Samedi 4 avril 2009 à 8:38

Eveil, sommeil, rêves

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    Mes articles sur l’effet du sommeil sur la mémoire m’ont valu des questions sur les effets du manque de sommeil d’autant plus qu’alixxxounette a traité une partie du sujet dans un commentaire :
“...Le sommeil a aussi des vertus de réparation non négligeables, et pour cause, si on empêchait quelqu'un de dormir, on verrait bien sûr de l'irritation, des comportements antisociaux, agressions physiques, sexuelles, des troubles du langage conséquent, mais aussi, et ça les scientifiques s'y attendaient peut-être moins, des lésions des différents tissus, des plaies qui se réinfectent et j'en passe. Dans tous les cas, l'état s'arrange au bout de seulement 6h de sommeil, et en cas de persistance de l'insomnie forcée, la mort est inévitable.
Et pourtant, on continue de jeter le haro sur le sommeil, cet affreux phénomène qui nous fait perdre 1/3 de notre vie..”


    Je vais donc faire deux articles sur ces effets, d’abord dans le premier, au niveau de nos organes et dans le second à un niveau plus général comportemental à court et long terme.
    Les progrès des méthodes d’analyses biochmiques ont en effet permis de nombreuses études sur les conséquences d’un manque de sommeil sur notre organisme.
    Il apparaît de plus en plus que le sommeil , non seulement par sa durée, mais aussi par sa qualité, participe de façon importante aux rythmes et aux taux des sécrétions hormonales et à la régulation du système nerveux autonome , et par là contribue à l’apparition des pathologies qui modifient notre espérance de vie comme le diabète , l’hypertension artérielle , l’obésité , l’altération de la mémoire,la dépression...et toutes les régulations cérébrales qui peuvent accélérer ou ralentir le vieillissement.

    On note des effets sur les neuromédiateurs du cerveau :
- le taux de dopamine diminue, donc les capacités d’apprentissage et le circuit de récompense est moins actif ce qui diminue la motivation et dégrade l’humeur.
- l’acétylcholine, qui augmente la conduction nerveuse, est essentielle pour la commande de tous nos muscles, et qui participe à la lutte contre le viellissement, voit son activité fortement diminuée.
- le GABA, qui est le neuromédiateur modérateur, participant à l’action régénératrice dans le cerveau et luttant contre le viellissement, a son activité restreinte et son action calmante est perturbée.
- la production de sérotonine est également perturbée et donc notre humeur.

    Les effets sur les hormones sont importants, car l’hypophyse que commande l’hypothalamus voit ses modes d’actions très influencés par le sommeil. Or l’hypothalamus par son intermédiaire commande d’une part le système nerveux autonome (orthosympathique et parasympathique) et d’autre part toutes les glandes hormonales du corps.
    Habituellement pendant le sommeil, le système sympathique activateur  est mis au ralenti, tandis que le parasympathioque qui a un rôle de freinage est activé. Des sécrétions d’hormones sont liées à cet équilibre qui est perturbé si la quantité de sommeil diminue.
    Les hormones sympathiques (adrénaline, noradrénaline, oestradiol, hormones thyroïdiennes ..) se trouvent en excès par rapport aux hormones parasympathiques (mélatonine progestérone, testostérone, hormone de croissance...) et cela va perturber le métabolisme, l’immunité, et la qualité de vie d’une manière générale.
    La mélatonine a un rôle anti-oxydant et protecteur dans lecerveau et le manque de sommeil qui réduit sa sécrétion, va diminuer mémoire, attention et tout le rôle prévisionnel du cortex préfrontal.
    Le taux de cortisol augmente surtout le matin, ce qui diminue à la longue, les défenses immunitaireset accélère le vieillissement et favorise l’obésité et le diabète.
    Les sécrétions nocturnes d’hormones thyroïdiennes diminuent avec le manque de sommeil d’où en général une fatigue grandissante.
    Le pic nocturne d’hormone de croissance est réduit en deux petits pic, ce qui modifie la tolérance au glucose. et prédispose au diabète car  l’aptitude de l’organisme à métaboliser le glucose est diminuée; elle peut chûter de 40% chez les gens dormant moins de 6 heures par nuit, ce qui conduit à des symptômes correspondant aux premiers stades du diabète..
   
    Les effets sur l’appétit sont importants.
    Alimentation et sommeil sont intriqués ; chez l’animal , la faim fait dormir moins. Inversement s’il est totalement privé de sommeil , la quantité de nourriture augmente. Des études récentes chez l’homme ont montré que la régulation de l’appétit est influencée par la durée du sommeil. La leptine , hormone de la satiété , relachée par les cellules graisseuses indiquant la satiété au cerveau , a son taux profondément diminué par le manque de sommeil , surtout le taux nocturne.
    Le manque de sommeil favorise l’obésité et tout régime amaigrissant demande une quantité de sommeil suffisante ( ce qui est contraire à l’opinion populaire !)

    On constate également une diminution de la dépense énergétique qui semble due en grande partie à la diminution de dopamine et d’acétylcholine.
Les personnes privées de sommeil sont moins susceptibles d’être physiquement actives, ce qui se traduit par une moins grande dépense énergétique.
Considérées dans leur ensemble, l’augmentation de la faim et de l’appétence et la diminution de l’activité soulignent le rôle du sommeil dans la régulation du poids. Le manque de sommeil engendre l’augmentation de poids.

    Nous voyons donc en définitive que le manque de sommeil engendre la fatigue, favorise l’hypertension, le diabète et l’obésité, diminue les défenses immunitaires, dégrade la motivation, l’attention et la mémoire ainsi que le fonctionnement rationnel de prise de décisions, et en définitive accélère le vieillissement.
   
Demain nous examinerons ces effets au niveau macroscopique sur notre comportement.

Samedi 28 mars 2009 à 8:36

Eveil, sommeil, rêves

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    Depuis que j’ai publié des articles sur les rêves, plusieurs nouvelles lectrices m’ont posé des questions sur le rôle et l’utilité des rêvesauxquelles je n’ai pas toujours eu le tepms de répondre par mail. Alors je vais essayer de faire le point aujourd’hui et de répondre à ces demandes par plusieurs articles.

    Aujourd’hui je vais faire un peu d’historique et parler de généralités.
    Par la suite je montrerai l’effet du sommeil sur notre mémoire et la nécessité, surtout pour ceux ou celles qui font des études de dormir suffisamment pour permettre au cerveau de trier ses données.

    Jusqu'au milieu des années 1950, les scientifiques pensaient généralement que le cerveau était au repos pendant le sommeil.
    En 1953, à l'Université de Chicago, le physiologiste Nathaniel Kleitman  et son équipe découvrirent que le sommeil comportait plusieurs phases dont certaines pendant lesquelless on observait des mouvements très rapides des yeux à différents moments du sommeil. Ils qualifièrent ces phases de “sommeil à mouvements rapides des yeux”.
    Ils enregistrèrent l'encéphalogramme de 20 adultes, c'est- à-dire les signaux électromagnétiques oscillants qui résultent des décharges électriques des neurones cérébraux, et ils découvrirent que les ondes produites pendant certaines phases du sommeil ressemblent à celles produites lors de l'éveil, d'où le terme de “sommeil paradoxal”que lui donnera en France Michel Jouvet, en 1959.
    Pendant l’éveil de nombreuses populations de neurones (notamment ceux d’interprétations des perceptions), déchargent à une fréquence de 40 hz et pendant le sommeil paradoxal cette fréquence est comprise entre 35 et 39 hz.
    De plus, en réveillant les dormeurs durant les phases de sommeil, ils observèrent qu'elles étaient presque toujours associées à des rêves.
    Dans les années 1960/70, Mircea Steriade, de l'Université Laval, au Québec, et d'autres scientifiques découvrirent que  pendant des périodes connues sous le nom de sommeil à ondes lentes ou sommeil profond, de vastes populations de neurones sont actives de façon synchrone, au rythme régulier de une à quatre décharges par seconde.    
    Je vous ai expliqué ces phénomènes dans un article du 21 juillet 2007 dans la catégorie “éveil - sommeil”.
    Donc le cerveau endormi ne se « repose » pas, que ce soit pendant le sommeil paradoxal ou pendant le sommeil lent.


    Lorsque nous « encodons » de l'information dans notre cerveau, le souvenir correspondant doit être stabilisé et consolidé pour devenir durable.
    S'il n'est pas régulièrement réactivé, il aura tendance à s'altérer jusqu'à ne conserver qu'une ressemblance lointaine avec sa forme originelle. Avec le    temps, le cerveau semble décider de ce qu’il doit garder en mémoire.
    Les effets du sommeil sur la mémoire ne se     limitent pas à la stabilisation des souvenirs. Au cours des dernières années, des études ont montré     que le processus de mémorisation se produisant durant le sommeil opère un tri qui nous conduit à ne retenir que les détails les plus marquants.
    En 2006 notamment Jeffrey Ellenbogen professeur à la faculté de médecine de Harvard et chef de la division “sommeil” à l’hôpital du Massachussett a fait des études sur des rats et sur des hommes et a montré que notre cerveau traite activement les informations de la journée précédente durant le sommeil de la nuit qui suit cette journée.
    Le cerveau, pendant notre sommeil, passe en revue les souvenirs récemment formés, en élimine une grande partie et pour ceux qu’il conserve, il les consolide et les classe de sorte qu'ils seront plus utiles le lendemain, plus résistants aux interférences dues à d'autres informations.
    Le sommeil permet aussi d'identifier quelles informations valent la peine d'être gardées et de les renforcer sélectivement. Par exemple, lorsqu'une photo contient à la fois des éléments reliés à des émotions vécues et des éléments non émotionnels, le sommeil peut sauvegarder les premiers, et laisser s'effacer l'arrière-plan moins pertinent. Il peut analyser des séries de souvenirs, découvrir les relations qui les unissent ou identifier ce qui fait leur importance, tandis que les détails superflus disparaissent. Il n'est pas impossible qu'il nous aide même à trouver un sens à ce que nous avons appris.

 
   Je donnerai davantage de détails sur cette étude dans mon article de demain.

Mardi 10 mars 2009 à 8:53

Eveil, sommeil, rêves

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J’ai reçu il y a quelques jours cette question de Croque-framboise qui étant étudiante en médecine, s’intéresse évidemment aux aspects biologiques de nos manifestations extérieures :

“ ...Peut-être as-tu déjà répondu à cette question dans un autre de tes articles sur le rêves  : les enfants font très fréquemment des rêves de monstres et de situations menaçantes. Je me souviens petite, que chaque soir, je redoutais l'heure du coucher où invariablement pendant une période, je faisais cauchemar sur cauchemar, parfois en me réveillant, j'avais l'impression d'encore sentir le souffle chaud du monstre qui venait de m'avaler. Je pensais que toutes les nuits seraient comme ça.  Et puis, comme tout le monde, ça m'est passé en grandissant,bien que je me rappelle encore fréquemment de mes rêves, qui sont plus "loufoques" et moins "méchants".
Alors, pourquoi les enfants font-ils des rêves comme ça ? Est-ce que les adultes en font toujours mais ne s'en souviennent plus ? Est-ce que c'est dû au cerveau en "formation" des enfants ?...”


    C’est une question difficile, mais j’aime cela et je vais donc essayer de répondre. Mais je te préviens Croque Framboise, en bon chercheur, j’ai commencé par regarder ma doc et je n’ai presque rien trouvé, si ce n’est des recommandations de médecins. Alors une partie de ce qui suit correspondra à des hypothèses personnelles non avalisées scientifiquement.

    Que sait on dans ce domaine.?
    Je vous ai dit à plusieurs reprises que, en simplifiant, le tronc cérébral et le thalamus rythmaient notre sommeil et que se succédaient des périodes de sommeil de plus en plus profond où la fréquence d’interrogation de nos sens par le thalamus de 80hz et de décharge des neurones sensitifs de 40 Hz baissaient progressivement jusqu’à quelques Hz (en changeant d’ailleurs de forme d’onde)
Pendant cette période le cerveau élimine en vrac des tas de données emmagasinées et     en cela on a une “activité onirique”, mais on ne fait un “rêve” dont on se souvient, que si on est réveillé brutalement par un événement extérieur.
Après chaque période de sommeil profond existe, de plus en plus long au fur et à mesure que la nuit avance, une phase de sommeil paradoxal pendant laquelle la fréquence du thalamus est légèrement inférieure à celle pendant l’éveil, et où nos sens fonctionnent, mais sans perception extérieure et sans conscience du cortex frontal; par ailleurs l’ensemble des muscles à partir du cou sont entièrement relâchés. C’est une période onirique par excellence et le dormeur a plusieurs fois des “microréveils” pendant lesquels l’état de demi-conscience lui permettra de se souvenir qu’il a rêvé, mais une partie de ce souvenir est une “construction” du cortex qui cherche à expliquer logiquement une successions de sensations “évacuées de façon aléatoire”.

    Que constatent les médecins chez les jeunes enfants :

        Les terreurs nocturnes :

    Durant les premières heures de sommeil il arrive que l'enfant semble se réveiller, complètement affolé, le coeur battant, les larmes aux yeux appelant sa mère. Il tient des discours incohérents de quelques mots  et si on lui pose une question, il ne répond pas.
    Ces terreurs nocturnes se déroulent en fait en phase de sommeil profond. L'enfant dort toujours malgré le fait qu'il se redresse dans son lit et parle. Le lendemain il n'a plus aucun souvenir de l'événement de la nuit.   
    Ces terreurs nocturnes sont en fait des troubles de l'éveill brusque durant le sommeil profond. On peut comparer ce phénomène a une grande peur chez l'adulte : celui-ci se réveillera pour tenter de se calmer. Cependant, chez l'enfant, il n'est pas rare que la terreur nocturne ne le réveille pas pour autant : l'enfant dort toujours, et contrairement à la croyance populaire, il est bon de ne pas essayer de le réveiller car il se calmera au bout de quelques minutes et oubliera l'événement.
Un réveil forcé risquerait de mettre l'enfant mal à l'aise plus longtemps.
    Il est donc inutile de s'alarmer, c'est une chose parfaitement normale. La fréquence des terreurs nocturnes est maximale de trois à quatre ans jusqu'à six ans environ.

    Je n’ai trouvé aucune explication neurobiologique de ces phénomènes dans ces articles. Je pense qu’en fait le cerveau de l’enfant, comme son expérience de la vie sont tout neufs et donc il découvre beaucoup de choses, certaines dont il ne comprend pas le sens ou qu’il interprète mal.
    Les enfants ont quotidiennement des tâches énormes d'apprentissages cognitifs, sensoriels et émotifs. Ils sont littéralement noyés d'information, d'affection, de nouveautés.
    Le cerveau qui, par mesure de précaution évacue le maximum de choses inutiles, non comprises ou traumatisantes, a fort à faire dans les premières années.
    Des faits parfois envahissants et ayant un impact négatifs sont évacués en vrac et provoquent des réactions pendant des microréveils trop courts pour amener un enfant à la conscience. Pour comprendre il faudrait enregistrer la fréquence du thalamus pendant ces périodes, mais je n’ai pas trouvé ce renseignement.

    Les cauchemars des enfants et ados.

    Les cauchemars se déroulent lors de microréveils ou de réveils plus longs, dans les phases de sommeil paradoxal les plus intensément oniriques, généralement au petit matin, entre 3 et 6 heures.
    Images et histoires ne sont pas cohérentes, (ce sont des “évacuations en vrac”), mais le rêve, activité onirique dont on se souvient, implique un retour en phase d’éveil et de conscience du cerveau, qui va tenter de reconstruire l’histoire et la rendre cohérente (avec en général un succès tout relatif!!). L’enfant apeuré pourra décrire précisément le cauchemar qu’il a vécu.

    Il est en effet prouvé que les enfants font plus de cauchemars que les adultes.
    Là encore je n’ai pas trouvé d’explications neurobiologique sur le fait que les enfants aient plus fréquemment, des rêves plus terribles que les adultes.
Comme le dit Croque-Framboise, ils sont en pleine évolution psychologique et en pleine croissance cérébrale. Les cauchemars, malgré leur aspect effrayant, ont une utilité pour eux. Ils leur permettent d’évacuer les tensions et les conflits de la journée ou ceux auxquels ils sont en proie à un moment donné de leur évolution.
    Ils évacuent les conflits avec les parents, ou avec les frères et soeurs, les camarades, le premier apprentissage de la maternelle ou du primaire, la nécessité d’obéir au parents et aux maîtres.
    Pourquoi des rêves de monstres ?
    Tout simplement parce qu’un enfant en voit beaucoup dans les dessins animés et les livres, alors en dormant, il élimine ces images qui ne correspondent pas à la réalité. Et le cortex frontal, qui veut des explications logiques aux rêves lui fait croire qu’il ne sont venu là pour leur emploi normal : manger les autres.

    Ce ne sont que mes explications, mais si vous me démontrez que j’ai tort, je suis prêt à en adopter d’autres, mieux fondées.

Lundi 17 décembre 2007 à 15:00

Eveil, sommeil, rêves




    Bien que beaucoup de psy appliquet encore les théories de Freud, celles-ci sont tout à fait périmées, à la umière des connaissances de la neurobiologie actuelle.

    Voyons d'abord les notions générales de psychologie, indépendamment du rêve. Que nous apprends la neurobiologie ?

    L'inconscient existe, mais il est différent de la conception qu'en avait Freud.
La mémoire stocke d'abord inconsciemment pour des temps courts toutes les informations de perceptions que nous enregistrons tous les quarantièmes de seconde (voir mon précédent article).

    Nous pouvons garder en mémoire des souvenirs, par exemple des images que nous n'avons pas conscience d'avoir vues, des paroles ou des mots que nous n'avons pas le souvenir d'avoir entendues ou lus. C'est en particulier ce que l'on appelle les “perceptions subliminales” (au dessous du seuil de perception conscient) utilisées parfois par la publicité (bien que ce soit interdit) et les services secrets.   
    Certains souvenirs sont gardés par notre mémoire, se déforment dans le temps et s'ils nous ont “traumatisés”, ne sont pas facilement évoqués, bien que nous nous en souvenions en faisant un très gros effort. C'est une sorte de refoulement, mais il n'est pas inconscient.Et la plupart de ces "difficultés de mémoire" ne sont pas d'ordre sexuel.
    Il y a aussi des “blocages” : le cerveau émotionnel peut intervenir au passage sur les ordres donnés par le cortex qui réfléchit, soit à d'autres parties du cerveau, soit à notre corps. S'il a été traumatisé il peut systématiquement bloquer certaines réactions ou certains sujets que nous ne voulons pas évoquer. C'est assez proche de la censure de Freud, mais la plupart de ces blocages ne sont pas non plus d'ordre sexuel.
    Notre inconscient nous “trompe” parfois en nous donnant de fausses raisons de nos actes pour nous protéger. C'est effectivement proche du “déplacement” de Freud, mais sur de nombreux sujets très divers.

   
L'inconscient de l'enfant n'a pas plus d'aptitude que l'enfant lui même, contrairement à ce que pensait Freud et l'enfant ne peut donc, comprendre dans son inconscient, plus que ce qu'il ne comprend consciemment.
    L'enfant n'a pas de vrais désirs sexuels avant la puberté
(sauf évidemment si on le conditionne par des lectures). Il y a certes notamment à l'adolescence des divergences et des heurts entre parents et enfants, les filles s'entendent souvent mieux avec leur père et les garçons avec leur mère, il peut y avoir une certaine rivalité entre parents et enfants dans la famille, mais ces problèmes ont la plupart du temps bien d'autres causes que les problèmes sexuels et les refoulements systématiques d'inceste et d'anthropophagie ne correspondent pas à la réalité et ne sont constatés que dans des cas très particuliers.
    Freud a tiré des conclusions générales (d'ailleurs niées par ses psychiatres et amis Jung et Adler) de l'observation de malades sexuels de Vienne et peut être de son propre cas personnel.

    Par exemple lorsqu'une très petite fille de 3 ou 4 ans dit  “je vais me marier avec mon papa”, les psys qui y voient un complexe d'Oedipe, sont dans l'erreur. L'enfant aimerait rester avec son père comme sa maman, mais il ne faut pas y voir un complexe sexuel, chez un enfant de cet âge pour lequel toute réaction d'ordre sexuel est physiologiquement impossible, l'hypothalamus n'étant pas encore développé complètement.
   
    Les neurones “phi” de stockage des pulsions n'existent pas. Les neurones ne stockent rien, excepté le glucose nécessaire à quelques minutes de fonctionnement ou des neurotransmetteurs chimiques. Ils transmettent simplement des informations et ils établissent de très nombreuses connexions entre eux (environ 10 000 /neurone en moyenne).
    L'information est constituée e connexions en de multiples neurones.

    Voyons maintenant le différences concernant le rêve, mais notons que par ce mot, nous désignons aussi la production d'images mentales virtuelles, sans qu'il y ait conscience de ces images et surtout mémorisation.
    On sait par exemple (grâce aux électroencéphalogrammes) que les animaux produisent des images mentales  virtuelles pendant leur sommeil, mais rêvent ils à leur réveil ? Scientifiques ou psys n'ont jamais réussi à faire raconter ses rêves à un singe, un chien ou un chat !!!
   
    Le rêve n'est en aucun cas le gardien du sommeil, comme l'affirmait Freud.
    La répression des désirs n'est pas la cause du rêve : L'activité automatique et périodique des neurones du tronc cérébral et de l'hypothalamus est responsable du sommeil et de ses phases et on en connaît le mécanisme.
    Le rêve n'est pas seulement psychique, il a une base neurobiologique : la physiologie moderne sait où, quand et comment une activité psychique se produit. On sait cartographier le cerveau et visualiser les zones actives, la consommation d'énergie et d'oxygène :
        • pendant le sommeil lent, le cerveau fait des réserves de glucose, synthétise certaines protéines et évacue lentement certains souvenirs superflus.
    Le cortex frontal est peu actif et il y a peu de mémorisation.
        • pendant le sommeil paradoxal, les neurones consomment glucose et oxygène en grande quantité. Le cortex frontal est légèrement actif et il y a une forte activité de “mise à zéro” de la mémoire en évacuant des souvenirs vers les centres d'interprétation des perceptions créant ainsi les “perceptions mentales virtuelles".
    Le sommeil “léger “ de Freud n'existe pas.
    Le sommeil paradoxal est la base physiologique du rêve. Cette hypothèse, émise dès la découverte du sommeil paradoxal, a été confirmée par diverses constatations et par une preuve expérimentale : La suppression médicamenteuse du sommeil paradoxal supprime les souvenirs de rêves, sans altérer la fonction mnésique. Ainsi le sommeil paradoxal et le rêve sont indissociables.
    La fonction mnésique est liée à un éveil cortical, absent du sommeil lent. et n'intervient lors du sommeil paradoxal qu'à l'occasion de multiples “microréveils”.
    Le rêve est indépendant des besoins instinctifs : Les enregistrements du comportement onirique du chat montrent qu'il n'est pas influencé par la faim, par la soif ou quelque autre besoin instinctif réprimé.
    Le rêve existe chez les mammifères et les oiseaux depuis des millions d'années. Quand un chat rêve et que l'on observe son comportement onirique, il reproduit les comportements instinctifs spécifiques de l'espèce : attaque, défense, toilette, postures de chasse. Mais il n'a jamais raconté ses rêves !!

    Chez les humains, le rêve existe avant les premiers désirs instinctifs du nourrisson et ses refoulements éventuels. Le foetus in utero est en état de "rêve" presque permanent,
      Au moment de l'accouchement, le nourrisson dort et a une activité d'images mentales.
Le traumatisme psychique du nouveau-né au moment de la naissance,  n'existe sans doute que dans l'imagination de certains analystes. La capacité "psychique" du nouveau né est presque inexistante, car elle résulte de l'apprentissage tout au long de sa vie.

    Le rêve représente 80 à 50% du sommeil du nouveau-né selon son âge : cette activité intense ne résulte pas de désirs refoulés. Ce n'est pas un résidu de l'activité de veille. Il s'agit d'une activité autonome, automatique, rythmique. Elle précède les autres fonctions neuropsychiques et le développement du cerveau et de la conscience. Les enregistrements permettent d'affirmer que l'activité d'imagerie mentale est antérieure à la conscience.
    Quand un nourrisson rêve, son visage exprime tour à tour l'inquiétude, le plaisir, le dégoût, la tristesse, la peur, émotions qu'il manifestera réellement un peu plus tard, mais il ne s'agit pas de vrais sentiments, mais de mécanismes instinctifs hérités de notre évolution.

    De nombreuses personnes, y compris des psys, accordent une symbolique aux rêves, faisant correspondre sujets des rêves et état psychologique souvent liée aux aspects sexuels du fait des théories de Freud, par exemple tout objet long et fuselé -fusées, obus, guèpes et abeilles .;;) symbolisant un phallus ! (ne riuez pas s'il vous plaît ).
    Ces divers catalogues symbpliques n'ont aucune valeur ni scientifique ni expérimentale.
    Tout au plus les rêves peuvent renseigner sur les préoccupations conscientes ou non de l'individu, sur ses pensées les plus fréquentes au moment de s'endormir, et certaines peuvent évidemment correspondre à des désirs.

   
Pour vous faire mieux comprendre, je vais prendre un exemple vécu.
     Une de mes "guenons" m'envoie un jour un mail affolé, car elle avait rêvé qu'elle avait blessé son père en le frappant avec un bâton, et son psy lui avait dit que c'était normal et qu'elle était inconsciemment obsédée par le désir de tuer son père pour prendre la place de sa mère sur le plan sexuel. Ma jeune guenon qui était encore au collège, et avait été élevée dans une morale religieuse assez stricte, était bouleversée et très culpabilisée.
   
J'ai dû lui expliquer que son psy n'avait pas dû beaucoup se recycler depuis ses études de la psychologie freudienne.On a d'abord examiné ses rapports avec son père et on s'est aperçu qu'ils s'entendaient bien, mais avec quelques heurts comme pour tous les adolescents, à propos d'interdictions, pas suffisamment expliquées quant à leurs raisons.
    On a parlé aussi de ses désirs et elle est arrivé à la conclusion que ses "refoulements sexuels" étaient quasi nuls.
    On a discuté des événements des jours précédant son rêve. Nous nous sommes aperçu qu'elle avait été en colère contre son père qu'il lui avait refusé une autorisation d'aller dans une soirée chez des camarades de classe, et que la veille elle avait vu à la télévision un film policier dans lequel un jeune garçon frappait à coup de batte de base-ball quelqu'un qui l'agressait.
    Son cerveau avait évacué ces images et les avait mélangées avec d'autres souvenirs de son ressentiment et de son père. D'où ce rêve.
    La plupart des rêves ont ainsides raisons proches de la date à laquelle ils se produisent !
   
   

Dimanche 16 décembre 2007 à 12:21

Eveil, sommeil, rêves



    J'avais dit dans un article précédent que je parlerai de l'interprétation des rêves par Freud, qui apparaît aujourd'hui comme totalement périmée.

    J'espère que cela intéressera ceux et celles qui ont peut être entendu parler de ces questions en cours de philo de terminale L.


    Sigmund Freud était un psychiatre (et donc docteur en médecine) qui vivait autour de 1900 à Vienne. Il est confronté aux problèmes sexuels de son époque, mais chez une clientèle particulière et restreinte, principalement constituée de bourgeoises de cette ville qui avaient subi des traumatismes sexuels.
     En tant que médecin, il a essayé d'utiliser les connaissances de neurobiologie de la fin du 19ème siècle, encore très frustres, mais il a eu le mérite de mettre en lumière d'une part la notion d'inconscient qui reste toujours valable, (la destruction du psychisme conscient sous la pression de l'inconscient est une évidence dramatique dans certains cas ), et d'autre part, celle de refoulement qui est plus contestée à la lumière des connaissances neurologiques modernes.
    Par contre il a fait une construction intellectuelle du refoulement  sexuel démesurée. Il n'apporte aucune justification expérimentale de ses théories et ses interprétations paraissent souvent biaisées pour conforter sa théorie, que réfute actuellement la neurobiologie récente.
    Pour Freud, l'inconscient est une collection de pulsions angoissantes et incompatibles que la conscience doit maitriser et rejeter.

    Après avoir remarqué que certaines hystéries semblent provenir de refoulements sexuels survenus dans l'enfance, Freud développe sa théorie sur le rêve, et en 1900, il publie son livre "Interprétation des rêves".
    Il y explique le développement de la vie psychique par le refoulement de désirs sexuels au cours de la petite enfance. Les rêves réalisent ces désirs d'une façon détournée.
    Il affirme que le petit enfant mâle est dominé par :
        • un désir sexuel d'inceste : le complexe d'Oedipe.
        • des pulsions de meurtre : tuer le père pour éliminer un rival sexuel.
        • des pulsions d'anthropophagie : dévorer le père pour s'attribuer la force qu'il incarne.
        • un désir inconscient de s'unir avec la mère et de retourner dans le sein maternel (régression). C'est une manifestation déguisée d'un désir sexuel refoulé.

    Freud pensait que les pulsions étaient “stockées” dans ce qu'il appelait les “neurones phi “ , qu'elles étaient universelles, refoulées pendant l'enfance et provoquaient une accumulation de désirs inconscients qui poursuivent l'adulte toute sa vie, chaque individu se refusant, souvent avec violence, à prendre conscience de ses propres désirs sexuels infantiles réprimés.
   
    A l'époque rien ne permettait d'envisager le rêve comme une fonction neurophysiologique, et on pensait que le cerveau se repose la nuit et que le rêve se produit au cours du sommeil léger qui précède l'éveil. Le rêve est alors une activité relativement incohérente des neurones pendant le retour de la conscience diurne. Les interprétations sont donc uniquement psychiques.

    Pour Freud, le rêve est le gardien du sommeil, il le protège d'un réveil provoqué par l'irruption des désirs refoulés. Il est déclenché par l'émergence de ces désirs sexuels pendant le “sommeil léger” qui précède l'éveil et il  réalise, d'une façon détournée, un désir réprimé et inconscient.
    Censure, déplacement et travestissement sont les 3 mécanismes imaginés par Freud pour expliquer la formation du rêve et son apparence absurde.
Une censure psychique s'oppose à l'intrusion de ces désirs et elle utilise les pensées et les images des jours précédents, "les restes diurnes", pour donner un déguisement au désir et le rendre méconnaissable aux yeux du rêveur.
Ces désirs sont "déplacés", remplacés par d'autres images. Inversement, avec la censure et le délacement, Freud s'autorise à négliger le récit d'un rêve et à faire de n'importe quel rêve une preuve de désir sexuel refoulé en se basant sur un simple détail

    Pour les disciples de Freud qui appliquent encore sa théorie psychanalytique, par ignorance des progrès de la neurobiologie, le rêve sert de point de départ à la découverte des arrière-plans psychiques refoulés du rêveur. Le rêveur commente lui-même les images de ses rêves. Peu à peu, il s'en éloigne et en vient à révéler à l'analyste ses arrière-plans inconscients et ses refoulements sexuels.

    Dans le prochain article, j'essaierai d'expliquer pourquoi ces conceptions de Freud sont périmées, voire même fausses, compte tenu des connaissances que nous avons maintenant  en neurobiologie et en particulier sur le rêve.




Samedi 15 décembre 2007 à 10:21

Eveil, sommeil, rêves

    J'avais dit que je ferais un article sur la perception, car c'est la base de la conscience.
    J'avais au départ pensé vous décrire comment l'oeil et les centres du cerveau décryptaient et interprétaient  ce que nous voyons, et comment le dialogue avec le cortex orientait notre vision.
    Mais j'ai eu peur de vous entraîner dans plusieurs articles genre SVT et que cela vous lasse. Je verrai comment traiter cela plus tard.
    Je vais essayer de traiter un sujet sur lequel je ne crois pas que vous trouviez facilement de la documentations et je ne pense pas que vos professeurs vous en aient parlé. Il devrait intéresser certaines correspondantes qui font un TPE sur le rêve.
    C'est la coordination de nos sensations par le “THALAMUS”.

    Le thalamus est un important centre nerveux de notre cerveau central, juste au dessu de l'hypothalamus. L'un de ses rôles est de coordonner nos sensations .
    Mais avant de parler de ce sujet, il faut que je mentionne un autre centre qui se trouve à la base du cerveau, au dessus de la colonne vertébrale et  dont le fonctionnement est indispensable à notre vie végétative : le “tronc cérébral”.
    Une partie de ce centre contient des neurones qui grâce à des phénomènes d'échanges ioniques, sont de véritables oscillateurs, comme le quartz de votre montre et envoient ainsi des influx nerveux à une fréquence
    - de quelques hertz  pendant notre sommeil profond
(1 hertz = une oscillation par seconde);
    - autour de 30 hertz pendant le sommeil paradoxal;
    - et de 40 hertz quand nous sommes éveillés et donc conscients.
   
   
Ces influx nerveux sont envoyés par le tronc cérébral à divers neurones pour les synchroniser et en particulier à ceux du thalamus
    La conscience demande donc donc une fréquence de travail des neurones du thalamus de 40 oscillations par seconde.
   
Voyons maintenant l'action de ces neurones vis à vis de nos sensations.

  
  Notre oeil voit ce qui se trouve devant nous et les images perçues par notre rétine sont envoyées à une très gros centre d'interprétation de la vue, très sophistiqué, qui se trouve à l'arrière de notre cerveau.
    De la même façon, il existe des centres qui interprêtent les sons, les sensations de toucher (issus de la peau de tous notre corps), les odeurs et les goûts.
    Toutes ces interprétations vont être envoyées au thalamus, voyons comment. (schéma ci dessous).
    Supposons qu'un oiseau est perché sur notre main et chante.




   
Le thalamus reçoit les stimulations à 40 hz du tronc cérébral. 
Une série de neurones de ce centre oscillent. avec une fréquence double (80 hz). Ils envoient alors un signal nerveux de fréquence 40 hz vers les divers centres du cortex qui interprètent nos sensations. Sous l'effet de cette stimulation les neurones qui ont reçu des informations de sensations vont alors renvoyer de l'information également avec cette même fréquence de 40 hz.
    Comme 40hz est la moitié de 80hz, cela veut dire que les neurones des centres d'interprétation des sensations vont réagir à un balayage sur deux (pas forcément le même pour tous les neurones). Le thalamus reçoit donc de chaque neurone actif une information tous les quarantièmes de seconde, suivie d'une absence d'information.
C'est exactement comme une caméra avec un film ou la télévision, qui diffusent une image, puis un “noir”, puis une image (pour que chaque image soit bien séparée et différenciée de la précédente)...à une fréquence donnée, en général 25hz pour les caméras en vitesse normale.

    Le thalamus reçoit et diffuse donc l'information de nos perceptions comme une camera projette des images, et ceci quarante fois par seconde quand nous sommes éveillés.

    Voyons le cas de l'oiseau.
    Le cortex olfactif et le cortex gustatifs
qui ne sont pas concernés puisqu'on ne mange pas l'oiseau, qui ne sent pas (mauvais et ne s'est pas parfumé non plus lol ), ne répondent donc pas.
    Le cortex sensoriel
renvoie la sensation de la pression des pattes de l'oiseau sur la main. Le cortex visuel renvoie l'image de l'oiseau. Le cortex auditif renvoie le son de son chant.
    Le thalamus fait la synthèse de ces signaux et les envoie au cortex frontal qui réfléchit. Il consulte la mémoire et celle ci lui dit : c'est un oiseau et même c'est un canari jaune, perché sur la main et qui chante.

    Que déduire de ce processus ?

  
  D'abord que, pendant l'éveil, les diverses zones qui interprètent les sigaux de nos cinq sens sont consultées à la fréquence de 80 hz, c'est à dire toutes les 12,5 millisecondes, mais ne répondent, pour un même neurone que toutes les 25 ms.
    Un même neurone ne peut donc différencier deux sensations que si l'intervalle qui les sépare est d'au moins 25ms et si nous considérons tous les neurones des centres perceptifs, balayés à la fréquence de 80 hz, nous ne pouvons donc pas différencier deux phénomènes se passant à des intervalles inférieurs à cette durée. de 12,5 ms.
    Toutefois si un incident attire notre attention, il y a une “remise à zéro” de ce balayage en cours et le cycle. Il ecommence aussitôt et nous avons toutes les chances de saisir le phénomène qui a appelé notre attention, moins de 12 ms après cette remise à zéro.

   
Le thalamus transmet les informations au cortex central qui a ainsi une synthèse et peut “savoir ce qui se passe”  avec le maximum de détails.

    Si l'information ne l'intéresse pas, il la met en mémoire, mais elle n'intéresse qu'un nombre restreint de neurones.
    Nous n'avons pas alors conscience de cette information et les neurobiologistes disent qu'elle est mise en mémoire dans notre inconscient.

   
Si l'information lui parît intéressante, il oriente alors nos sens vers des actions qui leur permettent de saisir d'autres informations sur le même sujet
Le cortex va faire orienter les yeux, “prêter l'oreille”, déplacer la main, humer l'air, sécréter de la salive pour mieux sentir le goût etc...

    Ces informations , si elles se révèlent vraiment intéressantes seront mises alors consciemment en mémoire et nous nous rappelerons que nous les avons ressenties, du moins pendant un certain temps, car lorsqu'elles seront devenues inutiles, le souvenir sera effacé pendnat notre sommeil.
   
    Que se passe t'il pendant le sommeil ?

   
L'hypothalamus et le tronc cérébral bloquent la commande des organes de nos sens et la transmission des informations vers les centres d'interprétation, qui donc ne pourront plus fournir d'information au thalamus.
    Mais celui ci va, en quelque sorte, fonctionner à l'envers.
   
La mémoire va éliminer tous les souvenirs superflus (ceux notamment enregistrés inconsciemment) ou considérés comme inutiles ou nocifs. Elle les transmet au thalamus qui va les trier et les renvoyer vers les centres d'interprétation des sensations, qui vont travailler comme s'il s'agissait de sensations réelles, alors qu'il s'agit de “perceptins mentales virtuelles”. Celles que nous nous rappelerons si nous nous réveillons quelques secondes : ce sera le rêve.

  
  Pendant le sommeil profond, le thalamus n'est alimenté qu'à une fréquence de quelques hertz. Il ne fera ce tri qu'à faible vitesse.
    Si on nous réveille, nous aurons l'impression d'avoir fait un “rêve statique” comme si la vie allait dix fois moins vite. Comme la mémoire ne fonctionne pas pendant le sommeil profond ce souvenir restera très flou.

    Pendant le sommeil paradoxal la fréquence d'alimentation du thalamus est proche des 40 hz (autour de 35 hz). La succession des sensations virtuelles est proche de celle de la réalité et si nous nous réveillons, alors nos rêves nous paraissent donc comme une tranche de vie, mais évidemment assez illogique et irrationnelle, car les sensations éliminées par la mémoires sont, comme je l'ai déjà expliqué, aléatoires et sans lien entre elle et notre cortex, mal réveillé, cherche à trouver des liens entre elles, mais n'arrive pas en général à ce que ceux ci soient parfaitement cohérents.


    Finalement, notre thalamus a un rôle très important :
        - quand nous somme éveillés synchroniser nos sensations pour pouvoir faire une synthèse des sensations du même instant et envoyer cette information au “patron cortex frontal”.
        - quand nous dormons, il reçoit des informations globales  désordonnées de la mémoire, qu'il trie et renvoie aux centres d'interprétation, qui vont permettre leur élimination une par une dans les mémoires spécifiques des perceptions des cinq sens.

    Dans un de mes prochains articles, pour répondre à des questions de mes lecteurs, je vous parlerai des "somnambules".

Lundi 10 décembre 2007 à 20:43

Eveil, sommeil, rêves



Geabsland”, un de mes lecteurs m'écrit :
“...je m'intéresse beaucoup aux etats modifiés de conscience, et à la conscience en general.... qu'est ce qui differencie une prise de conscience qui implique un changement dans notre comportement et une "simple" prise de conscience qui modifie notre perception de la vie ? En d'autres thermes, la conscience à telle des "paliers", devrait t'on parler de prise de conscience simple,forte, revelatrice, ect... et quelles en sont les regles d'accès ?
exemple: - j'ai pris conscience que le tabac n'est pas bon pour moi mais je continue a fumer - j'ai pris conscience que le tabac n'est pas bon pour moi et donc j'arrête....
Pourrais tu faire un article sur les molecles hallucinogenes et plus precisement sur le liens entre "prise de conscience naturelle causée par la reflexion ou la philosophie" et "prise de conscience consequentes à la consommation de drogues hallucinogenes ? ".

    Bref tu me demandes de traiter le problème de la “conscience” mais aussi de l'influence de produits chimiques sur notre état mental et donc sur cette conscience, et puis également les rapports “ prise de conscience - prise de décision” , ce qui est un autre problème.

    Je veux bien essayer mais ce n'est pas simple, alors je le ferai peu à peu, en alternant avec d'autres sujets pour que cet aspects “SVT” ne fatigue pas trop mes lecteurs et lectrices.

    Aujourd'hui, ce sera plutôt de la philosophie sur le mot conscience.

    Mon petit ami Robert (vous connaissez, j'espère lol) distingue d'abord :

    - la conscience morale : qui est “la faculté et le fait de porter des jugements de valeur morale sur ses actes”  (il aurait dû ajouter et malheureusement aussi sur les actes des autres !).
    C'est un problème autre que celui que je vais traiter, qui est relativement abstrait, au niveau des idées et des sentiments , et concerne le fonctionnement de notre cortex frontal et du cerveau émotionnel.

    - dans la même catégorie, il cite “avoir sur la conscience”, avoir “bonne conscience”, la “conscience professionnelle” , qui sont des états psychiques correspondant à ce type de jugement.

    - Toutefois cela implique que nous sachions ce que nous faisons, c'est à dire avoir conscience de nos actes.
    C'est très différent, il ne s'agit plus de jugements, mais de constatations.
   
    Etre conscient de nos actes n'est pas si simple.
    Cela implique d'abord que nos sens sous aient appris ce que nous avons fait. Que nous nous soyons vus, sentis, entendus agir. Nos cinq sens sont en cause, principalement la vue.
    Cela implique ensuite que nous sachions en partie au moins pourquoi nous avons agi ainsi. Là c'est déjà un raisonnement, un état psychique, qui fait intervenir pensée, réflexion et sentiments, et des données complexes sur nos désirs, notre volonté, nos buts.
    Ce n'est plus la simple conscience, mais le fonctionnement de tout notre cerveau, intelligence et sentiments.
    Cela implique enfin que nous ayons mémorisé tout cela.
    L'appel à la mémoire est permanent dans tous nos actes et nos réflexions.

    La philosophie est présente aussi dans ce concept et le Robert nous dit :
“La faculté d'avoir une conscience intuitive de soi, ... l'état dans lequel le sujet se connaît en tant que tel et se distingue des objets qu'il connait.”
    C'est au fond le fait de savoir que l'on vit que c'est l'image de soi que l'on voit dans une glace....

    Finalement tout cela implique des sensations et le dictionnaire définit la concience comme étant : “ la faculté qu'a l'homme de connaître sa propre réalité et celle qui l'entoure et d'émettre des jugements sur cette connaissance”

    Au départ “conscience” implique donc “perception”, et c'est cela que je voudrais d'abord traiter dans mes prochians articles.
    Mais cela va nous faire poser des questions sur ce qu'est cette “réalité”  et vous serez peut être surpris des réponses.

    Beau sujet de dissertation pour le bac !! lol

Jeudi 29 novembre 2007 à 16:59

Eveil, sommeil, rêves

    J'ai reçu d'une de mes correspondante la demande suivante :
"...Je fais un exposé sur les rêves et je me demandais si un stimulus sensoriel pouvait provoquer les rêves , ou même si l on rêve vraiment quand on dort ou plutôt lors des micro -éveils ...?"
    J'ai pensé que ma réponse pouvait intéresser d'autres correspondant(e)s et je la publie donc :




    Les psychologues ou psychiatres, qui sont restés trop enfermés dans les théories freudiennes, attachent aux rêves une importance et des interprétations qui ne sont pas vérifiées par la neurobiologie moderne, laquelle dispose maintenant de moyens importants de mesure de l'activité neurologique des diverses zones cérébrales et a acquis des connaissances certaines sur les facteurs chimiques qui la régissent, et notamment sur les zones du cerveau qui interviennent dans les phases d'éveil et de sommeil et sur les neurotransmetteurs qui sont à l'origine de ces phases.

    Ces connaissances donnent une interprétation nouvelle des phénomènes liés aux rêves.

    Mais en fait le terme de rêve est ambigu parce qu'il ne signifie pas la même chose pour le neurologue et pour l'opinion publique, ou plus exactement qu'on peut lui donner plusieurs significations qui risquent de créer des malentendus.
    Il faut donc d'abord préciser notre vocabulaire.

    Pour le commun des mortels et pour les psychologues, le rêve c'est uniquement les scènes que nous nous rappelons à notre réveil, et que nous avons cru vivre pendant que nous étions endormis. Nous en avons des souvenirs plus ou moins précis, d'autant plus que la plupart de ces scènes ont un certain illogisme.
    Mais nous ne savons pas si des phénomènes analogues ou autres se sont produits pendant notre sommeil, parce que nous n'avons aucun souvenir de ces phénomènes.
    Le neurologue , au contraire, examine tous les phénomènes qui interviennent pendant les diverses phases du sommeil, que nous en ayons conscience ou non, et il a trouvé que des phénomènes identiques aux rêves se produisent lorsque nous sommes endormis, mais que nous ne nous en souvenons pas.
   
    Les neurologues sont venus à la conclusion suivante :
    Le cerveau produit des images mentales tout au long du sommeil qu'il soit profond ou paradoxal.
    Toutefois alors que, dans le sommeil profond, il s'agit surtout d'une élimination de souvenirs superflus de la mémoire, sans que le cerveau ait une activité importante (les fréquences des neurones du thalamus, qui coordonne nos sensations, restent de l'ordre de quelques hertz), au contraire dans les phases de sommeil paradoxal l'activité du cerveau se rapproche de celle lors de l'éveil, (la fréquence des neurones du thalamus se situe au dessus de 30 hertz, alors qu'elle est de 40 quand nous sommes éveillés) et le cerveau donne certains ordres au système nerveux, puisqu'on constate des mouvements de l'oeil, des mouvements restreints des membres, que le sujet endormi peut se retourner parfois parler, et il présente des signes d'émotions : accélération du poul, de la tension artérielle, de la respiration, transpiration ..., phénomènes dont il n'a pas conscience et il n'a aucun souvenir de ce qu'il a ressenti, ni des images mentales qui étaient à l'origine de ces manifestations.
    Cependant le cortex frontal ne “réfléchit” pas pendant le sommeil.   
    Si pour le neurologue ces phases de fabrications d'images mentales sont analogues à des rêves, la personne qui dort ne peut le qualifier ainsi, car elle n'en a aucun souvenir.

    Les neurologues ont montré que nous ne nous souvenons que des phénomènes qui se produisent au moment où nous nous réveillons.
    Cela peut être au réveil le matin, au réveil lorsque nous avons des insomnies dans la nuit, même si celle ci est de courte durée. Mais également dans le cas de “micro-réveils” qui durent quelques dizaines de secondes et dont nous n'avons pas ou très peu conscience (et en général nous ne nous rappelons pas nous être réveillés).
    Mais lors de ces réveils, le cortex frontal commence à fonctionner et à raisonner, mais il ne reçoit pas encore des interprétations fiables des perception de nos sens et notre “conscience” (pas morale, la conscience d'exister, de “fonctionner”  qui est un phénomène complexe de coordination entre le cerveau émotionnel et le cortex frontal, et la pleine activité potentielle de tout notre cerveau).
    Il reçoit, à la place des informations réelles de nios sens, les perceptions mentales crées pendant les dernières secondes de sommeil et il essaie de les interpréter. Comme ces sensations mentales sont anarchiques, il les interprête comme il peut et souvent de façon farfelue : nous avons l'impression de vivre une scène, mais sa logique est altérée car l'enchaînement des sensation n'est pas logique puisque la scène n'est pas réelle et provient d'images mentales ayant peu de rapports entre elles. C'est notre cortex qui s'éveille qui essaie de faire comme il peut, un lien entre ces sensations désordonnées.
    D'où le caractère absurde ou extraordinaire de la plupart des rêves.

    Donc la production de “perceptions mentales” issues de notre mémoire se produit pendant tout le sommeil, mais si nous ne qualifions de rêve que celles dont nous nous souvenons, ces rêves se limitent aux perceptions mentales produites dans les quelques secondes (voire dixièmes de secondes) avant des réveils dont certains ont une durée très courte de quelques secondes.

    Je répète ce que j'ai déjà dit sur l'interprétation des rêves.
    Toute symbolique et explication générale dans ce domaine est aberrante.
    La seule information qu'ils donnent vient de ce que les perceptions qui les composent, proviennent de notre mémoire, et que celle ci elimine en général les données, soit superflues - qui ne servent plus à rien -, soit aberrantes et sans utilité - par exemple des souhaits impossibles à réaliser - , soit des souvenirs qui pourraient nous perturber, et donc être nocifs,
    Tous ces souvenirs éliminés ont pu être acquis et mémorisés de façon consciente ou inconsciente.
    Il peut donc y avoir, parmi ces souvenirs éliminées, certains qui correspondent soit à des préoccupations de la veille au soir au moment de s'endormir, soit des jours précédents, soit des souvenirs ou préoccupations pénibles que l'on ne souhaite pas se rappeler parce que cela nous perturbe, et que notre cerveau cherche à éliminer peu à peu ou à laisser dans l'ombre, pour nous protéger. C'est en partie, ce que Freud appelait des refoulements, mais auxquels il accordait une importance sexuelle beaucoup trop grande.

    Enfin pour répondre à la question “est ce qu'un stimulus sensoriel peut provoquer un rêve”, il faut bien distinguer les sensations passées mises en mémoire que l'on élimine et qui sont le matériau des rêves (dont on a ou non conscence) et les stimuli pendant le sommeil.
    Pour les stimuli extérieurs qui se produisent pendant le sommeil, la réponse est oui dans la mesure où ce stimuli nous réveille pendant au moins un court instant. Ce peut être aussi un stimuli dû au fonctionnement de notre corps.
    Je vais prendre trois exemples un peu extrèmes pour me faire comprendre :

    - je dors et on fait tomber un gros objet par terre dans la chambre voisine qui me sort quelques secondes de mon sommeil au moment où j'éliminais des images dérangeantes vues la veille au ojurnal télévisé, sur la guerre au moyen-orient. Mon cortex qui se réveille essaie de raccorder un grand bruit au images et il me “raconte” ue je susiau mileu des combattants et qu'un obus est tombé pas loin.

    - je dors et il y a de grans coups de vent qui mugissent dans lma fenêtre entre-ouverte, alors que j'élimine des images d'une sortie en mer la veille, images inutiles parce que non extraordinaires. Ce bruit me réveille quelques secondes et mon cortex me suggère qu'un coup de vent arrive sur mon bateau et qu'il faut se dépêcher de déborder les voiles et de em mettre au rappel.

    - je dors et je me susi trop tourné la tête presque dans mon oriller, alors que je suis légèrement enrhumé. Jai beaucoup de mal à respirer et cela me réveille un peu. Je révais que j'étais au bord de la plage en train de regarder la mer. Mon cortex réagit et d'une part veut expliquer mon étouffement et d'autre part le cerveau veut que je respire. alors il va chercher en mémoire des images d'une grande vague qui arrive et me suggère que je susi en train de me noyer. Je me débats !ou je pense que je me débats), je me retourne et du coup je me réveille en sursaut en respirant une grande bouffée d'air.

    Un phènomène plus complexe est celui des somnanbules dont le cerveau arrive à transmettre au cortex frontal les informations dont il tient compte pour guider les gestes de la personne alors que sa conscience n'est pas active, car elle est endormie, et que le cortex frontal ne réfléchit que par automatisme, en liaison avec le cervelet mais ne réfléchit pas volontairement et consciemment.


Vendredi 10 août 2007 à 9:43

Eveil, sommeil, rêves

    Vous avez dû un peu peiner à suivre le cours de SVT de l'article précédent.
    Mais nous allons pouvoir maintenant  répondre aux questions que vous avez posées concernant le sommeil et les rêves.

    "Pourquoi parlons nous et entendons nous parler dans nos rêves.? Pourquoi ces propos sont ils parfois totalement incohérents ?"

    Lorsque le cerveau se débarrasse de perceptions enregistrées inconsciemment ou de souvenirs superflus, nous avons vu que les centres du cerveau, notamment cortex et cerveau émotionnel, envoyaient des siganux aux centres de traitement II à VI de la vision, qui les traitaient comme s'ils venaient de la rétine.
    Le cerveau a donc “l'impression” de voir ainsi des images, et si nous nous réveillons à cet instant, elles deviennent les images d'un rêve, qui sont toutefois relativement incohérentes car ce ne sont pas des images réelles qui se suivant dans le temps, et notre cortex, qui n'est pas suffisamment éveillé, ne peut mettre de l'ordre et éliminer celles sans signification.
   
    Il en est exactement de même pour les paroles : le cerveau se débarasse non seulement d'images, mais aussi de sons, dont des paroles, et les transmet aux centre secondaires auditifs, qui traitent ces sons et croient donc entendre des paroles, de la musique, des sons divers, qui sont ensuite interprétés par le cerveau, et notamment  les centres de Wernicke et de Geschwind.
    Mais comme pour les images, ces paroles ne sont pas réelles et leur signification peut être incohérente, ou cohérente mais complètement irréaliste, comme les images de nos rêves. Elles peuvent être cependant synchronisées avec des images.
    Dans nos rêves, nous pouvons donc entendre le bruit du tonnerre dont nous voyons l'éclair, entendre une personne qui nous parle, entendre notre propre voix, mais aussi entendre un discours incompréhensible ou totalement farfelu.


  
"...Pourquoi dans un rêve ai-je entendu mon chien me parler.? "  

    Lecerveau se débarasse de perceptions, de sensations et de pensées qu'il juge inutiles.
Il peut donc se débarasser d'images résultant de moments passés avec ton chien dans la journée.
    Senimentalement tu parles inconsciemment à ton chien que tu aimes, comme à une grande personne et tu as souvent pensé à ce qu'il pourrait te répondre. Rien d'étonnant à ce que ton cerveau envoie de telles images associées à de telles pensées et dans ton rêve ton chien parle, parce que le cortex, mal réveillé, n'a pas été là pour censurer cette ineptie sur le plan de la réalité, mais combien désirable au plan sentimental.

    "...Je suis très timide et jamais je n'oserais parler en public. Pourtant dans mes rêves je fais des discours; pourquoi? "

    Oui, tu es timide, et éveillée, les centres de ton cerveau émotionnel (notamment les amygdales) te donnent cette crainte de parler en public et t'en empêchent.
    Mais quand tu dors, ils sont au repos et donc ne sont plus là pour censurer images, mots et actions.
    Et comme tu aimerais être capable de faire ainsi des discours, tu as ainsi des pensées, des souhaits dans ton inconscient. Le cerveau te sachant timide ne leur trouve pas une grande utilité et s'en débarasse. Tu rêves donc que tu fais des discours, sans timidité.
    Par contre il se peut que le discours que tu tiens, ne soit pas très cohérent avec le public ou le sujet que tu traites, car le cerveau aura été le “pêcher” dans un endroit de ta mémoire qui n'a rien à voir avec cette envie de discourir en public, ni avec les autres images du rêve.


    Pourquoi pense t'on avec des mots? Je veux dire par là que lorsque je réfléchis, (notamment à ce que je vais écrire), j'ai l'impression qu'une voix me dit tout bas, ce à quoi je pense ou ce que je dois écrire..

    C'est vrai ce que tu constates.
Un bébé ne pense pas comme nous et sa pensée ne se traduit qu'en images et en gestes, ou avec des cris et des pleurs.
    Les centres de l'hémisphère droit sont impliqués dans ces réactions.
On croit par exemple qu'un bébé comprend “oui” ou “non”. En réalité il ne comprend que l'intonation (la “prosodie”). Si vous lui dites “oui” avec l'intonation que vous avez pour lui dire "non", il comprend “non”. Et vice versa.

    La pensée ne s'organise qu'à partir du moment où l'enfant commence à parler vraiment, lorsque les centres de Broca et de Wernicke sont arrivés à maturation et que le centre de Gerschwind est capable de faire enregistrer le vocabulaire.
    Lorsque le cortex frontal réfléchit, il demande aux centres de Wernicke et de Gerschwind de rechercher les mots correspondants et au centre de Broca d'appliquer à ces mots les règles de grammaire et de syntaxe.
    Le centre de Broca ne demande pas aux muscles de la parole de fonctionner et donc nous ne parlons pas, mais nous avons conscience de tout ce travail de mise en forme et donc nous avons l'impression de “dire tout bas” les phrases correspondant à notre pensée.
    Les différents centres du cerveau émotionnel peuvent aussi demander de la même façon, l'expression de nos émotions.

    "...Avant de m'endormir je réfléchissais à une chose sérieuse. puis tout à coup les mots deviennet incohérent et j'ai l'impression de me réveiller. Je pense à nouveau corretement, puis cela recommence. Que se passe t'il ?"

    C'est aussi une chose normale. Rassure toi, tu n'as aucune déficience mentale.
    Tu n'es pas encore endormie et ton cerveau fonctionne normalement. Donc tu es consciente et en éveil et ton thalamus fonctionne à 40 hertz. Tu réfléchit donc normalement.
    Mais tu es fatiguée, c'est le soir, tu es probablement allongée, peut être dans le noir. Tu es à la limite du sommeil et ta “conscience d'être là” baisse.
Le thalamus baisse de fréquence vers 39 hertz.
    Tu entres dans une phase voisine du sommeil paradoxal et du rêve.
    Ton cortex frontal qui réfléchissait, continue mais au ralenti et les signaux qu'il envoie à Wernicke et Gerschwind se mélangent ou sont moins clairs.
Du coup le centre de Gerschwind se trompe et ne va pas chercher le bon vocabulaire et ta pensée devient incohérente, les mots ne correspondant plus aux idées (ou correspondent à d'autres idées sans rapport avec ta pensée précédente..
    Le cortex qui n'est pas encore endormi, trouve cela anormal et cela le réveille. Il ordonne au thalamus de refonctionner à 40 hertz ( je ne pense pas qu'il engueule le centre de Gerschwind, mais pourquoi pas, car il n'est pas content LooL).
    Il recommence alors à fonctionner normalement et donc à réfléchir convenablement.
    Et ton cortex qui s'ést “réveillé”, te fait prendre conscience de ce qui s'est passé.

    J'ai donc répondu aux questions générales que vous me posez.
Je répondrai individuellement à d'autres questions sur des rêves plus personnels qui ne concernent que ceux qui les ont rêvés.

Lundi 6 août 2007 à 11:36

Eveil, sommeil, rêves

    Mes articles sur les rêves m'ont valu quelques mails et pas mal de questions. J'ai répondu directement à certaines, mais d'autres m'ont paru suffisamment générales pour faire des articles de réponse.

            “...Rêvons nous en couleur ou en noir et blanc ? “

    C'est une question intéressante car elle permet d'illustrer le mécanisme des rêves, mais aussi de parler “physique”.

    Je vais d'abord vous surprendre, mais la couleur cela n'existe pas dans la réalité.
    Ce qui existe ce sont des rayonnements de diverses longueurs d'onde (ou fréquences) notamment dans la “lumière visible”.
    Les corps absorbent certaines longueurs d'onde et en réfléchissent d'autres.
    Notre rétine contient des cellules nerveuses, dont certaines, les cônes (4 millions dans chaque rétine ), qui sont sensibles aux fortes lumières et à une bande de longueur d'onde. Il y a trois sortes de cônes sensibles à des bandes (on verra plus tard qu'elles correspondront au rouge, au vert et au bleu.)
    Il y a aussi d'autre cellules, les batonnets, (100 millions) sensibles aux très faible intensités de lumières, toutes longueurs d'ondes confondues.
    Les trois types de cônes et les bâtonnets envoient des signaux d'intensité de lumière : une première couche, dite “primaire”, de neurones du cerveau (à l'arrière de notre crâne, chacun des neurones de cette couche est relié à un neurone de la rétine ) traite chaque signal et répartit l'information entre d'autres couches.
Les deux couches suivantes recréent une image en noir et blanc de ce que nous voyons (elles traitent les contours et les textures).
    Une quatrième couche analyse les signaux des trois types de cônes sensibles à trois longueurs d'ondes particulières.     
    Une cinquième couche analyse les déplacements et donc les mouvements et une sixième couche de neurones les “formes élaborées” pour les reconnaître (par exemple un visage, un animal, un objet ...).

    Dans cette quatrième couche, des neurones spécialisés analysent pour chaque point de l'image les signaux reçus des cônes “rouges”, des cônes “verts” et des cônes “bleus” et d'autres neurones dfont la synthèse en dont une information du type (35% rouge + 25% vert + 40% bleu). Finalement c'est cette information que nous donne le cerveau : c'est une sensation.
    Nous, humains, “animaux pensants”, grâce au langage, nous appelons cette sensation “couleur”.
    A chaque sensation correspondant à trois pourcentages donnés, nous faisons correspondre une couleur différente à laquelle nous donnons un nom : rose, jaune, marron, etc....
    Ainsi, tout comme la télévision ou notre écran d'ordinateur, nos neurones reconstituent toues les couleurs à partir de 3 couleurs fondamentales que nous avons nommées rouge, vert et bleu.

    Mais la couleur n'existe pas. Si un corps absorbe toutes les longueurs d'onde correspondant au bleu et au vert, l'oeil ne transmettra que les signaux des cônes “rouges” , sensibles à cette longueur d'onde, et nous dirons que ce corps est “rouge”.   
    La réalité ce sont des lumières de diverses longueurs d'onde plus ou moins absorbées et la couleur n'est qu'une “création” de notre cerveau qui attribue un nom à des signaux transmis par 3 sortes de neurones sensibles à des longueurs d'ondes spécifiques.

    A la sortie de ces six couches d'analyse des signaux de vision, les informations décodées par le cerveau sont très complètes et nombreuses, elles sont alors transmises à deux zones du cerveau que nous appellerons le “Quoi?” et le “Ou?” (schéma ci dessous).



    Le centre “Quoi” va comparer les informations reçues à des données de notre mémoire visuelle et il va identifier l'image : c'est le cousin Astérix, Idéfix mon chien, un ordinateur, un stylobille, un arbre, une rose...... Un peu comme un bibliothécaire, il va chercher en mémoire leur nom et éventuellement des carctéristiques essentielles et envoie tous ces renseignements au cortex (via le Thalamus).
    Le centre “Ou” va examiner l'environnement visuel et déterminer où se trouve l'objet de l'image par rapport à cet environnement.
    C'est lui qui permettra au cortex de guider ensuite les gestes ou les mouvements pour prendre l'objet ou au contraire l'éviter.

    Mais ceci ne se passe ainsi que lorsque nous sommes éveillés et que nos yeux ouverts transmettent des signaux au cerveau.
    Lorsque nous sommes endormis, la rétine ne transmet rien et la première couche d'analyse primaire de la vue est au repos.
    Par contre pendant le sommeil paradoxal notamment le cerveau se débarasse de tout ce qui lui paraît superflu ou gênant et notamment les perceptions inconscientes. Il envoie donc aux couches autres que la couche primaire des “images internes” provenant de la mémoire.
    Ce sont ces images qui, lorsqu'on se réveille, alimentent le rêve et comme des informations peuvent être transmises à la couche IV de neurones, qui habituellement analyse les couleurs, on peut donc parfaitement avoir une sensation de couleurs dans un rêve.


“.... Dans mes réves, je fais ce que je veux. Je change la couleur du ciel, je vole...”

    C'est normal, mais c'est un peu une illusion.
    Ce que tu fais ce n'est pas ce que tu as décidé quand tu étais éveillée.
    Tu fais ce que tu décides dans ton rêve, même des choses parfois impossibles dans la réalité. Mais ce sont des décisions fictives, que tu as prises dans ton rêve.
    Quand tu es révéillée, c'est le cortex qui en général décide, mais influencé par le cerveau émotionnel, par les sensations venant de l'extérieur et transmises par les centres d'interprétation, et par l'expérience provenant de notre mémoire.
   
    En fait on rêve (les rêves qui nous restent en mémoire quand on est éveillé, car des autres ils ne nous reste rien en mémoire) au moment où on se réveille, au moins pendant quelques secondes (quitte à se rendormir ensuite).
    En fait les images arrivent en se bousculant de façon désordonnée, et le cortex, qui n'est pas encore en pleine possession de ses moyens, voudrait reprendre les commandes et n'y arrive pas;
    Alors il esssaie d'expliquer, comme il peut, l'enchaînement bizarre des faits et “pour sauver la face”, il fait semblant d'avoir décidés ces faits.
    Et quand tu te rappelles ton rêve, tu as en mémoire que c'est toi qui as décidé tout cela !

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lancien

sortir de la tristesse

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