Vendredi 26 février 2016 à 9:29

Violence

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     Des jeunes me parlent de harcèlement dont ils sont victimes sur internet et demandent conseil.
     J’ai déjà fait plusieurs articles à ce sujet (17 et 27 février 2013, 2 décembre 2013, 26 et 27 mai 2014).
    Je ne vais pas tout répéter, mais pour vous éviter de chercher, je vous donnerai quelques conseils.

    D’abord il faut prendre ces harcèlement au sérieux et si votre enfant ou un camarade en est victime, il faut savoir ce qu’il en est réellement et faire le point avec lui.
    Le harcèlement est quelque chose qui va très vite, comme une vague qui déferle: en quelques jours, le jeune se replie. Et le harcèlement touche tous les milieux.
    Le harcèlement en milieu scolaire ou le cyber-harcèlement ont des conséquences bien connues sur les victimes : augmentation de l'anxiété, symptômes dépressifs, troubles du comportement alimentaire, faible estime de soi, mauvais résultats scolaires, difficultés d'ajustement psychosocial, crainte de fréquenter les lieux scolaires.      
    Certains harcèlements ont mené leur victimes au suicide, et une enquête aux USA réalisée sur 37 fusillades dans les établissements scolaires de l974 à 2000 et sur 41 agresseurs, a révélé que 71 % d’entre eux se sentaient harcelés, persécutés, ou blessés par les autres personnes de leur entourage scolaire avant leur acte.

    Alors que faire si on est ainsi harcelé(e).?

Que faire sur internet ?
        - D’abord des mesures de précaution, ne pas converser avec n’importe qui, essayer de voir si la personne a un site pour voir ce qui y est traité.
           - Rester discret, ne pas donner son nom ou son adresse à quelqu’un qu’on ne connait pas. Ne pas raconter sa vie à n’importe qui. Ne pas publier n’importe quoi et réfléchir à ce qu’on publie et aux conséquences possibles.
          - Etre prudent avec une webcam : quelqu’un peut filmer à votre insu ou vous choquer avec des images ou gestes et faire ensuite du chantage.   
        - Si votre interlocuteur est désagréable ou commence à vous harceler, cela ne sert à rien de lui demander d’arrêter, cela ne fait que l’exciter.
        - On peut lui voler dans les plumes verbalement, cela en arrêtera certains et cela vous calmera peut être, mais cela risque aussi l’inciter à faire pire.
              - Le mieux c’est de couper le contact et de l’exclure de votre site.
        - Si sur un site autre on dit du mal de vous, ne le relevez pas et n’y allez plus. Dites vous que peu de personnes le verront. Y aller ne fait que satisfaire le harceleur. Vous pouvez évidemment répondre, mais cela risque d’augmenter le niveau du  harcèlement. Si vous arrivez à tourner en dérision votre adversaire avec humour, en ayant l’air par ailleurs de ne pas souffrir de ce qu’il a écrit, vous avez quelques chances de le faire renoncer.
           - Mais surtout ne faites pas une montagne avec de petites remarques désagréables : ne vous montrez pas susceptible : que l'on se moque gentiment parfois d'un camarade, qu'il y ait parfois des heurts verbaux entre deux personnes, c'est normal.
           Ne prenez pas trop au sérieux ces agissements. Ce que pensent des imbéciles n'a pas beaucoup d’importance. Effacez ces commentaires désagréables s’ils sont sur votre site. Et si vraiment cela devient insupportable, changer de blog, en créer un autre dont vous ne donnerez l'adresse qu'à vos amis et recopiez y vos articles.
              - Et si vraiment cela va plus loin que vous ne le supportiez, confiez vous à un(e) ami(e), à un adulte en qui vous avez confiance ou à vos parents. L’essentiel est de sortir de la solitude.
        Il m’est déjà arriver d’avoir une explication avec un harceleur et de le menacer de poursuites juridiques, pour lui faire arrêter d’importuner une correspondante.
    Certains harceleurs ne sont pas conscients du mal qu’ils font : ils pensent qu'insulter via Internet, ça reste virtuel
       - Et si cela devient vraiment odieux, il faut couper les réseaux sociaux pendant un temps, bien que ce soit très difficile pour les jeunes.

Que faire pour un harcèlement en classe ?
        - S’il s’agit de petites moqueries sans grande répercussion, il ne faut pas vous montrer trop susceptible. Ce que j’ai dit plus haut reste vrai.
        - Si un groupe vous prend pour souffre douleur, et si vous avez de bons camarades, allez avec eux et en groupe, ignorez l’autre groupe et serrez vous les coudes.
        - Si vous êtes un souffre-douleur isolé(e), parlez en à l’infirmière, à un prof sympa ou à vos parents qui eux verront les professeurs.
            - Et dans le cas de vols, rackets, mauvais traitements, il ne faut pas le cacher, il faut porter plainte.
       
        Ensuite il faut se reconstruire et pour cela ne pas croire tout ce qui vous a été méchamment dit. Il n’y a pas le dixième de vrai. Confiez vous à des amis, discutez avec eux : vider son sac fait du bien.
        Puis repartez de l’avant : c’est l’avenir qui compte, pas le passé.

        Et un point qu’il ne faut pas oublier, mais je ne peux guère en parler car c’est tout de suite très personnel : un petit ami à l’esprit tordu peut être un manipulateur, un harceleur, et la conduite à tenir est la même, mais c’est plus difficile si vous l’aimez.

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Jeudi 16 mai 2013 à 8:23

Violence

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    Mon article sur l’enfant américain de 5 ans, qui a tué sa jeune sœur en jouant avec un e carabine chargée m’a valu quelques mails, qui s’interrogent notamment sur l’impact des jeux vidéos violents sur les actes criminels.
    Il faut se méfier des dires des personnes citées ça et là.
    Bien sûr de ceux qui y jouent beaucoup et prétendent que c’est sans conséquence puisqu’ils n’ont pas - encore - commis de meurtre.
    De ceux des criminels aussi, qui cherchent une excuse à leur acte : Anders Breivik, qui a assassiné 77 personnes sur l'île d'Utoya en Norvège, a, lors de son procès, affirmé avoir passé « beaucoup de temps » à jouer à Moder Warfare (la photo ci dessus), l'un des jeux de tir les plus vendus au monde, dans lequel les joueurs tuent des personnages de façon réaliste avec diverses armes.
    De l’industrie du jeu qui, avec des bénéfices qui sont loin d'être virtuels (70 milliards d'euros en 2011), continue à rendre responsables parents (qui devraient effectivement mieux contrôler les jeux auxquels leurs enfants ont accès) et à laisser croire que s'il y a un problème, il provient non de leurs logiciels, mais de personnes ayant des problèmes psychiatriques, qui sont les responsables de leurs actes délictueux.

    Une première constatation des études que l’on trouve dans la littérature est que la pratique de tels jeux apprend à tuer au plan du mode opératoire, de la précision du tir.
    Des essais statistiques ont été menés entre pratiquant de tels jeux et personnes non entraînées à ces jeux et les résultats sont certains quant à la rapidité de tir, la précision et au départ la simple connaissance des armes nécessaire pour s’en servir.
    C’est bien connu des armées de tous les pays, qui entraînent leur troupes sur des simulateurs, afin de consommer moins de munitions.

    Les jeux violents incitent ils à la violence ?
    Des expériences ont été faites sur des groupes ayant ou non joué au préalable à un tel jeu, ou à un jeu neutre. La difficulté est de sélectionner les groupes et les jeux, car il faut pouvoir comparer ensuite leurs comportements d'agression. Les niveaux de difficulté, d'excitation ou de frustration associés à ces jeux doivent être équivalents, afin que l'on
puisse attribuer les différences observées spécifiquement au degré de violence véhiculé par le jeu.
    Une autre solution consiste à recueillir, en les interrogeant ainsi que leur entourage,  famille, professeurs...., des informations sur les comportements agressifs d'un certain nombre de personnes, sur le type de jeux vidéo qu’elles pratiquent, sur leurs loisirs, mais aussi en faisant cette enquête auprès d’auteurs de violences sous toutes leurs formes.
    Une troisième méthode consiste à recueillir des informations à plusieurs reprises, auprès des mêmes personnes durant quelques mois. On détermine ainsi, non seulement s'il existe un lien entre les jeux vidéo et l'agressivité, mais aussi comment l'interpréter : si l'on constate qu'une personne joue à des jeux vidéoà un moment donné et que ses actes
violents augmentent l'année suivante, on peut supposer que la pratique de ces jeux vidéo en est la cause.

    Diverses études montrent que ces trois méthodes donnent des résultats convergents : les jeux vidéo violents influencent les joueurs, qui ont davantage de pensées, d'émotions et de comportements agressifs, à court terme comme à long terme.
    Ces études sont complétées par des recherches de neuro-imagerie qui montrent que la pratique du jeu vidéo rend moins sensible à la violence et désinhibe les comportements violents.
    En 2010, le psychologue Craig Anderson, de l'Université d’Iova, a publié une synthèse des recherches scientifiques indépendantes dans le monde, sur l’effet de certains jeux violents, qui confirme leur effet. Certes cela ne signifie pas que leur pratique engendrera forcément des crimes ou des actes très violents, mais suggère que les violences verbales et physiques ordinaires sont influencées par les jeux violents, indépendamment des traits psychologiques initiaux des joueurs.

Jeudi 1er décembre 2011 à 8:09

Violence

 
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        Dans mon précédent article j’ai parlé des victimes d’une agression et aujourd’hui je voudrais poser la question : que faire dans un tel cas ?


        Contrairement à ce que croient la plupart des gens, je pense qu’il faut essayer d’en parler avec la victime, si on la connait suffisamment, si on a sa confiance et qu’il ne faut surtout pas lui recommander le mutisme, même si c’est pénible de parler de l’agression..
        Il serait le plus souvent souhaitable qu’elle porte plainte, afin d’éviter à d’autres de subir le même sort, et pour que l’auteur soit puni.
        Mais il est certain qu’il faut beaucoup de courage pour affronter les questions et les formalités d’une enquête de police.
       J’ai eu autrefois à aider une jeune qui assistait au procès de son violeur et j’ai le souvenir de moments très pénibles.
    
        Je vais donc me contenter de chercher ce qui pourrait être fait pour aider la victime.
    Il faut d’abord essayer qu’elle ne garde pas son secret car rien n’est plus traumatisant que de laisser l’inconscient conserver ces images et ces sensations pour lui tout seul. Cela risque de créer d’énormes blocages par la suite, et même de créer au bout de quelques mois ou de quelques années, un état obsessionnel qui peut mener à la dépression et aux pensées morbides.
    Certes c’est difficile de parler de choses aussi intimes. 
    Si la victime n’a pas d’amie assez proche pour en parler, elle peut aller se confier à l’infirmière de son lycée qui l’écoutera sûrement avec en outre, des connaissances médicales et qui est liée par le secret professionnel.
    Les parents devraient pouvoir l’aider, mais je sais que les relations parents-ados sont extrêmement variables et l’attitude des parents dans de tels cas peut être très bénéfique, mais aussi parfois assez nocive.
    J’ai connu des cas où les parents se sont “débarrassés” de leur enfant sur le psychiatre ou lui ont même reproché sa conduite, en oubliant qu’il était une victime très traumatisée et non une coupable. Certains aussi n’ont pas su que faire et les jeunes qui m’ont raconté leurs malheurs, se sont souvent plaintes de ce manque de compréhension et d’aide, qui apparaissait à leurs yeux comme un manque d’amour !

    La personne qui a subi un tel choc, a en effet avant tout besoin de tendresse, de quelqu’un de patient, qui ne la juge pas, qui l’écoute et comprenne sa détresse. Le psy est souvent trop distant, trop professionnel.
    Sa confiance en elle a été en partie détruite et il faut essayer de la réconforter, de lui redonner goût en elle même et en la vie.
    Ce sentiment de honte et de dégoût, cette impression d’être salie, il faut arriver à les atténuer, la persuader qu’elle a subi avant tout une agression, et que c’est un traumatisme analogue à une blessure, à un coup de couteau, mais qu’elle n’y est pour rien et qu’il n’y a aucune honte à cela et que cela cicatrise et ne condamne pas sa vie future.
    Finalement la haine de l’agresseur est sans soute préférable, car elle occupe l’esprit “plus positivement” si j’ose dire. Elle diminue ce sentiment absurde mais réel, de culpabilité alors que l’on est victime.

    Puis il faudrait reconstruire peu à peu, redonner envie de sortir sans avoir peur (pas n’importe où, et accompagnée), de voir des amies, puis même d’oser parler à des garçons. Remonter la pente est long et je crois que seules les personnes qui arriveront à apporter une amitié et inspireront confiance, pourront vraiment réussir
    Le moment crucial sera un jour où un garçon aimera cette jeune et essaiera de se faire accepter. Il lui fauidra beaucoup de patience, de compréhension, de doigté, mais s’il y arrive, c’est cette acceptation du “petit ami” qui sera le signe et le révélateur d’un retour à la vie et à la joie.

    Ce n’est pas facile d’aider ainsi quelqu’un victime d’une agression. 
        Sur internet le début est plus simple, parce que c’est plus facile de se confier à quelqu’un qui ne vous voit pas, qui n’est pas en face de vous, pourvu qu’il vous écoute avec bienveillance et qu’il ne vous juge pas.
    Redonner confiance est une chose que l’on sait faire à la longue, même avec un simple rapport virtuel.
    Parler de ces problèmes intimes et délicats, avec l’habitude, on peut le faire sans choquer.
    Mais faire complètement remonter la pente est difficile, car ce contact reste virtuel, sans assez de présence et de tendresse,  et on n’arrive pas toujours à accompagner jusqu’en haut de la pente et l’on se quitte en chemin, en espérant que l’ascension se poursuivra et qu’un petit ami aidera à la terminer.

    Peut être certaines d’entre vous ont elles eu l’expérience d’une telle aide, à apporter à une jeune ado qui se trouve ainsi dans le malheur, et leur témoignage sera le bienvenu.

Mercredi 30 novembre 2011 à 8:18

Violence

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        Parmi les problèmes les plus difficiles que j’ai rencontrés auprès de mes correspondantes, je n’ai, je crois, jamais parlé dans mon blog, des viols
        J’ai toujours pensé que c’était trop personnel et trop délicat à traiter autrement que dans l’intimité.
        Mais deux de mes correspondantes m’ont demandé de faire un article à ce sujet, et je vais donc essayer de faire quelques constatations générales.

   
        Tout le monde sait en théorie ce qu’est un viol, mais peu savent vraiment les ravages et les traumatismes qu’ils peuvent causer.
    C’est aussi ce qui m’a incité à écrire cet article, mais malheureusement ce ne sont pas des violeurs potentiels qui le liront.

        Le viol qu’il soit l’objet d’un seul - que cette personne soit ou non connue de la victime - ou pire encore en groupe - ce que l’on qualifie de l’affreuse expression de “tournante”, - c’est un crime et la justice a raison de le qualifier ainsi, car c’est pour une femme et à fortiori une ado, la pire des agressions.
        Mais certains actes ne sont pas qualifiés de viols et sont presque aussi traumatisants : je pense à des soirées très arrosées avec consommation d’alcool et de cannabis, à l’issue desquelles les garçons comme les filles, ne raisonnent plus normalement, et les jeunes ados sont dans un état tel qu’elles ne peuvent plus opposer aucune résistance. Il n’y a pas viol manifeste, mais il n’y a pas consentement non plus, et dans certains cas, il arrive même que personne ne se rappelle de façon précise ce qui est arrivé exactement.
        Il n’empêche que de telles circonstances sont par la suite, presque aussi traumatisantes psychiquement pour une jeune fille que les viols réels. Je les considère aussi comme une agression au même titre que les viols, même si, aux yeux de la justice, ce n’est un crime que dans la mesure où l’on pourrait prouver que l’on a forcé la victime contre son gré, et cette preuve est en général difficile.

        Aujourd’hui je parlerai des séquelles des viols et dans mon prochain article de la façon dont on peut aider leurs victimes.

       J’ai été amené, depuis six ans, à essayer d’aider une vingtaine de jeunes qui avaient subi de telles agressions.
       J’ai plusieurs fois essayé de  rassurer des personnes, ados, jeunes femmes ou personnes plus âgées qui avaient subi une agression non sexuelle : vols à l’arracher, brutalités, voire une fois une blessure sérieuse.
       Même dans le cas de blessures, le traumatisme était moindre que celui d’un viol , non sur le plan physiologique, mais sur le plan psychologique et sentimental à moyen terme.

        Le plus souvent, sauf quand il y a eu des violences physiques importantes, des coups ou une sauvagerie dans le viol entraînant des blessures locales, les victimes ne ressentaient pas de traumatisme et de souffrance physiologiques.
        Par contre, toutes les jeunes qui avaient subi de telles agressions, avaient d’abord un sentiment de honte, non seulement vis à vis des autres mais aussi vis à vis d’elles mêmes, l’impression d’être salies.
        Ce sentiment est sûrement une réaction de l’inconscient car il n’y a aucune réalité physique et aucune d’entre elles n’a pu m’expliquer la raison de ce sentiment extrêmement fort et stressant, qu’il est difficile de combattre.
    Bien sûr elles avaient aussi un haine vis à vis des auteurs de l’agression, mais on l’aurait à moins, et finalement ce sentiment est plutôt salutaire, car il est possible de s’appuyer sur lui pour remonter la pente.

        L’agression  entraîne un  traumatisme d’autant plus important que l’on n’ose en parler à personne et que l’on garde la blessure pour soi longtemps, 
        Le souvenir de la scène est lancinant, revient en permanence et vous obsède et peut mener peu à peu, à la dépression.
        La jeune voit - à tort -, tout avenir condamné pour elle, presque comme si elle avait contracté une maladie incurable.

        Troisième séquelle, qui dure en général longtemps, ces agressions entraînent chez les victimes une peur des hommes.
    Peur évidement de circuler dans la rue , les transports en commun, les lieux publics, de crainte d’une nouvelle agression.
    Mais peur du contact avec n’importe quel homme, voire même des garçons amis. Là encore c’est une réaction de l’inconscient contre laquelle il est difficile de lutter, une obsession, une phobie.
    C’est une répulsion difficile à surmonter mais qui finit par s’atténuer.    Mais il subsiste ensuite en général, une horreur instinctive de toute relation sexuelle et donc une crainte de toute relation amoureuse, qui dure parfois longtemps.
        Il est très difficile de sortir seule de ces pièges; et même si par la suite; un amour sincère et une confiance s’établit avec un “petit ami”, il faudra à celui ci beaucoup de patience et de délicatesse, pour arriver à faire disparaître cette répulsion.

    La plupart de celles que j’ai pu aider n’avaient parlé à personne de ce qui leur était arrivé ou parfois à une amie mais qui n’avait su comment les aider, si ce n’est par son amitié.
    Certains parents n’avaient pas non plus su comment aider leur enfant et en général avait fait appel à un psy et je dois constater que ce recours n’avait la plupart du temps, fait qu’ajouter à la honte ressentie par la victime et les médicaments antidépresseurs administrés rajoutaient plutôt au malaise de l’adolescente.
    C’est donc très difficile d’aider celles qui ont subi de telles agressions et je n’ai réussi à aider à remonter complètement la pente que certaines d’entre elles.
    Le plus difficile c’est d’arriver à surmonter l’état de dépression, de désespoir ou au mieux de grande tristesse, qu’entraîne le choc et aider ne suffit pas, il faut une grande volonté à la victime pour remonter la pente, et l’environnement familial et scolaire est également un facteur important.
   
Et évidement dans cette volonté de s’en sortir, la personnalité de la jeune fille est un facteur prépondérant.

    Nous reparlerons de ceci dans mon prochain article.

Lundi 3 novembre 2008 à 11:24

Violence

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    Je lisais un  article d’un chercheur du CNRS François Xavier Robert, sur la délinquance des jeunes et j’y ai trouvé quelques données intéressantes.

     Une affirmation étonnante qui n’est certainement pas mondialement vraie mais semble spécifique des sociétés occidentales :

“... La criminalité n’est pas une conséquence de la pauvreté. Au contraire, plus une société est riche, plus elle est criminogène, parce que les tentations et les cibles sont plus nombreuses et plus vulnérables....
... Autre constat : plus tôt on commet un petit délit, plus on a de chances d’en commettre rapidement un grave... Mais on constate que le délinquant apprend très vite à faire un calcul coût/avantages avant de commettre un délit....
....Dans une large mesure, l’occasion fait le larron. Une société, qui multiplie les tentations, mais qui est vulnérable, incapable de se défendre, explique largement l’explosion de la délinquance. Il est frappant de constater que les cambriolages chauds (en présence des habitants) sont beaucoup plus rares dans les pays où la détention d’armes est courante (USA). De plus, les cibles protégées et défendues sont moins souvent la cible des délinquants : ceux-ci adaptent leur comportement aux risques. Plus une cible est aisée, accessible et vulnérable, plus elle attire la délinquance. Et curieusement, plus il y a de cibles vulnérables, plus on assiste à de la violence et des homicides.........Pour les jeunes délinquants, celui qui est incapable de réagir est un faible et suscite le mépris. Il semble que le fait de ne pas résister au vol ne protège pas de la violence, mais au contraire la suscite !...”

     Autre information qui me parait évidente de nos jours :
“.... Le critère le plus significatif en matière de délinquance est le sexe. Les garçons sont beaucoup plus délinquants que les filles. Ce constat ne date pas d’aujourd’hui. Et en ce qui concerne les jeunes, chaque âge se caractérise par un type déterminé de criminalité. ....”

     L’auteur fait apparaître une certaine concentration des risques :
“.....5% des familles sont responsables de 50% des petits délits, 86% des délits graves et 95% des trafics. Ces 5% ne semblent pas particulièrement détectés par la police. Ils refusent d’autant plus de travailler que la délinquance leurs procure d’autres ressources, plus importantes et moins astreignantes : le travail salarié rapporte trop peu, il est contraignant, oblige à avoir un patron et est une entrave au goût du risque. Ces jeunes sont souvent motivés par le goût du risque et l’agressivité pure....”

     L’urbanisation semble un facteur prépondérant :
    “.... Le taux d’urbanisation est clairement un facteur de délinquance.
Ce qui détermine avant tout le taux de délits en Europe est la croissance des villes : Elle procure les cibles et engendre la disparition du tiers protecteur par l’anonymat. Il existe également un lien avec le taux de chômage et de ségrégation spatiale (ghettoïsation). L’urbanisme, l’inactivité et la ghettoïsation font apparaître une « culture de rue » propice à des motivations délinquantes. « La pauvreté est rurale et la délinquance est urbaine »
Le taux de scolarisation n’a eu aucune influence sur l’activité délictuelle. Par contre le fait de fréquenter des ZEP (zones d’éducation prioritaire dans les quartiers défavorisés)  joue un rôle indiscutable....
...Le fait de vivre dans une société anonyme et urbaine, le manque de contrôle social, et notamment la passivité des témoins potentiels favorise également la délinquance : le taux de réaction de la plupart des témoins d’un délit est proche de zéro...Les témoins qui ne sont ni des proches ni des victimes pensent n’avoir aucune légitimité pour agir.
Enfin, le succès encourage à agir : le fait de réussir ses délits sans problème incite à l’escalade, et à se surpasser.”

      Comme nous le savons tous les facteurs familiaux sont très importants, mais je ne connaissais pas certains détails :
“...Le statut social des parents ne semble guère jouer de rôle dans l’émergence de la violence....
... 70% des jeunes délinquants sont issus de familles « fraîchement installées ». La « mobilité » agit négativement sur la cohésion familiale, de voisinage et sur le parcours scolaire.
Il y a un lien clair entre la structure familiale et les comportements à risque. Les facteurs de délinquance liés à la situation familiale sont les suivants :
1.      les familles éclatées (divorces, séparation) ou monoparentales connaissent plus de délits que les familles unies ou les familles où un des parents est décédé. Le plus mauvais cas de figure est celui où les enfants sont élevés par le père sans la mère. Le décès d’un parent est beaucoup moins significatif que la séparation ou le divorce, en particulier lorsque ceux-ci interviennent avant que l’enfant atteigne l’âge de 4 ans.
2.      Le nombre d’enfants au sein de la famille influence fortement la délinquance. 58% des enfants placés par le juge sont issus de familles de 4 enfants et plus. A partir de 3 enfants, le taux de délinquance augmente de manière significative. La délinquance des jeunes est en outre influencée par celle des autres frères.
3.      Le niveau de supervision des parents et le climat au sein de la famille sont importants. Les parents sont le principal acteur de la socialisation des enfants. Le facteur le plus décisif est la manière dont les parents veillent sur leurs enfants, et particulièrement avant l’âge de 5 ans. Le modèle d’éducation autoritaire ne diminue pas le risque de délinquance, au contraire. Une supervision forte, constante et stable, dans un bon climat affectif semble donner les meilleurs résultats éducatifs.
4.      Les mauvais parents ou les parents condamnés sont un facteur de délinquance....

La famille cesse d’être un lieu d’exercice de l’autorité. Les enfants ne font plus confiance à la légitimité des règles héritées. L’esprit de liberté prend le pas sur l’obéissance et les règles de vie sociale. L’individualisme se traduit par une révolte des individus contre la hiérarchie au nom de l’égalité et par une dénonciation des traditions au nom de la liberté. ...Les notions de bien et de mal, d’acte légal et d’interdit sont sujettes à caution. Il semble qu’à peine un quart des Européens disposeraient encore de principes sûrs pour distinguer le bien du mal.
Plus on fait partie d’une génération récente, plus grande est l’aversion pour l’effort et la discipline. Plus on juge que c’est à l’individu lui-même de définir ses propres règles.
...De nombreux jeunes ne considèrent pas qu’il est mal de voler, surtout si la victime n’est pas identifiée (supermarché, collectivité…).
Beaucoup de jeunes mesurent la gravité d’un acte au risque couru à l’accomplir. Ce ne serait pas le fait de commettre un délit qui serait grave, mais le fait d’être pris !...”

     Un correspondant m’écrivait que les exactions dans les cités étaient surtout dues à des communautés mal intégrées. C’est en partie vrai, car effectivement nous n’avons pas su les intégrer comme on arrivait à le faire il y a 40 ans et nous avons créé des ghettos qui nuisent à l’intégration.
Mais si l’on prend la délinquance globale, tous âges compris, la majorité des délinquants n’est pasissue d’immigrés. Et dans le cas particulier de la drogue, il y a davantage de délinquants issus de familles aisées.

     L’auteur aborde d’ailleurs aussi le problème bien connu de la drogue et de l’alcool :

“...User de drogues et d’alcool n’aide pas à la réussite scolaire : on travaille moins, l’intérêt pour les études diminue, le nombre de punitions augmente et les résultats se détériorent. La drogue et l’alcool sont des manières d’échapper à la réalité. Ils sont clairement un facteur de criminalité, notamment par la déresponsabilisation qu’ils génèrent. Pourtant la tolérance à l’égard des psychotropes (drogues) est plus grande dans les classes aisées....”

     Mais son étude dit aussi dans sa conclusion :
“ ... Beaucoup de jeunes considèrent que ce serait une bonne chose de respecter davantage l’autorité. ...”

Lundi 27 octobre 2008 à 8:06

Violence

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     Hier je vous expliquais pourquoi vous n’auriez pas commis des violences dans les rues, et vous me posiez la question, pourquoi d’autres le font ils ?
    Je voudrais parler des jeunes, le plus souvent mineurs, et même parfois très jeunes, qui certes, ont commis des actes très regrettables et répréhensibles comme incendier des voitures ou agresser police et pompiers, mais il me semble nécessaire, au dela de leur conduite, de s’interroger sur leurs motivations.

Ces jeunes (et moins jeunes), il faut que nous l’acceptions, n’ont ni les mêmes règles morales, ni le même esprit critique que nous.
    Ils vont donc obéir à des pulsions très différentes.
    
    Les plus jeunes vont voir dans l’affrontement avec la police, dans ce jeu de cache cache, et même dans l’incendie de voitures, une espèce de jeu, de défi, de façon de manifester leur indépendance, et aussi de faire parler d’eux.
    Leurs héros sont souvent ceux des films de violence américains, de séries télévisées ou de jeux sur ordinateur. Cet affrontement est comme un jeu de combat où il faut se montrer le plus fort, où l’on passe à la télé et  l’on montre aux copains (ou à la bande rivale d’un autre quartier), qu’on est plus fort qu’eux.; et c’est l’engrenage de faire “mieux” que le voisin (notamment de brûler davantage de voitures !).
    Dans certains cas, cette violence ludique est canalisée et exploitée par d’autres, peu recommandables et volontairement malfaisants (les voitures qui alimentaient systématiquement les jeunes en cocktails molotov, n’étaient pas conduites par des jeunes!).

    Pour certains de ces jeunes, un peu plus âgés, le climat social est une cause de révolte.
    J’essaie d’apporter dans mes activités bénévoles, une aide à des chômeurs pour qu’ils trouvent du travail. Je me rends compte chaque semaine de la difficulté qu’ont certains d’entre eux à pouvoir s’en sortir, parce que leur niveau d’instruction est faible, mais aussi parce qu’ils ont un nom à consonnance étrangère, ou sont noirs de peau, ou ont une adresse ou des coordonnées scolaires, qui les font considérer comme peu recommandables.
    Au bout d’un certain temps, si malgré tous vos efforts rien n’aboutit, non seulement vous vous découragez, mais vous finissez par avoir une aversion, une haine pour la société qui vous entoure et pour ses représentants.
    Les gens que j’ai aidés n’auraient pas eu recours à la violence, mais ces paroles amères, je les entends souvent.
    
    Un autre phénomène est l’entraînement du groupe. Seul on ne ferait sans doute pas de telles bêtises. Masi en groupe, il y en a toujours un qui, pour faire le malin, propose une ânerie et on ne veut pas avoir l’air de se dégonfler devant les autres et on fait tous ensemble, cette ânerie.
    Et puis en groupe on se sent plus fort, on s’encourage, on délire, on s’éclate ensemble et on oublie que le sujet du délire est une énorme bêtise et un délit.
    L’alcool et la drogue font aussi parfois oublier la raison.

    Enfin des provocateurs ont appris des techniques de manipulation de groupes, pour les empêcher de réfléchir et pour focaliser leur attention sur des incidents affectifs et des rumeurs subjectives et en général inexactes.

    Il y a sûrement bien d’autres raisons à ces incidents, mais il faudrait aller sur place, discuter avec les jeunes en cause, pour se faire une opinion plus exacte de leurs préoccupations et de leur mentalité lors de ces incidents.

Certes, ceci n’est pas une raison pour ne pas appliquer la loi, mais il faut expliquer à ces jeunes pourquoi et ne pas s’étonner qu’ils ne comprennent pas la sanction qui va être prise contre eux. Et un simple séjour en prison n’apportera sans doute rien de bon.et risque de les faire basculer encore plus dans la révolte et la délinquance.
    Il faudrait les prendre en main et refaire entièrement leur éducation : tâche longue et ardue, car il faut arriver à les convaincre de collaborer à cette opération et ce n’est pas la moindre des difficultés.

Dimanche 26 octobre 2008 à 8:38

Violence

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1/P8120297.jpg

     J’ai eu pendant l’arrêt de cowblog,  une discussion avec un de mes correspondants à propos de violences qui s’étaient produites dans la rue, non loin de son quartier.
    Il ne comprenait pas la motivatiuon des jeunes qui en étaient à l’origine.
    J’ai pensé que cela pouvait être un sujet intéressant à discuter sur ce blog.


    Votre première réflexion c’est pourquoi font ils cela puisque moi je ne le ferais jamais !
    Je vais essayer de répondre aujourd’hui à cette question
    Ensuite il faut se demander quelle est leur mentalité, quelles sont leurs raisons et que faire ?
    J’essaierai d’y répondre demain.


    Pourquoi donc n’auriez
vous jamlais commis de tels actes ?

    Parce que vous avez conscience qu’il s’agit de choses graves, contre la loi, mais aussi contre vos principes moraux de conduite.
    A l’origine, nous avons dans nos gênes un certains nombre de règles de conduite qui proviennent de l’histoire de nos ancêtres et de la sélection naturelle (peut être avez vous entendu parler de Darwin). Il y a aussi dans ce que nous apprenons dans notre enfance un certain nombre de principes et de préjugés, qui proviennent de notre culture ethnique; j’en parlais dans mes derniers articles.
    Les psys appellent cela des “archétypes”. C’est Jung qui en a parlé le premier au début du 20ème siècle.

   Mais la plupart de nos règles de conduite résultent de ce que nous ont appris nos parents, et quelques professeurs : enseignement religieux pour les uns, règles morales pour les autres, cours de civisme et de philosophie en classe.
   Il y a aussi ce qui résulte de nos lectures, de nos réflexions et de nos conversations et cela d’autant plus que notre expérience grandit avec l’âge (en principe !!!).
    L’ensemble de ces règles est appelé par les psys le “sur-moi”.
    Alors oui, vous ne feriez pas cela, mais grâce à l’éducation de vos parents, à l’instruction que vous avez reçue par ailleurs et à la culture que vous avez pu acquérir. Chacun de nous a ainsi une conscience de ce qu’il doit ou ne doit pas faire, conscience à laquelle il n’obéit pas toujours, d’ailleurs.
    Par ailleurs, quelles que soient les dispositions innées de votre cerveau,  l’instruction que vous recevez, développe votre intelligence et votre capacité de raisonnement.

    Alors supposez maintenant que vous soyez dans une famille où le père est parti, où la mère doit travailler (si elle n’est pas au chômage !), et n’a guère le temps de s’occuper de ses enfants, souvent nombreux; une mère qui n’a qu’un instruction modeste et n’a pas l’habitude de l’autorité, ni de la diplomatie.
    La famille vit dans un logement très étroit, les enfants, lorsqu’ils sont ados et donc naturellement en opposition aux parents, passent leur temps dans la rue, ont des fréquentations souvent peu recommandables, n’ont ni l’envie ni des conditions favorables pour travailler, et sèchent de plus en plus l’école, ce qui aggrave encore leur échec scolaire et empêche leur intelligence de se développer.

    Alors croyez vous que ces jeunes ont pu comme vous apprendre des règles de conduite et se forger ainsi une conscience.?
    Les filles, dans la mesure où elles sont davantage à la maison, ont plus de courage pour travailler et ont compris que les études sont le seul moyen de s’en sortir, réussissent  à ne pas tomber, pour la plupart, dans cette extrémité.
    Mais les garçons n’ont pas su développer leur intelligence et leur esprit critique; ils sont donc très influençables, prêts à croire n’importe quoi et à suivre n’importe qui, et tirent leurs règles morales de la rue, et malheureusement des rencontres qu’ils y font.
    En outre dans un environnement de chômage et de misère, ils vivent dans un climat de débrouillardise, voire de délinquance, pour pouvoir survivre.

    J’ai l’occasion de rencontrer chaque année des jeunes de la DAJ’ai eu l’occasion de rencontrer des jeunes de la DASS, qui avaient connu de telles conditions familiales et qui pourtant étaient de braves jeunes, qui auraient pu, dans un contexte différent, être comme vous et moi.         Mais le handicap à remonter est très important, et je ne peux pas discuter avec eux, de la même manière que je discuterais avec vous. Il faut que je me place dans un autre univers !

  
  Cela ne veut pas dire que j’approuve ou j’excuse ces violences, mais je cherche à comprendre ces jeunes et c’est ce que j’essaierai de faire demain..

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