Vendredi 18 décembre 2015 à 9:03

Ecologie, Changement climatique

   La COP 21 est présentée comme un demi succès, car les nations se sont mises d ’accord sur une stabilisation, puis une réduction de nos émissions de CO2, et sur un objectif de limitation de l'augmentation de température; mais le protocole reste assez vague, comme tous les accord diplomatiques, d’autant plus que le nombre de participants était énorme.
    Peut être aurait on eu un résultat plus précis en limitant la COP aux grand pollueurs, mais était ce possible ?
    Mais en fait il n'y a pas d'objectif précis par nation, de réduction du CO2 émis, et il faudrait pourtant que des pays comme les USA, certains pays européens ou la Chine aient des objectifs précis, alors qu'on ne peut demander à l'Afrique de réduire une émission presque nulle. Et rien ne prouve que la somme des réductions sera suffisante et assez rapide pour ne pas dépasser les 2 d°C..

    Les journalistes, tant à la télévision que dans la presse, sont en général assez peu précis, n’ont pour la plupart pas lu le rapport du GIEC (dont même la synthèse pour les décideurs fait 30 pages et le résumé technique une centaine), et ils citent divers chiffres sans préciser les dates d’échéances, ce qui ne veut plus rien dire.

    En effet, si on veut être clair sur l’avenir il ne faut pas confondre trois dates repères : 2030, 2100 et 2300 et c’est très important de ne pas se contenter du court terme.
    Le deuxième point est de voir que, même avec nos modèles mathématiques performants il y a des incertitudes importantes sur les prévisions, par exemple de température, illustrées par le schéma ci dessous, d’une part (en bleu) parce que nos connaissances sur les phénomènes physiques du climat et nos modèles sont limitées, et d’autre part (en vert) parce qu’on a des incertitudes sur le devenir des émissions de gaz à effet de serre, quelqu’en soit l’hypothèse retenue au départ.
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    Le troisième point important est que la terre est très diverse et que les résultats seront assez différents selon le lieu.
    Enfin il faut être conscient que climat et météo sont deux choses différentes et qu’il est difficile de savoir de façon précise quelles seront les conséquences pratiques de valeurs moyennes de paramètres comme la température.
    Les décisions de la COP 21 demandent que l'on ait une émission mondiale voisine de la courbe rouge (et bien répartie géographiquement).

    Voyons le court terme de 2030 :
    Même si on arrivait, ce qui n’est guère probable, à stabiliser rapidement nos émissions de CO2 au niveau actuel, nous émettrions 9 Gt de CO2 par an, soit en 15 ans environ 135 Gt.
    Dans le scénario catastrophe, où les émissions continuent à augmenter de 2, 5% par an, on aboutira à environ 160 Gt, soit seulement 25 GT de plus, dont la moitié seulement s’accumule dans l’atmosphère.
    Cette différence est faible et donc le climat à échéance 2030 est déjà déterminé quoique nous fassions, que nous soyons laxistes ou vertueux.
    Cela explique que les politiques, qui souvent voient à court terme et en fonction de leurs chances de réélection, ne se bousculent pas pour sauver le climat.

   Par contre la différence est grande à l’échéance 2100..
   
La température moyenne continuera à monter après 2100 du fait de la faible destruction du CO2 produit et dans l'hypothèse pessimiste l'augmentation à cet horizon atteindrait 8 d°C, et 2 d°C dans l'hypothèse la plus favorable et peu réalisable.
    Malheureusement les médias n’en parlent jamais

    A cette échéance, les modèles mathématiques nous donnent une idée de ce qui se passera avec une certaine incertitude, mais surtout tout dépendra des mesures que nous prendrons pour diminuer notre consommation d’énergie d’une part, et surtout des moyens pour la produire. Là est la plus grande incertitude et il s’agit de scénarios en fonction de ce que nous ferons et pas de prédictions de l’avenir de madame Soleil.
    La grande difficulté est que si l’incertitude physique repose sur des calculs dont on peut évaluer le taux d’erreurs, les hypothèses de production d’énergie reposent sur des évaluation économiques, au réalisme souvent incertain, et qui dépendent à la fois de problèmes financiers et de volonté politique, laquelle elle même est fonction de l’opinion publique, très peu au fait des problèmes posés et très sujette aux sentiments et peurs irraisonnées.   
    La population, mal informée a une phobie du nucléaire, en raison des accidents de Tchernobyl et de Fukushima, sans se rendre compte que celui de Tchernobyl est dû à une vieille filière de réacteurs peu stables et abandonnée, à des techniciens qui le conduisaient incompétents et et à une protection civile irresponsable et que malgré cela il y a eu peu de victimes: quant au Japon, le tsunami heureusement exceptionnel a fait 20.000 morts et l’accident nucléaire 2, qui auraient pu être évités, ainsi qu’une partie de la contamination.
    La plupart des écologistes inintelligents n’ont toujours pas réalisé que le nucléaire occidental est très sûr (le seul taux d’accidents quasi nul de l’industrie, et qu’il est la seule énergie renouvelable capable de satisfaire aux besoins en énergie, sans produire de CQ2 à la combustion.
    En effet pour stabiliser les émissions de CO2, il faudrait mettre en place chaque année au moins 350 à 400 Gw de production non polluante d'énergie pour remplacer celle utilisant le carbone (principalement charbon, pétrole et gaz).
    En 2014 l’énergie éolienne installée a été d’environ 50 Gw, mais le vent étant très variable, cela représente moins de 15 Gw utilisable rendement environ 30%), et on ne sait pas comment stocker cette énergie. En photovoltaïque, financé pratiquement par les impôts,  la puissance est de l’ordre de 30 à 40 Mw, mais qui, vu le rendement catastrophique (15%), cela représente au plus 5 Gw. De plus le courant continu à faible voltage est pratiquement intransportable, ce qui condamne les grandes centrales, qui par ailleurs occupent une place prohibitive. Il est donc réservé à une urtilisation sur place dans des des maisons individuelles.
    L’hydraulique est déjà utilisée à plein, et les efforts en faveur de la géothermie malheureusement presque inexistants.
    On arrive donc péniblement à 40 Gw de production des énergies nouvelles au lieu des 350 Gw nécessaires. A ce rythme le scénario « vertueux » est une complète illusion au plan réel économique.
   
    La COP21 a produit un bel accord où on s’engage à limiter à l’horizon 2100 l'augmentation de température au dessous de 2 d°C, mais elle ne spécifie aucun des moyens pour y arriver, et c’est là, on vient de le voir, tout le problème.

    Même si nous arrivons à stabiliser d’ici 10 à 15 ans nos émissions de CO2, ce qui en l’état des efforts n’est pas possible, maintenir la hausse de température à 2d°C est une illusion si on en reste à cet accord et si on ne prend pas des masures beaucoup plus précises et contraignantes, et tout en faisant le maximum d’efforts pour cela, je pense qu’il faut malheureusement nous préparer et étudier comment supporter une hausse de température de 3 à 4 d°C qui risque de se produire en fin de ce siècle ou dans les deux prochains siècles.
   

Jeudi 17 décembre 2015 à 12:51

Ecologie, Changement climatique

Suite à la COP 21n de mes correspondant est « climato-sceptique », et il m’oppose deux arguments : le premier est qu’il y a eu déjà dans le passé lointain des époques de réchauffement et des époques de glaciation, et d’autre part que la température n’a pas augmenté autant qu’on le pensait depuis quelques années, et il en déduit que les augmentations actuelles sont des phénomènes quasi naturels et que l’homme n’est responsable que d’un faible partie.
    Ces arguments sont vrais, mais la conclusion est fausse.

    C’est vrai qu’il y a eu des variations importantes de température au cours des âges et on a pu établir des courbes, grâce à l’analyse des glaces, ainsi que la concentration correspondante en gaz à effets de serre. (voir le graphique des derniers 6800 000 ans.)
    Ces variations naturelles étaient certes importantes, mais elles étaient très lentes et s’étendaient sur des millénaires. Au contraire la variation actuelle est brutale, en quelques années et  c‘est pour cela qu’elle n’est pas naturelle.
    De même il y a eu des variation de gaz à effet de serre, mais très lentes, alors que celle que l’on constate actuellement est brutale et sans précédent an quantité
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    Et la connaissance des conditions de l’effet de serre et les calculs que l’on peut faire, montrent que cette augmentation des gaz à effet de serre explique bien l’augmentation de température.
    Il est donc scientifiquement certain aujourd’hui, que l’activité humaine est responsable de l’augmentation rapide et anormale des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et de certaines conséquences qui commencent à apparaître sur le climat, et que, si on n’y met pas bon ordre, ces conséquences sont susceptibles de s’aggraver.
    Même s’il y a actuellement un petit ralentissement de la hausse des températures (sans doute dû à une absorption d’énergie par des variations au niveau des courants océaniques et notamment le courant d’Amérique El Nino), la hausse des températures moyenne continuera à se faire sentir.
    La période 1983-2012 est la plus chaude depuis 1400 ans. Chacune des trois décennies a été plus chaude que la précédente. La température moyenne a augmenté de 0,85 d°C entre 1880 et 2012.
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        La fréquence des vagues de chaleur a augmenté. Entre 2012 et 2035, l’augmentation de température moyenne sera de l’ordre de 0,5 d°C (de 0,3 à 0,7°C selon les scénarios).
    Les observations montrent que l’extension de la banquise en Arctique fin septembre a diminué d’environ 11% (entre 9 et 13%) par décennie entre 1979 et 2012. Depuis les années 1960, la couverture neigeuse dans l’hémisphère nord s’est réduite, jusqu’à 11,7% (au mois de juin) par décennie.
    Entre les années 1980 et les années 2000, on a constaté une hausse de 3°C des températures en Alaska, et de 2°C au nord de la Russie.
    La fonte des glaces et la hausse du niveau des mers pourraient être plus fortes que prévu, entre 30 et 82 cm à la fin du siècle.
    Cela paraît peu, mais une hausse d’un mètre toucherait directement 10% de la population dans le monde.

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    En moyenne les précipitations augmenteront à l’échelle planétaire d’ici la fin du 21ème siècle. Les régions humides aujourd’hui deviendront globalement plus humides et les zones sèches deviendront plus sèches.
    Les experts s’attendent également à ce que le réchauffement climatique provoque des événements météorologiques extrêmes plus intenses, tels que les sécheresses, pluies diluviennes et probablement, des ouragans plus fréquents.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/2763043.jpg          J'ai fait des articles sur les sources responsables de l’émission des gaz à effet de serre et je ne reviendrai pas sur cette question.
          Je rappellerai les hypothèses du Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui ont été publiées l’an dernier le 30 octobre.(voir mon article du 18/11/2014), résumées sur le graphique ci dessous
            Le scénario maximal» (RCP 8,5 w/m2, en rouge), correspond à notre monde qui atteindra 9 milliards d’individus dans le siècle, population qui stagnera ensuite, et une émission de CO2, qui va croître, car on continuera à utiliser le même mélange d’énergies, notamment fossiles qu’aujourd’hui.
           Le scénario (RCP 6 en jaune), prévoit une utilisation plus grande d’énergies autres que fossiles : nucléaire, éolien, solaire et combustibles moins polluants, mais avec un effort modéré. La teneur en CO2 augmentera encore puis se stabilisera
           Le scénario (RCP 4,5 en vert) décrit la même hypothèse démographique mais avec une économie rapidement dominée par les services, les « techniques de l’information et de la communication » et dotée de technologies énergétiquement efficaces, et un effort intense d’économie d’énergies, mais sans initiatives supplémentaires par rapport à aujourd’hui pour gérer le climat. La stabilisation se fera plus vite.
           Le scénario (RCP 2,6, en bleu) est très optimiste;  il n’a pas d’équivalent parmi les anciens scénarios. Il correspond à des émissions de gaz à effet de serre proches de zéro à la fin du XXIe siècle. Cela implique de réduire fortement, dès aujourd’hui, les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi probablement d'avoir recours à des techniques de (re)stockage d'une partie du carbone déjà émis. Il est malheureusement peu réaliste, mais a une valeur de symbole, d’idéal à atteindre.

          Dans le scénario optimiste peu probable, le réchauffement moyen n’excèderait pas 0,5 à 1,5 d°C à l’horizon 2100; il est beaucoup plus important dans les autres hypothèses.
         
         Ce réchauffement serait compris, à l’horizon 2080/2100, entre 1,1 à 2,6 d°C pour (RCP4,5), 1,4 à 3,1 d°C pour (RCP 6), et 2,6 à 4,8 d°C pour (RCP 8,5)
   Vous trouverez ci dessous les courbes correspondant aux hypothèses (RP2,6) et (RP8,5), ainsi que le planisphère correspondant (rouge), car le réchauffement n'est pas le même pour toutes les endroits du globe.
          Mais ce qu'il faut voir, c'est que la température moyenne continuera à monter après 2100 du fait de la faible destruction du CO2 produit et que dans l'hypothèse pessimiste l'augmentation à cet horizon atteindrait 8 d°C, et 2 d°C dans l'hypothèse la plus favorable et peu réalisable.
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          La COP 21 s‘est résolument orientée vers ce scénario vertueux, qui limite la température à 2 d°C à l’horizon 2300, mais en fait cette hypothèse est peu réaliste et il est beaucoup plus probable que le résultat le plus optimiste soit une hausse de 3 d°C.
Nous en reparlerons demain.

Vendredi 9 octobre 2015 à 16:54

Ecologie, Changement climatique

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    On parle en ce moment beaucoup de la pollutionj due au particules des diesels, en raison de l’affaire Volkswagen.
    il est certain que les automobiles sont une source importante de pollution, tant en CO2, qu’en particules fines.
    Par contre on ne nous parle pas à la télé du métro.

    Pourtant un rapport de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) a publié le 9 septembre dernier, un rapport sur la pollution dans le métro.
    Je me souviens qu’il y a 50 ans, quand on mettait au point pour les services médicaux des détecteurs de pollution atmosphérique microbienne, qui à l’époque n’étaient pas encore très sensibles, on allait dans le métro les essayer, car la concentration en agents microbiens y était cent à mille fois supérieure à celle extérieure.
    Dans le rapport de l’ANSES, il s’agit de la pollution en particules fines.
    D’après les mesures faites, les concentrations de particules fines de tailles inférieures à 10 microns (0,01 millimètre) et inférieures à 2,5 µ (0,0025 millimètre), mesurées dans les métros et RER de Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Toulouse et Rouen, et à l’étranger, sont très supérieures à celles mesurées dans l'air extérieur et dans l'air intérieur des logements.
    Pour donner une idée, la concentration moyenne de particules de taille inférieure à 10µ, due à la circulation routière, est de l’ordre de 30 µg/m3, alors que, sur les quais du RER A à Paris, la concentration moyenne est de l’ordre de 100 µg/m3, avec des pics à 2400 µg/m3 dans certaines stations, aux heures de pointe, certains jours.
    On retrouve dans le métro les mêmes polluants que dans l’air extérieur, à l’exception de l’ozone, et il y a moins qu’à l’extérieur d’oxyde d’azote, gaz issu notamment du trafic automobile
    Les poussières proviennent de l’air extérieur qui s’engouffre dans les stations par les portes et les bouches d’aération, mais surtout de l’activité ferroviaire elle-même.
    Riches en métaux, principalement en fer et en carbone, ces particules proviennent essentiellement de l'usure du matériel roulant, en particulier de la friction des freins sur les roues des rames et du contact entre les roues des wagons et les rails.

    Le danger ne serait pas important pour les usagers qui ne restent que des temps assez courts dans le métro, mais on ne sait pas quel est le risque pour les agents de la RATP en permanence dans le métro, (notamment les conducteurs de rames), l’exposition chronique à ces particules fines, dont les plus petites peuvent pénétrer dans les alvéoles pulmonaires, peut entraîner une inflammation des voies respiratoires.
    L’agence propose  des mesures de prévention : « l'amélioration du système de ventilation des stations et des tunnels, ou la réduction des émissions lors du freinage, en limitant l'utilisation de freins mécaniques et en réduisant le phénomène de friction des roues sur les rails », ainsi qu’une surveillance de la pollution interne des lieux et de l’état sanitaire des employés.

    La RATP a déjà en partie suivi ces consignes et elle a notamment ouvert sur son site l’accès aux données de son dispositif de « Surveillance de la qualité de l’air de l’environnement souterrain » (Squales), sur lequel on peut suivre l’évolution de la pollution relevée en continu sur les quais des stations du métro « Châtelet ligne 4 » et « Franklin Roosevelt ligne 1) » et du RER, « Auber »
    Par ailleurs les travaux entrepris à la station Franklin Roosevelt, sur la ligne 1, ont déjà entraîné, en 2012, une baisse de 60 % des teneurs en particules de moins de 10 µ observées sur le quai. La ventilation y a été améliorée, des portes automatiques de « façades » de quai, ont été mises en place et un nouveau matériel roulant de toute dernière génération a été mis en circulation.
    Mais la modernisation du réseau est très longue car elle coûte extrêmement cher ( voir mes articles des 4, 5 et 7 juin 2012)

    La poursuite du plan de renouvellement des rames, entamée sur les lignes 1,2,4 et 5, devrait être réalisée dans sa totalité d’ici à 2025.

Samedi 7 mars 2015 à 7:43

Ecologie, Changement climatique

Après beaucoup de digressions pour expliquer ce qu’étaient les jets-streams, les courants océaniques et l’oscillation du sud El Niño (ENSO), je reviens à l’article de de Jef Masters, sur les conséquences du changement climatique sur les courants des océans et en haute altitude, et leurs conséquences météorologiques, qui s’intitulait « Le jet stream polaire se dérègle t’il? ».

    Jef Master constate que, pendant l'hiver 2013-2014, le jet-stream polaire s'est aventuré bien plus loin vers le sud que d'habitude, glaçant l’est des États-Unis jusqu'à Atlanta, une ville subtropicale, tandis que les hautes pressions qu’il avait installées au dessus de ia Californie ont entraîné le plus chaud hiver depuis 1850.
    En Europe, après avoir fait connaître à l'Angleterre et au Pays de Galles leur hiver le plus pluvieux depuis 1766 au moins, le jet-stream a déclenché des tempêtes successives destructrices et entraîné des températures si élevées que des incendies de
forêt se sont produits spontanément en Norvège en janvier.
     Durant l' été 2010,la pire vague de chaleur jamais enregistrée en Russie a tué 55000 personnes et le déluge qui s'abattait sur le Pakistan y entraînait les pires inondations de l’histoire du pays. Dans l'Oklahoma l'été 2011 fut
le plus chaud jamais noté aux USA, et il fut suivi en 2012 par la pire sécheresse depuis les années 1930…

    Ces dérèglement sont dus, comme je le disais dans l’article d’hier à des oscillations du jet-stream polaire, qui fait remonter des hautes pressions vers le nord, engendrant chaleur et sécheresse, et descendre des basses pressions vers le sud, amenant froidure, tempêtes et pluies diluviennes.
    Alors on peut se demander : « Le jet-stream polaire est il devenu fou ? ».
   
    Y a t’il dans ce dérèglement climatique, l’influence du réchauffement causé par l’activité humaine moderne.
    Jef Masters voit deux grandes causes possibles de ce type.

    Le réchauffement du pôle beaucoup plus important que celui du reste de la planète.
Il entraîne une modification des pressions atmosphériques et la fonte des neiges et des glaces. Le phénomène s’accroit car le sol sous la glace et plus foncé et moins réfléchissant, et le rayonnement solaire est donc davantage absorbé et réchauffe davantage le sol, ce qui accroit la fonte des glaces l’été. Il est probable qu’en 2030, toute la banquise aura disparu durant l’été.
   
    Le schéma ci dessous montre une évolution parallèle de la fonte de la banquise et de la vitesse des vents en altitude. Le jet-stream polaire a nettement ralenti autour de 2012. Allant moins vite, il est plus sensible à des perturbations de pression et il ondule donc davantage.

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    Toutefois cette hypothèse n’est pas forcément prépondérante acr l’énergie totale correspondant à l’augmentation de chaleur au pôle est très inférieure à celle communiquée à l’atmosphère par l’ENSO.
   
http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/ElNino.jpg    La seconde hypothèse est donc que ce sont les fantaisies d’El Niño, qui ne s’est pas manifesté pendant près de 5 ans, qui peuvent avoir fortement influencé le parcours du jet-stream. Lors des évènements ENSO, les jet-streams s'intensifient, car l'élévation de la température du Pacifique central augmente la différence de pression entre l'équateur et les moyennes latitudes. En leur absence ils ralentissent.
    Mais un ENSO très fort a également un impact direct sur l’oscillation du jet-stream polaire, car pendant la phase chaude, l’augmentation importante des pressions va repousser au sud le courant-jet, qui plus loin, oscillera ensuite vers le nord.

    On ne sait pas pourquoi El Niño s’est endormi 5 ans, mais par contre on montre que son activité lorsqu’elle se produit, a été plus importante dans la période 1979-2009, que dans les périodes précédentes, notamment en 1982 et 1997, et il semble que ce soit dû au réchauffement climatique.
    Malheureusement nos connaissances sont encore trop incertaines pour pouvoir expliquer les phénomènes de couplage entre le réchauffement climatique, l’ENSO dont la périodicité est apparement aléatoire parce qu’on n’en connaît pas l’explication), et les oscillations du jet-stream polaire.
    La seule chose dont on est sûr, c’est que celles -ci entraînent chaleur et sécheresses, ou pluies et tempêtes, par la trop forte infiltration des hautes pressions vers le nord ou des basses pressions vers le sud.

    Ce qui est inquiétant dans ce dérèglement du jet-stream, c’est que ce n’est pas un phénomène linéaire, mais il semble avoir un certain seuil et donc on peut se demander si un certain cap n’a pas été franchi et si cette situation va perdurer, avec ses conséquences désastreuses.

Vendredi 6 mars 2015 à 7:59

Ecologie, Changement climatique

Les courants des océans et les courants atmosphériques sont liés.

    On a vu dans le précédent article que les vents à la surface de la terre engendraient les courants de surface océaniques.
    Un  tel entrainement nous paraît normal.
    Ce qui est plus bizarre c’est que les courants marins ont une influence sur les jets-streams, ou plus exactement

    Je parlerai d’abord d’un phénomène particulier dont vous avez du certainement entendre parler : El Niño
    C’est à l’origine un courant circulant après Noël au large des côtes du Pérou et de l’Equateur (d’où son nom de courant de l’enfant Jésus).
    En été et en automne, le courant froid de Humbolt circule le long des côtes  du Chili du Pérou et de l’Equateur tandis que soufflent les alizés du sud-est vers le nord-ouest et chassent les chaudes superficielles du rivage et provoquent un vide qui est comblé par  une remontée d’eau froide des profondeurs, ramenant de l’eau des courants profonds.
    Ce phénomène s’appelle « la Nina ».
    Tous les ans, peu après Noël et ce jusqu’au mois d’avril, un faible courant côtier inverse s’écoule vers le Sud. Certaines années, ce courant d’El Niño est plus important et descend davantage vers le Sud. Les eaux froides sont remplacées par des eaux plus chaudes, et dans la même période, les régions littorales habituellement peu pluvieuses du Nord du Pérou et de l’Équateur connaissent des précipitations abondantes.
    Ces années sont bénéfiques pour l’agriculture (à cause des pluies) mais nuisibles pour la pêche (les poissons fuyant les eaux chaudes).
    El Niño dure environ 18 mois
    Mais l’influence de El Niño dépasse largement l’Amérique du sud.

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    En tant normal, dans l'océan Pacifique, autour de l'équateur, les alizés soufflent d'est (Amérique) en ouest (Australie et Asie). Ceci a pour effet de pousser les eaux chaudes de surfaces vers l'ouest, où il se produit conséquemment de fortes précipitations (à cause de la chaleur et l'humidité) et une remontée des eaux froides le long des côtes américaines.
    Les années El Niño, les alizés ont tendance à s'inverser. Ainsi les eaux près de l'Australie et de l'Asie sont plus froides, provoquant des sécheresses. Des ouragans se forment au milieu du Pacifique et frappent la Polynésie.
    Si on connait bien les conséquences de ce phénomène, on n’en connait mal les causes
    Il serait dû à l’affaiblissement de l’anticyclone normalement centré sur le Pacifique sud et qui, en temps normal, favorise la circulation rapide des alizés.
    Le schéma montre bien qu’en temps ‘’normal’’, la présence d’un anticyclone puissant sur le sud du Pacifique et d’un autre au large de la Californie permet la circulation des alizés du Sud-est Pacifique jusqu’en Australie et en Indonésie où les pressions sont relativement basses.

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    L’affaiblissement de l’anticyclone au sud du Pacifique diminuerait ainsi l’intensité des alizés, comme le montre le schéma ci dessous.
    Mais on ne connaît pas la cause de ce changement et ses variations dans le temps
    El Niño avait partiquement disparu depuis 5 ans et il est réapparu en 2014

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    Les scientifiques climatologues appellent la succession la Nina - El Niño, l’ENSO (El Niño Southern Oscillation).
    Il y a une influence de l’ENSO sur le jet-stream polaire : El Niño déplace vers l’est l’eau plus chaude de l’océan Pacifique et décale le jet-stream vers le sud, tandis que la Nina apporte de l’eau froide et  décale le jet-stream vers le nord.
    Quand les oscillations du jet-stream polaire s’amplifient d’énormes masses d’air chaud parviennent bien plus au nord que d’habitude tandis que des masses d’air froid envahissent le sud sous d’autres longitudes. (voir schéma ci dessous).
    Ces oscillations se déplacent vite et changent la situation météorologique en quelques jours.
    On constate des périodes de sécheresse anormale là où les hautes pressions oscillent vers le nord, tandis que l’on constate tempêtes, pluies inondations ou froidure et neige, là où l’air froid oscille avec les basses pressions vers le sud.

Mercredi 4 mars 2015 à 15:04

Ecologie, Changement climatique

Nous avons vu hier qu’il y avait des courants d’air violents en haute atmosphère. Nous allons voir qu’il existe des courants marins importants dans les océans.
    Mais il faut distinguer les courants de surface (les 300 premiers mètres) et les courants en profondeur, dont l’origine est différente, même s’ils sont liés car ils constituent une circulation permanente de l’eau des océans.
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   J’avais fait le 25 avril 2009, un article sur les vents sur la terre et leur origine; je vous renvoie à cet article et le schéma ci-dessous montres les vents important ey leur orientation. Ces vents font circuler l’air en surface et les jets stream les ram§nent en sens inverse en altitude.
    De la même façon les eaux des océans vont circuler en surface et des rivières souterraines en profondeur ramèneront l’eau à leur origine.
    La figure ci dessous schématise le phénomène.
    http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/courants.jpg
    Les courants océaniques de surface sont provoqués par les vents et sont orientés dans le sens des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère nord et dans le sens anti-horaire dans l'hémisphère sud, du fait de la répartition des vents.
    Leur direction est déviée par la force de Coriolis due à la rotation de la terre,
     La localisation des courants change avec les saisons surtout dans les zones équatoriales.
   
      Les vents n'ayant plus d'influence après quelques centaines de mètres de profondeur, ils ne peuvent être les moteurs des circulations océaniques profondes.
    Les courants en profondeur, assimilables à des rivières souterraines, sont basés sur des différences de température (l'eau froide est plus dense que l'eau chaude) et de salinité (l'eau salée est plus dense que l'eau douce), entre les différentes couches de l'océan.
     Dans les régions polaires l'eau de mer se transforme en glace. Lors de la solidification, les sels sont rejetés car la glace ne les intègre pas dans sa structure : l'eau liquide s'enrichit en sels et voit sa densité augmenter, ce qui amorce une plongée vers les fonds marins
        Les eaux refroidies et salées plongent au niveau des hautes latitudes (Norvège, Groenland, etc.) et descendent vers le sud, à des profondeurs comprises entre 1 et 3 km.      
    A l’inverse, les eaux froides remontent dans les zones équatoriales.

    Alors que la vitesse des courants de surface peut atteindre quelques kilomètres/heure, et que donc ils transportent l’eau pendant environ un an, la vitesse moyenne des eaux en profondeur est très faible, quelques millimètres par seconde de sorte que l’eau met de l’ordre de 500 ans à revenir au point de départ (par contre leur largeur est beaucoup plus grande pour transporter le même volume d’eau.).

    Le schéma ci dessous montre les divers courants des océans
http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/courantsoceaniques.png

    Grâce à la capacité thermique de l'eau, l'océan est un énorme réservoir de chaleur. Son inertie thermique étant beaucoup plus importante de celle de l'air, il tempère les changements thermiques saisonniers des masses d'air, qui autrement seraient beaucoup plus importants.
     L'ensoleillement solaire étant réparti de manière inégale sur la Terre, le rôle du courant marin sera donc d'essayer d'égaliser au maximum cette différence  de température de l’atmosphère.     
        Les océans jouent donc un grand rôle dans la régulation du climat mondial, en assurant un transport de chaleur des régions tropicales vers les pôles tout aussi important que l’atmosphère et en régulant et dispersant la chaleur des continents qu’ils bordent et en entretenant l'humidité de l'air (cycle de l'eau).
   
       Je n'ai parlé ici que des grands courants marins. Il existe des courants locaux dus à des configurations particulières des cotes, ou aux marées. Leur influence est beaucoup moins grande.
      Demain ce sera relâche et un intermède en photos, mais vendredi nous reviendrons sur un phénomène bizarre "El Niño" et samedi nous nous demanderons quelle est l'influence sur le jet-stream polaire du réchauffement climatique.

Mardi 3 mars 2015 à 7:37

Ecologie, Changement climatique

  J’ai lu sur la revue « Pour la Science » de mars 2015 qui vient de paraître, un article extrêmement intéressant de Jef Masters, sur les conséquences du changement climatique sur les courants des océans et en haute altitude (les jets-streams), et leurs conséquences météorologiques. Il est un  peu difficile à lire, et je vais essayer de vous le résumer en quelques articles.
    Aujourd’hui nous verrons ce que sont ces jets-streams et j’emprunterai au journal ses schémas très explicites.

    Dans chaque hémisphère on distingue trois cellules météorologique : entre équateur et tropiques les cellules de Hadley, vers les pôles les cellules polaires et entre les deux les cellules de Ferrel. (voir schéma ci dessous).

http://lancien.cowblog.fr/images/EnergieClimat2/jetstream.jpg

    Dans chaque cellule, l’air chaud s’élève et il se heurte à la stratosphère très froide et donc il se refroidit et va descendre. Cet effet combiné à la rotation de la terre qui exerce une force qui décale les masses d’air, entraîne une rotation des vents dans chaque cellule.
    Mais l’équateur est chauffé par le soleil davantage que les pôles de la Terre. De l’air s’écoule donc de l’équateur vers les pôles.
    Les pressions varient donc d’un endroit à un autre, l’échauffement s’effectuant de jour, la forme et la hauteur des continents ainsi que la météorologie intervenant également, et pour équilibrer ces différences de pression, et entraînés également par la force de Coriolis due à la rotation de la terre, des courants circulent à haute altitude tout autour de la terre, en deux endroits entre les cellules. Ce sont les jets-streams l’un subtropical, l’autre polaire (voir schéma).
    Ces courants jets se situent de 9 à 14 km d’altitude, circulent d’ouest en est et leur vitesse peut atteindre de 200 à 400 km/h. Ils ont plusieurs milliers de kilomètres de longueur, quelques centaines de large et seulement quelques kilomètres d’épaisseur et la vitesse maximale est atteinte au centre de la veine de vent.

    Les courants-jets sont important au plan météorologique, car ils découlent des mouvements d’air verticaux de l’atmosphère. Comme ils sont à la rencontre de masses d’air différentes, ce sont des amorces de dépressions et ils sont donc les lieux de formation des dépressions importantes aux latitudes moyennes.
    Leurs variations vont donc engendrer des perturbations météorologiques.

    Les courants jets ont également un effet sur la dispersion de polluants ou des déchets des éruptions volcaniques, et ils ont une grande importance dans le trafic aérien, retardant ou accélérant le vol des avions, qui tiennent compte de leur position dans les vols transcontinentaux.

    Le courant jet tropical est relativement stable, alors que le corant jet polaire est relativement instable.
    Suivant les saisons, les circonstances et d’autres causes que nous verrons demain, le courant jet polaire peut onduler, soufflant parfois du nord ouest ou du sud ouest selon le schéma ci-dessous. (en haut le courant jet polaire normal et en bas, celui perturbé qui ondule. Sur le schéma B = basses préssions - bleu -, et H = hautes pressions -jaune -).
    Ces décalages entraînent des perturbations météorologiques importantes que nous traiterons après demain.
http://lancien.cowblog.fr/images/EnergieClimat2/mecanismejetstream.jpg

Vendredi 5 décembre 2014 à 8:07

Ecologie, Changement climatique

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   J’ai fait il y a quelques jours un article sur le rapport du GIEC paru fin octobre, sur le changement climatique.
    Un correspondant me demande ce que je pense du projet de loi actuel du gouvernement, en corrélation avec ce rapport.
    Que prévoit ce projet ?


    1.) - Une réduction des émissions de gaz à effet de serre de la France, de 40% en 2030 et de 75 % en 2050 par rapport aux émissions de 1990.
    2.) - Une réduction de la consommation d’énergie de 25 % çn 2030 et de 50 %
en 2050 par rapport à 2012
    3.) - Une réduction de la consommation d’énergie fossile de 30 % en 2030, par rapport à celle de 2012.
    4) - Une part des énergies renouvelables s’élevant à 23 % de la consommation
en 2020, puis à 32 % en 2030
    5.) - Une part du nucléaire dans la production d’électricité réduite de 75 % à 50 %
en 2025.

    Certes il faut avoir des projets ambitieux, mais réalistes et je pense que ces objectifs sont totalement utopiques.

    Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il y a plusieurs possibilités :
        - diminuer les rejets des centrales électriques à charbons ou à gaz. La France a peu d’action dans ce domaine car elle a peu de telles centrales, l’essentiel de l’électricité étant produit par le nucléaire et l’hydroélectrique.
        - diminuer les rejets des transports, essentiellement automobiles et camions.
Dans ce domaine deux voies, les voitures électriques à accus, et les voiture à hydrogène, que celui-ci soit brûlé dans les cylindres (il produit de l’eau à la place du CO2), ou qu’il produise de l’électricité dans une pile à combustible.
    Les carburants verts ne peuvent être qu’une solution intermédiaire. S’ils nous rendent indépendants des producteurs de pétrole, ils continuent à produire du CO2.
    Les constructeurs français ont enfin pris le tournant de la voiture électrique, mais qui reste chère et surtout est d’un usage limité à la ville car n’ayant une autonomie que de 60 à 80 km. La seule solution pour du transport routier électrique est la voiture hybride et là nos constructeurs n’ont pas proposé grand chose. Et rien n’est fait pour les camions.
    Par ailleurs si la voiture électrique se généralisait, il n’est pas sûr que l’on puisse avoir un approvisionnement suffisant en lithium pour les batteries.
    Quant à l’hydrogène, les moteurs actuels pourraient l’utiliser moyennant des modifications mineures, mais par contre l’utilisation de piles à combustibles n’est que peu étudié. Et surtout si cet usage se généralisait, on ne sait pas produire en très grande quantité de l’hydrogène (sauf dans des réacteurs nucléaires à haute température), et son stockage est alors assez dangereux. Les générateurs embarquables ne sont pas encore mis au point.. Je ne suis pas sûr que la voiture à hydrogène soit opérationnelle en 2030, ni même en 2050.
    Bien sûr on peut aussi augmenter l’utilisation des transports en commun t celle des trains de marchandise, mais cela ne va pas dans le sens de l’évolution de l’habitat, qui, pour des raisons de coût, s’éloigne des centres des villes, et le frêt qui doit être livré à un endroit autre que la gare, demanderait des manipulations prohibitives.
        - réduire la consommation d’énergie, qui est répartie principalement en énergie industrielle, énergie des ménages, électrique et surtout de chauffage, et transports. C’est l’objet des résolutions 2 et 3.

    Pour réduire la consommation d’énergie, il faut donc se battre dans ces trois domaines.
    En ce qui concerne l’industrie, il ne peut être question de lui imposer des réductions de consommation, sous peine de ralentir sa production, déjà faible à cause de la crise. Tout au plus peut on l’inciter à utiliser au maximum de l’énergie électrique, produite sans émission de CO2.
    Pour les transports, j’ai traité le problème ci-dessus.
    Pour les ménages, on peut réduire légèrement la consommation électrique en dehors du chauffage, mais c’est peu important. Pour réduire la consommation liée au chauffage, il faudrait mieux isoler l’habitat.
    Actuellement l’effort est fait en matière de construction neuve, mais d’une part cela en augmente nettement le prix, et les objectifs atteints sont très inférieurs aux objectifs théoriques, et d’autre part l’habitat en France met 100 ans à se renouvelet. Cette voie n’aboutira donc pas en 2050, mais au siècle prochain.
    En ce qui concerne les constructions existantes, on ne sait faire une bonne isolation que pour les maisons individuelles et son coût est en général très supérieur aux possibilités financières des propriétaires.
    Pour les immeubles, les solutions sont peu performantes et hors de prix. Elles nécessiteraient des investissements de l’ordre de 25 000 € par appartement, alors que les propriétaires ne peuvent y consacrer que le dixième (J’en sais quelque chose car je m’occupe de la copropriété où j’habite et la question s’est donc posée).
    Les objectifs proposés sont donc totalement utopiques au plan économique.

    Pour réduire la consommation d’énergie fossile, il faut remplacer l’utilisation du charbon, gaz et pétrole par des énergies non polluantes (Je n’aime pas le terme de renouvelable, car par exemple l’énergie nucléaire est renouvelable, en fission sur les surgénérateurs, qui produisent su combustible, de telle sorte que les réserves matières premières sont de plusieurs dizaines de siècles, et en fusion, puisqu’on peut extraire le combustible de l’océan).
    L’hydraulique fonctionne bien, mais les sites pour construire de nouveaux barrages sont très réduits (et en plus suscitent l’opposition des écologistes !!)
    Or actuellement on ne sait faire d’autre que de l’éolien et du photovoltaïque, alors que le vent et le soleil ne sont pas des facteurs constants et réguliers. On ne sait pas stocker l’énergie fournie par les éoliennes, et le coût en reste donc élevé.
    Quant au photovoltaïque, il est hors de prix (coût élevé des capteurs et rendement par principe faible). De plus le courant est de faible tension, continu et donc intransportable et de plus instockable. Il sera limité à des usages sur place, dans des maisons individuelles.
    L’utilisation de l’énergie solaire dans des fours à miroirs et à sels fondus, permettant d’alimenter des centrales  classiques avec de la vapeur, n’est presque pas étudiée.
    En fait on aurait dû développer les hydroliennes, notamment les petites à mettre dans les rivières, mais cela est inexistant, et surtout les productions urbaines de chauffage à partir de la géothermie. Mais les études sont inexistante et on a interdit la prospection du gaz de schistes, qui aurait permis de trouver, outre ce combustible, moins polluant que le charbon, quelles étaient les endroits les plus appropriés pour exploiter l’énergie géothermique, renouvelable, continue et non polluante. (en moyenne le gradient thermique est de 30 d°C par km, mais il varie selon les endroits de 10 à 100 d°/km).
    Les chiffres proposés concernant les énergies renouvelables sont à mon avis irréalistes car on ne fait pas les études que l’on devrait faire.

    Enfin ramener le pourcentage d’énergie nucléaire à 50% est une décision purement politique pour faire plaisir aux écologiste, mais qui va à l’encontre de la réduction des gaz à effet de serre. C’est actuellement la seule énergie existante aujourd’hui, capable de fournir en quantité suffisante l’énergie dont on a besoin, sans produire du CO2.
    En fait une telle décision vient d’une peur irraisonnée des dangers des centrales nucléaires, due aux accidents de Tchernobyl et de Fukushima, dûu à des circonstances particulières et à une conception médiocre des réacteurs, et qui ne peuvent se produire en France.

    Bref je pense que la droite, malgré les efforts certains de NKM, n’avait pas fait grand chose dans la lutte contre le changement climatique, mais le gouvernement actuel, qui écoute des écologistes relativement nuls au plan scientifique, prend des décisions encore plus irréalistes que par le passé.

Mardi 18 novembre 2014 à 8:51

Ecologie, Changement climatique

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Le Groupe d’experts Intergouvernementaux sur l’Evolution du Climat (GIEC) vient de remettre son rapport définitif le 30 octobre 2014.
    Si vous vous intéressez à ces problèmes, vous trouverez un excellent résumé sur http://leclimatchange.fr
    J’avais déjà parlé de son contenu provisoire dans les articles des 28, 29 et 30 octobre 2013. Je ne vais pas revenir sur le détail de ce rapport mais vous confirmer quelques grandes lignes.
    La nouveauté de ce rapport par comparaison aux précédents (2001 et 2007)  est qu’en plus des prévisions à long terme sur le 21ème siècle, le rapport 2014 essaie de faire des prévision à plus court terme, couvrant la période 2012 - 2035.

    La constatation sans appel est que le réchauffement climatique est bien dû en grande partie à l’activité humaine et plus particulièrement aux émissions de gaz à effet de serre, notamment le CO2. Nous pouvons donc avoir une action sur lui.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/ar5observationsgraphiquetemp.png    Même s’il y a actuellement un petit ralentissement de la hausse des températures (sans doute dû à une absorption d’énergie par des variations au niveau des courants océaniques), la hausse des températures moyenne continuera à se faire sentir.
    La période 1983-2012 est la plus chaude depuis 1400 ans. Chacune des trois décennies a été plus chaude que la précédente. La température moyenne a augmenté de 0,85 d)C entre 1880 et 2012.
    La fréquence des vagues de chaleur a augmenté.
    Entre 2012 et 2035, l’augmentation de température moyenne sera de l’oredre de 0,5 d°C (de 0,3 à 0,7°C selon les scénarios).
    Si nous voulons que cette hausse de température ne dépasse pas 2 d°C, nous devrions diminuer nos émissions de gaz à effet de serre de 10% par décennie.

    Les océans aussi se réchauffent car ils absorbent 90% de l’énergie accumulée sur la terre entre 1971 et 2010. En surface (75 premiers mètres), ce réchauffement est de 0,11 d°C par décennie (0,44 d°C en 40 ans).

    Les observations montrent que l’extension de la banquise en Arctique fin septembre a diminué d’environ 11% (entre 9 et 13%) par décennie entre 1979 et 2012. Depuis les années 1960, la couverture neigeuse dans l’hémisphère nord s’est réduite, jusqu’à 11,7% (au mois de juin) par décennie.
    Entre les années 1980 et les années 2000, on a constaté une hausse de 3°C des températures en Alaska, et de 2°C au nord de la Russie.

    La fonte des glaces et la hausse du niveau des mers pourraient être plus fortes que prévu, entre 30 et 82 cm à la fin du siècle.
    Cela paraît peu, mais une hausse d’un mètre toucherait directement 10% de la population dans le monde.

         En moyenne les précipitations augmenteront à l’échelle planétaire d’ici la fin du 21ème siècle. Les régions humides aujourd’hui deviendront globalement plus humides et les zones sèches deviendront plus sèches.
    Les experts s’attendent également à ce que le réchauffement climatique provoque des événements météorologiques extrêmes plus intenses, tels que les sécheresses, pluies diluviennes et probablement, des ouragans plus fréquents.

    Le GIEC a fait 4 hypothèse de quantité de gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère jusqu’en 2100 et a donc essayé de modéliser les conséquences.
    Seule l’hypothèse la plus optimiste permet de limiter à 2d° la hausse de température en fin de siècle. Dans l’hypothèse la plus pessimiste (on continue les émissions au même rythme), la hausse de température pourrait atteindre 5,5 d°C.
    Dans l’hypothèse optimiste, le niveau des mers n’augmenterait, en fin de siècle, que de 40 centimètres, mais dans le scénario pessimiste, cette augmentation pourrait atteindre 82 cm (rythme d’environ 1,6 cm par an). Cette hausse dépasserait le mètre dès le début du 22ème siècle et pourrait atteindre 3m en 2300, ce qui serait une véritable catastrophe.

    Il y a donc un risque i d'extinction pour de nombreuses espèces (animales ou végétales) qui ne pourront pas se déplacer assez vite pour s’adapter.

    Les conséquences possibles sont alarmantes :
        - La sécurité alimentaire affectée notamment dans les régions dépendant de la pêche.
            - Baisse des rendements céréaliers (blé, riz, maïs) dans les régions tempérées et tropicales.
            - Baisse des ressources d'eau potable dans les régions subtropicales sèches.
            - Risques accrus dus aux inondations, glissements de terrain, tempêtes.
            - Hausse des déplacements de population.
            - Risques de conflits accrus pour l'accès aux ressources.

    Il serait temps que les politiques s’occupent de ce problème, et les écologistes feraient mieux de sen préoccuper plutôt que de manifester avec des anarchistes et des casseurs sur des projets aux conséquences négligeables, par rapport à celles ci.
    Il serait temps aussi qu’ils révisent leur position sur l’énergie nucléaire, qui certes a des inconvénients, mais qui est la seule qui permette actuellement de produire suffisamment d’énergie, à la place des centrales à charbon, grosses productrices de CO2, et à terme de permettre la production d’hydrogène de masse nécessaire, dans les réacteurs à haute température,  pour alimenter des piles à combustible pour les automobiles et camions.

Samedi 3 mai 2014 à 8:27

Ecologie, Changement climatique

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     Les problèmes de changement climatiques commencent à être reconnus, même si les gouvernements (USA, Chine et Inde notamment) ne font pas l’effort nécessaire.
    Par contre le problème de l’eau n’a pas encore suffisamment retenu l’attention.
http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetationarbres2/ressourceseneau.jpg    Même si, dans le monde entier, l’eau semble abondante, plus du tiers de la population mondiale vit dans des pays où l’eau n’est pas abondante ou même rare. Les ressources en eau douce ne sont pas toujours au bon endroit au bon moment et ne sont pas toujours bien gérées. Elles sont pourtant essentielle, d’une par pour la consommation en eau potable, mais aussi pour la nourriture car le principal utilisateur est l’agriculture.
     Comme le changement climatique modifie la nature et la gravité des événements météorologiques, l’incidence et l’amplitude des pénuries d’eau risquent d’augmenter.
    Le graphique ci contre publié par l’Unesco, donne une idée des ressources mondiales en eau.
    La plupart des pays considèrent l’eau comme une ressource presque gratuite.  L’eau d’irrigation est fournie à un prix qui est très inférieur à sa valeur réelle pour la société et les agriculteurs utilisent souvent des quantités d’eau excessives, ce qui peut entraîner un soutirage excessif des nappes aquifères. On constate aussi un certain gâchis de l’eau potable dans nos pays occidentaux notamment.

    Depuis le début du XXème siècle, face à l’accroissement des besoins alimentaires résultant de l’augmentation de la population mondiale et grâce au développement de nouvelles techniques et de nouvelles cultures (maïs, par exemple), la superficie des surfaces cultivées a beaucoup augmenté. et l’agriculture (élevage compris), utilise presque les trois quarts du volume d’eau consommé dans le monde : la consommation mondiale d’eau agricole a été multipliée par 6 entre 1900 et 1975.
    D’une part , pour accroître les rendements on pratique une irrigation massive. D’autre part,  le régime alimentaire de l’élevage entraîne la mobilisation de grandes quantités d’énergie et d’eau par ration produite. Enfin des régimes alimentaires plus riches dus à une orientation croissante du mode de vie, surtout dans les pays occidentaux.
    Les pays qui irriguent le plus sont ceux du sud-ouest asiatique, (plus de 60% des terres irriguées), et certains pays du pourtour méditerranéen, comme l’Italie ou la Grèce.
    Le graphique ci dessous montre la répartition des prélèvement d’eau pour diverses régions et par activité :

http://lancien.cowblog.fr/images/Vegetationarbres2/consoeau.jpg

    La consommation en France par l’agriculture pour l’irrigation, (par submersion, par aspersion ou au goutte à goutte), est de 43% de la consommation globale et de 500 à 4000 m3 d’eau par hectare, par an en moyenne.
    Le CNRS publie la quantité moyenne d’eau, exprimée en litres nécessaires à la production d’un kg de quelques produits, mais j'ai préféré le schéma ci dessous, plus complet, dont Maud m'a fourni la référence (voir com) :


http://lancien.cowblog.fr/images/EnergieClimat2/eaufonctionaliments480x360.png
    Par ailleurs l’utilisation des engrais et pesticides par l’agriculture entraine la pollution de l’eau, qui complique les traitements de l’eau potable.
    Le service public « Eau-France » indiquait que sur la période 2007-2009, sur 204 stations de surveillance de la qualité des plans d’eau en France, au moins un pesticide est quantifié pour :
        - 92 % des points de mesure en cours d’eau 
        - près de 75% en plans d’eau 
        - 70 % en eaux souterraines :        
    et, sur la même période, l’atrazine (herbicide interdit d’utilisation en France depuis 2003) est présente sur : 
        - 45 % des points de surveillance de la qualité des cours d’eau 
        - 10 % des points de surveillance de la qualité des plans d’eau 
        - près de 38 % des points de surveillance de la qualité des eaux souterraines
    Les déjections animales sont aussi un facteur de pollution : sous l’effet du ruissellement de l’eau et de l’infiltration dans le sous-sol, elles enrichissent les cours d’eau et les nappes souterraines en dérivés azotés et constituent une source de pollution bactériologique. (la pollution en Bretagne de l’eau en nitrates en raison des épandages de lisiers de porc, est une source de problèmes bien connue).
   
    Certes l’irrigation est nécessaire, d’une part à certaines périodes de l’année et surtout dans les pays où règne une certaine sècheresse (même dans le sud de l’Europe).
    Toutefois, l'irrigation n’a pas à consommer autant d'eau. Les gains en matière d’efficacité d’utilisation de l’eau sont déjà obtenus en Europe grâce à l'efficacité du transport (la proportion d'eau prélevée livrée au champ) et l'efficacité d'application au terrain (l'eau réellement utilisée par une culture en relation avec le volume total d'eau délivré à cette culture).
    Des modes d’arrosage goutte à goutte sont en particulier très économes.
    Une structure de tarification favorisant les utilisations efficaces ainsi que la suppression des subventions agricoles défavorables peut certainement apporter des réductions significatives de la quantité d'eau utilisée pour l’irrigation dans l’agriculture.
    Changer les pratiques agricoles peut également apporter une amélioration à moindre coût de la qualité de l'eau disponible pour d'autres utilisateurs d’eau, en diminuant les quantités de pesticides et engrais utilisés et leur nature.
    On peut aussi se demander si les animaux pourraient être nourri avec moins de maïs, très consommateur d’eau.
    La formation des agriculteurs serait également souhaitable.
    Il est possible de savoir quelle est la quantité d’eau nécessaire à uneplante donnée et donc de limiter l’eau délivrée pour ne pas dépasser cette quantité de façon importante.

    L’utilisation plus efficace de nos ressources en eau par l’agriculture ne représente qu’une des mesures à prendre pour réduire notre impact sur l’environnement, mais sans elle, nous ne pourrons pas élaborer une économie basée sur une utilisation efficace des ressources, ni construire un avenir durable.
    J’avais déjà parlé de l’eau dans un article du 14/6/2011, et essayé dans un  article du 17/4.2012, de montrer comment on pouvait rendre l’eau potable, après vous avoir décrit, le 16/4/2012 une visite des réservoirs de Paris à Montsouris.
    Mais sur ces questions d’eau potable, Maud, notre chevrette franco-canadienne est bien plus calée que moi, car c’est son métier.
   

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