Dimanche 1er février 2015 à 8:39

Libertés et règles

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     D’après la télé beaucoup d’adolescents ont reçu pour Noël un drone, comme autrefois on pouvait avoir une petite voiture télécommandée.
    C’est vrai que l’on trouve maintenant de petits engins tri ou quadricoptères, à des prix très abordables, dans les magasins de jouets.
    Le problème est que ces drones vont voler dans le ciel, et que ce n’est pas si évident que cela, ni sans danger.
    Des correspondants m’oint demandé ce que je pensais des problèmes que posaient ces petits drones-jouets.

    D’abord il ne faut pas croire que c’est inné de savoir piloter un drone. Peut être avez vous déjà essayé sur une plage d’utiliser un cerf-volant moderne avec ses deux poignées. Vous aurez alors constaté que ce n’est pas si facile, que votre engin va plus souvent par terre que dans le ciel, que vous risquez de blesser quelqu’un et qu’il vous faut beaucoup de séances avant de savoir faire des acrobaties.
    Piloter un drone n’est pas non plus évident et il faut quelques semaines avant d’être habitué. Au départ il faut le configurer, puis il faut apprendre à piloter, et être très prudent si vous ne voulez pas le voir s’écraser au sol (et c’est plus fragile qu’un cerf-volant ! ).
    En général une notice accompagne votre achat. Elle donne la liste des composants et la façon de monter l’appareil.
    Puis il va falloir configurer l’ordinateur de bord, qui coordonne les trois ou quatre hélices et moteurs et, en faisant varier leur vitesse, permet de diriger l’appareil.
    Une première opération va être de synchroniser la télécommande et le récepteur de bord, pour qu’ils communiquent et se comprennent.
    Puis il faut tester chaque commande pour vérifier qu’elle fonctionne et dans le bon sens, et si elles sont bien centrées. Au départ ce n’est possible que si chacun des moteurs tourne dans le bon sens (en principe deux moteurs tournent dans un sens et les deux autres en sens inverse, car sinon le drone tournerait sur lui même). C’est une opération délicate car si une hélice en rotation touche votre doigt, il peut vous blesser sérieusement.
   
    En vol, si les moteurs tournent à la même vitesse, le drone monte, descend ou est stable. On agit donc uniquement sur la « manette des gaz » (throttle en anglais)
    Si le moteurs avant accélère, le drone se lève de l’avant et recule. Il avance quand le moteurs arrière accélère pour faire lever l’arrière (les hélices inclinées tirent vers le coté le plus bas). On appelle cela le tangage (pitch en anglais).
    Quand un moteur de coté accélèrent, le drone va du coté opposé. Un logiciel contrôle toutes ces manœuvres dans le microprocesseur de bord. On appelle cela le roulis (roll en anglais).
    Enfin en faisant varier la vitesse des moteurs opposés vous pouvez faire tourner l’appareil sur lui même : on appelle cela le lacet (Yaw en anglais).   
    Une partie des réglages de sensibilité devra se faire sur le terrain, en fonction des réactions de l’appareil et de votre compétence à le piloter.

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    L’ordinateur de bord mesure en permanence l’attitude de l’appareil à partir de gyroscope, et compare sa position réelle, par rapport aux ordres que vous donnez et corrige en conséquence la vitesse des moteurs.
    En général on peut choisir de piloter à partir de plusieurs boutons ou plus facilement, à partir d’un manche genre joystick.
    Certains drones sont plus complexes (mais plus chers) ayant par exemple un limiteur d’altitude (sécurité), un GPS, et un retour automatique au point de départ, comme un boomerang.
    Les plus petits drones à bas prix ne pèsent que quelques dizaines de grammes, mais ne peuvent rien emporter. Mais ils sont plus difficiles à piloter (pas très stables) et donc une excellente école.
    Par ailleurs il faut savoir que les batteries ne donnent en général guère plus de 10 minutes d’autonomie, pour les drones aux prix abordables.

    Quelques conseils si vous ne voulez pas aller au tapis. Ayez une check-list, comme pour piloter un avion : vérifier le chargement de la batterie du drone, des piles de la télécommande, vérifier que la manette des gaz est bien à zéro (généralement calée en position basse), bien penser à allumer d’abord la télécommande et seulement ensuite le drone (généralement en branchant la batterie), attendre la connexion entre la télécommande et le drone, vérifier que les diodes lumineuses de contrôle s’allument normalement, etc… Votre notice doit vous indiquer cela.
    Et même pour le premier essai, prévoyez un espace assez grand, car même si vous décollez normalement verticalement, ce n’est pas sûr que vous ayez assez de doigté et le drone va peur être avoir une trajectoire inattendue avant que vous ne sachiez la corriger. Ne décollez pas à coté de vous, si vous ne voulez pas le recevoir dans le nez.
    Et ensuite essayez de vous déplacer doucement de quelques dizaines de cm danss tous les sens , avant de vouloir vraiment voler. Vous verrez qu’il faut beaucoup d’essais avant de se lancer.

    Et maintenant, la sécurité, les règles à respecter (sous-peine d’amende, voire de condamnation, et aussi de risque d’accident grave).

    Le seul vol autorisé avec les drones non professionnels est le vol à vue. On doit toujours voir son engin, même s’il a une caméra à bord filmant le sol.
    On doit toujours voler au dessous de 150 mètres, et c’est interdit aux abords d’un aérodrome ( risques de collision avec des avions)
    On ne doit jamais survoler de personne ou de véhicule.
    Le survol d’agglomération, de maisons, de routes est interdit.
    On doit rester dans un « espace privé », soit un jardin vous appartenant, soit un champ, mais avec l’accord du propriétaire.  Sortir dans un espace public expose à  de fortes amendes.
    Le vol est interdit la nuit. (des feux de signalisation ne sont pas suffisant pour savoir quelle est l’attitude du drone).

    Si le drone est équipé d’une caméra ou de tout autre capteur susceptible d’enregistrer des données, des règles protègent la vie privée d’autrui.
    Il est interdit d’enregistrer des images permettant de reconnaître ou identifier les personnes (visages, plaques d’immatriculation …) sans leur autorisation.
     Toute diffusion d’image (notamment sur internet), doit faire l’objet d’une autorisation des personnes concernées ou du propriétaire dans le cas d’un espace privé (maison, jardin, etc.) et doit respecter la législation en vigueur (notamment la Loi du 6 janvier 1978 modifiée dite "Informatique et Libertés"). Pas question "d'espionner ses voisins
    Toute utilisation de drone dont l’objectif est l’acquisition de prises de vues destinées à une exploitation commerciale ou professionnelle est soumise à des exigences spécifiques et nécessite la détention d’autorisations délivrées par la direction générale de l’Aviation civile.

Samedi 29 novembre 2014 à 8:12

Libertés et règles

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     Mon article sur la liberté était un peu polémique, alors j’ai reçu pas mal de mails, certains assez d’accord mais quelques autres, un peu scandalisés par mes propos. L’un de ses auteurs me traite de « vieux con d’antan », ce qui m’a amusé et j’aurais envie d’en faire une chanson : cela me rappelle Brassens, mais lui c'était "des cons des neiges d'antan" : plus poétique !
    On me reproche de ne pas apprécier le monde d’aujourd’hui, la télé, le téléphone portable, le microordinateur et internet.
    Cela m’amuse car j’ai un microordinateur depuis 1980, et je trouve internet formidable, car cela remplace de nombreuses heures passées autrefois dans les bibliothèques scientifiques de Paris. Je peux accéder aux sites universitaires et de recherche du monde entier (mais dont je ne connais pas le plus souvent la langue, hélas).
    On me dit aussi que je ne comprends pas que les jeunes aient envie de s’amuser. C’est vrai que je ne trouve pas que se souler et fumer du cannabis, (ou du tabac), soit un amusement, car cela d’une part est nocif pour la santé, et d’autre part est à l’origine de nombreux accidents. Sans doute aussi parce que je suis je suis un fan de la science, mais donc du travail qu’elle exige et que je constate que beaucoup de jeunes n'ont plus aucune curiosité intellectuelle (pas tous heureusement).
   
    Ce qui me choque aujourd’hui, c’est le déséquilibre entre les droits et les devoirs, tout le monde réclamant des droits à hauts cris, mais oubliant les devoirs qui les accompagnent : droit d'exprimer librement ses pensées, mais devoir de les critiquer au préalable, et de les exprimer sans blesser autrui; droit d’affirmer ce que l'on croit vrai,  mais devoir d'en vérifier au préalable l’exactitude; droit de défendre ses convictions, de conserver ses croyances, mais devoir de respecter celles des autres, et de pas manipuler les gens crédules ou incultes; droit de droit d'interpréter les discours et les textes d’autrui, mais devoir de respecter la volonté et les convictions de l’auteur; droit d’appartenir à un groupe, mais devoir de conserver la liberté de jugement qui fait son propre être. Droit de critiquer ce que l’on apprend du professeur ou de son patron, mais devoir de reconnaître la légitimité du maître et de se conformer aux décisions qui sont prises. droit de critiquer ce que font les autres, mais devoir de se demander au prélable, ce qu’on aurait fait à leur place, et ce qui en aurait résulté.

    Trois exemples me navrent :
    L’inconscience des journalistes, qui recherchent le sensationnel, et donc publient dès que la rumeur court, sans la plupart du temps, vérifier si elle est vraie, ou si ses sources sont fiables, et qui ne se posent pas la question des conséquences de la publication. Et ils sont même contents quand la nouvelle publiée produit une certaine pagaille, car au moins on en parle !
    Ce qui est grave c’est qu’ils sont des professionnels et donc des modèles. Donc sur internet, n’importe qui publie n’importe quoi, sans se soucier des conséquences, voire pire, avec l’esprit de nuire ou de faire une plaisanterie, aux conséquences parfois catastrophiques.
   
    Le bons sens et l’esprit critique disparaissent peu à peu devant l’avalanche des informations sur la télévision et surtout le Net. Beaucoup de jeunes sont pris au piège et acceptent, sans sourciller les affirmations les plus invraisemblables, les fausses explication et les propositions incongrues.
    Les gourous, les faux prêtres, les anarchistes et les bandits s’en donnent à cœur joie, car initialement, sur le Net, ils sont presque anonymes, et la vulnérabilité intellectuelle de certains mène aux catastrophes. Un exemple flagrant est l’endoctrinement et le lavage de cerveau que l’on fait subir aux jeunes qui partent en Syrie pour faire le djihad.
    Mais avec des conséquences moins graves, nous subissons tous l’influence des autres, dans une société de consommation, où le paraître a pris le pas sur la réalité de l’être, et où l’avis du groupe nous transforme en moutons, qui préfèrent les rites du groupe à leurs désirs propres.
    De plus les rapports profonds entre amis ont presque disparus, remplacés par des amourettes sans lendemain ou des babillages sur le net, et cet isolement dans un monde où pourtant la communication est universelle, nous rend égocentriques et intolérants.

    Le troisième exemple est celui de la religion (ou des sectes, voire de convictions dénaturées). Elevé dans la religion catholique, mais finalement athée, j’ai eu des collaborateurs et d’excellents amis catholiques, musulmans ou juifs. Je pouvais discuter avec eux sans problème, dans le respect et sans que chacun veuille influencer l’autre, en croyant détenir l’unique vérité. Ils savaient reconnaître les forces et les faiblesses de leurs croyances, les avaient adoptées après réflexion, mais avaient conscience que, dans un autre contexte, ils auraient peut être pensé différemment.
    Actuellement beaucoup de gens entrent en religion comme ils adhèreraient à un club, pour y retrouver un groupe de même croyance, pour se montrer et paraître, et où on partagera des rituels dont on ne cherche même pas à savoir quel en est le sens et l’origine; des groupes qui exhibent des signes de reconnaissance sans réfléchir et souvent avec agressivité, ou organisent des manlfs de la plus grande intolérance, (quand ce n’est pas des expéditions punitives), vis à vis de ceux qui ne pensent pas comme eux.
    Le pire est lorsque des groupes partagent la haine de ceux qui ne pensent pas comme eux, au point d’utiliser la violence, les attentats et la guerre.
   
    En fait les parents et l’école ne jouent plus leur rôle, bien qu’aujourd’hui les 3/4 des élèves aient leur bac en France. Un de mes grands-pères, qui n’avait que le certificat d’études, mais avait beaucoup lu, possédait un grand bon sens et n’aurait pas cru la plupart des inepties que l’on rencontre sur internet, à la télévision, voire au journal télévisé ou dans la presse. Et il préférait dire qu’il ne savait pas, plutôt que d’affirmer quelque chose dont il n’avait pu vérifier un minimum de véracité.
    C’est aux parents et à l’école de nous donner des principes, de développer notre sens critique, d’entraîner notre mémoire et notre logique, de nous donner le goût et l’habitude du travail et une certaine curiosité intellectuelle.
    Mais pour cela il faudrait que beaucoup de parents aient plus d’autorité vis à vis de leurs enfants, et que les professeurs soient mieux formés à la pédagogie.

Dimanche 23 novembre 2014 à 8:10

Libertés et règles

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    J’entends partout cette phrase, surtout de la part des jeunes : « nous sommes libres…. » d’orienter notre vie, de faire ce que nous voulons de notre corps, de penser ce que nous voulons, de dire ce que nous voulons, finalement de faire ce que nous voulons…… Est ce si vrai ?
    C’est bizarre car j’ai l’impression que la plupart des gens actuellement sont beaucoup moins libres et beaucoup plus contraints qu’autrefois, et n’en sont pas plus heureux.

    Autrefois, je pouvais faire ce que je voulais de mon temps, du moment que je remplissais certaines tâches, notamment mes études et que je ne gênais pas mon voisin. Je pouvais choisir le moment de mes activités et leur nature dans une grande proportion.
   
    Est ce le cas aujourd’hui. Certes il y a moins de travail en classe pour les jeunes et il est plus facile, mais la plupart n’ont pas la motivation et l’attention pour le faire rapidement, et il y a les copains sur le téléphone, sur facebook ou twitter, les mails, la télé. Bref on ne sait plus quand trouver un moment et tout vous est ainsi imposé.
    Pour les plus âgés, dans les entreprises, c’est la même chose. Toujours plus de pression, l’ordinateur et le téléphone portable vous suivent le week-end et le patron n’hésite plus à vous déranger, c’est si simple.

    Certes j’ai encore ma liberté de penser en France, de choisir mon orientation politique et religieuse. Mais il y a toujours des gens pour vous empêcher de jouir de votre liberté et pour manifester. La loi sur le mariage pour tous était une liberté plus grande, et elle n’obligeait personne à être homosexuel, mais les manifs contre durent encore.
    Les agriculteurs de Sivens demandaient simplement de l’eau pour irriguer leurs terre et le barrage projeté était peut être trop grand, mais sa réalisation ne détruisaient aucune maison, juste quelques arbres. Mais les écologistes en mal de manif sont venus se mêler à des casseurs et des anars et les heurts avec les forces de l’ordre ont fait un mort.
    Les écologistes feraient mieux de lire le dernier rapport du GIEC sur le réchauffement climatique et madame Duflot ferait mieux d’essayer de convaincre les américains et les allemands d’émettre moins de CO2, que de régler ses comptes avec monsieur Hollande.
    La France est heureusement encore laïque, mais les intégristes de tous bords clament que leur religion est la meilleure et que personne n’a le droit de penser autrement qu’eux. Les terroristes de Daesh coupent la tête à ceux qui ne sont pas musulmans ou ne croient pas en Dieu. Et catholiques musulmans et juifs sont d’accord pour traiter d’horribles mécréants les millions d’hindous qui pensent avoir la liberté de croire en plusieurs dieux.

    On pourrait penser qu’aux hauts niveaux de responsabilité on est très libre de ses actions. C’est très faux.
    Les petites entreprises ont les contraintes d’un marché de plus en plus mondial ou la concurrence se fait de plus en plus déloyale, et ne vous laisse plus libre de grand chose, même pas de travailler pour gagner votre vie.
    Quand aux grosses entreprises internationales, elles sont aux mains des financiers et la contrainte du profit maximal ne leur laisse guère de choix et les rends inhumaines.
    Quand au gouvernement est il si libre que cela quand l’Allemagne lui dicte sa politique et qu’il recule devant quelques manifs, comme pour l’aéroport de Nantes, ou l’écotaxe carbone. SI par le passé on avait été aussi craintif, il n’y aurait jamais eu le Paris d’Haussmann ou les vaccins de Pasteur.
    La France est elle encore un pays de liberté quand il y a dix millions de personnes au dessous du seuil de pauvreté ?

    Je sais bien qu’on a la hantise des « temps modernes » et Charlot dénonçait déjà le travail à la chaine comme une privation de liberté.
    Mais la mondialisation ne touche pas seulement l’économie, la musique et la cuisine, elle touche aussi la psychologie.
    Toujours connectés nous voyons moins les autres, que ce soit les jeunes ou dans l’entreprise. D’une part un confort domestique accru et d’autre part des exigences plus grandes extérieures, la télé qui ne nous montre que les catastrophes et les guerres dans le monde.
Alors, à l’époque de la télé, d’internet, du téléphone personnel international, on est bien plus isolé et seul qu’autrefois. Certes le numérique met le monde à notre portée, mais sans que nous sortions de devant notre ordinateur.
    Finalement nous sommes « seuls tous ensemble » et le 21ème siècle est celui de l’individualisme et de l’égocentrisme, pour ne pas dire de l’égoïsme. Pas pour tous bien sûr; mais pour beaucoup.
    J’ai l’impression d’être un vieux dinosaure car pour moi « liberté, égalité, fraternité » avait un sens, de même que la devise de l’école Polytechnique « Pour la patrie, la science et la gloire ».
    Aussi parce que je pense que le progrès scientifique et technique pourrait nous apporter une meilleure vie, si on savait l’utiliser à bon escient.
    Ce qui me rassure cependant c’est de voir qu’il y a encore des jeunes qui ne sont pas obnubilés par gagner de l’argent et avoir tout, tout de suite, mais s’impliquent encore dans des tâches sociales désintéressées et ont encore le souci des autres et l'envie de travailler.

Mercredi 21 mai 2014 à 7:38

Libertés et règles

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J’avais dit ce que je pensais du problème des homosexuels et du mariage pour tous. Vous pouvez retrouver les articles dans la catégorie correspondante.
    Mais je pense que pour cette raison, des correspondantes me demandent ce que je pense de la procréation médicale assistée, la PMA.

`    C’est un sujet difficile mais je vais vous répondre quand même, mais avec une réserve : je connais plusieurs couples homosexuels et certains ont des enfants. Donc je peux en parler. Je n’ai connu qu’un couple ayant eu recours à la PMA, et un  couple à la fécondation in vitro, (FIV), et ils étaient hétérosexuels. Je serai donc plus prudent, car je n’ai pas une expérience suffisante.

    D’abord il faut bien s’entendre sur les termes et ce qu’ils recouvrent.
    La FIV est une pratique médicale courante puisque plus de 12 000 enfants naissent chaque année en France en ayant recours à  cette méthode. Elle est pratiquée quand une femme n’arrive pas à avoir un enfant parce que la  fécondation qui devrait avoir lieu dans les trompes de Fallope entre l’ovaire et l’utérus, ne se fait pas pour des raisons très diverses, y compris une moindre résistance des spermatozoÏdes.
    Pour que la fécondation ait lieu, il faut en effet que la trompe ait pu capter l’ovocyte au moment où il est libéré, qu’elle le fasse progresser au moyen de petits mouvements de ses plis (l’ovocyte est, en effet, incapable, à la différence des spermatozoïdes, de se déplacer seul). Il faut également qu’un nombre suffisant de spermatozoïdes mobiles capables de remonter depuis le col utérin jusqu'à la trompe après avoir traversé l'utérus.
    En général, en cas de stérilité, on commence par un traitement pour stimuler l’ovulation, puis on peut injecter des spermatozoîdes dans la trompe, et sans résultats, on peut alors envisager la FIV.
    Les ovocytes, contenus dans des follicules, sont stockés dans les deux ovaires, et, à partir de la puberté, chaque mois, un ovocyte va en effet terminer sa maturation cellulaire au sein d'un follicule et être expulsé de l'ovaire, tandis que d'autres follicules, qui auront repris leur développement au même moment, vont stopper automatiquement leur croissance et disparaître.
    Pour les besoins de la FIV, on va stimuler grâce à des médicaments l’ovulation pour disposer de plusieurs ovocytes vont être ponctionnés par les voies naturelle sous anesthésie locale.
    Ces ovocytes sont mis en présence des spermatozoïdes (entre 10 000 et 100 000, le plus souvent du compagnon de la femme) au sein d’un milieu de culture, dans une boite de verre, dans un incubateur à 37 d°C.
    Deux jours après la ponction, les embryons comportent en moyenne quatre cellules ou blastomères. Ils peuvent alors être transférés dans la cavité utérine mais, de plus en plus fréquemment, leur culture est poursuivie in vitro durant un à quatre jours supplémentaires. Ceci permet une meilleure sélection des embryons qui favorise les chances de grossesse, et s’assurant par ailleurs qu’il n’y a pas d’anomalie génétique.
    L’enfant conçu par FIV est donc de même nature qu’un enfant conçu naturellement par le père et la mère.

    La PMA, au plan médical, regroupe toutes les méthodes de procréation assistée, y compris la FIV. Mais dans la polémique politique actuelle, elle désigne une insémination artificielle pratiquée par un médecin, par le sperme d’un donneur autre que le compagnon, et elle est donc réservée à des femmes dont le compagnon est stérile.
    Elle pourrait donc être utilisée par une femme seule ou un couple de femmes homosexuelles.
    C’est donc un acte médical très banal où l’homme est remplacé par une seringue et où le sperme provient d’un donneur, qui en principe n’est ni choisi, ni même connu. L’enfant ne connaîtra donc pas son vrai père au sens géniteur, mais il sera en fait élevé par le compagnon de la mère.

    La polémique qui est actuellement soulevée entre le gouvernement et l’opposition avec des groupes intégristes catholiques qui attisent le feu, est en fait un faux problème, posé par la coutume juridique actuelle. C’est d’ailleurs en partie vrai pour l’adoption.
    Quand un couple où l’un est stérile a recours à un don de sperme, tout est fait pour simuler une procréation du couple et le droit et l’habitude sont faits pour cacher le don et faire passer le mari stérile pour le géniteur de l’enfant.
    C’est peut être mieux pour l’enfant sur le moment, mais à condition qu’il ne le sache jamais, car alors la découverte sera le plus souvent une torture. En fait la plupart du temps, cela est fait pour cacher la stérilité du mari.
    Le mensonge de pseudo-procréation charnelle est devenu presque un rite sociétal et le fait que deux femmes recourent elles aussi à un donneur apparaîtrait alors comme une sorte de "scandale ontologique ».
    Tout serait simple et sans scandale si, à la place de cette disposition la France avait, comme la plupart des pays voisins, une habitude responsable, de reconnaître que depuis un demi siècle, un enfant peut naître de la coopération de trois personnes : un couple d’intention (les futurs parents) et un donneur d’engendrement (qui ne sera jamais un parent) et que la situation soit expliqué comme naturelle à l’enfant, lorsqu’il sera en âge de comprendre. Cela n’enlève rien au père qui l’a élevé. Avoir des spermatozoïdes qui ne sont pas assez résistants, c’est moins grave qu’un diabète ou une faiblesse immunitaire.
    Le problème est aussi de savoir si la loi doit permettre à l’enfant de connaître son vrai géniteur. Je suis plus réservé, car finalement ce donneur n’a pas fait plus que de donner son sang et on ne va pas à chaque fois qu’on vous fait une transfusion, vous dire qui vous devez remercier.
    Donc, pour moi, alors qu’une femme an couple (et pas forcément mariée) avec un homme, peut avoir recours à la PMA, je ne vois pas pourquoi une femme identique ne pourrait y avoir recours sous prétexte que son compagnon est du même sexe.
    C’est à nouveau un procès moral de l’homosexualité, comme au temps de l’Inquisition.

    Troisième problème, la « gestation pour autrui » (GPA), qui est le problème des mères porteuses, et celui des femmes qui, ne pouvant avoir d’enfant, le font faire contre rémunération par une autre femme, inséminée par le mari, ou, dans certains cas, ayant recours à une FIV l’ovocyte étant celui de la mère fécondé par le mari en éprouvette.
    Trois choses me gênent dans ce problème :
    La première c’est que c’est un service payant, et je crains donc que les mères porteuse ne soient obligées d’avoir recours à cette solution que parce qu’elles sont dans une situation financière catastrophique et n’ont pas de travail permettant de subvenir à leurs besoins. Je ne crois pas qu’elles fassent cela de gaîté de cœur.
    Le deuxième point est qu’on ne porte pas en soi un enfant pendant 9 mois (même si ce n’est pas son ovule), sans s’attacher à lui. C’est un amour commandé par les hormones, même si on s’en défend sentimentalement. Donc c’est une souffrance pour la mère porteuse dont le couple se fiche éperdument : il a payé, acheté cet enfant.
    Troisième raison : l’adoption cela existe : bien sûr ce n’est pas un enfant issu de son sang, mais on peut en partie le choisir et surtout son avenir dépend à 80% au moins de l’éducation qu’on lui donnera. Certes il peut avoir des problèmes de santé (mais votre enfant avec votre ADN aussi), mais par contre on ne naît pas délinquant, on le devient par éducation et fréquentation.
    Je suis donc contre la GPA, que ce soit pour un couple hétéro ou homosexuel, par contre les formalités d’adoption pourraient être simplifiées et surtout plus rapides, tout en évitant tout trafic d’enfant.

    Voilà donc mon opinion; sans doute soulèvera t’elle quelques critiques, mais je suis prêt à en discuter, si vous le souhaitez.

Mercredi 9 avril 2014 à 9:09

Libertés et règles

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    Une de mes correspondante qui e fait un mastère de philosophie me pose une question très embarrassante, à laquelle j’ai beaucoup de mal à répondre. Je suis un scientifique et pas un philosophe, et on ne peut pas tout savoir.
    Je vais quand même essayer d’y répondre, mais je ne sais pas du tout si ma réponse sera pertinente, car cela me rappelle les discussions que nous avions en première et en terminale sur le jansénisme et la prédestination.
    Voilà sa question, suite à mes articles sur le cerveau :
    « Si nos actes sont produits par des réactions microscopiques et souvent biochimiques dans le cerveau, où se situe la responsabilité de l’individu et notre liberté d’humain ? »
    C’est vrai qu’on peut se poser la question et c’est plus difficile d’y répondre !!
    Je vais essayer de rester concret et de ne pas verser dans la théorie philosophique et la métaphysique.
   
    Il est des actions qui se font sans qu’un ordre ait été envoyé par le cerveau. Ce sont en général des « réflexes » où l’influx nerveux qui apporte une sensation, déclenche un influx moteur au niveau de la moelle épinière. ce sont le plus souvent des actes de protection, comme si nous touchons par exemple la plaque brûlante d’une cuisinière électrique. La main a un sursaut de recul. Cela ne met guère en cause notre liberté.
    Mais le plus souvent, quand ma main fait un geste, les centres de commande de mes membres dans le cortex pariétal moteur, lui ont envoyé les influx nerveux qui ont entrainé ce geste. Mais le cortex moteur a lui même obéi le plus souvent à un ordre provenant du cortex préfrontal et en général cet ordre est conscient.
    Est ce toujours le cas.?
    En fait le schéma ci dessus est trop simple, car une fois l’ordre donné par le cortex frontal, il déclenche non pas un geste, mais toute une coordinations d’actions, presque automatiques, où la main guidée par la vue, va par exemple approcher un objet, le prendre et le déposer ailleurs, ou s’en servir pour déclencher une autre action.
    Le cortex frontal se contente alors de vérifier que certains stades, certains résultats sont atteints, mais, entre ces contrôles,  le processus est presque inconscient.
    Si quelqu’un a été victime d’un accident vasculaire cérébral, ce processus peut être perturbé. La personne peut commander une action et donner l’ordre d’exécuter un geste et qu’ensuite le processus quasi automatique déraille, et l’action peut être perturbée, voire complètement détournée de son but initial
    Supposons que cette personne handicapée prenne une allumette pour allumer le gaz de sa cuisinière et que l’allumette lui échappe au cours du processus et mette le feu aux rideau et qu’il en résulte un incendie, cette personne est elle vraiment responsable?
    On peut évidemment trouver plus complexe : une personne commet un crime; elle le fait au cours d’une crise de schizophrénie, ou bien on s’aperçoit qu’elle a une tumeur du cortex préfrontal, est elle responsable du geste accompli par sa main?
    On peut encore trouver plus contestable : une personne est sous l’emprise de l’ivresse ou d’une forte dose de cannabis et ne sait plus ce qu’elle fait, des ordres que reçoivent ses mains et de la coordination vue-gestes. Est elle responsable des     accidents qu’elle peut commettre?
    Et la personne complètement sous l’emprise du gourou d’une secte a t ‘elle encore son libre arbitre ?
    Sans compter les aspects génétiques; monsieur Sarkozy n’avait il pas suggéré ce qui avait provoqué une réaction de ma part dans deux articles des 13 et 14 juin 2008), que l’on pouvait naître délinquant !!
    Et c’est vrai que les comportements normaux, comme les comportements déviants, sont provoqués par des événements phisico-chimiques, au niveau des circuits cérébraux

    Je crois que nous ne sommes plus dans le domaine scientifique de la neurobiologie, mais dans un domaine à cheval sur la philo et le droit.
    Dans ce domaine, Ia responsabilité présuppose la liberté, et qu'une action est libre si elle satisfait les trois conditions suivantes :
    - elle est intentionnelle et consciente, et n'est donc pas un simple mouvement physique (tel un réflexe ou un tic) ;
    - la personne comprend ce qu'il fait;
    - enfin, elle agit volontairement, sans y être forcé. C'est-à-dire que
son intention n'est pas dépendante d'un facteur extérieur contre lequel elle n’a pas d’action.

    Je crois que le premier critère ne pose pas trop de problème. Le second est déjà beaucoup plus délicat car seule la personne sait si vraiment elle comprenait ce qu’elle faisait, et puis on peut comprendre plus ou moins et ce n’est guère mesurable.
    Le troisième critère est le plus difficile, car, sauf si on vous tient la main et qu’on dirige le geste à votre place, on peut toujours penser qu’on aurait pu résister à la pression extérieure du moins si elle est psychologique et morale. Bien sûr ce n’est pas le cas d’un cancer du cerveau, mais peut on évaluer exactement les perturbations qu’il a apportées?

    La neurobiologie peut apporter une petite pierre car on sait que si le cortex préfrontal n’est pas en activité, ou s’il fonctionne de façon aberrante, on n’est pas conscient de ce qu’on fait, ni des conséquences des actions qu’il va ordonner aux autres centres cérébraux.
    Cela dit, comme nous ne somme pas en permanence sous IRM, on n’apportera que rarement la preuve de son mauvais fonctionnement. Devant cette difficulté des personnes excessives soient nient la science et le déterminisme, soient voudraient réformer complètement nos usages juridiques en matière de responsabilité. Laissons de coté ces excès déraisonnables.
    Je pense qu’au plan théorique on peut parfaitement arriver à faire un compromis entre le déterminisme scientifique et la liberté (et pas qu’en ce qui concerne le cerveau : l’être humain est libre tant qu’un certain type de cause se substitue à lui pour lui imposer son action, le type de cause qui empêche justement l’action d’être libre, et qui met en défaut l’une des trois conditions que j’ai citées précédemment.
    Au plan pratique c’est plus complexe, car le liberté n’est pas manichéenne, totale ou nulle et donc la responsabilité. C’est au plan juridique la notion de circonstances atténuantes. On peut avoir été gêné par une pulsion, ou par une anomalie cérébrale, mais pas au point de ne pas avoir la possibilité au moins partielle d’agir autrement. On peut avoir une responsabilité partielle.
    Cela dit, c’est très difficile à déterminer cette part de responsabilité, et je pense que justement, si l’on arrivait à mieux connaître le fonctionnement du cerveau, ses perturbations et ses anomalies, on pourrait mieux juger quelle est la part de déterminisme et donc la part de responsabilité.

    Et puis si l’on se place au strict plan juridique ou moral, je pense qu’il ne faut pas examiner le comportement d’une personne à l’intant T, mais sur une période donnée concernée par l’action.
    Pour prendre un exemple, si une personne fait une action répréhensible dans une crise de schizophrénie, qu’elle ne peut ni contenir, ni prévoir, elle ne me paraît pas responsable. Par contre la personne qui va provoquer un accident au volant de sa voiture en ayant consommé suffisamment de cannabis pour ne plus être dans son état normal, n’est peut être pas responsable sur le moment, mais elle savait qu’en fumant cette drogue, elle courait ce risque et l’a accepté délibérément en toute connaissance de cause et, à partir de là, sa responsabilité est engagée.
    Mais c’est vrai, que juré en assise, on peut avoir des cas de conscience difficiles pour donner un avis sur la responsabilité de quelqu’un, d’autant plus qu’on ne connaît jamais le fond de la pensée et l’état mental exact de l’accusé lors de son méfait.

Nota : je suis très sceptique quant à l’efficacité des détecteurs de mensonge et des sérums de vérité utilisés aux USA, et ce d'autant plus qu'on a affaire à quelqu'un dont le comportement n'est pas normal..

Mercredi 11 décembre 2013 à 8:11

Libertés et règles

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    Georgette et Bernard Cazes avaient 86 ans. Ils se sont donné la mort dans une chambré de l'hôtel Lutétia, à Paris. Ils ont laissé une lettre réclamant le droit au suicide assisté.
    Suicide romantique, la main dans la main, de personnes âgées qui s’aimaient encore et voulaient finir dignement, ensemble. Ils me font penser à la chanson de Piaf « Les amants d’un jour »

    Le droit au suicide assisté qu’est ce?
    Cela consiste à prendre soi-même des médicaments préparés par un médecin et qui conduisent, à coup sûr, à une mort sans douleur. La question revient régulièrement dans l’actualité et, lors de la dernière campagne présidentielle, « la fin de vie dans la dignité » figurait parmi les grands engagements sociétaux du candidat. L’a t ‘il oublié?
    Le rapport du professeur Sicard, en décembre 2012, rejetait catégoriquement l’euthanasie, mais ouvrait une discrète porte à l’assistance au suicide. Le Conseil d’éthique a toutefois écarté cette deuxième option, qui reste donc illégale.
    Que faire, alors, lorsqu’un malade ne survit que grâce à des tubes branchés en permanence à un corps en proie à de terribles souffrances? Depuis 2005, la loi Leonetti empêche « l’obstination déraisonnable ». En clair, une sorte d’euthanasie passive : l’arrêt des soins est permis si l’acharnement thérapeutique est établi.

    La procédure de la loi Léonetti ne concerne donc que l’arrêt de soins thérapeutiques : « l’obstination déraisonnable » du corps médical et la « prolongation artificielle de la vie » du patient sont proscrites, y compris lorsque ce dernier est hors d’état d’exprimer sa volonté. Le médecin peut prendre le risque d’abréger la vie du patient en lui administrant une dose de soins palliatifs qu’il juge nécessaire à son confort, à condition d’en informer le patient, éventuellement la personne de confiance ou un proche.
    La décision de cesser l’administration d’un traitement, lorsque le prolonger semble relever de l’ « obstination déraisonnable », doit être collégiale et ne peut être prise qu’après consultation de la « personne de confiance », de la famille, à défaut d’un de ses proches et des « directives anticipées » du patient.
    La procédure d’autorisation du patient est stricte : les directives anticipées doivent figurer sur un document écrit, daté et signé sur lequel leur auteur doit porter son nom, son lieu et sa date de naissance. Lorsque ce dernier est en incapacité d’écrire mais néanmoins apte à exprimer sa volonté, il peut demander à deux témoins, dont la personne de confiance, d’écrire le document, en attestant qu’il est l’expression de sa volonté libre et éclairée. Les directives anticipées sont inscrites dans le dossier médical du patient. Elles sont modifiables à tout moment et valides pendant trois ans au terme desquels l’auteur doit seulement confirmer leur validité par écrit sur le même document.
La désignation d’une personne de confiance doit se faire par écrit et peut être révoquée à tout moment.

    Bien entendu, si on autorise l’euthanasie, ou le suicide assisté, comme dans toute action il peut y avoir des abus; la famille peut vouloir l’héritage ou se venger, et on peut toujours espérer de Dieu un miracle qui va sauver le malade.
Personnellement je pense que, si Dieu voulait faire des miracles, il ferait mieux de s’occuper des génocides en Syrie ou dans les pays où règnent des conflits, et de ceux qui meurent de faim dans le monde.
    Il faut donc qu’une euthanasie soit très rigoureusement encadrée. Est ce possible?
Voyons ce qui se passe aux pays bas où les médecins accompagnant le suicide d’un malade ne sont pas poursuivis par la justice. Ils doivent, en revanche, s’assurer de plusieurs critères très précis : le patient formule une demande volontaire et réfléchie, ses souffrances physiques sont reconnues comme insupportables, sans perspective d’amélioration, et il doit être convaincu, à l’instar de son soignant, qu’il n’existe aucune alternative.
    Le Luxembourg a légalisé l’euthanasie et l’assistance au suicide en 2009. Là encore, la situation médicale est prouvée sans issue et la demande, formulée par écrit, doit émaner d’un patient majeur. En Belgique, l’euthanasie est un droit strictement réglementé. Rien n’encadre, en revanche, le suicide assisté.
    En Suisse, la loi laisse la possibilité de réclamer une aide pour mourir, et des associations aident les patients désireux d’en finir, au terme de nombreux entretiens. Mais certaines facturent cet accompagnement vers la mort à hauteur de 7500 €. Business is business, on n’est pas banquier pour rien en Suisse !!

    Une majorité des français est favorable à l’euthanasie, (plus de 85% et même 92% selon le journal Libération et un sondage IFOP), pour les personnes qui en font la demande et qui souffrent de «maladies insupportables », mais les gouvernement n’ont jamais décidé de sauter le pas, et de lancer une large discussion sur le sujet.sans doute par peur de perdre des électeurs.
    Les intégristes catholiques sont évidemment contre cette pratique, comme ils sont hostiles au mariage pour tous ou à l’avortement. Pourtant ils restent libres dans les deux cas de ne pas profiter de cette règlementation si elle ne correspond pas à leurs valeurs.
    Mais ils veulent imposer leurs volonté et leurs valeurs à tous, comme dans les états totalitaires : c’est cela l’intégrisme, qu’il soit d’ailleurs catholique, musulman, israélite ou de toute autre croyance. C’est aussi l’attitude des dictateurs politiques.

    Certes on ne pense guère à la mort quand on est jeune, et même les personnes d’âge mur répugner en France à préparer leur fin. Pourtant la mort est finalement un acte de notre vie, le dernier.
    Je pense que beaucoup de personnes âgées n’ont pas tellement peur de la mort, mais elles ont peur de souffrir. Etre un légume, cloué dans un lit, ne pouvant plus profiter de quoi que ce soit de la vie, et savoir que c’est irrémédiable est une chose insupportable, et en plus souffrir ou du moins être obligé de s’administrer des doses croissantes de morphine, est ce une fin raisonnable et digne de l’être humain.?
    Nous avons beaucoup plus de considérations pour nos animaux domestiques !

Lundi 22 avril 2013 à 9:09

Libertés et règles

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/CouverturePourquoilatartinetombetoujoursducotedubeurre.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures2/devise2.jpg

















            Des correspondant(e)s m’ont demandé quel était la caractéristique principale du pessimiste.
            Je n’ai pas envie, cette fois de parler de préférences cérébrales, mais de faire un peu de philosophie.
 
          
             Vous connaissez certainement ce que l’on appelle pas très poliment la « loi de l’emmerdement maximum ».
            C’est le crédo du pessimiste, qui l’exprime selon diverses propositions :
                   
- Lorsqu'une chose peut aller mal, elle va mal.
                    -
Tout ce qui commence bien, finit mal.
                   
- Le pire n'est jamais sûr, mais le mieux l’est encore moins
                   
- Tout ce qui commence mal, finit encore pire
                    -
Sourit… demain ça ira plus mal.  
                    - Ce que tu n'as pas fait est toujours plus important que ce que tu as fait vraiment.
                   
- On ne peut pas déterminer à l'avance le côté de la tartine à beurrer, et pourtant, elle tombe toujours de ce coté.
                    
- Quand tout baigne, il y en a forcément un qui coule.
                    
- Si ce n'est pas encore arrivé, ça ne va pas tarder.
                     - C'est toujours quand ce n'est pas le bon moment que cela arrive.
                     - C'est toujours quand vous êtes en retard et qu'il pleut que vous avez laissé vos choses urgentes dans l'autre veste.
                    
- C'est toujours quand on a besoin de Google qu'il tombe en panne.
                   
- C’est toujours lorsque tu veux écrire un article, que Cowblog est en maintenance.
                    - Plus les ordinateurs deviennent intelligents, plus on a d’embêtements (voir l’iPad).

            Les scientifiques appellent cela la loi de Murphy, du nom d’Edward A Murphy, un ingénieur en aérospatiale américain, qui disait « Tout ce qui peut mal tourner, va mal tourner », ce qui finalement n’est pas si pessimiste que cela. Il avait juste constaté que s'il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu'au moins l'une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu'un quelque part pour emprunter cette voie, ce qui est vrai. Le seul problème est la probabilité pour qu’il y ait un certain nombre de personnes qui l’empruntent.
            C’est vrai que si beaucoup de personnes actionnent un appareil ou se servent d’un outil comme par exemple l’éditeur de cowblog, et qu'il existe ne serait-ce qu’« une » façon de se tromper, il existera statistiquement des gens qui le feront. Et c'est d'eux seuls que le service après-vente ou l’équipe de cowblog entendra parler.
            Edward Murphy était en fait un optimiste, mais il avait conscience que les problèmes inattendus peuvent toujours survenir. Il travaillait dans l’aéronautique américaine, sur les problèmes de sécurité et de fiabilité.
            Ce principe, selon lequel le très peu probable peut quand même arriver, que ce soit par la défectuosité d’une pièce ou l’erreur d’une personne, est à la base de la qualité de nombreux matériels ou services.
            C’est son application à la construction aéronautique et spatiale, qui réduit à presque zéro, le nombre d’accidents. C’est son application qui fait que les automobiles sont beaucoup plus fiables aujourd’hui qu’autrefois.
            Mais c’est un travail qui coûte cher et par ailleurs il entre parfois en contradiction avec l’intérêt de l’industriel, car il prolonge la vie du produit vendu et diminue donc les ventes. C’est la raison pour laquelle, les appareils ménagers et audiovisuels sont plutôt moins solides qu’autrefois.
            Le domaine où l’application de la loi de Murphy est le plus sensible est sûrement l’informatique : les logiciels des microordinateurs, téléphones portables et autres appareillages (le logiciel qui fait fonctionner Cowblog aussi). Ce sont des processus complexes et donc quelques petites failles peuvent se glisser dans leur conception, qui ne se manifesteront qu’à l’occasion d’utilisations inhabituelles ou erronées peu imaginables.
            Pourtant, vu le nombre très grand d’utilisateurs et la fréquence d’utilisation, quelqu’un finira par utiliser l’appareil de cette façon et tomber sur la faille, avec des conséquences en général limitées à lui même, parfois à l’ensemble du processus.
 
            Quant à moi, je suis plutôt optimiste : je pense que la plupart du temps tout va bien, sauf parfois quand cela va mal. Mais il faut alors se battre et sortir de la mauvaise passe. Mais cela demande de la volonté et de l’énergie.


                

Dimanche 14 octobre 2012 à 8:45

Libertés et règles

                                                                    La "belle Otéro" en 1886, elle avait 18 ans
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             Il m'arrive souvent de donner des avis personnels sur ce blog, et je comprends donc parfaitement qu'on ne soit pas d'accord avec moi et qu'on me le dise. Cela permet de discuter, de mieux comprendre l'opinion d'autrui, et éventuellement de modifier la sienne.
            Mais je n'apprécie ces discussions que si elles sont d'abord polies et de bonne foi, et à condition de pouvoir toucher mon interlocuteur.
            Ce qui m'agace ce sont ceux qui s'indignent sans laisser d'adresse, ni de mail, ni de blog, ou, comme c'est assez souvent le cas maintenant ceux qui utilisent un blog de pub, où on ne peut laisser de commentaire en retour.
            J'ai d'ailleurs le plus souvent tendance, sauf si le commentaire est intéressant, à éliminer systématiquement tout ce qui vient de blogs de pub.
           
            J'ai publié à plusieurs reprises des articles sur ce que je pensais de l'homosexualité et des problèmes qu'elle pose. Si certains faits étaient indéniables, certaines opinions étaient personnelles. Il m'arrive aussi, (rarement) de parler de religions. Je sais que ce sont des sujets délicats et je reste prudent pour essayer de ne blesser personne, mais bien entendu les opinions sur ces sujets divergent beaucoup
            A la suite de mon dernier article sur la liberté de pensée du 23 septembre et celui du 11 juillet sur le mariage homosexuel, j'ai reçu une violente diatribe d'une jeune femme, catholique très engagée, mais dont le blog n'est qu'un blog de pub, et avec qui je n'ai pu discuter.
            Je vais donc lui répondre en partie ici, et je l'appellerai la "belle Etéro" (je me demande d'ailleurs si elle connaît la belle Otéro qui était une danseuse et courtisane très connue en 1900 - j'en doute; alors j'ai mis sa photo au début de l'article).
            Voici quelques extraits de ce que m'envoie ma belle Etéro.
 
" Je ne comprends pas votre position tout a à fait condamnable et, en tant que catholique, vous risquez l'excommunication et l'enfer !
            Vous osez dire qu'un musulman ou un juif possède une Vérité équivalente à celle d'un chrétien et que l'athéisme est pour vous l'équivalent d'une religion. Cela me scandalise.
            Vous respectez, dites vous les religions, mais cela ne vous choque pas que l'on ne soit pas d'accord avec les prêtres et le Pape, et qu'on critique ses paroles.....
           Pour vous les homosexuels sont des gens normaux, et le mariage homosexuel vous paraît sans conséquences néfastes, et vous ne craignez ni une dissolution de la famille, ni l'éducation catastrophique de ces enfants adoptés, qui auront deux pères ou deux mères.....
            N'avez vous pas compris l'appel désespéré du cardinal Barbarin qui montre que cette dissolution de la famille va aboutir à la normalisation de la polygamie et de l'inceste
            Tous les évêques dénoncent cette loi comme une évolution du mariage néfaste pour tous et personne n'est prêt à accepter que sa propre expérience conjugale et familiale soit transformée en profondeur.
            Ils condamnent l’adoption par des personnes de même sexe car l’adoption est pour le bien des enfants et non pour le bien de ceux qui adoptent et cela va entraîner la déstabilisation de la structure de la vie sociale parce que cela transforme la famille dans sa construction originelle.....
            En tant que catholique vous devriez vous battre pour votre foi, et votre blog est un triste exemple de la dégénérescence de notre société actuelle"
 
            J'avoue que je ne pensais pas être une des causes de la décadence de notre société. Je pensais que les banques, certaines entreprises, certains extrémistes, et des personnes corrompues et n'ayant comme souci que l'argent, s'en chargeaient mieux que moi ! Je ne pensais pas m'attribuer une telle importance !!
            Votre souci, belle Etéro, de m'épargner l'excommunication et l'enfer, est très délicat et gentil, mais je mourrai tranquille, rassurez vous. Je ne suis pas un bon catholique et je ne suis pas croyant. Mais je ne juge pas utile de m'en vanter, ni de penser que les autres devraient être comme moi.
            Cela dit je respecte la foi de tous ceux qui en ont une, mais effectivement, j'ai eu, dans ma jeunesse des personnes très chères qui étaient de religion juive et musulmane, (et s'entendaient bien ensemble !), j'ai dans ma famille catholiques et protestants, et j'ai eu à l'X, un camarade orthodoxe. Cela m'a amené à discuter des diverses religions, et je trouve que chacune a ses qualités et ses défauts et que je ne vois pas pourquoi ceux qui ont une foi, la renierait pour une autre.
            Par contre ceux qui font du prosélytisme m'agacent et je condamne fermement ceux qui font des guerres de religion, qu'ils aient été catholiques au moment des croisades et de l'inquisition, ou aujourd'hui certains musulmans qui veulent éliminer tous ceux qui ne pensent pas comme eux.
            Pour moi, chacun a la liberté de penser, dans la mesure où il ne nuit pas à son voisin et où il ne se montre pas intolérant.
 
            Les évêques m'ont étonné car ils m'ont paru, pour beaucoup de leurs propos, ne pas être très réalistes. Dire que l'homosexualité entraîne la polygamie et l'inceste, me paraît être une incohérence hors de tout bon sens et de toute logique.
            Pourquoi ne pas parler aussi de pédophilie, tant qu'on y est, mais sur ce sujet l'Eglise est assez réservée !
            Dire que la famille et la société vont se dégrader et que le mariage ne sera plus une bonne institution et que cela inquiète tout le monde, me fait sourire. On croirait que tout à coup, toute la population va devenir homosexuelle : c'est absurde.
            Dans un appartement pas très loin du mien, vivent deux homosexuels : ils ne dérangent personne et n'ont pas encore modifié la vie des couples dans nos immeubles ! lol
            Quant à l'évolution du mariage, je constate qu'il y a aujourd'hui beaucoup plus de gens qui vivent ensemble sans être mariés  qu'il n'y a d'homosexuels, et cette cause d'évolution du mariage (qui ne me gêne pas, même si moi je suis marié depuis presque 60 ans), n'est même pas évoquée, pas plus que celle de la généralisation des divorces. J'ai l'impression que les évêques ne sont pas très doués en matière de recherche de causes à effets et qu'ils vivent dans leur bulle de célibat, sans regarder autour d'eux.
 
            Je sais bien qu'on a longtemps brûlé les homosexuels, que certains musulmans voudraient les condamner à mort, que encore au siècle dernier on considérait cet état comme une maladie mentale, mais heureusement la société évolue.
            Oui, pour moi, un homosexuel est un homme ou une femme comme les autres, à part entière, il a les mêmes droits et je ne vois pas pourquoi je le condamnerait même s'il n'a pas les mêmes orientations que moi; sinon pourquoi ne pas mettre au pilori un littéraire sous prétexte que je suis scientifique, ou un extraverti parce que je suis introverti !
 
            Quant au mariage homosexuel, je constate que l'Espagne et le Portugal, pays tout à fait catholiques, l'ont autorisé depuis longtemps et que d'autre part il ne s'agit que d'un problème juridique civil et non d'un mariage religieux.
            Que le pape et la hiérarchie catholique ne veuille pas unir religieusement deux personnes du même sexe, je l'admets volontiers; c'est le problème de chaque religion. Qu'ils considèrent qu'un bon catholique ne doit pas être homosexuel, chaque partisan d'une religion accepte ses principes (même si certains les gênent).
            Mais qu'ils veuillent en faire une loi pour tous, me paraît être de l'intolérance et un abus de pouvoir. Même si le mariage civil de deux personnes du même sexe est autorisé, cela n'oblige pas les catholiques à utiliser cette facilité, si elle est contraire à leur foi.
 
            Pour l'adoption je pense qu'un enfant d'un couple homosexuel ne sera pas malheureux si ses parents l'aiment (hélas trop de parents hétéros ne s'occupent pas convenablement de leurs enfants !) et si ses copains ne le tournent pas en dérision. Les études ne semblent pas montrer de contre-indication formelle. Et très franchement, je me demande quelle expérience ont les prêtres catholiques, du mariage et de la paternité, vu leur célibat.
            Quant à la construction "originelle" de la famille, je connais des civilisations qui en ont de fort différentes. Faut il les faire disparaître ?
            Et hélas, un divorce est certainement plus néfaste pour un enfant que d'avoir deux pères ou deux mères, et les contacts que j'ai avec des jeunes qui en souffrent, me le montre de façon très pragmatique.

            Ma belle Etero, puisque je n'ai pu discuter avec vous sur votre blog destiné à la pub et où on ne peut vous contacter, voilà ce que m'a inspiré votre commentaire; cela va hélas vous choquer à nouveau, et vous ne m'enverrez sûrement pas votre photo, pour que je puisse la comparer à celle que je publie aujourd'hui, et qui était celle d'une femme fort jolie et qui sans doute, avait les idées trop larges ! D'autres hélas, en ont de très étroites.
           Tiens, je viens de m'apercevoir que je publie cet article, un dimanche, le jour du Seigneur. Oui mais si je l'avais publié un samedi j'aurais choqué les israélites, et le vendredi les musulmans. Tant pis j'aurais un peu plus droit à l'enfer, et une combinaison d'amiante, c'est mauvais pour la santé !! Je ne sais pas d'ailleurs si on en trouve encore sur le marché.

Vendredi 20 avril 2012 à 8:20

Libertés et règles

  Le principe de précaution n'est pas forcément une mauvaise chose, tout dépend comment on le gère.
            On a le choix entre deux stratégies, l'une basée sur l'analyse objective et scientifique des risques incriminés, de leurs causes et de leurs conséquences, mais aussi des conséquences positives qu'ils entraînent; l'autre qui consiste à ne prendre en compte que les risques, et à bannir tout ce qui risque d'arriver de positif.
            C'est ce qui est choisi actuellement.
            Si nous avions appliqué cette stratégie au XIXème siècle, il n'y aurait eu que très peu de progrès en santé publique, car toutes les avancées majeures, vaccination, anesthésie, radiologie, chirurgie, nouveaux médicaments..., impliquent des risques.
 
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D'abord un exemple hors santé publique :
 
           La simple évocation des risques provoqués par le nuage de cendres du volcan islandais Grimsvôtn a fait interdire les vols, ce qui a provoqué une pagaille monstre et des pertes financières pour les compagnies aériennes.
            Heureusement, celles ci ont effectué des vols expérimentaux avec des mesures des conséquences sur les réacteurs et sur l'avion, à partir desquels a été bâtie une stratégie, mais plusieurs États auraient dû le faire dès les premières heures, alors que, fascinés par l'évocation d'un risque, ils n'ont rien fait.
 
 
                        Des exemples concernant les maladies :
 
            Vous vous souvenez certainement de l'affaire de la vache folle.
Le gouvernement français a interdit les farines animales au lieu de changer leur mode de fabrication, ce qui aurait été aussi efficace et moins coûteux.
            Pour rassurer le public, il a décidé d'abattre toutes les bêtes d'un troupeau, même de quelques milliers de bêtes, quand une seule était atteinte, mesure coûteuse que la France a été te seul pays à adopter et qui a inquiété au lieu de rassurer. L'erreur bénigne d'un magasin Carrefour mettant en vente ta viande d'un bœuf sain mais ayant appartenu à un troupeau où une vache avait été atteinte ensuite, ce qui aurait été légal dans tous les autres pays, a déclenché une mévente de la viande pendant plusieurs semaines.
            Cette mesure d'abattage a été très coûteuse et traumatisante, alors que rien ne la justifiait et par la suite aucun des cas de maladie de Creutzfeldt Jakob n'a été clairement imputable en France, à une consommation de viande contaminée.
            L'opinion publique est persuadée de la primauté du risque du à la pollution, alors qu'il provoque moins 1% de cancers dans la population. Elle le place bien avant le tabac ou l'alcool qui font annuellement 60 000 et 45 000 morts.
            Par contre la pollution est la cause de nombreuses allergies.
             L'arrêt de la vaccination contre l'hépatite B, en raison d'un hypothétique risque de sclérose en plaques a conduit à de nombreux décès par cancer post-hépatite du foie.
 
 
                         Dangers de pollution
 
            La Directive européenne de 2004 sur la protection contre tes champs électromagnétiques comprend une prescription dont l'application rendrait impossible [a pratique d'lRM. Plus d'un milliard d'examens IRM ont pourtant été réalisés sans que le moindre problème soit décelé.
            Face aux protestations des académies de médecine européennes, la Commission européenne a dû revoir cette directive et retarder son application.
            Le seul danger possible, mais non certain, des téléphones portables est leur action sur le cerveau d'enfants qui en feraient un usage intensif sans oreillettes.
            L'éloignement des antennes de téléphonie mobile des centres-villes est une décision est emblématique et une démarche trompeuse qui a conduit à augmenter la puissance d'émission des téléphones portables et a en réalité augmenté l'exposition réelle des populations aux ondes électromagnétiques. 
            Les canalisations en plomb qui, dans la majorité des cas, n'avaient aucun rapport avec [e saturnisme, ont été remplacées par des canalisations ne disposant pas des mêmes effets bactériostatiques. Des centaines de millions d'euros ont ainsi été dépensées sans aucune assurance de bénéfice sanitaire.
            Je ne parlerai pas des vaccins antigrippe, car j'ai déjà fait un article à ce sujet, mais d'une part il est anormal que le ministre de la Santé ait commandé autant de vaccins sans clauses de tranches conditionnelles, et d'autre part l'affolement des services publics et le peu de sérieux de la campagne ont jeté le doute et je connais plusieurs personnes âgées, qui, ne s'étant pas fait vacciner cette année, ont souffert d'une méchante grippe.
 
 
                         Les rayonnements ionisants.
 
http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/cancersdose.jpg            Le comportement des pouvoirs publics, vis à vis de personnes qui, ayant reçu des doses faibles de rayonnements ionisants, ont par la suite développé un cancer, est assez étonnant, car ont donne pratiquement raison à toutes leurs requêtes, quelques soient les faits.
            Or toutes les expériences sur animaux comme les statistiques de personnes soignées par irradiation ou des victimes d'Hiroshima de Nagasaki ou de Tchernobyl, montre que si on ne reçoit pas des doses supérieures à 2 sieverts, la probabilité de développer un cancer n'est pas plus grande que pour des gens non irradiés (cancers naturels) et que d'autre part ces cancers interviennent dans les 10 à 15 ans après l'irradiation et en cas d'irradiation totale, sont des leucémies.
            Mais évidemment on ne peut pas affirmer avec certitude que au dessous de 2 sievert l'irradiation ne peut pas provoquer de cancer.
            La gestion du risque postule une relation sans seuil, choix par certains aspects raisonnable, et on applique même cette extrapolation hasardeuse aux faibles doses, par exemple délivrées en radiodiagnostic, alors que des données solides prouvent qu'elle n'est pas pertinente. Le principe de précaution légitime de telles estimations, même si elles sont erronées.
            Cette surestimation du risque des faibles doses n'est nullement « protectrice », car elle peut avoir des conséquences graves en conduisant à renoncer à des examens médicaux utiles, et on a même constaté des phénomènes d'effet bénéfique de rayonnements ionisants à faibles doses, avec une diminution du risque pour de faibles expositions, qui stimulent les défenses naturelles contre [es cellules cancéreuses.
 
            Des études sur le radon, gaz radioactif qui est émis par les minerais de radium présents dans le granit en Bretagne, montre un effet cancérogène pour le poumon à forte concentration, qui d'ailleurs ne risque pas d'être atteinte en plein air. Cette étude est basée sur des interview de malades atteints de cancers. Le tabac représente en la matière un risque près de trente fois plus élevé. 0r aucune étude épidémiologique concernant te radon ne prend correctement ce facteur en considération. Certains travaux surestiment ainsi les risques du radon en lui attribuant des pathologies qui sont en réalité dues au tabagisme.
 
            Devant les fenêtres d'un laboratoire d'un hôpital, où l'on utilise des marqueurs radioactifs, il existe un petit trottoir sur lequel, en trente ans, on n'a jamais vu marcher qui que ce soit. Lorsque des travaux ont été réalisés récemment dans ce laboratoire, on a fait murer les fenêtres donnant sur ce trottoir, sous prétexte que si quelqu'un venait à y passer 35 heures par semaine pendant toute l'année, la dose d'irradiation admissible pour le public serait légèrement dépassée. Les personnels du service travaillent donc désormais privés de lumière du jour devant un trottoir toujours désert, ce qui n'est bon ni pour la santé, ni pour le moral.
         Absurdité de l'interprétation idiote du principe de précaution.

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Jeudi 19 avril 2012 à 8:05

Libertés et règles

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            Le principe de précaution a été mis dans la constitution. Est ce une bonne chose ?
            J'ai malheureusement l'impression que comme beaucoup d'actions de notre gouvernement depuis 5 ans, on est face à un problème, on veut à juste titre engager une réforme, et, obnubilé par la hâte et la retombée médiatique, on bâcle une solution sans réfléchir à son application ultérieure et à ses conséquences. Et on accouche d'une solution parfaitement inefficace quand elle n'est pas nocive.
            Pour moi, le principe de précaution, tel qu'il est appliqué actuellement, ne tient pas compte des repères d'une gestion rationnelle, raisonnable et équitable des risques. Il a manifestement amplifié certaines tendances alarmistes de notre société et de l'opinion publique, en leur donnant une légitimité, il favorise les intérêts individuels au détriment des intérêts collectifs, les manipulations, le principe du parapluie cher à l'Administration et la suspicion vis à vis de toutes les situations incertaines et des paroles des politiques et des médias, qui d'ailleurs, en quête de sensationnel, en rajoutent largement sur ce sujet.
            Je voudrais aujourd'hui rester dans les généralités et demain vous donner des exemples précis, pris dans le domaine délicat de la santé publique.
 
 
                        Une suspicion généralisée encouragée voire provoquée, par les médias.
 
            Le risque zéro n'existe pas, et le plus souvent, des accidents peu probables sont dus à des circonstances exceptionnelles et à des imprudences successives.
            Toute chose ou situation nouvelle, toute action ou réalisation, peuvent avoir des conséquences bonnes ou mauvaises, qu'il faut analyser, au plan de la gravité et de la probabilité de réalisation.
            Mais les médias, à la recherche du scoop, ou des individus pour des raisons personnelles, savent qu'inquiéter les gens vis à vis de leur santé est facile, et ils montent en épingle les éventuels effets négatifs, sans pour autant ni regarder le côté positif, ni faire une analyse rationnelle objective.
            Je vous ai montré dans des articles sur la "perception immédiate émotive" que, pour exciter un groupe ou une foule, il fallait les gaver d'arguments affectifs et les empêcher de réfléchir objectivement, afin de passer directement de l'émotionnel à l'action, sans passer par le rationnel.
            Ainsi, pour la grande majorité des risques, réels ou supposés, la défiance et la crainte l'emportent sans véritable analyse, qu'il s'agisse des installations chimiques, de la drogue, des maladies professionnelles, des déchets radioactifs, chimiques ou encore des antennes relais, et malheureusement les risques peu importants cachent souvent les risques potentiellement plus dangereux, mais moins connus ou moins spectaculaires.
            Plus grave encore, i[ se développe une suspicion sur la transparence de l'information, car à force de raconter n'importe quoi et de nous prendre pour des imbéciles, de passer aussi à coté de vrais dangers, comme le médiator, on finit par douter de tout et donc d'imaginer le pire, si on est pessimiste, ou de négliger le danger, si on est optimiste.
 
 
                        La débauche des intérêts privés aux dépends de ceux de la communauté.
 
            Le principe de précaution est régulièrement le prétexte invoqué lorsque sont en jeu des intérêts particuliers et privés, face à des besoins publics : la construction d'une autoroute, d'une ligne haute tension, du TGV, d'une éolienne, d'une antenne radio, d'un incinérateur, d'une usine...
            Je ne dis pas que ces actions n'induisent pas des nuisances, mais il faudrait en étudier techniquement et objectivement la portée.
            Mais, en brandissant quelques études inquiétantes souvent inexactes et biaisées, surévaluées et non confirmées, comme on en trouve quel que soit le sujet, notamment en cherchant sur internet, les opposants à l'installation accréditent t'idée d'un débat scientifique majeur et exigent que l'on prouve l'absence totale de risque immédiat et futur, exigence évidemment impossible à satisfaire.
            Le principe de précaution est alors invoqué dans sa forme la plus extrême : s'abstenir, démonter ou détruire.
 
                        La gestion rationnelle du risque est remplacée par une lutte d'influences.
 
            Le principe de précaution p[ace évaluation et gestion du risque dans un cadre non scientifique et non hiérarchisé, aucune différence n'étant faite entre hypothèse et certitude, entre perception des risques et dangerosité réelle objective des facteurs incriminés.
            Tout devient prioritaire : un risque mis en évidence doit être traité comme s'il s'agissait d'un périt majeur. Le risque n'est plus quantifiable et les mesures de santé publique destinées à s'en prémunir ne sont plus évaluables. On est face à une situation émotionnelle et toute démarche rationnelle d'évaluation des bienfaits face aux risques n'est plus comprise.
            Il devient impossible de mesurer en aval l'efficacité des mesures prises, puisque ces risques n'ont pas été mis en évidence.           
            Cette situation conduit à un risque sans prix, sans coût, (comme dans le cas des vaccins antigrippaux), et la gestion rationnelle des risques cède donc peu à peu la place à une lutte d'influences, qui voit s'opposer médias, groupes politiques, administrations, écologistes, industriels, chercheurs, professionnels de santé, et individus soucieux de leurs intérêts.
            Nous sommes bien loin d'une élaboration collective des stratégies de lutte contre les risques.
            Bien souvent sont ainsi privilégiés des risques totalement hypothétiques, au détriment de dangers bien réels. Les décisions prises peuvent se révéler arbitraires, coûteuses, dépourvues de bénéfice sanitaire, trompeuses, voire dangereuses. Les moyens sont affectés aux grandes peurs plutôt qu'aux grands fléaux.
 
 
                        L'évaluation du risque, quand elle a lieu, est souvent biaisée.
 
            Le climat émotionnel qu'on vient de décrire peut en outre influer sur les évaluations, car les scientifiques y sont eux mêmes sensibles, et d'autre part, eux savent que le risque zéro n'existe pas et que toute mesure comporte une incertitude et que le "calcul d'erreur" n'est pas une chose évidente. Ils réalisent donc des estimations du risque qu'ils jugent prudentes, mais qui sont en réalité des surestimations.
            Face à ces chiffres alarmistes, largement relayés par les médias, la population réclame logiquement aux pouvoirs publics des actions protectrices et des réglementations plus contraignantes sont donc adoptées et les limites abaissées, générant des coûts parfois considérables, qui confortent le public dans son inquiétude : la diminution des normes est considérée non comme un seuil de protection prudente en attendant une meilleure connaissance du risque, mais comme la preuve que ce risque était réel et important.
            L'opinion publique demande donc davantage de mesures, et dans ce cercle vicieux, il se crée, entre ta réalité du risque et sa perception dans l'opinion, un décalage qui a été aggravé par le principe de précaution, qui donne ainsi au risque, même mineur, une existence qui n'a plus besoin d'être prouvée.
 
            Je ne nie pas les risques, je ne condamne pas le principe de précaution, je constate simplement que son application me paraît aberrante, face à des hommes politiques obnubilés par l'opinion publique, l'hyperactivité, une Administration tatillonne et parapluie, et des médias irresponsables et dénués de connaissances scientifiques, à la recherche du sensationnel et de la course à l'information, sans prendre le temps d'en comprendre le sens et d'en évaluer la véracité et la portée.
 
            Demain je vous donnerai des exemples concrets précis.

 

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lancien

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