Jeudi 7 novembre 2013 à 7:58

Solitude, Ennui, Absence

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        J’ai entendu au journal parlé une nouvelle triste et inquiétante.
        Un vieillard a été retrouvé ces jours ci, mort dans son appartement : il était décédé depuis 8 ans !!
        Comment cela est il possible?
        Evidemment c’était une personne qui n’avait pas de famille proche, et donc très isolée, mais tout de même !

        En y réfléchissant plus, on peut penser ceci :
        Cette personne était retraitée et tous les mois, sa retraite était versée sur son compte bancaire.
        Il était propriétaire de son logement en bon état. Les charges correspondantes devaient être prélevées sur son compte.
    De la même façon les dépense d’eau et d’électricité, de téléphone ou d’internet.. Tout de même les services correspondants auraient dû s’apercevoir que la consommation était bien faible.
        Les impôts devaient être mensualisés et donc également soumis au prélèvement.
    Les assurances : si vous ne payez pas, on suspend votre contrat, mais on ne s’inquiète pas.
    Le reste c’est la consommation courante, vous le payez par carte bleue, chèque ou espèces. Si vous ne consommez pas, vous n’avez pas à payer.
        Evidemment la boîte aux lettres déborde un peu, mais peut être recevait il peu de lettres et la pub, on la jette systématiquement.
        Quant aux banques, elles ont supprimé beaucoup de personnel et c’est l’ordinateur qui traite le courant. Lui ne réfléchit pas et ne peut s’étonner, sauf s’il y a une grosse erreur (et encore !!).
    Donc dans notre monde informatisé et robotisé, ce n’est pas étonnant que les services continuent à fonctionner à vide.

        Mais tout de même, cet homme avait des voisins !
Dans les grandes villes aujourd’hui, les gens sont pressés, stressés et ont perdu pour beaucoup leur altruisme.
        Je vois dans mon immeuble où il y a des ascenseurs, on ne se croise que rarement, en général au parking de voitures. Donc on ne sait pas ce que devient le voisin, si c’est quelqu'un de discret qui ne fait pas de bruit et ne cherche pas le contact.
        Je suis pratiquement le seul à connaître tout le monde, car je sers en quelque sorte de syndic bénévole et il m’est arrivé d’aller taper à la porte de personnes que je n’avais pas vues depuis 15 jours, alors que leurs volets n’étaient pas fermés.
        Mais effectivement, en dehors de tous les travaux, ce que j’ai souvent à traiter, ce sont des différents entre voisins, parce qu’ils font trop de bruit, qu’ils encombrent les parties communes, ou un problème dans leur appartement.
        Le voisin qui ne fait pas de bruit et ne vous ennuie pas, on l’oublie !!

Mardi 16 juin 2009 à 8:25

Solitude, Ennui, Absence

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    Un des parents avec lesquels je corresponds me faisait remarquer que de nos jours où les moyens de communication ont décuplé, la communication entre personnes, et notamment entre jeunes et parents était de moins en moins bonne.
    Je voulais donc écrire sur cette communication. Mais j’ai pensé à un article d’un jeune qui écrivait il y a quatre ans sur tchatcheblog, qui m’avait paru très pertinent et que j’avais conservé et qu’à l'époque il m’avait autorisé à citer.
    Le jeune auteur constate sa solitude et celle des autres; il a initialement tendance à dire qu’il n’est ni compris, ni aidé, puis découvre que pour communiquer il faut être deux :

    “Je n'avais d'ailleurs pas totalement tort... J'étais seul... En revanche, ce dont je ne me rendais pas compte, c'est que cette solitude, c'est moi qui la créais et qui l'entretenais... Oui parfaitement, c'est moi qui tournais le dos au monde...
    J’avais à mes cotés des personnes qui ne m'aidaient pas...
Mais comment auraient-elles pu le faire alors que je refusais qu'elles m'approchent?
    J'avais à mes cotés des personnes qui ne me soutenaient pas...
Mais pourquoi l'auraient-elles fait alors que je les envoyais balader?
    J'avais à mes cotés des personnes qui ne me regardaient pas...
Mais pourquoi l'auraient-elles fait alors que je détournais le regard?
    J'avais à mes cotés des personnes qui ne remarquaient pas que je me sentais seul...Mais comment auraient-elles pu le remarquer alors que c'est moi même qui dissimulais volontairement ce que je ressentais.
    J'avais des personnes qui n’étaient pas à mes cotés ...
Mais comment auraient-elles pu l'être alors que je les écartais très soigneusement de mon passage et ce, en les décourageant de revenir à la charge?

    Une des raison pour laquelle j'ai eu tant de mal à me retourner est cette peur... De soi... Mais en fait, surtout des autres... Plus précisément de ce que pensent les gens que j'aime...
    La peur de décevoir... On croit savoir qui et comment on peut décevoir. Des fois on se trompe, des fois non... Quand on pense décevoir, alors qu'on est victime par exemple, il y a environ 99 % de chance qu'on ne déçoivent pas si la personne en face est sensée... Je parle pour tout ce qui est grave et dont on a si peur de parler (ou pas envie d'ailleurs).....
    La peur que j'avais de décevoir, la peur que j'avais de moi, sous prétexte que je me sentais pas assez « bien » par rapport aux autres, était infondée...”


    Cette analyse me parait extrèmement pertinente et lucide.

    D’abord il faut être deux pour parler et chacun doit faire un pas vers l’autre.
    Quand vous jeunes vous souffrez, vous reprochez à vos parents d’être indifférents à votre peine, mais vous n’avez rien fait pour la signaler ou du moins pas d’explication claire, sans ambiguité, et cela mène parfois à des solutions extrèmes : scarification, drogue, tentative de suicide.
    Il faut trouver un moyen d’avertir avant d’en arriver là.

    Vaincre cette peur de décevoir, d’être mal jugés par ceux qu’on aime. Et pourtant !
    Mais il faut aussi que les adultes soient à l’écoute, qu’ils vous écoutent, en essayant d’analyser objectivement, de comprendre, et surtout de ne pas vous juger !

    Je m’en rends bien compte, car ceux qui s’adressent à moi ne m’ont pas réellement en face d’eux; je leur dis qui je suis, mais eux restent sous le couvert de l’anonymat.
    Ils voient que je les écoute et que je ne les juge jamais. On parle de leurs problèmes, mais aussi de certains des miens, notamment quand j’étais jeune, pour que la confidence ne soit pas à sens unique, qu’il y ait dialogue.    
    On parle de notre vie de tous les jours, de l’avenir, de ce qu’on voudrait qu’il soit.
    Cette peur de décevoir disparaît et une certaine amitié nait et fait que l’on a confiance l’un en l’autre, que l’on n’est plus seul, qu’un jeune peut s’appuyer sur l’adulte, mais aussi qu’il apporte à cet adulte des émotions et des joies, une connaissance d’une personnalité et de sa vie.

    On ne peut dialoguer qu’à deux et si chacun a confiance en l’autre.
    Ce n’est pas toujours possible, et j’ai malheureusement des exemples où la confiance entre parents et enfants a été totalement détruite. Il faudrait ne jamais en arriver là, mais on ne fait pas toujours ce qu’on voudrait !

Vendredi 13 mars 2009 à 16:51

Solitude, Ennui, Absence

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    A la suite de mon article d’avant hier sur la solitude j’ai eu des commentaires intéressants et une quinzaine de mails.
    Je tâcherai de répondre ce week-end à ceux qui évoquent des problèmes personnels.

    Deux réflexions m’ont frappé.
    D’abord celle d’un correspondant : j’ai peu de garçons qui me lisent, alors cela m’intéresse d’autant plus. Voilà le commentaire :

“....Je sais que quand je me seul comme ça, je n'ai pas nécessairement besoin de discuter avec autrui, je me concentre un peu sur moi-même, je m'isole encore plus et j'ai l'impression de discuter avec moi-même jusqu'à trouver ce qui ne colle pas. C'est un peu paradoxal, je sais ( et peut être même incompréhensible ) mais je sais que pour moi, ça marche et je me retrouve et me " soigne " comme ça....”

   
C’est une bonne solution, car effectivement on se force à abandonner son cerveau émotionnel pour interroger son cortex frontal et revenir à la raison.
Les pensées tristes ne tournent plus en rond et en plus on finit par savoir contre quoi il faut réagir.
    Cependant je ne recommanderai pas cette solution à tous.
    Il faut une certaine force de caractère pour l’appliquer, pour se forcer à réfléchir et tous n’y arriveront pas. On risque alors de voir tourner de plus belle, les pensées tristes dans le circuit de Papez du cerveau émotionnel !
    Mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer. et si vous n’y arrivez pas, alors il vaut mieux essayer de parler à quelqu’un plutôt que de rester seul(e).

    Autre commentaire, qui est relayé par plusieurs mails :

“...je me suis reconnue dans tes propos....
Comme tu le dis, je suis entourée par une mère, un petit ami. Apres le lycée, j'ai perdu tous les amis que j'avais, il a fallu réussir à ré-apprivoiser des gens. Sauf que le fait de se sentir abandonnée  par les personnes à qui on a fait confiance pendant 3 ans, me fait voir les choses différemment. Plus envie de faire confiance, de montrer ce "moi" dont tu parles...
    Alors on se réfugie sur internet? Sans trop se dévoiler tout de même de peur que quelqu'un qu'on connait dans la vrai vie, n'en apprenne trop sur nous par ce moyen public et dérivé.
    D'où vient ce besoin de se livrer à des gens qui font le premier pas? Qui montre un réel intérêt pour nous? D'où vient cette peur de faire confiance?...”


    Problème de confiance oui, mais lié au fait que l’on a peur de l’opinion des autres. La peur de montrer son “moi”, autre que la “Personna”, c’est en général la peur de décevoir, de ne pas plaîre, d’être jugée.
    On fait confiance à certains parce qu’on les connaît et qu’on sait qu’on peut compter sur eux, jusqu’au jour où l’éloignement, la lassitudeou l’oubli viennent  perturber cet équilibre, ou parfois aussi un jugement intempestif.

    Ce problème de confiance, je le rencontre tous les jours quand une personne que je ne connais pas m’écrit pour me poser une question personnelle ou discuter d’un problème.
    Ou bien cette personne, après avoir lu des morceaux de mon blog, décide de me faire confiance, et le dialogue s’installe vite.
    Ou bien elle a peur de ce que je vais penser d’elle, et là c’est à moi d’agir pour qu’elle ait peu à peu confiance.
    D’abord en l’écoutant, en m’intéressant à elle, en essayant de comprendre surtout sans la juger. En posant des questions logiques, en restant au début dans le formel, l’objectif, le logique, le raisonnable. Là on peut se comprendre, et cela permet de se connaître un peu.
    Comprendre le subjectif, le sentimental, cela ne peut venir qu’ensuite quand on a déjà une idée de la personnalité et des réactions du comportement de l’autre.

    Gagner la confiance, c’est en quelque sorte apprivoiser l’autre, mais cela doit être mutuel et donc la relation doit être réciproque. Il faut finir par se sentir important l’un pour l’autre, dans les deux sens.
    Ce qui est imporatnt de faire auprès de celles qui m’appellent, c’est de leur apporter un peu de ma tendresse de grand-père, mais qu’elles aussi m’apportent une certaine amitié..
    Cet amour, je l’ai encore plus fort pour ceux de ma famille, mais paradoxalement cela m’est plus difficile de faire vis à vis d’elle, ce que je fais avec vous, que je connais à peine. Pouquoi ceci, en apparence absurde?        
    C’est beaucoup plus facile à vous de vous confier à moi, parce que je ne sais pas votre nom, votre identité. C’est normal, c’est la crainte d’être jugé, d'être mal comprise.
    Quand un de mes petits enfants vient me parler de ses ennuis, il n’ose pas me regarder en face, les yeux dans les yeux; et pourtant il sait que je l’aime et que je ne le prendrai pas pour le petit chaperon rouge. Il me téléphone, m’envoie un mail, ou cache sa tête dans mon épaule pour parler et encore, à condition que je caresse doucement ses cheveux pour lui donner confiance.
    La confiance, tout est là; je m’en rends compte depuis que vous me racontez tous vos secrets. Avoir confiance en ses parents qui ont l’autorité parentale, ses amis qui sont parfois mauvaise langue, c’est difficile.
    Mais ce que je sais c’est que même si je ne connais pas vos identités, vous m’en dites souvent plus que vous n’en avez jamais dit à personne, (et c’est quelquefois réciproque). Internet n’est qu’un fil entre nous, ce sont le grand père et la petite fille virtuel(le) qui se parlent c’est à dire des êtres humains avec leurs joies, leurs peines, leurs sentiments, leur coeur, quelquefois aussi leur intelligence (heureusement, je ne vais quand même pas laisser croire que nous sommes tous idiots!).
    Mes correspondantes “philosophes” vont être aux anges : deux concepts pour vos réflexions : la “confiance virtuelle” et la “réalité du rapport abstrait entre deux êtres virtuels”, et aussi cette amitié qui s’installe, est elle réelle ou virtuelle ? N’attrappez pas d’insomnieà y réfléchir........
    Cela me rappelle une dissertation qu’aavit une de mes filles “un trou est il abstrait ou concret”  ! (Sic). Amusez vous, ce n’est pas si simple !

    Et pourquoi je m’intéresse à vous?
    Sans doute au départ, il y a quatre ans, parce que mes collaborateurs dans mon travail venaient souvent me demander des conseils personnels et que, quand on est en retraite, ces contacts vous manquent et on a un peu l’impression d’être inutile. Alors on a plein d’activités bénévoles, histoire de ne pas se considérer comme “un vieux à charge”.
    Puis parce que j’ai eu des enfants et des petits enfants et que, pour les raisons que j’ai évoquées, le fait d’être leur parent fait qu’on n’a pas toujours une communication facile, cette confiance, l’absence de crainte d’un jugement de valeur, parce qu’on tient à la bonne opinion de l’autre.
    Sans doute aussi parce que maintenant que j’ai une certaine expérience de ce dialogue, je pense que je peux apporter quelque chose, même si ce n’est parfois que très temporaire ou incomplet.
    Et puis parce que parmi ceux ou celles avec lesquel(le)s j’ai dialogueé, certain(e)s m’ont vraiment accordé leur amitié, même si ensuite elles n’avaient plus vraiment besoin que je les aide car elles étaient sorties d’affaire.
    J’ai ainsi quelques “petites filles virtuelles” avec lesquelles je correspond régulièrement depuis près de 4 ans et cela fait finalement très chaud au coeur quand on est un vieux singe.

Mercredi 11 mars 2009 à 8:22

Solitude, Ennui, Absence

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    Les désespoirs les plus forts que j’ai vus depuis cinq ans, résultent souvent d’un choc ou d’un traumatisme grave.
    Une autre forme de souffrance très courante et très forte aussi, est la conséquence de l’isolement, du sentiment d’abandon.
     Mais je suis toujours étonné du nombre de mails que je reçois dans lesquels vous vous plaigniez d’être seul(e)s, ou vous vous sentez abandonné(e)s de tous, alors que vous me dites par ailleurs que vous avez plein de copains, copines et amis, voire un(e) petit(e) ami(e), des parents finalement “supportables”, et des frères ou soeurs "modérement casse-pieds”.
    Pour certains c’est le sentiment d’être abandonnées par vos parents; vous croyez qu’ils ne vous aiment plus, qu’ils se désinteressent de vous notamment lorsqu’’ils vous ont confiées à un psy.

    Je sais que l’adolescence est une période difficile où l’on est mi-enfant, mi adulte, où l'on doit peu à peu, couper le cordon ombilical qui vous lie à la famille, mais que cela est difficile et que, à la  fois, on voudrait rester enfant et on craint de le rester et de ne pas avoir sa liberté.
    J'ai constaté que c’est surtout vrai entre 13 et 17 ans puis que ce phénomène s’atténue : vous vous y habituez.
    Mais dans cette tranche d’âge, et donc à peu près la période du lycée, vous avez en général une vie de plus en plus sociale avec les ami(e)s et camarades notamment de classe, et cependant vous vous sentez seules.
    Je crois donc que c’est une solitude morale, le sentiment de ne pas être compris(e), de ne pas être assez écouté()e et de manquer de tendresse, de se trouver dans un environnement hostile, un peu perdu(e).
    Je constate d’ailleurs que souvent de petits incidents prennent de grandes proportions, un peu démesurées, probablement en fonction de ce sentiment d’isolement face aux problèmes.

    Je crois peut être connaître une raison psychologique de cet état qui vous stresse : dans le monde extérieur, avec les autres, la partie de vous qui est présente est ce que l’on appelle “la Personna”, c’est une partie seulement de vous même, mais avec, en plus, le rôle que vous jouez dans la vie, l’impression que vous voudriez donner de vous même, conforme à vos aspirations, à ce que vous voudriez être, et ce "cinéma",  ce n'est pas votre moi réel.
    Mais il y a une autre partie, plus ou moins consciente de votre “moi” que vous ne montrez pas, c’est votre moi secret, votre moi intérieur et caché.

     L’enfant n’a pas conscience de cette dualité. L’adulte s’y est habitué.
    Le jeune la découvre peu à peu. Il prend d’abord conscience qu’il n’est pas entièrement sincère dans sa vie extérieure et que, dans une certaine mesure, il joue une certaine comédie. Puis il explore peu à peu son “moi caché”, et il se rend compte qu’il ne le partage avec personne, et que d’autres qu’il aime, ont aussi un “moi caché”, qu’ils ne partagent pas avec lui.
     Je crois que c’est cette découverte de l’adolescent de la dualité du moi et de la diffiulté de parler d’une partie de celui-ci,, qui vous fait tout à coup ressentir une grande solitude.

    Certain(e)s d’entre vous me disent cette solitude, et me parlent de leurs conversations avec un psy, qui les aide à découvrir leur moi caché, mais c’est à sens unique, c’est plus un monologue qu’un dialogue.
    D’autres me parlent de leurs échanges avec leur petit(e) ami(e) et la aussi, par timidité, parce que c’est nouveau de se découvrir ainsi, parce qu’on a peur de décevoir celui qu’on aime, ce dialogue sur vos “moi intérieurs” ne se fait pas. Et cela renforce encore votre solitude, qu’en fait vous créez vous même en partie.
    Poutant , pour beaucoup d’entre vous, dans vos mails vous arrivez à me parler de ce “moi caché”, à condition qiue moi aussi je fasse un effort sur moi même, et que je vous livre un peu du mien. Il faut un dialogue, un échange mutuel, pour arriver à se comprendre.
    Et j’ai l’impression qu’ensuite (c’est du moins ce que vous me dites), vous vous sentez beaucoup moins seul(e), alors qu’on a simplement discuté ensemble, sincèrement, sans juger l’autre, en essayant seulement de se comprendre.

     Il existe un adage qui reflète bien cette situation :
“Si on veut vraiment connaître un être, il faut aller au fond de son âme et on ne peut vraiment le faire qu’avec son coeur”.
    Mais cela n’empêche pas, lorsqu’on discute des problèmes de le faire aussi avec sa raison, de façon objective et logique.

Mercredi 4 juin 2008 à 18:05

Solitude, Ennui, Absence

    Vous m'aviez adressé de nombreux mails me demandant ce qu'était ce test sur l'ennui dont j'avais parlé dans un article, mais je crois que beaucoup d'entre vous l'ont essayé et maintenant je reçois encore plus de mails, me demandant des explications sur ce qu'est la loi de Gauss et la façon d'interpréter votre propre résultat. ! IooI

            La loi de Laplace Gauss ou loi “normale”.

    Les élèves de T S ou T ES devraient savoir ce que c'est.
Voici une explication résumée simple:

    Les phénomènes qui correspondent à de très nombreux cas, dont les causes sont nombreuses et parmi lesquelles il n'y en a pas qui aient de beaucoup plus grande influence que les autres, obéissent en général à ce que l'on appelle la loi  dite “normale” décrite par Laplace et Gauss.
    C'est le cas par exemple pour la taille d'une population humaine, le poids des pièces de monnaies....et lpus généralement dans la plupart des dispersions des caractéristiques des objets fabriqués sur machines en grande série.
    Si l'on trace la courbe de fréquence des diverses valeurs des cas étudiés on trouve une courbe ayant l'allure des courbes ci-dessous, dites “courbes en cloche” qui est symétrique, autour d'une valeur appelée moyenne.
Il y a autant d'événement qui aient une valeur inférieure que d'événements ayant une valeur supérieure à cette moyenne.
    La moyenne est une des caractéristiques de la distribution des valeurs des cas : les trois courbes verte, bleue, rouge ont la même moyenne; la courbe rose a une moyenne plus faible. Vous connaissez tou(te)s ce terme avec la moyenne de vos notes de classe.

    Une autre valeur caractéristique d'une distribution selon la loi normale est ce que l'on appelle la dispersion ou l'écart type, valeur de la dispersion que l'on peut catlculer par une formule mathématique.
    Vous voyez sur la figure les courbes de même moyenne bleue, verte et rouge sont différentes car les distributions sont plus ou moins “étalées”, plus ou moins “dispersées”.
    Les valeurs des abcisses correspondent à 1, 2, 3, 4...écart-types de la courbe verte.



    Une des particularité de la loi normale, (qui n'est pas valable pour les distributions qui n'obéissent pas à cette loi) est que :

    - 67% des cas dont compris entre  la moyenne moins un écart-type et la moyenne plus un écart-Type.
    - 95% des cas dont compris entre  la moyenne moins 2 écart-types et la moyenne plus 2 écart-Types
    - 99% des cas dont compris entre  la moyenne moins 3 écart-types et la moyenne plus 3 écart-Type

    Ces chiffres caractéristiques ne s'appliquent pas à des valeurs qui ne correspondent pas à une loi normale. Il existe donc des tests mathématiques qui permettent de vérifier l'appartenance d'une série de chiffres à une loi de Gauss.

  
              Interprétation du test sur l'ennui.

    Les chiffres donnés permettent de vous situer par rapport à la population testée d'étudiants américains  

    Dans le cas de notre test
       
    - La moyenne des réponses est de 99. (pour un nombre minimal de points de 26 et un nombre maximal de 182 et un neutre de 104)

    - L'écart-type étant de 12,
        • 67% des étudiants ont des scores entre 87 et 111 (les 2/3).
        • 95% des étudiants ont des scores entre 75 et 123.
        • 99% des étudiants ont des scores entre 63 et 135.

    Comme il s'agit d'étudiants si vous êtes au lycée vous avez des comportements probablement voisins (ce qui ne serait pas forcément le cas d'adultes, à fortiori de vieux singes comme moi !)
    Par contre les questions étaient traduites de l'américain  et les français ayant une culture différente, iI est très possible que, si on faisait en France un étalonnage avec ce questionnaire sur quelques centaines de lycéens on trouverait des chiffres sans doute différents.

    Si je prends les trois commentaires de mon précédent article :

    Kaa avec 73 s'ennuie moins que les 2/3 des étudiants américains, mais c'est un serpent qui n'est plus au lycée comme élève !! IooI
    FlameOfWrath et ma "visiteuse",  avec 61 et 63 s'ennuient fort peu, moins que 99 % des étudiants américains. Il faudra que je leur demande leur recette !

    Cela dit, peut être qu'en Amérique on s'enquiquine énormément quand on est étudiant et beaucoup plus qu'en France.? Ioi
    Mais l'article que j'ai lu sur ce test, ne dit pas sur combien d'étudiants portait ll'étalonnage du test, probablement sur plusieurs centaines.

    J'essaierai d'envoyer un petit mail vendredi à ceux qui m'ont demandé de les aider à interpréter leur test.
       

Mercredi 4 juin 2008 à 8:14

Solitude, Ennui, Absence



    Mes articles sur l'ennui m'ont valu beaucoup de mails auxquels j'essaierai de répondre.
    Mais la plupart me demandent ce qu'est le “test d'ennui” du professeur Sundberg et de Richard Farmer, de l'Institut de Recherche de l'Orégon. (1986)
    Je vous en donne donc une traduction en français. Amusez vous !!!

Attribuez aux questions suivantes une note entre 1 quand vous n'êtes pas du tout d'accord et 7 quand vous êtes tout à fait d'accord (4 étant le score neutre) :

1- J'ai toujours l'impression que le temps passe lentement.

2 -Je me sens souvent désœuvré, ne sachant quoi faire.

3 - Je me fais souvent piéger dans des situations où je dois faire des choses qui n'ont pas de sens.
 
4 - Avoir à regarder, chez quelqu'un, des films de famille ou des diapositives de vacances m'ennuie terriblement.

5 - Beaucoup de choses que je fais sont répétitives et monotones.

6 - J'ai besoin d'être plus stimulé que les autres pour bouger.

7 - Je suis rarement enthousiasmé par ce que j'entreprends.
 
8 - La plupart du temps, je ne fais que tràinasser. 16- je suis souvent à ne rien faire, avec du temps devant moi.

9 - Dans des situations durant lesquelles je dois attendre, comme dans une queue, je deviens très impatient.

10 - J'aurais beaucoup de mal à trouver un travail (ou activité) suffisamment intéressant.

11 - J'aimerais faire davantage de choses stimulantes dans la vie. 2 1 - La plupart du temps, j'ai l'impression de travailler en dessous de mes capacités.

12 - À moins de faire quelque chose d'excitant, voire même de dangereux, je me sens plus mort que vif et déprimé.

13 - J'ai besoin de beaucoup de changement et de diversité pour continuer à être vraiment heureux.

14 - On dirait que l'on passe toujours les mêmes choses à la télévision ou au cinéma, cela devient lassant.

15 - Lorsque j'étais jeune, je me retrouvais souvent dans des situations monotones et ennuyeuses.

16 - Quand je travaille, il m'arrive souvent d'être préoccupé par autre chose que mon travail.


A l'inverse attribuez aux questions suivantes une note entre 7 quand vous n'êtes pas du tout d'accord et 1 quand vous êtes tout à fait d'accord (4 étant le score neutre)

 17 - Il m'est facile de me concentrer sur mes activités.

18 - J'ai tout le temps dans ma tête des projets et des choses à faire.

19 - Je n'ai pas de difficultés à me distraire.
 
20 - La plupart des choses que je fais me procurent un certain plaisir.

21 - Quelle que soit la situation, je trouve toujours quelque chose d'intéressant à faire ou à voir.

22 - Je suis particulièrement patient quand j'attends.

23 - Je me réveille souvent avec une nouvelle idée en tête.

24 - Beaucoup diraient que je suis quelqu'un de créatif et d'imaginatif.

25 -Je m'intéresse à tellement de choses que je n'ai pas le temps de tout faire.

26 - De tous mes amis, je suis le plus persévérant.


    Faites la somme des points que vous avez ainsi attribué.
    Pour ne pas vous influencer je ne vous donne pas le diagnostic sous ces questions, mais vous le trouverez dans un commentaire à cet article.

Si vous voulez vous pouvez faire un copier-coller de cet article. Par principe, je ne les protège jamais.

Lundi 2 juin 2008 à 8:22

Solitude, Ennui, Absence



    Certes une dépression doit être soignée, et l'ennui chronique n'est pas non plus une situation normale. Mais dans les deux cas il faut chercher ailleurs la cause de ces anomalies, dans les épreuves que nous avons pu subir

    Mais l'ennui non chronique est une chose normale et banale et on peut se demander si cet ennui est si néfaste que cela, notamment à l'adolescence et s'il faut vraiment  le combattre et le supprimer, ou simplement savoir comment occuper ces périodes d'inactivité et d'inattention.?

    Je pense que je vais vous étonner et surtout choquer vos parents.
    Je suis persuadé que, pour un adolescent s'ennuyer un peu est utile.

    Je sais que je vais là à contre courant de la mode.
    La plupart des parents que je connais, pensent à tort que l'ennui est un état d'esprit à éviter, proche de la dépression et que pour ne pas y plonger, mieux vaudrait se jeter dans n'importe quelle activité, aussi vaine soit elle. Mieux vaut une activité sans intérêt que l'ennui, ce qui est paradoxal, pusique une activité sans intérêt est justement génératrice d'ennui.
    L'ennui n'est pas dans l'air du temps; C'est vrai que à part les retraités et les exclus de la société du travail, qui peut se payer le luxe de s'ennuyer. !!
     Le temps libre n'est plus un temps “mort”. Il doit être consacré à une activité “rentable”, servir à l'entretien de son “capital santé", de son “capital culturel”, à entretenir sa forme sportive ou ses rélations de travail ou amicales.
    Aujourd'hui un adulte qui s'ennuie est soupconné par les autres d'être déprimé, de ne plus avoir le goût de la performance, et on en est presque à soigner l'ennui par le “prozac”.

    Et les parents appliquent évidemment ce culte de l'activité incessante à leurs enfants. Dans la course effrenée vers le bonheur et la réalisation individuelle, les enfants ne doivent jamais être confrontés au sentiments de lassitude, de mélancolie, de vide que l'on exprime par ce “je m'ennui...iiiiie,  qui plonge aujourd'hui les parents dans le désarroi le plus complet.
    Et dès lors ils entraînent leurs progénitures dans un ballet incessant, soit qu'ils aient l'oeil rivé sur la télévision, l'ordinateur et les SMS du portable, soit qu'on les enmmène à droite à gauche, dans des activités qui se télescopent et ne laissent aucun repos.
    Finalement le secret de l'éducation aujourd'hui, c'est , au prix de multiples addictions légales, voire prescrites, d'éviter à l'adolescent de se poser la question du manque d'activité et de son corrolaire, le désir.

    Et pourtant l'ennui a des qualités. Il permet de prendre de la distance vis à vis de soi-même, de se détacher des préoccupations de son corps, de rêver un peu, de penser à des projets, de se poser des questions sur l'avenir, de réfléchir à des problèmes et d'inventer des solutions. Il permet à l'imagination de se donner libre cours.
    Si vous vous ennuyez et que vous restiez un moment sans télévision, sans ordinateur, sans téléphone, sans rendez vous, après avoir redouté cet instant, vous vous prendrez à imaginer à associer des idées, à explorer votre monde intérieur, à créer des choses nouvelles
    Les pensées meublent l'ennui, les pensées chassent l'ennui et l'ennui s'estompe.   
    Il y a des jours où je me demande si on ne bannit pas l'ennui , tout simplement parce qu'on a peur de réfléchir ?

    Pour se sentir exister, il est pourtant nécessaire d'exister à l'intérieur de soi, c'est à dire de penser, imaginer, rêver, se raconter des histoires, même quand on est adulte et encore plus quand on est jeune
    Le processus de maturation qui va faire de l'enfant un adulte nécessite un travail psychique, une réflexion sur soi, les autres et l'environnement.
    Je vais donc encore une fois choquer les parents. Je pense que face à l'ennui il ne faut pas aller au devant de la répulsion des enfants pour cette situation. en les engageant dans de multiples occupations, dans l'agitation et l'hyperactivité.
    Cela les empêche justement de se poser la question de ce qu'ils désirent, d'y réfléchir, de ne pas céder inconsidérément à toutes les envies
    Parents à mon avis, vous ne devriez pas hésiter à refermer sans bruit  la porte de la chambre de vos chérubins en disant “chut ! les enfants s'ennuient !!”
    Et je crois que vous devriez lire dans les commentaires de mon dernier article , celui de Maybe.Be, il est très instructif et je partage entièrement son opinion.



Dimanche 1er juin 2008 à 8:45

Solitude, Ennui, Absence



    Dans le précédent article, j'avais montré que, alors que les enfants ne s'ennuyaient que très rarement, c'était au contraire un phénomène naturel chez les adolescents et même chez les adultes, dû à un manque d'attention et de concentration et à un désintérêt pour la tâche que l'on effectue ou pour un environnement qui ne vous apporte pas suffisament de stimulations.

    Toutefois nous avons vu que certains individus étaient plus prédisposés que d'autres à l'ennui (par exemple les extravertis).

    Chez certains adolescents cependant, cette propension à l'ennui, qui au départ est normale, devient chronique.
    Les chercheurs ont aussi étudié cette tendance.
    Ils ont trouvé qu'elle s'accompagnait souvent d'un manque de confiance en soi, d'une propension à ne pas comprendre ou admettre ses sentiments et sa vie émotionelle et du coup à surveiller en permanence ses humeurs.
    Un ennui “existentiel” peut apparaitre quand une personne renonce à ses buts, à ses rêves pour des raisons matérielles, ou sous la pression d'autrui.
Chez les jeunes c'est aussi l'incapacité normale et courante de ne pas savoir ce qui vous rendra heureux, qui peut conduire à cet état de désintéressement de ce qui vous entoure et de la vie.
    Les statistiques montrent que la probabilité de trouver un réconfort dans l'alcool, le canabis, voire les drogues dures, est plus fréquent chez ces personnes qui s'ennuient de façon systématique.
    De même certains jeunes qui s'ennuient de façon chronique ont recours à la nourriture pour s'occuper, ce qui aboutit le plus souvent à la boulimie et parfois à l'obésité.

    L'ennui est souvent associé à la solitude et pourtant ce n'est pas la même chose, mais effectivement l'ennui peut naître de la solitude ou du sentiment d'être seul(e). En fait l'enfant et l'adolescent, quand ils sont seuls font la même chose, laisser aller leurs pensées au gré de leur fantaisie, mais si c'est facile pour l'enfant, cela a l'air plus difficile pour l'adolescent, qui alors s'ennuie.
    Un ennui chronique peut effectivement résulter d''une mise à l'écart par rapport aux autres, que ce soit famille ou camarades, ou d'échecs sentimentaux répétés.

    Certains parents envoient leur enfant chez le psychiatre parce qu'il s'ennuie trop souvent. C'est la plupart du temps une erreur. Un ennui chronique n'est pas signe de dépression.
    Certes les personnes en dépression s'ennuient car elles n'ont plus goût à rien et ne savent plus comment réagir, comment s'intéresser à quelque chose.
La dépression leur ote volonté et attention et les médicaments qu'on leur donne aggravent plutôt cet aspect.
    Mais les personnes en dépression ont un mal être beaucoup plus imporatnt que le seul ennui.

    On peut se poser la question : comment combattre l'ennui.
    Mais on peut même se demander si l'ennui non chronique, celui qui nous prend normalement parfois tous, cet ennui est il si néfaste que cela, notamment à l'adolescence ? Faut il vraiment supprimer l'ennui ou simplement savoir comment occuper ces périodes.?

    C'est ce à quoi je voudrais réfléchir dans mon prochain article et avoir votre avis.

Samedi 31 mai 2008 à 14:44

Solitude, Ennui, Absence



    Laissez un enfant seul, après s'être ennuyé quelques instants, il trouve un insecte, une feuille, une fleur qu'il se met à examiner, ou bien il se observe un spectacle : un immeuble qui se construit, des autos dans la rue, des avions qui décollent au loin.    

    L'environnement intéresse l'enfant et l'ennui n'est plus là.
    Laissez un adolescent seul, après avoir trouvé qu'il perd son temps, qu'il ne sait pas quoi faire, il va venir vous trouver pour vous dire qu'il s'ennuie ou bien il va se morfondre et tourner en rond.
    En classe la somnolence vous gagne, vous avez de plus en plus de mal à écouter votre professeur. Vous prenez des notes de façon automatique, sans comprendre ce que vous écrivez. Combat perdu d'avance : vous vous ennuyez

    Nous attribuons en général l'ennui au fait que l'environnement ne nous intéresse pas, que de ce fait nous ne sommes pas motivés, nous n'avons envie de rien faire et finalement nous n'avons rien à faire.
   
    Que disent les psychologues de l'ennui, qu'ils étudient depuis près d'un siècle.?

    Vers les années 1930, ils étudiaient dans les usines les tâches répétitives et fastidieuses et leurs études ont montré que l'ennui et le sentiment de fatigue qui l'accompagne, résultaient d'un manque de vigilance et de motivation, les tâches correspondantes étant considérées comme inintéressantes par l'individu.
Des stimulants comme les amphétamines , l'adrénaline, la caféine... diminuaient ces sensations.
    Ces études n'ont vraiment évolué qu'à partir de 1986 lorsque le psychologue Norman Sundberg, qui est un professeur connu de l'université d'Orégon, a développé un questionnaire-test  (28 items) et une échelle d'inclination à l'ennui, dont le but était d'étudier la sensibilité des individus à l'ennui dans diverses situations.

    Les études menées par la suite ont montré que si toutes les personnes éprouvaient de la lassitude devant des tâches répétitives, monotones et contraignantes, par contre certaines personnes étaient davantage sujettes à l'ennui, et que cet ennui venait d'un manque de stimulations.

    Les extravertis en particulier s'ennuient plus facilement que les introvertis.
Les introvertis, habitués à évoluer dans le monde de leurs idées, de leur propre pensée, ont la capacité de s'occuper dans toutes sortes de situations et sont en général plus créatifs et ont de nombreux passe-temps et centres d'intérêt et donc s'ennuient moins.
    Les extravertis qui tirent leurs motivations de l'extérieur et en particulier des autres hommes, ont donc besoin de davantage de stimulations venant de l'environnement.
Si le monde extérieur ne fournit pas assez de nouveautés intéressantes, si personne n'est là pour les occuper, les extravertis ressentent l'ennui et la solitude.

    Ils ne sont pas capables, comme les introvertis de “s'auto-stimuler”.

    Des études plus récentes ont montré que l'ennui pouvait venir chez beaucoup de personnes d'une certaine incapacité à faire attention et à se concentrer, à trouver de l'intérêt à ce qu'ils font.
    Les chercheurs ont trouvé que les personnes distraites, sujettes à l'oubli et inattentives avaient une tendance marquée à s'ennuyer.
    Il est certain que dans le monde actuel qui est centré autour des moyens de communication et des médias, avec en plus la vie devenue trépidente, nous sommes devenus inattentifs par nature, dérangés sans cesse, ayant l'habitude de “zapper” d'une occupation à l'autre, de telle sorte que beaucoup de jeunes sont incapables de se concentrer pendant longtemps. Si donc on leur impose une tâche trop longue, ils “décrochent” et s'ennuient.       
    En fait les tâches trop faciles sont ennuyeuses, de même que les tâches trop difficiles ou anxiogènes.
    Certains psychologues ont même défini l'ennui comme étant le contraire de la capacité à fixer son attention sans effort, à se focaliser sur la tâche entreprise, à se laisser absorber par elle. C'est un manque d'intérêt.

    Les neurobiologiste ont plus récemment cherché si l'on pouvait trouver des raisons de l'ennui dans la structure du cerveau.
Ils n'ont pas pour le moment réussi à trouver des centres responsables, mais ils ont montré que des patients ayant des lésions du cortex frontal ou de certains centres du gyrus cingulaire dans le cerveau émotionnel, qui sont concernés par la conscience, la vigilance et l'attention, présentaient une tendance marquée à s'ennuyer, une recherche de sensations forte et une prise de risques incontrôlée.

    Des études d'imagerie cérébrale ont également montré qu'il existait dans le lobe frontal des circuits impliqués dans la perception du temps qui passe. Des lésions de ce lobes peuvent déformer cette perception et on constate que cela empêcherait de s'engager pleinement dans une tâche et que que les personnes sujettes à l'ennui auraient l'impression que le temps passe plus lentement que les autres personnes.

    Nous venons donc de voir que l'environnement peut avoir de temps à autre une influence sur nous en suscitant l'ennui et cela d'autant plus que nous sommes sujets à des déficits d'attention.

    Mais chez certaines personnes cet ennui peut devenir une manifestation chronique.
Ce sera l'objet de mon prochain article.



Jeudi 29 mai 2008 à 9:11

Solitude, Ennui, Absence

    Il m'arrive souvent dans mes discussions avec mes correspondant(e)s ou avec mes petits enfants, que l'on me répète : “je m'ennui iiiiie....!!!.” , avec beaucoup de tristesse et en se lamentant sur les méfaits de la solitude.
    Cela me parait effectivement un symptôme courant de la jeunesse actuelle, voire même de notre temps.
    Alors j'aimerais y réfléchir avec vous, probablement en plusieurs articles pour qu'ils ne soient pas trop longs.

  Aujourd'hui je ne parlerai que du petit enfant, disons entre deux et six ans.



 
    J'ai peu de souvenirs de cette lointaine enfance, mais j'ai souvent observé de jeunes enfants dans ma famille. Il me semble qu' ils ne s'ennuient jamais.

    D'abord le petit enfant n'est jamais seul. Il peut, sans difficulté imaginer la présence de ses parents près de lui, surtout de sa mère, qui l'accompagne dans ses soliloques. Il a aussi près de lui son “doudou”, ses ours en peluche et ses jouets préférés.
    Et même sans eux, l'enfant ne s'ennuie pas il découvre le monde.
    Je pense que comme moi vous avez joué à faire entrer ou sortir un escargot de sa coquille.
    “Escargot, montre moi des cornes , ou sinon, je te casse ta maison !“ dit la chanson enfantine.

    Bien sûr l'enfant cherche d'abord à jouer avec ses jouets. Mais cela ne l'occupe qu'une partie du temps
    Il ne s'ennuie pas pour autant; l'enfant est intéressé par tout ce qui l'entoure et la moindre petite chose capte son attention : un insecte qui butine, une grue qui construit un immeuble, les oiseaux qui viennent manger des graines sur un balcon, les avions qui atterrissent au loin, sa mère qui fait la cuisine ou son père qui bricole.
    Il regarde attentivement, cherche à comprendre, observe pour pouvoir imiter. Il découvre ce qui l'entoure et se forge peu à peu une certaine expérience.
Au fond l'enfant s'amuse de tout, car tout pour lui est une aventure, une découverte, une nouveauté, une stimulation.
     Ses sens sont en éveil, son attention est soutenue, son cortex frontal réfléchit, sa mémoire emmagasine et des tas de questions fusent. Et lorsqu'il ne s'agit pas de choses nouvelles mais de jeux avec des objets connus, alors son imagination invente, lui raconte un conte, une nouvelle histoire. Il joue alors un jeu de rôle.
   
    Quand il est en bonne santé, l'enfant est dans son monde à lui, heureux.
    Tout pour lui est nouveauté, stimulation, imagination.
    L'ennui, il ne connait pas, sauf si les adultes lui ont inculqué cette notion, malgré lui.

    Malheureusement il n'en sera plus de même lorsqu'il grandira.
    Pourquoi un ado s'ennuie t'il alors, j'essaierai d'y réfléchir dans un prochain article.

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lancien

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