Mercredi 2 décembre 2015 à 10:23

Enseignement, école, fac

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     Un jeune lycéen qui est en terminale et se pose des questions sur la suite de ses études me demande : « qu’est ce que le métier d’ingénieur; toi qui l’a été, que peux tu me dire? ».
    Je vais essayer de répondre, mais en un  article ce n’est pas simple, car cette appellation recouvre des métiers en fait très différents.


    La « commission des titres d’ingénieurs » le définit ainsi :
L’ingénieur doit résoudre des problèmes de nature technologique, liés à la conception, à la réalisation et à la mise en œuvre de produits, de systèmes ou de services, en utilisant des connaissances techniques, économiques, sociales et humaines et d’organisation.
    On voit que c’est très général et les orientations peuvent être très diverses en fonction d’une part de sa spécialité technique de la structure dans laquelle il l’exerce et de la nature prépondérante de son activité : recherche, conception et études, développement de prototypes, fabrications, organisation, domaine technico-commercial, encadrement et problèmes humains, formation, et par la suite dans sa carrière direction et management d’unités.

    Il est d’abord évident que l’on n’a pas les mêmes postes, les mêmes responsabilités et donc le même travail en début de carrière, quand on est confirmé et que l’on a une certaine expérience et enfin lorsque l’on parvient à des postes supérieurs. Mais cela dépend aussi beaucoup de l’orientation qu’on a choisie, mais heureusement on a en général l’occasion à plusieurs reprises d’en changer, notamment en changeant d’entreprise.

    La première décision à prendre après son bac, c’est ce que l’on va choisir comme spécialité. Le métier que l’on fera c’est plutôt en sortant de l’école d’ingénieur qu’il faudra le faire., et ce sera plus évolutif. Par contre on change plus difficilement de spécialité, car cela correspond à des études, des connaissances, puis une expérience du domaine technique. ALors comment choisir? D’une part en fonction de ses capacités et d’autre part de ses goûts.
    Il est certain que certaines formations sont plus théoriques et d’autres plus pragmatiques, que le niveau demandé en maths, physique ou chimie n’est pas le même selon les écoles, et que la concurrence n’est pas la même selon ce que l’on choisit.
    Une première décision est de savoir si on veut préparer le concours des « grandes écoles » ou si on ne se sent pas le niveau suffisant et si on se contente d’écoles plus modestes, mais qui néanmoins vous préparent à un excellent métier.
    Pour penser préparer les concours des meilleures écoles, il faut d’une part être d’un bon niveau en maths et physique et avoir eu une mention TB au bac (à la rigueur B, mais à condition que les notes de maths et physique soient très bonnes). Mais il faut d’utre part avoir l’habitude de beaucoup travailler et se dire que l’on va avoir trois ans de galère où l’on n’aura guère de temps en dehors du travail.
    On va alors intégrer une prépa, (ou « hypotaupe »)qui vous choisit en général sur dossier, et la le travail commences : cours, devoir en classe tous les mois, beaucoup d’exercices à la maison et des « colles « de maths et physique toutes les semaine. Le moindre relâchement et on a beaucoup de mal à rattraper. Il ne faut plus penser à Facebook, qx sorties, à discuter avec copains et copines.
    A l’issue de ces prépas les élèves sont classés en fonction des résultats : les premier continuent vers une « taupe » de meilleur niveau, avec une différenciation vers maths, physique ou chimie, plus poussée, voire informatique, et même maintenant ‘sciences de l’ingénieur »; mais le but est clair : le concours des grandes écoles où le nombre de places est limité (pour chaque école entre 1/5 et 1/10 des candidats retenus).

    Si malheureusement on n’est pas dans les premiers, rien n’est perdu. On entre alors dans une taupe un peu moins performante, mais qui prépare aux concours de nombreuses écoles un peu moins prestigieuse, mais qui forment d’excellents ingénieurs et préparent à des métiers tout aussi intéressants. Donc pas de découragement, mais on continue le travail

    Il y a aujourd’hui une autre catégorie d’écoles d’ingénieurs où on n’entre pas par concours mais sur dossier et où on peut poursuivre ses études à condition bien sûr de bien travailler. Certaines sont tout à fait prestigieuses et excellentes, comme l’INSA par exemple. Ces écoles recrutent sur dossier les bacheliers et les garde 5 ans au moins : les deux premières années sont l’équivalent de la prépa hypotaupe et taupe, et si les résultats sont bons, l’élève continue pendant 3 ans, sa formation d’ingénieur. Ces écoles ont souvent plusieurs spécialités : électronique, informatique, optique, mécanique etc….`
   
    Je n’ai pas parlé des spécialités car elles sont très nombreuses : plusieurs centaines, que l’on peut toutefois regrouper en une vingtaine de grands domaines dont voici les principaux (par ordre alphabétique et non exhaustif) : aéronautique, automobile, agriculture, agroalimentaire, BTP, génie civil, biologie, chimie, procédés de synthèses, énergie, environnement, eaux, électronique, électricité, génie industriel, informatique, numérique, mathématiques, statistiques, mécanique, matériaux, physique, sciences de la terre/matières premières, transport et logistique.
    Souvent les écoles offrent plusieurs types d’enseignements.
    Quelques écoles, comme Polytechnique, ont un enseignement scientifique très général de haut niveau et les élèves le complètent par un ou deux ans dans une école d’application plus spécialisée.

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    Si l’on veut choir la formation d’ingénieur, il faut déjà d’une part s’attendre à travailler très sérieusement et à passer deux ou trois ans un peu difficiles dans une prépa où les matières principales sont les mathématiques, la physique et la chimie, l’informatique et les statistiques. Ce n’est qu’après cette période que l’on sera vraiment en école d’ingénieur pour apprendre un métier. J’en parlerai demain.

    Bien entendu à coté des écoles d’ingénieurs, il y a les enseignements à la fac, mais dans le domaine scientifique, cette voie est plutôt destinée à des chercheurs et convient moins aux entreprises, bien que des personnes qui ont pris cette voie ait eu de brillantes carrières industrielles.

Jeudi 26 novembre 2015 à 9:10

Enseignement, école, fac

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    Parmi les parents que je connais, beaucoup pensent que pour apprendre il faut que leurs enfants aient l’impression de jouer.
    Et l’Education Nationale elle même met en avant cet apprentissage ludique
    Cela me rend perplexe.

    Que pour apprendre il faille s’intéresser à ce qu’on fait, qu’on ait besoin de vouloir réussir son apprentissage, tout à fait d’accord, c’est indispensable.
    Or les médias et de nombreux documents de l’Education Nationale, constatnet que les élèves s’ennuient en classe, qu’ils ne s’intéressent pas aux cours, notamment en français et en maths, et qu’ils ne lisent que contraints et forcés.
    Alors on croit qu’en les amusants cela ira mieux ! ??

    Pour que les bébés apprennent à connaître l’environnement, on leur donnent des objets à manipuler, qiui pour les plus grands apparaissent comme des jouets.
    Mais pour le bébé cela n’est pas un jeu mais un véritable travail fatiguant, car c’est l’objets de maints essais répétitifs.
    Seulement le bébé est motivé : il veut arriver à saisir des objets, à explorer son environnement en marchant, puis à communiquer en parlant…. et cela mérite des sacrifices.
    Le bébé est naturellement motivé pour son apprentissage.
    Alors pourquoi les élèves du primaire, du collège, voire plus tard, ne le sont plus.?

    Quand j’étais enfant pour mes camarades et moi, pas de problème. On aimait certes jouer. Mais nos parents nous avaient appris qu’il y avait des règles, qu’il fallait s’imposer une certaine discipline, qu’il fallait les aider dans certaines tâches domestiques, que l’on ne s’amusait qu’une fois le travail d’école terminé, et que notre réussite et notre apprentissage en classe, quelque soit le niveau, conditionnait notre vie future, nos métiers possibles, notre avenir. Evidemment c’était plus facile pour nous, il y avait moins de distractions telles que télévision, ordinateurs ou téléphone, qui n’existaient pas.
    Mais on jouait et on faisait du sport avec joie.
    Je crois aussi que les cours étaient mieux faits. On faisait beaucoup d’exercices, des exercices pratiques dont on voyait l’utilité possible. Les maths étaient utilisés en physique, et il y avait des travaux pratiques de physico-chimie, très pragmatiques.
    Les cours d’histoire étaient passionnants comme des romans d’aventures et la géographine nous apprenait la France et le monde et donnait envie de voyager.
    On avait compris que les cours de français d’une part nous apprenaient à nous exprimer dans la vie, à résumer et faire part de nos idées, et d’autre part on voyait des extraits de nombreux auteurs, et les professeurs essayaient de mettre en valeur la diversité des idées et des  opinions et des expressions.

    Il faut se référer aux mécanismes du cerveau : apprendre, c’est l’apprentissage aussi pour les plus grands, mais ce n’est plus celui de gestes, c’est un apprentissage intellectuel. Il passe par l’intérêt pour ce que l’on apprend, la motivation, l’attention, la concentration, l’apprentissage de la mémoire et son utilisation permanente et aussi réflexion.
    Il n’y a pas d’apprentissage sans répétition, sans exercices pratiques d’application des connaissances acquises. et les résultats ne sont pas immédiats. Il n’y a pas d’apprentissage sans effort. L’école n’est pas un lieu de distraction.
   
    Je pense que les parents ont une grande part de responsabilité dans cet état de choses : ils ont tendance à ne plus éduquer leur enfant, à se débarrasser de lui devant la télé la console de jeu et l’ordinateur, à ne plus mettre en place une vrai vie de famille, à ne plus lui inculquer des valeurs de travail et d’effort, à tolérer un manque de travail scolaire au profit d’internet et du téléphone portable, à ne plus chercher à faire lire leurs enfants et à leur donner un minimum de culture.
    Les parents comptent maintenant sur les crèches et les maternelles pour éduquer leur enfant.  Quant aux professeurs, on leur a retiré toute formation pédagogique et en cas de conflit, ils ne sont plus soutenus par les parents. Alors il ne faut pas s’étonner si certains ne savent pas intéresser leurs élèves. Par ailleurs les exercices d’application, les travaux pratiques ont été supprimés au profit de nombreuses options, qui souvent ne font pas partie de la culture générale censée être acquise au collège et au lycée.

    La mixité sociale est une situation souhaitable, mais la mixité des niveaux ne l’est pas. Autrefois les professeurs donnaient aux plus doués des exercices supplémentaires pour qu’ils ne s’ennuient pas s’ils avaient terminé leur travail plus vite que les autres? Ils leur demandaient d’aider ceux de leurs camarades qui avaient du mal à suivre et ils supervisaient cette action. Aujourd’hui, les moins doués sont en échec scolaire et les plus doués s’ennuient et finissent pas ne plus travailler, et par subir eux aussi des échecs.
    On favorise les petits groupes de parole, les apprentissages ludiques, mais il n’y a plus ni formation pratique, ni apprentissage de la mémoire. On n’apprend plus à faire effort : c’est trop fatigant !!!  Il est plus agréable d’être sur les réseaux sociaux, d’écrire des SMS, voire de fumer du cannabis.

    Et l’ennui n’est pas une tare, si on a appris à l’enfant à être créatif, à se trouver des occupations utiles pour ne pas s’ennuyer. J’ai eu la chance que mes parents m’aient appris cela, que mes professeurs m’aient toujours trouvé du travail intéressant à faire, fusse t’il en supplément. Malheureusement aujourd’hui, alors que les moyens multimédia donnent des possibilités immenses et que le niveau moyen des élèves aurait dû progresser, il est triste de constater qu’il est plutôt en baisse, par manque d’expérience et de méthodes des parents et des enseignants.
    Et pourtant l’instruction est ce qui nous rends intelligents et nous prépare à notre vie future.

    J'ai heureusement rencontré parmi mes correspondant(e)s des jeunes travailleurs et attentifs, qui ont brillamment réussi. Mais je constate qu'au départ leurs parents leur avait donné une bonne éducation, et qu'ils ont suivi des cours dans des collèges et lycées performants où l'on faisait travailler les élèves. Il n'y a pas de miracles !!!

Jeudi 25 juin 2015 à 7:43

Enseignement, école, fac

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Dernier sujet intéressant de philo pour la série technologique : « La culture fait-elle l’homme? »

    Au départ ce sujet m’embarrasse : qu’est ce que la culture (pas agricole bien sûr, car celle ci fait bien le paysan !) ?
    Ma petite amie La Rousse donne deux orientations, personnelles et collective :
    « Enrichissement de l'esprit par des exercices intellectuels. » et
    « Connaissances dans un domaine particulier       
    « Ensemble des phénomènes matériels et idéologiques qui caractérisent un groupe ethnique ou une nation, une civilisation, par opposition à un autre groupe ou à une autre nation »  et
    « Dans un groupe social, ensemble de signes caractéristiques du comportement de quelqu'un (langage, gestes, vêtements, etc.) qui le différencient de quelqu'un appartenant à une autre couche sociale que lui »

    Une autre remarque préalable, on parle surtout de culture dans le monde littéraire ou artistique, mais on pourrait aussi parler de culture scientifique, ou en fait dans n’importe quel domaine de connaissances.
   
    Si on aborde l’aspect collectif, il est évident que la culture, l’ensemble des connaissances acquises et les actions qui en résultent, caractérise à un moment donné, une communauté, car c’est l’héritage du passé.
    Dans le domaine technique, l’acquit transforme la vie de tous les jours : électricité, informatique et multimédia, chimie, biologie et médecine, transports, industrie alimentaire… Par ailleurs, chaque langue a ses artistes, ses auteurs qu’apprécient de nombreux spectateurs et lecteurs.
    Au plan scientifique et technique, l’homme a  peu à peu, transformé sa vie au sein de la nature, (qu’il endommage malheureusement aussi), et la société, une fois qu’elle s’est habituée à ces « progrès » ne peut plus s’en passer (l’électricité par exemple).
    Dans les autres domaines, l’homme a inventé le langage, puis l’écriture, la peinture, puis l’imprimerie, la musique, le téléphone, le cinéma, la radio et la télé, le multimédia et donc ses moyens de communication se sont énormément perfectionnés. C’est évidemment la possibilité d’échanger des idées et de réfléchir à de nombreuses pensées et on a vu peu à peu apparaître artistes, écrivains, philosophes, cinéastes ….
    Bien entendu, chacun d’entre nous ne connait qu’une infime partie de ce patrimoine, mais c’est une possession commune où chacun peut aller puiser ce qui lui plaît.
    La culture, prise dans cette acception, est un moyen de vivre, un outil, un ensemble d’habitudes et de comportements qui s’impose à l’homme et qui donc le conditionne, plus qu’il ne le façonne et il ne peut s’en passer sous peine d’être marginal.

    La culture façonne l’homme également au plan individuel.
    Comme je le dis souvent, nous naissons avec un cerveau vide et la mémoire est plus de 60% de l’intelligence.
    Ce sont l’éducation, l’instruction et notre expérience de vie qui nous forment peu à peu et qui transforment les aptitudes innées qu’il y avait en nous, et sculptent progressivement notre personnalité.
    Je m’en rends compte tous les jours : je communique mieux avec des personnes qui ont les mêmes goûts que moi, ou avec des scientifiques qu’avec des littéraires, car nous avons un langage plus proche.
    Cette culture, ce sont d’abord des connaissances (la mémoire déclarative), des savoir-faire (la mémoire procédurale), de l’expérience (la mémoire épisodique), et la formation acquise par le cortex frontal, qui va gérer nos comportements et nos actes.
    Chacun aura acquis sa culture propre : les nomades que j’ai rencontré dans le Sahara n’avaient pas mes connaissances de la culture occidentale, mais ils savaient survivre dans le désert, avaient des connaissances sur son climat, sa faune, sa flore, que je n’avais pas, ils savaient peindre, tisser, faire des bijoux, faire des briques d’argile séchées au soleil, travailler le fer et le cuivre dans des fours simplistes mais efficaces alimentés par un feu de bois et d’excrément de dromadaire…. Moi, j’ignorais tout cela !

    Cela dit, d’où vient la culture ? Elle n’est pas une génération spontanée, cela n’existe pas. La culture est le fruit de l’homme.
    C’est lui qui par observation et réflexion a observé la nature, puis a créé des outils de plus en plus sophistiqués, des moyens de plus en plus importants et extraordinaires. Visitez une usine de construction d’un avion de ligne, faites vous expliquer tout ce qu’il y a dedans, vous serez étonnés et vous vous demanderez comment tout cela arrive à fonctionner sans panne.
    Dans le domaine artistique, ce sont les hommes qui, avec les yeux et leurs mains, ont inventé des couleurs et réalisé les peintures de la préhistoire à nos jours, ou ont perfectionné des instruments et composé et joué des musiques diverses, ou simplement chanté ces musiques.
    Quelque soit le domaine, c’est l’homme, aidé par des outils et éventuellement par des animaux, qui a tout créé dans la culture.
  

    En fait il faudrait être plus précis : ce sont les hommes de tous les temps, de tous les pays qui ont fait la culture, et celle ci, caractéristique d’un endroit et d’un moment, fait à son tour, l’homme qui vit à cet endroit et à cet instant.

     Cela dit je me pose aussi la question : la culture ne « défait » elle pas l’homme par moment !ou l'homme ne défait il pas la culture?).
    La culture n’a pas su empêcher les guerres, les crimes, et elle leur fournit des instruments. La culture n’a pas su vaincre la pauvreté. Elle détruit peu à peu le climat et l’environnement. Les moyens de communication, la parole l’écriture et l’image peuvent faire l’apologie de la haine et de la violence.
    La culture n’est pas unique, mais multiple.
    Les différentes cultures s’opposent souvent, car elles procurent aux groupes des avantages et des désavantages différents, et ce sont ces inégalités qui provoquent les affrontements entre groupes.
    Et malheureusement je ne crois pas, comme Rousseau, que l’homme soit bon par nature.

Mercredi 24 juin 2015 à 7:51

Enseignement, école, fac

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     Il y a huit jours j’avais lu les sujets du bac philo des séries générales et cela m’avait inspiré quelques réflexions.
    Depuis j’ai aussi eu connaissance des sujet de philo du bac technologique, non moins intéressants que les précédents, et puis il y a eu les sujets de français en première.
    Alors je recommence cet inventaire des réflexions que cela m’inspire.

Sujet de philo série technologie : « Peut-on être heureux sans être libre? »

  Si je suis libre je décide ce que je vais faire, je fais des choix;
certains vont réussir, mais d’autres connaîtront l’échec. Je regretterai de ne pas avoir fait certaines actions et j’aurai des remords d’en avoir fait d’autres, qui se sont avérées néfastes pour moi ou pour autrui.
    La liberté n’implique donc pas toujours le bonheur, car liberté implique responsabilité.
    Elle est compatible avec lui, si elle n’apporte pas tracas et souffrances physiques ou psychiques. Il est certain que nous tirons satisfaction de nos réussites et nous pouvons être heureux et être libres dans certaines circonstances.
    Liberté et bonheur ne s’excluent pas, mais ne peuvent coexister lorsque le fait de choisir librement a abouti à des erreurs et des souffrances.
  
 On pourrait croire que celui qui est riche et a un pouvoir absolu est heureux puisqu’il a une liberté presque totale, mais les faits montrent que ce n’est pas vrai, et qu’il voudrait avoir encore plus, et surtout, a peur de perdre cette toute puissante liberté.

    Peut on être heureux si on n’est pas libre ?
    
Il est certain que le jeune enfant qui ne décide rien d’important, est heureux au sein de sa famille, si celle-ci est unie et s’il a l’amour de ceux qui la composent.
    Une des clés du bonheur est de jouir de l’instant présent, des petites joies de tous les jours. Ce sont effectivement des situations dans lesquelles on est peut être libre, mais on ne se sert pas de cette liberté. On tire le bonheur de situations, de personnes, de notre environnement, sans tellement réfléchir, mais en profitant de nos émotions positives et de nos sentiments. On ne fait alors pas d’autre choix que d’être heureux …. provisoirement.
    Ce qui est également certain c’est que la privation de liberté est une souffrance, que ce soit lors de persécution d’un groupe par un autre, de l’emprisonnement - même si on l’a mérité -, de la mise sous tutelle d’un adulte, même s’il ne pourrait s’administrer seul.
    Il ne semble donc pas que l’on puisse être dans un état de satisfaction totale et durable, dans lequel nous aurions éradiqué toute souffrance, donc de bonheur, si on n’est pas libre physiquement et en pensée.
  
 La liberté de penser, à laquelle nous sommes très attachés, est effectivement une condition de notre bonheur, notamment dans le monde actuel, où l’intolérance règne dans certains pays et où des intégristes trop nombreux, de tous bords, ne tolèrent pas que l’on ne pense pas comme eux et qu’on puisse le dire (ou le dessiner).

    Faut il choisir entre bonheur et liberté ?
  
 Nous sommes donc devant un dilemme. Nous ne pouvons être heureux durablement si nous ne sommes pas libres, mais la liberté peut engendrer des situations dans lesquelles nous ne sommes pas heureux. Il semble donc y avoir en partie incompatibilité.
    Alors s’il faut choisir, selon quels critères.?
    Le bonheur est une préoccupation générale, mais personnelle, presque égoïste.
    De plus il est incertain, fluctuant, empirique, sans possibilité de l’obtenir pragmatiquement.
    Choisir d'être heureux sans être libre, c'est se satisfaire d'une situation de satisfaction immédiate, instinctive et matérielle, qui nous éloigne de tout idéalisme, voire d’altruisme, c’est renoncer à cette liberté qui nous est si chère, c’est ouvrir la porte à l’anarchie ou à la tyrannie.
    Renoncer à la liberté c’est donc choisir l’esclavage; la liberté semble avoir plus de valeur que le bonheur; alors sommes-nous condamnés à essayer d'être libres tout en renonçant à être heureux ?

    Peut être faut il que nous redéfinissions le bonheur.
  
 Evidemment ma petite amie La Rousse ne s’est pas cassé la tête : j’ai trouvé que «heureux, c’est « ressentir le bonheur » et que le bonheur c’est « l'état de la conscience pleinement satisfaite : ce qui rend heureux » !!!.
    Si nous écoutons les stoïciens et les épicuriens antiques, c'est un état de bien-être que nous ressentons, et si nous n'avons pas ce bien être, il n'y a pas de bonheur et donc le bonheur c'est d'abord l'absence de peine. Ils parlent de "l'ataraxie", qui est "l'absence de troubles"; l'état mental, l'éthique, la paix intérieure, où l'on n'est plus atteint par ce qui se passe autour de nous, où toutes les préoccupations nous semblent étrangères et dérisoires. Pour eux, bonheur, sagesse, vertu et liberté ne font qu’un.
    Ne peut être heureux, que « celui qui s'est libéré de ses désirs en apprenant à les contrôler et à les trier, par une connaissance rationnelle du monde et de la nature des choses »
    Bien sûr c'est de la philo et un peu utopique, mais il faut cependant d'abord chasser la tristesse et le stress pour être heureux
    En pratique il faut d’abord voir le passé autrement : ceux qui n'ont que remords (de ce qu'ils ont fait) et regrets (de ce qu'ils n'ont pas su/pu faire) ne peuvent être heureux. Il faut se dire que l’on ne peut plus rien changer du passé et qu’il faut donc voir le présent et l’avenir.
    Goûter les joies du présent demande de regarder dans la bonne direction.
        Certaines personnes ont tout pour être heureuses, mais elles ne regardent pas ce qu'elles ont, notamment les petites joies de la vie de tous les jours. Soit elles passent leur temps à regarder ce qu'a le voisin et qu'elles n'ont pas, soit elles attendent des grandes satisfactions, l'accomplissement de leurs rêves les plus fous, de choses extraordinaires.     Certes cela arrive parfois, mais l'idéal est rarement atteint et le bonheur du présent est fait d'une multitude de petites joies quotidiennes.
    Certaines personnes ne sont jamais satisfaites et se fixent des objectifs difficiles, et, dès qu'ils sont atteints, ne profitent pas de ce succès, s'en détournent pour vouloir atteindre dans l'avenir un objectif encore plus ambitieux. Elles sont alors tout le temps dans l'avenir, à courir après un nouveau souhait et sont donc éternellement insatisfaites.
         Certaines également n'ont pas confiance en elles et en leur avenir, et doutent en permanence d'avoir fait le bon choix, remettant sans cesse en cause leurs décisions, se condamnant ainsi comme les précédentes à une éternelle attente du bonheur.

    Dans la pratique, certes pour être heureux il faut être libre, mais l’exercice de la liberté, cela s’apprend. Si l’on sait modérer ses désirs, ne pas en faire des pulsions, mais les rationaliser, si l’on apprend à faire raisonnablement des choix, en prévoyant leurs conséquences et en évitant ceux trop risqués, si l’on sait rester optimiste, alors on peut réconcilier liberté et bonheur

Mardi 23 juin 2015 à 7:55

Enseignement, école, fac

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       Du bac ES, je ne parlerai que d’un sujet, celui sur l’art étant trop proche du sujet analogue de la série S :
    «
 La conscience de l’individu n’est-elle que le reflet de la société à laquelle il appartient? »

    Cela m’agace toujours quand on perle en philosophie de la « conscience », car les philosophe la limitent à la conscience morale, alors que les psychologues pensent à la « conscience de soi » et les biologistes à « être conscient ».
    Il faudrait être clairs !!

    Parlons d’abord de la conscience de soi, qui est la conséquence de se trouver dans un état conscient pour les biologistes. Dans cet état c’est le cortex frontal qui est le chef d’orchestre du cerveau, alors que dans le sommeil ou dans le coma, il ne fonctionne plus qu’au ralenti.
    La conscience du neurobiologiste est voisine de celle du psychologue : c’est la conscience d’être un être humain particulier, la conscience d’être soi même. C’est la conscience de ce qu’il est, mais aussi de son propre corps et du monde extérieur qui l’entoure, des autres êtres et des sensations que lui donne cet environnement.
    Mais même si les sensations sont en partie extérieure la conscience de soi est avant tout intime à l’individu, et elle n’est pas le reflet de la société et de ses archétypes.
    Effectivement au delà de cette conscience de notre « moi », de son existence, nous vivons en permanence et, dès que nous sommes conscients, nous percevons l’environnement, nous gardons une partie de ces perceptions en les mélangeant à nos sentiments propres dans notre mémoire épisodique, qui stocke tous nos souvenirs.
    Certes cette conscience nous est propre, mais effectivement elle est l’image de notre environnement physique et humain. Une partie est donc une image visuelle de notre société, mais cela reste une image mentale, une sorte de film.
    Evidemment ces perceptions ont une influence sur notre comportement, mais là encore il s’agit de décisions individuelles.
    Une autre conscience intime est celle de nos émotions et sentiments. Elle est le plus souvent liée à d’autres personnes de notre environnement, mais ce n’est pas pour autant un reflet de notre société, même si ses coutume nous dictent certaines attitudes.
    Dans l’amitié, l’amour, la haine, la compassion, il y a une grande partie de ressenti personnel, qui peut être influencé consciemment ou inconsciemment par des règles et coutumes sociétales, mais qui à une origine personnelle dans notre cerveau.
   
    Abordons ce que les philosophes appellent la « conscience morale » (et ils oublient en général volontairement l’adjectif).
    C’est alors l’ensemble des règles que nous acceptons, qui devraient nous permettre de vivre en société, mais qui ont aussi un caractère idéaliste ou religieux.
    La conscience, ce sera aussi le « gardien » qui dans notre cerveau, nous intimera d’agir selon ces règles et qui nous fera des reproches si nous ne l’avons pas fait (avoir mauvaise conscience !).
    Ces règles ne sont pas innées, mais acquises. Peut être en découvririons nous mêmes certaines d’entre elles, sans qu’on nous les ait apprises ( ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse, par exemple), mais il faut bien le reconnaître, la presque totalité provient de notre éducation dans notre famille, de notre instruction par des tiers, de la volonté de s’intégrer dans un groupe et de pratiquer ses règles, d’appartenance à un idéal, à une religion, on pourrait dire à une morale.
    Donc dans cette acception, la conscience est bien essentiellement le reflet de la société qui nous entoure, et à laquelle nous pensons appartenir.

    Cela dit les règles en cause sont très nombreuses, la société est souvent multiple, elles évoluent dans le temps, les us et coutumes changent, et la conscience de jeunes et celle d’un vieillard comme moi, sont sûrement différentes, même si je me sens à l’aise dans le monde actuel.
    Alors notre conscience reflète peut être la société dans laquelle nous sommes, mais avec des écarts dus à l’évolution des moeurs, et aussi des choix personnels entre les multiples possibilités.
    C’est ce qu’avait remarqué Freud, quand il parlait du « surmoi », ensemble des règles que nous avons admises et acceptées comme étant nôtres et dont j’ai déjà parlé dans ce blog.
    Nous gardons donc une part de liberté importante et cela d’autant plus que nous avons de volonté et que nous sommes relativement indépendants d’esprit et peu influençables. La société a sûrement une grande influence sur nous, mais rien ne nous oblige à nous comporter comme des moutons.
    Il est d’ailleurs regrettable que l’enseignement secondaire actuel en français ne fasse plus comme autrefois, référence à de très nombreux auteurs de la littérature, avec la lecture de morceaux choisis de leurs œuvres, car c’était prendre contact avec des opinions très diverses, développer l’esprit critique et le bon sens, et permettre de faire un tri dans les apports multiples et aveugles que nous fait la société.
    J’ai personnellement l’impression que, si j’ai respecté bon nombre de règles de vie que mes parents m’avaient apprises, je me suis aussi fait sur certaines, mon idée propre et que j’ai en grande partie choisi celles que j’allais appliquer, et comment le faire.

Dimanche 21 juin 2015 à 7:42

Enseignement, école, fac

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                                                   Photo ci dessus : voir in fine le léopard casqué.

Je poursuis ma revue des sujets de philo du bac L 2015 :
Respecter tout être vivant, est-ce un devoir moral ?

    Bien difficile d’aborder ce sujet aujourd’hui, où on ne sait s’il faut s’indigner des exactions de Daesh, s’il faut se préoccuper des modes végétariennes qui, ne sachant pas trouver de justification, trouvent qu’il ne faut pas manger d’animal, ou se lamenter du manque de bon sens de ceux qui voudraient interdire l’expérimentation animale, sans se rendre compte qu’elle sauve des millions d’êtres humains.
    il y a aussi des abus dans le sens inverse tels que la théorie de l’animal- machine, parce qu’il « n’a pas d’âme », quoiqu’en dise Descartes.
    D’ailleurs qu’est ce qu’un être vivant ? : une plante est vivante ! Ma petite amie La Rousse ne se mouille pas et reste dans le vague, et dit que ce sont des: « Êtres organisés (animaux, végétaux, unicellulaires) présentant ou ayant présenté les caractères de la vie et susceptibles d'être classés en espèces et en groupes. ». Mon petit ami Robert dit que ce sont des êtres « qui, de la naissance à la mort, accomplissent des fonctions communes ».
    Déjà au niveau des êtres humain se pose la question de l’avortement : l’embryon de quelques semaines et incapable de vie, est il un être humain, alors qu’il ressemble encore surtout à un amas de cellules. Alors pour tout « être vivant », comment le définir?
    Et puis « respecter », est un mot bien vague; là encore le dictionnaire nous donne deux aspects très différents : « Traiter quelqu'un avec respect, déférence, avoir de la considération pour ses opinions » et « Ne pas porter atteinte à quelque chose ».
« Respecter la vie » serait plus précis, mais est ce que cela suffit ?

    De tous temps l’homme s’est montré cruel envers ses semblables, sans doute en raison d’une lutte pour l’existence. Sans doute plus forte jadis, cette cruauté s’est perpétrée au cours des siècles, avec toutes les guerres, mais aussi les persécutions, avec comme enjeu le pouvoir d’une communauté sur une autre, et des prétextes comme la religion ou les territoires.
    Dans le monde occidental, on peut toutefois constater que la vie semble avoir un peu plus de prix et que les pouvoirs publics comme la médecine essaient d’épargner la vie humaine. Mais on déchante vite quand on voit par exemple les massacres en Afrique ou au moyen Orient, la pauvreté qui règne dans le monde et le peu de réactions de certaines grandes puissances devant le changement climatique; qui, dès maintenant, déplace des millions de personnes dans les pays arides.
    On peut cependant préciser qu’il y a quand même un certains consensus dans les pays civilisés à « épargner la souffrance » d’êtres humains, quelles qu’en soient les causes. Peut être pouvons nous assimiler cela à un « respect de l’être ».
    Par ailleurs je me demande s’il s’agit d’un devoir moral, d’une éthique, d’un point de vue idéologique ou d’une simple nécessité?
    Et si on pose la question, « quels sont les droits du vivant ?», je ne sais plus répondre tellement c’est vague et vaste !

    Certains vous diront que l’homme est une exception car il a une âme », d’autres que nous sommes tous des animaux
    J’admets qu’il y a un certain consensus à épargner la vie et la souffrance des êtres humains, sans doute parce que chacun est conscient que cela s’applique à nous même, et que nous pourrions être dans une situation critique (d’ailleurs nous mourrons tous un jour et beaucoup craignent ce jour).
    Mais faut il étendre cette volonté à tout être vivant. ?
    Il est certain qu’il y a des abus. Je me souviens étant petit, avoir été horrifié lorsque les paysans du sud-ouest tuaient leurs porcs, car ils les saignaient vivants et on entendait ces pauvres bêtes hurler pendant dix minutes en se vidant de leur sang et en mourant peu à peu. (cela dit, j’ai entendu depuis, de la musique « métal » qui faisait le même bruit !).
    Mais doit on s’interdire de tuer des animaux si cela paraît utile et nécessaire.? Mais cela ne veut pas dire qu’il faille les faire souffrir.
    Que faire vis à vis des animaux nuisibles? Ou s’arrêter aux animaux de compagnie, aux animaux domestiques, aux mammifères, que dire des reptiles et des insectes.
Les plantes sont aussi vivantes, et même les bactéries !
    Tuera t’on les insectes et les plantes parce qu’elles ne crient pas si on leur fait mal.? Traiter ainsi tous de la même façon, n’est pas dans un certain sens, nier la spécificité de l’homme.?
    Il est probable que si l’ensemble de la planète devenait végétarienne, l’homme connaîtrait sans doute une dégénérescence de son cerveau, par manque de protéines.
    Que si on ne tuait plus des plantes, l’humanité n’aurait plus rien à manger.
    Que sans l’expérimentation animale, il n’y aurait ni vaccins, ni antibiotiques, et qu’elle sauve des millions d’humains tous les ans, et grâce à elle la longévité de l’homme a doublé..
    Et que faire contre la prolifération anarchique d’espèces et de parasites ?

    Je crois personnellement que l’on se trompe de question. Je ne pense pas qu’il faille se poser la question des « droits de l’être vivant », mais des « devoirs de l’homme  vis à vis des autres êtres vivants », et cela avec réalisme et bon sens.
    L’homme ne peut vivre qu’en se servant de son environnement, et pour cela il est obligé d’en consommer une partie, dont il ne peut respecter la vie.
    Qu’il consomme des animaux, qu’il tue des parasites, qu’il utilise des animaux à des fins de recherches, parait nécessaire.
    Si déjà on arrivait à obtenir que l’homme respecte la vie et la souffrance des autres hommes, ce serait déjà un progrès immense.
    Il est paradoxal qu’on se préoccupe à ce point de la vie des animaux et qu’on reste indifférent devant les populations d’Afrique ou les migrants en Italie.   
    Par contre faire souffrir les autres êtres, animaux notamment, n’apporte rien, et cela nous rappelle nos souffrances, même si nous ne savons pas ce que ressent un insecte par exemple. Pour un mammifère dont le système nerveux se rapproche du nôtre, la souffrance doit être voisine.
    Pour moi, donc, le devoir de l’homme vis à vis de l’animal est de ne pas le faire souffrir, de la soigner s’il souffre et d’abréger ses souffrances. Les laboratoires sérieux, et les abattoirs décents, font attention à limiter au maximum la souffrance de leurs victimes.
    Par ailleurs notre attention ne doit pas se porter que sur le vivant. Nous avons sans doute aussi un devoir de conservation de notre planète, ne serait ce que pour les générations futures, alors quelle est menacée par notre activité industrielle ou agricole, et que même en tant que particulier, nous ne prenons pas assez de soin à ne pas la polluer.

    Mais tout cela ne m’empêche pas d’aimer des chiens, des chats, des chevaux et même, ma souris d’ordinateur.
   

Et puis voici un exemple de « respect » vis à vis d’un animal LOL : quand on chasse le « léopard casqué », animal très poli, on a un fusil, mais le chasseur commence par enlever son chapeau, s’incliner devant lui et lui dire « bonjour monsieur le Léopard ». Alors le léopard casqué enlève son casque pour vous saluer à son tour, et on peut lui loger une balle dans la tête.


Samedi 20 juin 2015 à 7:39

Enseignement, école, fac

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Je continue avec les sujets de philo de L : Suis-je ce que mon passé a fait de moi ?

    J’aurais beaucoup aimé ce sujet si j’avais passé mon bac et évidemment il me plaît puisque je m’intéresse au cerveau et à l’éducation et la formation des enfants.

    Que dois-je à « mon » passé ? Et d’abord avant même ma naissance.
    Il y a d’abord mon ADN. Il résulte de l’assemblage d’une partie de celui de mes parents et il me confère, avant même que je ne sois vraiment en vie, des caractéristiques physiques, physiologiques et biologiques qui me caractérisent et qui resteront toute ma vie, et auront une grande influence sur elle.
    Il y a même l’ADN silencieux, qui peut contenir des maladies potentielles -telle la schizophrénie ou certaines maladies immunologiques par exemple, - et qui ne se déclencheront que si l’environnement est tel que le gène correspondant s’exprime à un moment donné.
    Puis il y a la formation de mon cerveau à l’état embryonnaire, dans laquelle la dernière jonction entre dendrites et axones est aléatoire et il en résulte des préférences cérébrales différentes selon les individus, potentialités et capacités à réagir différemment. J’en ai parlé souvent sur ce blog : chacun de nous est plus ou moins introverti ou extraverti, a plus de facilités à percevoir en détail ou globalement, à raisonner logiquement ou selon ses valeurs, à être plus ou moins sensible, plus ou moins influençable, optimiste ou pessimiste, tolérant ou intolérant, à privilégier prise d’information ou décision ….
    Ces préférences vont avoir une forte influence sur le comportement de chacun d’entre nous, mais nous ne sommes pas « programmés » pour autant, car l’éducation et l’instruction peuvent faire évoluer ces tendances naturelles de notre psychisme.
   Pour être complet, il faudrait même signaler l'héritage sociétal d'appartenance à une civilisation, en partie dans notre ADN, en partie par les archétypes acquis lors de notre éducation première, décrits par C Jung.

    Je parle également souvent dans ce blog de l’éducation des enfants, et notamment de l’énorme importance de l’éducation du très jeune enfant.
    Quand nous naissons notre cerveau est juste capable de nous maintenir en vie, et il est presque « vide », et ce sont les expériences que nous allons faire étant bébé, puis l’éducation de nos parents ou éducateurs, qui vont peu à peu, grâce à nos centres d’apprentissage, nous apporter des automatismes, des habitudes, une expérience et donner des éléments à nos mémoires procédurales, épisodique et déclarative.
    Et la mémoire, c’est au moins 60% de l’intelligence. De plus, c’est par elle que je suis, que je sais, que j’interprète ce que je vois, c’est donc par elle que j’ai conscience d’être unique et de mon « moi ». C’est par elle que l’enfant découvre peu à peu qui il est, qu’il existe.
    Cette éducation précoce va notamment nous apporter des règles de vie des habitudes, une façon de penser et de réagir, et peu à peu des règles de comportement, notamment morales.
    Au fur et à mesure que l’enfant grandit, il va acquérir des souvenirs, de l’expérience, Son identité se constitue, prend plus d’autonomie à l’adolescence, les événements de sa vie constituent « son » histoire et influencent son comportement et sa personnalité, donc ce qu’il devient.
   
    Dans notre monde moderne, tout enfant va à l’école et sa formation va durer le plus souvent jusqu’à l’âge adulte, le préparant d’ailleurs à un métier et à pouvoir gagner sa vie, indépendamment de ses parents.
    Cette instruction va là aussi apporter beaucoup à sa mémoire, mais former aussi son cerveau à réagir à son environnement : le français, la philosophie, les langues, l’histoire vont le confronter aux idées des autres hommes, les sciences lui donner un comportement rationnel et logique, inductif et déductif.
    Donc le passé de notre parcours scolaire, non seulement apporte des connaissances qui serviront ensuite, mais va fortement influencer notre comportement futur et donc notre mode de vie. Il transformera notre personnalité.

    L’influence du passé est donc énorme, car elle forge notre être, notre personnalité, nos aptitudes et notre comportement futur. Mais ce n’est pas pour autant une programmation inexorable qui nous ôterait toute liberté.
    Certes ce passé et la mémoire que nous en avons peut être un obstacle à certaines évolutions, nous donner plus de chances dans certaines voies et options, mais nous restons maîtres de nos décisions, dans la mesure où peu à peu, en devenant adultes, nous nous émancipons de nos parents et de nos professeurs.
    Nous ne pouvons faire table rase du passé, mais nous restons libres de nos orientations et de nos choix, en risquant toutefois l’erreur si nous nous éloignons trop de ce passé. Cela suppose que l’on ne pense pas toujours au passé, mais que l’on tire joies du présent et que l’on construise l’avenir. Nietzsche disait qu’il faut oublier en partie pour être heureux et libre.

    Reste l’éternel problème du conscient et de l’inconscient, miné par les théories de Freud, qui pensait que la plupart de nos problèmes venait des traumatismes de l’enfance, ce qui est en partie contesté par la neurobiologie moderne.
    Certes une partie de nos décisions proviennent de mécanismes inconscients, et des événements passés notamment traumatiques peuvent influer sur elles; le passé a en général beaucoup plus d’influence sur le pessimiste qui a de nombreux remords et regrets, mais si je m’implique suffisamment, si j’ai la volonté et la motivation, je peux analyser les situations rationnellement et rester maître de mes décisions.
    Le problème est de ne pas laisser le passé agir comme un frein et de se tourner résolument vers l’avenir. Il faut que j’aie la volonté d’avancer et de devenir ce que je voudrais être.
    Notre identité n’est jamais figée et elle évolue constamment au fil des événements présents. Certes le passé lui impose des contraintes, des voies plus faciles que d’autres, mais il nous reste suffisamment de liberté pour que nous puissions avoir une grande influence sur notre devenir, certes plus sur les faits, sur les événements de notre vie, que sur notre moi, car l’évolution de celui ci ne peut être que lente.
    Mais je peux vous assurer que le « moi » que je suis à 83 ans, n’est pas le même que ce que j’étais à 20 ans; certes car il y a eu 63 ans de vie entre les deux, d’histoire et de souvenirs, mais aussi parce que ces événements ont fait évoluer tout mon être, y compris ma personnalité, pas toujours, mais dans bien des cas, comme je l’ai voulu.
    Mais j’ai sans doute eu plus de facilités, car au départ mes préférences cérébrales m’incitaient plutôt à être optimiste et à me tourner vers l’avenir avec confiance.
    D’ailleurs, dans tous les domaines, on peut subir l’histoire, ou essayer de l’écrire.

Vendredi 19 juin 2015 à 8:17

Enseignement, école, fac

Suite de mes réflexions sur les sujets du bac :

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Sujet de S en philo : "La politique échappe-t-elle à l’exigence de vérité ?"


    Ce sujet ne me déplaît pas, mais je ne l’aurais pas pris le jour du bac. Trop dangereux de parler politique ou religion. On ne connaît pas les convictions du correcteur !!

    Ce qui m’embarrasse aussi dans un tel sujet c’est d’une part que la vérité est une chose assez ambigüe dont la signification n’est pas la même suivant qu’on lui donne un sens matériel ou moral, et que que la réflexion n’est pas la même selon qu’on parle de "la Politique", en tant que notion et un aspect « telle qu’elle devrait être » et "le politique", tel qu’il est.

    La Politique, que ce soit dans un Etat ou dans une entreprise, c’est avant tout établir un ordre, des règles pour atteindre des buts et mener les intérêts communs à un certain nombre de personnes, mais c’est aussi l’action à mener pour atteindre des objectifs et des ordres à donner pour mener les opérations correspondantes.
    Evidemment si l’on considère que c’est avant tout l’art de gouverner les hommes, il semble évident à première vue qu’il faut les rallier à soi, que la confiance doit régner, et que donc la vérité ne doit pas être transgressée, sans risquer de perdre cette confiance.
    Mais nous avons aussi en mémoire l’adage « toute vérité n’est pas bonne à dire » !!
    En société comme en entreprise, l’un des buts de la politique est de préserver dans cette communauté, l’ordre, la stabilité, et si possible une certaine justice, et d’arriver à certains résultats.
Mais la recherche de cette stabilité, de l’atteinte de ces résultats n’implique t’elle pas, que l’on ne peut pas tout dire, que beaucoup de choses sont incertaines et que leur divulgation peut prêter à confusion, à mauvaise interprétation. N’y a t’il pas des « secrets d’Etat » qui seraient nécessaires dans certains domaine, comme la diplomatie, la sécurité intérieure, la défense nationale …?
    De plus pour arriver à des résultats, il faut agir, faire des plans, donner des ordres, mesurer leur action et modifier l’action si l’on s’éloigne du but projeté.
    Peut on vraiment divulguer tous les plans, d’une part dans un milieu concurrentiel, et d’autre part à des personnes qui n’ont pas les éléments de leur élaboration, ni souvent les connaissances nécessaires?
    Y a t’il une vérité dans les ordres ? Il faut expliquer à ceux à qui on les donne pourquoi on le fait, quels sont les objectifs. Mai en soi, l’ordre n’est pas vrai ou faux; il est le résultat d’une réflexion, d’une étude en fonction des éléments qu’on avait sur le sujet, à un moment donné.
    Là ou l’exigence de la vérité - je l’appellerai plutôt la « transparence » ou l’exactitude -, est plus grande, c’est lorsqu’on évalue les résultats de l’action et de la politique qu’on a menées. On devrait alors exprimer des faits, des chiffres, des résultats tangibles, par rapport aux objectifs, et cela avec indépendance et honnêteté, et il faut bien constater qu’on a trop souvent tendance à valoriser et embellir ces constatations, bien au delà de la vérité.

    Mais à coté de ces considérations générales et des décisions et actions qu’implique la politique, il y a les informations les justification qu’en donnent les responsables, c’est à dire les hommes politiques et notamment les promesses et programmes qu’ils développent pour être élus.
    C’est évidemment plus cela que voit celui qui n’est pas directement impliqué, surtout de nos jours où l’influence des médias est exacerbée.
    Les hommes politiques n'ont-ils pas un devoir d'honnêteté à l'égard de leurs concitoyens qui les ont élus et qu'ils ne font que représenter?
    Et même si les hommes politiques peuvent bénéficier de certaines exception au devoir de vérité, les citoyens se doivent eux de garder un droit de regard sur leurs actions et un droit de critique des actions qu’il juge mauvaises.
    La démocratie voudrait que si ces critiques deviennent majoritaires, l’action des politiques devrait être infléchie. On constate que ce n’est pas le cas le plus souvent, mais d’autre part les critiques sont faciles et souvent ne tiennent pas compte de la situation réelle, le citoyen n’ayant pas les éléments suffisants de décision.
    Le vrai problème est de savoir si ce que le « peuple voudrait » est possible et réalisable, comment et à quel prix ! Nous avons tous des aspirations, mais on n’a malheureusement souvent pas les moyens de les réaliser.
    Il est facile en sciences de prendre des décisions, parce que les conséquences sont en grande partie prévisibles et calculables, mais en politique, surtout dans la mondialisation actuelle, où les niveau et les intérêts des nations sont contradictoires, les lois théoriques n’existent pas, et il n’y a souvent aucun certitude quant aux résultats futurs et aux voies qui y conduisent. Alors comme peut il y avoir une vérité dans l’incertitude?

    Un troisième aspect m’interpelle aussi : au nom de quoi doit on « exiger » cette vérité. Ce mot d’exigence me parait très fort, impliquer une raison suprême; alors laquelle : la morale, l’éthique, le civisme ou simplement le bien être, l’accessibilité aux résultats…
    Un principe du gouvernement de l’Etat est que « le droit est juste » et nul ne peut échapper et ignorer la loi. N’y a t’il pas en pratique une certaine illusion? On ne peut prévoir tous les cas de figure.
    C’est probablement là la vraie discussion philosophique.
    Personnellement je pense qu’il existe des instances de contrôle, mais qu’on ne valorise pas assez leur action, alors que je me souviens avoir lu dans « l’Esprit des lois » de Montesquieu, que « quiconque est doté d’un pouvoir a tendance à en abuser ».
    Alors pour moi, oui il serait souhaitable que l’homme politique soit soumis à une exigence de vérité, au moins dans la vérité des faits et des résultats, à l’absence de langue de bois, mais en ce qui concerne la Politique (avec un grand P, en tant qu’institution), on peut se demander si cela est possible dans la réalité des situations.

Jeudi 18 juin 2015 à 7:18

Enseignement, école, fac

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Tous les ans, au moment des épreuves du bac, j’ai l’habitude de donner un avis sur les sujets de français et de philo, et sur les réflexions qu’ils m’inspirent.
    Ce n’est absolument pas un « corrigé » des épreuves, je ne suis ni professeur et j’ai une culture plutôt scientifique, même si certains aspects de la philosophie et de la psychologie m’intéressent. C’est juste par curiosité intellectuelle que je le fais, et aussi parce que cela entraîne quelque mails de la part de candidats, qui me posent des questions ou ne sont pas d’accord sur mon approche.

    Sujet de S en philo : "Une œuvre d’art a-t-elle toujours un sens ?"

    J’avoue que cela ne m’inspire pas beaucoup. J’ai dans ma famille des musiciens qui jouent d’un instrument, des dessinateurs et des peintres, un  architecte; sont ils des artistes pour autant ? J’aime la musique, j’ai visité les grands musées de peinture et sculpture dans le monde, mais je ne suis pas un artiste. Alors il me manque une certaine sensibilité de « participant » pour parler de ce sujet : ce n’est pas moi qui crée et donc je le ressens en « spectateur ». Cela dit c’est vrai aussi pour la plupart des candidats au bac.

    Je crois justement que je voudrais au départ bien distinguer l’artiste de celui qui regarde l’oeuvre.
    L’artiste crée. Certes il part de matériaux qu’il a en mémoire et qu’il va assembler, mais selon son « libre arbitre », comme dirait Kant. Il a une inspiration avec une certaine originalité. Cela dit, un excellent dessinateur et peintre, qui fait des copies d’œuvres d’art ou les rénove, est il un artiste? Un musicien soliste de grand talent en est il un, s’il n’est pas compositeur ? L’artiste qui, au théâtre ou au cinéma, incarne un  personnage mais dans un rôle écrit par un autre, n’est il pas un artiste ? Je ne pense pas qu’il faille être forcément novateur pour être artiste, mais il faut réaliser un œuvre, le faire avec sa sensibilité, ses émotions et bien sûr une grande capacité technique.
    Ce que réalise l’artiste, c’est « son » œuvre, et pour lui elle a un sens, c’est une partie de lui même, des émotions, et éventuellement des souvenirs, des sentiments qui peuvent être très forts. Beaucoup des œuvres de Beethoven ont été écrites pour des femmes, et peut être n’auraient  elles pas été aussi belles s’il n’y avait pas en elles, le souvenir d’un amour.
    Conscient ou inconscient il y a un but dans l’œuvre d’un artiste, il ne crée pas par hasard.
    Certaines œuvres d’artistes sont faites sur commande avec plus ou moins de liberté selon le cas. Il faut bien que l’artiste gagne sa vie !
    L’œuvre a alors un sens pour le commanditaire, comme par exemple les portraits que Napoléon a commandé à David ou a Ingres.
    Mais elle reste quand même une création de l’artiste; il a essayé de répondre au désir de son commanditaire, d’y mettre le meilleur de lui même
    Finalement l’artiste crée son œuvre en fonction de sa personnalité, de son environnement, de sa culture, de son époque, mais aussi de son humeur du jour.
    Pour moi l’œuvre d’art ne se limite pas à la peinture, je pense que la composition faite d’un personnage par un acteur peut être une véritable œuvre d’art et elle a certainement un sens pour lui, car il y a mis toute son âme et ses capacités.
    Comme le comédien, le peintre, le compositeur, le virtuose ne créent pas que pour eux mêmes, mais aussi pour le spectateur qui verra ou écoutera leur œuvre et je pense que s’ils recherchent le succès, ce n’est pas seulement à des fins matérielles, ni uniquement pour la gloire, mais aussi pour être apprécié du spectateur, pour être aimé de lui, induire en lui des émotions.

    Alors effectivement comment le spectateur voit il l’œuvre d’art ? Lui trouve t’il un sens?
    Sans doute certains vont ils dans un musée ou à un concert pour voir ce qu’il s’y passe, comme certains achètent des œuvres d’art parce qu’elles ont une valeur financière.
    Mais on peut aussi s’arrêter devant un tableau, être pris par une musique et là on peut avoir deux attitudes : laisser libre cours à ses émotions, on l’apprécie, on la trouve « belle », et souvent on ne sais pas pourquoi. C’est du ressenti presque inconscient.
    L’autre approche, qui demande sans doute d’être un connaisseur plus averti, c’est d’essayer de la comprendre. Mais l’œuvre d’art n’est pas forcément rationnelle comme un problème scientifique, elle n’a même pas la précision d’un message de communication qui se sert du langage. Elle ne fait appel qu’à nos sens et à notre sensibilité.
    On n’est pas obligé de savoir dessiner et peindre pour apprécier un tableau, ni de comprendre la musique pour qu’un morceau vous touche aux larmes.
    Mais plus encore que l’artiste, dont c’est la propre œuvre, l’interprétation, la réaction que nous avons devant l’œuvre et donc le sens qu’elle a pour nous est fonction de notre personnalité, de notre passé, de notre formation, de nos goûts, de notre sensibilité émotionnelle et même de notre humeur du jour.
    D’où d’ailleurs des réactions très différentes selon les personnes. Pour Platon, l’art doit imiter la nature. L’objet représenté a un sens concret. Mais pour les peintres abstraits, ce sont les formes et les couleurs qui priment et l’objet représenté est secondaire.
    Certains peintres notamment de la Renaissance ou Flamands, représentent ce qu’ils voient avec le plus d’exactitude possible, des peintres autour de 1900 font même des tableaux ressemblant à des photographie, alors que les impressionnistes vont interpréter taches et couleurs, mais en représentant néanmoins la réalité. Chacun n’a pas les mêmes réactions devant ces œuvres et donc elles n’ont pas le même sens pour chacun de nous. Le beau et le laid ne sont pas le même pour tous.

    Mais un troisième facteur intervient en plus de l’artiste et du spectateur, : l’époque, la société, les médias, la mode, le « qu’en dira t’on » et aussi le vouloir paraître de chacun - sa Persona -
    Internet ne fait qu’accroitre cette influence. On trouve partout des critiques des œuvres d’art de quelque domaines qu’elles soient. On nous explique pourquoi l’artiste l’a conçue, ce qu’elle représente, le sens qu’il faut y trouver, les réactions émotionnelles que nous devrions avoir et aussi le concepteur de l’article se permet bien sûr un avis sur la beauté et la valeur de l’œuvre, qui évidement dépend fortement de son appréciation personnelle - et ne sera pas forcément la vôtre.
    Mais on est ainsi fortement influencé par ces considérations extérieures, qui vont par exemple nous dire que la Joconde vous suit des yeux dans la salle et cela risque de devenir notre principale préoccupation en la regardant.
    Malheureusement, pour beaucoup d’entre nous, les œuvres d’art ont un « sens fabriqué » par notre environnement, qui nous empêche de rester nous même face à elles.
    J’en suis moi même victime et je peux aller voir une exposition, une pièce de théâtre ou écouter un concert parce que des parents et amis m’ont dit qu’ils avaient trouvé cela très bien.
    Mais il m’arrive  en peinture et en musique, de regarder les mêmes tableaux de peintres d’autrefois et d’écouter les mêmes morceaux de musique classique plusieurs fois, parce que je les connais et qu’ils me plaisent, et là, le sens que je leur trouve, c’est le plaisir qu’ils me donnent.
   
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Mercredi 17 juin 2015 à 8:12

Enseignement, école, fac

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     Le journal télévisé nous a parlé d’orthographe pendant deux jours avec le « baromètre Voltaire » enquête faite par un service en ligne d’entrainement à l’orthographe, le « Projet Voltaire », payant bien entendu, mais d’un coût raisonnable. Il est évidemment juge et partie, mais je pense que sa statistique est néanmoins très vraisemblable.
    J’ai l’occasion de correspondre avec des jeunes au collège et au lycée, en fac ou en prépas diverses, mais aussi avec des adultes et avec des ingénieurs et des chercheurs avec lesquels je prépare des conférences qu’ils viennent nous faire.
    Et effectivement je constate une dégradation assez sensible de l’orthographe, qui s’accentue et surtout une difficulté de plus en plus grande pour s’exprimer en bon français et pour exprimer simplement ses idées.
    J’ai eu aussi l’occasion de parler avec des parents d’enfants, actuellement en CM1 ou CM2 ou au collège, et je constate que les règles élémentaires de grammaires ne sont pas comprises et sues par les enfants, que les parents en ont oublié une partie et qu’ils n’ont pas le temps de s’occuper du niveau de leur enfant et s’il suit correctement les cours qui lui sont prodigués en classe. Je susi étonné de voir que beaucoup d’adultes considèrent que l’orthographe n’est pas une chose importante et qu’on « n’en mourra pas si on ne le respecte pas ».
    J’ai constaté aussi que, comme le dit l’institut Voltaire, les garçons sont plus touchés que les filles, qui restent plus sérieuses, et sans doute aussi, plus travailleuses.
    Cela n’est pas général : je connais des jeunes qui ont une très bonne expression en français et qui ne font pas de faute s’ils prennent la peine de se relire. Mais c’est plus rare qu’il y a une dizaine d’années.

    Il faut faire la part des choses entre orthographe sur un texte tapé et un texte écrit à la main. Il est certain d’abord que lorsqu’on tape, on fait des fautes de frappe : lettres inversées, lettre en plus ou en moins. Là il faut seulement se relire.
    Ces fautes on ne les fait pas lorsqu’on écrit à la main, car en plus de la mémoire visuelle des mots, il y a une mémoire « tactile » des centres moteurs du cerveau et notamment du centre des mouvements précis, qui, juste au dessus du centre de Broca, prépare les mouvements de l’écriture.
    Les « vraies » fautes d’orthographe, c’est soit une question de vocabulaire (on ne sait pas comment un mot s’écrit », soit de grammaire (règles de genre, de conjugaison, d’accord…).

    Il est certain qu’autrefois, apprendre le français et donc vocabulaire et grammaire étaient l’un des objectifs principaux de l’école primaire et même ceux qui n’allaient pas plus loin que le certificat d’études (une année après CM2), faisaient très peu de fautes, à force de faire des dictées et parce qu’on leur avaient fait lire beaucoup de textes.
    En 1940 il existait encore pour entrer à ce qu’on appelait le lycée un « concours d’entrée en 6ème », avec une dictée un problème d’arithmétique et, à l’oral des question d’histoire géographie et de « leçons de choses ». Et la dictée était redoutable, car chaque faute coûtait 4 points et les accents deux points, et le zéro était éliminatoire. Donc obligation de faire moins de 5 fautes !
    Je pense que la plupart des bacheliers d’aujourd’hui, ne seraient pas alors entrés en 6ème !!!
    Aujourd’hui on ne fait presque plus de dictée dans la plupart des écoles primaires, et les jeunes ne lisent plus : donc ils ont un vocabulaire très pauvre (10 à 15 000 mots et certains beaucoup moins, alors qu’un adulte un peu cultivé en connait plus de 60 000 !).
    Il est certain que pour acquérir du vocabulaire, il faut lire beaucoup et faire des mots croisés. Il faut par ailleurs connaître les règles de grammaire.
    Je vois souvent des jeunes qui différencient mal l’infinitif du participe passé, qui ne connaissent pas les règles d’accord simples de celui ci, et encore moins celle des participes passés de verbes pronominaux. Quant à l’accord d’un participe passé suivi d’un infinitif, ils n’en n’ont jamais entendu parler, (à se demander si leurs professeurs connaissent la règle !)
- les musiciens que j’ai entendus jouer (car c’est eux qui font l’action) et la musique que j’ai entendu jouer, (car elle ne se joue pas elle-même) -.
   
    Je suis aller voir sur internet le « projet Voltaire », du moins dans sa partie non payante. Leur enseignement a l’air pas mal, mais un peu lent et évidemment la partie utile est payante.
    Les enseignements sur internet sont certainement utiles.
    Comme on en avait parlé dans les journaux, je suis aussi allé voir le site Schoolmouv, de révision du bac, élaboré par Shannon Picardo. étudiant à la « Toulouse Business school ».Il paraît très bien fait avec des cours oraux en vidéo, des fiches résumé et des exercices et QCM pour se tester, cela pour préparer le brevet et le bac en première et terminale.
    Bien sûr je n’ai eu que des démos gratuites; il faudrait tester la partie payante pour donner un avais valable. Mais je pense que cela peut être un aide certaine et que c’est une voie à creuser en matière de soutien scolaire. C’est beaucoup moins cher que des cours particuliers.
    Le fait que ce soit sur un site unique est important car le jeune lycéen n'a plus besoin d'aller surfer sur le net et ne prend plus le risque de se laisser distraire par une vidéo sur Youtube, un petit tour sur Facebook, sur un site de jeu ou un blog de mode et de soins de beauté, pour les filles …
    Je pense que les professeurs devraient songer à de tels sites dans leur établissement, dans le cadre du projet de « l’école numérique » et l’Education Nationale devrait intervenir dans ce domaine, pour uniformiser les sites et aider à leur programmation.

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lancien

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