Mercredi 29 avril 2015 à 7:27

Contraception, condition féminine

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    Certaines jeunes correspondantes me posent parfois des questions sur la contraception et j’ai déjà fait des articles à ce sujet.
    Je suis d’ailleurs parfois étonné des idées erronées qui circulent dans ce domaine, malgré les cours d’éducation sexuelle qui devaient être faits au collège et au lycée.
    Le liberté des moeurs n’est pourtant pas compatible avec l’ignorance.

    Une nouveau progrès vient d’être fait dans le domaine de la contraception, avec la mise en vente libre d’une « pilule du lendemain » plus efficace.
    Un préservatif qui craque, une pilule oubliée ou pas de contraception, il y a risque de grossesse. Dans les 3 à 5 jours, il est possible d’avoir recours à une contraception d’urgence.   
    La contraception d’urgence dépanne et peut éviter une grossesse, mais elle ne remplace pas une contraception régulière. Elle ne protège pas contre les maladies sexuellement transmissibles, notamment le sida.

    Les adolescentes mineures peuvent trouver cette pilule dans les infirmeries scolaires ou gratuitement en pharmacie, au Planning Familial, dans un centre de planification, sur simple déclaration d’âge et sans justificatif ou autorisation des parents. Il n’est pas nécessaire de consulter un médecin, d’avoir une ordonnance ou de faire un examen gynécologique.
    Elle n’est pas gratuite pour les personnes majeures, mais peut également être acquise (entre 10 et 20 €), en pharmacie, au Planning Familial ou dans un centre de planification, sans ordonnance. Remboursable par la sécurité sociale sur ordonnance, elle peut être demandée lors d’une consultation médicale afin de l’avoir d’avance.    

    Jusqu’à présent une seule pilule était disponible le "Norlevo" ou son générique "Levonorgestrel", efficaces pendant 3 jours. une nouvelle pilule,  jusqu’à présent vendue sur ordonnance, est maintenant également disponible « EllaOne » et elle est efficace pendant 5 jours après le rapport sexuel non ou mal protégé
    Il ne faut pas attendre pour la prendre car elle est d’autant plus efficace qu’on la prend tôt.
    Les deux molécules de ces pilules ont le même principe de fonctionnement, en empêchant le follicule ovarien d'arriver jusqu'à l'ovulation, pendant une période de 5 jours, durée de vie des spermatozoïdes.
    La molécule la plus récente est plus efficace car elle agit jusqu'à un stade plus tardif de la maturation du follicule. Mais, aucun des deux traitements ne protège à 100 % puisqu'ils ne peuvent agir si l'ovulation a déjà eu lieu.
    Dans une prise optimale dans les 24 heures qui suivent un rapport, la prise du lévonorgestrel divise le risque de grossesse par deux et Ellaone le divise par 6.    

    Pour celles qui utilisent la pilule comme moyen normal de contraception, et qui ont oublié de la prendre, voici les recommandations du planning familial :
    Si vous avez oublié de prendre votre pilule habituelle un jour et que vous savez que vous allez avoir un rapport sexuel pendant les 7 jours suivant l’oubli, mieux vaut utiliser une autre méthode de contraception (préservatif masculin ou féminin par exemple).
    S’il s’agit d’un oubli de pilule et que vous avez eu des rapports dans les 5 jours avant cet oubli : vous prenez le dernier comprimé oublié dès que vous vous en apercevez ET la pilule d’urgence ET vous continuez votre plaquette jusqu’à la fin.

    La pilule d’urgence n’est pas dangereuse, ne rend pas stérile et peut être prise chaque fois qu’il y a un risque de grossesse non prévue, même si elle peut parfois perturber le cycle. Elle peut être moins efficace en cas de prise répétée au cours d’un cycle.
    Mais elle ne constitue pas un moyen normal de contraception et sa fiabilité relative nécessite un test de grossesse 3 semaines après le rapport non protégé.
    Il ne faut cependant pas hésiter à l’utiliser en cas de rapport non protégé, car c’est bien moins traumatisant qu’une IVG.

Jeudi 19 février 2015 à 8:10

Contraception, condition féminine

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   Bien sûr, une bonne contraception est préférable à une IVG, mais il arrive des incidents dans la contraception : oubli, manque d’action à cause d’une maladie ou du décalage horaire, préservatif qui craque…. et malheureusement l’utilisation de la pilule du lendemain est encore trop peu connue, où simplement on ne s’est aperçu de rien, que lorsqu’il est trop tard.
    Et une IVG, ce n’est pas simple : il faut le faire rapidement, il y a des démarches obligatoires et c’est un stress très important que beaucoup ne soupçonnent pas.
    J’ai été amené à aider quelques jeunes qui étaient un peu perdues dans leur réflexion et leurs démarches et j’ai pu mesurer leur désarroi.
    D’abord la peur du jugement des parents,  des amis, à qui on n’ose rien dire.
    La peine du fait que le petit copain ne vous aide pas, voire vous laisse tomber égoïstement.
    Le fait qu’on ne sait pas physiquement ce qui vous attend et que les démarches sont traumatisantes.
    Puis l’instinct maternel qui s’en mêle et qui vous fait désirer de garder votre enfant.
    Sans parler des problèmes de morale religieuse.
    Pourtant il y a environ 220 000 IVG pratiquées en France chaque années et ce chiffre est relativement stable et 1/3 des françaises ont recours une fois à l’IVG dans leur vie.
    Mais, quelque soit l’âge, c’est une véritable épreuve et les personnes qui n'ont pas discuté suffisamment avec des femmes qui l'ont subie, ne se rendent pas compte de son atteinte notamment psychologique (comme d'ailleurs ils ne se rendent pas compte de celle d'un viol).

    La loi impose un délai de réflexion de 7 jours et un entretien destiné à s’assurer de la réalité des raisons de la femme et de limiter les pressions qui s’exercent sur elle, quelques en soient le sens.
    Mais l’IVG n’est passible que dans des délais brefs  après l’arrêt des règles : 7 semaines pour une IVG médicamenteuse, qui n’exige qu’une surveillance pour prévenir d’une hémorragie. et 9 semaine en établissement de santé, par cette même méthode.
    Au delà et jusqu’à 12 semaines, il faut alors une intervention chirurgicale par lles voies naturelles, avec un curetage pour éviter toute infection. La première méthode est évidemment beaucoup moins pénible.

    Le ministre de la Santé Marisol Touraine, a présenté, le 16 janvier, des mesures visant à améliorer l'accès à l’IVG et notamment à favoriser la réduction des inégalités d'accès à l’avortement.
    D’abord une meilleure information sera faite : le site www.ivg.gouv.fr déjà ouvert. Un numéro vert national d'appel unique et neutre,sur la sexualité, la santé et l’IVG qui sera mis en place en septembre prochain.
    Les interventions après 7 semaines qui ne pouvaient se faire quen clinique ou hêpital pourront être faits par un médecin en centre de santé, et les sages-femmes pourront désormais pratiquer des IVG médicamenteuses.
    Surtout le remboursement par la sécurité sociale sera à 100% sur tout le territoire, pour tous les examens annexes et interventions.

    Je pense que ces mesures vont dans le bon sens, mais je crois qu’une bien mleilleure information devrait être faite, notamment au lycée, voire au collège, sur les méthodes de contraception. J’ai été très étonné des croyances et idées erronées qui circulent parmi les jeunes sur les risques de grossesse et la contraception. Je crois que dans les lycées où cela est possible, il faudrait confier ces cours à l’infirmière, qui pourrait donner des notions plus conformes à la biologie.

Mardi 2 décembre 2014 à 8:03

Contraception, condition féminine

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     Une jeune étudiante , qui évidemment n’a pas connu Madame Simone Veil, trouve exagérées les évocations que fait le journal télévisé, pour les 40 ans de sa loi, qui a marqué une évolution dans la vie des femmes. Elle ne comprend pas que des femmes aient recours à l’avortement, la contraception lui étant bien préférable,.
    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec elle, et ce sujet me paraissant important, je vais consacrer un article à ma réponse.

    Je suis tout à fait du même avis qu’elle, lorsqu’elle dit que la contraception est une meilleure solution qui devrait être préférée. Mais Madame Veil pensait exactement la même chose, mais elle faisait remarquer, au début de son discours, que si des femmes avaient recours à l’avortement, ce n’était pas par choix , mais parce qu’elles y étaient contraintes n’ayant pas d’autre solution.
    Je ne pense pas qu’on puisse juger de la question tant qu’on n’a pas été confronté au problème.
    Certes je ne suis qu’un homme, mais j’ai connu plus d’une dizaine de correspondantes, la plupart étudiantes, qui m’ont confié leur souffrance face à ce problème, et que j’ai essayé de soutenir dans leur calvaire.

    Entre 7 et 12 semaines, c’est une petite opération, certes bénigne, mais il faut faire un curetage pour ne pas laisser en place des restes du placenta qui pourraient déclencher une infection. Avant 7 semaines, ce n’est qu’une pilule à prendre et un risque de saignement un peu plus important que des règles normales.
    Donc physiquement ce n’est pas une grande épreuve et même si on la craint, ce n’est pas là l’essentiel.
    Le problème, la souffrance est essentiellement psychologique, morale et sentimentale. de plus elle est compliquée quand on est jeune, par la crainte de l’opinion d’autrui et notamment des parents.

    Le premier problème est l’angoisse au départ de ne pas bien savoir ce qui vous arrive, et celle d’une situation grave et inconnue.
    A part un cas dramatique de viol, les autres cas que j’ai connus étaient ceux d’un incident de contraception (pilule oubliée, préservatif mal utilisé, défaut de contraception dû à des circonstances exceptionnelles comme voyage avec décalage horaire ou certains médicaments qui troublent le cycle).
    Les jeunes femmes étaient d’abord dans l’angoisse de savoir si oui ou non,
 elles étaient enceintes et psychologiquement, c’est très stressant.
    Ensuite il y a une décision à prendre et ce n’est pas facile, même si elles étaient dans une situation telle qu’il leur était pratiquement impossible de garder cet enfant et la prendre est source de souffrance.
    D’abord on n’a souvent personne à qui se confier, car on a peur du jugement d’autrui et notamment des réactions des parents et de la famille. De plus, dans bien des cas, celui qui est à l’origine de votre état, ne vous soutient guère, quand il ne vous laisse pas lâchement tomber. L’enfant n’a pas été conçu volontairement par amour., et l’homme à cet âge, n’a souvent guère le sens des responsabilités.
    Pour certaines, auxquelles la religion a inculqué l’idée que l’avortement étaient un meurtre, elles sont moralement au plus bas, désespérées, et il faut leur expliquer ce qu’est un embryon de quelques semaine, qui n’est pas encore un foetus.
    Pour celles qui n’ont pas ce handicap, la décision est plus facile, mais les entretiens avec les médecins, qui ne sont pas toujours favorables et qui au lieu de les aider dans leur malheur, leur mettent plutôt des bâtons dans les roues, sont particulièrement pénibles.
    Même les hôpitaux ne sont pas souvent à la hauteur et seul l’aide du planning familial m’a paru vraiment toujours.
    La recherche des personnes médicalement compétentes qui vont vous aider est un véritable calvaire, d’autant plus que le temps passe et qu’on a intérât à tout faire avant les 7 semaines : c’est extrêmement court.
    Et même quand on a pris sa décision et trouvé l’endroit où aller et même fixé une date, une autre épreuve vous attend.
    Physiologiquement on n’y peut rien, le fait d’être enceinte déclenche des sécrétions hormonales qui augmentent l’envie d’un enfant et l’amour maternel. La femme se sent coupable vis à vis de cet embryon, qu’elles ne désirent pas, mais qu’elles commencent à aimer comme un enfant. certaines lui donnent même un prénom !!
    Et c’est la mort dans l’âme qu’elles se décident à avorter et j’ai connu des jeunes qui étaient ensuite au bord de la dépression.

    Personne ne peut se mettre à la place d’une jeune femme qui se retrouve enceinte par accident, et qui a décidé d’avorter parce qu’elle n’est pas en mesure d’élever son enfant. Ce n’est d’ailleurs pas uniquement pour elle qu’elle a pris cette décision, mais aussi pour la vie, qui serait celle de cet enfant, si elle le gardait. Il est certain que la place d’un enfant est meilleure, s’il est au sein d’une famille qui l’a désiré.
    Je pense que personne n’a le droit de la juger et qu’il est de son devoir de l’aider, si elle vous le demande, même si, médecin on est hostile à l’avortement. Les médeins qui refusent d’appliquer la loi devraient être condamnées pour « non assistance à personne en danger », car la décision ne relève pas d’eux, mais de celle sui se trouve dans cette situation, dont dépend son avenir et celui de l’éventuel enfant. Ils sont là pour aider médicalement et pas pour être des professeurs de philosophie ou de morale.
    Certes je trouve qu’on devrait mieux éduquer les jeunes - garçons et filles - en matière de contraception et notamment des méthodes autres que la pilule pour celles qui sont trop distraites, pour que le nombre d’avortements soit le plus faible posible, mais en cas de situation catastrophique, c’est le seul recours et Madame Veil a été bien courageuse de défendre sa loi et de la faire adopter à une époque où l’avortement était considéré comme un crime (et l’homosexualité comme une maladie mentale !).
    S’il n’y avait pas la souffrance psychique, prendre une pilule avant 7 semaines, n’est pas très différent de prendre la pilule du lendemain. Alors que l’on arrête de vouloir terroriser les jeunes filles, qui se trouvent dans cette situation difficile, en leur faisant croire qu’elle sont des meurtrières.
   

Jeudi 30 janvier 2014 à 8:19

Contraception, condition féminine

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     Des correspondantes m’ont demandé ce que je pensais de la modification de la loi sur l’IVG. Je vais donc essayer de faire un petit historique, 39 ans après l'adoption de la loi Veil.
    Le 17 janvier 1975, madame Veil avait réussi, après un long combat, à faire adopter une loi légalisant l’l’interruption volontaire de grossesse, considérée jusque là comme un délit, tant pour la femme que pour le médecin qui la pratiquait.
    Toutefois la loi était encore imparfaite car elle avait eu beaucoup de difficultés à être adoptée.
    Elle imposait trois conditions :
        - que l’IVG soit fait dans les 12 premières seamines de grossesse, ce qui correspond biologiquement au passage de l’embryon, à un foetus doté d’un cerveau qui assure sa vie (mais non sa viabilité, le foetus ne pouvant vivre extérieurement avant au moins 22 semaines).
        - des entretiens préalables avec la mère pour s’assurer qu’elle était bien décidée à avorter et pourquoi, et qu’elle n’était pas sous la contrainte du père.
    Il m’arrive d’essayer d’aider des jeunes en difficulté, et donc j’ai pard-fois recueilli les confidences de jeunes filles qui ont dû subir un IVG. Je peux vous dire que c’est assez pénible et notamment ces entretien étaient très éprouvants.
        - l’IVG était autorisé pour un e femme « en situation de détresse », mais cette clause, faite pour rassurer les opposants était très vague, puisque la loi précisait que c’était aux femmes d’apprécier cette situation, après un examen par le conseil d’Etat en 1980.
    Mais certains médecins et personnes chargées des entretiens essayaient de se servir de cette notion pour dissuader leur patiente.

    Plusieurs étapes ont amélioré la loi :
    En 1992, la réforme du code pénal a enfin mis ce code en conformité avec la loi Veil, en supprimant le fait que l’IVG était considérée comme une dérogation à un délit.
    En 1982 un remboursement partiel a été mis en place, mais il a fallu attendre 2013 pour que ce remboursement soit remboursé à 100 % à toutes les femmes.
    En 2001, les entretiens préalables très pénibles moralement,  ont été supprimé, du moins leur obligation, qui retardait l’opération, ce qui était très dommageable car si l’IVG peut être pratiquée par voie chimique (une pilule analogue à la pilule du lendemain, qui a été mise en vente en 1999), pendant les 7 première semaines, il faut ensuite une petite opération chirurgicale, au de la de ce délai.
    La suppression de la notion de détresse ne change pas grand chose en pratique, mais c’est symbolique et cela empêche de mal utiliser cette clause. En fait les partisans anti-IVG ont fait beaucoup de bruit pour peu de chose, ce qui montre bien leur manque d’objectivité.

    En fait si le nombre d’IVG a augmenté légèrement de 1990 à 2006, il est actuellement stable.
    Il y a environ 220 000 IVG pratiqués chaque année en France dont 15 000 sur des mineures, avec une proportion maximale de la population de 2,7 % pour les femmes de 10 à 24 ans.
    Toutefois on estime qu’environ 1/3 des femmes ont recours à l’IVG durant leur vie.

    Personnellement je pense que l’amendement est une bonne chose, mais qu’il ne résout pas les problèmes.
    Certes l’IVG est un progrès par rapport au avortements clandestins qui mettaient la vie des femmes en danger, mais il reste une opération pénible physiologiquement, et beaucoup plus éprouvante qu’on ne croit, psychologiquement. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de le constater.
    Je trouve donc que la loi ne met pas assez en avant que l’IVG ne devrait être un recours que lorsque la contraception a échoué, et il n’y a pas assez d’effort fait en faveur de la contraception.
    D’une part, il est indispensable que la contraception soit gratuite pour les mineures (visite médicale + médicament) sans passer par les parents s’il y a problème avec eux. La question se pose aussi pour les étudiantes qui doivent financer leurs études (bourse ou travail) et pour les chômeuse.
    Mais surtout l’information est extrêmement mal faite, tant pour les filles que pour les garçons, notamment au collège ou au lycée, et il existe des croyances totalement aberrantes. Il n’y a pas non plus assez de lieux de conseil , car la pilule n’est pas toujours le moyen le mieux adapté et les autres moyens sont peu connus.
    Je crois que l’on devrait montrer aux jeunes (filles et garçons, lesquels n’ont aucune idée du problème), que l’IVG n’est pas un moyen de contraception, mais une opération pénible lorsqu’on ne peut faire autrement, mais que la contraception lui est bien préférable.
    Enfin il est anormal que les médecins, même catholiques, aient des réticences à conseiller les femmes en matière de contraception.

    Quant aux détracteurs de l’IVG, qui sont souvent les mêmes que ceux du mariage pour tous, j’estime qu’ils ont parfaitement le droit de penser qu’on ne doit pas être homosexuel, ni utiliser l’IVG ou la contraception, si leurs valeurs les en empêchent, mais qu’ils appliquent cela à eux mêmes, et qu’ils laissent les autres libres d’avoir d’autres valeurs et une conduite différente, tout en respectant la loi de la République.
    Quelque soit leur religion, les intégristes qui veulent imposer à tous leur principes, sont des gens intolérants et des égoïstes, et dans bien des cas, des gens dangereux dénués de scrupules et recherchant le pouvoir sur les autres, ou des gens qui sont dénués d’une « intelligence sociale », complément indispensable de l’intelligence classique (QI).

Samedi 3 novembre 2012 à 8:12

Contraception, condition féminine

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           Bloquer la fabrication de millions de spermatozoïdes en continu, et de manière réversible est le but de laboratoires de recherches qui étudient comment permettre une contraception masculine.
            Jusqu'à présent les seules molécules envisagées comme contraceptifs masculins étaient des hormones, dérivées de la testostérone; elles leurrent l'hypothalamus dans le cerveau en lui faisant croire qu'il n'a plus besoin de stimuler la maturation des spermatozoïdes.
            Mais les essais cliniques se sont heurtés à un manque d'efficacité ou à une baisse de la libido, et de plus, on ne sait pas de façon précise quels sont les effets à long terme de ces traitements.
 
            Deux équipes de chercheurs autour de  Martin Matzuk, à la faculté de médecine de Houston, et de James Bradner, à l'école de médecine de Harvard, ont trouvé une nouvelle méthode, mais qui n'en est actuellement qu'au stade de l'expérimentation animale.
            On savait qu'une protéine nommée BRDT, produite uniquement dans les testicules, se lie aux histones (ce sont les protéines autour desquelles s'enroule I'ADN, l'ensemble formant la chromatine : voir mon article du 4 juillet 2010).
            A la suite de cette fixation, la chromatine des spermatozoïdes se replie davantage sur elle-même ; le corps des spermatozoïdes est donc plus petit que la moyenne ce qui favorise
leur aérodynamisme et leur mobilité. De plus la protéine BRDT est indispensable à la spermatogenèse : certaines mutations de cette protéine sont en effet associées à une absence de spermatozoïdes chez l'homme.
            Les chercheur ont dont essayé de bloquer l'activité de cette protéine BRDT et ont trouvé une molécule qu'ils ont appelée JQ1, qui bloque la fixation de BRDT sur les histones.
            Ils ont expérimenté son action sur des rats mâles.
            Au bout de 6 semaines de traitement, Ia taille de leurs testicules avait diminué de moitié, le nombre de spermatozoïdes présents dans leur sperme avait chuté de 90%, et leur mobilité de 95%. Contrairement à ce que l'on observe au cours d'un traitement hormonal, l'administration de JQ1 n'a entraîné aucun trouble du comportement sexuel.
            Cette action est réversible et 4mois après l'arrêt du traitement, les mâles ont
eu une descendance. Les petits souriceaux apparaissaient normaux et en bonne santé.
 
            Mais des études complémentaires sont nécessaires pour déterminer si l'injection de JQ1 permet une contraception sans risques. Entre les études sur l'animal, le rat, puis sûrement le singe, puis les essais sur l'homme, la contraception par achat de pilules de JQ1 chez le pharmacien n'est pas pour demain.

Lundi 11 juin 2012 à 8:04

Contraception, condition féminine

            Je vous ai parlé hier de la périodicité des naissances en temps normal.
            Mais il est évident que des événements nationaux ou mondiaux peuvent avoir une influence exceptionnelle.
 
C'est ce que l'on constate sur les statistiques de naissances pendant la deuxième guerre mondiale 39-45.
 
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            La diminution brutale du nombre des naissances en juin 1940 correspond à celui des conceptions de septembre 1939 : le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne, et la France entre alors en guerre, mobilisant 5 millions de Français et séparant de très nombreux conjoints, soit environ un tiers de la population masculine en âge d’avoir des enfants.
            Même constat pour le creux de mars 1941 qui correspond à celui des conceptions de juin 1940, période de l’exode en France.
            En 1944, le mouvement saisonnier retrouve la forme qu’il avait en 1939.
 
            Dans les années 1970-1980, le mois de septembre était globalement déficitaire en naissances, avec cependant un pic de naissances fin septembre. Avec le tassement de la saisonnalité des naissances au cours des années, ce pic s’est maintenu et représente désormais le maximum saisonnier le plus marqué en France, l’excédent de naissances étant centré sur le 23 septembre. (voir la courbe de l'article précédent).
Ce phénomène se retrouve également dans beaucoup d’autres pays.

            Compte tenu de la durée moyenne de gestation (265 jours), ce pic correspond à des conceptions du nouvel an. Les conceptions donnant lieu à une naissance vivante sont presque deux fois plus nombreuses ce jour-là que tout autre jour de l’année.
            Les couples sont alors probablement plus nombreux à être réunis et s’ajoute à cela une moindre vigilance contraceptive ou des incidents quant à la prise de contraceptifs tels la pilule.
On peut aussi penser à l'euphorie des fêtes, et aux libations correspondantes.

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            Le nombre d’IVG (interruptions volontaires de grossesses) pour des grossesses démarrées probablement ce jour-là est en effet trois fois supérieur à celui d’un jour normal.  Cela n'est pas certain car sur la statistique ci dessus, le jour de conception n’est pas connu de manière exacte (seul le nombre de semaines de grossesse est renseigné), ce qui entraîne une incertitude sur plusieurs jours des IVG, correspondant très probablement à des conceptions autour des premiers janvier 2005 et 2006.
 
            Il m'est arrivé assez souvent d'être amené à donner des conseils de contraception à des jeunes qui me posaient des questions, et malheureusement aussi à aider de jeunes adolescentes qui avaient subi un viol, ou avaient eu un rapport sexuel non désiré à un moment où elles n'étaient plus en mesure de le refuser (ivresse ou drogue), et j'ai été aussi le témoin des problèmes que pose l'IVG.
            Les statistiques que j'ai trouvées en regardant le problème de la périodicité des naissances m'ont donc évidemment intéressé.
            Même lorsque tout se passe bien au plan physiologique, j'ai pu constater le désordre affectif et le traumatisme psychologique que cause chez une adolescente une grossesse non désirée et une IVG.
            J'ai aussi constaté parfois l'inconscience et l'ignorance des garçons, l'un m'ayant par exemple déclaré que sa petite amie ne risquait pas d'être enceinte de lui, car c'était la première fois où elle faisait l'amour !
            Ce qui me navre, c'est ce qui se passe dans des soirées où les jeunes boivent trop d'alcool, au point de ne plus savoir ce qu'ils font ou fument suffisamment de cannabis pour être dans un état second d'irresponsabilité.
            La plupart des drames que j'ai connus résultaient de tels excès, soit dans le milieu scolaire ou de l'enseignement supérieur, soit dans des fêtes privées à l'occasion d'un anniversaire ou d'une célébration.
            Je ne peux que mettre en garde filles et garçons contre les conséquences qu'ils imaginent mal, d'une conduite plus proche de celle d'un animal que de celle d'un être humain responsable de ses actes.

Dimanche 10 juin 2012 à 8:14

Contraception, condition féminine

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            Je lisais il y a quelques jours un nouveau blog :   http://reveuse-a-la-recherche-de-nuage.cowblog.fr/ et j'y ai trouvé cette phrase :
"Une majorité de personnes sont né(e)s en JUIN et bin c'est déjà beaucoup !!".
            Quand on a reçu une instruction scientifique et qu'on est resté des années durant dans la technique, on devient un affreux sceptique ! Alors bien sûr, je me suis demandé si c'était vrai.
 
            Je me suis alors rendu compte que je ne m'étais jamais posé la question de la fréquence des naissances au cours des mois de l'année, et que je n'en n'avais pas la moindre idée. Alors j'ai été chercher sur internet et voici ce que j'ai trouvé, notamment dans des articles de "Population et société" :
 
 http://lancien.cowblog.fr/images/Photosactualite1/naissancesanciennes.jpg
            Les naissances ne sont pas réparties de façon homogène tout au long de l’année. Elles sont plus nombreuses à certaines périodes qu’à d’autres. Ce phénomène a toujours existé, mais a évolué avec le temps. Voyons d'abord ce qui se passait il y a longtemps, du temps des rois de France.
 
            Au XVII èmesiècle en France, les naissances étaient plus nombreuses entre janvier et avril et moins fréquentes entre mai et décembre. Il naissait presque deux fois plus d’enfants en mars qu’en juin. Pour expliquer le phénomène, le graphique décale de neuf mois sur une seconde échelle en abscisse, afin d'examiner les mois de la conception des enfants.
            On constate sur le graphique deux "creux" de naissances, en décembre et juin, correspondant à des conceptions en mars et en septembre et un "pic" en mars-avril correspondant à une conception en mai-juin.
            Les sociologues pensent que le premier minimum est du au carême chrétien, période durant laquelle les relations sexuelles étaient proscrites par l’Église de même que les mariages (lesquels étaient également interdits pendant la période de l'Avent précédent Noël), et le second aux migrations saisonnières au moment des grands travaux des champs, entraînant alors indisponibilité et séparation des conjoints.
            A l'inverse le pic de mai-juin correspond à un nombre beaucoup plus grand de mariages pendant ces mois, car à cette époque, le mariage marque souvent le début des relations sexuelles entre les nouveaux conjoints. et la contraception n'existait pas.
            Il faut aussi savoir, que jusqu'au XIX ème siècle, la médecine et surtout l'aseptie étant peu développées, la mortalité infantile était énorme, et il était courant qu'une femme ait 6 à 10 enfants, dont moins de la moitié arrivaient à l'âge adulte.
 
            Jusqu'au XIXèmesiècle, les naissances ont continué de varier selon le mois de l’année, avec toujours un pic en février-mars et un creux en fin d’année. Mais l’amplitude des variations s’est considérablement réduite, le rapport entre le mois ayant le plus de naissances et celui en ayant le moins diminuant de 1,8 à 1,2 , ce qui est une énorme variation.
            Cette évolution conduit à écarter les explications faisant appel à la température ou au renouveau de la nature au printemps, dans la mesure où les conditions climatiques n’ont pas connu de profonds changements.
            Le moindre suivi des règles religieuses et la diminution de la part des paysans dans la population active au cours des siècles ont certainement joué un rôle dans l’affaiblissement du mouvement saisonnier.
 
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            Enfin on constate une évolution très différente depuis 1970 et la loi Neuwirth, (1967), la contraception permettant de choisir le moment d'une grossesse, et l'IVG de limiter les grossesses indésirables et la "révolution" de mai 68 ayant amené une évolution considérable des moeurs.
            Les fluctuations ont encore diminué, et dans les années 70, les naissances sont plus nombreuses en mai-juin et minimales en automne et en hiver. Cela correspond à des conceptions durant les vacances d'été. Il semble aussi que l'utilisation de la contraception permettant de programmer en partie les naissances, il semble que les femmes préfèrent un accouchement au printemps et faire suivre le congé maternité des congés annuels d'été.
            Depuis les années 70, les fluctuations ont encore diminué, et le pic des naissances s’est progressivement déplacé de mai à septembre. Cette évolution reste en partie sans explication, car les enquêtes faites auprès des couples confirmant la préférence pour une naissance au printemps. Peut être les couples ignorent ils qu’une grossesse n'intervient pas en général dès le premier mois après l’arrêt de la contraception et qu’il leur faut souvent plusieurs mois pour concevoir (la probabilité qu’une femme ayant des rapports non protégés conçoive au cours d’un cycle n’est en effet que d’environ 20 % à 25 %). Cette hypothèse paraît confirmée par l’observation des mois durant lesquels les couples cessent d’utiliser une contraception : ils sont proportionnellement plus nombreux à le faire en juillet ou en août, occasionnant davantage de naissances à l’automne (et non au printemps) en raison de ce délai pour concevoir.
 
 
            Ces articles sur les naissances parlent également de l'influence des guerres et des IVG. J'en parlerai demain. 

 

Mercredi 9 mai 2012 à 8:21

Contraception, condition féminine

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            J'ai lu un article sur la fécondité en France qui montre une importante évolution des conditions de vie.
            Paradoxalement, le niveau de la fécondité en 2010 a été maximal, plus élevé que lors du baby-boom, avec 2,01 enfant par femme, mais l'enquête montre une modification importante du profil des mères.
            L'âge moyen des mères augmente et est de 29,7 ans en 2010, et 19 % des femmes ont plus de 35 ans quand elles ont leur premier enfant contre 15,9 % en 2003. Plus de la moitié d'entre elles ont un niveau supérieur au bac et 17 % sont cadres, contre 42,6 % et 12 % en 2003. Dans certaines zones urbaines, comme à Paris, l'âge moyen est même de 31,5 ans, comme vient de l'enregistrer l'Insee.
            Les futures mères fument moins; 17 % le font au troisième trimestre de grossesse, contre 25 % en 1995, mais par contre, bien que un excès de poids soit néfaste pour la santé de la mère et du bébé, 17,3 % sont en surpoids et 9,9 % obèses, alors que ces chiffres étaient de 15,4 % et 7,4 % en 2003.
            Toutefois, en 2010, la santé des mères et des bébés est toujours satisfaisante, et 60 % des femmes allaitent au sein exclusivement contre 40 % en 1995.
            Le profil démographique des familles est le suivant : une femme sur 10 n'a pas d'enfant; 2 sur 10 n'en ont qu'un; 4 femmes sur 10 en ont 2; 2 sur 10 en ont 3 et seulement une sur 10 a ou dépasse les 4 enfants.
            Il y a de l'ordre de 800 000 naissances par an.

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            D'après l'Institut National d'Etudes Démographiques, les raisons de ce vieillissement sont essentiellement sociologiques. et résultent de la conjugaison de plusieurs facteurs : l'allongement de la durée des études, la progression de l'emploi féminin, le souhait croissant des femmes de ne mettre des enfants au monde qu'une fois installées dans la vie, avec des diplômes, un emploi stable, un logement et une vie de couple.
            Par ailleurs, la diffusion de la contraception aurait contribué au retard en réduisant la fréquence des grossesses non désirées, notamment aux âges jeunes.
            Une autre raison vient encore accentuer ce phénomène : la facilité des couples aujourd'hui à reconstruire un foyer après l'échec du premier ou même du deuxième. Il est en effet fréquent que les familles recomposées (qui seraient quelque 2 millions aujourd'hui) donnent naissance à de nouvelles fratries, à un âge nécessairement repoussé. Selon l'Insee, 400 000 enfants sont nés après la recomposition familiale et 90 % des femmes de famille recomposée ont plus de 30 ans.
            Le recul de l'âge de la maternité n'est pas une spécificité de la France qui, selon les études, se situe dans la moyenne européenne. Elle est même battue par les Pays-Bas, l'Irlande, l'Italie ou encore le Luxembourg qui affichent une fécondité à 31,1 ans en moyenne.
            Toutefois il existe une limite biologique, notamment la ménopause, et es sociologues, démographes et médecins estiment que les 4 % de naissances actuelles qui surviennent après 40 ans, ne pourront augmenter énormément..
 
 
 
 
 

Samedi 13 février 2010 à 8:31

Contraception, condition féminine

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     En cherchant des adresses et des renseignements pour mes derniers articles, je suis tombé sur une information que je ne connaissais pas : la “pilule du surlendemain”
     Venant de “doctissimo”, je la crois objective.

     Mais comme l’on n’a pas encore assez de recul, il semble que cette pilule ne peut pour le moment être délivrée qu’avec une ordonnance du médecin.
     Je me contente ci-après de recopier l’article de Doctissimo.

     Déjà à l'origine de la pilule du Norlevo, première contraception d'urgence, le laboratoire HRA Pharma présente dix ans plus tard une nouvelle évolution dans ce domaine. Doctissimo fait le point sur cette nouvelle contraception d'urgence.

EllaOne : 5 jours de réflexion

Dernière innovation du laboratoire, la pilule EllaOne peut être prise jusqu'à 120 heures après le rapport en cas d'oubli de pilule, d'accidents de préservatifs, ou d'absence de précautions préalables. Contrairement à la pilule Norlevo qui ne pouvait être prise que dans les 72 heures (et plutôt dans les 24 heures pour une efficacité maximale), cette "pilule du surlendemain" apparaît comme une réelle avancée pour les couples étourdis ou les malchanceux…
    Il s'agit sans conteste d'une nouvelle solution dans notre pays où le nombre d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) reste élevé autour de 200 000 par an. Jusqu'alors, seule la pilule Norlevo et la pose en urgence d'un stérilet au cuivre permettaient d'éviter une grossesse non désirée après une prise de risque.

Mode d'action de la "pilule du surlendemain"

La survenue d'une grossesse nécessite une ovulation (libération d'un oeuf), suivie de la fécondation de l'oeuf (fusion avec un spermatozoïde) et d'une implantation dans l'utérus. L'hormone sexuelle progestérone stimule la production des protéines qui jouent un rôle dans la programmation de l'ovulation et la préparation de la muqueuse utérine à recevoir l'oeuf fécondé.
Disponible en comprimés blancs (30 mg), EllaOne ® contient le principe actif ulipristal acétate. Cette molécule agit comme un modulateur des récepteurs de la progestérone. Schématiquement, elle se fixe sur les récepteurs auxquels se lie normalement la progestérone, empêchant ainsi l'hormone d'exercer son effet. Par son action sur les récepteurs de la progestérone, EllaOne ® empêche les grossesses en interférant avec l'ovulation et peut également induire des modifications au niveau de la muqueuse utérine.

EllaOne : à quand le remboursement ?

EllaOne a été présentée en avant-première au congrès de la société européenne de gynécologie à Rome du 10 au 13 septembre 2009. Le laboratoire a obtenu une autorisation de mise sur le marché valide dans toute l'Union européenne. Elle arrive sur le marché en France dès début octobre 2009. Concernant son remboursement, les choses pourraient être plus longues. Le dossier est actuellement en discussion auprès des autorités sanitaires (Comité économique du médicament, Commission de la transparence…). Le remboursement pourrait prendre 3 à 6 mois. Son prix serait bien plus élevé que le Norlevo, autour de 30 euros selon certaines sources.
Le Planning familial a rapidement plaidé pour que ce nouveau moyen de contraception d'urgence bénéficie rapidement des mêmes conditions de délivrance que le Norlévo. Dans un communiqué, l'association estime que cette pilule doit "pouvoir être délivrée sans ordonnance et dans les mêmes conditions que le Norlévo ® aujourd'hui : pharmacie, infirmeries scolaires, centre de planification… et pouvoir être remboursée, donc accessible financièrement au plus grand nombre, et gratuite pour les mineures".
Une intention louable mais scientifiquement difficile à soutenir… Autant la mise à disposition du Norlevo, dont la molécule était connue depuis de nombreuses années, apparaissait possible, autant la mise à disposition sans ordonnance de cette nouvelle pilule ne devrait pas devenir réalité avant plusieurs années…

Source Doctissimo; Interview du Dr Massard des laboratoires HRA Pharma;  mis à jour le 1er octobre 2009

Nota :
Altus, que je remercie, vient de mettre deux commentaires importants et comme je ne suis pas sûr que vous lisiez les commentaires, je rajoute leur texte ci dessous :

"Le levonorgestrel (norlevo) est le principe actif de la pilule du lendemain. L'efficacité de cette pilule est de 99% si elle est prise dans les 72h qui suivent le rapport "à risque". Son prix est de 15 euro (soit 50% moins chère qu'EllaOne) est elle est entièrement remboursée sur présentation d'une prescription médicale.
Je rappel que l'accès à Norlevo est obligatoire et peut être anonyme dans toutes les pharmacies et plannings familiaux de France "sans qu'il soit posé de question au demendeur". La pharmacie cependant exiger alors que vous la preniez au moment de l'achat dans la pharmacie (la plupart savent le faire avec tact et bienveillance). Tout ceci sera surement possible avec EllaOne mais je me permet d'ajouter une dernière chose:
L'AMM (autorisation de mise sur le marché délivré par les autorité au terme d'études cliniques rigoureuses) de Norlevo est la contraception d'urgence pour 72h, hors il est prouvé par plusieurs études que les effets sont notables jusqu'à 120h après le rapport, mais l'AMM pour 120h n'a pas à l'époque été déposée.
Un dernier élément important: la contraception d'urgence comprend également la pose en urgence d'un stérilet (au cuivre ou le Myrena) qui est possible jusqu'à 7 jours après le rapport à risque. Je rappelle que la pose d'un stérilet est possible même chez les femmes n'ayant pas eu d'enfant, c'est une contraception efficace et relativement bon marché."

Vendredi 12 février 2010 à 8:19

Contraception, condition féminine

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1/P1010210.jpg
   
J’ai reçu pas mal de mails me posant des questions sur le processus légal de l’IVG et je vais donner des renseignements succints. Vous en trouverez davantage sur les sites des plannings familiaux :

    Toute femme, quelque soit sa nationalité ou son statut sur le territoire français, a le droit d'interrompre ou non sa grossesse. Elle seule décide, elle n'a besoin ni de l'autorisation de son conjoint, ni de celle d'un médecin.

    Pour les mineures, le principe de l'autorisation parentale pour pratiquer l'IVG sur une mineure non émancipée est maintenu, l'objectif étant de mobiliser les parents . Dans ce cas, la mineure non émancipée présente au médecin, sa confirmation écrite de demande d'IVG, (en dehors de la présence de toute autre personne afin de lui éviter toute pression) en y. joignantt l'autorisation du titulaire de l'autorité parentale ou du représentant légal de la mineure.
    Si la mineure persiste dans son souhait de garder le secret ou si elle ne peut obtenir le consentement de ses parents, son seul consentement écrit exprimé librement en tête à tête avec le médecin, emporte la décision. L'IVG ainsi que les actes médicaux et les soins qui lui sont liés pourront être pratiqués à sa seule demande.
    Il semblerait que ce dernier cas représente de l’ordre de 10% des IVG sur mineures.
    Pour bénéficier de cette dérogation, la mineure doit se faire accompagner par une personne majeure de son choix. Il peut s'agir d'un adulte de son entourage ou, par exemple, d'un adulte d'un planning familial. Ce choix n'est donc pas limité à des personnes qualifiées ou à un membre de sa famille.Ce référent ne prend aucune part dans la décision de la mineure, dans le choix du praticien ou dans le lieu où l'acte est pratiqué. Son rôle est circonscrit à une mission d'accompagnement et de soutien psychologique.

    Comme les majeures, les mineures non émancipées ont un délai de 12 semaines pour procéder à une IVG. Elles peuvent être prises en charge en établissement de santé public ou privé après autorisation ou en médecine ambulatoire.
    Après la première consultation médicale, elles doivent obligatoirement, contrairement aux femmes majeures, se soumettre à une consultation sociale préalable. A son issue, l'organisme compétent doit leur délivrer une attestation de consultation.
    Si une jeune fille souhaite garder sa grossesse secrète à l'égard de ses parents ou de son représentant légal, elle devra être conseillée sur le choix de la personne majeure susceptible de l'accompagner dans sa démarche. Après cet entretien, la mineure rencontre à nouveau le médecin qui reposera la question de l'autorisation parentale.

    Le gros problème est le délai très court pour toutes ces démarches, surtout si on veut pouvoir bénéficier de l’IVG médicamenteuse car on n’a alors que 5 semaines. Il faut donc se décider très vite et faire très rapidement les démarches.
    Si l’on n’est pas aidée par les parents il faut demander l’aide du planning familail ou d'une autre personne, car sinon le parcours est trop difficile.


    Si vous avez un problème médical ou si le fœtus présente une anomalie, une procédure spécifique existe.

    Un problème délicat est le problème de conscience et j’ai reçu aussi pas mal de questions à ce sujet.
    Je n’y apporterai pas de réponse car ce n’est pas un problème scientifique mais de foi religieuse et donc cela ne se raisonne pas.
    Je vais juste essayer de le cerner.


    Certaines personnent pensent que avorter, c’est tuer un enfant et que donc c’est un meurtre. Elles n’ont pas de justification de cela et la loi n’est pas de cet avis.
    Mais je respecte leur conviction : c’est une croyance, une foi.
    Vis à vis de la pilule du lendemain, l’avis de ces personnes est souvent moins catégorique.
    Au contraire certains vont même plus loin. J’ai discuté un jour de ce problème avec un jeune musulman assez intégriste, qui me disait que pour lui, sa femme était “impure” pendant ses règles, car elle détruisait alors une “promesse de vie”. J’avoue avoir été encore plus intégriste que lui, en lui disant qu’alors lui était encore plus souvent impur, car chaque fois qu’il avait un rapport sexuel, des millions de spermatozoïdes mouraient sans utilité et donc il gâchait des millions de promesses de vie. Il m'a répondu que c'était un problème de femme et pas d'homme, ce qui m'a laissé perplexe.

    Finalement le problème insoluble c’est “à partir de quand une gamète devient elle un être humain”. ?

    Les réponses sont très variables selon les personnes.
    J’essaierai seulement d’expliquer la position du législateur.
    Un foetus n’est pas viable avant 5 mois, (et encore il a des risques de malformation) mais ce délai a paru incertain et contestable au législateur qui l’a réduit à 12 semaines, car à ce moment le cerveau de l’embryon n’est pas formé suffisamment pour qu’il vive et pour qu’il soit capable de développer par la suite une pensée. Il a donc considéré que c’était encore un embryon, c’est à dire un amas de cellules et non un foetus en état de survivre.
    Cela ne concerne donc que des aspects physiologiques, et donc le point de vue religieux est différent car ii ne se base pas sur cette notion, mais sur l’existence d’une âme, notion abstraite et spirituelle et qu'on ne peut définir biologiquement.
    Il est certain qu’alors, savoir à partir de quel moment un embryon a une âme est sans réponse et c’est donc une question de foi, tout à fait personnelle et qui ne peut avoir de solution au plan scientifique.
    C’est donc en fonction de ses convictions personnelles, de ses croyances, que la personne concernée fera son choix.
    Je pense que la solution est toujours la même : respect de l'autre et de ses idées c'est à dire la tolérance. Toute personne prend ses décisions en fonction de ses convictions et des éléments qu'elle possède, mais elle ne doit pas imposer ses idées aux autres et respecter les opinions différentes des siennes.

    Et l’un des problèmes difficile que l’on rencontre c’est lorsque la situation de la personne est telle que l’IVG est presque inévitable, alors que les convictions de la personne s’y opposent. C’est à la personne de décider, mais quelle que soit sa décision, le traumatisme psychologique sera grand et l’on ira à coup sûr vers des remords ou des regrets.
    L’autre situation difficile que j’ai rencontrée, c’est lorsque la personne concernée souhaitait une décision et son entourage la décision inverse. Là encore la pression de l’entourage engendre des traumatismes qui s’ajoutent à ceux déjà ressentis.


    Par ailleurs je signale cette adresse que m’a donnée Maud et qui est celle d’un article fort intéressant, concernant le Canada.
http://www.csf.gouv.qc.ca/gazette/article.php?article=2881&recherche=&auteure=0&theme=13

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