Dimanche 15 mai 2016 à 9:52

Notre cerveau : émotions

On parle souvent à la télévision, de stress, d’émotion positives ou négatives. Les journalistes en font des montagnes et chacun d’entre nous sait ce que c’est.
    On trouve aussi de nombreux conseils de psychologues pour favoriser nos pensées positives et éliminer si l’on peut celles négatives.
    Par contre on trouve peu d’articles qui nous décrive ce qui se passe dans le cerveau, et quels sont les sites responsables de ces sentiments.
    Je vais essayer de résumer ce que j’ai pu glaner à ce sujet.

    Sur le stress, c’est assez clair, les événements désagréables  impactent les centres amygdaliens, dont le rôle initial est  de nous protéger en nous alertant des dangers et en nous préparant à y faire face.
    Lorsque le stress devient trop important, les pensées négatives vont envahir le cerveau émotionnel, y tourner en rond, et le cortex préfrontal qui raisonne et organise, est un peu tenu à l’écart, de telle sorte que ce stress envahit notre pensée.
    Les centres amygdales en avertissent l’hypothalamus, qui ordonne à l’hypophyse de sécréter une préformons qui va exciter les glandes surrénales. Celles ci vont sécréter du cortisol, (un corticoïde), qui va calmer le jeu et diminuer la pression du stress.
    Le taux de cortisone est d’ailleurs une mesure de notre stress.
    Le burn-out, en entreprise, dont on parle beaucoup à la télé, est un début de dépression provoqué par la pression du travail et des rapports sociaux et le stress qu’ils engendrent.

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    Pour les pensées positives et négatives c’est beaucoup moins clair parce beaucoup de centres du cerveau sont concernés.
    En simplifiant, on peut dire que les pensées négatives concernent principalement le cerveau émotionnel. Avant tout les centres amygdales qui sont à l’origine du stress et de l’angoisse, mais aussi le cortex cingulaire en ce qui concerne les rapports sociaux et les sentiments affectifs, et le cortex insulaire (ou insulta), essentiellement l’insola antérieure, qui est sensible aux remontées physiologiques du corps et à la souffrance physique et morale, tant de nous même que des autres.
    Le cortex orbitofrontal médian, se contente d’essayer, quand il en a conscience et peut intervenir, de diminuer la pression de ces pensées négatives et de raisonner à nouveau.
   
    Pour les pensées positives, tout le système de récompense y participe, avec la sécrétion de dopamine :aire tegmentale ventrale (ATV) qui réagit à des stimuli divers, extérieurs ou de notre corps, septum qui évalue la valeur hédoniste du stimuli, le cortex préfrontal qui élabore des actions, le noyau accummbens qui évalue la valeur hédoniste de l’action, l’hippocampe qui remémores les expériences passées, les centres amygdales qui évaluent les risques.
    Le putamen participe aux apprentissages au niveau de la régulation des mouvements.
    L’insula médiane recueille les éléments positifs en provenance des sensations de notre corps, mais aussi est sensible au plaisir d’autrui
    Le cortex cingalaise est sensible aux sentiments et rapports sociaux positifs.
    Le septum réagit en positif ou négatif. Il intervient dans les besoins physiologiques fondamentaux (alimentaires ou sexuels par exemple), et également dans la gestion de la douleur, notamment par la demande de production d’endorphines.
    Le noyau causé est le centre de transmission vers le cortex d’informations diverses, notamment sensorielle et motrices, mais il intervient dans la gestion des pensées positives, dans la mesure où le cortex préfrontal, est beaucoup plus impliqué, notamment dans sa partie orbitofrontale médiane.

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    Rousseau disait que l’homme était bon par nature. L’expérience montre qu’il se faisait beaucoup d’illusions.
    Mais ce n’est pas son cerveau qui est responsable des mauvaises actions : c’est l’éducation qui lui a été donnée et l’influence de l’environnement physiologique, psychologique et social, ainsi que les événements de la vie.
    A l’origine le système de récompense a des actions naturelles positives : quand on montre à des bébés de six mois des saynètes avec des marionnettes, gentilles ou méchante, altruistes ou égoïste, et qu’on laisse l’enfant jouer ensuite avec les figurines, il choisira spontanément les « gentils », parce que son cerveau est programmé pour choisir plutôt ce qui est bon pour lui. C’est le rôle du système de récompense.
    Mais si l’on veut qu’ils perdurent, il faut cultiver ces penchants altruistes chez l’enfant. Les prédispositions se limitent celles qu’il voit chez les autres, dans sa famille, dans le groupe de camarades. Cette tendance grégaire peut annihiler chez l’adulte, un développement de l’empathie.
    La tendance aujourd’hui, devant la brutalité du monde, est le repli sur soi-même.

Lundi 7 mars 2016 à 10:14

Notre cerveau : émotions

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« Don Diègue robot » dira t’il un jour à son fils « Rodrigue as tu du coeur ? ».
    Je crains que « Rodrigue robot » ne réponde : « non papa, je n’ai que du carreau » , car pour un robot un jeu de cartes est plus naturel que des émotions.

    On nous parle très souvent de robots à la télévision.
    Il y a 20 ans, les robots n’étaient que des machines qui aidaient l’homme pour des tâches fastidieuses, tels les robots ménagers ou ceux des usines de mécanique
    Les robots intelligents n’existaient que dans les films de science fiction, tel le célèbre D2, mais ils ressemblent à des machines.
    Depuis quelques années la robotique a fait des progrès - ce que l’on appelle du mot pompeux « d’intelligence artificielle ». Nous pouvons trouver des tondeuses ou des aspirateurs qui se débrouille tout seuls, si l’environnement n’est pas trop compliqué.
    Mais ils sont programmés pour une tâche précise et n’ont aucune capacité d’invention. Ils s’adaptent tout au plus en fonction des perceptions de leurs capteurs.
    C’est bien moins intelligent que le moindre animal domestique.
    Mais des films comme « Real Humans » nous montrent des robots bien proches de l’homme et ayant des sentiments.

    Depuis quelques années on a vu apparaître des robots auxquels on a donné un physique d’homme ou d’animal domestique, avec comme but de tenir compagnie à des personnes âgées ou à des enfants malades.
    Le premier écueil a été d’imiter la marche des vivants et notamment la bipédie des hommes.
    Cela a l’air tout simple, mais c’est un problème d’équilibre difficile et rien ne vaut notre cerveau. La robotique n’imite pas encore parfaitement la marche de l’homme.
    Deuxième écueil, la parole. Certes ce n’est pas difficile de faire parler un robot : l’ordinateur sait imiter la voix humaine et former des mots et des phrases à partir de phonèmes. Quant à la syntaxe et la grammaire, c’est logique ou bien question de mémoire, donc pas de problème.
    Mais c’est un autre problème de dire des choses intelligentes et de comprndre un interlocuteur et lui répondre. Les situations que l’on rencontre sint tellement nombreuses qu’on ne peut mémoriser des réponses à l’avance.
    Il faut donc là une véritable intelligence artificielle, qui puisse imaginer pour s’adapter, après avoir interprété et analysé la parole de son interlocuteur.
    On en est encore au balbutiement.

    Mais le summum de la difficulté c’est de rendre le robot empathique.
    Il faut d’abord pour pouvoir répondre à des émotions, comprendre celles des autres. Donc le premier stade c’est de rendre le robot capable de déceler des émotions chez son interlocuteur humain.
    On commence à peine à le faire.
    Il s’agit essentiellement que le robot reconnaisse les émotions d’une part aux mimiques du visage et d’autre part aux intonations de la voix. C’est tout un apprentissage.
    Le stade d’après sera de faire apprendre au robot, comment réagir face aux émotions des hommes et d’avoir des attitudes et des réponses appropriées. C’est encore plus difficile.
    Les chercheur pensent que d’ici quelques dizaines d’années, il sera possible d’avoir des robots capables de tenir compagnie aux personnes âgées et aux enfants.
    Mais il faudra que ces personnes comprennent que, même si le robot semble avoir de l’empathie et répondre à leurs émotions, ce n’est qu’un dressage et que lui n’éprouve aucune émotion, contrairement aux hommes et aux animaux.
    Ils ne faudra pas trop s’attacher à nos robots : ils ne le méritent pas.

Mercredi 11 février 2015 à 8:27

Notre cerveau : émotions

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     Comme tous les petits enfants j’ai autrefois lu des contes de fées.
Il y avait bien sûr les bons génies qui rendaient beau ou riches, des élixirs de jouvence, ceux aussi qui rendaient un homme ou une femme amoureux(se) de l’autre.
     Un article scientifique m’y a fait à nouveau penser, celui de Christiane Geitz, psychologue à Heidelberg.

     Elle rappelait l’importance du noyau accumbens dans le système de récompense de l’être humain  !voir mes articles des 12 et 14 janvier 2009), et notait l’importance dans les neurones de ce centre, de deux types de récepteurs : ceux à la vasopressine, neurotransmetteur analogue à l’adrénaline, qui intervient lors d’excitations, et l’ocytocine, très liée au rapports amoureux et dont la concentration augmente après un rapport sexuel.
On a remarqué que la vasopressine a un effet vasoconstricteur, et favorise chez les rongeurs la défense du nid et de la progéniture.
    L’ocytocine, hormone fabriquée par l’hypophyse, favorise le ‘attachement d’une mère à son enfant.

     Les campagnols des prairies, de mignons petits rongeurs que je vois souvent en Bretagne, s’ils sont en couple, restent fidèle à leur compagnon et compagne toute leur vie, alors que les campagnols des montagnes, leurs cousins, courent le guilledou, non seulement les mâles, mais même les femelles.
     En injectant les deux hormones aux campagnols des montagnes, chose extraordinaire, on les rends fidèles !!… au moins pour un temps, le temps d’action des hormones.
Des chercheurs d’une université de Floride, aux USA ont essyé de coprendre cet effet. Ils ont observé des campagnols des prairies et ont observé une libération importante d’ocytocine après leur premier accouplement.
    Les chercheurs ont alors injecté près du noyau accumbens, un produit qui favorise la sécrétion d’ocytocine. Ils ont alors constaté que si un mâle se rapprochait des femelles, celles ci le fuyaient et se rapprochaient toujours d’un même mâle, qu’elles considéraient comme leur « compagnon campagnol ». Mais cei n’était effectif que si les deux partenaires avaient pu se connaître et se flairer au moins une heure avant l’injection, faute de quoi l’injection était sans effet.
     Les chercheurs ont alors constaté que lorsque mâle et femelle se faisaient ainsi la cour, leur ADN des neurones du noyau accumbens se modifiait, fixant des noyaux acétyle, qui diminuent les liaisons entre histones (les enroulements de l’ADN) et ces histones se déroulaient plus facilement, permettant aux gènes de libération de vasopressine et d’ocytocine de s’exprimer, et donc d’avoir un taux plus élevé en permanence, ce qui modifie leur comportement, chez les mâles comme chez les femelles.
     D’autres gênes, insensibles à ce mécanismes, sont responsables du comportement volage de leur cousins de la montagne.

     Evidemment le comportement des humains ne dépend pas uniquement de la chimie biologique; mais ils sont néanmoins sensibles à l’ocytocine, hormone de l’attachement.
    Une équipe l’Université de Bonn, en Allemagne, dirigée par Rné Hurlemann, a « pris pour campagnols », une quarantaine d’hommes volontaires hétérosexuels et leur a administré sous forme d’un spray nasal de l’ocytocien, alors qu’un groupe témoin n’avait droit qu’à un placébo.
     Ils ont constaté que leur noyau accumbens s’activait uniquement quand on montrait aux hommes qui avaient reçu de l’ocytocine, une photo de leur bien-aimée, mais que ce centre restait inactif s’il s’agissait de photos d’autres femmes.
     Par conséquent, connaître une femme n’est pas suffisant, il faut aussi partager une relation avec elle.
L’ocytocine agirait comme une drogue qui lie un homme à sa femme. « Ces résultats pourraient expliquer pourquoi certaines personnes tombent en dépression lorsqu’elles se séparent de leur partenaire, raconte-t-il, lors de la séparation, la sécrétion d’ocytocine dans leur cerveau baisse et le circuit de la récompense n’est plus stimulé. Elles ont alors une sensation de manque. »

     Donc, mesdames jalouses, si vous voulez que votre mari soit fidèle, injectez lui de l’ocytocine dans le noyau accumbens,…. enfin si vous n’avez pas peur de lui implanter une aiguille dans le cerveau. Plus simple, mettez lui de l’ocytocine dans son spray pour déboucher son nez : Au moins il sera fidèle quand il aura un rhume ! Mais consultez avant un pharmacien pour connaître les doses à ne pas dépasser. Car sinon vous risquez de le rendre raide dingue de vous et il risque de devenir insupportable !

     Sachez aussi que, lors d’un accouchement, au moment de l’expulsion du bébé, le cerveau produit un maximum d’ocytocine, qui favorisera l’attachement de la mère à l’enfant. Ceci se produit aussi au cours de l’allaitement au sein, la succion qui favorise l’écoulement du lait excitant la production de prolactine et d’ocytocine.
    Cet effet au cours de l’accouchement explique le fait qu’aux Usa où la pratique des mères porteuses est licite, certaines d’entre elles n’ont plus voulu vendre leur bébé après l’accouchement.

Mercredi 26 novembre 2014 à 8:00

Notre cerveau : émotions

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    Je vous parlais avant hier de la sensibilité et de la compréhension des émotions des autres, ce que, en jargon psy, on appelle l’empathie.
    Il est intéressant d’en connaître les réactions au niveau du cerveau.

    On s’attend évidemment à ce que le cortex frontal intervienne au niveau raisonnement et le cerveau émotionnel au plan des émotion. C’est vrai mais c’est plus compliqué, car les zones du cerveau central sont également concernées par nos émotions, et par le canal de l’hypothalamus et de l’hypophyse, le système nerveux sympathique et notre système endocrinien.
    Les zones qui prennent en charges différentes tâches ne sont pas les mêmes.(voir le schéma ci dessous).

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    La capacité à ressentir les émotions d’autrui dépend surtout du cerveau émotionnel.
    Nos centres amygdaliens nous aident à ressentir le stress, l’angoisse, voire la colère de notre interlocuteur. Le cortex cingulaire antérieur et l’insola sont le siège d’une part de l’attention et d’autre part de la motivation dans nos relations sociales. Le cortex préfrontal ventromédian participe aussi à cette action car il contrôle en partie nos sentiments, jouant le rôle de chef d’orchestre du cerveau dans ce domaine. Lorsque nous voyons les émotions de quelqu’un ces centres entrent en action pour nous faire éprouver des émotions analogues.

    La capacité à comprendre les émotions d’autrui dépend davantage du cortex préfrontal, mais des zones qui y régissent la réflexion, et des zones du cerveau temporal et de l’hippocampequi interviennent dans le rappel des souvenirs. En effet comprendre autrui exige que l’on fasse un effort de réflexion, de logique, puis que l’on compare pragmatiquemnt à notre propre expérience, afin de recréer des circonstances voisines et une compréhension de la réaction à cet environnement.

    La capacité à répondre aux émotions d’autrui, après les avoir analysées et comprises, mettent en jeu le cortex préfrontal, mais dans la partie qui imagine les solutions, leur contrôle et leurs conséquences. Mais le dialogue nécessaire avec autrui demande à nouveau l’intervention du cerveau émotionnel, essentiellement le cortex cingulaire et l’insula qui vont gérer nos rapports affectifs avec la personne.

    De plus le système de récompense intervient aussi, (aire tegmentale ventrale, noyau accumbens), qui sécrète de la dopamine, car il nous faut un certain moteur pour assumer la tâche de comprendre autrui, et donc une satisfaction de l’accomplir.

    Les centres de la parole interviennent évidemment aussi puisque la plupart du temps cette émotion se traduit par des mots ou des écrits, qui aident à la cerner et à la comprendre, mais non seulement ceux du cerveau gauche, mais aussi ceux du cerveau droit qui comprennent les intonations, très importantes à saisir en matière d’émotion.

    Enfin le cerveau émotionnel étant en relation avec l’hypothalamus, celui ci, lorsque nous sommes émus par autrui, et partageons ses émotions et ses problèmes, peut agir sur le système autonome sympathique, et par l’intermédiaire de l’hypophyse, sur notre système hormonal, notamment les glandes surrénales qui produisent le cortisol, hormone du stress.

    Le cortex cingulaire qui intervient dans nos rapports sociaux intervient notamment dans les problèmes d’appartenance à un groupe.On éprouve davantage d’empathie pour quelqu’un d’externe au groupe, pour un ami, que pour un ennemi.

    Enfin il est probable que les « neurones miroirs » ont également une activité dans ce domaine. Ce sont des neurones du cortex somatosensoriel et du cortex moteur, dans la zone pariétale, qui s’activent, non seulement quand nous faisons un mouvement (ou imaginons que nous le faisons) mais aussi lorsque nous voyons faire ce mouvement à autrui.
    Ils aident à la compréhension du sens de la parole et de celui des expressions du visage, qui transparaissent dans les émotions. Le système moteur du cerveau dans le cerveau n’est pas limité au contrôle des mouvements mais est aussi capable de lire, d’une certaine manière, les actions exécutées par autrui. Les neurones miroirs pourraient ainsi jouer un rôle fondamental dans tous les comportements sociaux des êtres humains.

    L’empathie humaine pour la souffrance d’autrui semble donc être ressentie à partir des circuits cérébraux nous informant de la douleur à notre propre corps et à notre propre esprit. En effet, lorsque nous avons de l’empathie pour quelqu’un, de nombreuses études d’imagerie cérébrale indiquent une activation de structures cérébrales qui s’active également lors que nous souffrons nous-mêmes. Mais alors, comment faisons-nous pour distinguer notre propre douleur de la douleur des autres ?
    D’abord, l’activation cérébrale d’une personne qui éprouve de l’empathie en observant une autre exprimer une émotion est d’intensité moindre que lorsque cette personne vit réellement cette émotion.
    Ensuite il n’y a pas totale identité en imagerie cérébrale, entre les neurones activés dans l’observation des émotions des autres, et lorsque ces émotions nous sont propres.
    Une partie de l’empathie repose sur l’imagination de ce que ressent autrui. Cette imagination a des limites et son contrôle permet aussi de limiter l’empathie, pour ne pas se laisser submerger par elle (par exemple les médecins et infirmières, devant la souffrance des malades).
    C’est le rôle du cortex préfrontal ventromédian de réguler ces actions de mimétisme.

Mardi 30 septembre 2014 à 9:35

Notre cerveau : émotions

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    J’ai lu une étude originale sur des essais pratiqués sur des rats et qui auraient mis en évidence des neurones responsables d’actes violents.
    Ce sont des neurones de l’hypothalamus, qui provoqueraient, quand on les excite, une agression immédiate.
    Un laboratoire de l’Institut de Technologie de Californie a introduit, par traitement génétique à partir de virus neutralisé et modifié pour permettre d’introduire un gène, une protéine photosensible dans ces neurones. Une minuscule fibre optique est alors placée dans le cerveau du rat, de façon à pouvoir illuminer uen zone très précise.
    L’illumination de ces neurones de l’hypothalamus provoque chez le rat, un accès de rage immédiat, involontaire et sasn autre cause, le rat attaquant non seulement les autres rats mâles, mais aussi les femelles., et même passent leur excitation sur tout objet qu’on leur présente.
    Il n’y a ni menace, ni rivalité, mais une conséquence purement physiologique.

    Ces « neurones de la violence » font partie de l’hypothalamus ventromédian, qui est aussi à l’origine des comportements sexuels (et qui est d’ailleurs légèrement différent chez les hommes et les femmes, et chez certains homosexuels hommes).
    L’équipe de recherche a montré que lorsqu’un rat a été mis en présnce d’une femelle et a commencé, avant toute autre sollicitation, à s’intéresser à cette femelle et à lui faire des avances, alors la photoactivation des neurones voisins ne provoque plus des agressions que dans 80% des cas, et, si sa cour est sur le point d’aboutir, dans 30% des cas seulement.
    Il semble donc que l’activité sexuelle et l’agression s’initialisent à partir de neurones voisins de l’hypothalamus, lesquels s’inhibent en partie mutuellement.

    Je ne sais pas si cela reste vrai pour les êtres humains, mais cela semblerait raison à ceux qui disent « faites l’amour, pas la guerre ».
    Et que se passe t’il quand la jalousie engendre une colère contre l’être aimé ?

    Mais sur la colère les conseils ne manquent pas :
« Chaque minute que tu passes à être en colère te fait perdre 60 secondes de bonheur »
ou bien
« Plus tu transportes les colères du passé, plus tu t’éloignes du bonheur d’aujourd’hui »;
ou bien ce que me disait ma grand mère :
« Ne promets pas quand tu es heureux, ne réponds pas quand tu es en colère, et ne décide pas quand tu es triste! »

Mardi 19 août 2014 à 8:34

Notre cerveau : émotions

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      Je fais souvent des articles concernant le stress et la lutte contre l’angoisse, car ce sont des situations que je rencontre souvent chez mes correspondantes.
    Lutter contre le stress est effectivement une capacité importante pour la santé : les psychologues l’appellent la « résilience ».
    Le mot résilience désigne de manière générale la capacité d'un organisme, un groupe ou une structure à s'adapter à un environnement changeant. Les ingénieurs connaissent bien la résilience d’un métal, qui est la capacité à absorber de l’énergie à la suite d’un choc ou d’une déformation, et éventuellement à revenir à l’état initial.

    Au plan physiologique, la résilience est la capacité à récupérer face à l’adversité et elle dépend surtout, d’une part de certains centres du cerveau, et d’autre part de certains neurotransmetteurs.
    Les circuits concernés sont le circuit du stress, qui est principalement controlé par les centres amygdaliens, et le circuit de récompense (apprentissage, plaisir), dont le principal initiateur est le noyau accumbens. Le cortex préfrontal médian est également concerné, car il contrôle et coordonne les autres circuits.
    En fait ce n’est pas aussi simple : l’amygdale intervient aussi dans le fonctionnement des centres de récompense et le contrôle des émotions, le noyau accumbens est aussi concerné lorsqu’il s’agit de rapport sociaux et la sociabilité.
    Le cortex cingulaire intervient aussi dans le contrôle des émotions, l’hippocampe va chercher des souvenirs en mémoire et de nombreux autres centres peuvent intervenir.
    Le cortex préfrontal gauche par exemple a un rôle inhibiteur de l’amygdale et limite donc le stress, en calmant l’anxiété et en permettant au cortex préfrontal de reprendre le contrôle de la situation..
    Plusieurs neurotransmetteurs ou hormones interviennent également :
    Pour le stress une petite protéine, le neuropeptide Y et le cortisol. Une forte concentration en cortisol annonce une grande anxiété, voire l’approche d’une dépression, alors qu’une forte concentration de neuropeptide Y accompagne en général une lutte contre l’anxiété.
    La noradrénaline aide à réagir contre une menace, mais si une forte concentration perdure, elle mène à l’anxiété chronique. La dopamine intervient dans tout le circuit de récompense et la sérotonine dans la régulation des humeurs et elles aident donc à réagir contre les situations négatives.
    On ne connaît pas ces processus physiologiques dans le détail, mais néanmoins leur connaissance permet de définir des comportement pour augmenter sa résilience et mieux maîtriser les situations négatives.

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    Si l’on se place au niveau comportemental, et par exemple celui des préférences cérébrales, il est certain que certaines configurations de personnalité favorisent la résistance au stress et que d’autres rendent plus vulnérable.
    La préférence qui favorise le plus la résilience est l’optimisme, alors que le pessimisme la diminue fortement. L’indépendance d’esprit est également favorable car elle donne une meilleure confiance en soi, et un souci moins grand de l’opinion d’autrui.
    La préférence de décision « logique » permet en général une appréciation plus indépendante et plus sereine des situations. C’est moins certain pour le préférence « jugement », car si la personne qui essaie raisonnablement de maîtriser à l’avance les situations est en général moins stressée, la personne fortement J, qui veut tout maîtriser et n’y arrive pas peut être très angoissée à cette idée.
    La personne de préférence de perception G, orientée vers l’avenir a souvent une meilleure résilience que celle de préférence S, si le passé est trop présent.

    Si maintenant on se pose la question : comment augmenter ma résistance au stress et mon retour à la normale après un événement traumatisant, on retrouve des recettes classiques, qui découlent d’ailleurs de ce qu’on a dit au plan physiologique.
    La conduite la plus efficace est de s’entraîner à ne pas se lamenter sur ce qui est arrivé, à ne pas avoir de remords de ce que l’on a fait et de regrets de ce qu’on n’a pas osé faire, et d’essayer d’analyser les situations le plus objectivement possible.
    C’est ensuite d’essayer de minimiser le mauvais coté des choses et de penser au contraire à ce que la situation, même stressante peut apporter de bon.
    Si on arrive à bien surmonter une épreuve, on acquiert davantage de confiance en soi, davantage d’expérience, et la vie paraît en général ensuite plus facile et heureuse.
    Il faut arriver à maitriser ses émotions, à repousser les pensées négatives pour les remplacer par des positives.
    L’autre remède très efficace est l’action : si on est très occupé, si l’on fait du sport qui permet de se détendre mais aussi de se dépenser et de relever des défis, les soucis stressant passent au second plan : on a moins de temps pour y penser; ils sont statiques alors que l’action vous emporte par son dynamisme.
    Les relations sociales sont aussi un facteur d’augmentation de la résilience, car elle favorise le fonctionnement du noyau accumbens, et la sécrétion de sérotonine. Les centres amygdaliens participent aussi à cette fonction, car on y distingue trois groupes de neurones qui respectivement nous incitent à être amène vis à vis d'une personne ou au contraire à la repousser, ou à s'associer avec d'autres.

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    J’ai souvent vu des jeunes personnes au bord de la dépression, guérir subitement parce qu’elles avaient un nouvel ami ou petit ami qui s’occupaient d’elles.
    Il faut se dire que dans ce domaine, le « moral » est prépondérant : je connais des personnes qui n’ont guère de vrai problème, mais qui s’en créent de façon permanente dans leur esprit, alors que d’autres personnes atteintes d’une maladie chronique, arrivent à surmonter leur handicap et à vivre de façon très positive et pratiquement normale.

Vendredi 17 janvier 2014 à 8:06

Notre cerveau : émotions

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     La plupart des jeunes qui me demandent conseil ont des chagrins d’amour. Parfois c’est bénin et cela guérit vite, parfois c’est plus grave parce qu’on était attaché à l’autre, et les premières semaines, voire les premiers mois sont difficiles. Certes le temps apaise les souffrance, mais c’est dur d’oublier.
    Les raisons des ruptures sont bien diverses. Le plus souvent c’est qu’en fait, on a pris une attirance pour un véritable amour.
    Attirance parfois uniquement physique (une de mes correspondante sans doute allergique aux clavier Querty américains me disait crûment : j’ai pris pour de l’amour avec un grand « A », l’amour avec un petit « q »).
    Mais aussi attirance sentimentale, mais voilà c’était trop rapide, on ne connaissait pas bien l’autre et une fois la flambée passée, la nouveauté, l’entente et les activités communes n’étaient plus là et on s’ennuyait ensemble.
    Dans d’autres cas, cela s’était mal passé, bien souvent le garçon s’étant comporté comme un mufle (mais parfois aussi la fille comme une mante religieuse). Là c’est plus facile de guérir plus vite. Il y a un ressentiment de la conduite de l’autre et il suffit de  transformer alors l’amour en haine.
    Haine est peut être un grand mot, mais il faut tuer l’amour qui restait pour que le traumatisme cesse.

    Mais c’est vrai qu’amour et haine sont des sentiments très proches qui évoluent assez facilement l’un vers l’autre. Alors peut on expliquer cela ?
    Pour cela nous allons parler d’un centre très particulier du cerveau : le cortex insulaire ou « insula », qui a un rôle important dans certains de nos sentiments.
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    L’insula est une partie du cortex cérébral, dont la position en repli à l’intérieur des circonvolutions cérébrales la rend moins accessible (voir schéma ci dessus) d'où son nom  « d’île » au milieu du cerveau. Voilà pourquoi elle est  restée méconnue pendant longtemps, (bien que découverte en 1796 par un médecin allemand Reil), jusqu’à ce que des neurobiologistes comme Antonio Damasio, l’un des spécialistes de l’étude du mécanisme cérébral des sentiments, mettent en évidence son rôle dans nos sentiments.
     En fait il est difficile d’étudier ces problèmes, car si on peut faire de l’expérimentation animale pour étudier des problèmes physiologiques, et même certaines émotions, la conscience des sentiments est une spécificité humaine, qui ne peut être étudiée qu'avec la coopération de sujets humains.
    Toutefois souvent les réactions sentimentales sont concomitantes avec des réactions physiologiques et celles ci peuvent aussi être étudiées.
     L’insula est un centre qui comprend des récepteurs de nos réactions viscérales, et elle est apte à nous faire prendre conscience de ces bouleversements corporels internes associés à la moindre de nos émotions. Elle reçoit en particulier des informations en provenance du thalamus, des centres amygdaliens et de l’hypothalamus sur le niveau de douleur, notamment viscérale, la régulation de la température, l'irritation, le niveau d'oxygénation local ou encore le sens du toucher.
    Elle participe à la conscience de l’état du corps, notamment la capacité de mesurer son propre rythme cardiaque et de ses anomalies éventuelles. Il semble qu’elle soit impliquée dans la conscience de nos mouvements, notamment des mains et des yeux, en relation avec les centres moteurs et du toucher.
    Finalement l’insula est en partie responsable de la conscience de soi, dans la mesure où elle est d’abord une prise de conscience de notre corps, puis de certaines réactions psychologiques comme les émotions et les sentiments. Les émotions se traduisent en particulier par des réactions viscérales auxquelles l’insula serait sensible, et plus généralement elle associerait un contexte émotionnel adéquat à des réactions sensorielles données de notre corps.

    La partie antérieure de l'insula, surtout dans l'hémisphère droit, est davantage développée chez les humains et les grands singes que chez les autres espèces animales. Ceci permettrait un décodage plus précis de nos états sensoriels, et donc par exemple à une simple mauvaise odeur de devenir un sentiment de dégoût, ou encore au toucher d'une personne aimée de se transformer en sentiment de délice.
    Le désir sexuel et sa satisfaction concernent de nombreuses aires cérébrales, mais principalement l’hypothalamus, le noyau accumbens et le circuit de la récompense.
    Les bases biologiques de l’amour sentimental diffèrent de celle du plaisir sexuel et même des circuit des émotions, mais ont de nombreux points communs  avec la motivation et le puissant désir de récompense impliqué dans l'amour humain. Le circuit de récompense est donc  aussi très actif.
    Alors que le désir sexuel permettrait aux individus d’avoir des relations avec un certain nombre de partenaires,le sentiment d’amour (dit romantique), les motiverait à se concentrer sur un seul partenaire et ensuite l’attachement se créerait entre les partenaires, pour grandir dans un environnement stable et pourvu des ressources nécessaires à son développement.
    Bien entendu de nombreux centres interviennent dans ces sentiments liés à l’amour
    L’insula et le putamen sont en particulier impliquées dans la conscience et les réactions à la fois de l’amour et de la haine.
    Il semble que la partie antérieure de l’insula ait un rôle important dans des émotions subjectives, telles que l’amour, la haine, le ressentiment, la confiance en soi ou l’embarras. Des dommages à l’insula conduisent à l’apathie et à l’incapacité d’exprimer nos sentiments ou ceux d’un interlocuteur. Ces incapacités de l’insula sont rencontrées dans l’autisme et d’autres troubles neuropsychiatriques.
    Le putamen serait davantage impliqué dans la jalousie et des réactions plus violentes, notamment en cas de rupture ou d’agression.
    Par contre les régions concernant le danger et la peur relèvent des centres amygdaliens.

    Finalement il apparaît dans diverses études neurobiologiques, que les mêmes régions du cerveau sont concernées par l’amour et la haine, qui sont donc des sentiments très voisins. Différence importante toutefois, entre les sentiments d'amour et de haine de grandes régions du cortex frontal se désactivent avec l'amour, (l’amour est aveugle : on ne voit pas les défauts de l’être aimé), contrairement à la haine, où seule une petite partie est désactivée (la critique est alors courante et parfois pour nuire, blesser ou tirer vengeance).
    Autre différence l'amour romantique s'adresse à une seule personne, alors que la haine peut être dirigée vers un groupe de personnes, comme c'est le cas pour la haine raciale, politique ou l’homophobie.   
    On considère souvent la haine comme une passion malveillante qui devrait être domptée, contrôlée et éradiquée, mais pour un biologiste, la haine est une passion présentant autant d'intérêt que l'amour. Comme l'amour, la haine est souvent en apparence irrationnelle et peut mener des individus à réaliser des gestes héroïques ou malveillants.
    Et en cas de rupture notamment, on passe facilement de l’amour à la haine. C’est plus rare en sens inverse, mais on en trouve des exemples.

Vendredi 20 décembre 2013 à 8:38

Notre cerveau : émotions

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      Il m’est souvent arrivé de connaître dans mon travail, parmi des amis, voire dans ma famille des personnes qui avaient du mal à comprendre ce que pouvaient être les sentiments des autres. C’est un véritable handicap, source de malentendus, voire de drames.
    Je ne parle pas de ce problème qui est difficile chez les autistes. Il s’agit de personnes qui n’ont aucun trouble autistique.
    Il s’agit probablement d’une configuration particulière du cerveau, de préférences cérébrales probablement trop tranchées, et d’une insuffisance aggravée par leur éducation et leur environnement.
    Certains en sont conscients : j’ai connu une personne qui avait un rôle éminent dans la société et qui écrivait à ses interlocuteurs : « Quelques soient vos arguments, en aucun cas je ne pourrai les comprendre » !!!
    Mais la plupart sont totalement inconscients de ce défaut et sont tout étonnées qu’on ne les comprenne pas et qu’on soit parfois indignés de leurs attitudes ou choqués par elles.

Le plus curieux est que ces personnes ne sont pas forcément ni introverties, ni timides. Certains que je connais sont très extravertis et très sûrs d’eux, peut être trop même. Par contre ils sont en général très égoïstes et pensent  avant tout à leur bien-être et à la satisfaction de leurs désirs.
    Ils peuvent être de perception sensuelle ou globale, mais être S renforce leur attitude, le S étant plus centré sur lui même et sur le présent. Ce sont rarement des personnes de décision logique, mais leur mécanisme de décision est le plus souvent, de céder à leur pulsions et à leurs goûts et en général leurs parents n’ont pas su leur inculquer des valeurs suffisamment assimilées, et ils ont du mal à se conformer aux règles et lois de la société, parce qu’ils ne comprennent pas leur utilité pour la vie en commun.
    Etant donc en général V, ils ont un certain altruisme, voudraient parfois aider les autres, mais s’y prennent en général très mal, car ils ne les comprennent pas et ne saisissent pas leurs besoins psychologiques.
    Ce sont souvent des adaptatifs « P », qui du fait de leur égocentrisme s’adaptent aux événements, car vouloir les dominer comme le ferait une personne de préférence cérébrale J, imposerait d’examiner les conséquences de leurs actions, notamment sur le plan humain, et ils en sont incapables. Souvent très fortement « V P », ils agissent donc d’instinct, sans trop réfléchir et sont ensuite tout étonnés des conséquences de leurs décisions, notamment des réactions d’autrui.
    Ils ne sont donc pas forcément vicieux et méchants, mais se comportent inconsciemment comme tels.
    Ils sont rarement très pessimistes, mais pas forcément optimistes non plus, et le plus souvent sont intolérants (parce qu’ils ne comprennent pas les autres).
    Par ailleurs ils sont souvent influençables, attachant beaucoup trop d’importance à l’opinion des autres (car ils se sentent incompris, puisqu’ils n’arrivent pas à saisir les sentiments d’autrui), et par ailleurs sont le plus souvent versatiles, puisque soumis à leurs envies et pas capable de juger les autres et leurs intentions, voire même incertains sur leurs propres sentiments.
    Les personnes d’un certain âge que j’ai connues, notamment dans mon travail, et qui présentaient ces caractéristiques,  avaient eu une vie sentimentale et de couple catastrophique, et étaient dans l’incompréhension complète de leurs enfants.
    Les jeunes que je connais, ayant ce défaut, ont du mal à s’insérer dans la vie, notamment professionnelle, et multiplient des aventures sentimentales sans lendemain.

    Je ne citerais que deux cas typiques, extérieurs à notre blog, que je ne détaillerai pas pour des raisons évidentes de confidentialité.
    Un jeune garçon, qui manifestement tenait à sa petite amie, mais cependant, lui reprochait sans cesse ses propres défauts à lui, qu’en fait elle n’avait pas, voulait qu’elle soit à son service exclusif, la privait de toute liberté et la torturait moralement : un véritable esclavage. Il ne tolérait pas qu’elle ait un autre avis que le sien, qu'elle ne pense pas en permanence à lui. Elle était sa chose, sa propriété.
Il a été tout étonné que sa petite amie finisse par le quitter et depuis elle a retrouvé sa sérénité.
    Un homme mûr, qui a la chance d’avoir depuis plus de 20 ans une femme qui l’aimait et s’occupait exclusivement de lui et de leurs enfants, mais qu’il avait assujetti, en lui faisant abandonner son travail et qu’il harcelait moralement pour la garder sous son emprise. Elle a enfin repris son travail et n’était donc plus à son service exclusif, et un jour, elle a reçu une convocation à un jugement de divorce qu’il avait demandé, avec d’ailleurs des conditions humiliantes, et cela uniquement dans le but de la faire abandonner son travail. Il ne s’est pas rendu compte du choc que cela pouvait faire de se voir traiter ainsi, comme une serpillère que l’on jette après usage, et tout étonné qu’on ne le supplie pas de cesser son manège, il a retiré de lui même sa demande de divorce. Mais le mal était fait.

    Alors ces gens qui ne comprennent absolument pas les autres sont ils des malades mentaux? Je ne pense pas, pas plus que certains autistes. Ils pensent simplement autrement et donc ont du mal  à comprendre les autres et s’attirent de grandes difficultés.
    Ils sont certes anormaux, mais au sens de "hors norme". Leur comportement est, de ce fait difficile à prévoir.
    Toutefois les psychiatres les considèrent cependant comme des psychopathes, (personnes ayant un comportement antisocial) en se basant sur les observations suivantes :
        - Besoin de stimulation et tendance à l’ennui;
        - Contrôle comportemental défaillant;
        - Nombreux partenaires sexuels;
        - Absence d'objectifs à long terme réalistes;
        - Impulsivité;
        - Irresponsabilité;
        - Troubles précoces du comportement;
        - Versatilité, Non-respect des engagements;
        - Bagoût et charme superficiel;
        - Sens démesuré de sa propre valeur;
        - Mensonge pathologique;
        - Escroquerie et manipulation;
        - Absence de remords ou de culpabilité;
        - Émotions superficielles;
        - Grossièreté et manque d'empathie;
        - Incapacité à assumer les responsabilités de ses propres actions.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/controledesoi.jpg     Les neurobiologistes expliquent ce comportement par le mauvais fonctionnement des centres cérébraux du cerveau émotionnel et notamment ceux du schéma ci dessus, centres qui enregistrent les sentiments ‘de soi et d’autrui) et assignent une valeur aux expériences émotionnelles. Ils sont impliqués dans l’évaluation des conséquences des actes, la prise de décision, le contrôle des pulsions.
    Ces zones sont sous-développées chez les psychopathes.
    Il est certain que nous ne pouvons ne pas vivre en société, sauf jouer au Robinson sur une île déserte, et que donc la compréhension des pensées d’autrui est donc un critère important et une qualité que nous devons développer chez nous mêmes et chez ceux dont nous avons la responsabilité.

Samedi 12 octobre 2013 à 8:20

Notre cerveau : émotions

     Mes correspondant(e)s me parlent souvent de leurs «émotions» et il est souvent difficile de se mettre d’accord sur le vocabulaire. La confusion émotion - sentiments est fréquente.
    J’ai pensé qu’il était peut être utile de préciser ce qu’étaient les émotions, car ce n’est pas si simple que cela et même les neuropsychologues ont du mal à donner des définitions claires. Un chercheur connu portugais Antonio Damasio, professeur de neurologie aux USA a écrit plusieurs livres passionnants à ce sujet. On trouve aussi des articles intéressants écrits par le Laboratoire des mécanismes cognitifs de l’université de Lyon et par le professeur David Sander, du Laboratoire d’étude de l’émotion de l’université de Genève.

    L’émotion est considérée aujourd’hui comme un phénomène complexe se développant dans tout le cerveau (et pas seulement le cerveau émotionnel, même si celui-ci a une part prépondérante), ce phénomène ayant cinq aspects différents, qui interviennet successivement, mais coexistent, à la suite d’un événement extérieur (le plus souvent, mais ce peut être aussi un événement intérieur, une pensée...), qui est le déclencheur de l’émotion.
    Le schéma ci-dessous décrit le phénomène :

http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/IMG.jpg

    Pour simplifier, nous prendrons un événement extérieur, qui est détecté par nos sens, principalement la vue et l’ouïe.
    Cette sensation, avant d’être consciente est transmise aux centres amygdaliens, qui, en relation avec l’hippocampe qui actionne la mémoire, fait une première évaluation du danger, avant de rendre compte au patron, le cortex frontal, qui lui va faire une analyse rationnelle.
    Il y a donc une évaluation de la situation, qui va déterminer la nature et l’intensité de la réaction émotionnelle.

    Il y a très, vite, car ce sont les centres amygdaliens qui les provoquent, par le canal du système nerveux sympathique, des réactions physiologiques  : modification du rythme cardiaque, de la tension sanguine, mobilisation des réserve d’énergie, préparation des muscles à agir..
    C’est une réaction corporelle de préparation à l’action.

    Il y a alors une réaction de certains centres du cerveaux émotionnel, notamment les cortex insulaire et cingulaire et du cortex préfrontal, qui engendre une attention sur le phénomène en cause et une certaine motivation pour réagir à l’évènement.
    Cette motivation va engendrer éventuellement des actions, suite à l’événement.

    Une réaction particulière rapide est l’action sur les muscles, ceux de la face notamment, et sur la voix.
    L’émotion peut engendrer des gestes, des expressions faciales, des manifestations vocale (le cri de surprise, de douleur..), le ventre qui se contracte, le manque d’air, le coeur qui se serre.
    C’est une expression engendrée par l’émotion et dont les centres amygdaliens sont les principaux instigateurs, à l’origine.

    Le cortex préfrontal est évidemment mis au courant de ce qui se passe et décide certaines actions notamment vis à vis de l’environnement, actions de sauvegarde, mais aussi actions éventuelles de communications.
    C’est une prise de conscience de son état émotionnel qui amène éventuellement à le verbaliser et en général à essayer de le contrôler.
    C’est à ce stade que l’on peut parler de sentiment.

    L’émotion est donc un phénomène dynamique complexe, provoqué par un événement extérieur ou interne, qui déclenche le processus émotionnel.
    Dans les quelques fractions de seconde, ce sont surtout les centres amygdaliens qui entrent en action, pour pouvoir faire face à un éventuel danger, mais peu à peu, de nombreux centres du cerveau vont participer au processus, mettant en jeu notamment de nombreux transmetteurs chimiques.
    Le sentiment est la prise de conscience de ces émotions, et «les sentiments» sont finalement le résultat latent d’émotions ayant traits à des émotions de nature voisine (aimer quelqu’un par exemple).
    Par contre il ne faut pas confondre ce stade passager d’émotion avec un état prolongé, dont l’origine événementielle est diffuse et multiple, que le langage courant appelle les «états d’âme» ou «l’humeur»et qui résulte en général de l’action plus ou moins anormale de neurotransmetteurs, en particulier la sérotonine, qui engendrent des réactions d’autres centres nerveux, et éventuellement du corps (les crises de larmes par exemple..), qui peuvent être des émotions passagères.
    Il faut aussi être conscient que ce processus qui met en jeu de nombreux centres du cerveau va dépendre de leur état et des influences, notamment de la mémoire ou de certains mécanismes de transmission (comme notamment les blocages suite à traumatisme). Un même événement peut donc engendrer des émotions différentes suivant le moment où ils se produisent et selon les individus.

Vendredi 11 octobre 2013 à 8:09

Notre cerveau : émotions

Je voudrais d’abord revenir sur une conception des émotions, au niveau psychologie, qui avait été introduite par le chercheur américain Plutchik.
    On considérait qu’il existait 8 émotions primaires et autant d’émotions secondaires qui étaient la combinaison de deux émotions primaires. On trouve de nombreux schémas en 3D, assez difficiles à lire, et je préfère ce schéma simple bidimensionnel :

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/rouedesemotions.jpg

    Plutchik pensait qu’il pourrait associer chaque émotion primaire à un centre du cerveau émotionnel mais il n’a jamais réussi à le faire complètement. On sait actuellement que certains centres sont particulièrement actifs lors de certaines émotions, mais en fait de très nombreux autres centres du cerveau, sont à la fois présents.
    Plutchik pensait par exemple que les centres amygdaliens traitaient l’émotion «peur». On pense aujourd’hui qu’ils ont un rôle beaucoup plus général.
    Aujourd'hui, les chercheurs pensent, d’une part qu'ils estiment, avec la collaboration de l’hippocampe (mémoire) et éventuellement du cortex préfrontal,  quelle est la pertinence de l’événement émotionnel, et qu'ils déterminent l’intensité de la réponse émotionnelle. Ils déclenchent alors les préparations physiologique et psychiques à l’action ultérieure.

    Les neurobiologistes ont déterminé qu’un certains nombre de centres  intervenaient plus particulièrement lors des autres émotions primaires. C’est ce que montre le schéma ci dessous, mais s’ils interviennent toujours lors de ces émotions, ils ne sont pas les seuls à intervenir.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/cerveauemotions.jpg

    Les cortex insulaire (ou insula) et cingulaire, interviennent énormément dans le traitement de toutes les émotions, comme évidemment le «patron», le cortex préfrontal.
    Mais le thalamus qui coordonne toutes les arrivées des sensations, l’hippocampe qui est l’entrée/sortie de la mémoire les centres du cortex qui commandent les muscles, (notamment de la face), l’hypothalamus qui est responsable de beaucoup des régulations du corps par l’intermédiaire du système sympathique, et bien d’autres sont régulièrement sollicités.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/2590384.jpg

    Le traitement de l’émotion par ces centres est très variable, car il dépend à la fois de l’événement extérieur, mais aussi de l’état interne de notre cerveau, et du ressenti.
    il est certain que par exemple l’émotion n’est pas la même si nous avons le sentiment de dominer et contrôler l’événement qui l’a provoquée, (notamment pour quelqu’un de préférence cérébrale J), ou si nous avons l’impression de ne pouvoir que nous adapter voire de subir l’événement. SI nous ne l’avons pas prévu, ce sera une autre émotion qui va intervenir en premier : la surprise.
    Mais certains sentiments correspondent à des sensations plus qu’à des émotions : sentiment de fatigue, de stress, qui provient de situations du système sympathique ou hormonales, et donc retransmises par l’hypothalamus.
    Et finalement nous n’avons de la peur, du dégoût, de la tristesse, etc... que dans la mesure où nous avons conscience de ces émotions et de leur nature et donc dans la mesure où il y a eu une prise de conscience et une reconnaissance cognitive par le cortex préfrontal.

    Par ailleurs les émotions ont une influence importante sur de nombreux comportements cérébraux : sur la mémoire, l’attention, la perception, le jugement, les décisions.
    Il est bien connu que l’on mémorise de façon plus détaillée et plus longtemps des événements qui nous touchent émotionnellement.
    Si nous savons tous que c’est le cortex préfrontal qui prend les décisions, il est moins connu qu’il existe un processus très complexe et inconscient de consultation du cerveau émotionnel et même d’une simulation par ce cerveau émotionnel des conséquences de la décision qui serait prise, et notamment des émotions qu’elle va susciter.

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