Vendredi 11 octobre 2013 à 8:09

Notre cerveau : émotions

Je voudrais d’abord revenir sur une conception des émotions, au niveau psychologie, qui avait été introduite par le chercheur américain Plutchik.
    On considérait qu’il existait 8 émotions primaires et autant d’émotions secondaires qui étaient la combinaison de deux émotions primaires. On trouve de nombreux schémas en 3D, assez difficiles à lire, et je préfère ce schéma simple bidimensionnel :

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    Plutchik pensait qu’il pourrait associer chaque émotion primaire à un centre du cerveau émotionnel mais il n’a jamais réussi à le faire complètement. On sait actuellement que certains centres sont particulièrement actifs lors de certaines émotions, mais en fait de très nombreux autres centres du cerveau, sont à la fois présents.
    Plutchik pensait par exemple que les centres amygdaliens traitaient l’émotion «peur». On pense aujourd’hui qu’ils ont un rôle beaucoup plus général.
    Aujourd'hui, les chercheurs pensent, d’une part qu'ils estiment, avec la collaboration de l’hippocampe (mémoire) et éventuellement du cortex préfrontal,  quelle est la pertinence de l’événement émotionnel, et qu'ils déterminent l’intensité de la réponse émotionnelle. Ils déclenchent alors les préparations physiologique et psychiques à l’action ultérieure.

    Les neurobiologistes ont déterminé qu’un certains nombre de centres  intervenaient plus particulièrement lors des autres émotions primaires. C’est ce que montre le schéma ci dessous, mais s’ils interviennent toujours lors de ces émotions, ils ne sont pas les seuls à intervenir.

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    Les cortex insulaire (ou insula) et cingulaire, interviennent énormément dans le traitement de toutes les émotions, comme évidemment le «patron», le cortex préfrontal.
    Mais le thalamus qui coordonne toutes les arrivées des sensations, l’hippocampe qui est l’entrée/sortie de la mémoire les centres du cortex qui commandent les muscles, (notamment de la face), l’hypothalamus qui est responsable de beaucoup des régulations du corps par l’intermédiaire du système sympathique, et bien d’autres sont régulièrement sollicités.

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    Le traitement de l’émotion par ces centres est très variable, car il dépend à la fois de l’événement extérieur, mais aussi de l’état interne de notre cerveau, et du ressenti.
    il est certain que par exemple l’émotion n’est pas la même si nous avons le sentiment de dominer et contrôler l’événement qui l’a provoquée, (notamment pour quelqu’un de préférence cérébrale J), ou si nous avons l’impression de ne pouvoir que nous adapter voire de subir l’événement. SI nous ne l’avons pas prévu, ce sera une autre émotion qui va intervenir en premier : la surprise.
    Mais certains sentiments correspondent à des sensations plus qu’à des émotions : sentiment de fatigue, de stress, qui provient de situations du système sympathique ou hormonales, et donc retransmises par l’hypothalamus.
    Et finalement nous n’avons de la peur, du dégoût, de la tristesse, etc... que dans la mesure où nous avons conscience de ces émotions et de leur nature et donc dans la mesure où il y a eu une prise de conscience et une reconnaissance cognitive par le cortex préfrontal.

    Par ailleurs les émotions ont une influence importante sur de nombreux comportements cérébraux : sur la mémoire, l’attention, la perception, le jugement, les décisions.
    Il est bien connu que l’on mémorise de façon plus détaillée et plus longtemps des événements qui nous touchent émotionnellement.
    Si nous savons tous que c’est le cortex préfrontal qui prend les décisions, il est moins connu qu’il existe un processus très complexe et inconscient de consultation du cerveau émotionnel et même d’une simulation par ce cerveau émotionnel des conséquences de la décision qui serait prise, et notamment des émotions qu’elle va susciter.

Dimanche 25 août 2013 à 8:02

Notre cerveau : émotions

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            J'espère que cette image fera hurler de terreur mes correspondantes; mais elle ne faisait pas peur à madame M.

            Je vous ai souvent parlé du rôle de certains de nos centres nerveux, notamment les centres amygdaliens, impliqués dans toutes les émotions, et à l'origine notamment de l'impression de peur, de danger, de crainte.
            Ce sont des centres qui veillent sur notre survie, et sont directement liés aux organes visuels, et de l'ouïe, qui leur transmettent directement des informations en quelques millisecondes, sans le relais du Thalamus, qui ensuite analyse les perceptions et transmet l'information au cortex préfrontal, chef d'orchestre du cerveau. recevant ainsi des informations vitales en temps réel, les centre amygdaliens peuvent déclencher des alertes et des mesures de défense, de fuite ou de préparation à l'action, de façon rapide et inconsciente, avant que le cortex frontal, auquel ils ont envoyé l'information de danger, ait mis les quelques secondes nécessaires pour analyser la situation.
            Je viens de lire un article qui met bien en valeur le rôle de ces centres amygdaliens.
 
            Il s'agit d'une femme de 44 ans, qui souffre depuis son adolescence, d'une maladie génétique très rare, qui a peu à peu détruit ses centres amygdaliens, dont des neurologues ont étudié le cas et ils ont constaté qu'elle n'avait peur de rien et très peu conscience des dangers.
            Elle joue avec les serpents, leur gratte les écailles de la queue et le bout de la langue, et elle voulait caresser une tarentule.
            Mêlée à la foule de visiteurs d'un parc d'attractions destinées à vous donner la chair de poule, elle était la seule à ne pas hurler de terreur.
            Elle est normale au plan des autres émotions : joie, surprise, tristesse; un peu moins sujette à la colère (l'amygdale y participe beaucoup).
            Elle habite dans un quartier mal famé et a été plusieurs fois victime d'agressions, mais elle continue à s'y plaire et n'a pas de séquelles psychologiques.
            Elle a finalement eu de la chance de survivre à de nombreux dangers dont elle n'a pas conscience et même quand on les lui explique, elle n'en prend pas bien la mesure, car elle ignore ce qu'est le sentiment de crainte et de peur.
            Heureusement la communauté scientifique, intéressée par son cas, veille maintenant soigneusement sur elle.

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            Le schéma ci-dessus ne comporte que la vue d'un hémisphère. Les centres amygdaliens se trouvent dans les deux hémisphères au bout des deux circonvolutions de l'hippocampe.           
           

Jeudi 13 juin 2013 à 7:19

Notre cerveau : émotions

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            Chaque être humain change sans cesse a mesure que le temps et l’expérience modifient peu a peu son corps et sa façon d’être, ses comportements.
            Mais, à coté des changements que nous subissons malgré nous, du fait de l’environnement et du temps, dans quelle mesure sommes-nous libres de changer ? Avons-nous le choix d’évoluer dans le sens que nous souhaiterions ?
            C’est ce que me demandent souvent mes correspondant(e)s.
            Changer, c'est apprendre de nouveaux comportements, (c’est à dire les façons d'agir, de penser et de sentir dans une situation donnée), mieux adaptés, et abandonner des comportements anciens devenus inutiles ou nuisibles.
            Mais pour changer, encore faut il bien se connaître. De plus il s’agit d’apprentissage et il faut en respecter les procédures.
            Aujourd’hui, je voudrais dire quelques mots de la conscience qu’a chaque être humain de lui même, ce que les psychologues appellent la « conscience du soi ».
           
            Quels sont les éléments qui sont responsables du fait que nous ne sommes pas des zombies, des automates qui seraient sans véritable conscience d’eux mêmes et de leur environnement. Car nous sommes conscients d’une frontière nette entre nous et l’environnement matériel ou des autres. Pour nous, nos pensées, nos souvenirs, nos motivations, nos sentiments, nos émotions, nos désirs, nos actions nous appartiennent en propre, et même si nous essayons de comprendre celles ou ceux d’autrui, nous savons que ce ne sont pas les nôtres.
            C’est la première caractéristique du « soi ».
 
            Une autre propriété du « soi » est sa stabilité apparente: nous sommes persuadés que ce cadre de nos pensées, nos sentiments, nos actions est assez constant et stable, en fait il évolue en permanence puisque chaque événement, chaque expérience influe sur notre physiologie et sur notre psychologie. Des changements profonds sont apportés insensiblement par l’éducation, l’instruction, le métier…par la vie.
   Au bout de quelques mois l’enfant maîtrise ses mouvements, entre un an et 18 mois il reconnaît son visage dans un miroir, A deux ans le langage lui apporte la conscience du « je » puis celle de ses principales émotions, dans la mesure où il peut les nommer. A l’école, ses expériences se multiplient par le contact avec les autres. Le « soi » est en pleine évolution jusqu’à la maturité.
 
   Antonio Damasio, neurobiologiste portugais qui enseigne à l’Université de Califormie, définit trois niveau du soi :


     Ce qu’il appelle le « protosoi », qui est une représentation neurologique inconsciente de ce qui se passe dans notre organisme, des défauts du maintien de son équilibre (de « l’homéostasie »). Les principaux acteurs sont l’hypothalamus (qui contrôle l’hypophyse) et le tronc cérébral, ainsi que quelques noyaux du cerveau central. Nous n’en avons conscience que lorsque l’hypothalamus fait remonter des informations au cortex frontal : (par exemple, je suis fatigué, j’ai faim …). Il semble que le cortex insulaire inférieur, à la limite des lobes frontal et pariétal, soit le centralisateur de la conscience de notre « soi corporel ».
 
     Un niveau intermédiaire, qui est une conscience de notre « soi » dans l’espace et le temps ; c’est notamment le monde de nos sensations, générées par nos organes des sens, interprétées par des centres spécifiques, coordonnées par le Thalamus, et aboutissant à des centres spécialisés de stockage des informations, dont les plus importantes sont signalées au cortex frontal. Toutefois les centres amygdaliens, les cortex cingulaire et insulaire interviennent aussi dans ce processus car intermédiaires entre ces sensations et les réactions émotives. Ce « soi » appartient au présent.
 
      Le niveau supérieur, qui est le « soi autobiographique », qui est ce que nous avons mémorisé de notre vie : tous les apprentissages événements, expériences, images .. et qui appartient donc au passé.
Il s’appuie sur le langage et sur des schémas, représentations, images, et fait donc intervenir les centres du langage, l’hippocampe (professeur de la mémoire), et tous les centres de stockage du langage, des souvenirs, des images, des concepts appris…
Evidemment le cortex frontal intervient comme coordonnateur.
 
            De nombreux neurobiologistes ont montré que dans les moments où la conscience du soi intervenait le cortex préfrontal médian, beaucoup plus actif lorsque quelque chose se rapporte à nous. Ainsi il s’active, avant même que nous ayons vu notre image dans une glace, quand nous avons l’intention de faire cet acte. Au contraire il s’active moins quand nous sommes face aux mêmes circonstances mais concernant un autre que soi.
            Dans un jeu vidéo, lex cortex préfrontal et pariétal sont davantage activé lorsqu’il s’agit des actions du personnage, cen,sé vous représenter que pour celle des autres.
 
            Cette fonction du soi, entraine aussi d’autres phénomènes : la même action n’a pas la même conséquence quand elle vient de nous, au lieu d’un tiers, car nous savons qu’elle allait arriver puisque nous en avons donné l’ordre : ainsi nous réagissons peu quand nous nous chatouillons nous mêmes.
            Nous ne nous entendons pas parler car il y a alors une inhibition des centres de la parole vers ceux de l’audition. De même certains transferts du cortex pariétal qui reçoit des sensations corporelles, vers le cortex préfrontal, n’a pas lieu si ces sensations résultent d’une action ordonnée par le cortex préfrontal (qui planifie nos actions), et qui a envoyé au cortex pariétal l’information de l’ordre d’action préalablement donné.
            Par ailleurs le « soi » aide à contrôler ses émotions en en réévaluant les paramètres.
 
            Quelques mots pour ceux qui aiment l’histoire : Héraclite en 500 avant JC disait « connais toi, toi même. Descartes vers 1600 opposait corps et esprit (voir la citation en haut de mon blog), et disait « je pense donc je suis ». Kant disait vers 1800 que l’esprit humain construit son propre monde, alors que Hégel, à la même époque, dissait que le soi était un état supérieur de la conscience. James, un peu avant 1900 considérait soi et émotions comme des fonctions cérébrales et Freud au début du XXème siècle, appelait l’attention sur le rôle de l’inconscient.
 
            Dans l’article de demain, je regarderai comment on peut évoluer soi même et changer ses habitudes, ses comportements.

Vendredi 25 janvier 2013 à 8:02

Notre cerveau : émotions

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             Pour maîtriser ses émotions, il faut d'abord les identifier, puis les comprendre, c'est à dire trouver leurs causes réelles et voir leurs manifestations et leurs conséquences.
Mais il faut ensuite réagir pour ne pas se laisser dépasser par elles.
 
                        Première action : exprimer ses émotions.
            Bien des gens ne parviennent pas à expliciter ce qu'ils ressentent en eux mêmes ou pour autrui, ou le font d'une façon inadaptée.
            Exprimer ses émotions, c'est se forcer à mieux les comprendre, mais c'est aussi désamorcer leur action, par l'effort que l'on fait pour que ce que l'on ressent ne perturbe pas l'expression de la parole ou de l'écrit.
            On peut en effet exprimer ses émotions oralement ou par écrit (par exemple dons un journal intime ou un blog), et dons la plupart des cas, cet exercice est bénéfique.
            Lorsqu'il s'agit d'émotions négatives, telles la tristesse, la peur ou la colère, l'expression peut être un moyen d'en réduire l'impact négatif. On "décompresse" en quelque sorte sa mémoire, (comme si on soulevait la soupape d'une cocotte minute), et l'inconscient se trouve en partie libéré. Les émotions négatives ne tournent plus en rond dans votre cerveau émotionnel avec la même intensité car vous avez créé une porte de sortie.
            Dans le cas d'émotions provoquées par un tiers, l'expression de l'émotion peut servir à clarifier des situations conflictuelles ou ambiguës.
            Autre point positif de l'expression des émotions : le partage social. Partager avec des amis, avec quelqu'un en qui on a confiance.
            C'est d'abord une tendance presque naturelle à parler de ce que nous ressentons, lorsqu'il nous arrive un événement riche en émotions, mais évidemment plus marquée chez les extravertis que chez les introvertis, qui ont plus de réticences à parler d'eux.
            Mais l'un des avantages est que la personne à qui l'on en parle, même si elle cherche à comprendre avec ses neurones miroirs, n'est quand même pas aussi concerné par ces émotions. Elle peut alors essayer d'examiner la situation comme si elle était spectatrice, en faisant plus appel à la logique qu'aux sentiments et donc en essayant d'aborder les faits plus objectivement, les émotions entraînant plutôt la subjectivité.
Cette personne vous fera alors voir la situation autrement et pourra vous aider à résoudre certains de vos problèmes qui justement engendraient ces émotions.
            A l'inverse garder des émotions négatives pour soi est en général maléfique. Les chercheurs ont montré que cela entraînait une augmentation des paramètres physiologiques
associés, (fréquence cardiaque et respiratoire, sudation..) comme si les effets masqués de l'émotion se trouvaient renforcés. Ils ont constaté que les personnes ayant tendance à dissimuler leurs émotions, ont moins d'émotions positives et plus d'expériences émotionnellement négatives.
            Finalement savoir mettre des mots sur ce que l'on sent, en parler à des proches, partager autour de soi le monde intérieur de ses émotions fait partie des compétences que les psychologues appellent "intelligence émotionnelle", qui rendent la vie plus facile, mieux adaptée au monde social, tout en améliorant sa santé intellectuelle.
 
           
                        Deuxième recommandation : réguler ses émotions.
 
            Il faut             d'abord atténuer nos émotions négatives :
            De nombreuses méthodes existent, mais elles demandent de l'énergie, et il faut donc donner un peu de soi pour en retirer ensuite une amélioration; en voici une recommandée par de nombreux psychologues :
            Nos émotions négatives ne sont pos causées par une situation, mais plutôt par l'évaluation que nous faisons de cette situation.
            Il est donc possible de modérer l'émotion négative en recherchant une autre évaluation de la situation, une outre façon de l'envisager, quitte à demander l'aide d'une autre personne qui aura un regard différent, n'étant pas directement impliquée dans cette situation et ayant une expérience différente.
            Une outre façon de réguler ses émotions négatives est la recherche d'un contact social
plus grand. L'isolement est un facteur important d'émotions négatives, d'angoisse ou de tristesse, et aller à la rencontre des autres pour partager ce que l'on ressent, est un bon réflexe; même si l'on se sent parfois enclin ou repliement lorsqu'on traverse une phase difficile.
 
            A l'inverse, il faut renforcer les émotions positives :
            Il s'agit d'accentuer les émotions positives, de les prolonger, ou d'en augmenter la perception.
            La première chose à faire est de prendre totalement conscience de cet état positif.
            Il faut d'abord repérer les moments de bien-être, pour s'y attarder, profiter de toutes les petites joies de la vie, en oubliant ses soucis.
            La méditation et le yoga peuvent y aider.
            Il s'agit de saisir le bonheur ou vol : rester attentif à ce qui se passe en soi, cueillir les bonnes sensations et les savourer.
            La perception intime d'un sentiment s'enracine en gronde partie dons l'expression corporelle associée et donc, exprimer ou maximum, par des gestes, des paroles, des sourires, des intonations, des expressions du visage, la joie ou le bonheur que vous ressentez.
            Ainsi, se comporter comme si l'on était animé de sentiments positifs peut engendrer une émotion positive. Sans compter qu'à force de sourire, vous serez l'objet de l'attention d'autrui et vous susciterez des réactions positives.
 
                        Enfin il faut essayer d'utiliser ses émotions à bon escient.
            Maîtriser nos émotions peut avoir parfois des inconvénients.
            Par exemple, les émotions positives sont à double tranchant, car elles conduisent souvent à percevoir et à juger des situations ou des personnes avec plus d'enthousiasme que ne vaudrait une appréciation objective des faits.
            ll importe de savoir faire la part des choses, d'être conscient de ces biais possibles, de distinguer ce qui relève d'un jugement objectif et ce qui est influencé par nos émotions.
            Les émotions négatives peuvent évidemment avoir l'effet inverse.

Jeudi 24 janvier 2013 à 8:06

Notre cerveau : émotions

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Beaucoup des jeunes avec lesquels je discute ont des problèmes, du fait qu'ils maîtrisent mal leurs émotions.
 
         Bien entendu les psys en mal de client se précipitent sur l'occasion pour les persuader qu'ils sont anormaux et qu'il faut se soigner. Et comme on ne sait pas trop quoi leur dire sur leur "maladie mentale", on a inventé le trouble bipolaire que l'on met à toutes les sauces.
         Certes certaines personnes ont vraiment ce trouble, mais la plupart du temps il ne s'agit que d'une humeur un peu changeante, au gré du stress et surtout de quelqu'un de sensible, qui maîtrise mal ses émotions et bien souvent aussi, qui accorde trop d'importance à l'opinion des autres.
            Mais certains psys ont inventé un questionnaire tel, qu'après l'avoir rempli, une personne sur deux peut se sentir bipolaire !!! Faut bien se trouver des clients ! (Tous les psys ne sont pas comme cela heureusement, mais j'en ai connu certains....il y a aussi des syndics, des notaires, des banquiers....)
 
            Alors il est important d'essayer d'être plus à l'aise avec ses émotions et pour cela il y a certaines précautions ou attitudes que je vais essayer d'exposer rapidement.
 
 
            La première chose est d'essayer de connaître, d'identifier ses émotions.
            Cela vous paraît évident, mais si j'ai connu certains individus qui distinguent aisément s'ils sont tristes, déçus, en colère ou se sentent coupables, d'outres ne parviennent pas à distinguer ces différents états et se sentent simplement "bien" , ou "mal".
            Il faut savoir que toues les émotions ne provoquent pas les mêmes conséquences physiologiques : la peur et la colère augmentent les rythmes cardiaque, la respiration et la sudation. La tristesse augmente souvent le rythme cardiaque, mais pas la transpiration, et la gorge nouée est surtout la conséquence de la peur, de la crainte. La joie, la surprise le dégoût n'entraînent pas ces modifications.
            Mais cela vaut la peine de prendre un peu de recul pur savoir ce que l'on ressent, d'observer comment on réagit.
            Ma grand mère me disait de tourner 7 fois ma langue dans la bouche avant de parler, pour éviter de dire des bêtises ou des maladresses.
            C'est analogue, identifier nos émotion, c'est savoir qu'on est dans un état particulier, qui comprend des risques et c'est pouvoir mieux les maîtriser, ne pas se laisser dépasser par les événements.
            De plus, la capacité d'identifier ses émotions est un avantage lorsqu'il s'agit de détecter la nature des émotions d'autrui : loa compréhension des émotions d'autrui suppose en effet une reproduction interne de l'état émotionnel chez l'observateur en reproduisant en miroir l'émotion de l'autre. (voir l'article sur les neurones miroirs du 23 mars 2008).
            Les individus qui savent bien reconnaître le contenu de leur propre expérience émotionnelle réussissent mieux dans leur vie sociale ou en famille : ils savent mieux se contrôler, mais aussi mieux détecter les réactions des autres, percevoir l'inquiétude, la déception ou l'irritation dons le regard d'autrui ?
 
 
            Le deuxième point est de comprendre ses émotions.
            Comprendre ses émotions, c'est essayer d'en trouver les causes et de déterminer les conséquences actuelles et futures, possibles.
La plupart du temps les émotions sont déclenchées par des événements, des désirs et des besoins, plus ou moins liés entre eux.
            Certain(e)s de mes correspondants sont tristes parce qu'ils ou elles se sentent seul(e)s mais la tristesse; bien qu'ayant cette cause profonde, est déclenchée par un événement de nature différente ;: une image, une lecture, une musique, une réflexion...
            D'autres qui ont été frustrés, malmenés il y a parfois longtemps, sont souvent sujets à des colères, à une agressivité, sans rapport avec un mot malheureux qui va les déclencher.
            Dans le domaine positif, le soleil le ciel bleu, un oiseau qui pass nous remplissent de joie, mais en fait c'est que notre état de ce moment était peu perturbé par des soucis ou du stress.
            Lorsqu'une explosion émotive se produit, il faut éviter de l'attribuer au déclencheur le plus proche, le plus évident, mais s'interroger sur les causes profondes de cette manifestation.
            Comprendre ses émotions, c'est comprendre en quelque sorte sa relation au monde.

            Evidemment, ce que je viens d'écrire, c'est de la théorie; en pratique ce n'est pas toujours facile de comprendre ses émtions. une bonne connaissance de soi, de sa personnalité, notamment grâces aux préférences cérébrales aide énormément.
            Nous continuerons demain à voir comment on peut exprimer, réguler et utiliser ses émotions.

Mercredi 23 janvier 2013 à 8:49

Notre cerveau : émotions

             Je voulais refaire quelques articles sur les émotions, leur compréhension et leur maîtrise. Alors comme chaque fois que je reprends un sujet que je n'ai pas abordé depuis longtemps, je vais sur les sites des universités que je connais, je lis quelques revues scientifiques, pour actualiser mes connaissances.
            J'ai lu un article, qui m'a beaucoup étonné, car j'avais toujours appris jusqu'à présent que les émotions concernaient de nombreux centres dans le cerveau qui y participaient tous et que, à par les centres amygdalien pour la peur, le stress, la colère et des centres des cortex insulaire et cingulaire pour les "émotions pures" c'est à dire sans cause ou quelle que soit la cause, il n'y avait pas de centre spécialisé.
            Et là, un article de Sylvie Berthoz, chargée de recherches à l'INSERM et psychologue pour jeunes à l'hôpital de Paris-Montsouris, décrit au contraire la spécialisations de centres dans les diverses émotions.
           
            Je vous ai déjà parlé du classement psychologique des émotions, celui le plus connu étant dû au chercheur américain Plutchik avec sa célèbre "roue des émotions" (ci dessous et mon article du 27 octobre 2009). Mais c'était un classement théorique sans base physiologique.
Il semble que maintenant on sait que les grandes émotions primaires sont traitées par des centres spécialisés (mais qui ne font pas que cela !).
 
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            Les études d'imagerie cérébrale fonctionnelle sur les émotions ont été d'abord menées chez des patients déprimés, anxieux ou victimes de lésions cérébrales. Mais il est difficile de distinguer un état dépressif majeur et un état transitoire de tristesse, qui fait partie du vécu émotionnel du sujet en bonne santé. Ces deux états peuvent être traités par des réseaux neuraux en partie communs, quoique distincts et ce n est qu'en multipliant les études sur des personnes malades, d'une part, et chez le sujet sain, que cette connaissance a pu progresser.
            Mais les études sont complexes, car les réactions émotionnelles comportent différents stades, notamment la formation d'une émotion, son expression, l'expérience subjective qui lui est associée dans notre mémoire et l'adaptation du comportement aux circonstances émotionnelles particulières. Ces différentes opérations mettent en jeu des processus complexes au cours desquels les mécanismes de représentation mentale et d'action évoluent.
            Pour essayer de déterminer les processus cérébraux les chercheurs exposent les personnes à un stimulus émotionnel, en leur faisant voir des images accompagnées de sons et paroles ou racontent une histoire qui déclenche une émotion.
            On peut aussi créer un processus interne en leur demandant de se remémorer des événements personnels en relation avec tel genre d'émotion.
            On compare ensuite les résultats de toutes ces études pour essayer de faire ressortir les résultats communs les plus saillants.
            C'est ainsi que l'on peut aujourd'hui localiser certaines régions du cerveau qui semblent plus particulièrement impliquées dans la perception de telle ou telle émotion et notamment les émotions primaires.
            Par contre. il ne semble pas exister de dominance de I'hémisphère droit du cerveau dans le traitement des émotions, ni une spécialisation des zones antérieures dans les émotions positives ou des zones postérieures dans les émotions négatives, contrairement à ce qui avait été suggéré dans les modèles précédents issus de la neuropsychologie.
 
 
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            Toutefois, si certaines activations cérébrales de centres particuliers semblent dépendantes de la nature de l'émotion, d'autres ne le sont pas. Ainsi quelle que soit
l'émotion induite, qu'elle soit plaisante ou déplaisante, et indépendamment de la méthode d'induction (externe ou interne), une structure cérébrale située dans Ie lobe frontal - Ie cortex préfrontal dorsomédian - est systématiquement activée. Cette région cérébrale jouerait un rôle clé dans « l'intégration émotionnelle », pour associer l'émotion, son contexte et ses conséquences. (par exemple si vous voyez un méchant molosse menaçant, ce n'est pas la même intensité d'émotion si vous êtes derrière une vitre ou si lui est dans une cage, que si vous êtes face à lui, sans protection.
 
            D'autres équipes se sont intéressées au déroulement dans le temps des émotions en enregistrant les "courants magnétiques" provoqués par la propagation de l'influx nerveux.
            ils ont montré que les scènes déplaisantes focalisent davantage notre attention et que par ailleurs notre cerveau effectue une analyse très rapide des réactions émotionnelles des visages de nos interlocuteurs, résultat probable de l'évolution et de réactions ancestrales de survie.
 
            La tâche se complique, dès qu'on veut étudier des réactions plus complexes que les émotions primaires. Certains chercheurs l'abordent en étudiant l'activation dans le temps de divers sites cérébraux et donc en étudiant les connexions successives
            Ils ont montré notamment que, en plus de centres des émotions primaires, des centres intervenaient sur des tâches lus générale : le cortex cingulaire dans la prise de conscience de nos émotions, des zones temporales s'il y avait partage de l'émotion, empathie, et le cortex préfrontal qui servait de filtre émotionnel afin de mieux contrôler nos émotions, cela dans un optique de réaction volontaristes.
            Mais un second mécanisme relativement automatique existerait aussi impliquant l'amygdale, l'hippocampe (mémoire) et tout le circuit de Papez dans le cerveau émotionnel.
 
 
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            Enfin les chercheurs semblent avoir montré que les personnes qui étaient plus ou moins émotives (contrôlant plus ou moins leurs émotions) devaient leurs caractéristiques en particulier à des gênes contrôlant d'une part la production de sérotonine, neuromédiateur qui contrôle l'humeur et, d'autre part, la connexion plus ou moins grande entre les centres amygdaliens et le cortex préfrontaL.
 
            Ces études sont intéressantes car elle permettent de comprendre peu à peu le mécanisme des émotions et donc d'une part de pouvoir imaginer des thérapeutiques en cas de dérèglement mental dans ce domaine, mais aussi de mieux savoir comment une personne en bonne santé, pourrait mieux ressentir, identifier et contrôler ses émotions.
 
 
 

Samedi 15 décembre 2012 à 7:54

Notre cerveau : émotions

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            Pour tout homme sensé de notre civilisation, auquel on a inculqué quelques notions de morale, et donc également pour la justice, le crime avec préméditation est plus grave que l'accident dans lequel on n'avait pas l'intention de donner la mort.
            Cela nous apparaît comme une question de responsabilité, voulue ou fortuite, devant un fait identique : la mort.
            On peut se demander comment notre cerveau réagit devant de tels faits.
C'est ce qu'a voulu savoir Liane Young, à l'université de Cambridge, dans le Massachusett.
 
            Elle a mis en scène les deux versions suivantes des mésaventures d'une jeune fille M., empoisonnée par son amie A.
            Dans les deux cas M. est empoisonnée, alors qu'elles visitent toutes deux une usine de produits chimiques, par du café servi par A, à partir d'un distributeur de boisson qui verse dans un verre du café non sucré et on rajoute le sucre en poudre que l'on veut contenu dans des sachets, enfermés dans une petite boîte, à coté du distributeur.
            A boit du café sans sucre, mais M désire du café sucré.
 
            Scénario 1 : A souhaite empoisonner M. Elle met le café dans des verres et voit la boîte sur laquelle il y a écrit "poison". Elle verse un sachet de poudre blanche dans le verre de M;
Mais la dose est insuffisante et M ne meurt pas.
           
            Scénario 2 : A ne souhaite pas tuer son amie M; sur la boîte en carton il n'y a rien d'écrit. A croit qu'il s'agit de sucre et verse un sachet dans le verre de M. Mais c'est du poison et M meurt, empoisonnée.
 
            Les personnes ayant un cerveau normal considéraient le premier cas comme une tentative de meurtre qui a échoué, et le second cas comme un accident, la personne n'ayant pas eu l'intention de nuire à son amie.
            Le cas 1 était jugé plus grave moralement et juridiquement que le cas 2.
 
            Liane Young a fait passer ce test à deux groupes de malades atteints de problèmes cérébraux qui pour les premiers, inhibait le cortex préfrontal ventromédian, et pour les seconds, un centre situé sur le coté du cerveau, au dessus de l'oreille dans la zone temporo-pariétale.
            Les deux groupes jugeaient le cas un moins grave que le cas 2, car dans le premier, M n'était pas morte. Ils jugeaient donc moralement plus acceptable de vouloir la mort de quelqu'un, mais de ne pas avoir réussi à le tuer, que d'avoir tué quelqu'un par accident, sans le vouloir et sans avoir pu connaître préalablement les risques de son acte. La notion d'intention et de responsabilité leur échappait complètement. Seul le résultat était pris en compte.
 
            En complétant ses études par d'autres tests, l'équipe de chercheurs a montré que la zone temporo-pariétale, en liaison avec la mémoire, avertissait des dangers du poison et reliait le risque de mort à celui d'enfreindre des règles morales.
            Le cortex ventromédian ajoutait des aspects émotionnels à cette évaluation cognitive, , la notion de responsabilité et de culpabilité.
            Le cortex frontal prenait ensuite la décision de mettre du sucre ou non.
 
            Dans le scénario 1 les personnes normales voyaient ces centres activés et l'information poison était donnée. Si le cortex frontal passait outre, c'était volontairement, en connaissance de cause. Dans le cas 2, le cortex temporo-pariétal ne pouvait informer de la présence du poison, en l'absence d'information sur les sachets.
            Pour les personnes atteintes de lésion, ce cortex temporo-pariétal ne délivrait pas l'information poison et conséquences, et s'il s'agissait du cortex préfrontal, cette information n'était pas liée aux aspects moraux de responsabilité et de culpabilité, mais seulement aux aspects factuels mort ou pas mort.
 
            Malheureusement, pour mener notre vie correctement, il vaut meiux que notre cerveau soit en bon état de fonctionnement.

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Dimanche 18 novembre 2012 à 8:12

Notre cerveau : émotions

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          Je vous ai souvent parlé, dans le cerveau du "cortex préfrontal".
            En octobre 2010 j'avais fait une série d'articles sur le cortex frontal et ses fonctions, le 27 août 2011, j'avais montré que c'était lui qui nous permettait de prévoir les conséquences de nos actes, ce qui défavorisait les adolescents dans ce domaine puisque cette zone du cerveau n'est mature qu'après 20 ans. Le 10 mars 2012, je vous avais parlé de son rôle dans l'attention, le 4 septembre de la part importante qu'il prenait dans nos décisions et le19 octobre, je relatais un article qui expliquait l'envahissement du stress dû au manque de contrôle par le cortex préfrontal.
            Je vais revenir sur ce problème de stress à la suite d'un article que j'ai lu, fait par Eva Jonville, de l'institut de médecine environnementale, à Paris.
 
            L'article commence par rappeler des notions que j'ai déjà en partie développées sur le rôle du cortex préfrontal. (voir schéma ci dessous)
            La région médiane est impliquée dans la création de comportements automatiques (marcher, parler, lire, conduire, jouer du piano, taper sur le clavier de l'ordinateur...) Il apprend peu à peu les meilleurs gestes à faire, en réfléchissant et en se servant comme moteur des centres d'apprentissage. Il apprend au cervelet à diriger ces actions et à peu à peu se substituer à lui dans leur conduite. Il intervient dans tout nouvel apprentissage.
            La région "orbitaire" (derrière les yeux) intègre et contrôle les processus émotionnels et affectifs. Elle est connectées aux principaux centres du cerveau émotionnel, notamment les centres amigdaliens, le cortex cingulaire et insulaire, les centres d'apprentissage et du plaisir,
            Les régions dorsolatérales et latérales dont engagées dans tous les processus de réflexion, de représentation de soi et d'autrui, et de conscience, dans les processus de prévision des conséquences de nos actes et de l'action de l'environnement, de planification, d'élaboration des stratégies en fonction du contexte, de tenir des raisonnements inductifs er t déductifs, de maintenir le cap et les informations nécessaires pendant la réalisation des actions.
            Le cortex préfrontal est en permanence relié à l'hippocampe, centre fondamental pour la mémorisation et à tous les centres impliqués dans les mémoires, par l'intermédiaire des deux mémoires tampons de travail, l'une pour tout ce qui est langage (mémoire syntaxique) et l'autre dans tout ce qui est schéma, images, représentations. Il rappelle ainsi toutes les informations nécessaires à l'accomplissement de ses tâches.

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            Ce qui est intéressant dans l'article de madame Jonville, c'est l'approche de la façon dont travaille le cortex préfrontal en réflexion.
            Dans les cas simples, où le nombre de données n'est pas trop grand et où nous pouvons les traiter logiquement, le cortex préfrontal nous permet de mener les opérations par un raisonnement conscient.
            Mais il semble que dans les cas complexes où les données sont multiples, et ou il ne peut pas analyser logiquement toutes les pistes, une grande partie du travail se fasse inconsciemment, mais néanmoins de façon intelligente, lorsque la structure du cerveau dispose
de l'ensemble des informations inconscientes, dont dépend la prise de décision.
            Dans de pareils cas, il semble que le cortex préfrontal assimile automatiquement les multiples facteurs en présence, les compare, établit des statistiques, pour livrer une solution sous forme de "sensation", "d'intuition" ou de messages émotionnels.
            Il semble d'ailleurs que dans cette réflexion inconsciente, le cortex frontal "consulte" le cerveau émotionnel pour avoir son avis sur les réactions qu'il aurait dans telle ou telle solution du problème.
            L'intuition ne serait donc que le résultat d'une réflexion inconsciente, mais qui ne peut se faire que si de nombreuses connaissances concernant le problème à traiter, sont déjà en mémoire.
 
            Mon titre parlait du stress. Que vient faire le stress dans ce contexte?
            Comme je l'ai montré dans mon article du 19 octobre, le stress est un état de tension provoqué par le cortex préfrontal, lorsque notre comportement n'est pas adapté dans une situation donnée, et il s'aggrave de façon dangereuse si le même cortex perd le contrôle des opérations.
            Comme un nourrisson qui a un problème et ne sait pas se faire comprendre et pousse des cris, notre cerveau lorsqu'il se trouve en difficulté réagit et donne l'alerte.
            Dans le cas d'un danger immédiat ou vital, ce sont les centres amigdaliens qui provoquent peur et colère, tout en préparant le corps à la défense ou la fuite.
            Dans le cas de problèmes moins dangereux ou immédiats, ce sont nos cortex insulaire et cingulaire, qui nous envoient des émotions.
            Quand c'est un problème rationnel, et que nous faisons fausse route, qu'alors le cortex préfrontal nous envoie le stress. (par l'intermédiaire des centres amygdaliens, de l'hypothalamus, puis des glandes surrénales, qui libèrent le cortisol, l'hormone du stress.)
            Le cerveau aime faire simple pour dépenser le moins d'énergie possible; il laisse donc dans beaucoup de cas notre cerveau émotionnel résoudre les problèmes de façon peu consciente en liaison avec le cervelet pour les automatismes.
            C'est par exemple le cas lorsque nous avons un travail très régulier que nous faisons grâces à des méthodes habituelles de routine. Mais supposons qu'une réforme intervienne, qu'un nouveau chef arrive et il nous faut changer nos habitudes; il faudrait trouver un mode non automatique, flexible, de remise en question des acquis au regard de la nouveauté qui se présente en temps réel. Cela requiert ouverture, curiosité, nuance, logique (l'automatisme est le contraire de la logique), ainsi qu'un sentiment d'acceptation de la nouveauté, une capacité à adopter un autre point de vue que le sien, et une prise de décision personnelle au bout du compte, pleinement assumée...
            L'ensemble de ces actes cognitifs ne peuvent être assumés par l'action automatique sous-tendue par le gyrus cingulaire, aidé par les autres centres du cerevau émotionnel.
            Le cortex préfrontal qui constate le conflit entre un mode limbique attaché aux habitudes et un mode adaptatif qui accepte la nouveauté, déclenche un signal d'elerte fort : le stress
 
 
            Pour réduire le stress, il faudrait d'une part que le cortex frontal reprenne la main et d'autre part que le cerveau émotionnel le laisse faire.
            Si le cortex préfrontal reprend la main, le problème va être étudié consciemment et inconsciemment et la situation va peu à peu s'éclaicir et le stress diminuer
            Si au contraire le cerveau émotionnel reste aux commande les difficultés vont augmenter, le stress aussi, et comme je l'ai montré le 19 octobre, sous l'effet du cortisol, de la dopamine et de la noradrénaline, le cerveau émotionnel va mettre le cortex frontal hors circuit.
            Les idées sombres et d'échec vont se mettre à tourner en rond dans le cerveau émotionnel (voir mes articles sur le circuit de Papez), et c'est la descente aux enfers, la dépression qui peut devenir sévère.
            La seule façon de s'en sortir : forcer le cerveau émotionnel à redonner la main au cortex préfrontal, à la réflexion, à la logique.
            Un exemple que j'ai eu parfois à traiter :
Un couple ne s'entend plus; la femme est en dépression car son mari demande le divorce et la garde de ses enfants, la situation est tendue, les enfants souffrent, et tous ces ennuis tournent en rond sans solution dans son cerevau émotionnel.
            Bien sûr on ne peut pas ne pas y penser, mais on peut y penser autrement : la curiosité consiste à se demander ce qui ne fonctionne plus dans le couple; l'acceptation introduit f idée que la vie commune est peut-être effectivement terminée; la nuance conduit à ne pas dépeindre l'autre sous des traits systématiquement haïssables ; la relativité oblige à prendre en compte les griefs de l'autre; la logique à faire le bilan des objectifs qui peuvent être poursuivis et des solutions éventuelles.
 
            Bref quand vous avez un gros problème, beaucoup de stress et d'émotion, ne les laissez pas vous submerger : passez à la réflexion rationnelle, en utilisant à bon escient curiosité, acceptation, nuance, relativité, logique, objectivité et ouverture.
            Dans les civilisations orientales, une méthode complémentaire pour stimuler le cortex préfrontal et calmer les émotions : la méditation, le yoga, ..

Vendredi 19 octobre 2012 à 8:11

Notre cerveau : émotions

             J'ai déjà souvent fait des articles sur le stress et notamment sur la paralysie que suscite chez certains ados le fait d'être devant la copie d'un examen.
            Mais je n'ai jamais donné d'explications sur les raisons de ces malaises au niveau du cerveau.
            Or la revue "Pour la Science" a publié des schémas assez explicites des effets du stress sur le cerveau, que je vais utiliser pour vous donner quelques explications.
            Ces connaissances sont dues aux progrès de l'imagerie cérébrale depuis les années 90, et à celles de nos connaissances sur le rôle du cortex préfrontal, dont je vous ai souvent parlé, qui est le chef d'orchestre de nos pensées et actions et qui occupe plus d'un tiers du cortex, faisant de l'homme, un animal à part.
            Sa maturation est plus lente que celle des autres zones cérébrales et ne s'achève qu'après l'adolescence. Il est responsable de la pensée abstraite, et il nous permet de nous concentrer sur une tâche, tout en stockant des informations dans la mémoire de travail, et de dernière nous permet garder à l'esprit des données dont nous avons besoin pendant quelques instants, et qu'on oublie ensuite. Enfin, le cortex préfrontal inhibe les pensées et les actions inappropriées ou néfastes et il contrôle les émotions, les désirs et les habitudes.
 
            En l'absence de stress intense, le réseau de neurones contrôlé par le cortex frontal joue un rôle régulateur. Cependant, des stress aigus quotidiens affaiblissent cette zone du contrôle de soi. Les émotions et l'impulsivité peuvent alors prendre le dessus.
            Le cortex préfrontal régule l'activité de zones situées dans les profondeurs du cerveau : le striatum, impliqué dans les habitudes, I'hypothalamus qui gère des besoins fondamentaux comme la faim, la soif ou l'activité sexuelle, et l'amygdale, où naissent les émotions, notamment la peur.
            Le cortex préfrontal régule aussi la réponse au stress, notamment la production de deux neurotransmetteurs, la noradrénaline et la dopamine par les neurones du tronc cérébral. En quantité modérée, ces deux neurotransmetteurs renforcent les connexions avec le cortex préfrontal et donc son action de contrôle. (voir le premier cercle en haut et à droite du schéma).
            Dans des conditions stressantes, l'amygdale renforce la production de noradrénaline et de dopamine, ce qui affaiblit le cortex préfrontal, mais augmente l'activité du striatum et de l'amygdale. L'excès de ces substances entraîne l'ouverture de canaux ioniques dans les neurones du cortex préfrontal, ce qui diminue les potentiels électriques d'action et empêche l'influx nerveux de se propager. Le cortex préfrontal ne contrôle plus les émotions et les pulsions. (voir le cercle en bas à droite)

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            Ces effets s'aggravent encore, lorsque les glandes surrénales, contrôlées par l'hypotalamus, libèrent du cortisol - l'hormone du stress - dans le sang, et le contrôle de soi devient difficile à assurer.
            Tandis que le cortex préfrontal s'éteint,            l'emprise d'autres régions cérébrales surle comportement se renforce  : ainsi, la dopamine accroît l'activité d'une série de structures situées dans les profondeurs du cerveau, nommées ganglions de la base, qui régulent nos envies, nos émotions et nos mouvements. Nos décisions risquent donc d'être dictées uniquement par nos émotions et de ne plus êtres adéquates.
 
            Tous les humains n'ont pas la même résistance au stress.
            Après la mise à l'écart du cortex préfrontal par la dopamine et la noradrénaline, des enzymes détruisent ces neurotransmetteurs. Ainsi, le cerveau recommence à fonctionner normalement quand le stress disparaît. Cependant, ces enzymes sont parfois peu efficaces en raison de facteurs génétiques, d'où une sensibilité accrue au stress.
            Sous l'effet d'un stress prolongé (ou d'une répétition régulière d'événements stressants), le cortex préfrontal peut être perturbé durant plusieurs jours, voire plusieurs semaines

Vendredi 20 janvier 2012 à 8:18

Notre cerveau : émotions

L'article que j'ai publié, il y a une dizaine de jours sur la théorie de l'attachement m'a valu quelques mails, certains sur la théorie elle même, d'autres pour évoquer la peur qu'ont les jeunes de s'attacher, peur que souvent évoquent ceux qui par ailleurs me parlent de leurs problèmes amoureux.
           II peut être angoissant de s'attacher. Ne va-t-on pas souffrir si I'autre nous quitte ? Il serait peut être plus sûr de garder ses distances, de ne pas s'impliquer sentimentalement.
           Mais ne devient-on pas alors insensible ?

L'enfant est confronté déjà à ce problème avec ses parents mais encore plus l'adolescent et même les adultes, face à l'amitié, l'amour et même la vie sociale.

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Face à l'attachement on trouve (en caricaturant un peu), trois attitudes :

Certains ont peur de souffrir et se protègent en évitant le contact trop rapproché, en restant avares de leurs sentiments et en se réfugiant derrière une carapace d'indifférence.
           D'autres s'attachent, mais gardent la peur de souffrir, guettant fébrilement dans le regard de l'autre des signes de désapprobation et d'éloignement, qui prennent des proportions exagérées.
          D'autres enfin savent s'ouvrir, avoir confiance et s'attachent sans craindre d'être rejetés.
          Les psychologues appellent ces personnes "évitant", "anxieux" et "sécurisé".

D'après les études de l'lnstitut de neurosciences cognitives de Lausanne, les personnes présentant un profil "évitant" ont des réactions affectives réduites face aux signaux sociaux positifs. lls sont indifférents à ce qui pourrait leur apporter une amitié, ne ressentent pas d'émotion dans ce type de rapport à l'autre et n'en attendent rien. Ces individus sont distants à la fois physiquement et affectivement. et sont des personnes très indépendantes et peu portées vers la vie collective.
           Souvent, elles héritent ce trait d'une enfance difficile, où elles se sont senties rejetées par leurs parents, leurs camarades, ou à l'adolescence dans ses premières expériences amoureuses et se sont protégées affectivement de ces déchirures en faisant taire leurs émotions.
           Mais les chercheurs ont également constaté que ces personnes faisaient preuve d'une faible activité de deux zones cérébrales, le striatum et l'aire tegmentale ventrale, en présence d'individus qui leur font des réflexions aimables.
           L'aire tegmentale ventrale ou ATV est impliquée dans les réactions de plaisir, en libérant de la dopamine (voir mes articles de janvier 2009 notamment).
           Le striatum réunit sous ce nom deux grands centres, le noyau caudé et le putamen, qui sont impliqués d'une part dans le contrôle de nos mouvements, mais aussi dans la mémorisation, le traitement et le contrôle de processus cognitifs et notamment émotifs, car ils servent de relais entre divers centres du cerveau émotionnel, le thalamus et le cortex frontal.

Les anxieux sont des personnes hypersensibles aux signaux de l'entourage.
           A la différence des personnes évitantes, elles ne fuient pas le contact, elles le désirent, mais en le redoutant, sans l'assurance que procure une solide confiance en soi, ce qui les rend très sensibles au moindre signe de désapprobation.
           Les personnes au profil d'attachement anxieux sont extrêmement attentives à tout ce qui peut constituer une remise en question de leur rapport à l'autre. et les réactions négatives ébranlent leur confiance, en suractivant les zones du cerveau impliquées dans la genèse des émotions et plus particulièrement de la peur.
           Ceci correspondrait à une réactivité accrue de l'amygdale cérébrale et notamment de la partie dorsale gauche qui réagit aux situations sociales négatives, notamment aux reproches accompagnés d'expressions dubitatives ou hostiles du visage d'autrui.

Le profil sécurisé est un attachement qui n'est ni évitant, ni anxieux.
           Ces personnes n'ont pas peur de I'autre et cherchent en lui un réconfort, mais sans se sentir déstabilisées à la moindre moquerie ou à la moindre remarque acerbe. Elles ont suffisamment de confiance en soi pour ne pas interpréter ces attaques comme une remise en question de leur relation avec I'autre, voire de soi-même.
           Les personnes à I'attachement sécurisé présentent une forte activation de leur striatum et de leur aire tegmentale ventrale dans des situations sociales favorables, lorsqu'on leur fait un compliment ou qu'on leur sourit. Mais, leur amygdale cérébrale ne s'active pas trop en cas de reproche.

Selon les psychologues de l'attachement, un enfant à qui ses parents donnent des signes d'amour fréquents et réguliers, tout en accompagnant ces signes de repères éducatifs tels des conseils, des interdictions, voire des punitions, apprend que les reproches ne constituent pas une remise en question de l'attachement fondamental.

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