Mercredi 25 juillet 2007 à 9:31

Eveil, sommeil, rêves


   
Dans l'article précédent je vous ai fait un cours de SVT sur ce qui se passait dans notre cerveau pendant le sommeil et les rêves.
    Aujourd'hui je vais essayer de voir à quoi correspondent les rêves et comment on peut interpréter leur contenu.
   
   
Lorsqu'éveillés nous regardons quelque chose, une image de ce que nous voyons se projette dans les neutrone de l'aire primaire visuelle du cerveau, chaque neurone de la rétine envoyant par un circuit complexe de mise en forme, un signal à un neurone de cette aire.
    Lorsqu'on fait regarder à un singe une image géométrique et que l'on observe son cerveau par imagerie cérébrale qui montre les neurones actifs dans cette aire, on voit se dessiner l'image géométrique regardée. (dessin ci dessous).



    Les aires secondaires d'interprétation donnent ensuite des éléments sur cette image : couleur, texture, distance, déplacement, vitesse.....

    Il s'agit d'une perception réelle.

    Pour comprendre le rêve,
étant éveillés, fermons les yeux et essayons de penser à un évènement heureux dont nous avons gardé beaucoup de souvenirs.
Au bout de peu de temps de “concentration”, nous avons l'impression de voir des images des scènes de cet événement.

    Ce n'est pas une image réelle, nos yeux ne voyant rien.
   
Ce sont les neurones où ces images étaient “enregistrées”, qui sollicités par le cortex, ont envoyé via l'hippocampe et le thalamus, les signaux correspondant dans les aires secondaires visuelles qui les interprètent alors, comme s'il s'agissait d'images réelles en provenance de nos yeux et des centres primaires.
    C'est ce que l'on appelle des “images internes”.
    Elles ont été “commandées” par notre cortex car nous étions éveillés; la suite de ces images est donc cohérente, logique, réfléchie.

    Dans le rêve, le processus est le même, mais le cortex n'est pas là pour veiller à leur cohérences et la suite de ces images est donc le plus souvent  illogique et aberrante.

    De nombreuses études ont été faites pour savoir à quoi servaient les rêves, mais les scientifiques sont encore loin d'avoir fait le tour du problème.


1. - Une activité aléatoire du cerveau :
   
    Il est d'abord possible qu'une partie de nos rêves résultent de phénomènes purement aléatoires :  les images du rêve peuvent être produites par des impulsions nerveuses totalement aléatoires déclenchées par la libération de l'acétylcholine par les cellules du tronc cérébral. Le cerveau endormi fait alors exactement la même chose qu'il ferait durant l'état de veille avec des signaux visuels ambigus : le cortex et le cerveau émotionnel tentent de leur attribuer un sens, en vain, en les reliant à des images de notre mémoire et de notre vie..

    Dans ce cas, les rêves ne seraient donc  rien de plus que des tentatives désespérées du cerveau de produire des images cohérentes d'après  des signaux confus émis par le tronc cérébral. En résulteraient à chaque  nuit les histoires étranges de notre « cinéma de l'esprit »,  amalgame de préoccupations du moment et d'événements mémorisés avec leurs émotions associées.

2. - L'élimination de nos souvenirs superflus ou indésirables :

    Nos sens perçoivent chaque seconde de très nombreuses sensations : images, sons, ....Mais notre attention n'est attirée que par peu d'entre elles et nous en mémorisons encore moins, du moins consciemment. Par contre, beaucoup d'entre elles sont stockées provisoirement en mémoire.
    Même les informations qui ont été prises volontairement et mémorisées ne sont pas utiles au bout d'un ceratin temps (par exemple l'endroit où vous avez garé votre voiture au parking),
    Le cerveau croulerait vite sous le nombre d'informations inutiles et lors du sommeil, le cerveau se débarasse de ces informations, en éliminant les connexions entre neurones qu'elles représentent.
Ce faisant les centres d'interprétation secondaire sont sollicités, ce qui est la caractéristique de l'activité onirique.
    Le cerveau fait le ménage comme vous le faites parfois dans le disque dur de votre ordinateur pour retrouver de la place.
    Une grande partie des rêves, notamment pendant le sommeil profond, résultent de l'élimination d'informations superflues de la mémoire, notamment informations sensitives.
    L'élimination se faisant sans ordre particulier, les informations correpondantes arrivent donc dans un désordre complet dans les centres d'interprétation secondaire, d'où l'incohérence des rêves.

    Le cerveau cherche également à éliminer deux sortes d'informations particulières :
    - les pensées que vous avez eues juste avant de vous endormir. Et très souvent celles ci correspondent à vos préoccupations, à vos soucis.
    Ce à quoi vous avez pensé avant de vous endormir se retrouve donc très souvent dans vos rêves
    - les problèmes qui vous préoccupent et vous stressent, que le cerveau veut minimiser afin de vous protéger et dont il cherche à sortir de la mémoire les points les plus défavorables. (même si vous n'y avez pas pensé avant de vous endormir).
    Comme il s'agit de problèmes émotionnels, les centres amygdaliens et les gyrus sont concernés et ces “évacuations” ont lieu plutôt pendant le sommeil paradoxal. Vous avez donc davantage de chances de les retrouver dans des rêves dont vous pourrez avoir ensuite conscience.

3. - Un perfectionnement des capacités de réaction du cerveau :   

    Certains neurologues pensent qu'en outre les rêves contribueraient chez l'enfant au développement du cerveau (une sorte d'apprentissage des neurones à certaines tâches, sans les risques de l'action réelle) et chez l'adulte, le sommeil paradoxal servirait aussi d'entraînement afin de préserver la personnalité de l'individu ou à la modifier en fonction de l'expérience vécue, en vue d'une meilleure adaptation à l'environnement (ainsi, un chat, élevé et gardé dans un appartement en ville par exemple, réussira toujours à chasser une souris s'il se retrouve à la campagne peut être parce qu'il se sera entraîné toutes les nuits à le faire en rêve).

4. - Le rêve se fabrique quand on se réveille :

    Je vous ai dit dans mon précédent article que nous ne sommes conscients de nos rêves que lorsque nous sommes en train de nous réveiller (ne serait ce que pour quelques instants), et que notre conscience est en train d'émerger pour revenir à un état normal d'éveil.

    En fait si je n'utilise plus le langage des neurobiologistes, mais le langage courant de tous les jours et que j'appelle “rêves” uniquement ceux dont nous avons conscience, que nous nous “rappelons” une fois réveillés, alors durant le sommeil paradoxal, le cerveau est actif, échange des signaux entre ses centres mais son activité onirique ne permet ni la conscience, ni le “rêve”.
    En réveillant un dormeur, on n'interrompt  pas un rêve, on lui donne naissance !    
    Lorsqu'on se réveille, ces neurones nécessaires à la  conscience se remettent en action et nous permettraient alors  de prendre conscience des images subliminales oniriques générées  durant notre sommeil.
    Le rêve pourrait donc se construire  en aussi peu que les quelques centièmes de secondes  que dure notre réveil. C'est alors qu'on  pourrait par exemple intégrer la lumière ou  les paroles qui nous ont réveillé dans le récit  du rêve, comme on l'observe parfois.
    Un bon dormeur peut se réveiller jusqu'à dix fois par nuit et se rendormir rapidement et ce, même  s'il vous dit qu'il a dormi d'un trait.  Durant ces « micro-éveils » de  quelques secondes ou fractions de seconde, le cerveau se  trouve dans un état identique à l'éveil,  mais si peu longtemps que nous nous en souvenons très  rarement. Ce serait pendant ces micro-éveils que nous  pourrions rêver, c'est-à-dire organiser  en récit des images mentales souvent hétéroclites.  Et comme générateur d'images mentales  hétéroclites, le sommeil paradoxal semble être  le candidat tout désigné, bien  que le sommeil lent puisse aussi en générer.  En plus, le sommeil paradoxal est le stade du sommeil où les éveils  spontanés sont les plus fréquents.
    Dès lors, l'explication à l'aspect illogique, impossible ou irréel des scénarios de la majorité de nos rêves serait la suivante : comme la prise de conscience qui donne naissance au rêve se produit dans un temps très court suivant fréquemment une phase de sommeil paradoxal, les réminiscences sont trop disparates pour être intégrées en un récit cohérent, et notre cerveau conscient « forcerait » un peu la réalité pour donner un sens à ces images.
    Par ailleurs, si le rêve survient en quelques centaines de millisecondes, la censure qui peut exister à l'état d'éveil n'apparaît plus. D'où le caractère "bizarre" du rêve.

5. - La signification de nos rêves :

    En définitive les rêves n'ont aucune propriété prémonitoire et il n'existe aucune symbolique pour décoder une quelconque signification. Ils ne correspondent pas non plus à des pulsions, à des désirs refoulés comme le pensait Freud.
    Si on cherche vraiment à leur trouver une interprétation psychologique, on ne peut la trouver que dans les dernières pensés que l'on a eues avant de s'endormir, dans les préoccupations et les problèmes stressants, ainsi que dans le fait que la censure habituelle du cortex n'existe plus lors des tentatives qu'il fait pour rendre cohérentes et explicables les images désordonnées qui s'échangent dans le cerveau pendant le sommeil, du fait d'une élimination spontannée inconsciente d'informations superflues, non utliles ou jugées nuisibles.

Lundi 23 juillet 2007 à 12:01

Eveil, sommeil, rêves


    Aujourd'hui, c'est un peu un cours de SVT que je vais vous faire !! LooL
    Alors courage : ce sont les vacances !

    Si vous avez lu les articles que j'ai déjà écrits sur le cerveau, vous vous rappelez que l'on distingue : (voir schéma ci dessous)
    - le cortex frontal qui réfléchit, organise, ordonne nos actions.
    - les centres du cortex qui interprêtent les senations et notamment à l'arrière du crâne, les centres primaires qui font une première analyse des signaux visuels et les transmettent à des centres secondaires d'interprétation visuelle, qui vont reconstituer les caractéristiques des images et des mouvements.
    - le cerveau émotionnel, avec notamment
        • les gyrus qui interviennent dans nos sentiments et nos émotions, dans nos relations sociales, pour maintenir conscience et attention.
        • les centres amygdaliens qui gèrent l'angoisse, la peur, la colère, l'agressivité.
        • l'hippocampe qui est le “professeur de la mémoire”
        • le thalamus qui centralise les données de perception et les transmet au cortex.
    - le cerveau central, et notamment l'hypothalamus et le tronc cérébral, qui contrôle de façon inconsciente et automatique les paramètres essentiels à de vie .



        Eveil et sommeil :

    On a pu mettre en évidence dans l'hypothalamus postérieur deux régions dont le rôle est essentiel pour maintenir la personne en était d'éveil : on les appelle “centre de l'éveil”
    A contario il existe dans l'hypothalamus antérieur un “centre du sommeil” qui contrôle l'asoupissement.
    Enfin la stimulation d'une zone du tronc cérébral, entraîne le réveil de la personne.
    Ces centres agissent en stimulant d'autres régions du cerveau qui gèrent les échanges sensoriels avec le cortex, nos émotions et la conscience et l'attention. Ils modulent leurs signaux grâce à des neurotransmetteurs chimiques particuliers au niveau des synapses des réseaux nerveux.
    En outre le tronc cérébral contient des neurones spécifiques de véritables “oscillateurs”, qui grâce à des phénomènes d'échanges ioniques particuliers, fournissent des trains d'impulsions nerveuses de fréquences précises et sont un peu comme des” horloges à quartz”, étalons de fréquence pour d'autres neurones, notamment ceux du thalamus.

        Le contrôle des sensations transmises au cortex :

    Le thalamus joue un rôle très particulier.
    Lorsque nous sommes éveillés, certains de ses neurones vibrent à une fréquence de 40 hertz
    40 fois par seconde, ils interrogent les centres qui interprêtent nos diverses sensations (notamment vue et ouie) et trient les informations reçues de nos sens dont ils transmettent les synthèses importantes au cortex.
    Pour effectuer le tri, le thalamus est en relation avec les centres amygdaliens et les gyrus qui gèrent attention et émotions. Il reçoit aussi des demandes du cortex sur des problèmes particuliers qui ont attiré l'attention (par exemple un objet, une personne que l'on a vue), et pour lesquels il demande de l'information.
    Lorsque nous sommes éveillés, il y a donc un grand nombre d'échanges avec un cortex très actif et les actions menées sont relativement rationnelles.

    Pendant le sommeil profond, ces mêmes neurones vibrent à une fréquence très réduite de 8 à 9 hertz (voire même 2 à 3 hz dans les phases de sommeil très profond et par ailleurs, nos sens ne transmettent pas d'informations aux centres primaires de traitement.
Le thalamus échange seulement à fréquence réduite des informations avec les centres secondaires d'interprétation. il ne transmet pratiquement rien au cortex.
    A titre d'information, le coma est analogue à un sommeil très profond, mais la fréquence des EEG descend alors vers 0,5 hz.

    Pendant le sommeil paradoxal, il en est tout autrement : les neurones du thalamus vibrent à une fréquence voisine des 40 hertz (autour de 38/39 Hz).
Les échanges avec les zones secondaires d'interprétation des sensations sont nombreuses, mais il s'agit seulement d'informations internes “artificielles”, puisque nos organes de sens sont inactifs.
    Par contre  les centres des gyrus limbiques qui gèrent attention et consciences sont très peu actifs. De même les échanges avec le cortex peu actif, sont peu nombreux et  ces diverses opérations n'ont plus le caractère rationnel qu'elles avaient lors de l'éveil.
    Les échanges avec les zones qui interviennent dans nos processus émotionnels restent importantes au niveau des gyrus et des centres amygdaliens. De même l'hippocampe qui agit sur la mémorisation reste relativement actif.

        Les conséquences pour les rêves.

    Durant le sommeil profond, nous rêvons, mais peu, puisque les échanges sont très ralentis et les informations qui circulent sont réduites.
    Et comme le cortex ne reçoit pas d'information, même si on nous réveille à cet instant, nous ne nous souvenons pas de ces rêves (ou très rarement).
       
    Le sommeil paradoxal est au contraire la période privilégiée des rêves.
    De très nombreuses informations de sensations notamment auditives et visuelles circulent, de même que des sentiments émotionnels.
    Les cortex frontal et préfrontal demeurent relativement  calmes durant le sommeil paradoxal et comme ces centres sont très impliqués dans  la pensée consciente et le jugement, leur faible activité pourrait  expliquer les rêves bizarres, illogiques ou au contenu souvent inapproprié du point de vue social.

    Le sommeil paradoxal représente environ 25% du temps de sommeil d'une personne jeune et 15% chez une personne âgée.
    Une telle durée représente un nombre de rêves extrèmement élevé et effectivement les mesures que l'on peut faire sur le cerveau montrent que c'est effectivement le cas.
    Cependant on ne se rappelle que quelques uns d'entre eux, voire aucun.
    Cela tient à ce que l'enregistrement dans  la mémoire exige un état de conscience et d'attention qui n'existe pas lors du sommeil paradoxal. En effet des  neurones (utilisdant comme neurotransmetteur la  noradrénaline et à la sérotonine) nécessaires  pour que l'information  nerveuse soit maintenue au-delà de quelques millisecondes  dans le cerveau cessent de fonctionner durant le sommeil.
    Nous ne sommes donc conscients de nos rêves que lorsque nous sommes en train de nous réveiller (ne serait ce que pour quelques instants), et que notre conscience est en train d'émerger pour revenir à un état normal d'éveil.
    Cela explique certaines circonstances bizarre assez fréquentes de cauchemars où nous rêvons que nous sommes dans une situation dangereuse, que nous savons quelle n'est pas réelle et que nous sommes en train de rêver, et que nous cherchons à nous réveiller mais que nous n'y arrivons pas.
    Puis nous nous réveillons alors : c'est notre conscience qui émerge dans un état d'éveil.
   
    Mon prochain article traitera d'un sujet plus terre à terre : “à quoi servent les rêves ?”

Samedi 21 juillet 2007 à 9:49

Eveil, sommeil, rêves

    Nous passons environ le tiers de notre vie à dormir. Moi qui ai 75 ans, j'ai donc passé 25 ans à dormir. Le sommeil fait partie de la vie de tous les vertébrés supérieurs. Sa suppression sur une période prolongée a des effets dramatiques sur l'équilibre physiologique de l'organisme. A l'extrème, on perd la raison et on meurt. Bref, dormir est presque aussi important que se nourrir ou respirer.

    Et pourtant, les scientifiques ne savent pas encore exactement pourquoi nous dormons ! Cela peut sembler incroyable, mais malgré nos connaissances de plus en plus approfondies sur les mécanismes qui font que chaque nuit le sommeil l'emporte sur l'éveil, très peu de certitudes existent au niveau de tous les rôles du sommeil.

    Les différents sommeils

    Vous avez peut être appris en SVT que, dans les années  1950, les chercheurs ont constaté que le sommeil est loin d'être un phénomène unitaire, passif et dont la seule  finalité serait la récupération.

    Au  contraire l'activité électrique cérébrale, mesurée sous la forme d'un électroencéphalogramme (EEG) permet de distinguer entre le  sommeil lent (profond) et le sommeil paradoxal.
    Si  on analyse les caractéristiques de ces deux types  de sommeil et de l'éveil, on note d'importantes  différences physiologiques un peu partout dans l'organisme.

        -  Le tracé de l'EEG est  semblable pour l'éveil et le sommeil paradoxal  avec sa faible amplitude et sa fréquence élevée.  C'est le contraire pour le sommeil lent qui montre  plutôt une grande amplitude et un rythme lent des signaux électriques.

        -  Durant l'éveil, les sensations sont vives et proviennent de l'environnement extérieur. Elles sont également vives durant les rêves du sommeil paradoxal, mais générées intérieurement cette fois-ci. Quant au sommeil lent, les sensations sont absentes ou très atténuées.

        -  Quand on est éveillé, l'activité motrice est volontaire et  pratiquement continue. Durant le sommeil lent, elle est occasionnelle  et involontaire. Et lors du sommeil paradoxal, elle est inexistante  (sauf pour les mouvements oculaires rapides). En réalité,  les mouvements sont commandés par le cerveau mais  sont bloqués et non réalisés, d'où une  atonie musculaire généralisée.

        -  Les mouvements oculaires sont donc très fréquents à l'état de veille et durant les rêves, mais rares durant le sommeil lent.

        -  La pensée, plutôt  logique et progressive chez l'individu éveillé,  devient répétitive avec l'apparition  du sommeil lent et carrément illogique et étrange  durant les rêves. J'essaierai de l'expliquer dans un prochain article.
    Le sommeil lent semble correspondre à un état fait pour le repos.
    Les muscles sont plus relâchés, et les rares mouvements ne servent qu'à ajuster la position du corps. Le métabolisme général de l'organisme diminue : température, consommation d'énergie, fréquence cardiaque, respiration, fonction rénale, tout cela ralentit conformément à la prépondérance du système parasympathique durant cette phase du sommeil.
    Les rythmes lents de l'électroencéphalogramme (ou EEG) durant le sommeil lent indiquent que le cerveau semble également au repos.
    Les chercheurs caractérisent le sommeil lent ou profond par un « cerveau fonctionnant  au ralenti dans un corps mobile »
       
        -  À l'opposé, ils définissent le  sommeil paradoxal comme l'état d'un   « cerveau  actif halluciné dans un corps paralysé ».
    C'est surtout dans cette période que nous rêvons :
    Le comportement du dormeur et les modifications physiologiques que subit son corps durant  le sommeil paradoxal et le rêve sont très spécifiques.
    La fréquence de l'EEG élevée et sa faible amplitude évoquent celles de l'éveil.
    La consommation d'oxygène du cerveau, qui reflète sa consommation d'énergie, est très élevée, et même supérieure à celle du même cerveau éveillé qui réfléchit à un problème cognitif complexe.
    Il y a perte presque totale de tonus musculaire et nous sommes littéralement paralysés durant nos rêves ! Nos muscles respiratoires et cardiaques assurent toutefois les « services essentiels vitaux» et nos muscles oculairesdemeurent actifs en produisant les fameux mouvements oculaires rapides.
    Durant le sommeil paradoxal, la température interne  du corps n'est plus bien régulée et tend à glisser  vers la température de la pièce.

 
    Les cycles d'une nuit :


    L'électroencéphalogramme de sujets dormant des nuits complètes révèle une alternance des différents stades de sommeil (quatre stades de niveaux différents) selon des cycles très réguliers.
    (voir la figure ci dessous)



    Chaque soir, autour de la même heure, une sensation  de fatigue, de manque de concentration ou de froid nous incite à aller  nous coucher. Si nous allons au lit à ce moment, l'endormissement  est généralement rapide, soit moins de 10 minutes. 
    Nous descendons alors tous les stades du sommeil lent, du  stade 1 plutôt léger au stade 4 très profond. Puis, le sommeil  redevient léger pour quelques minutes et soudainement survient une première courte période de sommeil  paradoxal de 5 à 10 minutes. Ceci termine le premier  cycle de notre nuit de sommeil. Selon les individus, de une  heure et demie à deux heures se sont alors écoulées  depuis l'endormissement.




     Une nuit complète représente l'enchaînement de 4, 5 ou parfois 6 cycles de ce genre. À la fin de la période de sommeil paradoxal qui clôt chacun de ces cycles survient un moment où l'éveil est très facile et où l'on se réveille d'ailleurs très souvent.    
    Puis, on enchaîne avec un nouveau cycle. Nous ne gardons alors aucun souvenir de ces brefs éveils, qui durent généralement moins de trois minutes, et nous en profitons souvent simplement pour changer de position.
    Mais si vous réfléchissez trop à cet instant, si votre cerveau est trop stimulé, cela peut prendre un cycle complet avant que vous ne vous endormiez à nouveau. Ces éveils sont plus longs et plus fréquents après les deux premiers cycles de sommeil.
    C'est pourquoi quand vous êtes préoccupées !ou moi qui suis âgé et eai moins besoin de sommeil, nous restons éveillés  entre 4 et 6 heures du matin avant que nous réussissions finalement à nous endormir profondément.

    Après une période d'éveil durant  la nuit, on repasse nécessairement par des stades de sommeil lent.
    Bien que de durée semblable, les cycles évoluent  au cours de la nuit.
Les deux premiers cycles comportent surtout du sommeil lent profond. En contrepartie, le  sommeil lent léger et le sommeil paradoxal sont proportionnellement  plus importants en fin de nuit, la durée des périodes de sommeil paradoxal pouvant alors atteindre jusqu'à 30 à 50  minutes. Une période de sommeil lent d'au moins  30 minutes semble toutefois nécessaire entre les périodes  de sommeil paradoxal, même en fin de nuit.

     Dans le prochain article, j'examinerai de façon détaillée ce qui se passe dans certains centres du cerveau, afin de pouvoir comprendre succintement quelle est l'origine de nos rêves et donc leur signification.


Mercredi 18 juillet 2007 à 22:16

Eveil, sommeil, rêves

    On me pose souvent des questions sur les rêves et leur interprétation.
Je vais donc essayer de vous donner quelques renseignements à ce sujet.

    Tout d'abord, contrairement  à ce que certains croient, les rêves n'ont aucune valeur prémonitoire.
    On peut essayer de prévoir l'avenir de façon rationnelle, avec des marges d'erreurs plus ou moins importantes (pensez à la météo !), mais la “vision” de l'avenir est une chose impossible.
    Il s'agit de croyances anciennes, qu'entretiennent des personnes qui ont intérêt à exercer un pouvoir sur autrui ou à en tirer des finances.
    Les cas dits “prémonitoiresé que l'on connait ont une explication logique.
    Etant ado, j'ai rêvé la mort de mon grand-père, qui s'est produite le lendemain. Mais mon grand père avait eu une crise cardiaque deux jours plus tôt. Je l'aimais beaucoup et j'étais inquiet pour lui et rien d'étonnant à ce que cette préoccupation se traduise par un tel rêve, car son état s'était aggravé.

    D'autres croient que certains objets, certains mots rencontrés dans les rêves ont une interprétation symbolique. C'est également erroné. Aucune étude sérieuse n'a montré l'existence d'un code symbolique qui permette, aussi bien de prévoir l'avenir que d'expliquer la personnalité du rêveur.
    Les personnes qui exploitent leurs semblables en leur prévoyant l'avenir ont tout intérêt à faire croire à de tels symboles. D'autres personnes peu scientifiques mais sincères, croient  aussi à ceux-ci.

    Le psychiâtre Freud et ses disciples ont émis des hypothèses quant à l'origine des rêves, qui sont encore très utilisées par les psys français, bien qu'elles soient considérées comme périmées à la lumière des connaissances modernes sur le cerveau.
    Freud qui soignait surtout des personnes ayant eu des problèmes sexuels, accordait beaucoup d'importance à la libido. Il pensait que notre cerveau n'acceptait pas , notamment pour des raisons morales ou d'éducation, certaines pensées ou certains désirs, et les rejettait dans notre inconscient; il appelait  cette opération le “refoulement”.
    En ce qui concerne les rêves, Freud pensait que notre inconscient était à leur origine et qu'ils correspondaient notamment à des désirs refoulés.
    Tout en admettant la notion d'inconscient, mais sous une forme beaucoup plus large que celle imaginée par Freud, et sans refuser la possibilité de refoulements, la neuropsychologie considère aujourd'hui, que la corrélation entre les rêves et des désirs refoulés est très faible;

    La neurobiologie et les méthodes modernes d'investigation du cerveau nous donnent aujourd'hui une idée malheureusement encore très imprécise, du processus de formation des rêves.
    Dans le prochain article, j'essayerai d'abord de vous expliquer  ce que sont attention et conscience (au sens “être conscient de” et non au sens moral), la différence entre les situations d'éveil et de sommeil, et enfin quelles sont les diverses phases du sommeil et leur lien avec les rêves.
    Ces points étant connus, je vous donnerai ensuite, dans l'article suivant, une idée des origines et des explications des rêves.

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