Jeudi 19 juin 2014 à 7:42

Enseignement, école, fac

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    Les profs cette année n’avaient pas d’imagination, étaient paresseux ou crevés.
    Les deux premiers sujets de L et de S portaient sur les œuvres d’art, les deux second sujets due le bonheur.
        "Doit-on tout faire pour être heureux ? » (L)
        "Vivons-nous pour être heureux ? »
(S)
    Au fond c’était à peu près le même sujet : « Etre heureux est ce un but en soi, dans notre vie? »

    Mais pour répondre à cette question, encore faut il savoir ce qu’est être heureux !! Et c’est à mon sens tout le problème, et effectivement c’est de la philo, car les grands philosophes ont tous traité un peu ce problème, avec des vues assez diverses, mais malheureusement mes souvenirs de philo sont loin (67 ans).

    J’ai eu le malheur de consulter mon “petit ami Robert” ou ma “petite amie la Rousse”, et j’ai trouvé que «heureux, c’est « ressentir le bonheur » et que le bonheur c’est « l'état de la conscience pleinement satisfaite : ce qui rend heureux » !!!.

http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/epicure.jpg    C'est donc un état de bien-être que nous ressentons, et si nous n'avons pas ce bien être, il n'y a pas de bonheur et donc le bonheur c'est d'abord l'absence de peine.
    C'est ce que disaient certains philosophes stoïciens ou épicuriens : "l'ataraxie", c'était "l'absence de troubles"; l'état mental, l'éthique, la paix intérieure, où l'on n'est plus atteint par ce qui se passe autour de nous, où toutes les préoccupations nous semblent étrangères et dérisoires.
    Bien sûr c'est de la philo et un peu utopique, mais il faut cependant d'abord chasser la tristesse et le stress pour être heureux
    En pratique il faut d’abord voir le passé autrement : ceux qui n'ont que remords (de ce qu'ils ont fait) et regrets (de ce qu'ils n'ont pas su/pu faire) ne peuvent être heureux. Il faut se dire que l’on ne peut plus rien changer du passé et qu’il faut donc voir le présent et l’avenir.
    Il faut voir le passé positivement;  j’ai le souvenir d'il y a plus de 60 ans, lorsque je faisais mes études d’ingénieur, d’avoir fait un stage ouvrier, très dur dans des ponts roulants, au dessus de fours d’une aciérie, et il faisait 45 d° dans la cabine ; j’avais voulu être logé avec les manoeuvres émigrés dans une cité dortoir.
    Non seulement j’ai appris ce qu’était une véritable “chaleur humaine”, mais toute ma vie d’ingénieur, j’ai été heureux de mon métier qui, m’épargnait un travail aussi pénible que ces tâches que j’avais un peu connues pendant deux mois, mais que des gens faisaient toute leur vie.

    Puis on peut se demander que faire dans le présent?

    Pour certains, c’est très à la mode, le bonheur c’est la recherche du plaisir. Pourtant Platon disait qu’il ne fallait pas donner libre cours à tous nos désirs, et Socrate pensait qu’une vie sans excès est préférable à une vie de jouissance sans limites. Epicure expliquait même que beaucoup de désirs sont vains et qu’il faut savoir les hiérarchiser et en refuser certains.
    Evidemment on peut même se rappeler que pour Kant l'existence des hommes n'est pas orientée vers le bonheur, même si tous les hommes y aspirent naturellement et qu’il faut le mériter et s'en rendre digne, mais je doute que mes jeunes lecteurs apprécient cette pensée.
    Certains philosophe ont cependant défendu la thèse du plaisir, en associant hédonisme, empirisme et matérialisme, comme Diderot; ils, considèrent que ce sont nos sens qui doivent être les critères du bien et du mal. (ce qui apporte satisfaction à nos sens est appelé " bien " et ce qui leur déplait est appelé " mal "), et reconnaissent donc que nous cherchons naturellement à satisfaire certains besoins corporels et que suivre nos désirs et nos plaisirs, permet d’établir les normes de l'action juste et morale.
    Pour eux, nos connaissances et nos idées nous viennent aussi des sens, de leur combinaison ainsi que de la répétition des expériences et des observations que nous faisons. (c'est l’empirisme du 18ème siècle).
    D’autres au 19ème siècle (Stuart Mill) ont défendu une thèse sociale : Il faut choisir, entre plusieurs solutions, celle qui apporte le plus grand bonheur pour le plus grand nombre. Il s’agit donc d’une éthique pragmatique prétendant, à partir du critère du bonheur du plus grand nombre (lui-même déduit des désirs, des plaisirs et des peines individuels), déterminer des lois et des politiques justes pour la collectivité.
   
    Mais si je vois les comportements actuels, c’est plutôt la satisfaction des désirs et pulsions personnelles et égoïstes qui est à la mode.
    Je ne pense pas que ceux ou celles qui s’enivrent régulièrement ou changent de partenaire toutes les semaines soient plus heureux. Pas plus d’ailleurs que les enfants gâtés dont les parents satisfont immédiatement toutes les envies.
    Le philosophe moderne Alain disait que c’était un devoir d’être heureux, mais qu’il fallait mériter le bonheur.
    Satisfaire toutes ses pulsions, toutes ses envies, fait que dès qu’on a obtenu ce que l’on souhaitait, on s’en désintéresse pour passer à une autre envie, on n’éprouve aucune joie de ce que l’on a acquis et qu’on est perpétuellement stressé  de ne pas avoir encore satisfaction sur ses nouvelles envies. Cela devient vite une véritable addiction et un dérèglement de notre système de récompense dans notre cerveau.
    On croit souvent que les riches sont très heureux et c’est souvent faux. S’il est préférable de ne pas trop manquer d’argent pour ne pas avoir trop de soucis, (l’ataraxie !!), l’argent ne fait pas le bonheur, car il tue les désirs puisqu’il permet de les satisfaire trop facilement et là encore l’addiction de vouloir toujours en amasser plus, nous guette.

    Goûter les joies du présent demande de regarder dans la bonne direction.
    Certaines de mes correspondantes ont tout pour être heureuse, mais elles ne regardent pas ce qu'elles ont, notamment les petites joies de la vie de tous les jours.
     Soit elles passent leur temps à regarder ce qu'a le voisin et qu'elles n'ont pas, soit elles attendent des grandes satisfactions, l'accomplissement de leurs rêves les plus fous, de choses extraordinaires. Certes cela arrive parfois, mais l'idéal est rarement atteint et le bonheur du présent est fait d'une multitude de petites joies quotidiennes.

    Il faut aussi être raisonnable dans ses souhait lorsqu’on regarde l’avenir et se fixer des objectifs réalistes.
    Parmi mes jeunes correspondantes qui pensent à l'avenir, certaines ne sont jamais satisfaites et se fixent des objectifs difficiles, dès qu'ils sont atteints, ne profitent pas de ce succès, s'en détournent pour vouloir atteindre dans l'avenir un objectif encore plus ambitieux. Ces personnes sont alors tout le temps dans l'avenir, à courir après un nouveau souhait et sont donc éternellement insatisfaites.
         Certaines également n'ont pas confiance en elles et en leur avenir, et doutent en permanence d'avoir fait le bon choix, remettant sans cesse en cause leurs décisions, se condamnant ainsi comme les précédentes à une éternelle attente du bonheur.

    Etant maintenant bien vieux avec une certaine expérience de la vie, je crois qu'il y a quatre ingrédients fondamentaux pour atteindre un peu le bonheur :
         - les souvenirs heureux du passé, mais avec une petite pointe de nostalgie, car on n'y peut plus rien et ce passé ne recommencera pas,
        - les plaisirs et les joies du présent, mais en hiérarchisant ses envies et en ne les satisfaisant pas trop vite, et en profitant de toutes les petites joies et les petits instants de bonheur de la vie quotidienne.
        - les espoirs du futur.
        - et le bonheur de ceux qui nous entourent.

    Et évidemment la recherche du bonheur personnel ayant un impact sur autrui, doit finalement être soumise à des règles morales et de comportement en société. C’est là un autre sujet de philosophie.
    On pourrait parler pendant des heures du bonheur. D’ailleurs j’ai dû faire dans mon blog, une cinquantaine d’articles sur ce sujet.

Mercredi 18 juin 2014 à 8:39

Enseignement, école, fac

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     Vous savez que chaque année, j’aime bien me rappeler mon enfance en me replongeant dans les sujets de bac, et en m’apercevant d’ailleurs que mes souvenirs des cours de philo s’estompent peu à peu, mes souvenirs sur ce que disaient les grands philosophes étant maintenant bien lointains.
    Je vais donc consacrer quelques articles à ces sujets. Loin de moi l’idée de présenter cela comme des corrigés. Ce sont de simples réflexions personnelles non scolaires.


    Deux sujets de L et de S traitaient des œuvres d’art; bien que différents, je vais les traiter ensemble :
        "Les oeuvres éduquent-elles notre perception ?"  (L)
        "L'artiste est-il maître de son œuvre ? »
  (S)
   
    J’ai eu l’impression en lisant ces énoncés, que la personnes qui avait rédigé le premier pensait surtout à la peinture ou aux arts graphiques, à la rigueur à l’architecture.
    Bien que l’on n’ait pas parlé d’oeuvre d’art, le mot « perception » désigne surtout nos sens et un texte n’est pas « perçu » si ce n’est pour la lecture : il doit être compris et il fait appel à notre raison et à nos sentiments.
    C’est moins vrai dans le second sujet, mais l’écrivain et le poète sont ils des artistes.? Je pense que cela peut mériter une discussion.

    Dans le premier sujet, je considère que le mot « perception » concerne avant tout nos cinq sens  donc des oeuvres qui impressionnent notre vue, de la musique nous entendons, la cuisine d’un grand chef que nous sentons et goûtons. Le toucher est peu sollicité, encore que nous pouvons être sensible aux textures d’une sculpture ou de mobiliers.
    Mais se cantonner à nos cinq sens est très réducteur, et on ne peux passer sous silence l’impact émotionnel des œuvres, voire même une certaine réaction rationnelle, par exemple sur les techniques employées.   
   
    Il est certain qu’une œuvre quelle qu’elle soit, doit d’abord être perçue par nos sens et que ce que nous allons en penser va dépendre de cette perception, mais je ne pense pas qu’une œuvre soit faite pour l’éduquer.
    C’est un vaste sujet que de déterminer le but de l’artiste : gagner sa vie et donc vendre son œuvre et donc se préoccuper qu’elle plaise et de la façon dont elle va être perçue. Mais pour le véritable artiste, l’œuvre est avant tout une création propre, quelque chose qu’il sort de lui même, avec sa raison, ses émotions et sa créativité. Je crois que dans un premier temps il ne pense qu’à son œuvre, et ce n’est qu’ensuite qu’il souhaite qu’elle soit vue et admirée, qu’il veut la partager et que si cela ne se produit pas, il a l’impression d’un échec.
    Mais je ne crois pas qu’il ait dans l’idée d’éduquer les autres, sauf si par exemple, comme autrefois, le peintre célèbre était aussi un professeur qui dirigeait un atelier et enseignait à ses disciples.

    Mais il est certain que la première fois qu’on voit une oeuvre, sans avoir reçu aucune formation préalable, on ressentira peut être une émotion, mais on passera à coté de beaucoup de choses que l’on ne percevra pas, et qui donc ne provoqueront rien en nous. Peu à peu, quand on aura visité de nombreux musées, quand on aura entendu de nombreux morceaux de musiques, quand on aura goûté de nombreux plats, nos sens vont percevoir différemment, apercevoir des détails qu’ils n’auraient pas perçus au départ.
    Percevoir les œuvres stimule nos sens et notre imagination et provoque en nous des émotions singulières.
    On apprend à connaître la diversité, à apprécier de nouvelles choses : on dit que nous « formons notre goût » et que nous devenons « éclectiques ».
    Nous avons donc une certaine éducation de nos perceptions, en ce sens que nous apprenons à ressentir, connaître, à apprécier, parfois à ne pas aimer, à ressentir de nouvelles émotions, voire à nous intéresser aux techniques qui ont permis de réaliser l’œuvre.
    Mais ce que nous ressentons peut être très divers, car le mot œuvre recouvre bien des aspects. Certaines oeuvres peuvent être collectives et la création partagée de même que la réalisation : les cathédrales par exemple. Les œuvres qui nous rappellent un souvenir propre, qui nous touchent émotionnellement ont sûrement plus d’impact sur nous. Nous admirons davantage ce que nous nous sentons incapables de faire. Notre savoir intervient : un peintre ou un musicien amateur ressent différemment les œuvres des professionnels et maîtres, que le simple béotien, car il connaît les difficultés de réalisation et les nuances des couleurs ou des notes.
    La perception de nombreuses œuvres transforme donc sûrement notre perception, mais si ce n’était pas le but premier. Nous pouvons ainsi acquérir le sens du « beau » et former notre jugement.

    Le second sujet me paraît plus banal, mais tout me paraît dépendre de l’interprétation du mot « maitre ».
    On peut d’abord l’entendre au sens de maîtrise : peut il faire ce qu’il veut ? On touche d’une part à la motivation de l’artiste : mercantile, créatrice, notoriété, oeuvres diverses ou conserver un certain style, émotionnelle, sentimentale et par exemple dédiée à quelqu’un…..
    Maîtrise aussi technique : tout le monde n’est pas capable de faire du Rubens du Léonard de Vinci, du Renoir ou du Picasso.
    Et il y a des œuvres collectives, notamment en architecture.
    Mais on peut cependant dire que l’artiste détermine le but de son œuvre, sa composition, son style, et les moyens qu’il utilise.
   
    On peut aussi comprendre cette réflexion, au sens de « l’auteur reste t’il maître de son œuvre, après l’avoir produite ».
    C’est vrai tant qu’il la crée dans son atelier ou son bureau.
    Mais lorsqu’elle est exposée, publiée, connue du public, elle appartient alors en partie à celui-ci. C’est le public qui notamment fera la notoriété de l’œuvre et de l’artiste.
    L’artiste a voulu faire quelque chose, mais celui qui voit son œuvre peut l’interpréter autrement, l’artiste n’est plus maître de cette interprétation, de la façon dont on va la voir, de l’émotion que l’on ressentira.
    L’œuvre a alors une vie propre, et au bout de quelques siècles, si elle est encore appréciée, on en a presque oublié l’auteur.

Dimanche 20 avril 2014 à 8:28

Enseignement, école, fac

J'ai trouvé sur Buzzy, des copies de cancres, corrigées par leurs professeurs, et lkes corrections étaient aussi amusantes que les bourdes; alors j'en ai sélectionné quelques unes: :

Dans un devoir d'économie pratique :
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Un petit exercice de CM2 sur Roméo et Juliette :

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AUtre réponse de CM& qui m'a laissé perplexe ;
:
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Il faut bien mettre son nom quelque part !

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Causes surnatuyrelles :

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Lundi 2 décembre 2013 à 8:03

Enseignement, école, fac

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    On a beaucoup parlé ces temps ci du harcèlement à l’école et le gouvernement s’en est même préoccupé.
    C’est vrai que parmi mes correspondantes, un nombre assez grand a subi des critiques permanentes, des insultes, voire des sévices, de leurs camarades qui en faisaient leur souffre-douleur.
    Ces phénomènes sont courants, en classe, comme sur internet et particulièrement en fin d’école primaire et au collège.
    Et plus grave, cela peut aller jusqu’au racket et à la maltraitance.

    J’ai toujours dit que si c’était possible, la principale  réaction devait être d’en parler aux parents et à vos professeurs, et au minimum, si vous êtes trop timide, à l’infirmière de l’établissement. A défaut, parlez en à un adulte en qui vous avez confiance. Il pourra vous aider dans vos démarches.

    Mais évidemment vous hésitez souvent à déranger vos professeurs ou vos parents quand vous avez l’impression que la situation n’est pas trop critique. Alors que faire dans un premier temps, s’il s’agit seulement d’insultes assez anodines et pas systématiques, de quelques individus seulement. Souvent d’ailleurs ces insultes sont peu fondées (t’es moche, t’es grosse, tu es casse-pied, tu es bête…. c’est enfantin, même si cela blesse)

    D’abord essayez de les éviter : évitez autant que vous pouvez le contact avec vos détracteurs, mais ce n’est pas facile car ils vous poursuivront peut être. Alors faites semblant d’être insensible à ces injures, riez, plaisantez. S’ils croient que cela vous amuse et ne vous blesse pas, cela ne les intéressera plus.

    Evidemment, même si vous faites semblant, les insultes vous touchent, je le sais bien.
    Mais il faut les mettre en perspective. La plupart du temps elles sont sans objet réel. Ont elles des conséquences graves. L’opinion d’êtres malfaisants n’a aucune importance. Ce qui importe c’est celle des personnes que vous aimez et de vos professeurs. C’est aussi pour cela que je vous recommande d’en parler aux professeurs aux parents, frères ou soeurs et à vos amis. Ils vous rassureront , car ils vous aiment.

    Tout de même réfléchissez aussi. S’il y a du vrai dans ce qu’on vous dit, c’est l’occasion de s’en apercevoir et de s’améliorer.
    Mais il faut aussi vous demander « pourquoi me font ils cela? »
    Si c’est de la pure méchanceté, il faut réagir contre eux. Si par contre il y a une autre raison (vous les avez par exemple blessés sans le vouloir), il faut aller discuter calmement pour lever le malentendu. Surtout ne pas se mettre en colère, car on ne raisonne plus sainement.

    Réagir, comment. Cela dépend des circonstances et de votre courage, de votre timidité. On ne peut réagit seule contre une bande méchante : là il faut aller voir parents et profs Par contre si c’est seulement une ou deux personnes qui vous ennuient, là il est possible de répliquer.
    Mais ne vous battez pas physiquement. On risque de vous donner tort et la violence envenime plutôt les choses. Quand j’étais gosse, j’ai plusieurs fois réglé des différents à coup de cartable, et ce n’était pas une bonne solution.

    Cela ne sert à rien non plus de répliquer par de grossières injures. Vos détracteurs seront bien plus étonnés si vous restez poli, mais que vous répondiez avec humour, en disant ce que vous pensez très ouvertement, mais de façon ironique, comme quelqu’un qui maîtrise la situation. Ce n’est pas facile, mais souvent efficace.

    Mais quand il ne s’agit plus d’être face aux autres, mais face à vous même, il faut que vous ne souffriez pas de ces insultes de façon exagérée. Je sais qu’on pense qu’on ne sera jamais insulté et pourtant cela arrive. C’est courant, donc ne montez pas cela en épingle dans votre cerveau : dédramatisez.
    Si vous réfléchissez aux conséquences réelles de la situation, elles sont souvent minimes tant qu’il ne s’agit que d’injures proférées par quelques abruti(e)s.
    Et cherchez plutôt à avoir des pensées positives : voyez ce qui est heureux autour de vous, vos qualités. Ce n’est pas parce qu’on vous a insulté que celles ci, que votre valeur ont changé. Gardez donc confiance en vous même.
    Cherchez à être encore meilleure, pour démontrer à tous que vous valez la peine qu’on fasse attention à vous.
    Après tout, ces insultes n’est ce pas une réaction de jalousie, parce que vous valez bien mieux que ceux qui vous insultent ?

    Mais si cela devient sérieux : menaces, racket, sévices, il faut immédiatement avertir les adultes et que vos parents viennent voir la direction du lycée et dans les cas graves, il faut porter plainte.

Samedi 16 novembre 2013 à 8:35

Enseignement, école, fac

     J’entends souvent dire que les enfants de parents maghrébins ont des résultats catastrophiques en classe et ne peuvent faire des études en raison de l’origine de leurs parents et que cela traduisait leur mauvaise intégration. On finit par tous croire cela.
    J’ai été très étonné de lire un article de Hervé Le Bras, professeur à l’école des hautes études des sciences sociales, qui infirme en grande partie cette assertion, par une étude statistique des études faites par classe sociale et origine ethnique, qui est résumée sur le graphique ci-dessous en ce qui concerne les enfants d’immigrés de pays autres que l’Europe.

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    On constate effectivement que, toutes classes confondues, le niveau d’études des enfants d’immigrés    est inférieur à celui d’enfants de souche nationale, mais beaucoup moins qu’on ne le dit : 45% des premiers ont été reçus au bac, contre 54% des second et 21% des effants d’immigrés n’ont pas dépassé le niveau de l’école primaire contre 14% pour les enfants de parents français.
    Mais décomposer ces chiffres par classe sociale est intéressant.
   
    Parmi les enfants d’ouvriers ou employés immigrés, 36% ont le baccalauréat et 19,2% ont un diplôme d’enseignement supérieur, contre 31% et 15ù pour les enfants français de naissance.
    Ce résultat est d’autant plus remarquable qu’il existe une inégalité flagrante de moyens :
    - 49% des ouvriers ou employés immigrés sont au service de particuliers contre 27% pour des français de naissance, et leurs moyens financiers sont moindres.
    - 6% des enfants d’immigrés sont aidés par leur père et 10% par leur mère, alors que pour les enfants de souche française les pourcentages sont de 14% et 36%.
    - les familles immigrées ont davantage d’enfants (taux moyen de fécondité de  2,6 contre 1,92 pour les françaises), alors qu’elles sont moins bien logées d’où des difficultés pour avoir un isolement suffisant pour travailler efficacement.
    - les parents immigrés ont une moins bonne connaissance du français que les français d’origine et ils ont moins de relations sociales locales; donc, le bon maniement de la langue est plus difficile pour leurs enfants.
    Alors comment expliquer cette meilleure réussite : deux raisons sont avancées.
D’abord il semble que le niveau général des immigrant soit supérieur au niveau moyen des habitants de leurs pays; il y a une certaine sélection.
    Surtout il y a la motivation des jeunes pour sortir de leur condition a la fois sociale et ethnique, et justement pour être intégrés.
    Les enfants d’immigrés sont en moyenne plus motivés et plus travailleurs que les enfants français.

    Voyons maintenant l’autre extrémité de l’échelle : les cadres et leurs enfants.
    On constate également que les enfants d’ilmmigrés sont plus diplômés que les enfants français de naissance. M^me pourcentage de réussite au bac : 85%. Mais 58% ont un diplôme de second cycle universitaire contre 47%.
    Là aussi la motivation et l’habitude du travail jouent.

    Finalement, en matière d’études, au lieu de nous focaliser sur les différences ethniques, nous ferions mieux de chercher à réduire les différences sociales.
    Et par ailleurs nous devrions nous poser sérieusement la question sur l’éducation actuelle que nous donnons à nos enfants, le laxisme dont nous faisons preuve, sur le temps qu’ils perdent devant la télévision, internet et les téléphones portables, et le peu d’empressement et de motivation pour leurs études, surtout chez les garçons, qui amènent à ne pas prendre l’habitude du travail, ce qui permet quand même d’arriver à passer le bac pour ceux qui sont assez doués, mais devient catastrophique dans les études supérieure où une quantité de travail beaucoup plus  importante est soudain indispensable.

Samedi 26 octobre 2013 à 8:15

Enseignement, école, fac

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    Tous les jours, au journal télévisé, on nous dit que l’instruction en France est en chute libre, que de nombreux élèves savent à peine lire en Cours Moyen, ne connaissent pas l’orthographe au lycée et sont d’une grande ignorance en culture générale.
    On nous bassine avec la dernière réforme en cours dans laquelle on revient à 4 jours et demi de classe, mais sans cours supplémentaire. Maintenant on s’amuse l’après midi, dans des activités qui certes peuvent éveiller les enfants, mais dont l’utilité est contestable et qui coûtent très cher aux communes. Certes les enfants sont contents, mais je doute que leur savoir s’améliore.
    Quand je vois ce qu'ont appris mes petits enfants au primaire, au collège et au lycée, et pour les avoir souvent aidés, au moins en sciences, je trouve que leurs capacités ont été très sous-employées, qu’on ne leur a pas appris à travailler, et que finalement, ils auraient pu mieux faire.

    Les réformes se succèdent, mais je n’ai jamais entendu un Ministre demander au préalable une étude approfondie sur les causes de ces échecs scolaires et on bâtit une «refondation» de l’école primaire notamment, sur  des idées à priori, sans regarder en arrière.
    L’idée de revenir à 4 jours et demi était peut être bonne, mais pas pour créer de nouveaux amusements : il y en a bien assez avec la télévision, les jeux sur internet et les téléphones portable.
    Dans les années 60/70, on a tellement allégé les programmes et les horaires du primaire que la machine a cessé de fonctionner.
    Puis on a inventé la réforme des maths modernes. Au lycée passe encore, mais au primaire où il faut apprendre des notions pratiques de calcul et de résolution de problèmes logiques d’arithmétique, un enseignement aussi théorique a complètement perturbé l’esprit des enfants : ils ne savaient plus faire les opérations, connaissaient mal la table de multiplication et alors qu’on voulait leur apprendre ce qu’étaient des systèmes à bases diverses, ils ne savaient même plus ce qu’était le système décimal.
    En apprentissage de la langue, on a généralisé la méthode globale au dépends de la syllabique, ce qui est totalement absurde si on regarde le fonctionnement des centres du cerveau d'un enfant de six ans, et on a créé une génération d’élèves, qui savait à peu près lire, mais ne comprenaient pas ce qu’ils lisaient.

    Par la suite, les politiques ont mis en avant, démocratisation de l’enseignement et mixité sociale.
    Certes il est nécessaire que le maximum d’élèves ait accès à un enseignement le plus loin possible, et que les gens d’origines différentes aient l’occasion de se connaître dès leur enfance.
    Mais décréter que tous sont égaux devant l’apprentissage, la compréhension et la mémorisation est absurde et un non sens. Le même enseignement pour tous est une absurdité.
    Cela ne veut pas dire qu’il faut forcément faire des classes en fonction des aptitudes des élèves, encore que dans les grandes classes, leur orientation ne sera pas la même, mais cela veut dire, si on est logique et objectif, qu’il faut faire davantage de cours à certain, répéter certaines notions jusqu’à ce qu’elles soient assimilées, et que pour ceux qui ont de meilleures aptitudes, il ne faut pas qu’ils paressent et s’ennuient. Il faut donc leur faire faire des exercices plus difficiles, pour qu’ils rencontrent des difficultés, il faut leur faire parfois expliquer au tableau à la place du professeur, et les inciter à aider leurs camarades moins favorisés.
    Je me souviens de mon instit en CM2 : le soir en dernière heure, il organisait plusieurs «petites classes» à effectif très réduit, où les meilleurs élèves aidaient les autres (bien sûr il supervisait l’ensemble), et j’ai personnellement appris peut être encore plus en expliquant ainsi aux autres, qu’en écoutant le professeur.
    On a dévalorisé l’enseignement professionnel. Je connais pourtant des jeunes qui ne se plaisaient pas en classe et ne réussissaient pas, et qui, lorsqu’on leur a appris un métier manuel qu’ils aimaient, en alternance, se sont mis à travailler, à réussir et à passer brillamment un bac professionnel. Ils n’ont peut être pas toutes les connaissances générales acquises au lycée, mais ils ont autant de connaissances utiles pour réussir dans la vie, et probablement plus de bon sens.

    Les jeunes qui sont doués et de trouvent devant des cours faits pour que les moins doués suivent, et à qui on ne donne rien à faire de plus, arrivent à suivre sans effort et prennent l’habitude de ne rien faire et de chercher des activités hors lycée dans la télévision et l’ordinateur. Ils ont l’illusion d’être de bons élèves, voire des crack, réussissent leur bac avec mention sans avoir travaillé, et arrivés dans le supérieur où le travail est indispensable, ils échouent lamentablement.
    De plus une multitude d’options, souvent agréables et n’ayant que peu de rapport avec l’enseignement général, détournent les élèves des matières fondamentales et gonflent leurs points au bac, donnant ainsi des mentions illusoires.

    Je ne suis pas le seul à penser que l’on offre aux élèves du primaire et du secondaire des enseignements dévalués, nivelés par le bas, qui ne sont pas centrés sur les matières qui préparent au supérieur : le maniement de notre langue le français, l’apprentissage de l’analyse et de la synthèse, les mathématiques, les sciences physiques et naturelles (SVT), les langues vivantes. Bien sûr la culture générale existe toujours, mais là, les techniques multimédia peuvent faciliter considérablement l’enseignement, par exemple en histoire et géographie. Quant aux options, on pourrait les limiter à des enseignements soit d’approfondissement, soit formateurs comme le latin, soit de base au plan artistique : dessin musique...

    Mais surtout l’enseignement actuel est beaucoup trop théorique. Il y a bien trop peu d’exercices pratiques, près de la réalité, on ne développe pas le calcul mental, la logique, l’esprit d’organisation rationnelle, on n’entraine pas la mémoire. Les élèves ne s’intéressent plus à cet enseignement, dont ils ne voient pas les buts, les applications possibles. Les élèvent ou réussissent mais s’ennuient, ou sont rebutés par leurs échecs.
    Finalement, on n’exploite pas actuellement les capacités réelles des enfants, même les moins doués; on n’utilise pas leur curiosité intellectuelle, on ne sait plus captiver leur intérêt et leur attention, trop orientée vers d’autres activités ludiques. On ne leur apprend plus à travailler et ils ne développent plus leur potentiel.

    C’est aussi une absurdité de vouloir que tous suivent les filières générales.

Plutôt que d’avoir des jeunes en échec, il vaudrait mieux les orienter plus tôt vers des filières professionnelles, où un enseignement en alternance (comme dans d’autres pays européens), permettrait de leur apprendre un métier qui les intéresse et leur plaise, et ensuite de gagner leur vie, mais dont la partie «en classe», leur permettrait de compléter leur formation dans les matières essentielles, en privilégiant les applications pratiques en liaison avec leur futur métier.

Vendredi 27 septembre 2013 à 7:51

Enseignement, école, fac


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          Ce que j’ai écrit hier me fait me souvenir d’articles que j’avais lus sur la Chine, et notamment l’enseignement et l’écriture.
           Vous avez tous vu des caractères chinois, et cela paraît horriblement difficile et même impensable, comme mode d’écriture, pour un occidental.


          La lecture passe forcément par l’écriture, et les caractères les plus courant sont plus de 3000 et un «lettré» doit connaître jusqu’à 60 000 caractères.
Dès leur plus jeune âge, les enfants chinois mémorisent ces idéogrammes, leur prononciation et leur sens en faisant des lignes d’écriture à la main.
 Chaque caractère se décompose en plusieurs éléments distincts, souvent porteurs de sens : des séries de traits, (jusqu’à une trentaine), agencées dans l'espace d'un carré. Les enfants apprennent l’ordre des traits à réaliser pour écrire chaque caractère, et donc sa structure.
Parmi ces structures élémentaires, environ 200 reviennent fréquemment et sont appelées les «clés».

          Le clavier d’ordinateur chinois est donc très compliqué : soit on part de la décomposition du caractère en éléments (les traits), soit on passe par une transcription latine de sa prononciation en mandarin. Dans les deux cas, l’ordinateur propose une série de caractères possibles, (un peu comme votre téléphone portable en écriture prédictive d’un sms), dans laquelle le rédacteur va aller choisir le caractère qu'il veut insérer, en fonction donc de l’image qu’il voit à l’écran.
          L’écriture se fait donc sur un clavier, non plus par dessin à la main, mais par reconnaissance visuelle au sein d'une liste, et d’après les journalistes chinois, il devient fréquent, même pour des diplômés de t'université, de se retrouver incapab[e d écrire à ta main un mot même usuel,

          Ceci caractérise tout à fait le rôle des circuits de commande des gestes dans le renforcement de la mémorisation de l’écriture, pour aider la vue, dans le renforcement des connexions de mémorisations.
Faute d’entraînement régulier les gestes manuels trop nombreux à retenir,tombent peu à peu dans l’oubli.
          C’est ce qui risque d’arriver pour notre écriture cursive, si on l’abandonne trop tôt dans l’enseignement.
          On a oublié l’écriture des mots que pourtant on sait lire et prononcer.
          La raison en est simple : l’écriture à ta main renforçait la mémorisation, et écrire fréquemment permettait une maîtrise constante. Avec la généralisation de l’ordinateur, on peut se demander ce qu'il restera comme capacité à écrire en chinois d'ici cinquante ou cent ans, et le gouvernement chinois s’inquiète de cette évolution, sans conséquence économique, mais au plan culturel.
         Encore qu’il existe en Chine des «écrivains publics calligraphes», mais dont le coût des services risque d’augmenter avec leur raréfaction.

        Je reçois régulièrement tous les jours de la pub en caractères chinois, je ne sais par quel processus, et j'ai eu du mal à programmer mon mac pour qu'il les reconnaisse et mette directement le message à la poubelle.

Jeudi 26 septembre 2013 à 7:44

Enseignement, école, fac

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                    J’ai entendu au journal télévisé une information qui m’a effaré : l’Education Nationale envisageait à terme de supprimer l’apprentissage de l’écriture cursive, du fait de l’usage du clavier d’ordinateur.
Peut être apprendrait on encore à écrire à la main quelques lettres d’imprimerie (non liées) ou des majuscules.

J’espère que c’est une bêtise de journaliste, mais, aux USA, 45 états ont adopté une nouvelle norme d’enseignement, dont l’écriture manuscrite est exclue. les américains pensent que cette écriture est une tradition périmée, alors que maintenant le clavier remplace le crayon et le papier, que l’on prenne des notes ou que l’on écrive.

Personnellement j’utilise un micro-ordinateur dans mon travail et chez moi depuis 1980 (un Apple 2) et c’est vrai que je n’utilise plus le stylo que pour signer ou pour écrire quelques adresses sur des enveloppes, ou mes listes de courses sur des post-it.

Je tape plus vite que je n’écris à la main, et pourtant je considère qu’apprendre l’écriture cursive est essentiel et que l’usage systématique de l’ordinateur pour écrire ne devrait commencer qu’au lycée (ce qui ne veut pas dire qu’on n’apprendrait pas à s’en servir, comme moyen de recherche documentaire, pour des exposés genre Powerpoint, pour traiter des photos ou des films...). Mais les prises de cours et les travaux rédigés en classe devraient être encore la plupart du temps exécutés à la main.

Je vais expliquer sur quoi je m’appuie pour dire cela.

 

Vous avez sans doute entendu parler de la querelle méthode syllabique ou globale pour apprendre à lire. Si l’on se réfère aux études neurobiologiques, les centres de Broca et de Wernicke sont situés à gauche et ont un processus plutôt logique et d’analyse, alors que les images et donc les mots globaux sont plutôt vus par l’hémisphère droit. Bien sûr le corps calleux, faisceaux de centaines de millions d’axones, sert de passerelle entre les deux hémisphère, mais il n’est pas toujours entièrement mature vers 6 ou 7 ans. C’est pourquoi il vaut mieux commencer à apprendre à lire et écrire en méthode syllabique et quand le processus de décomposition-recomposition en syllabes est bien ancré, utiliser alors aussi la méthode globale pour reconnaître peu à peu les mots entiers.

Bien sûr nous ne syllabons plus ensuite et notre cerveau apprend à lire les mots entiers, voire plusieurs mot qui se suivent à la fois.

Voyons maintenant ce qui se passe quand nous écrivons.

Si nous écrivons en lettres cursives, qui sont liées entre elles, comme nous l’avons appris jeune, nous n’écrivons pas lettre par lettre, mais le cerveau fait écrire le mot entier à la main. Essayez d’ailleurs, fermez les yeux. Vous écrirez aussi bien le mot, même s’il n’est évidemment pas bien sur la ligne. Les centres de commande de la main ont acquis un automatisme sur le mot complet.

Si nous tapons sur un clavier, si nous avons appris à lire et écrire à la main avant, au début de l’apprentissage, nous épelons mentalement les mots (et non par syllabes). Puis nous gagnons en rapidité et nous n’épelons plus sciemment, mais les doigts tapent les lettres, les unes après les autres, inconsciemment et le cerveau retient une succession de lettre et non une image d’un mot.

Aussi vous arrive t’il d’inverser deux lettres, alors que à la main, cela n’arrive jamais, (sauf aux dyslexiques).

Et de temps à autre, je suis sûr qu’au clavier, vous hésitez sur l’orthographe d’un mot, et qu’alors vous l’écrivez sans hésiter à la main, car c’est la mémoire musculaire et non visuelle qui intervient alors.

En définitive, en tapant sur un clavier, c’est de la récupération de fichier, il faut se souvenir (inconsciemment) où sont les 26 lettres dans le mot et sur le clavier (plus accents et ponctuation). Ecrire un mot, c’est à chaque fois un mot nouveau, c’est faire appel à des capacités motrices beaucoup plus complexes, qui, une fois apprises, ne s’effacent pas.

 

L’écriture cursive est donc une aide à la mémoire. Quand j’étais étudiant, je recopiais plusieurs fois les formules ou les définitions qu’il fallait savoir par cœur, car le temps pour faire les épreuves était limité aux concours, et savoir cela était essentiel. Le fait de les écrire me les faisait mieux retenir que si je les lisais seulement. Les centres de commande des muscles, venaient aider le cnetre de Wernicke pour renforcer des connexions entre l’hippocampe, professeur de la mémoire, et les neurones alloués aux données et souvenirs.

Depuis que je me sers beaucoup du clavier, j’ai essayé le même processus sans succès mes muscles «n’enregistrent» pas une succession de mots tapés et il faut que je repasse par l’écriture au crayon pour aider la mémorisation.

 

Mais bien plus, l’écriture à la main est un apprentissage de la rédaction, de l’analyse et de la synthèse.

Pour bien exprimer sa pensée il faut trouver les mots justes, les phrases qu’il faut. Bien que ce soit un choix rationnel, il est assez inconscient, mais en fait il résulte d’un long apprentissage des enseignements primaire et secondaire notamment.

Quel est l’apport de l’écriture ?

Le texte sur ordinateur est perfectible à l'infini : les corrections sont faciles, invisibles; Aussi il ne nous engage en rien, et, qu'il s'agisse du choix des mots ou de la structure de Ia phrase, cela nous donne Ia liberté de faire n'importe quoi. Nous nous lançons imprudemment dans une phrase sans savoir où elle va nous mener et nous finissons par nous y perdre.

L’ écriture à la main, au contraire, nous force à réfléchir davantage. Les mots sont sur la page et nous ne pouvons pas les changer sauf en faisant des ratures. Et il nous faut donc composer la phrase mentalement avant de l’écrire, ce qui donne des phrases plus courtes et plus claires.

Et de la même façon que les associations d'idées liées à la réflexion suscitée par l'écriture manuscrite sont source de précision, les contraintes de l'écriture stimulent la créativité. Si l’on n’a pas appris à créer et rédiger, rRien n'est plus paralysant qu'un écranblanc, justement à cause de ses possibilités infinies. 

Notre manière d'écrire a, à l’origine, une incidence sur ce que nous écrivons. Vous écrivez différemment avec une plume et de l'encre ou avec un clavier d'ordinateur. Vous pensez djfféremment, sauf si ayant appris en écrivant à la main, vous gardez au clavier les mêmes réflexes d’anticipation de la pensée et la créativité préalable.

 

Je ne suis pas contre l’usage intensif et presque exclusif du clavier, mais je pense qu’il n’est pas aussi générateur d’apprentissage et de mémorisation que l’écriture manuelle cursive, et que par conséquent, pour avoir les mêmes qualités qu’aujourd’hui, il faudra apprendre et utiliser l’écriture pendant une dizaine d’années, tout en apprenant à se servir du clavier, pour effectuer l’apprentissage de la mise en texte de la pensée, et qu’une fois cela appris, on pourra alors ne s’en servir qu’occasionnellement, ne serait ce que pour signer quelques documents.

 

Lundi 22 juillet 2013 à 8:44

Enseignement, école, fac

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            Je me suis aperçu que j'avais parlé des sujets de philo du bac 2à&", mais pas des sujets de français. Ceux-ci m'intéressent pourtant aussi.
            Les deux sujets de L ou de S + ES comportaient un exercice proche du cours portant sur les textes joints à l'énoncé du sujet, puis soit un commentaire, soit une "invention" qui prolongeait ces textes soit une dissertation.
            Ce sont évidemment ces sujets de dissertations qui m'intéressent. Les voici :
 
            - Pensez-vous que toute création littéraire soit, d'une certaine manière, une réécriture? (L)
            - Le romancier doit-il nécessairement faire de ses personnages des êtres extraordinaires? (S + ES).
 
            Ces interrogations sur le métier d'écrivain et de romancier sont intéressantes.
            Je pense que la première question n'est pas particulière à la littérature, mais qu'on pourrait poser une question analogue pour toutes les activités et la créativité artistique.
            Comme le disait Pasteur des microbes, il n'y a pas de génération spontanée.
Toute construction de notre pensée ne crée pas ex nihilo et s'appuie sur nos sensations passées et donc sur notre mémoire. L'innovation, même en sciences, c'est de rapprocher des données en mémoire, que les autres personnes n'ont pas encore songé à rapprocher et c'est cela la créativité, cet art de mettre ensemble des choses qui ne le sont pas habituellement.
            La littérature n'échappe pas à ce phénomène.
            Bien sûr on peut rester très proche d'un modèle, d'une situation, voire d'autres récits existants, ce qui est le cas dans la parodie, le pastiche, la réécriture d'anciens succès dans un environnement différent (c'est très courant au cinéma).
            L'énoncé du sujet parle de "création littéraire", donc d'une œuvre qui ait une certaine originalité, qui fasse preuve d'imagination.
            En fait l'auteur va puiser en lui même et dans sa vie, dans les hommes qu'il connaît, dans les situations et environnements qu'il a traversés, ou qu'il a au minimum, rencontré dans sa documentation, ou dans ses études sur le tas.
            Son imagination va marier ainsi des situations et des personnes réelles différentes, qui ne se sont pas rencontrées réellement, mais il va évidemment broder sur les détails, partir de choses "possibles" pour en créer de nouvelles, qui leur ressemblent plus ou moins.
            Le problème de la créativité ce n'est pas d'innover tous azimuts, mais de créer à partir d'éléments différents proches de la réalité, un ensemble cohérent, qui ne soit pas invraisemblable, mais qui paraisse suffisamment différents de ce que nous connaissons.
            Toutefois la meilleure créativité n'est rien si le romancier n'a pas le don de nous intéresser et dont une écriture de qualité.
 
            Le second sujet m'amuse, car je pense évidemment tout de suite aux médias et à la soif d'extraordinaire et de sensationnel des journalistes.
            Ce qui me gêne un peu dans l'énoncé c'est "le doit il nécessairement". Il me semble que le romancier a le choix; et il me semble qu'il manque un but poursuivi, une conséquence. Pourquoi cette orientation d'êtres extraordinaires : pour réussir et être lu ? pour sa propre satisfaction de créateur ? Etre conforme à des règles, des habitudes ?
            Evidemment le romancier qui écrit un roman de fiction, un conte, un roman d'aventure héroïque ne peut se contenter de personnages trop proches de la réalité quotidienne, et il se doit de créer des personnages imaginaires et sortant de l'ordinaire, qui soient ou deviennent des héros. L'Iliade, l'Odyssée, la chanson de Roland, les romans de chevalerie en ont montré le chemin.
            Le personnage n'est pas forcément un héros au qualités ou dons extraordinaires, mais le personnage doit être suffisamment original par certains aspects, ne serait ce que psychologiques, en bien ou en mal.
            Mais tous les romans ne sont pas de ce type, et la plupart se passent dans notre monde, dans la réalité, et donc même s'il s'agit d'un héros, il doit se trouver dans un milieu qui ait une relation avec celui que nous connaissons.
            En fait si le personnage n'est pas en accord avec l'environnement, avec un minimum de réalité, il va nous apparaître comme décalé, comme invraisemblable. Le romancier doit adapter ses personnages aux situations et au décor dans lesquels il les place.
            Certains romans ont connu du succès tout en étant des romans autobiographiques, et donc sans vraiment souci de recherche de l'extraordinaire.
            Dans beaucoup de romans, il n'y a pas vraiment un héros, mais un ensemble de personnages, qui peuvent avoir des caractéristiques très différentes. La description d'un milieu, d'une société, d'une profession, qui nous plonge vraiment dans un environnement donné, peut impliquer des personnages très différents, sans véritable "héros" et être cependant passionnant.
            Je crois que pour qu'un roman nous intéresse ou nous touche, il faut qu'il nous implique suffisamment, qu'il nous fasse nous identifier, sinon à un personnage, au moins à l'histoire, aux lieux ou aux sentiments et émotions, que nous ne soyons pas uniquement spectateurs, mais un peu participants.
            
            Finalement quelque soit le caractère des personnages, un roman ne nous passionnera que si le sujet est intéressant et s'il est bien écrit. Le talent du romancier fait plus à mon avis que ses personnages.

Dimanche 23 juin 2013 à 7:24

Enseignement, école, fac

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Dernier article sur ce que m’inspirent les sujets de philo du bac 2013.

               Je ne commenterai pas le sujet
                                  "Que devons nous à l'Etat ?"
                C'est vraiment un sujet bateau, une question de cours pour les ES. Ce n'est pas sans intérêt certes mais je vous renvoie au corrigés qui paraîtront.
Et j'aurais envie de vous dire, comme Louis XIV, "L'Etat, c'est moi", car je respecte ses lois, je vote, et je paie les impôts qui lui permettent de fonctionner. Bien sûr il m’a apporté beaucoup aussi.

                 Un sujet qui m'intéresse davantage, c'est :
                                    "Le travail permet il de prendre conscience de soi ?"
               
  Cela dit, je n'aime pas cette formulation, car en psychologie, la conscience de soi, c’est habituellement soit la conscience d’être et d’exister, soit la conscience de sa personnalité, à la rigueur la conscience des règles acceptées par son surmoi. Je me demande quelle était la signification de la conscience de soi pour celui qui a posé le sujet ?
            Je vais essayer de traduire cela autrement pour traiter le sujet.
            Prendre conscience de soi, c'est se reconnaître comme un individu distinct des autres ayant l’identité d’une seule et même personne physiquement et intellectuellement, notre cerveau étant unique au départ et encore plus lorsqu’il a été formé par l’éducation, l’instruction et la vie.
            En quoi le travail peut il nous aider et nous apporter quelque chose dans ce domaine ?
 
            D’abord qu’est ce que le travail ? Car il peut avoir bien des aspects différents.
            Le travail commence à la communale, au collège, au lycée, à la fac.
            C’est ensuite celui de notre métier, mais il a alors bien des facettes différentes.
 
            L’enfant qui naît n’a dans son cerveau que des automatisme de la vie de son corps et un immense potentiel intellectuel. Mais il doit son développement à l’éducation de ses parents ou des personnes qui veillent sur lui, puis à ses instituteurs et professeurs.. C’estle travail qu’il fournit avec leur aide qui va le rende intelligent, à condition qu’il développe sa mémoire et acquière des connaissances et des capacités.
            Le travail d’éducation et de formation ne fait pas que lui faire prendre conscience de soi, en fait, il façonne et crée le « soi » de chaque enfant ou jeune, jusqu’à ce qu’il entre dans la vie active.
 
            Le métier que l’on pratique peut avoir des aspects bien divers.
Travail manuel, travail intellectuel, travail pénible, travail intéressant voire passionnant.
Pour certains ce n’est qu’une corvée pénible, mais indispensable pour gagner leur vie. Pour d’autres c’est un travail enrichissant qui les épanouit.
            J’ai fait le 26/5/2007, un article sur la pyramide de Maslow, schématisée ci dessous.
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            Les personnes qui ont un travail pénible et peu intéressant satisfont les besoins de survie et de sécurité. Eventuellement ils trouvent dans l’environnement du travail le besoin d’appartenance à un groupe, bien que de nos jours, il se satisfait plutôt au sein d’amis. Mais certains pourront le trouver, ainsi que le besoin d’estime et de reconnaissance, dans un rôle syndical actif.
            Ceux qui auront la chance d’avoir un travail instructif, intéressant et peu pénible, pourront non seulement satisfaire les besoins précédents, mais aussi une prtie du besoin d’accomplissement.
            Passer ainsi de la fac à l’exercice d’un métier, de la vie d’étudiant à la vie d’adulte, fait découvrir un autre aspect de soi-même. Par le travail, l’homme transforme certes son environnement, mais il se transforme aussi lui-même et fait progresser des facultés et des capacités dont il prend peu à peu conscience.Le travail est aussi l'occasion d'une découverte de soi par expérience. On découvre également qui on est en faisant, en étant confrontant à certaines difficultés ou choix.
 
            En définitive, je pense que le travail peut être le cadre d'une prise de conscience et de réalisation de soi mais ce n'est pas le seul facteur de ce domaine.
            Le travail permet de s'inscrire en tant qu'homme et individu face à soi dans le monde. Nos œuvres portent notre marque personnelle, elles sont un reflet de nous face à nous, devant nous. On s'affirme comme homme et individu face à soi et aux autres.
            Encore faut-il qu'il y ait œuvre et donc absence d'aliénation du travail et que la productivité n'empêche pas originalité et créativité, que l'individu ne soit pas noyé dans une société uniforme que peut produire le travail en tant que labeur, tuant toute liberté, toute individualité et réduisant le travailleur à un consommateur.
            Et l’homme qui ne travaille pas, perd, à l’inverse, le contact avec lui-même. Le chômage, en plus de l’angoisse économique qu’il suscite (de quoi sera fait demain ?), engendre par l’absence de travail une angoisse personnelle et existentielle. L’inactif ne sait plus qui il est, quelle est sa place, son rôle. Il a perdu conscience de lui même.

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lancien

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