’est le fonctionnement de la mémoire.
J’ai déjà fait de nombreux articles à ce sujet (voir la catégorie « notre cerveau, mémoire, inconscient… ») et j’ai plusieurs fois développé le rôle du sommeil d’une part dans l’élimination des souvenirs inutiles, de la diminution d’intensité des souvenirs nocifs, et au contraire, du renforcement des données que nous souhaitons garder en mémoire.
    Je vais à nouveau résumer et compléter ces informations.

    Nos sens fournissent tous les 1/40 ème de seconde des informations multiples que notre cerveau interprète. La plupart sont effacées dans les secondes qui suivent. Mais Beaucoup de ces informations sont stockées en mémoire à court terme, pour quelques minutes ou quelques heures, voire plus si elles sont liées à une émotion, ou si nous avons procédé à une répétition des informations, comme lorsque nous cherchons à retenir un  grâce aux cours.
    On ne connait pas bien le processus de cette mémoire à relativement court terme, dans laquelle les neurones qui représentent l’information retenue, sont liés entre eux, leurs connexions ayant été renforcées, mais étant encore peu stables et donc fragile.
    Un progrès a été fait récemment grâce aux expériences dirigées par Géraldine Rauchs et Pierre Maquet du groupement Ciceron à Caen.
    En examinant à l'IRM fonctionnelle le cerveau des volontaires pendant l'apprentissage, ils ont constaté que l'activité de l'hippocampe, le « professeur » de la mémoire, était plus forte lorsque l'on essayait de retenir un mot que lorsque l'on essayait de l’oublier.  L'hippocampe procéderait, lors de l'apprentissage, à une sélection des groupes de neurones associés aux informations que l'on veut retenir, qui recevraient ainsi une sorte de marquage.

    Ensuite intervient le sommeil, comme je l’ai plusieurs fois décrit.
    Les souvenirs considérés comme inutiles, sont rappelées par l’hippocampe et de façon inconsciente, renvoyés vers les centres d’interprétation et les connexions des neurones correspondants sont éliminées. Cela permet de rendre disponibles ces neurones pour le futur.
    De même nous avons des souvenirs qui sont nocifs pour l’équilibre du cerveau, des préoccupations obsédantes dont nous voudrions bien nous débarrasser, des problèmes que nous avons ressassées avant de nous endormir. Le cerveau ne peut les éliminer complètement, mais il essaie d’en diminuer l’importance. Il renvoie donc ces souvenirs avec ceux inutiles vers les centres d’interprétation. Les connexions ne seront pas éliminées, mais légèrement amoindries.
    Toutes ces sensations sont envoyées vers les centres d’interprétation notamment images vers les centres d’interprétation de la vue, et ceci de façon désordonnée et en vrac.
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    Cela se fait de façon inconsciente, puisque nous sommes endormis, mais s’il se produit un réveil, même un micro-réveil de quelques secondes, le cortex préfrontal qui est le chef d’orchestre du cerveau à l’origine de nos pensées, est tout à coup conscient de ces images et sensations, essaie de les interpréter, ce qui n’est pas possible, puisqu’elles sont aléatoires et incohérentes.
    C’est l’origine de nos rêves et il ne faut pas d’étonner d’une part qu’ils soient illogiques voire farfelus, et d’autre part qu’ils correspondent souvent à certaines de nos préoccupations ou aux problèmes auxquels nous avons pensé avant de nous endormir, mélangés à des souvenirs de la journée précédente, par exemple aux images que nous avons vues la veille à la télévision.

    A l’inverse de cet oubli, pour les souvenirs ou informations que nous voulons conserver et qui ont été étiquetées comme telles par l’hippocampe, celui ci va les les réévoquer plusieurs fois et en quelque sorte les faire circuler dans tous le cerveau émotionnel, dans ce que l’on appelle le « circuit de Papez ». les connexions entre neurones constituant un souvenir ou une connaissance se renforcent alors à chaque évocation, et le souvenir est alors renforcé à plus long terme.
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    Le sommeil est donc indispensable pour que nous retenions ce qui s’est passé, mais aussi les connaissances que nous voulons acquérir, en fixant les connexions entre les neurones qui les constituent.
    Ce processus sera plus facile du fait que le sommeil aura aussi éliminé les souvenirs et informations inutiles, faisant ainsi de la place dans notre cerveau.   
    Les biologistes estiment que, pour un jeune, pour être dans une configuration normale d’activité de son cerveau, il faut au minimum 8 heures de sommeil et de préférence 9 ou 10 heures, pour reposer l’organisme et permettre à la mémoire de se mettre à jour, et qu’au dessous de ces 8 heures, de façon répétée, les mécanismes de mémoire et d’attention ne sont plus suffisants pour permettre des études normales.

Dimanche 28 décembre 2014 à 8:20

Eveil, sommeil, rêves

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Nous avons vu dans les articles précédents que notre mémoire conservait à court terme des données sans intérêt, soit qu’elles ait été conscientes et soient devenues inutiles, soit qu’elles soient dans notre inconscient.
    Que des événements traumatisants pouvaient soit nous hanter jusqu’à constituer un harcèlement ou au contraire provoquer des blocages.
    Enfin nous avons tous nos préoccupations qui reviennent périodiquement à l’esprit, notamment le soir avant de s’endormir.
    Ce sont ces images, ces scènes, qui sont les « matériaux » de nos rêves.

    Ci dessous le schéma concernant la mémorisation d’images, publié avant hier, pour que  vous puissiez le comparer au schéma concernant la transmissions d’images internes pendant le sommeil
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/memorisationeveil.jpg    En ce qui concerne les rêves, j’ai expliqué qu’on ne rêvait que lorsque l’on se réveillait (au moins pour un microréveil qui dure à peine une seconde), et par contre on lit souvent que l’on rêve toute la nuit.
    Ce n’est pas contradictoire : c’est une question de vocabulaire.

    J’appellerai rêve, les scènes dont nous pouvons ensuite nous souvenir, et pseudo-rêves celles dont nous n’avons aucune conscience par la suite, et c’est donc comme si elles n’existaient pas.

    Toutes les images, et autres sensations, inutiles que nous avons enregistrées inconsciemment  ne font qu’encombrer notre mémoire à court terme. De même des renseignements utiles pendant un moment (où ai-je garé ma voiture?) et qui ne le sont plus en fin de journée.
    Par ailleurs comme nous l’avons vu dans l’article sur la mémorisation, certains souvenirs désagréables peuvent nous harceler. Certains problèmes que nous avons sont souvent renvoyés vers le cortex préfrontal, pour qu’il réfléchisse à une solution.
    Enfin, avant de dormir, nous avons pensé à diverses idées et inconsciemment cela a été mémorisé.-
      Le cerveau, pendant le sommeil, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 999‰), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement).
    Puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), et il éliminera aussi les souvenirs des pensées que nous avons eu avant de nous endormir, dans la mesure où nous n’avons rien trouvé de nouveau ou d’important.
    Au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement).
    Le cerveau remet donc de l'ordre dans la mémoire et rend en particulier de nombreux neurones à nouveau disponibles pour la journée suivante.

    Pour éliminer toutes ces sensations superflues, il va se servir des centres d’interprétation correspondants, selon le schéma ci dessous (qui toutefois ne traite que des images pour être plus simple et que l’on peut comparer au schéma ci-dessus de mémorisation pendant l’éveil).
    Ces sensations sont récupérées dans la mémoire par nos centres habituels d'interprétation des sensations : visuel, auditif, olfactif, sensitif ou gustatif.
Au plan physiologique, tout se passe comme si arrivaient dans ces centres, des images réelles venues des yeux, des sons en provenance de nos oreilles etc..
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    Il va renvoyer toutes les informations mémorisées vers ces centres qui vont les traiter comme s’ils recevaient une information de l’organe de perception : pour les images le centre d’interprétation primaire de la vison va traiter l’information comme si elle provenait de l’oeil. Mais en fait ce sont des images « reconstituées par la mémoire » et nous les appelleront des « pseudo-images internes ».
    En même temps, au moins pour les images inutiles, les connexions entre les neurones participant à la mémorisation pour ces données ne seront plus renforcées, ce qui équivaut à l’effacement de ces images. (flèches rouges sur le schéma)
    Pour les autres données, notamment celles qui nous dérangent, elle ne seront qu’un peu diminuées.
    La différence entre éveil et sommeil est d'une part que ces sensations lorsqu'elles viennent de nos sens éveillés, représentent la réalité et sont donc cohérentes, alors que, dans le sommeil, elles viennent de façon totalement aléatoire, sans suite logique et sont donc peu cohérentes. D'autre part, alors que nous sommes conscients d'une partie des sensations lorsque nous sommes éveillés, car le thalamus oscille à 40hz et communique avec le cortex préfrontal, alors que le cortex cingulaire antérieur focalise notre attention, par contre, nous n'avons au contraire aucune conscience du phénomène lorsque nous dormons, car le thalamus n’oscille plus qu’à 3 ou 4 hertz et le cortex préfrontal et le cortex cingulaire antérieur sont mis en veilleuse et coupés de la plupart des informations provenant des autres centres du cerveau.
    Nous ne somme donc pas conscient des pseudo-sensations pendant notre sommeil et nous n’en aurons donc aucun souvenir au réveil. Il ne s’agit donc pas de rêves mais de « pseudo-rêves » qui dureront toute la nuit, surtout pendant le sommeil paradoxal. (flèches rouges sur le schéma

    Mais supposons que nous nous réveillons pendant quelques secondes seulement , (ce qui peut arriver plusieurs fois dans la nuit et nous nous rendormons aussitôt), ou définitivement le matin.
    Alors ces sensations (images sons etc...) vont être transmises à nouveau par le thalamus au cortex frontal, qui sera donc conscient d'une suite de sensations, peu cohérente et d'autant plus difficile à interpréter que son fonctionnement à l'état éveillé n'est pas entièrement revenu à la normale. Là c’est un « vrai rêve ». (en bleu sur le schéma).
    Le cortex préfrontal, encore à moitié réveillé, essaie d'interpréter comme il peut ce qu'il reçoit et le renvoie en mémoire avec les explications qu’il a pu trouver, et qui peuvent être absolument farfelues, surtout si l’éveil n’a duré que quelques secondes et qu’il n’a pas eu le temps de réfléchir.
    Après notre sommeil, nous aurons alors le souvenir d'un rêve, avec une certaine cohérence car le cortex frontal a essayé d'arranger les sensations de façon logique, mais aussi des aspects incohérents et farfelus, car il a fait au mieux, mais avec un ensemble de sensations qui était peu logique à l’origine et alors que lui même n’était pas au mieux de sa forme. 

    De plus, si nous sommes réveillés un peu plus longtemps que quelques secondes, le thalamus va augmenter a sa fréquence de fonctionnement et pourra alors envoyer éventuellement quelques sensations réelles, perçues par nos sens, au cortex préfrontal, (en vert sur le schéma), qui est encore en train de chercher à interpréter les pseudo-sensations du rêve. Il ne fera pas de différence par exemple entre las images réelles et les pseudo images déjà reçues, et il essaiera d’interpréter l’ensemble.
    C’est la raison pour laquelle certains événement qui se produisent au moment où on se réveille, peuvent être amalgamés avec d’autres incohérents, au milieu du rêve. (en vert pointillé sur le schéma).

    J’espère que maintenant, vous comprenez mieux la nature de nos rêves et leur contenu.



Dimanche 14 décembre 2014 à 7:50

Eveil, sommeil, rêves

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      La mélatonine, souvent dénommée hormone du sommeil, est une hormone fabriquée par une petite glande du cerveau, l’épiphyse (ou glande pinéale qui se trouve sous le Thalamus), pendant la nuit, du fait qu’il n’y a pas de lumière.. Sa sécrétion régule les rythmes quotidiens (les rythmes circadiens), en fonction de la luminosité et informe l’organisme sur la saison en fonction des variations de la durée du jour.
    Pendant le jour l’organisme fabrique un neurotransmetteur, la sérotonine, stocké dans l’épiphyse, qui est ensuite transformée la nuit en mélanine, avec un maximum vers 5 heures du matin.
    Il semble que la mélatonine qui diffuse dans le sang , y agisse aussi comme une hormone, et interviendrait dans la glycémie, dans l’appétit, comme antioxydant (et donc anticancéreuse); elle interviendrait aussi pour augmenter la réponse immunitaire notamment des lymphocytes T.
    Elle agirait aussi sur notre libido, en la diminuant, surtout chez les femmes.

    J’ai fait déjà des articles sur notre « horloge biologique » les 18, 19 et 21 décembre 2010 et les 7 et 8 août 2011).


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/glandepineale.jpg    Je résume en quelques phrases :
    Dans un centre particulier de notre cerveau, les noyaux suprachiasmatiques de l’hypothalamus, tous les jours, avec un cycle de 24 heures, des gènes s’expriment et codent la synthèse de protéines, avec des pics de concentration quotidiens.
    On a identifié vers l’an 2000 dans la rétine de l’oeil un pigment activé par la lumière, la “mélanopsine” qui active des neurones qui transmettent leur information aux neurones des centres suprachiasmiques, l’horloge centrale et la recalent sur le jour.
    Quand vient l’obscurité, cette horloge émet une substance particulière, la “mélatonine”, produite par la glande pinéale,  qui recalera les horloges secondaires sur la nuit et provoquera le sommeil.
    La mélatonine diffuse dans le sang et aidée par le système sympathique qui envoie des influx nerveux dans tous les organes vitaux, l’horloge centrale recale les horloges secondaires du cœur, du foie (glycémie) du pancréas (insuline), et des tissus adipeux.
    Le fonctionnement de notre système de vie est ainsi recalé sur le jour et la nuit.
    C’est ce qui explique que notre rythme de vie, et même notre moral, sont très sensibles aux saisons, à la lumière et l’ensoleillement, et au décalage horaire (notamment aux changements heure d’hiver, heure d’été), car il y a un certain conflit entre notre mode de vie et notre horloge biologique.

    Ces réminiscences pour mieux comprendre un article que je viens de lire, de psychiâtres statisticiens suisses, qui ont suivi le sommeils de leurs patients les nuits de pleine lune, et ont constaté qu’ils dorment 20 minutes de moins, mettent une demi-heure de plus à rêver, et leur sommeil total est diminué de 10% tandis que leur sommeil profond réparateur et diminué de moitié !!
    Ce n’est pas l’influence de farfadets ou des loups garous des Alpes, mais seulement de la mélatonine, dont la production serait réduite de moitié par l’éclairage lunaire.

    Personnellement j’en ai déduit que les patients en cause devaient être soignés soit pour avarice, soit pour flemme aigüe, car ils auraient pu fermer les rideaux de leur chambre à coucher, mais ils ne s’en sont peut être pas payés.
    Je ne me suis encore jamais aperçu que la pleine lune m’empêchait de dormir !!
Par contre j’aime bien la photographier, au petit matin, depuis mon jardin sur le toit.

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Dimanche 30 novembre 2014 à 7:42

Eveil, sommeil, rêves

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   Une correspondante me raconte, un  peu effrayée, qu’elle regardait la télé, mais fatiguée s’est endormie une quinzaine de minutes, et quand elle s’est réveillée et a repris la suite du film, elle se rappelait certaines paroles des acteurs dites pendant son sommeil. Est ce possible?
    Un autre correspondant, étudiant, me dit qu’il retient mieux ce qu’il a appris s’il dort ensuite, et qu’il a entendu dire que s’il écoutait de la musique pendant son sommeil, il retiendrait encore mieux ! Qu’en est il ?
    Une troisième correspondante m’a raconté autrefois qu’elle entendait des voix pendant son sommeil et que cela continuait lorsqu’elle se réveillait, et qu'elle était alors comme paralysée. Est ce anormal?
    Nous avons tous une façon de dormir qui nous est particulière, notre cerveau ne réagissant pas toujours de la même façon, selon les circonstances et par rapport à d’autres personnes. Cependant les propos ci-dessus ne sont pas mystérieux et il ne s’agit surtout pas de phénomènes paranormaux ou de manifestations de l’au delà.

    Entendre des voix pendant son sommeil est normal : c’est le rêve. Mais si vous lisez les articles que j’ai déjà fait à ce sujet, vous avez lu que le rêve est fait de tout ce que le cerveau évacue, comme sensations, de façon entièrement aléatoire, pour libérer le plus possible notre mémoire. Nous n’en n’avons pas conscience, sauf lorsque nous nous réveillons car la images, sons, senteurs et sensations de toucher ou de nos organes sont retransmises à nouveau au cortex préfrontal qui réfléchit. Mais comme il n’est pas encore complètement actif, il confond ces sensations internes désordonnées avec de vraies sensations externes et essaie de les expliquer rationnellement, ce qui est évidemment impossible. D’où les éléments irrationnels des rêves.
    Par ailleurs, pendant notre sommeil, notre cerveau inhibe les neurones qui commandent nos mouvements (sauf ceux des yeux).
    Or nous mettons plus ou moins de temps pour nous réveiller vraiment (pour que notre conscience soit active, c’est à dire que notre cortex frontal ait une activité normale).
Ce temps peut être différent d’un jour à l’autre et d’une personne à l’autre.
    Donc si nous ne sommes pas tout à fait réveillés, nous croyons entendre les voix de nos rêves, comme si c’était quelqu’un d’extérieur qui parlait autour de nous.
    Et l’inhibition du mouvement de nos membres n’est pas encore levée et donc notre cortex frontal, qui se réveille, a l’impression d’une paralysie, qui va passer au fur et à mesure de l’arrivée de la conscience.
    Rien que de pus naturel à tout cela !

    Retenir mieux après avoir dormi : oui cela a été démontré par beaucoup d’études ayant soumis des groupes à la même épreuve de mémorisation, puis avoir fait dormir les uns et veiller les autres. Ceux qui avaient dormi ont toujours eu de meilleurs scores, probablement parce que le sommeil d’une part élimine les souvenirs inutiles et d’autre part recycle ce qu’on doit mémoriser, augmentant ainsi la connexion entre neurones de mémorisation.
    Certaines de ces études semblent montrer de meilleurs scores lorsqu’on écoute de la musique douce en dormant, mais je reste assez sceptique sur ces résultats.

    Et on peut entendre des personnes extérieures pendant qu’on dort et même comprendre ce qu’elles disent.
    Une équipe française (mais je ne me rappelle plus laquelle), avait entraîné une vingtaine de personnes à appuyer sur un bouton de la main droite si on prononçait un nom d’animal, et sur un bouton dela main gauche s’il s’agissait d’un objet autre. On enregistrait par ailleurs leur cerveau en RMN pour voir quels étaient les neurones du cortex moteur qui fonctionnaient.
    On laissait s’nedormir les patients et on leur faisait à nouveau entendre des noms d’objets et d’animaux, pendant leur sommeil? Certes leurs membres, inhibés par le sommeil ne bougeaient pas, mais les mêmes centres du cerveau étaient activés, comme s’ils voulaient commander la main droite ou gauche, et cela à bon escient.
    Donc non seulement les patients endormis avaient entendus les noms, mais en avaient compris le sens et différencié les animaux des autres objets.
    Il n’est donc pas impossible que ma correspondante ait retenu quelques répliques du film, pendant lequel elle s’était endormie.

Samedi 24 mai 2014 à 8:12

Eveil, sommeil, rêves

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     Quand on manque de sommeil, on a des trous de mémoire et des difficultés à apprendre, les erreurs sont nombreuse et la fatigue s’accumule, la concentration est de courte durée et on a des difficultés pour lire ou écouter et réfléchir, et on décroche souvent dans les conversations.

    Vladgslav Vgazovskig et ses collègues, de I'Université du Wisconsin, ont découvert que le cerveau est alors déjà en partie endormi, même si nous ne le savons pas et que nous semblions, aux yeux des autres, éveillés. 
    C'est ce que l'on appelle dormir debout.
    

    Les neurobiologistes  ont implanté dans le cerveau de rats de laboratoire 16 électrodes recueillant l'activité des neurones en diverses zones cérébrales, et ont soumis
les animaux à des périodes de plus en plus longues de privation de sommeil. Ils ont constaté que certains neurones entrent dans un état caractéristique du sommeil, notamment l’émission des ondes lentes caractéristiques du sommeil lent.
    Certaines parties du cerveau des rats dorment déjà, alors même que les animaux déambulent dans leur cage et réalisent divers tests, dont les résultats sont de plus en plus mauvais au fur et à mesure que le nombre de groupes de neurones endormis augmente.

    Les pertes d'attention et les baisses de performances généralement attribuées au manque de sommeil résulteraient ainsi du fait que le cerveau dort en partie, présentant une mosaïque de zones éveillées et endormies, le véritable sommeil nécessitant une fusion de toutes ces zones.
    Un tel état intermédiaire de semi-sommeil pourrait servir à reposer alternativement des groupes de neurones, sans priver l'animal sauvage de sa capacité à veiller sur son environnement et de se protéger contre l’action d'éventuels prédateurs. Chez d'autres animaux, tels les dauphins et de nombreuses espèces d'oiseaux, un des deux
hémisphères cérébraux dort pendant que l'autre veille. Les mammifères domestiqués terrestres, (tels les vaches ou les chevaux par exemple), se contentent de dormir debout.

    Cela vous arrive t’il de vous sentir ainsi à moitié endormi(e) ?

Lundi 24 février 2014 à 7:53

Eveil, sommeil, rêves

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              Il ne se passe pas de mois sans qu’un mail me demande ce qu’il faut penser de l’interprétation des rêves et beaucoup de blogs sur Cow posent la question.
              Cela me rappelle que, quand j’étais gosse, j’avais traduit un passage de Suétone, historien latin, qui relatais un songe de Jules César.
              Celui-ci Il rêve qu'il viole sa mère, et gêné par ce rêve, il va interroger un prêtre qui donne son interprétation : César violera Rome, sa mère-patrie, en lui imposant sa volonté malgré les résistances de la cité. Suétone pense même qu’il deviendra le maître du monde, la Terre, notre mère à tous.
              Peut être que ce rêve a incité César à prendre Rome !
              Mais malgré cette brillante interprétation, tous les scientifiques - et même Freud - s’accordent à dire que les rêves n’ont aucune valeur prédictive.

    Comment se forment les rêves ?
             Le cerveau remonte de la mémoire toutes les images, les sensations de la journée, plus certaines correspondant aux dernières pensées que nous avons eu avant de dormir, ainsi que d'autres relatives à nos principales préoccupations.
            Ces sensations sont récupérées dans la mémoire par nos centres habituels d'interprétation des sensations : visuel, auditif, olfactif, sensitif ou gustatif.
            Au plan physiologique, tout se passe comme si arrivaient dans ces centres, des images réelles venues des yeux, des sons en provenance de nos oreilles etc...
            La différence est d'une part que ces sensations lorsqu'elles viennent de nos sens éveillés, représentent la réalité et sont donc cohérentes, alors que, dans le sommeil, elles viennent de façon totalement aléatoire, sans suite logique et sont donc peu cohérentes. D'autre part, alors que nous sommes conscients d'une partie des sensations lorsque nous sommes éveillés, par contre nous n'avons aucune conscience du phénomène lorsque nous dormons.
            Le cerveau, dans ce mécanisme de remémorisation, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 99%), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement).
            Le cerveau remet donc de l'ordre dans la mémoire et rend en particulier de nombreux neurones à nouveau disponibles pour la journée suivante.
            Le sommeil est donc indispensable à la santé et aux performances de notre cerveau. Quelqu'un privé de sommeil pendant plusieurs jours, finit par avoir un fonctionnement cérébral et une conduite incohérents, presque analogues à ceux d'une personne ayant une maladie mentale grave.
    Cela c’est l’activité du cerveau pendant toute la nuit, mais ce ne sont pas des rêves, car nous ne rêvons….. que quand nous sommes éveillés.
    En effet, supposons que nous nous réveillions, ne serait ce que quelques secondes, et même si nous nous endormons ensuite. Alors ces sensations (images sons etc...) vont être transmises au cortex frontal, qui sera donc conscient d'une suite de sensations peu cohérente et d'autant plus difficile à interpréter que son fonctionnement à l'état éveillé n'est pas entièrement revenu à la normale.
            Le cortex préfrontal, encore à moitié réveillé, essaie d'interpréter comme il peut ce qu'il reçoit et le renvoie en mémoire avec les explications. Après notre sommeil, nous aurons alors le souvenir d'un rêve, avec une certaine cohérence car le cortex frontal a essayé d'arranger les sensations de façon logique, mais aussi des aspects incohérents et farfelus, car il a fait au mieux, mais avec un ensemble de sensations qui était peu logique à l’origine et alors que lui même n’était pas au mieux de sa forme.

    A la lumière de ces données comment, non pas donner une interprétation, mais expliquer l'origine de nos rêves, et quelles informations peut on en tirer ?
            La remémoration de sensations inutiles de journées passées ne nous sert à rien et ajoute seulement à l'incohérence, vu leur mélange aléatoire.
            Ce qui peut être intéressant, c'est ce qui correspond à nos préoccupations et ce à quoi nous avons pensé avant de nous endormir (ce qui correspond aussi souvent à des problèmes conscients), ainsi qu’à nos émotions.
            Nous pouvons aussi parfois remonter des informations relatives à des blocages, que le cerveau voudrait éliminer, dont l'origine est souvent traumatique (accident, violence, maladie, etc...), et là ce blocage devient en partie conscient.
            Les rêves ne peuvent donc être "interprétés", mais ils peuvent fournir des renseignements sur les préoccupations que vous avez, souvent à l'origine de stress, voire même sur des blocages inconscients du cerveau émotionnel et sur les conséquences de nos émotions profondes..
            Ils peuvent donc apporter une aide, mais dénuée de toute symbolique, dans la recherche de nos préoccupations, leur connaissance, et donc la recherche de solutions à nos problèmes.

    Les médecins et les scientifiques ont évidemment étudié les cauchemars et pensent que ces rêves sont empreints d'une charge émotionnelle très forte pouvant aller jusqu'à la terreur nocturne, avec un retour à la réalité difficile, notamment pour les enfants.
    Beaucoup d’entre eux se produisent pendant le sommeil profond, et pour ceux du sommeil paradoxal, des liens de cause à effet ont été identifiés. Une personne stressée ou névrosée va revoir régulièrement dans ses rêves, des ­situations de mal-être angoissantes et notamment si elle a subi un traumatisme psychologique profond, comme un bombardement, une agression, un viol, une mise en danger de mort ou perçue comme telle. Dès qu'elle s'endort, le cauchemar revient, comme si le cerveau ­répétait inlassablement le traumatisme.
    On peut agir sur les cauchemars.
    Des psychiatres américains, pendant la deuxième guerre mondiale, distribuaient des barbituriques à des soldats traumatisés jusqu'à ce que leur cauchemar débouche sur un «rêve se finissant bien». Forcé de ­dormir, le pilote d'un bombardier s'étant écrasé en entraînant la mort de tous ses ­camarades, a ainsi fini par rêver qu'il posait son avion sur un lac et qu'il retrouvait ses camarades autour d'un verre au mess de la base.
    Il a pu au moins dormir, mais cela ne lui a pas enlevé son traumatisme.

Mardi 13 août 2013 à 8:31

Eveil, sommeil, rêves

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            Certaines de mes correspondantes sont étonnées quand elles se rappellent avoir entendu des bruits réels pendant leur sommeil.
            Ceci n'a rien d'étonnant car le sommeil ne nous coupe pas complètement du monde, pour des raisons de sécurité.
 
            Bien entendu, nos yeux étant fermés, nous n'avons pas de signaux visuels, et comme nous ne mangeons pas, notre goût n'a pas l'occasion de fonctionner..
            Par contre nous avons, pendant le sommeil, une certaine sensibilité aux sons et aux odeurs.
 
            L'odorat est peu sensible pendant le sommeil. Si on soumet une personne endormie à une odeur relativement neutre, la personne n'a aucune réaction. Par contre si on la soumet à une odeur âcre, irritante, des réactions se produisent, pouvant aller, lorsque la concentration est suffisante jusqu'au réveil dans la moitié des cas, si le sommeil est léger et dans un tiers des cas dans un sommeil paradoxal.
 
            Par contre la personne endormie est relativement sensible aux sons. Soumis à un son de 80 décibels (le bruit d'un moteur de voiture), les dormeurs sont réveillés dans 82% des cas.           
 
            La douleur est le signal le plus perçu. Au même niveau que les sons en cas de sommeil léger, par contre la douleur reste encore perçue en cas de sommeil paradoxal et même de sommeil profond.
 
            Les signaux des odeurs sont analysés par le bulbe olfactif, puis sont transmises via le cerveau émotionnel éventuellement au cortex préfrontal. Elles atteignent aussi le thalamus par une voie parallèle.
            Les sons par contre passent directement par le thalamus qui les envoie ensuite (comme les signaux de vision) vers les centres d'interprétation. C'est le thalamus qui ensuite alerte éventuellement le cortex préfrontal.
            Les signaux d'odeurs et de sons sont donc déformés par une certaine filtration, mais ils peuvent cependant parvenir atténués, jusqu'à la conscience, au point de réveiller l'individu, en cas de danger supposé.
            Lorsque l'on parle à un dormeur dont on relève les signaux électriques et magnétiques transmis dans le cerveau, on constate des impulsions dans certains cas particuliers : par exemple quand on prononce le nom ou le prénom du dormeur.
            Pourtant le thalamus fonctionne très différemment pendant le sommeil, car au lieu de transmettre des signaux à une fréquence de 40 hertz, il ne fonctionne plus qu'à une fréquence de 4 hertz environ (voir mon article du 6/2/2013).
            Malgré ce fonctionnement au ralenti, le thalamus laisse passer des signaux de sons, même s'il les déforme légèrement.
 
            Un autre phénomène est l'influence sur nos rêves des perceptions que nous pouvons avoir lors de micro-réveils, ou de réveils plus importants. On m'en parle de temps à autre, et c'est toujours un problème que d'en comprendre l'origine.
 
         Enfin pour répondre à la question “est ce qu'un stimulus sensoriel peut provoquer un rêve”, il faut bien distinguer les sensations passées mises en mémoire que l'on élimine et qui sont le matériau des rêves (dont on a ou non conscence) et les stimuli pendant le sommeil.
         Pour les stimuli extérieurs qui se produisent pendant le sommeil, la réponse est oui dans la mesure où ce stimuli nous réveille pendant au moins un court instant. Ce peut être aussi un stimulus dû au fonctionnement de notre corps.
         Je vais prendre trois exemples un peu extrêmes pour me faire comprendre :
 
    - je dors et on fait tomber un gros objet par terre dans la chambre voisine qui me sort quelques secondes de mon sommeil au moment où j'éliminais des images dérangeantes vues la veille au journal télévisé, sur les guerres en Afrique. Mon cortex qui se réveille essaie de raccorder un grand bruit au images et il me “raconte” que je suis au milieu des combattants et qu'un obus est tombé pas loin.
 
    - je dors et il y a de grands coups de vent qui mugissent dans ma fenêtre entrouverte, alors que j'élimine des images d'une sortie en mer la veille, images inutiles parce que non extraordinaires. Ce bruit me réveille quelques secondes et mon cortex me suggère qu'un coup de vent arrive sur mon bateau et qu'il faut se dépêcher de déborder les voiles et de me mettre au rappel.
 
    - je dors et je me suis trop tourné la tête presque dans mon oreiller, alors que je suis légèrement enrhumé. J'ai beaucoup de mal à respirer et cela me réveille un peu.
         Je rêvais que j'étais au bord de la plage en train de regarder la mer. Mon cortex réagit et d'une part veut expliquer mon étouffement et d'autre part le cerveau veut que je respire. alors il va chercher en mémoire des images d'une grande vague qui arrive et me suggère que je suis en train de me noyer. Je me débats (ou je pense que je me débats), je me retourne et du coup je me réveille en sursaut en respirant une grande bouffée d'air.

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lancien

sortir de la tristesse

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