Mardi 21 juin 2016 à 15:35

Enseignement, école, fac

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    Troisième volet des sujets de philosophie 2016, les deux questions suivantes :
           - Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ? (L)
           - Pour être juste, suffit-il d’obéir aux lois ? (Tech) ?


     Pas faciles ces deux sujets : on peut dire tellement de choses sur la morale en général et sur nos convictions morales et leur origine en particulier;   
    Quant au mot « juste » son interprétation est ambigüe.
    Ces deux sujets ne m’inspirent pas.

    D’abord d’où viennent les règles morales en général?
    Certaines sont ancestrales, passées de génération en génération dans chaque civilisation, mêlées aux préjugés aux archétypes chers à Jung, aux us et coutumes.
    Le passé et ses règles  (ses lois aussi) se transmet par les gouvernants et édiles divers, par les personnes qui ont une certaine autorité psychologique : prêtres, médecins, professeurs… Cette influence a sûrement baissée aujourd’hui.
    Enfin et surtout c’est l’éducation des parents qui transmets des règles dès la plus jeune enfance.
    L’enfant voit le plus souvent, en ses parents et aînés, des modèles qu’il va essayer d’imiter. A défaut de ces personnes, il va trouver d’autres adultes référents.
    La situation évolue d’ailleurs; les jeunes actuels, avec le développement des moyens de communications électroniques, appartiennent à des groupes, et le référence est de moins en moins les parents, mais  ces amis, qui sont presque du même âge. Pour peu que les parents ne soient pas vigilants ou même absents de l’éducation, ces jeunes n’ont alors que peu de valeurs et donc sont prêts à faire beaucoup de bêtises.
    On pourrait penser que nos valeurs et principes moraux ne sont que la conséquence de notre éducation et de notre socialisation, et que ce n’est pas l’expérience qui nous apprend ce que nous nous devons faire. Elle se bornerait à nous permettre d’ajuster notre comportement aux règles acquises.

    La nature de ces règles donne d’ailleurs souvent à controverses.
    Certains les croient dictées par une volonté supérieure; c’est notamment le cas des religions.
    Je me souviens, dans mes cours de philo, il y a presque 70 ans, des « impératifs catégoriques «  de Kant, qui pensait que les règles nous étaient dictées par notre raison, et qui avait une fâcheuse tendance à voir le résultat de punitions et de récompenses, ou des conséquences des sentiments de peur et de culpabilité.
    L’éducation d’autrefois était souvent basée sur ces punitions et récompenses. C’est moins vrai aujourd’hui, on essaie davantage d’expliquer et de convaincre, mais on est surtout souvent tombé dans un laxisme regrettable, en croyant comme Rousseau que l’enfant est bon par nature, ou buien par peur qu’il ne vous aime plus si on le châtie parfois.
    Je me souviens aussi de dissertations assez difficiles sur les rapports entre la morale et notre liberté, qui parfois touchaient à la théologie.

    Mais justement, quel est le rapport entre la morale en général et nos convictions sur elle?
     Freud appelait le « surmoi », l’ensemble des règles, parmi celles sui nous avaient été enseignées, auxquelles nous avions réfléchi, et que nous avions accepté d’appliquer.
    Parmi elles nos convictions morales; comment nous les sommes nous appropriées?
    La vie nous donne tous les jours l’occasion d’appliquer ces règles, et donc d’avoir une certaine expérience des cas divers de leur application et de leur faisabilité. Nous nous forgeons ainsi une espèce de « jurisprudence morale »
    Par ailleurs nous sommes face au miroir que constitue nt les autres hommes, qui nous renvoie un jugement, une image de nos actions et dede notre responsabilité. Bien sûr, nous sommes plus ou moins influençables.
    Les règles que l’on nous a données peuvent ne plus être parfaitement adaptées à ce que l’on est devenu et donc l’expérience, qui nous a donné l’occasion de les appliquer et de nous trouver parfois face à des dilemmes difficiles, peut nous amener à évoluer et à se faire des conviction en partie différentes de celles héritées initialement.


    Le second sujet me laisse perplexe en raison de la signification du mot « juste ».
    Juste fait penser à « Justice »; mais une personne juste au sens commun et notamment religieux du terme, c’est une personne qui fait le bien, qui est bonne vis à vis des autres, qui est équitable. Les juifs ont appelé « justes » ceux qui leur sont venus en aide pendant la guerre, lorsqu’ils étaient persécutés par les allemands.

    Si l’on s’en tient aux aspects de justice, est juste ce qui est légal donc conforme aux lois. Un juge ne doit pas juger selon ses sentiments ou ses impressions : il doit s’en tenir aux lois qui ont ou non été respectées, et dans quelle mesure elles ont été bafouées.
    Certes en assise le jury a une certaine liberté pour juger l’accusé coupable ou non coupable, s’il a des circonstances atténuantes ou s’il a prémédité son crime; mais ensuite à l’intérieur des décisions prises, la loi fixe l’éventail des peines que l’on encours.
    On voit donc qu’au plan des sanctions, il faut d’abord juger si la personne à contrevenu à la loi, et ce n’est qu’ensuite que la loi définit les sanctions. Le premier point est parfois évident si on a toutes les preuves et si les faits sont clairs, mais c’est parfois beaucoup plus complexe, comme par exemple la légitime défense.
    Par ailleurs toutes les lois sont elles conformes à la justice ? Il peut y avoir des lois injustes, oppressives, contraires à l’humanité, comme cela arrive parfois dans les pays totalitaires ou sous dictature.
    De toutes façon la loi est générale; elle ne peut tenir compte de tous les cas particuliers. Le législateur ne peut tout prévoir, et chaque cas est particulier. Le vol est un délit et doit être puni, mais doit on punir une mère complètement démunie qui a volé une bouteille de lait pour nourrir son bébé?

    La question qui nous est posée concerne plutôt un homme, à titre personnel et non la justice officielle.
    Si évidemment on prend pour définition qu’un homme juste est celui qui fait le bien, le rapport avec les lois est assez éloigné. On est alors au niveau des convictions morales de l’individu, de son altruisme, Il peut même arriver d’être en contradiction avec la loi (comme par exemple aider des migrants, dont la présence est interdite à un certain endroit.)
    A la limite on peut prendre le contrepied et dire qu’un homme juste est celui qui ne fait pas le mal, qui respecte les autres, est honnête et équitable, et en principe ne fait rien de contraire aux lois.
    Je voudrais poser une question contraire : est on forcément injuste, si on ne respecte pas une loi ? Le terme « injuste » est beaucoup moins sujet à interprétation que le mot « juste ».`   
    Etre injuste c’est ne pas avoir respecté l’égalité, l’équité, l’humanité.
    Il est clair que la loi, appliquée strictement sans tenir compte des circonstances, peut ne pas être équitable, et que par conséquent être équitable et juste, c'est ne pas se conformer aveuglément à la loi, mais tenir compte des situations particulières. C’est en quelque sorte, interpréter la loi dans le sens de son intention supposée : le respect, non à la lettre mais à l'esprit de la justice
    Cela dit, ce n’est pas toujours évident : l’équité semble par exemple souvent synonyme d’égalité, mais par exemple en matière de récompense, faut il donner à tous la même chose ou récompenser en fonction du mérite, de l’efficacité, des résultats, de la quantité de travail …. ?

    Il y a donc une condition pour que les lois soient véritablement justes et donc obligent en toute légitimité : c'est qu'elles soient justes au sens où elles respectent l'égalité et l'humanité. Si elles ne le font pas, alors, on a raison de se révolter contre elles et de refuser d'y obéir au nom d'une justice plus haute.
    Par ailleurs il faut, notamment au plan répressif, adapter l’application des lois aux circonstances réelles., et cela avec humanité.
    Mais il y a des cas bien difficiles du fait d’incertitudes, par exemple pour un juré : faut il risquer de laisser en liberté un assassin ou risquer de condamner un  innocent ?
   
    Enfin je me permettrai une remarque impertinente : la loi est tellement complexe que s’il fallait pour être juste, appliquer les lois et donc les connaître toutes, il n’y auarait aucun juste sur terre !

Dimanche 19 juin 2016 à 9:21

Enseignement, école, fac

  Je traiterai aujourd’hui deux autres sujets qui ont une certaine parenté :
                   - Faut-il démontrer pour savoir ? (S)
                  - Pouvons-nous toujours justifier nos croyances ? (Tech)


    Comme dans toute proposition de réflexion sur un sujet le vocabulaire est important et il ne faut pas qu’il y ait confusion ou malentendu.
    Le savoir c’est une connaissance, mais qui est supposée être exacte, enfin, en principe et à un instant donné. Elle est censée avoir un minimum de preuves. C’est en principe une connaissance rationnelle.
    La croyance, c’est une opinion à laquelle nous adhérons, un jugement subjectif auquel nous croyons. Nous pouvons faire preuve de crédulité et croire des choses peu vraisemblables, avoir des croyances à priori : des préjugés. Nous pouvons aussi avoir des croyances profondes, sans que nous puissions en démontrer la véracité : nous avons la foi en quelque chose.
    Cela dit, les statistiques et les probabilités nous apprennent qu’il y a des situations intermédiaires entre savoir et croyance, qui sont des phénomènes ayant une forte probabilité (pas forcément en physique : la forte probabilité de réussir au bac poour un élève ayant eu de bonnes notes toute l’année).

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    Evidemment une démonstration, si elle est exacte amène à une connaissance qui est certaine.
    Le problème est inverse : une connaissance sensée être exacte est elle démontrable.?
    C’est le problème bien connu de l’exactitude des sciences.

    La seule science qui paraît irréfutable parce que faisant l’objet de démonstrations, ce sont les mathématiques.
    Ce n’est pas parfaitement vrai : certaines hypothèses sont nécessaires avant les démonstration; ainsi avant de démontrer les théorèmes de Thalès et leur conséquence, on fait l’hypothèse de deux droites parallèles qui ne se rejoignent jamais.
    En fait les théorèmes sur les droites qui sont valables sur un plan, mais sont différents sur un ellipsoïde ou un hyperboloîde.

    En physique-chimie, certaines démonstrations sont possibles quand on a une explication rationnelle du phénomène que l’on observe, c’est à dire quand on connaît expérimentalement et théoriquement ses causes et les valeurs qui les lient.
    Mais en général, quand on a élucidé certains phénomènes, on découvre de nombreux phénomènes connexes, en amont ou parallèles, que l’on ne connaît pas et qu’il faut explorer. Les lois de l’infiniment petit, de l’infiniment grand dans l’univers et de l’espace habituel galiléen sont très différentes.
    Même quand on a des modèles mathématiques sur ordinateur des phénomènes, ceux ci n’ont pu être élaborés que par l’expérience et la mesure de certains paramètres d’ajustement.
    La physique chimie avance toujours par des successions de phases hypothèse - mesure - conclusion certaines étant juste d’autres fausse et remises en cause.
    La biologie, quelle soit humaine, animale ou végétale, relève des mêmes principes, mais l’expérimentation y est plus difficile et moins rigoureuse, car elle a lieu sur des êtres vivants toujours en évolution.
    La psychologie devient plus rigoureuse da,ns la mesure où elle s’appuie sur la neurologie et sur les statistiques, mais le comportement humain est tellement complexe, que rien n’est démontrable.

    Le savoir toutefois n’est pas uniquement scientifique :
    Dans le domaine technique, on est censé savoir comment fonctionne un objet que l’on a imaginé et mis au point.
    Il peut cependant tomber en panne, et là encore on ne peut le réparer que si on a expliqué la cause de la panne et le responsable défectueux.
    Mais bien des causes d’accidents restent inconnues : le savoir est là encore partiellement démontrable.

    Un autre aspect de la question est l’expérience acquise, qui n »’est que constatée mais pas démontrée. C’est en général parce qu’on a constaté que certains phénomènes avaient les mêmes conséquences qu’on décrète - abusivement - une relation de cause à effet, mais qui a une probabilité non négligeable.
    Certains phénomènes nous paraissent aussi évidents, parce que nous les visons : c’est le cas du célèbre axiome de Descartes : « je pense donc je suis ».

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    Le problèmes de justifier nos croyances est donc un problème connexe de celui de nos connaissances et savoirs.
    Si nous étions sûrs qu’une croyance est vraie et que nous puissions la démontrer ou la justifier très rationnellement, ce serait alors un savoir.
    La justification ne peut être rationnelle; le problème est donc plutôt pourquoi faisons nous foi à nos croyances.?

    Il est certain que si le savoir démontre qu’un fait est très peu probable rationnellement,, nous ne pouvons pas justifier notre croyance et la tenir pour vraie.
C’est le cas de la téléportation d’objets pesants, ou de la présence de fantômes dans un château soi-disant hanté.

    Peut être serait il intéressant de recenser ce que sont les croyances de chacun de nous et d’où elles proviennent.
    Sont elles des préjugés collectifs de notre civilisation, ce que G.Jung appelait des archétypes; viennent elles de l’éducation reçue de nos parents et les avons nous seulement discutées, ou simplement adoptées passivement, sans réflexion ? Viennent elles des groupes auxquels nous avons appartenus ou nous appartenons ?
    Freud parlait du « surmoi », l’ensemble des règles auxquelles nous avions apporté notre adhésion.
    Une autre interrogation est possible : pourquoi croyons nous à telle ou telle chose? qu’est ce qui nous y pousse, qu’en attendons nous? La croyance ne trouve?-t?-elle pas son origine dans le besoin d’être rassuré, d’obtenir une réponse, de ne pas rester dans l’inconnu ?
    Et beaucoup de croyances ne reposent elles pas sur une information insuffisante, sur un absence de savoir (par exemple une araignée ne pique pas : elle mord !).
    Je suis toujours effaré sur les croyances de certaines personnes, manifestement contraires à des connaissances élémentaires scientifiques; certes c’est un manque d’information et de connaissances, mais c’est aussi une absence de réflexion, de curiosité intellectuelle, de bon sens, surtout aujourd’hui où l’on peut trouver bien des explications sur internet (à condition de bien choisir les sites, car on y trouve aussi les pires âneries !)

Vendredi 17 juin 2016 à 9:10

Enseignement, école, fac

Je vais donc, comme je l’ai écrit hier, dire ce que m’inspirent les deux sujets de philo du bac 2016 sur les « désirs » :
            Savons-nous toujours ce que nous désirons ? (ES)
            Le désir est-il par nature illimité ? (L)

    Le sujet est un peu ambigu, car on peut se demander quelle signification accorder au mot « désir ». On peut trouver bien d’autres mots voisins : besoin, envie, aspiration, souhait, attirance, inclination, passion, pulsion…
    Et il y a des désirs de toutes sortes :

    Le désir a d’abord un aspect physiologique : on a faim on a soif, froid et envie de se réchauffer. Notre hypothalamus reçoit des informations de notre corps, et inconsciemment, il est sensible à des signaux particuliers, dont il rend compte en partie au cortex frontal et nous sommes alors conscients de ces sensations qui sont des anomalies ou des manques et nous cherchons à y remédier : nous mangeons ou nous buvons si nous avons faim ou soif. De son coté l’hypothalamus peut agir inconsciemment pour remédier à ce manque soit à partir du système sympathique, soit à partir de l’hypophyse et de ses pré-hormones.
    Peut on appeler ces besoins physiologiques des désirs ? On parle bien pourtant de désir sexuel.

    Le désir peut avoir un aspect matériel; c’est l’envie de posséder, d’acheter, de se servir d’un objet ou de faire une action, un voyage par exemple. Cela procède aussi d’un manque, puisque nous n’avons pas encore ce que nous souhaiterions. Pour notre cerveau, c’est le besoin de libération de dopamine au niveau de nos centres d’apprentissage et du plaisir (voir mes articles à ce sujet).
    Si le désir et sa satisfaction deviennent trop fréquents, le manque de libération de dopamine devient obsessionnel, et surtout cette libération diminue et il faut plus de satisfaction pour provoquer le même effet : c’est l’addiction : drogue, alcool, jeux, sexe …

    Le désir peut être émotionnel ou sentimental. cela peut être à l’encontre d’un objet, mais c’est surtout le domaine affectif vis à vis d’autres personnes. C’est le cas de nombreux désirs liés à l’amitié ou à l’amour. Par extension l’objet peut être un groupe, une communauté. Ce type de désir peut devenir très intellectuel, se sublimer, c’est le cas notamment en amour ou dans des domaines passionnels ou les religions.

    Enfin le désir peut être totalement rationnel : je l’appellerai alors un projet. Il s’agit d’une réalisation, d’une intention, que k’on souhaite et dont on va étudier la possibilité dans le détail.

    Certains psychologues ont établi une hiérarchie dans les désirs, c’est notamment le cas de Maslow et de sa célèbre pyramide : il parle toutefois de satisfaction des besoins. (voir mes articles du 26 avril 2015 et 7 mars et 19 juin 2012, et 26 mai 2007). Les théoriciens de la motivation ont également établi des classifications analogues. Clayton Aldefer, David McClelland, Henry Murray entre autres)

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    Ce dont il faut être conscient, c’est que, quelle que soit la classification que l’on fasse, le désir résulte d’un manque, que l’on voudrait combler.
    Quand on a réussi à satisfaire un désir, en général on en tire satisfaction, mais d’autres désirs apparaissent. Sans désirs nous n’aurions plus de motivation.


    Alors sommes nous conscients de nos désirs ?
    C’est une question de vocabulaire : on a tendance à appeler désir un besoin un souhait dont nous sommes conscient.
    Par contre les causes profondes de ce désir, les « manques » qui y ont conduit et qui peuvent être de nature multiple et très complexe. La plupart de ces causes profondes sont le plus souvent inconscientes.

    Savons nous toujours ce que nous désirons ?
    Tout dépend de ce que l’on entend par savoir : si c’est être conscient des désirs, je viens de répondre à la question. Si c’est par contre savoir exactement ce que l’on voudrait, ce n’est pas toujours le cas.
    Nous avons conscience de manques, mais si on en connaît la nature générale, on peut ne pas en savoir le détail. Les manques peuvent être multiples et il est parfois difficile de les différencier, d’établir une hiérarchie et de savoir lequel choisir.
    Il peut arriver aussi que la réalisation d’un désir comporte des éléments positifs, mais aussi d’autres négatifs, et on hésite alors à souhaiter sa réalisation.

    Les désirs sont ils illimités?
    Comme je l’ai dit plus haut, les « manques » sont inhérents à la vie, à l’existence. Même si on peut penser que si on réalise un grand nombre de souhaits, on aura moins de manques non réalisés, le manque de désir correspondrait à une apathie complète, qui serait maladive (c’est un des symptômes de la dépression).

    Par contre ce qui n’est pas illimité c’est la satisfaction des désirs, car ils peuvent rencontrer des obstacles, notamment :
         - Obstacles matériels et notamment financiers.
         - Obstacles environnementaux la loi, la nature, les voisins, le groupe dans lequel on est plus ou moins intégré, le comportement des autres personnes….
         - Enfin obstacles moraux ou sentimentaux : tel ou tel désir peut être considéré comme contraire aux valeurs que nous avons. Nous nous sentirions coupables de réaliser ces désirs, voire nous nous sentons même coupables de les avoir eu.
    Ces obstacles sont personnels car ils dépendent de la personnalité et de la situation de chacun. Donc certains réaliseront les souhaits que d’autres ne peuvent espérer, d’où un sentiment d’injustice et de jalousie, et une exaspération de ces désirs.

    Enfin il faut signaler, le désir poussé à l’extrême, et notamment dans ses causes profondes inconscientes, et qui peut alors pousser à une réalisation brutale : la pulsion.

Jeudi 16 juin 2016 à 14:26

Enseignement, école, fac

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          Tous les ans, quand on connaît les sujets des épreuves de philo du bac, je m'amuse à dire ce que m'inspirent ces sujets.
Ce ne sont, en aucun cas des corrigés. J'ai oublié beaucoup de ce que j'ai appris au lycée sur les pansées des philosophes, et par contre j'ai acquis une certaine expérience de la vie. Mes propos n'ont donc aucune prétention scolaire.

     Cette année les sujets étaient les suivants : dans l'ordre où je les traiterai à partir de demain :
          -  Le désir est-il par nature illimité ? (L)
          -  Savons-nous toujours ce que nous désirons ? (ES)
          - Faut-il démontrer pour savoir ? (S)
          - Pouvons-nous toujours justifier nos croyances ? (Tech)
          - Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ? (L)
          - Pour être juste, suffit-il d’obéir aux lois ? (Tech)
          - Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’histoire ? (ES)
          - Travailler moins, est-ce vivre mieux ? (S)

Mercredi 11 mai 2016 à 8:22

Enseignement, école, fac

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    J’ai quelques correspondant(e)s qui sont lycéen(ne)s, et qui ne se plaisent pas trop au lycée, car ils trouvent que l’enseignement de « culture générale » est sans intérêt.
    Je comprendrais très bien leur point de vue s’ils étaient attirés par de l’enseignement concret d’un métier, et ils faudrait alors qu’ils se dirigent vers l’enseignement technique, qui leur serait plus approprié.
    Mais il n’en n’est rien; ils détestent tout autant le travail manuel, si ce n’est taper sur un clavier pour écrire sur Facebook ou envoyer un SMS.
    En fait pour eux la « culture générale » est une chose inutile.
    Je ne suis pas d’accord sur ce point de vue, et pourtant le contenu de l’enseignement actuel est bien moins un enseignement général qu’autrefois.

    Qu’est ce que la culture générale ? : C’est « l’ensemble des connaissances sur l’histoire, la littérature, la philosophie, les sciences et les arts que l’on devrait posséder au sortir de l’adolescence et à l’entrée de l’âge adulte », (dictionnaire de l’Académie).
    C’est en quelque sorte un ensemble de connaissances et de savoir-faire importants pour vivre dans la société humaine.
    Je suis d’accord avec cette définition mais elle me semble restrictive.
    Certes tout au long de ma vie, l’éducation que m’avait donnée mes parents et grands-parents et l’instruction que j’ai eue dans le primaire et le secondaire, m’ont beaucoup plus servi que les études supérieures que j’ai faites ensuite, qui m’ont surtout été utiles dans mon métier ou pour comprendre mes lectures scientifiques.
    Peut être l’enseignement était il plus concret autrefois, mais il ne se passe pas de jour où je n’utilise les vieux savoirs que j’ai appris à l’école.

    Mais ces connaissances, ce savoir ne sont qu’une partie de l’intérêt de la culture générale. Elle est avant tout destinée à nous rendre « intelligents ».
    La culture nécessite l’effort de comprendre, de juger, de trouver les liens, les causes et les effets entre les événements et les théories ou les savoirs. La culture nous empêche de généraliser hâtivement et de façon erronée, elle nous permet aussi de ne pas suivre les idées trop simplificatrices, ou trop alléchantes pour être plausibles.
    Les sciences nous apportent le doute, la logique, qui permettent de remettre en cause, de réfléchir, d’analyser, puis de faire des hypothèses, de les vérifier et de reconstruire, souvent autrement et de synthétiser. Elles stimulent la curiosité intellectuelle, et nous poussent à vouloir comprendre comment « fonctionnent les choses ».
    Le biologique et la psychologie nous apprennent, certes de façon sommaire,  comment nous fonctionnons nous mêmes, nous, notre corps et notre cerveau
    La littérature et la philosophie nous font sortir de notre pensée, nous montrent ce que pensent les autres sur les questions existentielles. Elles nous montrent les divers points de vue, nous empêchent d’être sectaires, nous apprennent la tolérance, mais aussi nous stimulent l’imagination.
    Autrefois de la sixième à la terminale, on lisait et expliquait des « morceaux choisis » d’un très grand nombre d’auteurs. Même si je ne me rappelle pas tout le contenu, qui est énorme, cela m’a ouvert l’esprit. J’ai appris à penser autrement, à ne pas croire que je détiens la vérité, à admettre et à essayer de comprendre la pensée des autres.
    Et l’enseignement artistique, malheureusement assez succinct dans le secondaire, m’a quand même appris à apprécier le dessin, la peinture, la sculpture et la musique et à connaître les noms et quelques oeuvres de nos grands artistes passés..

    La culture générale a un troisième effet très important : elle nous permet de vivre agréablement. Si je n’avais acquis aucune curiosité intellectuelle, si je n’avais pas appris à aimer les sciences, les lettres et les arts, je me serai ennuyé dans ma vie et je serais passé à coté de bien des plaisirs.
    Sans ce qu’elle a éveillé en moi au plan scientifique, littéraire et artistique, je n’aurais pas trouvé mon métier aussi intéressant, je n’aurais pas connu les joies de maintes lectures, je n’aurais pas visité les musées de tous les pays où j’ai eu la chance d’aller, je n’aurais pas assisté à des concerts de toutes sortes.
   
    Enfin, dernier bienfait l’enseignement de la culture générale, en même temps qu’elle éveille notre intelligence et notre curiosité intellectuelle, elle développe notre capacité de mémorisation et elle nous apprend les méthodes qui permettent de poursuivre l’acquisition d’autres connaissances, d’autres savoir.
    J’avais des collaborateurs de métiers très divers. Pour coordonner leurs efforts il fallait que je comprenne leur travail, donc que j’apprenne un minimum de connaissances de leur spécialité. Par ailleurs, j’ai comme tout le monde des « dadas » qui me plaisent et pour lesquels je souhaite accroître mes connaissances.
    Et même dans le domaine manuel du bricolage ou du jardin, c’est elle qui me permet de joindre la théorie et la pratique, de comprendre les savoir-faire et aussi de recevoir des conseils pour la partie strictement manuelle.

    Bref l’apport de l’enseignement général est immense, pas uniquement par les connaissances qu’il apporte, mais surtout par la formation de notre esprit, de ses capacités,  et de notre façon de penser. Cela, quand on est jeune, on ne s’en rend pas compte, et pourtant c’est essentiel.
    L’ennui c’est qu’apprendre demande un effort et de l’attention, et c’est fatigant, beaucoup plus que de taper des SMS ou de discuter sur Facebook.
   

Lundi 9 mai 2016 à 8:02

Enseignement, école, fac

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     La télévision nous parle depuis des jours de l’admission des jeunes à l’université, en septembre prochain, après leur bac, et évidemment à condition de le réussir.
    Ils devaient déposer leurs demandes  il y a quelques jours (plusieurs demandes avec un ordre de préférence)
    En région parisienne il y a trop de candidats et les facultés, notamment de médecine avaient l’intention de tirer au sort les admis.
    Je trouve cela scandaleux. Pourquoi à ce moment là, ne pas aussi tirer le bac au sort ?
    Je me demande qui a eu cette idée de génie, et comment notre Ministre de l’Education, qui est toujours aussi inefficace, n’a pas réagi à cette absurdité.   
    Les jeunes ont déjà beaucoup de difficultés à travailler, distraits comme ils le sont par les multiples écrans connectés.
    Par ailleurs il m’est arrivé de discuter avec de jeunes étudiants en médecine de P1, et j'ai constaté que certains d’entre eux étaient attiré par une médecine de spécialité, non pas pour soigner et sauver des humains, mais pour gagner de l’argent. D’autres avaient demandé P1 parce que cela faisait bien et poussés par leurs parents. Certains n’avaient pas conscience non plus du travail que demandent les études de médecine, et l’énorme effort de mémoire qu’il faut faire.
    Alors supposez qu’on tire vraiment les places au sort : un jeune qui a la vocation humanitaire pour ce métier, et qui a eu la mention TB au bac pourra être refusé au profit d’un élève médiocre, qui n’a aucune vocation, et qui n’a jamais entraîné sa mémoire. C’est scandaleux.
    Je connais des jeunes qui ne travaillent guère en classe, mais j’en connais aussi qui ont compris que c’était ce qu’on apprenait en classe qui nous formait l’esprit et la mémoire, et qui nous permettait ensuite de faire des études qui nous apprenne un métier. Ceux là travaillent énormément pour réussir, mais aussi parce qu’ils ont pris l’habitude de travailler, que cela ne leur coûte pas trop et satisfait leur curiosité intellectuelle.
    Alors si vous voulez aussi décourager ceux là, tirer la suite de l’enseignement au sort.
    Je suis effaré que des recteurs d’académie puissent avoir de telles solution au problème de l’embouteillage des facultés. Quant aux politiques, ce n’est que de la démagogie et du clientélisme. Le nivellement par le bas est d’ailleurs, semble t’il vu ses réformes, la doctrine de notre actuel ministre.
    Les candidats aux études d’ingénieurs ont toujours été habitué soit à passer des concours, soit à être choses dans une école sur dossier et ensuite dans la partie ingénieur, sur résultats. Personne n’a jamais eu l’idée saugrenue de tirer les entrées au sort. D’une part cela aurait soulevé d’énormes protestations, et d’autre part le résultat technique aurait été catastrophique.
    Or la tâche d’un médecin est plus importante que celle d’un ingénieur : il tient en permanence la vie des gens à la merci de ses décisions. Alors ne pas choisir les meilleurs candidats et ceux qui ont vraiment envie d’être médecins.
    En fait les responsables d’université préfèrent le tirage au sort à la responsabilité d’un choix pour refuser des candidat, car ensuite ils s’en remettent au concours.
    Pourtant dans la vie de tous les jours, dans son métier, il faut faire des choix et en assumer les conséquences.
    Je ne pense pas quelle soit plus difficile d’admettre un élève que d’embaucher un collaborateur;
    Les dossiers des élèves sont en général bien faits. On peut déjà admettre ceux qui ont eu une mention TB ou B au bac
    Ensuite en regardant les notes et les appréciations on peut faire un second tri
    Et pour les quelques qui sont à cheval sur l’admission ou le refus, on peut leur demander une lettre de motivation.
    On peut aussi voir si, à proximité de leur domicile, il y a une autre fac de médecine.
    Et puis ne peut on augmenter le nombre de places, alors que l’on manque partout de médecins ? N’y a t’il pas dans des fac « non médicales », la possibilité de trouver des amphis et des locaux de TD ?
    J’ai dans ma famille des professeurs; ils ne sont pas très différents des professeurs d’autrefois et ont l’envie de bien enseigner. Mais je me demande si les personnes qui sont aux échelons administratifs dans les académies ont vraiment les pieds sur terre et une once de bon sens et de psychologie. Comment n’ont ils pas idée du dégât que fait un tirage au sort sur la motivation des élèves et étudiants.
    Et croient ils que le salaire des travailleurs en entreprise, et leur avancement sont tirés au sort. Sortez messieurs de votre tour d’ivoire !
    Enfin, aux dernières nouvelles il semble que le ministère de l’Education ait exclu cette admission digne de la Française des Jeux.

Mercredi 9 mars 2016 à 9:02

Enseignement, école, fac

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     Notre Président de la République est sûrement plein de bonnes intentions et de bonne volonté, mais il s’entoure très mal. Un ministre doit être compétent dans le domaine qu’il dirige.
    Ce n’est pas le cas de madame Najat Vallaud-Belkacem, qui est certainement méritante notamment d’être arrivée malgré ses origines ce qui a dû lui demander beaucoup de travail, mais c’est malheureusement une utopiste, qui vit dans l’idéal et n’a pas conscience de la réalité de la vie universitaire, ni de la simple pédagogie.
   Ne faire qu'une carrière uniquement politique, déconnecte complètement des réalités de la vie de tous les jours.

    Déjà son prédécesseur avait pondu une réforme de l’enseignement primaire ridicule.
    Alors que nos enfants ne savent plus le français et l’orthographe, pas plus que les tables de multiplication, au lieu d’augmenter les heures des disciplines fondamentales, de promouvoir plus de lecture, de dictées et d’entraînement de la mémoire en apprenant par cœur les fondamentaux, il a prévu d’augmenter les travaux qui ressemblent à des distractions ou des détentes de cour de récréation ou de garderies, et qui coûtent énormément aux communes, et mobilisent des instituteurs ou des intervenants qui seraient mieux utilisés à faire des cours supplémentaires et très pragmatiques de français et de maths.
    L’école primaire continue de former des enfants inaptes à suivre l’enseignement secondaire, parce que ne maîtrisant pas assez la compréhension de la langue, peinant à faire les quatre opérations et incapables de résoudre un problème d’arithmétique.

    La réforme du collège de madame Vallaud-Belkacem est tout aussi ridicule. Le rapport du comité des Programmes (que j’ai lu soigneusement : voyez mon article sur la novlangue de l’Education Nationale, du 28/4/2015) collectionne les clichés de psycho, en ignorant totalement les avancées concernant le fonctionnement du cerveau humain, et accumule les objectifs vagues et utopiques, en négligeant des résultats précis et objectifs.
    L’élève n’est plus là pour apprendre et surtout pour former son intelligence, mais pour se sentir bien, et je cite « manifester sa sensibilité » et « questionner le monde ». On prend les élèves pour des écrivains philosophes, tout cela s'opérant au nom de la « liberté pédagogique de l’enseignant » et de la liberté de l'enfant qui doit être « créatif".
    Il n’est plus question de former sa mémoire, de le confronter aux auteurs anciens pour apprendre à comparer et discuter les idée, ni de donner des objectifs pratiques aux sciences.
    Par contre on peut lire qu’il faut « explorer différentes modalités de représentation par des mediums et techniques variés pour jouer des écarts et des effets produits à des fins expressives. » (il ne s’agit tout de même pas des médiums qui disent la bonne aventure !)

    Je suis tout à fait d’accord pour former les élèves à l’emploi de l’ordinateur, mais il faut d’abord savoir écrire à la main, lire un livre et faire du calcul mental.
    Le Conseil a l’air de croire qu’il suffit de savoir utiliser un tableur et un grapheur, sans avoir fait auparavant la démarche intellectuelle de comprendre le mécanisme des opérations correspondantes. Il oublie que avant tout le but est de bien poser le problème et de connaître les méthodes pour le résoudre. La machine peut faire le calcul, mais on ne peut la surveiller (notamment ses résultats) que si on connaît le processus.
    Je constate que de jeunes lycéens ne savent plus faire une multiplication ou une division sans calculette, et sont incapables de faire de tête une multiplication par 5 (on multiplie par 10 et on prend la moitié) et qu’ils ne savent pas toujours chercher une définition d’un mot dans le dictionnaire.!

    La dernière trouvaille de madame Vallaud-Belkacem est de partir en guerre contre les universités qui font une sélection parmi les candidats aux études de mastère, car cela va à l’encontre de l’égalité pour tous.
    Je me demande si notre ministre a mis un jour les pieds dans une université (elle n'a pourtant pas fait ses études de droit par correspondance) ?
    Une université ne peut enseigner que certaines disciplines de mastères, en fonction des moyens matériels et humain dont elle dispose. Par ailleurs le nombre d’étudiants que l’on peut accepter est forcément limité par ces mêmes moyens. On ne peut accepter des étudiants dans des mastères inexistants ni en surnombre et il faut alors choisir ceux que l’on accepte.
    Certaines rares universités ont fait des tirages au sort : c’est la meilleure façon de mécontenter tout le monde et d’admettre de mauvais élèves.
    Les autres université s’efforcent de choisir les élèves qui ont un projet qui concorde avec l’enseignement existant, qui sont motivés et qui sont d’un niveau suffisant pour suivre l’enseignements. Cela me paraît simplement du bons sens.

    J’apprécie les efforts égalitaristes de notre ministre de l’Education Nationale, mais elle semble oublier que l’égalité ne correspond en pratique, ni à des ressources infinies, ni à des quotas.
    Malheureusement nous n’avons pas tous au départ les mêmes préférences cérébrales et les mêmes aptitudes. L’éducation des parents peut diminuer ou aggraver ces différences. Par ailleurs se former exige beaucoup de travail et une attention soutenue.
    L’égalité des chances ce n’est ni favoriser les amusements (l’instruction n’est pas un jeu), ni niveler les programmes par le bas pour que les moins doués puissent suivre.
    C’est au contraire aider ces jeunes pour qu’ils rattrapent leur retard et arrivent à suivre, et ne pas handicaper les plus doués en leur apprenant la paresse du fait du niveau trop bas des cours.
    Le but du secondaire est de former l’intelligence et d’apprendre à raisonner, et acquérir aussi des connaissances de base. La mémoire c’est la moitié de l’intelligence et négliger de la former est suicidaire. Ne plus faire de littérature qui permettait de comparer les opinions des philosophes et écrivains, c’est former des esprits étroits et fermés sur eux mêmes. Ne plus faire d’exercices pratiques dans le domaine des sciences, c’est ne plus former à la logique et aux applications pragmatiques.
    Et ce qu’il manque le plus, donner aux élèves l’habitude du travail et de l’effort.
   

Dimanche 7 février 2016 à 10:24

Enseignement, école, fac

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     L’ordre des médecins vient de déposer des propositions pour réformer le recrutement en première année de médecine (Paces). Il constate que 25% des médecins, en France n’ont pas des diplômes français mais étrangers, et donc, il estime que le dispositif actuel de concours national et de numerus clausus est inadapté.
    Ses propositions sont, si j’ai bien compris, les suivantes :

        - donner des numérus clausus par région et faire un concours régionalisé, en fonction des besoins du territoire par spécialité, des capacités de formations des établissements universitaires et des possibilités d’organisation de stages durant la scolarité. Il y aurait cinq grandes régions en France et les places disponibles seraient définies pour chaque grande région et pour chaque spécialité, en fonction des besoins démographiques. Chaque étudiant aurait la possibilité de concourir sur trois interrégions maximum.
    Je ne suis pas à même de juger de l’opportunité de cette mesure, mais cela me paraît lourd pour organiser les concours, mais je ne susi pas sûr que cela résolve le problème des insuffisances de médecins dans certaines régions, car un tiers des étudiants en médecine au moins, s’installent dans une autre région que celle où ils ont fait leurs études.

        - faire une présélection avant l’entrée en Paces, sur dossier et introduire des notes éliminatoires.
    On reproche au concours actuel d’être trop difficile qui élimine 8 à 9 candidats sur 10, alors c’est bizarre de proposer une présélection dont les règles sont floues et qui peut comporter des passe-droits regrettables.
    Quant à la note éliminatoire, ce serait si, j’ai bien compris, principalement sur les épreuves pratiques.
    C’est peut être là où un stage de présélection serait utile, non pas pour éliminer, mais pour que les candidats se rendent compte par eux mêmes s’ils sont aptes à faire le travail pratique des soins. Beaucoup des jeunes avec qui j’ai correspondu, avaient fait, pendant leurs vacances du lycée, des stages simples en hôpital.

        - créer des incitations pour s’installer dans certaines régions

        - que le contenu de la première année d’étude soit plus général, afin d’être utilisable en cas de réorientation et que l’on aide ceux qui perdent pied rapidment à se réorienter.
    Je croyais que l’on avait déjà envisagé un parcours commun  première année de médecine, biologie, pour permettre des passerelles avec la fac ey qu’il y avait déjà des expérimentations en région parisienne.

    Je ne sais trop qui va finalement décider de cette réforme. J’espère seulement qu’elle sera plus intelligente, plus pragmatique et plus efficace que celle des collèges.

   


Mercredi 23 décembre 2015 à 8:16

Enseignement, école, fac

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       J'ai eu aussi un bug ce matin dans ma publication qui a mis en page la photo et pas le texte.
       J'ai d'ailleurs de lus en plus d'ennuis sur Cowblog et il semble ne plus y avoir de webmaster dans la maison.
       Je republie don mon article pour demain :


Les études de médecines font souvent parler d’elles, car très longues et très difficile.
    J’ai lu dans la presse la dernière mésaventure.
    Je rappelle que ces études comportent trois cycles successifs et durent 9 à 11 ans (en supposant qu’on ne redouble pas).

Le premier cycle de 3 ans:
    La première année (PACES)  est commune aux études de santé :médecines, pharmacie, dentistes (odontologie), sage-femme (maïeutique) et se termine par un concours où des quotas déterminent le nombre de places dans chaque filière.
    Ceux qui n’ont pas réussi ont le choix entre redoubler une fois et se réorienter.
    La réorientation est de faire une licence en biologie, ou depuis 2015, de suivre les cours d’une licence es sciences pour la santé, avec une passerelle vers la deuxième année de médecine , encore assez floue et expérimentale.
    Puis suivent deux années d’enseignement, relativement théoriques, mais avec des travaux pratiques et des stages, qui débouchent sur un diplôme équivalent à la licence (« diplôme de formation générale aux études médicales »).

Le deuxième cycle de 3 ans :
    Il remplace ce que l’on appelait autrefois l’externat. Les enseignements sont organisés par modules thématiques, le plus souvent, en lien avec les stages et la pratique clinique occupe de plus en plus de temps.
    Ces études permettent d’acquérir une formation médicale complète et de se préparer au deuxième barrage des études de médecine : les « épreuves classantes nationales », (ECN), clé d’entrée vers l’internat, qui permettent de choisir la spécialité et la ville d’affectation. Le diplôme correspondant. « diplôme de formation approfondie en sciences médicales » est équivalent à un mastère.

Le troisième cycle de 3 ans et plus :
    C’est l’équivalent de l’internat. L’étudiant effectue au moins 6 stages semestriels et suit parallèlement des enseignements théoriques (séminaires, cours mensuels…). Enfin, il prépare une thèse de recherche. Pour obtenir le DE de docteur en médecine et s’installer, il faut valider les stages, le DES (diplôme d’études spécialisées) de la discipline suivie et soutenir sa thèse.
    Il y a une trentaine de diplômes d’études supérieures de spécialités, dont médecine générale qui dure 3 ans, les autres spécialités demandant 4 ou 5 ans (notamment en chirurgie).
   
    Quant à la mésaventure dont je parlais, elle concerne le deuxième concours (ECN),  qui lundi 7 décembre était passé par environ 8 300 étudiants en 6ème année. (il y a trois épreuves dans l’année)
    Pour la première fois, les épreuves se passaient sur des tablettes tactiles (on répond à des questions), ce qui devait faciliter le dépouillement. Mais l’épreuse de 3 heures a duré dix minutes, les serveurs aynt été saturés.
    Evidemment les carabins n’étaient pas contents et je les comprends !
    Il semblerait que l’épreuve ait été repassée sans bogues le 9 décembre.
    J’avoue que personnellement, n’étant pas médecin, je me demande comment on peut mettre sur tablette un concours de 6ème année alors que l’enseignement est alors très pratique et que le médecin , lorsqu’il voit le malade peut interpréter ce qu’il voit, poser des questions, bref compléter son diagnostic par des éléments autres que la théorie.

    J’ai autrefois suivi la préparation aux concours des grandes écoles, qui était plus difficiles qu’aujourd’hui, car il y avait moins de débouchés, mais, si ces concours étaient difficiles, ils correspondaient à ce que nous avions appris pendant les années de préparation, avec écrit collectif et oraux individuels. Certes c’était un énorme traavail et un peu de stress, et il y avait une part d’aléas, mais dans l’ensemble, les concours étaient assez justes et correspondaient assez bien aux résultats de l’année scolaire précédente.
    J’ai parmi mes correspondant(e)s quelques étudiant(e)s en médecine. Je pense que leurs études sont beaucoup plus stressantes que celles que j’ai connues en sciences, et surtout qu’elles sont beaucoup plus aléatoires et donc injustes,  Je ne suis pas sûr que ces concours récompensent en fonction de la valeur des étudiants correspondants, ni de leur motivation à soigner les gens, tant en première année qu’en sixième. Certes il faut une énorme quantité de travail, mais je me demande si les épreuves sont bien adaptées au travail futur du médecin, qui allie compétences théoriques, pratiques, savoir faire, vocation et communication humaine.

     Cette fois ci j'ai vérifié, tout l'article est paru. !!

Jeudi 3 décembre 2015 à 12:37

Enseignement, école, fac

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     Hier j’ai parlé des écoles d’ingénieurs, aujourd’hui je vais rapidement décrire les métiers d’ingénieur, qui peuvent être très variées, mais qui, au plan de la spécialité, dépendent évidemment de l’école qui vous a formé.

    Une fois les études en école terminées, vous aurez le choix entre plusieurs orientations :

D’abord le recherche, la conception, les études :


    Vous pouvez avoir des postes de recherche et développement. Dans l’industrie, ce n’est pas de la recherche fondamentale, mais de la recherche appliquée à moyen terme. Le but principal n’est pas de comprendre un phénomène scientifique (encore qu’il faille parfois le faire en partie), En général il s’agit de rassembler les connaissances dans un domaine bien précis, pour prévoir et concevoir le principe de nouveaux matériels, de nouveaux procédés. C’est un métier passionnant mais difficile , car on n’est pas sûr de mener à bien la recherche en cause. On devient peu à peu un expert dans son domaine, mais en général on ne reste pas dans ce métier plus d’une dizaine d’années sauf si on devient un expert de très haut niveau.

    Vous pouvez aussi être ingénieur d’études : vous avez alors un travail dans une équipe qui développe un matériel donné et vous êtes alors chargé d’une des parties de ce matériel, qu’elle soit physique, comme la mécanique ou l’électronique, ou immatérielle, comme un logiciel. Vous pouvez aussi être amené à faire des mesures pour suivre les résultats du développement et son niveau par rapport au cahier des charges initial.
    En général ces travaux sur un projet durent deux à quatre ans, sauf si c’est un très gros projet, et ensuite on vous affectera à un autre développement.
    Comme vous prendrez de l’expérience et acquerrez de l’expérience, vous pourrez avoir ensuite dans ce domaine un poste d’encadrement des autres ingénieurs, soit que vous soyez responsable du projet de développement ou de celui d’un de ses sous-ensembles, soit que vous deveniez le chef d’un bureau d’étude, par exemple en conception mécanique, électrique ou en BTP.

    Vous pouvez aussi être ingénieurs d’industrialisation : lorsque le développement a abouti à un prototype qui donne satisfaction, il va falloir prévoir sa fabrication en petite ou grande série. Il faut alors définir les procédés de fabrication, ceux de contrôle de qualité et faire réaliser les plans et consignes correspondantes. Là encore à terme vous pourrez diriger une équipe chargée de ce travail.

    Une sorte particulière d’ingénierie s’est développée avec les progrès de l’informatique : la simulation. C’est un métier de mathématicien, physicien et informaticien : il s’agit de simuler sur ordinateur le fonctionnement d’une machine ou d’un procédé. Cela nécessite de mettre au point un modèle mathématique et informatique, et de recaler ses paramètres sur des essais réels, afin que cette simulation soit le plus possible proche de la réalité. Ces simulations économisent de nombreuses études et essais et aident à la compréhension des phénomènes.

La deuxième grande catégorie est la production et son organisation.

    Le métier classique et essentiel est celui des ingénieurs qui organisent et gèrent la production. Ils sont responsables des activités dans les ateliers correspondants, des délais et de la qualité des produits fabriqués. Ils encadrent des techniciens et des ouvriers qui effectuent la fabrication proprement dite du matériel.
    Mais ils sont assistés par trois autres responsables ayant un métier particulier :
    - l’ingénieur « méthodes », issu en général du domaine industrialisation, qui doit choir et mettre au point les outils techniques et l’organisation du processus de fabrication;
    - l’ingénieur « qualité » qui établit et met en oeuvre les procédures de contrôles des objets fabriqués et surveille leur qualité.
    - l’ingénieur « sécurité », qui surveille les risques dans l’entreprise et notamment les ateliers, établit les consignes à respecter et en surveille l’application.
    Dans ces domaines il s’agit certes de faire un travail technique, mais aussi d’encadrer de planifier, de gérer, de réaliser et d’améliorer, bref de faire fonctionner dans de bonnes conditions la partie « réalisations » de l’entreprise.

    Troisième grand domaine : le technico-commercial, le commerce pur étant en général effectué par des spécialistes de ce domaine.

    L’ingénieur technico-commercial : il doit renseigner et convaincre le client quant aux caractéristiques techniques et à la qualité du métériel; c’est le plus souvent lui qui élabore devis et délai. Il est en général sous la direction d’un « chef de produit », qui a un secteur plus étendu et fait évoluer les offres.
    L’ingénieur de « service après vente », conseille les clients, dépanne les matériels ou les fait dépanner et forme les clients à leur emploi.
    Enfin « l’acheteur » recherche qualité, prix et délais des approvisionnements nécessaires à l’entreprise et notamment aux fabrications.

    Quatrième volet, mais que l’on n’atteint qu’avec l’expérience et l’ancienneté, les « ingénieurs manageurs » : leur rôle sera d’anticiper, diriger, coordonner, superviser et prendre les décisions sur un ou plusieurs axes (humain, financier,  commercial, juridique, technique,…).
    Aux paragraphes précédent j’ai cité le chef de projet et le chef de bureau d’études ou d’atelier, qui sont des manageurs techniques.
    En montant en responsabilité on va trouver un travail de moins en moins technique, mais de plus en plus organisationnel et d’encadrement, avec un éventail de plus en plus large : Responsable de service, directeur technique, directeur d’établissement ou chef d’entreprise et les différents adjoins qui les aident soit sur le plan opérationnel, soit sur le plan fonctionnel.
    Il arrive également dans certaines entreprises, qu’un ingénieur soit affecté à la formation ou aux relations et ressources humaines.

    Enfin, il faut citer ceux qui travaillent en dehors des entreprises mais à leur service, en analysant leur fonctionnement et en proposant des améliorations. Ce sont les « consultants ». C’est rarement le travail de jeunes ingénieurs, car il est préférable dans ce domaine, d’avoir eu au préalable, l’expérience de l’entreprise.

    Dernier point tout ingénieur, s’il veut avancer dans sa carrière doit se perfectionner, parfois changer de métier technique, et acquérir des connaissances et une expérience dans les domaines connexes, et notamment en expérience de l’encadrement.
    C’est en fonction de cette évolution et des progrès qu’il fait qu’il décidera de ses orientations successives, aidé en général par ses patrons successifs. Tout dépendra aussi de ses réussites et de ses échecs

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