Mercredi 20 mai 2015 à 0:00

Enseignement, école, fac

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    Il existe un « Observatoire des inégalités » et il publie des articles intéressent au plan économique et sociologique.
    Il a, à plusieurs reprises publié des articles sur les propos de François Dubet, qui est un sociologue connu, notamment pour ses écrits sur « l’égalité des chances » et « l’égalité des places », qui sont les deux grandes façons d’appréhender les injustices sociales et les tentatives pour les réduire.


     Selon « l’égalité des places », conception plutôt européenne et latine, on estime qu’il convient surtout de réduire les inégalités entre les conditions de travail, lespositions sociales, de resserrer l’écart entre les plus riches et les plus pauvres, notamment au plan des rémunérations.
    Il faut bien reconnaitre que, en partie en raison de la mondialisation,de la crise actuelle, du chômage et de la prédominance des marchés financiers et du profit, on constate au contraire une augmentation des inégalités et de la pauvreté, même si les conditions de travail s’améliorent globalement au plan de la sécurité.
    Par ailleurs cette conception de la justice a longtemps été aveugle aux inégalités entre femmes et hommes ou vis à vis des minorités ethniques ou étrangères.

    La seconde conception de la justice sociale, plutôt anglo-saxone, considère que la justice sociale est avant tout la promotion de l’égalité des chances : chacun doit pouvoir réussir en fonction de son mérite. Les inégalités sont moins définies en termes de revenus et d’exploitation qu’en termes de discriminations et de traitement inéquitable des minorités privées de leurs chances de réussir.
    La société est alors considérée comme une lice où la compétition est permanente, et malheur au vaincu, car il a « mérité son échec ». Ce modèle a donc tendance à laisser de coté ceux qui ne réussissent pas, en justifiant le fait par la méritocratie.
    On laisse de coté des notions de solidarité.
    Ce modèle s’impose quand le précédent ne réussit plus, quand la société est plus individualiste et quand chacun a l’aspiration égalitaire de vouloir réussir et d’échapper ainsi à sa condition sociale.

    Faute de pouvoir trouver des solutions au premier modèle, même la France qui au sein de l’Europe était l’un des plus grands partisans, les gouvernements ont essayé de chercher à imposer l’égalité des chances.
    On a cherché à mettre sur pied une aide, un rattrapage scolaire pour les plus défavorisé, chose louable, mais en même temps on réduisait les heures d’enseignement, notamment en matière de français et de sciences. Les programmes scolaires sont devenus plus théoriques avec moins d’exercices d’application, ce qui porte atteinte à la compréhension et handicape les moins favorisés.
    On fixe à Sciences Po des quotas d’élèves en provenance de zones défavorisées et des quotas de boursiers dans les concours de grandes écoles, mais si cela a permis à certains de rentrer dans ces formations, c’est en fait une ségrégation du niveau des concours.
    On a voulu mélanger dans la carte scolaire, les élèves de provenances très diverses, quels que soient leur niveau, espérant que les plus forts entraîneraient les plus faibles, mais on a continué en fait à voir l’échec de la plupart des mons favorisées et ceux qui avaient au contraire des facilités ont suivi sans aucun effort, vu le niveau bas des classes et sont devenus des fainéants invétérés.
    Le plus grand nombre des « mal-nés » est resté sur le bord de la route, et bon nombre d’élèves qui auraient pu être moyens ou même brillants n’ont pas réussi par manque de travail.
    En fait non seulement l’école devient de plus en plus inégalitaire, mais si le nombre de ceux qui suivent un enseignement général a fortement progressé, le niveau des études scolaires a fortement baissé.
    On a voulu rendre l’école « agréable » pour les élèves, et l’on a créé de très nombreuses options qui ne sont pas indispensables, en regard des matières fondamentales : le français qui permet de s’exprimer, de communiquer, de comprendre et se comprendre, les langues étrangères qui ont le même but, mais à condition déjà de maitriser le moyen d’expression national, et les mathématiques et la connaissance de l’environnement - ce qu’en CM1 et 2, on appelait autrefois des « leçons de choses » et qui étaient des connaissances pratiques, simples et appliquées de physique, chimie, et sciences de la terre.
    Finalement notre enseignement repose plus sur l’échec que sur la réussite.

    Je reste persuadé que l’on ne sortira de l’ornière qu’en augmentant fortement les heures de cours dans les matières fondamentales, en obligeant à nouveau à apprendre par cœur une partie des notions fondamentales (tables de multiplication, certaines règles de grammaires, formules mathématiues et de physique…), en multipliant les exercices pratiques, non seulement en classe, mais chez soi, et  en essyant d’avoir un niveau homogène dans les classes, en acceptant d’avoir des classes d’un niveau plus faible pour que les plus défavorisée connaissent une réussite minimal, en leur prodiguant des cours plus nombreux et adaptés, et des classes d’un niveau plus élevé qui forcerait les élèves à travailler s’ils veulent aussi réussir.
    De plus il faudrait arriver à instituer une certaine solidarité qui existait autrefois où les meilleurs élèves aidaient les moins favorisés, ce qui d’ailleurs était valorisant, non seulement par cet acte d’entre aide, mais aussi parce que ce n’est pas facile d’expliquer des notions compliquées à quelqu’un qui a quelques difficultés? Il faut être complet, simple, réaliste et pour cela maîtriser parfaitement le sujet et le plus souvent faire un gtos effort pour cela.
    Il faudrait aussi que les parents respectent les professeurs et cessent de les critiquer, mais essaient des les aider dans leur tâches, dans tla mesure de leurs propres capacités.
    Enfin ils faudrait rétablir la formation pédagogique des maîtres, ce qu’on a commencé à faire avec les ESPE, et que le recrutement ne soit pas fait presque uniquement sur diplôme, la possession d’un mastère n’étant pas une condition suffisante pour être un bon enseignant.
   

Mardi 28 avril 2015 à 7:32

Enseignement, école, fac

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On se moque souvent du jargon incompréhensible des mathématiciens et des informaticiens, ou bien sûr des médecins. Mais il s’agit de jargons techniques.

D’accord on n’y comprend pas grand chose, mais ce n’est pas très important si on n’a pas à s’en servir, et si on travaille dans ce domaine ou qu’on s’y intéresse, on apprend peu à peu la signification de ces termes.

L’ennui c’est quand un spécialiste s’adresse à un public non averti et contiunue à être ésotérique. Je rencontre cela assez souvent car j’organise des conférences pour des ingénieurs dans des domaines qui ne sont pas leur spécialité, et il faut que je discute avec le conférencier pour être sûr que sa conférence sera digeste, intéressante et compréhensible par tous.

 

Mais dans des domaines où un langage spécial n’est pas nécessaire, quand je vois certaines expressions cela me fait sourire et voire m’agace, car cela devient ridicule.

Déjà les « techniciennes de surface » à la place des femmes de ménages me faisaient sourire et ce n’était guère apprécié par les personnes de ce métier.

Mais là, l’Education Nationale bat vraiment tous les records. Je sais bien que la formation des bacheliers et des profs est telle aujourd’hui qu’ils n’ont probablement jamais lu les « Précieuses Ridicules ». On parle à peine de Molière dans les programmes de français du bac !

On croirait à une plaisanterie.

 

Je sais bien qu’un prof de gym n’est pas censé connaître le français, mais parler de « traverser l'eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête dans un milieu aquatique profond standardisé » au lieu d’apprendre à nager dans une piscine m’a fait noter l’expression pour la ressortir au maître nageur de Carnac, pour voir s’il comprend et s’il pense que le bord de mer où il apprend à ses élèves à nager, est un « milieu profond standardisé »! Quelles sont ses dimensions standard, sa profondeur, la composition de son eau, les règles de sécurité, les normes sur les berges….?

Cela me rappelle un examinateur de géographie un peu sadique, qui au bac, demandait quelle était la profondeur du Danube sous les ponts de Budapest, jusqu’à ce qu’on ait lu la réponse dans un roman policier et qu’on lui ait répondu « 4m,25 et 4m,35 sous les arches centrales ».

Il paraît qu’en foot, on court après et on tape dans un « référentiel bondissant »!!

Le badminton et le tennis ont pour but de « rechercher le gain d'un duel médié par une balle ou un volant »

Dans les sports de combat, il faut « vaincre un adversaire en lui imposant une domination corporelle symbolique et codifiée »

Quand à « créer de la vitesse » à la place de courir, je me croirais aux commandes d’un Airbus !

 

« Produire des messages à l'oral et à l’écrit », je le fais tous les jours sur ce blog, mais je n’aurais pas l’audace de dire que ce sont des exposés et des dissertations.

L’objectif des langues vivantes n’est pas de les parler pour communiquer, mais de « se familiariser avec des mobilités virtuelles, se préparer à des mobilités physiques. » et les programmes titrent « Aller de soi et de l'ici vers l'autre et l’ailleurs ».

J’ai appris une mot (dont je ne connaissais pas la signification, mais je ne l’ai pas trouvée dans les dictionnaires, et sur internet, j’ai trouvé un baratin peu précis) : « L'éducation aux médias est mise en œuvre, et organisée de façon spiralaire. » (en deltaplane dans les mouvements ascendants, je suppose).

 

Quant au syndicat qui prétend que ce vocabulaire est un vocabulaire d’expert, il représente bien mal les profs, dont il donne une mauvaise image, et n’a pas le sens du ridicule.
J’ai de nombreux profs dans ma famille, et leur souci, c’est d’être compris par leurs semblables et par leurs élèves. Leur expertise c’est la pédagogie, comment intéresser les élèves à leurs cours malgré toutes les tentations actuelles du numérique, et leur apprendre le mieux possible, le français, les mathématiques, la physique et la chimie, les langues, les SVT et l’histoire-géo. Ils ont été effarés par l’idée que l’expertise des profs défendue par le syndicat, pouvait être une méconnaissance du français, de « Produire des messages à l'oral et à l’écrit » ampoulés et presque incompréhensibles.

Ce qui les inquiète c’est la déconnection (je rajouterais volontiers déconnante), entre ceux qui rédigent les programmes (le Conseil supérieur des programmes), et la réalité de l’enseignement de tous les jours sur le terrain.
 

J’ai lu toutefois le document officiel du Ministère sur la réforme des collèges : il est quand même écrit la plupart du temps en français « classique » et non en novlangue. (voici l'adresse) :

http://cache.media.education.gouv.fr/file/CSP/04/3/Programme_C4_adopte_412043.pdf

Mais il m’a donné l’impression que l’élève n’était plus là pour apprendre et surtout pour former son intelligence, mais pour se sentir bien, et je cite « manifester sa sensibilité » et « questionner le monde ». On prend les élèves pour des écrivains philosophes, tout cela s'opérant au nom de la « liberté pédagogique de l’enseignant » et de la liberté de l'enfant qui doit être "créatif".

Il y a tout un chapitre sur les objectif de formation, qui a dû être écrit par des psys, voire des psychiatres ! Ce qui est dit n’est pas faux, mais c’est un mélange de philosophie et de psychologie, le plus souvent du charabia et pas de buts pratiques précis.

Tout reste très théorique, je vous donne un exemple de démarche et outil pour l ‘élève :

« Explorer différentes modalités de représentation par des mediums et techniques variés pour jouer des écarts et des effets produits à des fins expressives. »

De plus je crois bien que employer médiums au pluriel n’est possible que pour les voyants extralucides, mais qu’ au sens de « moyens pour faire quelque chose », il faudrait dire média.

Quant aux mathématiques, le Conseil a l’air de croire qu’il suffit de savoir utiliser un tableur et un grapheur, sans avoir fait auparavant la démarche intellectuelle de comprendre le mécanisme des opérations correspondantes. Il oublie que avant tout le but est de bien poser le problème et de connaître les méthodes pour le résoudre. La machine peut faire le calcul, mais on ne peut la surveiller (notamment ses résultats) que si on connaît le processus.

Par contre on trouve dans le programme d’histoire géographie les objectifs suivants :

« ‐ Trouver, sélectionner et exploiter des informations.

‐ Exercer son esprit critique.

‐ Poser des questions, se poser des questions.

‐ Émettre des hypothèses.

‐ Vérifier en croisant plusieurs sources d’informations.

‐ Mener les différentes étapes de résolution d’une tâche complexe : résoudre un problème, en choisissant une démarche, en mobilisant des procédures, des connaissances et des ressources documentaires, proposer une solution, la justifier et en rendre compte.

Je trouve cela très bien, mais est-ce seulement en histoire géo qu’il faut apprendre à le faire ?

 

Nota : Pour ceux qui ne le sauraient pas je rappelle la signification des cycles 

- cycle 1 : la maternelle.

- cycle 2 : CP/CE I et II.

- cycle 3 :  CM1 et 2 et 6ème

- cycle 4 : collège 5ème à 3ème

- cycle 5 : lycée

Jeudi 2 avril 2015 à 7:54

Enseignement, école, fac

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    Deux correspondantes, mamans, m’ont envoyé des mails éplorés me disant qu’un de leurs enfants était « surdoué » malheureux et n’avait pas de bons résultats en classe, et elles se demandent pourquoi.
    J’ai déjà fait des articles sur le QI et les surdoués, vous pouvez déjà aller les lire, mais je vais vous résumer l’essentiel ci après. (16 et 17/2/2010; 3/5/2011; 27/10/2014).

    D’abord, il ne faut pas parler d’enfant « surdoué » et surtout ne pas le leur dire sous cette forme. C’est totalement inexact comme terme. Ce sont des enfants « précoces au plan des apprentissages »
    Leur dire qu’il sont surdoués risque, soit de les inquiéter, soit de leur donner un sentiment de supériorité qui annihile les efforts (pas la peine d’en faire puisqu’on est surdoués par rapport aux autres !)
    Quand j’étais jeune, à l’entrée en sixième (qui n’était possible qu’après un examen que beaucoup de bacheliers actuels rateraient en raison de leur mauvaise orthographe) on passait systématiquement un test de QI, type Binet, et ceux qui avaient un QI égal ou supérieur à 130 étaient dits « précoces » et les professeurs devaient leur réserver un régime particulier.
    Selon Binet un enfant de dix ans qui a un QI de 130 a un âge mental de 13 ans.
   
    En effet un tel élève a, en général, une bonne mémoire, une certaine curiosité intellectuelle, et surtout il comprend vite ce qu’on lui explique et si l’explication est logique et bien faite, il a déjà retenu la leçon et n’a besoin que de faire les exercices demandés.
    Comme aujourd’hui on ne donne plus guère d’exercices, et que de plus l’enseignement est devenu relativement théorique, sans applications pratiques, et l’enfant s’ennuie en classe en ne fait aucun effort pour apprendre et ne s’intéresse donc pas à la classe.

    Une deuxième difficulté provient du fait que, très souvent, les élèves précoces ont une préférence cérébrale de perception « Globale » et que donc ils n’aiment pas la démarche d’enseignement pas à pas, progressive, par déduction et analyse lente et détaillée, qui est malheureusement celle appliquée aujourd’hui, vu le niveau très hétérogène des classes et aussi parce qu’on ne fait plus d’enseignement pédagogique aux professeurs.
    L’enfant précoce G ne procède pas ainsi : il comprend les problèmes globalement et ne s’occupe qu’ensuite des détails et si on l’y oblige. Son esprit va dans des directions différentes, foisonne d’idées, est en général créatif car il fait des associations inattendues, et évidemment il pose des tas de questions et cela en général gênent les professeurs qui ne’y répondent pas et l’enfant a l’impression d’être exclu d’une classe où on ne s’intéressent pas à lui et où il ne fait rien qui l’intéresse, où il soit à l’aise.
    Par contre, lorsqu’il ne s’agit pas de questions intellectuelle, l’enfant précoce ne l’est plus : son développement physique est normal et donc il n’excelle plus dans les sports et les jeux et il a alors l’impression au contraire d’être en retard.
    De plus ces enfants, du fait qu’ils s’ennuient et qu’ils n’ont pas le physique à la taille de leur intellect, et qu’ils souhaitent avoir des camarades plus âgés pour qu’ils soient à leur niveau intellectuel, sont souvent très actifs, cherchent toujours quelque chose à faire pour ne pas s’ennuyer et posent toujours des questions pas toujours simples et parfois inattendues, compte tenu de leur façon d’explorer les idées en « feu d’artifice ».
    Et de nios jours, quelqu’un de tr!ès actif, remuant et questionnant est catalogué par les psy « d’hyperactif » et considéré comme anormal, ce qui est ridicule et ajoute au malaise du jeune enfant.
   
    Y a t’il des remèdes à cela : oui et ils sont simples, mais il faut les appliquer le plus tôt possible.    Autrefois les profs avaient reçu une formation pédagogique pour cela.
    D’une part ils savaient non seulement appliquer la démarche pas à pas pour les élèves de préférence « sensitive », mais ils ils savaient insérer des schémas, des résumés, des plans, pour les élèves de préférence « globale ». Par ailleurs nous avions de nombreux exercices à faire mais avec des applications à la vie courante et l’enseignement nous paraissait « utile ».
    D’autre part les professeurs repéraient les élèves précoces et ils leur donnait du travail supplémentaire, d’un niveau plus élevé, ce qui les intéressait, les occupait et leur semblait de leur niveau. D’ailleurs on faisait souvent sauter une classe voire par la suite une deuxième, afin que l’enfant ait toujours l’impression qu’il lui faudrait faire effort pour apprendre et réussir.
    Le professeur les envoyait parfois au tableau, résumer le cours ou corriger un exercice à sa place. Il leur demandait aussi d’aider ceux qui avaient du mal à suivre, de leur ré-expliquer le cours (et ce n’est pas si facile que cela car il faut l’avoir très bien assimilé), les aider dans les exercices, ou dans l’apprentissage des leçons. L’enfant se sentait ainsi valorisé et par ailleurs ses camarades lui en étaient reconnaissant et cela favorisait la bonne entente, et à leur tour, ceux qui avaient du mal à suivre intellectuellement, aidaient parfois le jeune précoce dans les travaux physiques et pratiques où il ne l’était pas physiologiquement.
    Et surtout ne pas reprocher à cet enfant précoce sa façon d’avoir des idées et répondre à ses questions, ne pas voir peur de lui dire « je ne sais pas, mais on va aller chercher ensemble l’explication dans un livre ou sur internet ». Autrefois ce n’était pas toujours facile de trouver les informations dans des livres; aujourd’hui internet est une mine extraordinaire : il faut simplement y consacrer du temps par exemple le week-end. Mais c’est une chose merveilleuse que de développer l’intelligence et le savoir d’un enfant.
   
    Mais effectivement rares sont les professeurs qui aujourd’hui savent faire cela. On ne le leur a pas appris. Alors s’ils en sont capables, il faudrait que les parents y suppléent et suivent la scolarité de leur enfant, en n’hésitant pas à lui donner du travail supplémentaire, sous forme d’exercices d’application si possibles pratiques, à répondre à ses questions, à aller chercher des informations sur internet avec lui, et qu’ils arrivent même à l’intéresser à certains domaines et à l’inciter à les creuser, pour développer sa curiosité intellectuelle, sa mémoire, et son goût du travail.
    Il faut aussi essayer de donner à l’enfant le goût de la lecture, car cela lui évitera l’ennui, mais c’est aussi la seule façon d’apprendre à rédiger et cela sans fautes d’orthographe.
    Ce serait beaucoup plus utile que de passer son temps à aller sur internet uniquement sur les réseaux sociaux et à s’aplatir les pouces à force d’écrire des SMS avec une orthographe catastrophique

Mardi 10 février 2015 à 10:16

Enseignement, école, fac

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     J’ai déjà dit plusieurs fois dans des articles, que beaucoup de jeunes avec lesquels je corresponds, manquaient de curiosité intellectuelle, et également d’esprit critique et de bon sens.
     Les programmes d’enseignement et la formation pédagogique des instituteurs et professeurs se sont tellement dégradés, sous des prétextes politiques fallacieux, que l’instruction ne sait plus apporter ces valeurs aux élèves.
        Les jeunes me disent qu'ils n'ont pas envie de savoir parce qu'ils n'ont pas assez de connaissances : c'est un faux prétexte.
    Vous avez sûrement lu, en passant, la maxime de Blaise Pascal qui figure, en haut de mon blog, sur la compréhension du corps et de l’esprit.
   J’aime bien citer une autre « pensée » de Pascal sur le savoir, à une époque où l’homme de sciences pouvait atteindre un savoir très étendu par rapport à ce qui était connu à l’époque. Très humble, Pascal écrivait :
« Les sciences ont deux extrémités qui se touchent. La première est Ia pure ignorance naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant. L’autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes, qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu’ils ne savent rien, et se rencontrent en cette même ignorance d'ou ils étaient partis ; mais c'est une ignorance savante qui se connait. »

    On n’a pas besoin d’un grand savoir pour avoir de la curiosité intellectuelle. Elle provient au contraire, de la conscience de son ignorance, associée à une envie, une volonté de la diminuer un peu.
    Le problème, dans le domaine scientifique, c’est que lorsqu’on s’attaque à un problème, et qu’on a enfin compris la solution, on découvre dix autres problèmes que l’on ne soupçonnait pas et qui vous sont inconnus.
     C’est un peu la quête du Graal, et cela décourage certains, mais c’est pourtant passionnant de voir l’immensité des choses que l’on pourrait connaître et d’avoir la satisfaction d’en comprendre quelques unes, même si ce n’est qu’une infime partie. C’est un peu comme si vous gravissiez une colline, en découvrant peu à peu l’immensité du paysage, dont vous ne pourrez explorer tous les recoins. Mais le paysage est souvent beau et le regarder apporte du plaisir.

     L’école, faute de formation des maîtres, n’a pas su éduquer les jeunes à l’utilisation des moyens modernes informatiques.
     Les jeunes ont une chance inouïe par rapport aux possibilités que j’avais lorsque j’étais collégien, lycéen ou étudiant : c’est internet et ils la gâchent.
     Ils utilisent leur téléphone portable et leur ordinateur, pour échanger des banalités et collectionner les « amis », qu’ils connaissent à peine et qui leur apportent une illusion d’appartenir à un grand groupe et d’être important.
     Elève ou étudiant je n’avais que les cours professoraux que j’avais pris en note ou quelques livres hors de prix. Les polycopiés n’existaient pas encore. On trouvait en bibliothèque quelques « documentations », mais les trouver était laborieux et long. Et pour demander un renseignement à quelqu’un il fallait aller le voir.
     Les jeunes ont bien de la chance aujourd’hui. sur internet, si on sait chercher intelligemment, on trouve presque tous les renseignements que l’on souhaite, des explications, des images, des schémas. On peut toucher facilement quelqu’un grâce à la messagerie.
     Mais il y a l’envers de la médaille : tout le monde peut donner son avis, écrire quelque chose sur le net, donc il y a forcément beaucoup de choses inexactes. certains le font même volontairement et les personnes fragiles peuvent se faire endoctriner.

     Alors l’usage du web devrait s’accompagner d’un esprit logique et critique beaucoup plus important, beaucoup plus sagace.
     Mais non seulement l’école n’apprend pas à rechercher la bonne information, mais les programmes aussi bien de sciences que de lettres ne cherchent plus qu’à essayer d’intéresser un peu les élèves, et ne leur apprennent plus à avoir esprit critique et bon sens, pas plus d’ailleurs que de la créativité.
     Ce n’est pas la faute des profs, mais des politiques qui ont détruit l’école, en supprimant la formation des profs, en demandant des diplômes de plus en plus élevés sans aucune formation pédagogique, mis sur pied des programmes ineptes, aidés par l’encadrement supérieur du ministère, qui n’a plus ni esprit pratique, ni bon sens.
Je connais bien des profs, qui essaient d’enseigner au mieux, au milieu de cette anarchie.
   
     Mais c’est aussi la faute de beaucoup de  parents, qui considèrent maintenant que ce n’est plus à eux mais à l’école, (y compris la crèche et la maternelle) d’éduquer leurs enfants, que ce soit au niveau des connaissances - ce qui est normal- mais aussi de la morale, du sens civique et des règles de vie en société.
     Le pape François disait qu’il ne fallait pas procréer comme des lapins, mais se comporter en parents responsables, cela impliquerait aussi que l’on n’ait des enfants, que si on accepte la charge de les éduquer et de ne pas confier cette tâches, à l’école, à la télévision et à internet, qui nous débarrassent de ce travail de parent, pourtant fondamental.

Dimanche 8 février 2015 à 8:24

Enseignement, école, fac

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    J’avais déjà fait un article sur l’inquiétude que j’avais, dans notre pays où les politiques aiment singer les USA, sur le fait que 45 états américains sur 50, avaient abandonné l’apprentissage de l’écriture manuscrite, au profit du clavier. (26/9/2013).
    J’ai entendu récemment à la télé, que le gouvernement voulait mettre en place dans les écoles primaires des tablettes numériques pour chaque élève, pour faciliter aux professeurs et élèves, l’apprentissage et l’instruction.

    Je ne sais pas ce que cache cette idée géniale !
    Si c’est remplacer l’apprentissage de l’écriture manuscrite, par celle du clavier, je maintiens que c’est absurde.
    D’abord on n’apprends pas à taper sur un clavier sur une tablette ou un smartphone. Il faut un clavier plus grand, adapté aux doigts.
    Mais surtout, l’usage du clavier est très différent de celui de la main tenat un stylo ou un crayon.
    Si nous écrivons en lettres cursives, qui sont liées entre elles, comme nous l’avons appris jeune, nous n’écrivons pas lettre par lettre, mais le cerveau fait écrire le mot entier à la main.
    Si nous tapons sur un clavier, si nous avons appris à lire et écrire à la main avant, au début de l’apprentissage, nous épelons mentalement les mots (et non par syllabes). Puis nous gagnons en rapidité et nous n’épelons plus sciemment, mais les doigts tapent les lettres, les unes après les autres, inconsciemment et le cerveau retient une succession de lettre et non une image d’un mot.
Aussi vous arrive t’il d’inverser deux lettres, alors que à la main, cela n’arrive jamais, (sauf aux dyslexiques).
Et de temps à autre, je suis sûr qu’au clavier, vous hésitez sur l’orthographe d’un mot, et qu’alors vous l’écrivez sans hésiter à la main, car c’est la mémoire musculaire et non visuelle qui intervient alors.
En définitive, en tapant sur un clavier, c’est de la récupération de fichier, il faut se souvenir (inconsciemment) où sont les 26 lettres dans le mot et sur le clavier (plus accents et ponctuation). Ecrire un mot à la main, c’est à chaque fois un mot nouveau, c’est faire appel à des capacités motrices beaucoup plus complexes, qui, une fois apprises, ne s’effacent pas.
Pour apprendre à écrire la main fait appel à plusieurs sortes de mémoires, alors que le clavier est surtout visuel.

Peut être, pour mieux retenir vos cours, faisiez vous des fiches à la main. Certes c’est la réflexion pour résumer l’essentiel qui fait comprendre et retenir le cours.
Mais cependant l’écriture manuelle peut aider la mémoire.
Des psychologues ont étudié les performances de deux groupes qui écoutaient une conférence et prenaient des notes à la main et sur un ordinateur portable.
Clavier et stylo obtenaient des résultats de mémorisation analogues pour les données factuelles. Mais pour les données conceptuelles, l’usage du stylo procurait une meilleure mémorisation.
C’est surtout vrai pour les personnes qui tapent très vite, car elles ont alors tendance à noter trop de choses, comme un magnétophone, alors que celui qui écrit essaie de ne prendre que l’essentiel, donc en réfléchissant.
    Des études faites en CE2 et CM1 et 2 ont montré que la qualité rédactionnelle de textes écrits à la main était supérieure à celle à celle de ceux écrits avec un ordinateur (et je ne parle pas là des « copier coller » sur internet, qui remplacent imagination et réflexion.

    Il ne faut cependant pas croire que tout est mal sur une tablette. Une expérience a montré que de bons résultats pouvaient être obtenus dans l’apprentissage de l’écriture, mais….. celle à la main.
Vous avez sans doute appris à écrire comme moi, en recopiant avec un crayon, une plume ou un stylo, des lettres, puis des mots, dont j’avais un modèle, que j’essayais de reproduire le mieux possible. C’est statique, en ce sens que c’est un « dessin » fixe qu’on essaie de reproduire par le mouvement de la plume.
    Des instituteurs ont imaginé d’utiliser une tablette où le modèle est dynamique, c’est à dire qu’il apparaît progressivement, écrit à la main, et donc c’est plus un mouvement qu’un dessin que l’on montre. Et l’élève, qui a un crayon électronique à la main, essaie de reproduire, en même temps avec un petit décalage, ce geste sur la tablette.
Il semblerait que cette méthode dynamique donne de meilleurs résultats avec certains élèves. Là encore l’apprentissage du mouvement de la main, mémorisé dans nos muscles, vient aider le visuel.

Tout n’est donc pas négatif dans l’usage des technologies modernes en classe, mais il faut y réfléchir et ne pas les utiliser n’importe comment. Il faut en particuliers qu’instituteurs et professeurs aient reçu une instruction spécifique dans les écoles, en même temps que des cours de pédagogie.

Mercredi 5 novembre 2014 à 7:25

Enseignement, école, fac

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     Cela m’arrive souvent de discuter avec des élèves de lycées ou des étudiants de BTS/DUT, de fac ou de prépas diverses.
    Je constate qu’il y a toujours des élèves qui sont motivés, aiment apprendre et travaillent sérieusement. Ceux là réussissent dans leurs études. J’en connais bon nombre qui sont rentrés à Normale Sup, à l’X ou dans une école d’ingénieur, qui ont réussi un mastère en Fac ou qui, après un DUT ou BTS, ont poursuivi des études d’ingénieur.
    Mais je constate aussi que le niveau du primaire, des collèges et des lycées (et donc du bac) a nettement baissé depuis 20 ans, qu’il y a un nombre assez grand d’élèves en échec (plus de garçons que de filles d’ailleurs) et que ces échecs sont plus souvent dus à un manque de motivation et surtout de travail, qu’à des capacités insuffisantes.
    Jusqu’à la fin des années 80, si les élèves étaient moins studieux que leurs parents, le niveau moyen avait augmenté, car l’enseignement n’était plus réservé à une minorité, mais touchait la majorité de la population (alors qu’il y a 60 ans moins de 20 % de la population réussissait le deuxième bac).
    Le niveau d’illettrés (j’appelle illettré quelqu’un qui peut savoir lire, mais ne comprend pas ce qu’il lit) était tombé à une proportion de population de l’ordre de 2 à 3%. De plus on apprenait à lire et à calculer, au service militaire, aux garçons qui n’avaient pas la chance de savoir le faire. Et pourtant l'anaphabétisation a diminuée : les enfants aprennet à lire, mais ne l'tuilisent plus assez ensuite.
    On constate qu’aujourd’hui ce pourcentage est de l’ordre de 10%, que l’orthographe est méconnu même de jeunes qui ont réussi leur bac, (alors qu’autrefois, 5 fautes d’orthographe dans une dictée d’une page faisait refuser l’entrée en 6ème !!).
    Beaucoup de jeunes ont des connaissances diverses, mais ne savent pas les utiliser, et ont peu de culture générale (quand on pense qu’un ministre confondait le conte philosophique « Zadig » de Voltaire, avec la marque de vêtements « Zadig et Voltaire » !!!).
    Mais surtout les jeunes ont trop d’activités multiples, une vie trop remplie et qui va trop vite, souvent pour des occupations sans intérêt et sans utilité, et ils n’ont plus conscience que les études sont là pour former leur intelligence, les habituer à travailler et leur donner des méthodes de travail, et leur permettre ultérieurement de trouver du travail et d’exercer des métiers.

    Alors on cherche les causes : le nombre d’heures de lecture et de calcul a baissé dans le primaire, surtout les enfants - et les adultes ne lisent plus - : ils préfèrent s’amuser sur l’ordinateur ou papoter sur les réseaux sociaux ou au téléphone. La lecture était la base de la connaissance des idées, de la curiosité intellectuelle, du vocabulaire et de l’orthographe. L’absence de formation pédagogique des professeurs. Le mélange des niveaux des élèves en classe, alors qu’on n’a pas mis en place des méthodes pour aider ceux qui ont du mal à suivre et intéresser ceux qui suivent trop facilement.
    Je connais un grand nombre de jeunes, qui, étant intelligents, ont eu leur bac avec mention, sans rien faire ou presque, et, n’ayant pas appris à travailler, ont ensuite échoué totalement dans des classes de prépa, débordés par le travail à faire.
    Les programmes sont trop théoriques et pas assez près de la vie de tous les jours, la multiplication des options au détriment des matières fondamentales, le peu de travail à fournir à la maison, les exercices d’application trop peu nombreux.
    Par le passé beaucoup des enseignements n’étaient pas faits pour multiplier les connaissances mais pour former l’intelligence.
    Les mathématiques (et le latin) était plus destinés à former l’esprit de rigueur et de logique, qu’à constituer une connaissance et les méthodes de calcul avaient leur application directe en physique. Il est aberrant qu’on ait supprimé l’enseignement d’un minimum de physique chimie, en L et surtout en ES.
    En français, on fait surtout de l’explication de quelques textes et on ne connaît qu’un nombre d’auteurs très limité. Le nombre de dissertations à faire à la maison est passé d’une par semaine à une par mois (et encore !). Les programmes ont supprimé l’étude de tous les auteurs, dont on voyait des morceaux choisis en littérature, car ce sont des « connaissances » qu’on peut trouver sur internet (sauf que rares sont les élèves qui regardent des documents sur d’autres auteurs que ceux étudiés).
    Or cette « revue de la littérature » n’avait pas tellement pour but principal de donner une culture générale du passé, mais surtout de nous ouvrir l’esprit, de donner à notre cerveau de la flexibilité et du bon sens, en comparant toutes les idées très différentes de ces auteurs et notamment des philosophes.
    Je constate malheureusement que si bon nombre de bacheliers ont encore pas mal de connaissance (théoriques), ils n’ont plus beaucoup, ni de logique, ni même de bon sens, et n’ont pas appris à faire correctement analyse et synthèse des problèmes.
    Quant aux connaissances pratiques, elles sont devenues inexistantes, alors qu’autrefois, dans le primaire, les « leçons de choses » portaient sur la vie de tous les jours, l’explication des phénomènes naturels, l’utilisation des instruments courants et de leur fonctionnement, la résolution des petits problèmes pratiques quotidiens et cela passionnait les élèves.

    Bien que j’en aie l’expérience tous les jours, ce que je cite ci dessus fait l’objet de nombreux articles et c’est donc devenu banal.
    Par contre on ne cite que rarement le problème de la mémoire, que l’on ne peut avoir bonne que si on l’exerce, et lorsqu’on parle de la motivation des élèves, c’est pour mettre le manque de motivation sur le dos des ordinateurs et téléphones portables, d’internet et des réseaux sociaux, et de l’incitation à faire la fête au lieu de travailler.
    Le problème de la mémorisation est effectivement totalement négligé dans notre enseignement de même que le développement du « bon sens »..
    Certes les raisons ci-dessus sont vraies pour le manque de motivation, mais comme ces raisons sont extérieures à la classe, on ne se pose pas assez le problème de redonner de la motivation aux élèves.
    Paradoxalement, alors que nos connaissances sur le fonctionnement du cerveau ont considérablement augmenté de nos jours, on ne se pose pas la question de savoir si ces connaissances pourraient permettre aux parents et aux professeurs d’éduquer et d’instruire les enfants, avec plus de résultats et moins de gros inconvénients.
    Espérons que les nouvelles écoles normales re feront une place importante à la pédagogie dans la formation des professeurs des Ecoles, des Collèges et des Lycées.
   
   

Mercredi 29 octobre 2014 à 7:53

Enseignement, école, fac

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    Vous savez que je m'intéresse beaucoup au cerveau, à sa formation, et à l'éducation et à l'instruction des enfants. Ce sont donc les mécanismes d'apprentissage qui m'intéressent.
    J'ai fait plusieurs articles sur les centres du cerveau qui constituent le système d'apprentissage (voir mes articles des 12 et 14 janvier 2009), mais aujourd’hui, je voudrais m'intéresser à l'aspect psychologique et comportemental, en examinant qu'elles sont les capacités intellectuelles nécessaires pour pouvoir apprendre et suivre des études.

    Les animaux supérieurs (pas uniquement les mammifères, les poulpes et certains oiseau par exemple… ), sont capables d'apprentissage, assez peu avec l'aide de leurs parents, beaucoup par eux mêmes et surtout grâce à l'homme qui les éduquera.
    Mais l’être humain a la possibilité de prendre en partie la direction de sa propre éducation, grâce à son système d’apprentissage et de récompense, qui gratifie ses efforts en libérant de la dopamine. Il apprend à saisir des objets et à les manipuler, à marcher en équilibre sur deux jambes, à parler, à lire et à écrire, puis toute l’éducation des parents et l’instruction des professeurs. Mais s’il a ainsi des guides, une partie de son apprentissage est essentiellement dû à des efforts personnels et à la répétition des exercices pour améliorer ses comportements, son expérience  et ses connaissances.
    Bref l’être humain est fait pour apprendre et, si son cerveau ne comporte guère, à la naissance que les moyen de survivre, il a par contre un énorme potentiel, et il ne tient qu’à lui, aidé par des adultes, de l’utiliser au mieux.

    Pour ainsi se développer l’homme a six grandes capacités cérébrales :
        - La capacité de représentation : imagination et créativité.
        - La flexibilité mentale : tri des informations et des idées.
        - La planification, qui permet l’organisation des tâches.
        - L’initiative qui permet de décider et d’agir.
        - L’attention sans laquelle les tâches sont mal faites.
        - La régulation des émotions et des pulsions.
    Elles sont contrôlées par le cortex préfrontal, en liaison avec les autres centres du cerveau
    Les trois premières fonctions donnent une prise sur le temps, et les deux suivantes un pouvoir sur l'espace. La dernière, la modulation émotionnelle, permet de réguler son niveau d’émotivité pour tirer le meilleur parti des situations d’apprentissage.

        La capacité de représentation :

    Nous sommes faits pour évoluer dans le réel et à tout moment nos sens nous renseignent sur ce qui se passe autour de nous dans l’instant présent. Mais pour vivre dans de bonnes conditions nous avons besoin d’anticiper, d’imaginer ce qui peut arriver et les conséquences de nos actes. Cette projection dans l’avenir nécessite un apprentissage et le but de l’enseignement et notamment des exercices est justement d’améliorer cette capacité. De façon très simple nous pouvons nous exercer à voir, les yeux fermés, des objets et leur mouvement. Cette aptitude à « voir » dans l’espace, pourra ensuite être utilisée dans des exercices de mathématiques et de physique, pour comprendre la réalité.     Mais les travaux que nous ferons en français et dans l’apprentissage des langues étrangères, nous apprendrons la même capacité de réprésentation dans le langage et la langue écrite et orale. S’exprimer exige que l’on anticipe sur la représentation des idées que l’on veut transmettre.

        La flexibilité mentale :

    Nous devons pouvoir nous séparer d’anciennes représentations mentales pour nous adapter aux nouvelles données des situations. Notre cerveau est doté de cette capacité, mais il peut y avoir des difficultés, des blocages, en général en provenance du cerveau émotionnel, et de nombreux tabous et préjugés.
    Il faut d’une part se dégager de l’emprise des certitudes et des réactions d’orgueil et d’égoïsme, et d’autre part lutter contre la crainte de se tromper et augmenter la confiance en soi. Il faut lutter contre remords et regrets, savoir tourner la page après avoir analysé ses erreurs pour essayer de ne pas les commettre à nouveau.
    L’un des enseignements essentiel poure acquérir cette flexibilité est la revue des auteurs de la littérature et des philosophes français et étrangers, pour se familiariser avec la diversité des pensées.

        La planification :

    Là encore notre cortex frontal a cette capacité qu’il faut développer et qui peut être plus ou moins grande suivant que notre préférence cérébrale est J ou P ( voir mes articles des 15/3 et 24/9 2010).
    Pour cela il faut avoir une idée claire de la tâche à accomplir et des objectifs à atteindre, une représentation des actions futures, une décomposition en tâches élémentaires, une certaine logique d’organisation et une idée du déroulement dans le temps. Là encore l’enseignement devrait nous permettre d’accroitre nos capacités.

        L’initiative :

    Elle nous permet de devenir peu à peu autonomes.
    Animaux et humains sont capables d’obéir à des ordres qui conditionnent une action donnée ou de réagir à des conditionnements instinctifs ou innés. Dans ce cas les lobes frontaux sont inactifs
    L’homme est beaucoup plus capable d’actions autodéterminées. Elles supposent une réflexion préalable et l’utilisation des capacités précédentes pour pouvoir prenbdre la décision d’agir.
    Une bonne éducation dans ce domaine devrait nous permettre de diminuer notre tendance moutonnière et notre influençabilité, et d’accroitre notre indépendance d’esprit.

        L’attention :

    C’est notre capacité à maintenir l’esprit sur un projet, sur une tâche, en s’abstrayant de l’environnement et des événements qui s’y passent. C’est une mobilisation de nos sens et du cortex préfrontal sur l’examen de la situation, des solutions décisions et actions à faire. C’est une capacité qui se développe par l’entraînement car le problème est de pouvoir garder cette attention constante pendant une durée suffisante.
    Elle implique le cortex préfrontal, mais aussi certains centres du cerveau émotionnel.

        La régulation des émotions :

    Les émotions sont importantes car ce sont les sources de motivation, ce qui donne de l’énergie ou en prive. Il faut donc les conserver, mais il ne faut pas qu’elles aient le pas sur le raisonnement et le contrôle. Le cortex frontal doit rester le maître.
    Ce n’est pas chose facile et l’enseignement est muet sur ce problème, alors que les parents dont c’était un des rôles éducatifs, ne s’en préoccupent plus guère aujourd’hui.
    C’est non seulement le contrôle de ses propres pulsions, mais aussi la compréhension des sentiments et émotions d’autrui, qui est une des conditions fondamentales de notre vie en société.

    Ces diverses notions mes grands-parents et mes parents puis mes professeurs me les ont apprises, et mes beaux parents, qui étaient dans l’enseignement, les appliquaient dans leur métier. Il est regrettable qu’aujourd’hui, alors que les connaissances sur le cerveau ont fait de gros progrès, on ne forme plus les éducateurs, parents comme enseignants à en tenir compte pour élever et instruire les enfants.
    Je pense refaire quelques articles sur ce sujet.


http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures4/Wellness.jpg
       


Lundi 27 octobre 2014 à 7:15

Enseignement, école, fac

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    On reparle beaucoup à la télé des enfants surdoués et de leurs échecs scolaires.Cela me surprend toujours car c’est vraiment un phénomène récent. Quand j’étais enfant ou que mes enfants étaient petits, on parlait simplement d’un enfant intellectuellement précoce, (EIP), c’est à dire qu’il était provisoirement plus doué que les élèves de son âge.
    Quand j’étais jeune, en sixième les élèves passaient des tests et on établissait leur QI; étaient dits EIP ceux qui avaient un QI supérieur à 130.
    En fait ils n’étaient pas intrinsèquement plus intelligents que les autres, mais leurs parents et leurs professeurs avaient su les intéresser suffisamment pour qu’ils apprennent plus vite plus vite à lire à écrire, des rudiments de mathématiques, avaient su les motiver pour lire et consulter des livres qui décrivaient le monde et finalement ils avaient acquis plus tôt que d’autres, non seulement des connaissances, mais aussi l’habitude de raisonner et surtout une grande curiosité intellectuelle.
    Cela faisait que c’étaient de bons élèves et que si leurs habitudes ne changeaient pas, ils continuaient à se montrer relativement doués. Mais s’ils perdaient l’habitude de travailler, leur avantage provisoire cessait et les autres élèves les rattrapaient.
    Cependant pour certains d’entre eux, le fonctionnement de leur cerveau était un peu différent de celui des autres enfants. Ils étaient plus attentifs et comprenaient plus vite les explications. Les chercheurs pensent que peut être la myélinisation de leurs axones était plus précoce et meilleure, et que donc, les transferts entre centres du cerveau étaient plus rapides (la myéline est une substance blanche graisseuse qui entoure les axones, les isole et accroit considérablement la vitesse de l’influx nerveux).
    Une autre caractéristique était celle de leur mode de raisonnement : d’une part ils étaient relativement logiques, et d’autre part ils n’appréhendaient pas les données pas à pas et successivement. Ils avaient tendance à raisonner en arborescence, en « feux d’artifice », en envisageant simultanément de nombreuses ramifications et en les explorant, ce qui donnait l’impression qu’ils sautaient « du coq à l’âne », et de ce fait leur pensée était parfois difficile à suivre, car on n’arrivait pas à suivre leur arborescence d’idées.
    Mais lorsque je préparais les concours des grandes écoles, j’ai connu des dizaines de jeunes qui étaient ainsi « surdoués », et aucun n’était malheureux, et par ailleurs, très rares étaient ceux qui estimaient être des prodiges.

    Je crois que si certains dits « surdoués » sont aujourd’hui malheureux et en échec, c’est à la fois la faute de leurs parents et de leurs professeurs et, par la suite d’eux mêmes.
    Les parents se sont persuadés que leur gosse était un génie et ils le lui ont tellement dit que l’enfant a fini par le croire. A partir de là, il est persuadé qu’il peut réussir sans rien faire, et même, pour certains d’entre eux plus fragiles, ils se sentent anormaux, et en souffrent. L’âge affectif ne suit pas toujours l’âge intellectuel et certains enfants, en avance intellectuellement, n’ont pas la maturité émotionnelle correspondante.
    En classe ces enfants s’ennuient car ils comprennent beaucoup plus vite que les autres et, s’ils sont consciencieux, font leur travail plus vite. Par ailleurs l’enseignement est devenu trop théorique, trop déconnecté du réel, notamment en mathématique et en physique, et les enfants, trop attirés par ailleurs par l’ordinateur, les jeux, internet, les réseaux sociaux et le téléphone, ne s’intéressent plus à ce qu’ils apprennent.
    Il est certain qu’autrefois, les « IEP » ne pouvaient s’ennuyer : les professeurs leur donnaient des travaux supplémentaires, leur prêtaient des livres sur la nature ou la physique de la terre, leur demandaient d’aider ceux qui suivaient plus difficilement, et parfois, les envoyaient au tableau, refaire une partie du cours à leur place.
    Surtout l’enseignement était beaucoup plus en rapport avec les choses pratiques et les professeur avaient eu une formation pédagogique, et ils savaient nous intéresser à ce qu’ils enseignaient.
    Les gouvernements successifs ont, pour des raisons budgétaires, supprimé les écoles normales et demandes aux professeurs des diplômes trop élevés par rapoport à ce qu’ils enseignent. De ce fait ce sont de bons théoriciens, mais une partie d’entre eux ne sait ni enseigner de façon intéressante, ni faire en sorte que les élèves ait de la curiosité intellectuelle et aiment la classe.
    On voit parfois des méthodes bizarres, comme le professeur de maths d’un de mes petits enfants, qui leur demandait de faire des exercices sur des sujets dont il n’aavit pas encore fait le cours, sous prétexte de « développer leur créativité ». C’est pédagogiquement absurde, d’autant plus que la créativité, c’est l’art de rapprocher certaines notions qui ne le sont pas habituellement, à partir de choses connues ou en mémoire, mais ce n’est jamais de créer ex nihilo.

    Bref je suis étonné de voir des « surdoués » en échec scolaire. Je ne susi pas sûr que ce soit parce qu’ils sont surdoués. Je pense qu’il y a d’autres raisons qu’on n’a pas vu ou qu’on ne veut pas voir. En général les jeunes en échec scolaire le sont, soit parce qu’ils ne sont pas doués intellectuellement, mais surtout parce qu’ils ne sont ppas motivés pour travailler, et/ou qu’on n’a pas su les intéresser à ce qu’on leur demandait d’apprendre, et qu’on avait oublié de les persuader de l’intérêt des études.
    Il est par ailleurs évident que chacun ne peut suivre toutes les orientations possibles et là encore, les professeurs étaient autrefois formés pour aider les jeunes à s’orienter dans leurs études et leur futur métier.
    Il faut reconnaître aussi que la tâche des professeurs est plus difficile aujourd’hui, d’une part en raison de la mauvaise éducation des enfants, et malheureusement de celle des parents, et du fait qu’ils n’ont pas été formés pour se trouver dans de telles difficultés.
    Enfin je constate qu’alors qu’autrefois l’élève doué était respecté par ses camarades qui avaient besoin de lui pour les aider, alors qu’aujourd’hui, on le traite bêtement « d’intellectuel » et on se moque de lui. Evidemment les jeunes qui se livrent à ce jeu méchant ne sont pas eux, très intellectuels.

Jeudi 23 octobre 2014 à 7:30

Enseignement, école, fac

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   J'ai vu récemment avec étonnement, à la télévision, des parents d’élèves et des professeurs discuter très vertement, en venir presque aux mains sur un sujet brûlant : faut il noter les élèves, notamment à l’école primaire et au collège.
    Certains exigeant des notes, d’autres les refusant catégoriquement.

    un point m’a cependant frappé : les enfants de ceux qui refusaient les notes avaient plutôt de mauvaises notes, et les enfants de ceux qui les exigeaient plutôt de bonnes notes !!!
    Cela m’a rappelé quand j’étais jeune ingénieur, les polémiques en entreprise sur le Taylorisme et les mesures de productivité sur une chaine de travail et les primes associées.
    En fait ces problèmes de notation et de mesure du travail, ont pour origine les théories  d’un psychologue américain béhavioriste, Clark Leonard Hull vers 1930.
    Il se basait sur le fait que les rat de laboratoire ne voulaient bien faire des progrès dans l’apprentissage des trajets de leur labyrinthe, que dans la mesure où ils avaient faim et où on leur donnait une récompense en nourriture. Il en avait conclu que le comportement au travail et la motivation dépendaient au départ d’un besoin, qui devait être accru par le « renforcement ». Le renforcement pouvait être positif (la récompense) ou négatif (la punition).  Mais l’absence de récompense peut être une punition, dans la mesure où le besoin existe.
    Les primes de rendement au travail et les méthodes de Taylor, et les notes à l’école découlent de cette théorie.

    Mais les psychologues ont fait depuis d’autres expériences sur des élèves et des étudiants. Toutefois il ne s’agissait pas de cancres, mais d’élèves qui réussissaient plus ou moins bien.
    Ils ont comparé les progrès de groupes pour lesquels il n’y avait ni sanctions ni récompenses, d’autres pour lesquels il y avait surtout des sanctions, d’autres pour lesquels il y avait surtout des récompenses, et enfin des groupes avant récompenses et sanctions tirées au sort, sans lien avec le travail
    Ce dernier cas développait un sentiment d’injustice, même chez les récompensés.
    Pour les autres groupes, les progrès étaient peu important, sauf pour ceux qui étaient récompensés, qu’ils travaillent bien ou mal, mais évidemment davantage s’ils travaillaient bien.
    La conclusion était donc que les renforcements négatifs sont inefficaces, que seuls les renforcements positifs le sont, et qu’il doivent correspondre à une certaine justice et à des règles précises.
    Une autre leçon est celle du sport.
    Si vous voulez faire des progrès, par exemple en athlétisme, il faut connaitre votre niveau de performances pour essayer de les améliorer : il faut savoir en combien de secondes vous courrez le 100 mètre, ou combien vous sautez en hauteur…
    Ce sont en quelque sorte des notes.

    Evidemment, quand on est face à un élève qui ne fait rien et qui en plus trouble la classe, on a envie de le sanctionner.
    C’est normal de le faire s’il empêche les autres de travailler ou se dissipe.
    Mais cela ne sert pas à grand chose de sanctionner son mauvais travail par de mauvaises notes; cela ne fait qu’aggraver son échec et son sentiment d’impuissance.
    Donc la « notation sanction » n’est pas une mesure efficace pour motiver les élèves.
    Par contre la « notation évaluation permet de situer son niveau et de l’améliorer.
    Comment voulez vous améliorer votre orthographe, si vous ne savez pas les fautes que vous faites, ou mieux réussir en mathématiques si vous ne voyez pas vos erreurs de raisonnement ou d’absence de connaissances.
    Cela ne sert à rien de dire à un élève qu’il est un cancre, il faut lui montrer comment s’améliorer.
    Les notes sont des chiffres; elles n’y sont pour rien.
    Ce sont les comportements des parents et des professeurs qu’il faut chenger : il faut encourager au lieu de décourager les élèves. Les notes restent les mêmes, ce sont les conclusions que l’on en tire qu’il faut modifier dans le sens des encouragements et des moyens pour s’en sortir.
    Quant à remplacer de 0 à 20 par ABCDE, c’est une vaste hypocrisie, une fumisterie. Je ne comprends même pas comment des gens intelligents ont pu croire que cela changerait quoique ce soit !!

    Autre tabou, le classement. C'est vrai qu'il ne sert guère qu'à exciter les parents, en bien ou en mal. Mais forcément l'ordre des notes est un classement. Alors on part en guerre contre une volonté de compétition comme aux USA.
    Il ne faut pas exagérer. Qu'il y ait une compétition dans les classes de préparation des grandes écoles, ou pour les professions médicales, c'est vrai, mais c'est dû au fait qu'il y a un concours pour y entrer. Mais il n'y a d'esprit de compétition au collège, au lycée ou à la fac, que pour ceux qui s'en font une obsession, et les détracteurs de cet esprit sont en général ceux qui n'ont pas envie de travailler.
   Malheureusement ils seront déçus plus tard, car dans la vie, et notamment les entreprises, comme les places sont limitées et que la pyramide a le sommet vers le haut, il y aura immanquablement compétition.

Samedi 21 juin 2014 à 7:36

Enseignement, école, fac

http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/images-copie-18.jpg

    Il me reste à parler des sujets de ES
    Ils étaient horriblement « bateaux », mais le premier était à mon avis très difficile parce que trop philosophique.
        « Suffit-il d'avoir le choix pour être libre ? »
        « Pourquoi chercher à se connaître soi-même ? »

    Je traiterai aujourd’hui le premier sujet.


    La liberté est un sujet qu’adorent les profs de philo, car c’est une notion aux facettes multiples où l’on peut mettre ce que l’on veut, de la thèse la plus matérialiste à celle la plus métaphysique.
    "Tu dois donc tu peux", a écrit Kant. Selon le philosophe, la liberté chez l'homme, c'est de choisir la loi que l'on se donne à soi-même.  C’était un moraliste et un idéaliste rationnel. La liberté est celle de la raison.
    « Aime et fais ce que tu veux » disait Saint Augustin.

    Le sens originel de liberté est celui de l’homme libre qui n'appartient pas à autrui, qui n'est pas un esclave.
    Pour le commun des mortels aujourd’hui, l’homme libre est celui qui n’est pas soumis à un régime outrageusement autoritaire ou qui n’est pas en prison : il n’est pas « enfermé » sans pouvoir agir comme il le souhaiterait, physiquement et en pensées.
    De façon générale, la liberté est un concept qui désigne la possibilité d'action ou de mouvement. C’est l’action sans contraintes.
    En philosophie et en sociologie elle désigne l’aptitude des individus à exercer leur volonté et leurs choix, mais ce n’est pas aussi simple que cela.

    Les philosophes parlent souvent de la « liberté du vouloir » : on est libre quand on a pu décider et faire une action sans contraintes extérieure. Une action faite par pulsion interne est libre si on part de cette définition. La justice adopte cette position quand elle estime que la personne ivre ou sous l’empreinte d’une drogue est quand même responsable, car elle avait la liberté de ne pas absorber ce qui a troublé sa raison momentanément.

    Mais en fait c’est un peu une utopie, car il y a toujours des contraintes extérieures qui influent sur nos actes. Un  gouvernement ayant la majorité et même un tyran ont finalement peu de marge de manoeuvre, car de nombreuses contraintes existent au plan économique, climatique, démographique, et surtout financier.

    Cela se complique encore quand on fait intervenir des contraintes issues d’autorités divines. Le Destin, chez les Grecs guidait le cours des événements.
    Dans la religion musulmane, le fatalisme est important. Les événements ne se produisent que si Allah l’a voulu. Au 17ème siècle les discussions ont été vives sur la prédestination, autour de Pascal et des Jansénistes. Encore maintenant on compte sur Dieu pour modifier le cours des choses. On n’a plus de liberté si tout est écrit d’avance.

    Le déterminisme est hérité des sciences expérimentales : c’est la conformité aux lois de la nature, aux lois qui régissent le fonctionnement de l’univers et des sciences.
On est donc obligé de respecter ces lois. Mais, pour certains comme Leibnitz, l’homme peut ainsi apprendre à connaître ce qui est possible et décider en fonction de ces lois et, à la limite, s’il connaissait le fonctionnement de son cerveau, et donc de ses passions et de ces désirs, il pourrait par la même, les surmonter.

    Mais la science moderne a transformé ce déterminisme. L’étude de l’infiniment petit, les nanotechnologies, la physique quantique et celle proche du zéro absolu (-273 d°C), ont introduit une certaine indétermination, seule une approche statistique de groupe étant possible. L’univers comporte une certaine indétermination.
    Par ailleurs la relativité a bouleversé la notion de temps, donnée presque métaphysique et le temps est devenu aussi malléable que l’espace, au moins en théorie.

    Les philosophes ont l’art de parler de choses importantes de façon incompréhensible. Je me souviens d’un cours sur Descartes et la « liberté d’indifférence » pour lequel nous nous demandions si le prof l’avait lui même compris !
    C’était pourtant simple, mais très théorique : l’indifférence est « l’état dans lequel est la volonté lorsqu’elle n’est pas poussée d’un côté plutôt que de l’autre par la perception du vrai et du bien ». C’est un peu comme une sphère soumise à la pesanteur en équilibre instable sur le sommet d’un cône de révolution vertical : elle peut tomber selon n’importe qu’elle direction. C’est le plus bas degré de liberté, mais je doute que l’être humain le rencontre dans ses propres décisions.
    Mais Descartes en déduisait qu’il y avait un autre cas de « liberté éclairée », dans laquelle une contrainte incitait à choisir une direction pour nos décisions, et où nous choisissions de décider autrement : aujourd’hui, on appelle cela le « libre arbitre ».

    Je me souviens peu des cours que nous avons eu sur les conceptions matérialistes de la liberté d’Hegel et de Marx, liées évidemment à leurs idées sociales et politiques et à l’histoire. La liberté politique doit garantir les libertés individuelles.
    Tout aussi difficile à retenir à long terme les idées de Bergson qui essayait de définir la liberté par la psychologie, en montrant que les circonstances avant décision n’étaient jamais exactement les mêmes et que donc nous n’étions pas soumis psychologiquement au déterminisme, ou celles de  « l’Etrre et le Néant » de Sartre (très difficile à lire pour un pauvre scientifique !), qui pensait que l’homme était obligé de se construire lui même, qu’être c’était se choisir, mais qu’il était abandonné dans cette tâche et que c’était ce néant qui était la liberté. (J’ai relu un vieux cahier de philo et je ne sais toujours pas si j’ai compris; mes correspondantes philosophes, aidez moi !!!).
    Et par la suiteFreud ne parlait pas de liberté, mais ses thèses sur l’inconscient la mettait fort en doute.

    Pour moi j’avoue, que jeune, je m’intéressant à la philo, puisque ayant passé le bac S en juillet (il s’appelait maths-élem), je suivais en plus les cours de psycho des L (c’était le même prof) et j’ai aussi passé le bac L en septembre, mais que, par la suite, j’ai préféré le domaine plus concret des sciences.
    Alors je ne me pose pas de questions existentielles sur ma liberté.!
    Quand j’ai une décision à prendre, je rassemble des données, j’écoute des avis, puis je me décide, souvent en conformité avec certains des avis que je trouve pertinents.
    Et même si je sais que j’ai donc été influencé par ces données extérieures, comme je l’ai aussi été par mon inconscient, j’ai l’impression d’avoir choisi ce que je voulais : j’ai dit oui ou non à diverses solutions.
    Mais après, il faut que j’en assume les conséquences !!

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lancien

sortir de la tristesse

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