Lundi 24 février 2014 à 7:53

Eveil, sommeil, rêves

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              Il ne se passe pas de mois sans qu’un mail me demande ce qu’il faut penser de l’interprétation des rêves et beaucoup de blogs sur Cow posent la question.
              Cela me rappelle que, quand j’étais gosse, j’avais traduit un passage de Suétone, historien latin, qui relatais un songe de Jules César.
              Celui-ci Il rêve qu'il viole sa mère, et gêné par ce rêve, il va interroger un prêtre qui donne son interprétation : César violera Rome, sa mère-patrie, en lui imposant sa volonté malgré les résistances de la cité. Suétone pense même qu’il deviendra le maître du monde, la Terre, notre mère à tous.
              Peut être que ce rêve a incité César à prendre Rome !
              Mais malgré cette brillante interprétation, tous les scientifiques - et même Freud - s’accordent à dire que les rêves n’ont aucune valeur prédictive.

    Comment se forment les rêves ?
             Le cerveau remonte de la mémoire toutes les images, les sensations de la journée, plus certaines correspondant aux dernières pensées que nous avons eu avant de dormir, ainsi que d'autres relatives à nos principales préoccupations.
            Ces sensations sont récupérées dans la mémoire par nos centres habituels d'interprétation des sensations : visuel, auditif, olfactif, sensitif ou gustatif.
            Au plan physiologique, tout se passe comme si arrivaient dans ces centres, des images réelles venues des yeux, des sons en provenance de nos oreilles etc...
            La différence est d'une part que ces sensations lorsqu'elles viennent de nos sens éveillés, représentent la réalité et sont donc cohérentes, alors que, dans le sommeil, elles viennent de façon totalement aléatoire, sans suite logique et sont donc peu cohérentes. D'autre part, alors que nous sommes conscients d'une partie des sensations lorsque nous sommes éveillés, par contre nous n'avons aucune conscience du phénomène lorsque nous dormons.
            Le cerveau, dans ce mécanisme de remémorisation, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 99%), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement).
            Le cerveau remet donc de l'ordre dans la mémoire et rend en particulier de nombreux neurones à nouveau disponibles pour la journée suivante.
            Le sommeil est donc indispensable à la santé et aux performances de notre cerveau. Quelqu'un privé de sommeil pendant plusieurs jours, finit par avoir un fonctionnement cérébral et une conduite incohérents, presque analogues à ceux d'une personne ayant une maladie mentale grave.
    Cela c’est l’activité du cerveau pendant toute la nuit, mais ce ne sont pas des rêves, car nous ne rêvons….. que quand nous sommes éveillés.
    En effet, supposons que nous nous réveillions, ne serait ce que quelques secondes, et même si nous nous endormons ensuite. Alors ces sensations (images sons etc...) vont être transmises au cortex frontal, qui sera donc conscient d'une suite de sensations peu cohérente et d'autant plus difficile à interpréter que son fonctionnement à l'état éveillé n'est pas entièrement revenu à la normale.
            Le cortex préfrontal, encore à moitié réveillé, essaie d'interpréter comme il peut ce qu'il reçoit et le renvoie en mémoire avec les explications. Après notre sommeil, nous aurons alors le souvenir d'un rêve, avec une certaine cohérence car le cortex frontal a essayé d'arranger les sensations de façon logique, mais aussi des aspects incohérents et farfelus, car il a fait au mieux, mais avec un ensemble de sensations qui était peu logique à l’origine et alors que lui même n’était pas au mieux de sa forme.

    A la lumière de ces données comment, non pas donner une interprétation, mais expliquer l'origine de nos rêves, et quelles informations peut on en tirer ?
            La remémoration de sensations inutiles de journées passées ne nous sert à rien et ajoute seulement à l'incohérence, vu leur mélange aléatoire.
            Ce qui peut être intéressant, c'est ce qui correspond à nos préoccupations et ce à quoi nous avons pensé avant de nous endormir (ce qui correspond aussi souvent à des problèmes conscients), ainsi qu’à nos émotions.
            Nous pouvons aussi parfois remonter des informations relatives à des blocages, que le cerveau voudrait éliminer, dont l'origine est souvent traumatique (accident, violence, maladie, etc...), et là ce blocage devient en partie conscient.
            Les rêves ne peuvent donc être "interprétés", mais ils peuvent fournir des renseignements sur les préoccupations que vous avez, souvent à l'origine de stress, voire même sur des blocages inconscients du cerveau émotionnel et sur les conséquences de nos émotions profondes..
            Ils peuvent donc apporter une aide, mais dénuée de toute symbolique, dans la recherche de nos préoccupations, leur connaissance, et donc la recherche de solutions à nos problèmes.

    Les médecins et les scientifiques ont évidemment étudié les cauchemars et pensent que ces rêves sont empreints d'une charge émotionnelle très forte pouvant aller jusqu'à la terreur nocturne, avec un retour à la réalité difficile, notamment pour les enfants.
    Beaucoup d’entre eux se produisent pendant le sommeil profond, et pour ceux du sommeil paradoxal, des liens de cause à effet ont été identifiés. Une personne stressée ou névrosée va revoir régulièrement dans ses rêves, des ­situations de mal-être angoissantes et notamment si elle a subi un traumatisme psychologique profond, comme un bombardement, une agression, un viol, une mise en danger de mort ou perçue comme telle. Dès qu'elle s'endort, le cauchemar revient, comme si le cerveau ­répétait inlassablement le traumatisme.
    On peut agir sur les cauchemars.
    Des psychiatres américains, pendant la deuxième guerre mondiale, distribuaient des barbituriques à des soldats traumatisés jusqu'à ce que leur cauchemar débouche sur un «rêve se finissant bien». Forcé de ­dormir, le pilote d'un bombardier s'étant écrasé en entraînant la mort de tous ses ­camarades, a ainsi fini par rêver qu'il posait son avion sur un lac et qu'il retrouvait ses camarades autour d'un verre au mess de la base.
    Il a pu au moins dormir, mais cela ne lui a pas enlevé son traumatisme.

Mardi 13 août 2013 à 8:31

Eveil, sommeil, rêves

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            Certaines de mes correspondantes sont étonnées quand elles se rappellent avoir entendu des bruits réels pendant leur sommeil.
            Ceci n'a rien d'étonnant car le sommeil ne nous coupe pas complètement du monde, pour des raisons de sécurité.
 
            Bien entendu, nos yeux étant fermés, nous n'avons pas de signaux visuels, et comme nous ne mangeons pas, notre goût n'a pas l'occasion de fonctionner..
            Par contre nous avons, pendant le sommeil, une certaine sensibilité aux sons et aux odeurs.
 
            L'odorat est peu sensible pendant le sommeil. Si on soumet une personne endormie à une odeur relativement neutre, la personne n'a aucune réaction. Par contre si on la soumet à une odeur âcre, irritante, des réactions se produisent, pouvant aller, lorsque la concentration est suffisante jusqu'au réveil dans la moitié des cas, si le sommeil est léger et dans un tiers des cas dans un sommeil paradoxal.
 
            Par contre la personne endormie est relativement sensible aux sons. Soumis à un son de 80 décibels (le bruit d'un moteur de voiture), les dormeurs sont réveillés dans 82% des cas.           
 
            La douleur est le signal le plus perçu. Au même niveau que les sons en cas de sommeil léger, par contre la douleur reste encore perçue en cas de sommeil paradoxal et même de sommeil profond.
 
            Les signaux des odeurs sont analysés par le bulbe olfactif, puis sont transmises via le cerveau émotionnel éventuellement au cortex préfrontal. Elles atteignent aussi le thalamus par une voie parallèle.
            Les sons par contre passent directement par le thalamus qui les envoie ensuite (comme les signaux de vision) vers les centres d'interprétation. C'est le thalamus qui ensuite alerte éventuellement le cortex préfrontal.
            Les signaux d'odeurs et de sons sont donc déformés par une certaine filtration, mais ils peuvent cependant parvenir atténués, jusqu'à la conscience, au point de réveiller l'individu, en cas de danger supposé.
            Lorsque l'on parle à un dormeur dont on relève les signaux électriques et magnétiques transmis dans le cerveau, on constate des impulsions dans certains cas particuliers : par exemple quand on prononce le nom ou le prénom du dormeur.
            Pourtant le thalamus fonctionne très différemment pendant le sommeil, car au lieu de transmettre des signaux à une fréquence de 40 hertz, il ne fonctionne plus qu'à une fréquence de 4 hertz environ (voir mon article du 6/2/2013).
            Malgré ce fonctionnement au ralenti, le thalamus laisse passer des signaux de sons, même s'il les déforme légèrement.
 
            Un autre phénomène est l'influence sur nos rêves des perceptions que nous pouvons avoir lors de micro-réveils, ou de réveils plus importants. On m'en parle de temps à autre, et c'est toujours un problème que d'en comprendre l'origine.
 
         Enfin pour répondre à la question “est ce qu'un stimulus sensoriel peut provoquer un rêve”, il faut bien distinguer les sensations passées mises en mémoire que l'on élimine et qui sont le matériau des rêves (dont on a ou non conscence) et les stimuli pendant le sommeil.
         Pour les stimuli extérieurs qui se produisent pendant le sommeil, la réponse est oui dans la mesure où ce stimuli nous réveille pendant au moins un court instant. Ce peut être aussi un stimulus dû au fonctionnement de notre corps.
         Je vais prendre trois exemples un peu extrêmes pour me faire comprendre :
 
    - je dors et on fait tomber un gros objet par terre dans la chambre voisine qui me sort quelques secondes de mon sommeil au moment où j'éliminais des images dérangeantes vues la veille au journal télévisé, sur les guerres en Afrique. Mon cortex qui se réveille essaie de raccorder un grand bruit au images et il me “raconte” que je suis au milieu des combattants et qu'un obus est tombé pas loin.
 
    - je dors et il y a de grands coups de vent qui mugissent dans ma fenêtre entrouverte, alors que j'élimine des images d'une sortie en mer la veille, images inutiles parce que non extraordinaires. Ce bruit me réveille quelques secondes et mon cortex me suggère qu'un coup de vent arrive sur mon bateau et qu'il faut se dépêcher de déborder les voiles et de me mettre au rappel.
 
    - je dors et je me suis trop tourné la tête presque dans mon oreiller, alors que je suis légèrement enrhumé. J'ai beaucoup de mal à respirer et cela me réveille un peu.
         Je rêvais que j'étais au bord de la plage en train de regarder la mer. Mon cortex réagit et d'une part veut expliquer mon étouffement et d'autre part le cerveau veut que je respire. alors il va chercher en mémoire des images d'une grande vague qui arrive et me suggère que je suis en train de me noyer. Je me débats (ou je pense que je me débats), je me retourne et du coup je me réveille en sursaut en respirant une grande bouffée d'air.

Mardi 16 juillet 2013 à 8:39

Eveil, sommeil, rêves

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Plusieurs de mes correspondantes font des rêves, voire des cauchemars, et me demandent de les interpréter.
            Tout dépend de ce que l'on appelle "interprétation".
            La plupart des interprétations sont aussi fiables que celles des diseuses de bonne aventure.
 
            D'abord les rêves n'ont aucune valeur prédictive; Même Freud le disait. Donc ne comptez pas sur eux pour connaître ce qui va se passer demain.
 
            Ensuite, il n'y a aucune symbolique dans les rêves, contrairement à ce que croyait Freud qui pensait qu'il ya avait une correspondance entre les sujets des rêves et des refoulements sexuels et il faisait correspondre des symboles sexuels à certains objets ou personnages vus dans les rêves.
            On sait aujourd'hui que c'est erroné : les neurobiologistes ont montré que les refoulements n'existent pas plus que le complexe d'Oedipe; par contre il peut y avoir des blocages inconscients dus à des traumatismes, ou des idées fixes, des obsessions.
            Il n'y a donc pas, à proprement parler, d'interprétation des rêves.
 
            Alors que peut ont faire?
            Il faut pour cela savoir comment se produisent les rêves et j'ai fait plusieurs articles à ce sujet (fin juillet-début août 2007, 10 et 28 mars 2009, 25 à 30 janvier 2010; 6 août 2011), que je vais essayer de résumer.
            Dans notre sommeil deux phases se succèdent : le sommeil profond, qui est une phase dans laquelle le cerveau a une activité réduite (les ondes cérébrales dont la fréquence principale lorsqu'on est éveillé, est de 40 Hz, n'ont plus que quelques hertz) et pendant lequel le cerveau récupère avec une importante activité chimique concernant notamment des synthèses de protéines; puis le sommeil dit "paradoxal", où la fréquence remonte à presque 40 Hz et pendant laquelle le cerveau a une intense activité interne.
            Le cerveau remonte de la mémoire toutes les images, les sensations de la journée, plus certaines correspondant aux dernières pensées que nous avons eu avant de dormir, ainsi que d'autres relatives à nos principales préoccupations.
            Ces sensations sont récupérées dans la mémoire par nos centres habituels d'interprétation des sensations : visuel, auditif, olfactif, sensitif ou gustatif.
            Au plan physiologique, tout se passe comme si arrivaient dans ces centres, des images réelles venues des yeux, des sons en provenance de nos oreilles etc...
            La différence est d'une part que ces sensations lorsqu'elles viennent de nos sens éveillés, représentent la réalité et sont donc cohérentes, alors que, dans le sommeil, elles viennent de façon totalement aléatoire, sans suite logique et sont donc peu cohérentes. D'autre part, alors que nous sommes conscients d'une partie des sensations lorsque nous sommes éveillés, par contre nous n'avons aucune conscience du phénomène lorsque nous dormons.
            Le cerveau, dans ce mécanisme de remémorisation, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 99%), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement).
            Le cerveau remet donc de l'ordre dans la mémoire et rend en particulier de nombreux neurones à nouveau disponibles pour la journée suivante.
            Le sommeil est donc indispensable à la santé et aux performances de notre cerveau. Quelqu'un privé de sommeil pendant plusieurs jours, finit par avoir un fonctionnement cérébral et une conduite incohérents, presque analogues à ceux d'une personne ayant une maladie mentale grave.
 
            Mais supposons que nous nous réveillions, ne serait ce que quelques secondes, et même si nous nous endormons ensuite. Alors ces sensations (images sons etc...) vont être transmises au cortex frontal, qui sera donc conscient d'une suite de sensations peu cohérente et d'autant plus difficile à interpréter que son fonctionnement à l'état éveillé n'est pas entièrement revenu à la normale.
            Le cortex préfrontal essaie d'interpréter comme il peu t ce qu'il reçoit et le renvoie en mémoire avec les explications. Après notre sommeil, nous aurons alors le souvenir d'un rêve, avec une certaine cohérence car le cortex frontal a essayé d'arranger les sensations de façon logique, mais aussi des aspects incohérents et farfelus, car il a fait au mieux, mais avec un ensemble de sensation qui était peu logique à l'origine.
 
            A la lumière de ces données comment, non pas donner une interprétation, mais expliquer l'origine de nos rêves, et quelles informations en tirer ?
            La remémoration de sensations inutiles de journées passées ne nous sert à rien et ajoute seulement à l'incohérence, vu leur mélange aléatoire.
            Ce qui peut être intéressant, c'est ce qui correspond à nos préoccupations et ce à quoi nous avons pensé avant de nous endormir (ce qui correspond aussi souvent à des problèmes conscients).
            Nous pouvons aussi parfois remonter des informations relatives à des blocages, que le cerveau voudrait éliminer, dont l'origine est souvent traumatique (accident, violence, maladie, etc...), et là ce blocage devient en partie conscient.
 
            Les rêves ne peuvent donc être "interprétés", mais ils peuvent fournir des renseignements sur les préoccupations que vous avez, souvent à l'origine de stress, voire même sur des blocages inconscients du cerveau émotionnel.
            Ils peuvent donc apporter une aide, mais dénuée de toute symbolique, dans la recherche de nos préoccupations, leur connaissance, et donc la recherche de solutions à nos problèmes.

Dimanche 5 août 2012 à 8:37

Eveil, sommeil, rêves

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    Vous avez certainement eu tous et toutes des cauchemars, ne serait ce que lorsque vous étiez petit(e)s.
    Les neurobiologistes ne savent pas quelle sont exactement leurs causes, par rapport à des rêves "normaux".
    Certains ont fait des études sur les cauchemars des enfants, comme Michael Schredt, directeur de l’Institut du sommeil de Mannheim en Allemagne.


    C'est entre six et dix ans que les cauchemars sont les plus fréquents; avec le temps, leur présence s'estompe, mais les adultes en sont également victimes (environ 5%).
    C’est souvent une peur intense fait se réveiller les dormeurs trempés de sueur, avec des sentiments de colère, de tristesse, de frustration, de dégoût de honte qui les ont  arrachés du sommeil .
    Une étude de ce chercheur donne des statistiques :
    Dans la moitié des cas, les enfants doivent s'enfuir ou se cacher. Dans 20%, ils meurent ou souffrent de graves blessures; 15% sont témoins de violences faites a autrui. Dans environ un cauchemar sur dix, le reveur tombe dans le vide. Les fantómes qui apparaissent dans les cauchemars sont rarement des êtres fantastiques comme des monstres ou des sorcières, des animaux dangereux, tels les loups ou les serpents, mais plutót de nature terrestre, des êtres humains, souvent des homes, comme dans la réalité.
    Les cauchemars apparaissent surtout pendant la phase du sommeil dite paradoxale, et prennent naissance a partir de rêves « normaux ». Pour qu’on se souvienne des émotions vécues et des images vues, et que l' on soit capable de raconter les cauchemars dans les moindres détails, il faut (comme pour les autres rêves), qu’ils interviennent au moment d’un microréveil ou d’un réveil plus long.
   
    Des études sur des jumeaux ont montré que, chez des enfants qui avaient de façon régulière des cauchemars, existait une prédisposition génétique.
    On a aussi longtemps pensé que les cauchemars fréquents étaient dus à une gêne respiratoires et à des étouffements. Il ne semble pas que ce soit vrai en général.
    Les événements traumatiques, tels que les violences corporelles, le viol, les accidents ou les expériences de guerre ou d’attentats, favorisent évidemment les cauchemars par le syndrome post-traumatique, réminiscences pénibles dans laquelle la personne revit la scène qui I'a traumatisée. Ces réminiscences peuvent contaminer les rêyes, avec une grande violence et une fréquence importante.
    Les situations où plane une menace peuvent également envahir le sommeil,
Le stress peut également amener son cortège d’angoisse.
    Mais les rêves sont le plus souvent fait d’une part des perceptions inconscientes de la journée que le cerevau veut éliminer, les considérant comme inutiles, d’autre part des souvenirs importants ou désagréable, qui obsèdent le cerveau, et auxquels il ne veut pas penser et dont il rejette donc les images, notamment les problèmes auxquels on a pensé avant de s’endormir.
    De plus, comme nous ne nous souvenons que des rêves effectuées aux périodes de réveils, (au moins des micro-réveils), le cortex frontal, qui réfléchit, est informé de ces images, comme s’il s’agissait de perceptions ou de pensées réelles, qu’il mélange avec de premières perceptions de l’environnement, et ne se rendant pas compte de cette situation, il veut leur donner des explications rationnelles, et en fait, rajoute par la même, à leur coté incohérent et farfelu (voir mes articles dans la catégorie « éveil sommeil, rêves » )
    Les cauchemars n’échappent pas à ce processus.
    Les films ou émissions télé (notamment journal télévisé)violents ou macabres préparent le psychisme des enfants a des rêves d'angoisse, de même que les jeux sur ordinateur a cause de leur forte teneur en monstres, fusillades ou événements violents. Mais des lectures peuvent aussi être à leur origine. En effet ce ne sont pas tant les images consommées, que les scènes imaginées, qui sont importantes pour le contenu des rêves, et lire stimule l’imagination autant que la télévision.

    Que faire pour aider quelqu’un (enfant ou adulte) qui fait ainsi souvent des cauchemars ?
    Le plus important est de ne pas refouler le contenu angoissant du reve. Comme pour beaucoup d'autres troubles psychiques liés a la peur - par exemple, la phobie des araignées ou des serpents, la peur des chiens ou des souris (pas celles d’ordinateurs) -, l'évitement conduit plutôt a une intensification des effets.
    Les personnes sujettes aux cauchemars essaient souvent de ne pas penser au contenu de leurs rêves angoissants, ou de fuir ce qui pourrait le leur rappeler. . Or, on ne peut vaincre ses peurs qu'en les affrontant.
    Le rêveur doit affronter ses peurs tout seul Pour cela, il existe une méthode simple, mais très efficace,
    La première étape consiste pour le patient a affronter sa peur. Pendant la journée, il doit se rappeler son rêve récurrent, le revivre en quelque sorte, puis noter et dessiner ce qu'il y voit. Dans un deuxième temps, il doit inventer une autre fin pour ce rêve, une fin qui lui plait. Dans ce nouveau dénouement, le cauchemar se terminera bien.
il s'agira de construire une issue sensée, et non de se contenter de disparaître au milieu du rêve ou de mettre comme une autruche la tête sous l’aile.         On peut ensuite se répéter ce scénario plusiuers fois jusqu’à ce que le souvenir du cauchemar s’efface.
    Cependant, en cas de cauchemars très fréquents chez des enfants, il paraît prudent de faire vérifier qu’ils sont en bonne santé et qu’un incident physiologique ne perturbe pas leur sommeil (nez bouché par exemple, sinusite ou douleur musculaire).

    Mais, comme pour tous les rêves, ne croyez pas qu’il existe un sens caché ou prémonitoire à vos cauchemars. Ils traduisent seulement les problèmes que vous avez et les souvenirs de votre mémoire.

Mercredi 4 janvier 2012 à 8:14

Eveil, sommeil, rêves

Nos députés sont très fatigués par les fêtes de fin d'année.

On m'a envoyé des photos, prises à la chambre des députés, qui montrent qu'ils auraient besoin d'un remontant, parce qu'ils ont trop veillé ces dernières semaines.

Jugez en :

Celui là, encore, il travaille (à faire son courrier : en fin d'année faut envoyer des voeux !), mais les autres ...... .on les excuse, c'était le discours de Sarkozy !


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Mardi 3 janvier 2012 à 8:54

Eveil, sommeil, rêves

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    Mes correspondantes se plaignent souvent de ne pas avoir la pêche, d’être fatiguées et parfois, comme hélas parfois tout le monde, d’être malades et de n’avoir envie de rien faire d’autre que dormir.
    C’est évidemment une occupation comme une autre, mais un peu triste pour les vacances.

    Pourquoi a-t-on envie de rester au lil lorsqu'on est malade ?
A cause d'une molécule, l'orexine, l'hormone de l'appétit, de l'éveil et de l'envie de bouger. En cas d'inflammation ou d'infection, elle n'est plus assez libérée dans le cerveau  et on perd l'appétit et l'entrain nécessaire pour se lever de son lit.

Aaron Grossberg et ses collègues de l'Université de l'0regon ont constaté que des neurones de l'hypothalamus, qui au centre de notre cerveau,  régule notamment la faim , la soif et en partie le sommeil, utilisent de l'orexine pour maintenir leur activité. Ils deviennent alors inactifs, et la trop faible concentration d'orexine quand on est souffrant serait responsable à la fois de la perte d'appétit et de l'état de Iéthargie où l'on se trouve.
    L’organisme économise ses forces pour lutter contre l'infection, évitant les dépenses d'énergie liées aux activités phgsiques inutiles et préleve les calories encore indispensables, sur les réserves de graisses du corps, plutôt que d’investir des efforts dans les mécanismes de la digestion.

    A. Grossberg et ses collègues ont injecté de l'orexine dans hypothalamus de rats malades et ont constalé qu'il recommençaient à manger et à vaquer à leurs occupations, mais cela ralentit leur convalescence. Toutefois, chez un être humain traité de façon efficace pour une infectionbactérienne par exemple, des traitements à base d'orexine permettraient de conserver de l'allant pendant que l'antibiotique ferait son æuvre.
    Mais faut il vraiment se bourrer de médicaments et vouloir à tout prix conserver une activité normale, si ce n’est pas indispensable ? Il vaudra mieux, le plus souvent rester couché, surlout en cas d'infection virale Ipar exemple, la grippe], pour laquelle on ne peut qu'attendre la régression des symplômes (et surtout ne pas s’administrer soi-même les antibiotiques qui traînent dans votre pharmacie !).

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Lundi 8 août 2011 à 8:52

Eveil, sommeil, rêves

Après ces articles sur le sommeil et l’éveil, je reviens sur les insomnies.

    Près de 30 % de la population générale se plaint de mal dormir, quelle qu'en soit la cause, et 10 % présentent une forme grave. Cette forte prproportrion se retrouve dans la majorité des pays industrialisés.
    L'insomnie prend diverses formes: difficultés d'endormissement, éveils noctumes, réveil matinal précoce ou encore sommeil ressenti comme non récupérateur.
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http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/insomhf.jpg




    L’insomnie concerne plus les femmes que les hommes et touche différemment les diverses catégories preofessionnelles, comme le montrent les graphiques ci-dessous.












    L’insomnie se manifeste 24 heures sur 24, la nuit par un sommeil insuffisant, le jour par des difficultés qui rappellent sans cesse le
mauvais sommeil.
    Le vécu de l'insomniaque est donc très différent de celui du court dormeur, qui, même s'il dort peu - moins de six heures par nuit -, se sent en forme dans la joumée. Ce n'est pas non plus un sommeil comparable a celui d'un dormeur qui éprouve des difficultés d' endormissement en raison d'un retard de son horloge biologique, car, dès que le sommeil s'établit, il est normal et récupérateur.

    J’ai lu un article sur le sommeil des adolescents et je vous en résume le contenu :
    Le sommeil se modifie au moment de l’adolescence. Les mécanismes de régulation du sommeil homéostatique et circadien, sont influencés par la puberté, notamment par divers facteurs hormonaux.
    Le sommeil lent profond diminue notablement par rapport au sommeil de I'enfance, et la quantité de sommeil lent léger augmente, avec une plus grande difficulté lors de l' endormissement et des réveils nocturnes plus faciles. Pourtant les besoins en sommeil restent importants, de l' ordre de neuf heures par jour.        
    Une enquête de l'lnstitut du sommeil et de la vigilance datant de février 2005 indique que 37 pour cent de jeunes de 15 à 19 ans se plaignent d'insomnie (difficultés a s'endormir et/ou réveils fréquents la nuit et/ou réveil tôt le matin sans arriver a se rendormir) ; chez 19 pour cent des jeunes interrogés, ces manifestations sont fréquentes, et 10 % des jeunes interrogés prennent des médicaments pour lutter contre l'anxiété,la déprime et pour dormir et 2 % de façon régulière.
    Chez I'adolescent, iI existe une tendance physiologique normale  à retarder l’heure de I'endormissement (23 heures ou minuit), sans qu’il s’agisse d'une insomnie puisque, dès qu'iI est endormi, son sommeil est normal et de bonne qualité.
    Comme les contraintes scolaires obligent les adolescents a se lever tôt, ce retard de phase du sommeil provoque une insuffisance chronique de sommeil : 30  % des adolescents sont somnolents durant la journée, somnolence qui a des conséquences négatives sur les capacités d'apprentissage, et même les adolescents qui dorment bien, sont en manque de sommeil, puisqu'ils sont physiologiquement décalés pour s'endormir tard. Se greffent ensuite des comportements de « couche-tard » qui ne font qu'exacerber les décalages physiologiques normaux.

    On distingue l’insomnie “transitoire” qui n’apparaît que pendant une période limitée et l’insomnie chronique, qui elle peut durer des mois.
    L'insomnie transitoire survient de façon occasionnelle en réaction ponctuelle à une situation précise, associée à un stress et.qui nécessite une adaptation physiologique ou psychologique.
    Tous les événements de la vie, heureux ou non, les difficultés personnelles ou professionnelles, les changements de conditions environnementales - bruit, température, altitude - peuvent provoquer une telle insomnie, qui dure jusqu'à ce que la situation redevienne normale ou que l'organisme s'adapte; cela demande de quelques jours à quelques semaines.
    Le principal problème de cette insomnie d'ajustement réside dans  ses conséquences éventuelles : il peut s'installer des réactions ou des attitudes qui sont incompatibles avec le sommeil. L'insomnie est entretenue par une anxiété excessive, des traitements inappropriés, l'abus de médicaments pour dormir, la prise d'alcool ou d'autres substances psychoactives. Tous ces facteurs prolongent l'insomnie et risquent de la rendre chronique.

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    Comment lutter contre l’insomnie, voilà ce que recommandent les biologistes et médecins :

    Les bonnes hobitudes
        Limitez le temps passé au lit au temps de sommeil ;
        Évitez de faire des siestes durant la journée ;
        Réservez au moins une heure de détente avant le coucher;
        Allez au lit uniquement lorsque vous êtes somnolent;
        Si le sommeil ne survient pas au bout de 15 a 20 minutes, levez-vous et faites une activité tranquille dans une autre pièce, puis retournez au lit uniquement lorsque vous serez somnolent;
        Levez-vous à la même heure tous les matins (même les week-ends), quelles que soient la qualité et la quantité de votre sommeil ;
        Essayez de vous coucher aussi à des heures à peu près régulières. Plus vos horaires seront réguliers, mieux vous dormirez.  
        Réservez le lit et la chambre à coucher uniquement au sommeil et aux activités sexuelles.
        N'essayez pas de déclencher le sommeil sur commande;
        Ne considérez pas "insomnie comme responsable de toutes les difficultés de la journée ;    
        Ne paniquez pas apres une mauvaise nuit de sommeil ; .        
        Développez une certaine tolérance aux effets du manque de sommeil;
        Si vous vous réveillez dans la nuit, surtout ne ressasez pas vos problèmes;
        Ne prenez de somnifère qu’en toute extrémité et après avis du médecin

    L’environnement :
    Certaines habitudes de vie et divers facteurs environnementaux peuvent avoir un impact sur la qualité du sommeil, notamment I'alimentation, la consommation d'aleool, le confort de la chambre et du lit, ....
.         Évitez la caféine quatre a six heures avant I'heure du coucher en raison de son effet stimulant; .
        Évitez de fumer a I'heure du coucher et lors des éveils nocturnes ; .    
        Évitez les repas copieux proches de l'heure du coucher;
        Évitez de consommer de lalcool en fin de soirée, puisqu'iI peut occasionner un sommeil plus fragmenté et des réveils matinaux prématurés. .
        Favorisez  l’activité physique durant la journée ou en début de soirée, mais pas en fin de soirée en raison de son effet stimulant ;
        Privilégiez un environnement confortable, sombre et calme pour votre chambre a coucher;
         Évitez les températures extrêmes dans la chambre a coucher, et veillez à une certaine aération (alimentation en oxygène).

    J’espère que ces recommandations, si vous ne les connaissiez pas déjà, vous seront utiles.

Dimanche 7 août 2011 à 16:49

Eveil, sommeil, rêves

Je vais essayer de vous décrire de la façon la plus simple possible le système complexe de centres qui interviennent dans le sommeil et dans l’éveil, dans un équilibre délicat.
    Dans un premier schéma nous verrons les noms de ces centres et les neurotransmetteurs très différents qui interviennent. Mais ensuite nous n’entrerons pas dans le détail de l’intervention de ces neurotransmetteurs et nous ne désignerons plus les centres par leurs initiales.
    En effet le but de l’article n’est pas de retenir tous le détail de ce fonctionnement, mais de montrer l’équilibre général qui provoque éveil ou sommeil.

    Le système de l’éveil  est constitué de deux voies distinctes :
    Une première voie, en bleu sur le schéma, passe par le Thalamus et utilise l’acétylcholine comme médiateur. Le thalamus régule toutes nos sensations et notamment la vue et l’ouie.
    La seconde voie, en vert sur le schéma est constituée de plusieurs centres du tronc cérébral (TMN, VTA, FR,LC), utilisant des amines comme neurotransmetteurs et ils vont maintenir en fonctionnement  les centres du cortex qui “mesurent” l’état de nos muscles, et commandent nos mouvements (circuit vers le haut) et agissent même directement sur ceux ci (flèche vers le bas (moelle épinière);
    De plus le téléencéphale basal agit sur le cortex frontal, chef d’orchestre du cerveau.

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    Les neurones à hypocrétine (découverts récemment en 1999), excitent les centres précédents pendant la veille (circuit rose), tandis que les noyaux suprachiasmiques, (notre horloge biologique dont j’ai parlé  dans l’article précédent), vont avoir tendance à sécréter de la mélanine pendant le sommeil. par un circuit  vosin du circuit rose, mais qui touche aussi les neurones de l’aire préoptique ventro-latérale (VLPO), laquelle va contribuer au sommeil comme on va le voir plus loin.
    Cette alternance (hypocrétine-mélanine), nous incline à rester éveillés le jour et à dormir la nuit.

    Etre éveillé ou dormir résulte d’un équilibre, comme celui d’une balance :
     Lorsque le centre VPO est activé, il inhibe (en produisant du Gaba, qui entraine des signaux négatifs dans les axones), les quatre centres TMN, VTA, RD et LC, (circuit rouge-orange) qui sont actifs lors de la veille et le sujet s’endort.       
    Au contraire, à l’éveil, ce sont ces centres qui inhibent VPO. (circuit jaune).         
Le cas des circuits LDT, PPT et TB est plus complexe; ils sont inhibés (circuit rouge-vif) au moment de l’endormissement et du sommeil profond, mais ont un rôle différent dans le sommeil paradoxal.
    Ceci est vrai de jour comme de nuit, et veiller ou dormir résulte de cet équilibre. (voir schéma).
     Une lésion du VPO entraine chez les malades une insomnie quasi permanente.

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    Pendant le sommeil paradoxal, les centres PPT et LCT sont déshinibés et le thalamus et les centres des sensations sont actifs, mais par contre le centre TB reste inhibé et lea connexion avec le cortex frontal ne se fait pas.
    C’est le moment où le cerveau envoie des données vers les centres des sensations et notamment les centres visuels, données dont se débarrasse le cerveau et qui sont les éléments de base des rêves lorsque l’individu se réveille, car c’est alors le centre TB qui se desinhibe ce qui permet au cortex frontal de refonctionner, étant sensible à nouveau aux sensations externes, mais n’étant pas encore capable de raisonnement cohérent, d’où le caractère incohérent des rêves (voir mes articles à ce sujet).
    Dans cette période, le centre LC (locus coerulus du tronc cérébral) n'est pas complètement inhibé. Les muscles ne répondent toujours pas, mais on constate des mouvements oculaires fréquents
    Un cas très spécial est celui du somnambulisme où les centres du circuit d'éveil ne sont plus inhibés, de telle sorte que les sensations et les commandes musculaires fonctionnet, mais le centre du téléencéphale basal 5TB) continue à inhiber le cortex, de telle sorte que l'on n'a pas conscience de ce que l'on fait et qu'on n'en garde aucun souvenir.

    Finalement il existe donc deux circuits neuronaux, l’un qui entraîne l’éveil, l’autre qui entraîne le sommeil et qui s’inhibent à tour de rôle, dans un équilibre complexe.


    Dans le prochain article, je parlerai des insomnies, qui correspondent à un léger dérèglement de l’équilibre entre ces deux circuits, au profit des centres de l’éveil, et des méthodes pour les combattre.

Samedi 6 août 2011 à 15:12

Eveil, sommeil, rêves

Je vais d’abord rappeler quelques donnés sur notre horloge circadienne et sur les phases de sommeil.
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    Un pigment de la rétine de l’oeil est activé par la lumière, la “mélanopsine” qui active des neurones, qui transmettent leur information aux neurones des centres suprachiasmiques, qui constituent l’horloge centrale de notre organisme et la recalent sur le jour. Cette horloge transmet ensuite l'information aux horloges secondaires, qui régulent dans notre corps, diverses activités métaboliques et hormonales.
        Quand vient l’obscurité, cette horloge émet une substance particulière, la “mélatonine”, produite par la glande pinéale,  qui recalera les horloges secondaires sur la nuit et provoquera le sommeil.
    Chaque neurone des noyaux suprachiasmatiques est capable de produire et d'entretenir une oscillation circadienne : chacun d'eux est une cellule-horloge autonome, un “pacemaker circadien”.
    Dans les diverses horloges circadiennes, des gènes s’expriment tous les jours, selon une périodicité de 24 heures, leur ADN codant un ARN messager qui va engendrer la production d’acides aminés puis de protéines : les protéines des horloges présentent leur pic de concentration à des moments précis de la journée et elles activent ou inhibent les gènes contrôlés par l'horloge, ce qui constitue une boucle de rétroaction, et stabilise ce processus.
    Ainsi, la production et la libération de neurotransmetteurs dans le cerveau ou le métabolisme des sucres dans le foie, d’insuline dans le pancréas ou de leptine par les graisses et, plus généralement, toutes les fonctions de tous les organes sont coordonnées pour être synchronisées avec l'alternance cyclique du jour et de la nuit.

    Dans la journée lorsqu’on est éveillé, lorsque le cortex est engagé dans l’analyse d’information provenant d’une stimulation sensorielle ou d’un processus interne, l’activité de ses neurones est relativement élevée mais également peu synchronisée. Chaque petit groupe de neurones étant activé par des aspects différents de la tâche cognitive à résoudre, la synchronisation est donc faible et par conséquent l’amplitude de l’EEG aussi avec des ondes rapides dites “béta”, et des mouvements rapides des yeux..
    La période de veille calme, où I'on est au repos,les yeux clos, est caractérisée par une activité électroencéphalographique de type alpha, de 8 a 12 cycles par seconde (ou hertz), un tonus musculaire et des mouvements oculaires lents.

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    Le sommeil lent comprend quatre stades de profondeur croissante :
    Le stade 1 est observé lors de I'endormissement. avec une activité de fréquence de 2 à 7 hertz, un tonus musculaire, des mouvements oculaires lents de fréquence inférieure à un hertz et souvent des ondes pointues, ou « pointes vertex ».
    Le stade 2 est également caractérisé par une activité de fréquence mixte, avec, de façon intermittente, les fuseaux rapides, de fréquence comprise entre 12 et 16 hertz (ils ont probablement un rôle protecteur du sommeil) et des ondes diphasiques lentes et de forte amplitude. Le tonus musculaire est toujours présent mais iI n'y a plus de mouvements oculaires.
    Les stades 3 et 4 constituent le sommeil lent profond, avec des ondes lentes de type delta de fréquence comprise entre 0,5 et 2 hertz et d'amplitude supérieure a 75 microvolts, présentes pendant 20 a 50 pour cent du stade 3 et plus de 50 pour cent du stade 4. Le tonus musculaire diminue dans le sommeil le plus profond et les mouvements oculaires sont toujours absents.
    Le sommeil paradoxal (stade 5) s'oppose au sommeil lent auquel il succède. L'activité électroencéphalographique présente une fréquence proche de celle du stade 1, mais elle est associée à des trains d'ondes (theta), en dents de scie. Des mouvements oculaires rapides apparaissent, isolés ou en bouffées, sous les paupières qui demeurent closes. Le tonus musculaire est aboli, mais cette atonie musculaire est interrompue par de brèves décharges musculaires, affectant les muscles du visage et des extrémités.
    Le sommeil lent représente environ 80 pour cent de la durée totale de sommeil, dont 5 pour cent pour le stade 1, 50 pour cent pour le stade 2, 15 a 20 pour cent pour les stades 3 et 4, et le sommeil paradoxal de I'ordre de 20 pour cent.
Rappelons aussi que, chez l’homme, l’intervalle qui sépare deux périodes de sommeil paradoxal est de l’ordre de 90 minutes, et que pendant ces périodes il peut se produire de micro-réveils et donc des rêves.

  
  Ayant rappelé ces notions, je vous donnerai dans le prochain article un résumé succinct des centres cérébraux qui forment un équilibre complexe pour  nous maintenir dans cet état de sommeil.

Vendredi 5 août 2011 à 8:04

Eveil, sommeil, rêves

   http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/insomniecoco.jpg

      Certaines de mes correspondantes se plaignent d’avoir des difficultés à dormir et de souffrir d’insomnies.
    Je pense que les vacances sont en partie responsables, car le rythme imposé par les études disparait et avec lui, un des modulateurs de ce que l’on appelle les “rythmes circadiens”,  qui sont  les régulateurs biologiques de notre corps, imposés par des horloges biologiques de notre cerveau
    J’ai fait des articles sur ces rythmes et nos horloges biologiques dans les articles du 17 au 22 décembre 2010, (catégorie “biologie, santé”), auxquels vous pouvez vous référer.
    Mais je vais essayer de compléter ces articles pour que vous compreniez mieux la complexité de la régulation du sommeil et donc la fragilité de l’équilibre qui permet le sommeil au lieu de l’insomnie. Cela me demandera plusieurs articles.
    Aujourd’hui je me contenterai d’un témoignage , quand l’insomnie devient vraiment une habitude gênante.
    Dans les articles suivants je reviendrai d’abord sur ces rythmes circadiens et les diverses sortes de sommeils que j’avais décrits dans l’article du 21 juillet 2007 catégorie “éveil, sommeil, rêves”.
    Puis j’essaierai de vous expliquer comment se produit l’endormissement, équilibre délicat entre plusieurs circuits neuronaux, et entre divers neuromédiateurs.
    Enfin nous parlerons d’insomnie.


    Voici le témoignage dont je vous parlais il y a quelques lignes.

    “Plus la journée avance et plus j’y pense : dormirai-je la nuit prochaine?
J’avais quelques soucis, et je me réveillais la nuit pour y penser, puis peu à peu l’insomnie s’est installée, et maintenat les nuits son imprévisibles, même quand tout va bien.
    Je regarde mon réveil lumineux, je guette les heures, qui parfois font un bond et me laissent penser que j’ai dû m’addoupir.
    Pourtant je travaille, je lutte. Certains jours où je le pouvais, j’ai essayé de faire la sieste, me coucher plus tôt, plus tard, dormir avec un autre oreiller, changer mon vieux matelas. Rien n’y fait.
    Le soir je n’ai qu’une envie de dormir tant j’ai l’impression qu’il faut absolument que je récupère, et, en même temps je redoute ce moment car je sais d’avance que mes efforts seront vains.
    Quand je me mets au lit et que j’éteins la lumière, il se produit ce que je craignais : tout se passe comme si mon corps, mon cerveau se réveillaient..
Je me sens épuisée mais parfaitement réveillée.
    Je sais que cette nuie sera encore blanche et que demainsera une autre journée gâchée. J’attends le sommeil et plus je l’attends, moins il vient.”

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lancien

sortir de la tristesse

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