Mardi 3 décembre 2013 à 8:13

Vivre sa vie

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    On a beaucoup parlé à la télé ces derniers temps des femmes maltraitées par leur compagnon.
    C’est assez ahurissant de constater que, dans un pays comme le nôtre, dont la tradition est ancienne et qui est dit « civilisé », il y ait autant de femmes battues.
    La mission de l’Observatoire national de la délinquance est de recueillir et d’analyser toutes les statistiques correspondant à la délinquance en France, soit en collectant les informations auprès des forces de l’ordre (nombre de plaintes, etc.), soit en diligentant auprès de l’Insee des enquêtes de « victimation » (dont le but est de dénombrer les personnes subissant une atteinte, qu’elle soit matérielle, corporelle ou psychique).
    L’OND avait publié dans son bulletin mensuel de juillet 2008, un recensement du nombre de cas de violences conjugales en 2007. Parmi les violences recensées, il y a les violences physiques (coups, mutilations, agressions sexuelles, séquestration, meurtres), psychologiques (insultes, chantages, menaces, humiliations) et autres (vol, destruction, confiscation, etc.).

    Une femme meurt tous les trois jours de violences conjugales en France.
Les violences conjugales représentent plus du quart de l’ensemble des actes de violence.
    47 573 faits ont été enregistrés par la gendarmerie et la police, 137 femmes sont mortes des coups portés par leur compagnon, et plus de 3 000 actes de violence ont entraîné une incapacité de travail supérieure à huit jours. 410 000 femmes ont déclaré avoir subi des violences de leur conjoint ou ex-conjoint en 2005 et 2006, soit 2,3 % de l’ensemble des femmes âgées de 18 à 60 ans, et seulement 21% des ces faits a donné lieu à un dépôt de plainte.
    Mais l’enquête révèle aussi que 127 000 hommes sont victimes de violences exercées par leur conjointe, soit 0,7 % de l’ensemble des hommes âgés de 18 à 60 ans pour la même période. Or, seulement 2 317 plaintes ont été enregistrées pour de tels faits, les hommes renonçant encore plus que les femmes à déposer une plainte.
    Un homme meurt tous les dix jours de violences conjugales en France. En 2006, 37 hommes ont été tués par leur conjointe, mais dans les trois quarts des cas, ces hommes battaient leur compagne.
   

    Les causes et circonstances des morts sont classiques : dispute, alcool, séparation et jalousie. dans la grande majorité des cas (54 %), c’est une dispute qui a déclenché l’acte de violence, puis viennent l’alcool pour 29 % des cas, la séparation pour 27 % et la jalousie pour 22 %. La folie, l’absorption de drogues ou de médicaments et la dépression ne viennent que pour moins de 10 % des cas (l’ensemble des pourcentages est supérieur à 100 en raison des réponses multiples possibles).
    L’étude a prouvé que toutes les couches sociales étaient touchées
    Depuis le 1er juin 2006, un numéro de téléphone spécial permet aux victimes de violences conjugales d’entrer en contact avec un service spécialisé : 3919, mais on peut aussi alerter la police en faisant le 115 (mais il semble que ce ne soit pas toujours efficace).

    Malgré ces mesures, les chiffres n’ont pas diminué. En 2012, 174 personnes sont mortes des suites de brutalités conjugales, dont 148 femmes et 26 hommes, ce qui représente 22% des homicides et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
    Dans 77% des cas, les agresseurs ont utilisé une arme blanche ou à feu, les autres décès résultant de strangulation ou de coups. Dans presque 50% des cas, on a constaté la présence de substances (alcool, stupéfiants, médicaments psychotropes) susceptibles d'alterner le discernement de l'agresseur ou de la victime au moment des faits.  

    Un nouveau plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes est en préparation

    Il y a des cas où l’être humain se comporte encore plus mal que les animaux, mais les animaux ne boivent pas d’alcool et ne consomment pas de drogues.

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Jeudi 22 août 2013 à 8:33

Vivre sa vie

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             J'ai lu une analyse faite par Christophe André, psychiatre de l'hôpital Saint Anne à Paris, d'un livre d'un canadien, Joël Bakan, professeur de droit à l'Université de Colombie Britannique, qui me paraît particulièrement intéressant et significatif de notre époque, et très bien documenté, intitulé " Nos enfants ne sont pas à vendre; comment les protéger du marketing".
            Je résume cette analyse :
 
            Ce livre montre comment les entreprises commercialisent des produits dangereux pour les enfants et interviennent auprès des médecins pour vendre préférentiellement certains médicaments (pas forcément les meilleurs), l'influence néfaste des ordinateurs, télévision, téléphones portables, devant lesquels les enfants passent aux USA, deux fois plus de temps qu'à l'école, et les méthodes utilisées par les sociétés créatrices de jeux vidéo, pour rende les jeunes accrocs à ces jeux. De même pour les réseaux sociaux.
            L'auteur décrit comment les réseaux sociaux et Google notamment, analysent en permanence tous les sites visités et pourquoi, afin de vendre cette information aux services de marketing, ce qui permet de faire rentrer suffisamment de ressources pour que l'accès à ces réseaux soit gratuit.
 
            Il dénonce la violence, voire l'immoralité de beaucoup de ces jeux pour adolescents, et le fait que les concepteurs se servent de données psychologiques pour rendre les joueurs plus dépendants, en "distribuant des récompenses et des punitions", si les joueurs jouent suffisamment ou pas assez, sous forme de gain de points, de changement de niveau ou au contraire de pénalités, ceci de façon intermittente et sans possibilité de savoir quand et pourquoi, pour que ce ne soit pas prévisible, ce qui évidemment incite à jouer davantage, car on attend toujours la récompense (comme les joueurs au casino).
            Evidemment, les firmes en cause, se gardent bien d'ébruiter leur méthodes vis à vis du public, qui, pour être plus vulnérable, doit ignorer ces méthodes.
            Il semblerait que les ingénieurs de la "Silicon Vallée", qui sont souvent à l'origine de ces logiciels, bannissent peu à peu les écrans des écoles de leurs propres enfants, car ils considèrent qu'ils ne sont pas indispensables à la pédagogie, et qu'ils sont plutôt nuisibles aux jeunes, instaurant des addictions, qui empêchent ensuite l'enfant de travailler suffisamment.
 
            L'auteur pense que les chercheurs en psychologie et notamment en psycho-marketing, ne devraient pas rester insensibles à ces phénomènes. Ce sont eux qui étudient comment influencer le choix des consommateurs, où doivent être placées les publicités, quels sont les arguments qui touchent le plus le cerveau et comment réagit la mémoire.
 
            L'auteur estime que les pouvoirs politiques devraient prendre les types de mesures : d'abord informer les citoyens sur ces dangers, sur ces méthodes et des façons de s'en protéger en partie. La seconde serait de réguler ces instances et leurs méthodes de fonctionnement, comme il serait nécessaire de réglementer le comportement des banques après la crise actuelle. Enfin les chercheurs en psychologie et en neurosciences devraient réfléchir à une éthique, quant à l'utilisation des résultats qu'ils obtiennent et des crédits qu'ils reçoivent en matière de recherches de marketing.
 
            Je pense qu'en France, nous commençons à ressentie les mêmes problèmes. Je fais souvent appel à Google pour des recherches documentaires et je reçois ensuite de nombreuses pubs en liaison avec mes recherches. Et pourtant je supprime tous les cookies, après chaque utilisation de mon navigateur, afin d'éliminer les logiciels espions.
            Je constate aussi que mes petits enfants, comme beaucoup de mes correspondants, passent tellement de temps entre les séries télévisées, facebook et autres, et leur téléphone portable, qu'ils ont perdu totalement l'habitude de travailler. Certes les jeunes intélligents obtiendront facilement le bac, même avec mention, mais quand ils se retrouveront dans le supérieur, notamment dans les classes de prépa de maths ou des écoles de commerce, ou en P1 de médecine, ils sont tellement débordées par la quantité de travail que la plupart abandonnent en chemin. Et même à la fac, moins contraignante, les résultats ne sont pas excellents, faute d'habitude de travailler et d'apprendre., de sérieux, d'attention et de persévérance.
            Je crois que je vais essayer de me procurer ce livre et de le faire lire à mes petits enfants.

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Jeudi 18 avril 2013 à 7:59

Vivre sa vie


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        Parfois mes correspondant(e)s me disent « je suis un(e) « geek ».
Moi, je ne sais pas trop ce que cela veut dire.
 
            J’ai bien essayé de comprendre mais la signification a l’air d’être propre à chaque jeune.
 
J’ai cru comprendre qu’un « geek » était quelqu’un qui avait une passion, presque une addiction dans certains cas.
            Je l’ai entendu dire par des jeunes qui fumaient du cannabis ou qui avaient des comportements dangereux, ou qui étaient accros au sexe. Dans leur bouche le terme était plutôt péjoratif.
            Ce terme m’a été également cité par des jeunes gothiques, passionnées de sciences occultes, de macabre, voire de satanisme.
            Mais certains qui se disent « geek », semblent simplement être accrocs de nouvelles technologies : jeux vidéos, informatique, jeux de rôles.
            Parmi eux des curieux qui s’intéressent à de multiples sujets : cinéma, télévision, science fiction, bande dessinée, littérature, voire même sujets scientifiques.
            Aujourd’hui on utilise le terme de « geek » à toutes les sauces. J’ai vu en Bretagne un café qui proposait des jeux sur internet s’appeler le « café des geeks ».
            Je serai curieux de savoir comment vous percevez ce terme.
 
            Pendant que j’y suis, expliquez moi aussi ce que veulent dire d’autres termes.
            Un de mes correspondant très bon élève en classe se fait traiter de « nerd ». Je suppose que c’est une injure comme « intellectuel ».
Quand j’étais jeune je n’avais pas droit à de telles injures : on venait au contraire me chercher pour que j’explique le cours à ceux qui n’avaient pas compris et que je les aide pour leurs devoirs, notamment en maths.
J’avoue ne pas comprendre, car je n’ai entendu ce terme que dans des séries télévisées américaines, où c’est un gentil lunettard, féru d’informatique ou de jeu d’échec, voire même hacker à ses instants de loisir et qui a pour petite amie, une fille tout aussi passionnée et myope que lui, avec un chemise à carreau et une minijupe de couleur vive !
Certaines de mes correspondantes assez timides se sont fait traiter au lycée de « nolife ». Personnellement je les trouve très vivantes dans leurs mails. Elles ne sont pas asociales, mais effectivement choisissent leurs amis et encore plus leurs petits amis et elles ont bien raison sur ce sujet, de ne pas tomber amoureuses de n’importe quel garçon ayant du bagout et une belle gueule !
            Elles sont sans doute plus souvent que d’autres avec des amis virtuels ou à consulter des blogs, mais certaines d’entre elles sont d’excellentes élèves, et fournissent d’abord leur travail d’études avant d’aller sur internet.
Certaines sont passionnées par autre chose que l’informatique et internet, mais il s’agit plus de curiosité intellectuelle que d’addiction. Elles s’intéressent à presque tout : sont elles geek, nerd ou nolife ?
 
            J’avoue que je ne comprends pas pourquoi certains jeunes veulent ainsi vexer certain(e)s de leurs camarades de classe ou de fac. Pour moi, c’est une preuve de faiblesse de lâcheté et de bêtise.
Ils feraient mieux de travailler aussi bien qu’eux ou elles, car cela leur permettrait sans doute plus tard, de ne pas être au chômage. On ne peut pas éternellement rester chez papa et maman à se faire payer des études, ou des loisirs !
 
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Un chat "geek"

Jeudi 10 janvier 2013 à 8:07

Vivre sa vie

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             Il est certain que, lorsqu'on est un vieux singe, comme moi, on a reçu une éducation il y a bien longtemps, et on a ensuite mis en mémoire des tas de souvenirs au cours de sa vie.
            On a donc parfois du mal à réagir comme les jeunes d'aujourd'hui et certaines réactions, tant de mes correspondant(e)s que de mes petits enfants ou de leurs ami(e)s, m'étonnent toujours.
 
            J'ai par exemple du mal à comprendre pourquoi vous attachez tant d'importance à l'opinion d'autrui, et de vos camarades en particulier, au point de faire parfois d'énormes bêtises du fait de cette attention exagérée.
            Certes se moquer complètement de l'opinion des autres serait être asocial, égoïste et extrêmement prétentieux. Mais en faire sa religion est un excès tout aussi regrettable.
 
            Je pense que c'est en partie une question de mode et d'influence du multimédia : des images diffusées par la télévision d'une part, et des réseaux sociaux et téléphones portables d'autre part.
            Etant ado, certes mes camarades comptaient pour moi, j'avais des contacts nombreux, mais réels (parfois même physiquement rugueux). Cela dit, je ne me sentais pas orphelin lorsque je n'étais pas avec eux, et je ne m'ennuyais pas le moins du monde. Effectivement le téléphone portable et la messagerie ne nous manquaient pas et nous aurions même trouvé cela horripilant, de ne pas pouvoir être tranquille une seule minute.
            Et d'une part je ne passais pas mon temps à regarder (et envier) ce qu'ils avaient (au contraire on essayait d'avoir des choses différentes, ce qui nous donnait plus de possibilités tous ensemble).
            D'autre part si mes camarades avaient une certaine opinion sur un sujet donné, je ne me sentais pas obligé de la partager et j'avais mes propres raisons et mon libre-arbitre.
            Bien sûr je préférais qu'ils aient une bonne opinion de moi, plutôt qu'une mauvaise, mais l'image que je donnais de moi n'était vraiment pas une grande préoccupation et mes actes étaient rarement conditionnés par ce souci.
            Enfin, conséquences de la guerre sans doute, nous avions très peu d'argent de poche et de ce fait, nous étions forcés d'avoir le sens de la valeur des choses, et de l'effort qu'il fallait fournir pour les obtenir.
            La vie était certes plus difficile et moins attrayante, mais paradoxalement, je crois que nous étions plus heureux.
 
            La première attitude qui m'étonne aujourd'hui, c'est votre envie quasi générale et irrépressible de posséder la même chose que le voisin ou même mieux que lui. Posséder, même des choses inutiles est devenu une compétition. C'est la société de consommation.
            Il vous faut le plus souvent le dernier smartphone, avoir un micro-ordinateur plus performant, des chaussures et vêtements de marque, pas forcément parce que vous en ressentez l'utilité, mais surtout parce que vos copains viennent de les avoir.
            Il faut avoir autant d'amis qu'eux sur facebook, avoir comme eux un (ou une) petit(e) ami(e), aller plus loin dans les niveaux des jeux sur internet, avoir chargé les mêmes musiques et les mêmes films (même s'ils ne sont pas à votre goût)
            Bizarrement la seule envie que vous n'ayez pas souvent c'est d'avoir de meilleures notes qu'eux en classe. Ce n'est pas étonnant car la compétition générale de possession et les réseaux médiatiques, vous prennent tellement de temps que vous n'avez pas assez de temps à consacrer aux études. Autrefois celui qui travaillait bien n'était pas traité d'intellectuel par ses camarades, qui avaient trop besoin de lui pour les aider dans leurs devoirs.

            Cette mode a deux inconvénients :
                        - le premier est que c'est très onéreux et donc vos parents réagissent contre ce gaspillage dangereux, qui voudrait que tout le monde dépense comme les plus riches, sans en avoir les moyens. Les conflits avec les parents, même laxistes, sont nombreux de ce fait.
                        - le second inconvénient tout aussi regrettable, est que cela ne vous rend pas plus heureux, au contraire.
            Souhaiter sans cesse du nouveau, l'avoir sans effort et presque sans l'avoir désiré longtemps, fait que l'on se lasse vite de ce que l'on a, parce qu'on désire tout de suite mieux, ou le joujou suivant. Un désir permanent de possession devient une addiction, comme une drogue, créant manque et souffrance.
            Mais il est certain que les médias avec leurs publicités et les films et téléfilms, ainsi que la sortie incessante de nouveaux modèles, font de nous tous des otages de la société de consommation.
 
            La deuxième attitude qui m'étonne aussi de la part des jeunes, c'est l'importance qu'ils accordent à leur image au regard des autres.
            Certes, là encore, un minimum est nécessaire.
            Il y a toujours dans un groupe, quelques vantards, des Tartarins de Tarascon, mais cette tendance est aujourd'hui généralisée, de vouloir épater copains et copines.
            Il faut se vanter de ses exploits, pratiquer des sports, non pour se faire plaisir et soigner son corps, mais pour faire des performances dont on puisse se vanter, raconter ses aventures sentimentales et donc en avoir beaucoup, montrer ses dessins et écrire des romans, même si on n'est pas doué et qu'on ne trouve pas de plaisir à les réaliser, fumer même si on sait que c'est dangereux.
            Le pire c'est que lorsqu'un copain vous dit "t'es pas cap de faire cela", là vous foncez tout droit pour le faire, sans vous soucier des conséquences possibles. On veut faire des exploits en skateboard, en trottinette, en planche à voile (mais la planche, c'est ringard!) mais mieux en windsurf, (gare aux membres cassés), en moto, voire en auto, on va faire du hors-piste, on se saoule aussi pour faire comme le copain ou on fume un joint, et on conduit ensuite.... et c'est l'accident.
            C'est aussi la grosse bêtise que l'on fait pour pouvoir filmer l'exploit avec son téléphone portable et pouvoir le montrer aux copains ou le publier sur internet.
            La seule image qui ne vous intéresse pas c'est celle du bon élève en classe, sans se rendre compte que l'instruction, c'est ce qui rend intelligent, et donne quelques chances d'avoir un métier, par ces temps affreux de chômage.
 
            Les actions, heureusement rares, (mais inexistantes autrefois sauf par quelques fous échappés d'asiles), que je ne comprends pas du tout, c'est lorsqu'un jeune frappe son professeur ou ses parents, voire les blesse sérieusement, lorsqu'il blesse un camarade avec un couteau ou une arme à feu, et souvent pour un motif futile, ou lorsque un ou des garçons violent une fille. Les jeunes en question ont l'air sains d'esprit et ne sont pas des idiots complets, alors que peut il se passer dans leur tête, pour avoir ainsi des comportements d'animaux sauvages.?
 
            Je comprends qu'étant ado, vous n'ayez pas encore d'expérience de la vie et que vous vous laissiez entraîner dans des comportements moutonniers. Le problème, c'est que cela devient une habitude, et je constate que des jeunes maintenant adultes ou presque, ont ce même comportement, car ils ne peuvent s'en débarrasser?. C'est devenu une seconde nature. C'est cela qui m'inquiète pour l'avenir.

Mercredi 7 mars 2012 à 8:10

Vivre sa vie

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   Je traitais hier de notre mémoire et de notre raisonnement, je voudrais voir aujourd'hui l'évolution de notre comportement, de nos habitudes, apportées par les moyens modernes de communication : internet, téléphone portable, télévision, tablettes, ordinateurs.

    D'abord notre évolution dans nos rapports sociaux.
    Il est certain que moi-même qui suis plus proche du dinosaure que des jeunes d'aujourd'hui, certes je me sers d'un micro-ordinateur depuis 1980, et crayons, stylos et papiers ne me servent plus que rarement, mais internet n'était rien pour moi il y a 7 ans, et maintenant mon mail, mon blog et mes correspondant(e)s font partie de ma vie. Mais par contre je ne vais sur facebook que lorsque mes petits-enfants sont à l'étranger et que je ne peux les joindre autrement (mais bientôt Skipe, ou autre, m'en dispensera).
    Mais pour les jeunes de moins de 25 ans, c'est bien pire : ils ont grandi connectés et réel et virtuel se confondent : Facebook, MSN, Google, SMS et smartphones sont beaucoup plus indispensables que le crayon ou la fourchette.
    Ils sont parfois devenus bien narcissiques : leurs "profils" sont mis en valeur comme dans un "press-book", les textes sont réfléchis pour attirer, les photos "anodines" ont en fait été soigneusement choisies, et l'environnement ne doit retenir de chaque personne que ce qu'elle veut paraître : une "Persona" démesurée comme constaterait CG. Jung. Et l'exhibitionismes des blogs ou de facebook et parfois étonnant.

    Mais l'information sur "l'autre" est aussi une caractéristique que l'on croyait réservée au marketing, alors qu'elle devient une habitude.
    Chacun cède à la tentation de chercher sur Google ou Facebook le profil du moindre interlocuteur, pour avoir sa "fiche" dans un coin de l'ordinateur et on recherche ses antécédents, on scrute ses photos.
    Ce type d' enquête est devenue une habitude partout, jusque dans le monde du travail : consulter les profils personnels avant d engager un candidat, s'est généralisé, alors que cela m'apparaît plutôt répréhensible.
    Un jeune ingénieur me disait qu'un candidat qui n'était pas sur facbook apparaissait comme rétrograde et pas motivé, et que par contre d'autres ingénieurs se sont vu reprocher par l'entreprise leurs fréquentation ou leurs paroles sur facebook. La frontière entre le public et le privé est désormais si floue que personne de la respecte et je parlais récemment dans un article, du harcèlement sur internet.
    Je connais des jeunes qui vont dans des réunions politiques, devant des cinémas ou à proximité de concerts, sans participer aux manifestations, uniquement pour pouvoir mettre sur facebook ou autre, les photos d'eux et de leurs copains à ces endroits. Ils sont à la fois paparazzi et le principal sujet de leurs "reportages".
    Il faut absolument avoir "plein d'amis" sur les réseaux sociaux (130 en moyenne paraît il sur facebook !!) et en regardant ce nombre vous avez de fortes chances de savoir quel est le degré d'extraversion de la personne.

    Le problème est que l'on constate que ces attitudes déforment assez le comportement : d'abord l'égocentrisme : il faut paraître, être aimé et être suivi. Donc ne pas contrarier, ne pas aborder les sujets qui peuvent faire polémique.
    Il faut parler de soi, de concerts de musique (pas classique, ce n'est pas branché), peut être de dessin, à la rigueur de lecture, (mais on vous traitera d'intellectuel(le) ce qui est presque une injure de nos jours - voir ce que dit Sarkozy qui traite avec mépris Hollande "d'élite" !!).
    C'est une quête de popularité qui finalement n'est pas étonnante. Les jeunes, et même les plus anciens, cherchent une appartenance au groupe : cela fait partie des besoins qu'explicite Maslow dans sa pyramide et  ce sont surtout les moyens médiatiques pour y parvenir, qui se sont multipliés
    Le problème c'est que cela devient une mode et paradoxalement cela développe à la fois l'égocentrisme et le comportement moutonnier, aux dépends de la créativité  et de l'indépendance d'esprit. Les politiques le savent bien et nous prennent dans leurs discours, pour des imbéciles. Croyez vous par exemple que Sarkozy va abandonner les riches pour devenir le père du peuple ?

    L'autre conséquence assez dommageable est le temps que cela prend : zapper en permanence sur internet d'un sujet à un autre, sur facebook ou MSN d'un copain à un autre, réagir au moindre SMS, ou aux mails incessants en entreprise, accapare l'attention et nous habitue à sauter du coq à l'âne sans approfondir aucun sujet. Il n'y a plus de temps pour étudier, et je constate quand j'aide un jeune dans ses études, que l'attention et la concentration ne durent guère plus de 20 minutes.
    Du coup on a tendance à n'aborder un travail qu'au dernier moment, quand on ne peut plus reculer. Mais alors où est le temps de la réflexion ?
    Et encore je n'ai pas parlé des jeux sur internet; c'est plutôt un problème d'ado, mais les conséquences sont analogues.

    Loin de moi l'idée qu'internet, le portable, la télé, sont la source de tous les maux. Ils nous apportent un accès extraordinaire aux informations et développent notre sens des relations humaines.
    Mais il faudrait que nous apprenions à en limiter l'usage et à nous en servir.
    Je connais quelques personnes parmi les jeunes qui savent faire une recherche de documentation sur internet, mais leur nombre me paraît faible.
    Je connais peu de jeunes qui font passer leurs études avant internet, MSN, facebook et les SMS. Ceux là d'ailleurs sont pour la plupart, entrés dans les écoles d'ingénieurs ou ont un mastère littéraire, ou s'ils en sont encore au bac, ont de fortes chances d'avoir une mention TB et de réussir ensuite dans l'enseignement supérieur..
    Le développement des techniques nouvelles est une chose extraordinaire, pleine de promesses, mais comme toute chose nouvelle, elle est capable du meilleur comme du pire et il faut apprendre à s'en servir raisonnablement

Mardi 6 mars 2012 à 8:22

Vivre sa vie

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       J'ai fait hier un premier article sur les dangers de l'ordinateur pour notre cerveau par les habitudes qu'il nous donnait.
       Je vais poursuivre ce sujet.

      Nous confions aujourd'hui nos données à notre micro et donc nous ne nous efforçons plus de les retenir dans notre mémoire. Allons nous voir nos capacités mémorielles diminuer ?
     Et la mémoire est une partie importante de l'intelligence. Allons nous cesser de raisonner ?

    Ce n'est pas aussi simple que cela.
    
    En effet ce n'est pas parce qu'on a moins besoin de stocker de l'information que la mémoire s'atrophie.
    Par contre si on ne l'exerce plus, là elle va nettement dégénérer.
    Quant à la résolution d'un problème, elle nécessite que l'on ait de l'information, mais si on est capable d'en trouver plus sur internet, cela n'en sera que mieux.
    Par contre l'expertise, l'intuition, nécessitent que l'on sache un minimum de choses, donc qu'on les ait retenues.
    Enfin il y a aussi une question de délais car il est parfois plus rapide de savoir quelque chose en mémoire, que d'aller le rechercher, on ne sait trop où.
    Cela ne concerne d'ailleurs pas que les faits, mais aussi les méthodes. Devant les rayons d'un super marché il est plus simple de savoir faire un peu de calcul mental et de connaître sa table de multiplication, que de chercher sa calculette.
    
    Il est certain qu'on nous faisait apprendre autrefois, sur le plan scientifique, des choses, totalement inutiles maintenant qu'on a accès à des bases de données : des valeurs de constantes avec des décimales nombreuses (e, ∏ √2 ou de 3, des températures de fusion ou de sublimation, des valeurs de contraintes, les chiffres de productions diverses de pays....), des méthodes de résolution manuelles ou à la table de log (par exemple des équations différentielles). Tout cela se fait avec l'aide de la machine aujourd'hui. Mémoriser tout cela est inutile, mais il faut quand même comprendre ce qu'elle fait, cette machine !!
    Par ailleurs certaines formules sont indissociables de la compréhension de certaines méthodes ou phénomènes (vitesse, accélération, inertie, moment...).
    Je cite des données scientifiques, mais dans le domaine littéraire, les choses ne sont guère différentes.
    Il est donc toujours nécessaire d'exercer sa mémoire et d'apprendre par cœur un minimum indispensable pour comprendre et travailler vite. On ne peut pas raisonner sans une base minimale, sinon, on passerait tout son temps à rechercher les informations et non à les traiter. De plus des liens se créent entre les informations que nous apprenons, qui sont une forme d'intuition personnelle, car dans le web, les liens sont créés par d'autres, et ne nous sont pas propres.

    En fait, pour la plupart des données, notre mémoire est organisée comme les banques de données de façon logique et hiérarchique. Les connaissances sont organisées du contenant aux divers niveaux de contenus, avec des liens entre les items qui ont un rapport entre eux. Notre cortex frontal émet des requêtes et des centres du temporal et l'hippocampe aiguillent vers les données correspondantes.
    Cela résulte d'une longue évolution de notre cerveau et donc cette façon de mémoriser ne changera éventuellement que très lentement (des milliers d'années).
    Par contre nos méthodes de recherche changent.
    
    Quand nous allons sur Google, certes nous pouvons parcourir un arbre hiérarchique de données, mais la recherche par mots clés ouvre un large éventail et donc un enchaînement d'idées différent. C'est plus créatif et surtout on peut avoir accès à de très nombreuses données en peu de temps et sans se déplacer.
    Mais ce savoir en éventail semble plus difficile à exploiter, car plus difficile à mobiliser dans un contexte donné, notamment, lorsqu'il faut faire des choix.
    Le processus de décision du cerveau est extrêmement complexe. Il va
chercher des règles, des anticipations, dans la mémoire profonde et hiérarchique et demande au cerveau émotionnel de faire des simulations, des avis d'anticipation.. C'est une forme de raisonnement qui permet de construire les étapes pour prendre
une décision apportant un bénéfice à long terme.
    La mémoire associative d'internet ne favorise pas forcément le raisonnement.
    Nous sommes donc confrontés à une nouvelle façon de se représenter le monde, moins analytique.


    Ce n'est pas une modification biologique, qui ne s'opère que sur une durée beaucoup plus importante : le cerveau des jeunes générations ressemble au nôtre, mais les habitudes changent et c'est son utilisation qui évolue.
    Ce n'est pas parce que nous disposons de plus d'informations que nous en traiterons davantage car, comme je vous l'avais montré le 3 juin 2010, le cerveau n'est pas multitâches, les mémoires tampons ayant un volume limité (cinq à dix données) et le cortex frontal ne pouvant contrôler que deux tâches à la fois.

    Mais ce qui change énormément nos méthodes c'est que cette multitude d'informations et de moyens à notre disposition, nous fait sauter de l'une à l'autre, comme on zappe sur la télévision et ne consacrant que beaucoup moins de temps et ne voyant les choses que superficiellement, on ne les traite pas plus qu'on ne voit un film en zappant.
    Je traiterai de ce sujet demain, en même temps que celui de l'influence des réseaux sociaux.

Lundi 5 mars 2012 à 8:03

Vivre sa vie

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     Dans mon article du 3 juin 2010 je vous avais parlé d'études menées par Etienne Koechlin et Sylvain Charron, du Laboratoire de neurosciences cognitives de l'INSERM, à l'École normale supérieure à Paris, qui ont montré que le cerveau n'est en mesure de coordonner que deux tâches simultanées au plus. D'après l'Université de l'Utah, seul s 2% des individus sont multitâches et limitées à 3 ou 4.
    Les lobes frontaux, à l'avant du cerveau sont les principaux acteurs de la planification des tâches, se partagent le travail et se suppléent mutuellement, mais dès qu'ils ont trois tâches à coordonner en même temps ils commencent à être débordés.
    Ce laboratoire de l'Ecole de la rue d'Ulm fait aussi des recherches sur les effets d'internet sur notre comportement et sur notre cerveau.

    L'avènement de l'ordinateur et surtout du micro ordinateur a bouleversé notre vie. J'en sais quelque chose j'ai utilisé de gros ordinateurs dans les années 70 et j'ai un micro depuis 1980, et maintenant j'aurais plus de mal à m'en passer que la télévision ou le téléphone.
    Certes au départ le micro a remplacé peu à peu la machine à écrire, puis le papier et le crayon, notamment par sa facilité de corrections et pour peu qu'on ait appris à taper vite, on n'écrit plus à la main que pour signer, faire un mot croisé et quelques lettres personnelles qu'on ne veut pas remplacer par des mails.
    Puis on s'est servi du micro-ordinateur pour aider notre mémoire : numéros de téléphone, adresses, rendez-vous, tout ce qu'on confiait à des fiches en carton, car les facilités de classement de tri et de recherche étaient bien supérieurs.
    Autre évolution, certes on se servait des gros ordinateurs pour faire les calculs lourds, pour stocker des données comptables ou scientifiques, et dans des centres spécialisés pour emmagasiner nos connaissances, mais ce n'était pas facile de les interroger, il fallait connaître un langage de requête, avaoir des autorisations d'accès.... 
    Le micro-ordinateur a balayé tout cela et chacun peut s'en servir comme d'une mémoire et lui confier tout ce qu'il veut avoir sous la main.
    Puis sont venus internet et les moteurs de recherche tel Google ou les banques de données genre Wikipédia. Dès lors on peut accéder à toutes sortes d'informations, il suffit de savoir chercher et d'avoir le temps de lire.
    Personnellement, je m'en sers plusieurs fois par jour.
    Mais l'autre révolution c'est l'intercommunication entre personnes : adresses électroniques, mails, MSN, Facebook et Twitter, les blogs, bref une société nouvelle, partagée par le micro-ordinateur et le téléphone portable, et maintenant la tablette graphique intermédiaire.
    J'avais créé en 1988 un "intranet" dans mon entreprise et cela avait déjà pas mal bouleversé son fonctionnement, mais ce n'est rien à coté de ce que l'on connaît depuis 15 ans.

    Mais comme dans toute révolution, il y a des conséquences bénéfiques, mais aussi des effets pervers, et l'usage du micro-ordinateur et d'internet n'en n'est pas exempt.
    Non seulement nos comportements sont modifiés mais cela influence notre façon de penser et en définitive notre cerveau.


    On constate d'abord l'influence de cette communication et des réseaux sociaux sur notre comportement social et notre façon de voir l'autre. Cela se superpose avec l'action des médias, déjà importante grâce à la télévision, mais dont les possibilités d'action sont décuplées.

    Mais on peut se demander si, à force de confier nos données aux ordinateurs, nous allons garder nos capacités de mémoire. Et la mémoire c'est la moitié de l'intelligence. Déjà en classe on n'apprend plus rien par coeur puisqu'on trouve tout sur le net ou dans la mémoire de son micro et de son téléphone.
    Les enfants savent à peine les tables de multiplication et le ministre de l'Education Nationale ne sait même pas répondre à une question de proportions multiples, à laquelle un enfant de CM2 aurait répondu autrefois en 5 secondes.

    Surtout internet, si nous n'y prenons garde, nous empêche de travailler, nous prend trop de temps, nous fait sauter du coq à l'âne, nous faisant traiter plusieurs tâches à la fois, alors que nous ne pouvons en traiter efficacement que deux.
    D'où un déficit d'attention et de concentration dont nous prenons l'habitude.
    Internet n'est pas seul en cause dans ce domaine : télé, radio, la publicité, le téléphone portable que certains laissent allumé même la nuit, ...
    Selon le British Institute of Psychiatry, les travailleurs distraits par des courriels, des appels téléphoniques et par les conversations sur leur ordinateur, voient leur performance intellectuelle plus affectée que des fumeurs de cannabis, et le QI des forcenés du net serait en chute libre.

    Bien entendu, l'évolution actuelle a des cotés positifs et on peut lutter contre ces défauts.
    C'est de ces questions dont je voudrais parler dans mes prochains articles.


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Mercredi 20 avril 2011 à 8:34

Vivre sa vie

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Ne baissez pas les bras, la fatigue n'est pas une fatalité !
Pensez à notre grand humoriste, Robert Lamoureux.



        Eloge de la fatigue

Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine, 
Qu'avec cette vie que je mène, je me ruine, 
Que l'on ne gagne rien à trop se prodiguer, 
Vous me dites enfin que je suis fatigué.

Oui je suis fatigué, Monsieur, mais je m'en flatte. 
J'ai tout de fatigué, le cœur, la voix, la rate, 
Je m'endors épuisé, je me réveille las, 
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas

Et quand je m'en soucie, je me ridiculise. 
La fatigue souvent n'est qu'une vantardise. 
On n'est jamais aussi fatigué qu'on le croit ! 
Et quand cela serait, n'en a-t-on pas le droit ?

Je ne vous parle pas des tristes lassitudes 
Qu'on a lorsque le corps harassé d'habitude, 
N'a plus pour se mouvoir que de pâles raisons... 
Lorsqu'on a fait de soi son unique horizon... 
Lorsqu'on n’a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre
Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ; 
Elle fait le front lourd, l'oeil morne, le dos rond. 
Et vous donne l'aspect d'un vivant moribond...

Mais se sentir plier sous le poids formidable 
Des vies dont un beau jour on s'est fait responsable, 
Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains, 
Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain,
Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source, 
Aider l’existence à continuer sa course, 
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Et pour cela se battre à s'en user le coeur... 
Cette fatigue-là, Monsieur, c'est du bonheur 

Et sûr qu'à chaque pas, à chaque assaut qu'on livre, 
On va aider un être à vivre ou à survivre ; 

Et sûr qu'on est le port et la route et le guet, 
Où prendrait-on le droit d'être trop fatigué ?

Ceux qui font de leur vie une belle aventure, 
Marquent chaque victoire, en creux, sur la figure, 
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus 
Parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.

La fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste, 
C'est le prix d'une journée d'efforts et de luttes. 
C'est le prix d'un labour, d'un mur ou d'un exploit, 
Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.
C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie, 
Et c'est la preuve aussi qu’on vit avec la vie.

Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,  http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/lagaffe2.jpg
J'écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ; 
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance, 
Et ma fatigue alors c’est une récompense.

Et vous me conseillez d'aller me reposer ! 
Mais si j'acceptais là, ce que vous proposez, 
Si je m'abandonnais à votre douce intrigue... 
Mais je mourrais, Monsieur, tristement... de fatigue.

Robert Lamoureux

Mercredi 26 janvier 2011 à 8:08

Vivre sa vie

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     Une de mes jeunes lectrices m’écrit :
“....Tu as de la chance, tu étais heureux quand tu étais petit, tu ne risquais pas ta vie dans le métro tous les jours à avoir peur des attentats et des pédophiles, craindre de manger des aliments cancérigènes et des OGM ou de respirer des pesticides, de te faire écraser sur un passage clouté ou de mourir dans un accident d’avion au dessus de la mer....”

    C’est vrai que la vie était toute autre.
    Certes on sortait de la guerre où on avait vu des personnes, à coté de nous, mourir dans les bombardements et les fusillades, on avait eu peu de choses à manger pendant cinq ans, mais on avait quand même une enfance joyeuse et sûre, sans gros problème.

    Les murs des maisons aux couleurs vives, étaient couverts de peinture à base de plomb.
    Rien ne nous empêchait d'enfoncer une fourchette métallique dans une prise électrique. 
    Il n'y avait pas de couvercles ou de bouchons de sécurité sur les bouteilles de médicaments, ni de serrures sur les portes des armoires à pharmacie.
    Lorsque nous nous promenions à bicyclette, nous ne portions jamais de casque. Lorsqu’enfin on a pu à nouveau avoir de l’essence, nous roulions avec nos parents dans une auto sans ceinture de sécurité, sans air-bags. et faire une balade, assis à l'arrière, sur le plancher d'une fourgonnette pendant une chaude journée d'été, c'était "normal".
    Nous buvions l'eau directement au tuyau d'arrosage du jardin, ou au goulot d’une bouteille à plusieurs, l'un après l'autre. Nous mangions des gâteaux, du vrai pain, du beurre, et des boissons gazeuses avec du vrai sucre, mais nous n'étions pas obèses parce que nous passions tout notre temps à jouer dehors.
    Nous passions des heures à bâtir des "caisses à savon" avec des chutes de bois et des roues récupérées, puis nous descendions une grande côte pour nous apercevoir, rendus en bas, que nous avions oublié d'installer les freins.
    Pendant les vacances et que les parents étaient au travail, nous sortions de la maison, le matin, et jouions toute la journée dehors. Nous n'étions parfois de retour que peu avant la nuit. Personne ne pouvait nous joindre de toute la journée, car il n'y avait ni portables, ni bracelet-télé-alarme , mais souvent des claques pour ponctuer une rentrée trop tardive.
    Nous ne connaissions pas les Playstations, Nitendo, WI, et autres jeux vidéo, il n'y avait pas 400 canaux sur le câble, pas de CD ou DVD, pas de téléphone fixe dans la plupart des maisons, pas d'ordinateur ou de "chat" Internet. Seulement un juxe-box, un baby-foot et un billard électrique au café du coin : le luxe et c’était payant.!

    Nous avions plein de copains : il nous suffisait d'aller dehors pour les retrouver, ou nous allions chez eux sans leur téléphoner au préalable.  Nous frappions à la porte et entrions simplement dans leur maison pour jouer avec eux.
    Nous montions sur le dos des vaches et de gros cochons, en nous tenant à leurs oreilles et qui couraient vers la mare pour se débarrasser de leur cavalier, nous tombions des arbres, nous nous blessions aux mains ou au visage, nous nous brisions un os et ou une dent et pourtant, personne n'était poursuivi pour tout cela.  C'étaient seulement des accidents. Personne n'était à blâmer, sauf nous-même.
    Nous nous battions à coups de poings. Nous en récoltions des yeux au beurre noir et nous apprenions à passer ensemble au travers de nos disputes. Nous mangions des vers de terre et malgré les avertissements des parents, aucun poil supplémentaire n'a poussé sur notre visage et les vers de terre ne sont pas restés dans notre estomac pour toujours.
 
    Mais toute la semaine, nous bossions en classe et le soir il y avait plusieurs heures de devoirs et leçons et pas de MSN, de Facebook ou de télé.
    Nos instituteurs et nos profs étaient des personnes formidables, qui savaient nous intéresser, mais nous les respections et leur obéissions, et le chahut était très rare et de courte durée.
    Quelques élèves n'étaient pas aussi doués que les autres;  alors, ils ne réussissaient pas leur année et devaient la recommencer. Et les meilleurs élèves aidaient ceux moins favorisés.

    Nos actions étaient les nôtres et nous en assumions toutes les conséquences.  Nous avions la liberté, les succès, les échecs, la responsabilité et nous avons appris à vivre avec tout ça.
 
    Quant aux avions, j'ai fait quelques centaines de milliers de kilomètres dans ces engins et je pourrais vous raconter des tas de péripéties : foudre, tempête de sable, ouragan, panne, moteur en feu, train d'atterrissage cassé, vache sur la piste et cette dernière est toujours vivante et nous aussi !

    Mais finalement, c’est peut être un miracle d’être encore en vie.
    Oui, mais à l’époque, il n’y avait pas de chômage, ni d’économie mondiale, et les entreprises étaient dirigées par des ingénieurs et non par des financiers. Le respect de l’homme existait encore en France.!

Samedi 27 novembre 2010 à 8:22

Vivre sa vie

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    J’ai eu souvent l’occasion de constater que de jeunes ados souffraient lorsque des camarades de classe les prenaient pour tête de turc, mais encore plus quand ils n’arrivaient pas à s’insérer dans le cercle des élèves de leur classe.
    C’était particulièrement vrai lors d’un changement important, comme par exemple le passage de la communale au collège ou du collège au lycée.
Ce n’est pas particulier aux enfants, on voit des phénomènes analogues avec des adultes, soit au chômage, soit lorsqu’ils prennent leur retraite ou ceux qui sont dans la pauvreté.
    Exclure quelqu’un de la communauté à laquelle il appartient suffit pour le déstabiliser, saper sa confiance et son estime de soi-même. Le terme employé par les psychologues est “ostracisme”.
    Si quelques personnes d'un groupe cessent d'interagir avec un de leurs compagnons, le phénomène s'enclenche. .Voyons quelles sont conséquences de ces mises au ban de la société.

    La réaction à l'ostracisme est l'une des plus violentes de l'individu.
    Chez les singes, l'ostracisme est synonyme de mort: un macaque auquel ses congénères cessent de s'intéresser, ne se nourrit plus, regarde ses anciens compagnons d'un air désespéré et se laisse dépérir.
    En France, parmi les 11 000 personnes qui se suicident chaque année: beaucoup sont souvent des exclus, des marginaux, des chômeurs, de vieilles personnes vivant seules, des adolescents se sentant mis à l'écart de leur groupe ou rejetés par leur famille. L‘exclusion est un facteur de dépression et la principale cause de suicide.
    Il y a une dizaine d'années, des psychologues avaient observé qu'il suffit de quatre minutes à une personne exclue d'un jeu de ballon (ses camarades jouent entre eux sans lui passer la balle) pour qu'elle se renfrogne,se tasse dans un coin et n'adresse plus la parole aux autres.
    Plus récemment, des psychologues australiens de l'Université de Sydney ont étudié les réactions psychologiques que suscite l'ostracisme.
    Ils ont demandé à des volontaires de jouer en réseau à des jeux vidéo reproduisant un jeu de balle à trois. Deux joueurs reçoivent l'instruction d'exclure le troisième, en ne lui envoyant plus la balle. Après six minutes de jeu, les trois participants remplissent des questionnaires qui évaluent quatre aspects de leur état d’esprit : le sentiment d'appartenance à un groupe, l'impression d'exercer un impact sur une situation, l'estime de soi et le sens attribué à l'existence.
     Le joueur frappé d'ostracisme obtient des scores très bas à ces questionnaires. Il perd toute illusion sur le sens de sa présence et de son action, et a tendance à généraliser cette situation à tous les aspects de sa vie

    L’aspect irrationnel de la dévalorisation de soi laisse penser que cette réaction est automatique, (comme le réflexe qui fait tendre la jambe quand le marteau du médecin stimule un point névralgique du genou).
    Les psychologues de l’université de Sydney ont fait jouer, au jeu de balle en réseau, un volontaire avec deux ordinateurs. Le joueur frappé d'ostracisme est par conséquent exclu par des machines, selon un programme dépourvu de toute intention, ce dont il est informé au début de l'expérience.     Il est donc conscient de ce qui va se produire et sait qu’il n’y est pour rien.
     Malgré cela, il réagit exactement de la même façon: son humeur se dégrade, l'estime de soi diminue, l'existence perd son sens. La réaction la plus vive a été observée chez un informaticien, qui ne supportait pas d'être mis sur la touche par des machines qu'il savait diriger ! lol
   
    Ces expériences montrent que les réactions à l'exclusion sont inconscientes, et plus fortes que tous les raisonnements rassurants que l'on peut tenir sur sa valeur personnelle.
    Il existe un réflexe de l'ostracisme, qui plonge ses racines dans un passé très lointain, puisque même les singes en souffrent. Selon les anthropologues, cette réaction serait un réflexe de survie: la douleur provoquée par l'exclusion est un signal pour montrer à l'individu qu'il doit absolument faire un effort pour retrouver son groupe.Au Paléolithique, un homme isolé ne pouvait survivre.

    Aujourd'hui, les exclus continuent à ressentir une profonde détresse.
    Pour essayer de les aider je pense qu’il faut d’abord les faire parler, délimiter exactement les circonstances, les limites et si possible les raisons de cette exclusion.
    J’ai constaté que dans de nombreux cas cette exclusion n’est pas de la faute de la personne exclue, mais c’est soit un “jeu” des autres, soit le fait de se heurter à un groupe déjaà constitué et assez fermé. L’exclu n’en a pas conscience et se croit responsable et il faut lui enlever cette idée fausse.
    Il faut lui manifester son intérêt car c’est important de voir qu’il compte pour quelqu’un : cela rompt son exclusion.
    C’est ensuite la longue discussion qui permet peu à peu de lui faire retrouver la confiance en soi : raisonner sur ses qualités et défauts, faire des projets d’amélioration, des projets d’avenir.
    Essayer si l’on est en confiance d’analyser avec le personne, quelles sont les relations qu’elle a avec autrui et comment elle peut avoir peu à peu quelques amis ou intégrer un autre groupe de camarades.
    L’exclusion c’est la solitude et les seuls remèdes pour les combattre, ce sont le raisonnement logique, la persuasion et surtout l’intérêt et l’empathie.
    Il faut arriver à sortir la personne de cette solitude et lui donner espoir pour son avenir.


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sortir de la tristesse

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