Dimanche 5 juin 2011 à 9:05

Notre cerveau : émotions

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    La plupart des textes philosophiques ou religieux affirment qu'il est plus difficile de régner sur soi-même que sur autrui. Le pouvoir exercé sur les autres serait une passion qui rend esclave.
    En observant nos gouvernants ou certains patrons d’entreprise, j’avais plutôt adhéré à cette assertion, mais je n’avais jamais cherché à l’expliquer    ;
    Je viens de trouver dans un article, un début d’explication que je vais essayer de vous résumer.


    Il faut d’abord expliquer ce que les psychologues appellent le phénomène de “rebond cognitif”.
    Si I'on vous demande de décrire votre travail sans prononcer les mots bureau, ordinateur, écran, souris, papier, stylo...., vous y arriverez sur le moment en faisant très attention, mais ces mots seront tellement présents ensuite dans votre cerveau qu’il auront tendance à vous revenir à I'esprit de façon plus insistante. Dès que votre exercice sera terminé, vous aurez du mal à empêcher leur retour.

    La psychologue Ana Guinote de I'Université du Kent, a montré que les individus puissants sont plus vulnérables au rebond cognitif et que les personnes dotées de pouvoirs importants éprouvent encore plus de difficultés à empêcher le retour des stéréotypes qu’ils ont occultés pendant une réunion ou une séance de communication.
    Elle a demandé à de telles personnes de parler des Noirs en évitant I'emploi de tout stéréotype racial. Elle a constaté que les stéréotypes revenaient de façon particulièrement insistante après la fin de I'exercice.            
    Elle pense que les individus puissants sont motivés pour réaliser des actions, réussir des projets lorsqu'ils peuvent trouver facilement des arguments en leur faveur de ce projet, peut-être parce qu'ils sont habitués à décider rapidement et en allant à l'essentiel, peut-être aussi parce qu'ils sont moins obligés de justifier leurs décisions par de nombreux arguments qu’il faut trouver et défendre contre les contradicteurs.
    Plus leurs pensées sont facilement accessibles plus les arguments leur viennent facilement à I'esprit, plus leur motivation est grande.
    Dès lors, quand ils doivent s’obliger à ne pas parler des Noirs de façon stéréotypée et raciale, les pensées “interdites” sont particulièrement accessibles, comme pour toute personne. Mais dans I'esprit des “puissants”, cette accessibilité est convertie en motivation : leur esprit est motivé pour utiliser ces stéréotypes et c'est ce qu'ils font dans la phase de rebond cognitif.
 
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    Ce comportement a-t-il des conséquences sur l'exercice du pouvoir ?
    On peut se dire, pas très sérieusement, j’en conviens, que notre Président doit compte tenu de son langage peu châtié habituel, faire un tr!ès gros effort dans ses réunions officielles, ce qui expliquerait ensuite que lors de visite, certaines réactions spontanées et écarts de langage ressortent.



    Mais on peut trouver d’autres exemples de comportement plus sérieux.
    J’ai connu dans mon travail, un chef de service qui avait  plus de femmes que d’hommes dans ses bureaux, et il s’efforçait de rejeter tout.jugement stéréotypé à propos des femmes dans son travail normal.
    On était étonné ensuite quand on le côtoyait le soir, au sortir de l’entreprise,  de voir ressurgir ces stéréotypes encore plus fortement et de l’entendre tenir des propos désagréable sur ses collaboratrices et employées (peu compétitives, plus préoccupées par leur vie de famille que par leur travail, souvent absentes ....), alors que si l’on approfondissait la discussion, on s’apercevait que cela ne correspondait pas au fond de sa pensée.
    On est aussi étonné de voir combien nos politiques manient en public la langue de bois, et ensuite dans le privé, tiennent des propos très contradictoires par rapport à leur dires officiels.

  
  C’est I'effet rebond : on ne peut pas toujours être maître des autres et maître de soi...

Jeudi 26 mai 2011 à 7:58

Notre cerveau : émotions

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    On m’a posé plusieurs questions qui méritent que j’en parle sur le blog, car elles peuvent intéresser certains lecteurs ou certaines lectrices
    Donc aujourd’hui les sujets seront divers


    Après l’article dans lequel je niais toute communication physique entre cerveaux, “LE PENSEUR DU JOUR”  me demandait :
“Mais comment expliquer pour des vrais jumeaux, cette sorte de relation à distance qui est souvent mise en avant par ces derniers?”

      Les cerveaux de jumeaux, même homozygotes, ne sont pas identiques, car si le début de formation des neurones dans les divers centres est identique, les jonctions finales entre dendrites et axones avec formation de la synapse, se font au hasard. Mais évidemment ils ont beaucoup de points communs et en général, les mêmes préférences cérébrales.
    Dès lors, tout dépend de leur éducation. Si on les sépare dès la naissance, ils n’auront guère plus de ressemblances intellectuelles que deux frères non jumeaux ayant les mêmes préférences.
    Par contre si on les élève ensemble de façon identique, alors leurs cerveaux prennent les mêmes habitudes, les mêmes apprentissages et ils finissent, face à une même situation, par avoir des réactions très voisines, voire identiques.
    Comme je le disais ce n’est pas de la communication de pensée, mais de la “conception simultanée”, qui peut même se produire à distance si on leur donne les mêmes hypothèses des problèmes et situations.

    Terre-Terre, dont je n’ai pu retrouver ni l’adresse, ni le blog (l’annuaire de Cow est mal fait !), me demandait :
“Un ami m'a parlé d'une étude récente en neurologie qui montrerait qu'il faut quatre souvenirs positifs pour contrer un souvenir négatif (en effet on retiendrait 4 fois mieux ces derniers). Avez-vous des infos là-dessus ?

    L’énoncé et l’interprétation de ce problème me semblent bizarres.
    Une émotion positive peut à la rigueur contrebalancer une émotion négative, si elles se produisent en même temps, encore que ce soit contestable.
    Par contre souvenirs positifs et négatifs ne se compensent pas. Ils sont dans notre mémoire sans interférer l’un sur l’autre et ce n’est que l’émotion qui intervient. quand on les rappelle à notre conscience.
    Par ailleurs les souvenirs sont plus profondément ancrés dans notre mémoire s’ils ont une connotation émotionnelle, mais un souvenir malheureux n’est pas forcément plus fortement mémorisé qu’un souvenir heureux, si ce n’est qu’il peut nous traumatiser. Je n’ai jamais vu citer de proportion 4/1.
    Une autre approche intéressante est celle qui consite à considérer les émotions comme des signaux provenant de la satisfaction ou de l’insatisfaction de nos besoins.
    Il faut évidemment prendre les besoins au sens large, comme dans la pyramide de Maslow.

    Mais ce n'est pas parce qu'un voyant vous avertit que vous allez tomber en panne d'essence que c'est un voyant négatif, au contraire. Malheureusement, nous essayons souvent de conserver nos émotions agréables et rejetons nos émotions désagréables alors qu'elles sont soit utiles toutes les deux, soit inutiles.
    Nous pouvons ressentir de la joie d'avoir aidé quelqu'un, et, si nous nous sentons bien, nous allons faire des choses agréables et attirer des gens qui apprécient notre bien-être. Donc, les émotions positives nous font nous sentir bien et attirent bien souvent des choses positives.
    Nous pouvons être triste parce que nous voyons souffrir quelqu’un que nous aimons, parce que notre besoin de la voir heureuse n’est pas satisfait. Mais nous pouvons également être triste parce que nous avons perdu une vieille photo que nous regardions rarement, mais nous "aimions bien savoir qu'elle était là".
    Et même bien souvent, nous ne savons même pas pourquoi nous sommes triste. Parce qu'il y a moins de soleil qu'hier, ou qu'on se sent seul, et on cherche désespérément une cause quelconque ... Si nous nous sentons mal, nous risquons de prendre de mauvaises décisions et/ou de faire les choses de travers. Les émotions négatives nous empêchent de nous sentir bien et attirent bien souvent des choses négatives.
    Alors le pessimiste qui voit le verre à moitié vide, aura davantage d’émotions négatives que l’optimiste qui voit le verre à moitié plein
     Tout peut apporter quelque chose, tout dépend de la façon dont on le regarde

    Si vous avez une référence de l’étude en cause, cela m’intéresserait de la rechercher pour la lire. Merci

    Une de mes correspondantes se plaignait du coût des communications téléphoniques sur les numéros surtaxés en 0892, 0820, etc. qui permettent de joindre votre banque, assurance, etc. et qui, scandale, rapportent non seulement à l’opérateur, mais à ces organismes qui ont leur part, et tous font exprès de faire durer la communication par des artifices honteux.
     Or chacun de ces numéros possède son équivalent en numéro de téléphone "normal", c'est à dire non surtaxé., et plus pour ceux qui ont une livebox, freebox, ou autre IPbox le numéro "normal"  appelé est gratuit !
  Rendez-vous sur ce site  
http://www.geonumbers.com/fr/search.php
et entrez un numéro surtaxé , puis cliquez sur "envoyer" et vous obtiendrez le numéro normal.
      Vous pourrez dorénavant parler des heures et casser les pieds à votre banquier ou  à votre assureur sans que ça vous coûte un centime. lol


    Enfin je vous recommande d’aller voir un site de cow :
le blog d’un chat  :  http://bonjourlegros.cowblog.fr
    qui raconte sa vie et il y a de superbes photos


       Mais même si ce chat sait taper sur un clavier, il ne sait pas se prendre en photo lui même; alors il lui fallait des “nègres”.
       Si j’ai bien compris, ce sont Tonin-de-Jardin et Crys.

       Voici une photo de son blog : je trouve ces yeux extraordinaires. Il faudrait qu'il m'aide pour mes articles!!

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Dimanche 27 mars 2011 à 8:29

Notre cerveau : émotions

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Avec le passage à l'heure d'été,
aujourd'hui, je suis à la bourre !! lol












    Tous les jours la télévision relate des informations de violences diverses, dont l’origine est la plupart du temps un fait mineur, qui nous paraît insignifiant face à la gravité des réactions et des dommages constatés
    Qu'il s'agisse de violences sur autrui, voire des viols, ou plus bénin, bien d'enfants présentant des troubles du comportement des troubles de l'attention et une hyperactivité, ces comportements se caractérisent par une insuffisance du contrôle inhibiteur que devrait exercer leur cerveau sur leurs envies et leurs actions. Leur capacité de réprimer une action inappropriée, ou de différer la réalisation d'un désir est insuffisante.


    Sans contrôle inhibiteur, il n'y aurait pas de vie sociale possible, car nous aurions tendance à réaliser nos désirs sans nous préoccuper de nos semblables et sans respecter les contraintes de la vie en société.
    Le contrôle inhibiteur est également nécessaire à la réalisation d'actions sur le long terme. Quand vous allez travailler, vous acceptez un certain nombre de contraintes pénibles, parce que vous avez conscience de l'intérêt du résultat final, ou parce que vous savez que ce travail vous rapportera votre salaire.
    Sans contrôle inhibiteur, vous céderiez à votre premier mouvement qui est de rester au lit ou d'aller faire une promenade, après avoir pris un bon petit-déjeuner.
    Je vous rappelle d’abord quelles sont les zones du cortex dont j’ai déjà parlé dansce blog, qui sont impliquée directement dans le contrôle et l’exécution de nos mouvements (schéma ci-dessous).

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    Le cortex moteur primaire commande nos muscles.
    Mais il est précédé par le cortex prémoteur, qui contribue à guider les mouvements en intégrant les informations sensorielles et s’occupe des muscles qui sont les plus proches de l’axe du corps.
    Au dessus de lui, l’aire motrice supplémentaire est impliquée dans la planification de mouvements complexes et dans la coordination de mouvements nécessitant l’emploi des deux mains.
    Mais ces aires sont reliées au cortex frontal (le chef d’orchestre) et à de nombreux autres centres qui interviennent dans la détermination d’un mouvement.
    Non seulement le cortex frontal va jouer son rôle de “patron” , mais des centres du cerveau émotionnel vont  intervenir, recevant des renseignement de nos sens et des systèmes dopaminergiques des circuits de récompense et d’apprentissage. Le cervelet intervient  aussi dans des mouvements devenus automatiques, et en dernier ressort, le tronc cérébral, qui relaie les informations vers la moelle épinière et les muscles, peut bloquer certains influx.

    La première action avant un mouvement , se fait, dans le cerveau, au niveau du cerveau émotionnel, notamment par le striatum, qui est un ensemble de centres et notamment le putamen et le noyau caudé. (en vert et en jaune sur le schéma ci-dessous)
    Ce système est relié à divers centres du cerveau émotionnel et notamment au système de récompense et son but, au départ, est  l'obtention d'une satisfaction immédiate.
    Face à ce mouvement spontané, des voies neuronales reliant le cortex frontal au striatum et au thalamus entrent en action. Leur rôle est au contraire d'étouffer l'action dans I'œuf.

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    Une étude réalisée aux Universités de Melbourne et de Dublin, par Christopher Chambers et ses collègues, a localisé en 2005 cette faculté dans un petit noyau cérébral nommé opercule inférieur droit” du cerveau frontal.
     Pour mettre en évidence ce responsable du contrôle inhibiteur, C. Chambers et ses collègues ont demandé à des personnes volontaires d'appuyer le plus vite possible sur un bouton uniquement quand lils voyaient apparaître sur un écran d'ordinateur une flèche pointant vers le bouton.
    Dans certains cas, un signal sonore retentissait quelques millisecondes après l'apparition d'une telle flèche, et les sujets devaient alors retenir leur geste. Lorsque le signal sonore retentissait très tôt (10 ou 20 millisecondes après l'apparition de la flèche), ils retenaient facilement leur geste. En revanche, plus le signal retentissait tard, plus cela était difficile (voire impossible). 
    Les biologistes ont inactivé cette petite zone cérébrale du cerveau frontal, au moyen d'ondes magnétiques qui perturbent le fonctionnement des neurones.        
    Ils ont constaté que, soumis à des tests où il faut annuler au dernier moment une action qui est sur le point d'être réalisée, les participants ne parviennent plus à retenir leur geste.

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On sait donc à présent qu'un petit centre cérébral du cortex frontal permet de ne sélectionner que les gestes qui seront admis en fonction du contexte, notamment du contexte social. C'est cette zone qu'il s'agit de développerer, par des interdits savamment dosés, auprès des enfants et aussi parfois des adultes....

Mardi 16 novembre 2010 à 8:34

Notre cerveau : émotions

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    Moi même comme certaines de mes correspondantes il nous est arrivé d’être ému(es) par un morceau de musique, une chanson, un air que l’on entend jouer ou chanter, même parfois alors qu’on ne le connait pas, quon ne l’avait jamais entendu auparavant.
    A l’inverses certains autres airs, morceaux de partition, nous paraissent sans intérêt, voire peu agréables.

    Pourquoi la musique nous émeut-elle? Pourquoi tel accord parait-iI harmonieux. tel autre dissonant ?
    A I'Université de Durham, en Caroline du Nord, David Schwartz et ses collaborateurs ont découvert que la voix “contient”, en quelque sorte, les accords d'une sonate de Mozart ou de Beethoven.
   En étudiant 6300 voix ils ont observé qu'elles se composent toutes de neuf fréquences universelles, présentes chez tous les individus. Ce sont les “briques” constitutives de la voix.
    La première fréquence est la fréquence fondamentale, celle qui donne le ton de la voix, plutot grave pour un homme et plutot aigüe pour une femme ou un enfant. Puis viennent d'autres fréquences complémentaires, nommées harmoniques qui sont reliées el la fréquence fondamentale par un rapport fixe, indépendant des individus. (vous avez peut être étudié cela en physique ou en SVT - on vous a peut être parlé des harmoniques - voir à la fin de mon article.)

    Ces rapports universels expliqueraient-ils la beauté musicale ?
    Pour le savoir, D. Schwartz a fait écouter el des volontaires des accords de deux notes, et a constaté que les accords jugés les plus beaux sont composés de deux notes reliées par un des rapports présents dans la voix humaine. Ainsi, nous « vibrons »quand la musique contient des combinaisons de sons dissimulées dans la voix humaine.
    C’est logique que la voix humaine ait forgé notre goût musical. Une des principales contraintes ayant guidé le développement du cerveau, depuis des centaines de milliers d'années, est la capacité de distinguer le son de la voix humaine d'autres sons moins utiles ou plus menaçants car pour  nos ancêtres, cela pouvait être une question de survie.
    Les systemes cérébraux qui opèrent cette distinction analysent les fréquences :ils repèrent la signature harmonique des sons. lis connaissent parfaitement la composition et les rapports des harmoniques de la voix humaine.         Ainsi, nous avons en nous une réceptivité innée pour ces rapports de fréquences, que les compositeurs utilisent consciemment ou non, sans doute parce qu’ils ressentent la même chose et probablement de façon encore plus sensible.

    Comment la musique fait-elle naitre la nostalgie ou I'allégresse ? Souvent, les partitions des maitres contiennent des accords majeurs qui évoquent la joie et le bonheur, et des accords mineurs inspirant la tristesse.
    Ces derniers comportent des notes dont les harmoniques correspondantes sont les moins intenses des neuf répertoriées. Ainsi, en inscrivant ces notes sur sa partition,le compositeur crée des sons « moins humains », auxquels manquent des composantes essentielles de la voix.
    Au contraire, lorsqu'iI revient au mode majeur, I'auditeur se trouve rassuré par cet environnement familier. De célèbres compositeurs ont usé de cet artifice : Bach concluait très souvent de longs passages mineurs par un accord majeur. En voulant exprimer la gloire divine, il faisait vibrer la corde « humaine ».
    J’aime la musique classique, mais je n’ai malheureusement pas appris à jouer d’un instrument parce trop jeune, je n’ai pas voulu accepter l’effort du solfège.
    Parmi mes correspondantes, il y a une musicologue et je serais heureux de savoir ce qu’elle pense de cette question.

Nota : Pour celles qui ont oublié leur cours de physique, je rappelle ce que sont les harmoniques.
    Je prends pour exemple le la3 fondamental qui correspond à 440 hertz (vibrations par seconde)
    Les harmoniques du la3 correspondent à des sons ayant des fréquences multiples de cette note, (et donc sons plus aigus) soit :
        hf2  :    880 Hz
        hf3  :   1320 Hz
        hf4  :   1760 Hz  etc....
    Quand vous faites jouer un la à votre instrument, celui ci produit en réalité un son complexe qui n’est pas la simple sinusoïde à 440 hz, mais une addition de cette sonorité et d’une certaine proportion moindre des autres harmoniques
`    Cette sonorité résultante s’appelle le “timbre” de l’instrument.
    Quand vous prenez un piano, un violon, un alto, un violoncelle, un hautbois, un flute, un basson.... les proportions de ces harmoniques ne sont pas les mêmes et pour un même la, les instruments ont un timbre différents et votre oreille et votre cerveau peuvent les différencier.
    Mais comme ce sont les mêmes notes et les mêmes harmoniques, le son global de ces isntruments jouant ensemble, reste harmonieux et agréable à l’oreille.
    Quand deux instruments jouent en même temps des notes différentes, cela n’est agréable que si les deux notes comportent les mêmes harmoniques (à peu de chose près.
    Le tableau ci dessous emprunté à Wikipédia, compare les 12 premières harmoniques d’un do très grave  et donne les correspondances de la note la plus proche et l’écart en % d’un demi ton.
    On voit sur ce tableau qu’avec un do, on peut utiliser harmonieusement un mi (tierce) ou un sol (quinte) ou le do de l’octave supérieure. Les harmoniques 7 et 11 ne sont pas utilisées en musique occidentale.


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Mercredi 4 août 2010 à 9:39

Notre cerveau : émotions

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    Je connais plusieurs personnes qui ne peuvent voir une goutte de sang sans s’évanouir. J’ai même connu une étudiante en médecine qui a eu beaucoup de difficulté à s’en affranchir et une élève infirmière qui a dû faire d’autres études, et pourtant elle a essayé de se raisonner maintes fois.
     Ceux qui résistent se moquent d'eux, affirmant qu'ils sont trop douillets pour devenir médecin ou infirmière.. Mais le problème est ailleurs : certaines personnes, sans aucune sensiblerie, s'évanouissent instantanément à la vue du sang ou de blessures.
    Une personne sur dix environ en a fait l'expérience au moins une fois dans sa vie. Pendant longtemps, les médecins ont considéré de tels évanouissements comme des crises d'hystérie. Au cours de ce type de crises, tout se passe comme si la personne qui en est vicime, tentait d'échapper à une situation inconfortable. par un réflexe de perte de conscience. Et pourtant, la personne est en bonne santé et il est impossible d'y déceler la moindre cause. organique: l'électroencéphalogramme est normal, le pouls et la pression artérielle sont à peine plus élevés que la normale; et selon l'électrocardiogramme, le cœur bat normalement.
    La cause des évanouissements à la vue du sang serait elle purement psychique ?

    Des recherches récentes suggèrent que non.
De toute évidence, de- mécanismes physiologiques en sont la cause.
    Les premiers indices ont été obtenus en observant les réactions de ces personnes à des prises de sang, car elles s'y évanouissent souvent et on a sur place les moyens d'étudier le phénomène en direct : leur pouls est à peine perceptible, ou du moins très faible et lent, et leur tension artérielle est en général extrêmement basse, (inférieure à 6/3 alors que la pression artérielle normale d'un adulte sain est de l’ordre de12/8 - centimètres de mercure) 
    Tous les signes semblent indiquer une défaillance circulatoire massive.
    Dès que le patient revient à lui, la pression artérielle et la fréquence cardiaque redeviennent normales, et il peut se lever quelques minutes après. Ce type d'évanouissement est un malaise analogue à une syncope.

    Je vous ai décrit dans un article ancien le système nerveux végétatif qui comprte deux réseaux commandés par l’hypothalamus et le tronc cérébral : le système parasympathique et le système orthosympatique (on ne mentionne pas en général le préfixe ortho).
    Une partie de ce réseau régule le coeur et la circulation du sang.
    La partie du système parasympathique qui innerve le coeur,parasympathique, encore nommé nerf vague, ralentit la fréquence cardiaque, alors que le nerf sympathique l'accélère en stimulant le muscle cardiaque, ce qui augmente la tension artérielle et l'irrigation des organes. En outre, le nerf sympathique rétrécit les artères de petit diamètre, ce qui augmente encore la tension artérielle.

    Dans des expériences réalisées sur des animaux, les biologistes ont découvert que le nerf vague est suractivé lors des syncopes provoquées par des pertes de sang, ce qui explique le ralentissement du pouls, pouvant aller jusqu'à l'arrêt cardiaque.
    La syncope résultante ressemble beaucoup aux évanouissements humains, sycopes appelées “malaise vagal” : le pouls est à peine perceptible et la tension artérielle est extrêmement basse :  le nerf vague inhibe l'activité cardiaque.
    Lorsqu’il y a une hémorragie, un mécanisùme complexe de protection intervient : la zone médiane de la moelle épinière est activée quand la tension artérielle de la région thoracique baisse rapidement, notamment lorsque la perte de sang atteint 30% du volume de sang , c’est à dire de l’orde de 1,5 à 2 litres. Le grosses veines et artères peuvent encore compenser alors la perte et maintiennent la pression artérielle
    En revanche, la tension artérielle dans les vaisseaux du réservoir thoracique diminue, ce que détectent des petits senseurs situés dans le coeur et les artères pulmonaires. Ces « barorécepteurs” sensibles aux basses pressions informent la moelle épinière de l'événement, laquelle estime que plus la pressi on dans est basse, plus le saignemeni est important. Si la valeur descend au-dessous d’un seuil critique, la moelle provoque le ralentissement spectaculaire du pouls et la baisse de la pression artérielle. (on appelle cela un collapsus circulatoire).
    Les médecins ont constaté par ailleurs que lors d’accidents entraînant une hémorragie important la technique habituelle de transfuser du sang faisait souvent plus de mal que de bien :  la perfusion augmente la pression artérielle dans les vaisseaux lésés, ce qui augmente la fuite de sang par la biessure, mais de plus la pression élevée au niveau de la rupture de l'artère empêche le sang de coaguler, ce qui bloquerait l'hémorragie.
    Un collapsus circulatoire commandé par le cerveau offre au contraire une dernière chance d'arrêter l'hémorragie: en réduisant la pression artérielle, il réduit la fuite de sang par la blessure et. augmente la probabilité de coagulation du sang sur le site de la blessure. Puisque la survie de l'organisme est en jeu, les avantages même minimes, d'un tel mécanisme d'urgence, auraient suffîsamment favorisé les organismes menacés pour que ce mécanisme soit sélectionné par l'évolution.

    Pour autant, comment expliquer qu'’un tel mécanisme salutaire se déclenche parfois à la vue du sang d'un autre?
    On suppose que les centres visuels informant la moelle d'un saignement sont uniquement. sensibles à l'information « Il y a du sang », sans inclure le paramètre « C'est mon sang » ou « C'esi le sang d'un autre ».
    Qu'il s'agisse de son propre sang ou de celui. d'un autre (tout comme d'une petite ou d'une grande quantité de sang), le cerveau, en urgence, ne prend initialement pas la peine d'évaluer ces paramètres.
    Peut- être ce mécanisme est-il devenu trop sensible chez certaines personnes, entraînant un collapsus circulatoire dès les premières gouttes de sang, les chances de survie étant meilleures lorsque le saignement est interrompu très rapidement.
    Ainsi, la réaction doit commencer dès les premiers signes d'une blessure.       
    Chez certaines personnes, le détecteur du sang est tellement sensible qu'il réagit même aux blessures des autres. Mais heureusement, la plupart supportent la vue de quelques gouttes de sang sans s'évanouir.
    Chez certaines personnes également, un autre facteur entraîne des évanouissements comparables : le fait de rester longtemps debout. (malaise dans une file d'attente, d'un soldat au garde à vous...)
    Or les personnes sujettes aux malaises vagaux s'évanouissent souvent à la vue du sang, ce qui confirme l'hypothèse d'un réflexe vagal dans ce cas.

    J’espère que j’ai ainsi répondu à la question de certaines de mes correspondantes qui pensaient que cette réaction avait une origine
psychique.

Lundi 28 décembre 2009 à 19:33

Notre cerveau : émotions


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    Mes correspondantes me parlent souvent des films qu’elles voient et souvent des films d’horreur qui leur ont fait peur.
    Et même si elles s’en plaignent, elles l’ont regardé et finalement cela leur plaisait sans doute d’avoir peur et de se ronger les ongles devant leur petit écran.

    On peut se demander pourquoi certes on a peur, mais on n’est pas bouleversé par ces images par exemple d’un accident de la route dans un film télévisé, et finalement on les recherche presque, alors que les mêmes images, projetées au journal télévisé vous traumatiseront davantage.

    C’est certainement parce que lorsque vous regardez un téléfilm, vous savez que ce sont des acteurs qui jouent une scène qui même si elle est très proche de la réalité, n’en n’est pas moins fictive, alors que l’accident au journal télévisé, vous savez qu’il est réel et que les personnes en sont vraiment victimes.
    Dans le premier cas, cela vous fait simplement peur, dans le second cas l’empathie joue et vous vous représentez que la souffrance de ces personnes est réelle. Les neurologues ont d’ailleurs montré que certaines parties différentes du cerveau émotionnel s’impliquaient dans les deux cas.

    Faut il bannir la vision de ces scènes pénibles?
    Ce n’est pas certain,
car leur vue entraîne des “mini-dépressions mélancoliques” que l’on arrive à chasser en pensant à autre chose et qui finalement nous font réagir de façon salutaire et nous entraînent à faire ainsi même lorsque c’est nous qui sommes concernés dans la vie réelle. (attention, je ne parle pas de scènes de violences qui peuvent inciter à être soi-même violent.!).
    Sans cette capacité de penser à des choses plus positives, le monde nous apparaîtrait en permanence sous des couleurs sombres et pénibles.
   

    Lorsque l’on “pense à autre chose”, les pensées positives modulent les émotions en passant par le cortex préfrontal “ventromédian” et inhibent alors les réactions négatives des centres amygdaliens, à l’origine de la peur et parvient ainsi à moduler les pensées “noires “.
    Pour que cela soit possible, il faut que ce cortex préfrontal soit suffisamment actif et puisse agir indépendamment  des centres amygdaliens, puis leur transmettre ensuite ses informations positives pour les inhiber.

    Une étude récente de l’université de Berlin a montré que lorsque le cortex préfrontal ventromédian ne possède pas cette capacité, les petits états dépressifs que nous pouvons avoir de façon fréquente, ne sont plus dissipés et la tristesse devient permanente.
    L’étude a montré aussi que ce phénomène pouvait être produit par une expression épigénétique d'un gène, qui pouvait avoir des origines diverses (notamment traumatisme), l’expression de ce gène entraînant une modification de la concentration d’un neurotransmetteur, la sérotonine, qui régule l’humeur, ce qui altère la communication entre le cortex préfrontal ventromédian et les centres amygdaliens.
    Les chercheurs ont constaté que le cortex préfrontal conserve son activité, mais qu’il ne peut plus contrôler les actions des centres amygdaliens sous l’effet des pensées négatives, par suite de la diminution de la communication qui n'est plus activée par la sérotonine. La personne reste donc sous l’emprise des pensées négatives qui accaparent son cerveau émotionnel (voir les articles que j’avais faits sur le “circuit de Papez”).
    Chez certaines personnes cette mutation est innée et dès lors elles sont relativement très sensibles au mauvais climat et sont des personnes potentiellement dépressives.
    Les recherches pharmaceutiques sont donc très orientées vers des produits régulateurs de la sécrétion de la sérotonine.

Mercredi 23 décembre 2009 à 8:56

Notre cerveau : émotions

Vous ne voyez pas tous les jours  d'aussi grandes bébêtes dans votre douche  !  IooI

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    Mes correspondant(s)e me parlent parfois des “peurs” qu’ils ou elles ont eues face à des événements divers, sont étonnées de leurs réactions et me demandent une explication de leur comportement.
    Je pense qu’il faut bien distinguer les émotions analogues à la peur selon leur cause.
    Certaines inattendues, peu rationnelles, inconscientes en partie, sont tout à fait instinctives. D’autres au contraire, moins instinctives, mais tout aussi pénétrantes, sont liées aux représentations mentales conscientes. Quiconque a frémi en lisant une nouvelle angoissante, le sait bien.
    C’est des premières que je voudrais vous parler, car je constate que vous me dites toutes : “j’ai eu peur de telle ou telle chose, mon coeur a battu la chamade puis j’ai transpiré, mon coeur s’est serré, mes tripes se sont tordues....”.
    En fait vous vous dites que l’événement a déclenché la peur qui a ensuite entraîné des manifestations physiologiques.
    Mais est ce ce qui se produit dans ces peurs instinctives.?

    Silke Anders et son équipe de l’université de Tübingen en Allemagne, ont étudié les réactions de peur chez des patients qui ne sont pas conscients de ce qu'ils voient, car une lésion cérébrale a détruit la zone de la conscience visuelle. Ils se disent aveugles, mais détectent cependant à leur insu, certaines caractéristiques élémentaires visuelles des objets,telles les orientations d'une barre noire sur un fond blanc, même si leur monde visuel est obscur (des signaux cérébraux particuliers que l’on peut capter dans la zone arrière du cerveau révèlent ces détections inconscientes).
    Si l'on fait entendre un cri effrayant à une telle personne à chaque fois qu'une barre horizontale apparaît sur un écran devant elle, son cerveau associe la perception inconsciente de la barre à la perception consciente du cri qui la fait sursauter, du moins pour une partie de ces personnes.
    Après un certain temps, la seule vue (inconsciente) de la barre, fait sursauter ces personnes qui disent avoir peur, même si elles ne savent pas ce qui suscite cette peur. D’autres par contre semblent moins effrayées et sursautent peu, ou sursautent mais n’ont pas ensuite ce sentiment de peur.

    Les neurologues ont étudié ces personnes et ont constaté qu'elles se divisent en deux groupes.
    Chez les personnes dont le sentiment de peur est lié à l'intensité du sursaut, une zone du cortex pariétal antérieur gauche est très active. Chez les autres, elle est peu active.
    Le cortex pariétal antérieur est une zone activée par les mouvements : quand un individu bouge un membre, se lève ou sursaute, bref, fait un mouvement.   
    Les personnes dont le cortex pariétal est plus actif ont une sensibilité accrue aux mouvements de leur corps: elles « écoutent » leur corps, le sentent sursauter et en conçoivent de la peur.    
    Les autres sursautent parfois très fort, sans que leur peur n'en soit augmentée car, chez elles, le cortex pariétal est peu actif et elles prêtent moins d'attention aux réactions de leur corps. Elles n'ont pas peur.
    On pense donc que le cortex pariétal, détectant une réaction du corps, envoie des impulsions nerveuses aux centres amygdaliens, dont je vous ai souvent parlé, lesquels donnent une connotation émotionnelle négative au sursaut, puis renvoie cette information à d'autres zones du cortex qui prennent conscience de la peur en tant que sentiment.
    Tout cela demande beaucoup plus de temps que la survenue d'un sursaut et les peurs instinctives seraient bel et bien des constructions du cerveau à partir d'une réaction de l'organisme, par exemple le sursaut
    Les centres amygdaliens ayant un temps de réaction très court et préparant très rapidement l’organisme à faire face à un danger, déclenchent des réactions telles que l’accroissement du rythme cardiaque, la transpiration, le coeur qui se serre et le ventre qui se contracte...
    En fait c’est l’ensemble de ces réactions presque instantanées et inconscientes, qui sont ensuite perçues par le cortex pariétal et les centres amygdaliens, lesquels “disent” au cortex conscient qui réfléchit, que nous avons une réaction qu’il interprète comme de la peur.
    Les réactions instinctives de peur d’araignées, de souris ou autres perceptions inquiétantes sont de ce type, inconscientes avant d'être conscientes,et c’est pour cela que nous avons beaucoup de mal à les contrôler
    Mesdemoiselles qui avaient des peurs de ce type, c’est seulement que vous avez des centres amygdaliens et un cortex pariétal très actifs !!

Dimanche 1er novembre 2009 à 8:22

Notre cerveau : émotions

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    Savoir réguler ses émotions a toujours été une préoccupation des philosophes, aujourd'hui reprise par les psychiatres et les scientifiques de la neuropsychologie. Il existe de nombreuses méthodes pour essayer de contrôler ses émotions, que l’on trouve dans la littérature et je ne parlerai ici que de quelques unes que je connais un peu personnellement.
    Comme je l'ai dit dans mes précédents articles, cela suppose que l'on ait appris à reconnaître ses émotions, à les comprendre à partir de nos besoins et de nos désirs, et à les exprimer clairement pour bien les cerner objectivement et en diminuer l'impart subjectif.

    Comment réduire ses émotions négatives ?

    Essayons d’abord d’être réalistes et d’agir en “spectateur” .
    Il s'agit de comprendre que nos émotions négatives ne sont pas causées par une situation, mais plutôt par l'évaluation que nous en faisons.
    Il est donc possible de modérer l'émotion négative en recherchant une autre évaluation de la situation, une autre façon de l'envisager.

    Cette approche demande souvent qu'une autre personne nous donne son point de vue différent du nôtre, pour nous aider à envisager les diverses possibilités.

    C’est ce que je fais régulièrement avec mes correspondantes qui me parlent de leurs problèmes.
    Elles sont très concernées par eux, et il s’agit souvent de problèmes où les sentiments et les émotions sont très présents. Elle voient donc cela sous l’influence de ces sentiments et émotions, et elles ne sont donc pas objectives. C’est encore plus vrai si leur préférence de décision est celle des "valeurs et des goûts" et si elles sont aussi "pessimistes", alors que une préférence de décision “logique” tempère cette subjectivité.
    Moi, même si je comprends et suis sensible à leur peine, je ne suis pas directement concerné et donc je peux regarder les situations en “spectateur” et être moins influencé par mes sentiments et mes émotions. De plus ma préférence de décision est “logique”. J’ai donc un point de vue en général plus objectif.
    Nous comparons nos points de vue, nous en discutons et souvent, mes correspondantes découvrent alors des aspects de leurs problèmes qu’elles n’avaient jamais envisagés et qui leur apportent des explications et un certain apaisement, et quelquefois des ébauches de solutions.

    Si par exemple, vous avez remis un devoir à votre professeur et qu'il vous critique, vous pouvez ressentir de la colère, de la déception, de l'angoisse, de la tristesse. Mais si vous vous astreignez à une réévaluation de la situation, tout cela peut changer. Vous pouvez vous dire que votre professeur n'a que très peu de temps pour ses corrections, et qu'il se concentre sur les aspects négatifs par souci de vous améliorer, le reste de votre travail étant supposé bon. En effet, si 10% du travail laissent à désirer, c'est que 90% sont bons. Vous pouvez aussi vous rappeler que les professeurs (comme malheureusement souvent les parents), pensent rarement à insister sur ce qui est satisfaisant.
 
    Normalement, un tel travail de mise en perspective aboutit à un ressenti émotionnel légèrement différent. Une autre façon de réguler ses émotions négatives est la recherche d'un contact social accru. L'isolement est un facteur important d'émotions négatives, d'angoisse ou de tristesse.
    Dès lors, aller à la rencontre des autres pour partager ce que l'on ressent, pour renforcer des liens sociaux un temps négligés, est un bon réflexe. Même si l'on se sent parfois enclin au repliement sur soi lorsqu'on traverse une phase difficile, il vaut mieux tenter d'opérer un redressement émotionnel positif.

    Mais réguler ses émotions négatives, qu'il s'agisse de réévaluer ses points de vue ou de renforcer son lien social, demandent de l'énergie, de la motivation. Il faut donc donner un peu de soi pour en retirer ensuite davantage.
    Comme me disait très justement une de mes “guenons”, avec l’accent du midi (enfin dans un mail on ne l’entend pas beaucoup lol ) : “il faut que je me bouge !!! ”

Que faire de nos émotions positives ?

    Dans le domaine des émotions positives, la régulation a aussi son importance. Il s'agit d'accentuer les émotions positives, de les prolonger, ou d'en augmenter la perception.
    Un projet réussi, la venue d'un ami, une fête agréable : ces événements provoquent des émotions positives qui, par définition, sont transitoires.

    Comment en prolonger l'effet, mieux les savourer ?

    Une première méthode est paradoxalement physique : exprimer au maximum, par des gestes, des paroles, des sourires, des intonations, des expressions du visage, la joie ou le bonheur qui vous traversent.

     Cette théorie de la régulation physique repose sur le fait que la perception intime d'un sentiment s'enracine en grande partie dans l'expression corporelle associée. Des chercheurs ont montré que les personnes à qui l'on demande expressément de sourire expriment ensuite des émotions plus positives que celles qui adoptent une expression neutre.
Les personnes atteintes d’une maladie très rare, le syndrome de Moebius, ont une inertie des muscles du visage, et gardent en permanence une expression neutre. Elles ne se sentent jamais réellement ni tristes ni joyeuses ; tout au plus affirment-elles « penser de façon triste », ou « penser de façon joyeuse ».
    Ainsi, se comporter comme si l'on était animé de sentiments positifs peut engendrer une émotion positive. Sans compter qu'à force de sourire, vous serez l'objet de l'attention d'autrui et susciterez des réactions positives.

    Une autre méthode d’activation des émotions positives consiste à en prendre totalement conscience et de repérer les moments de bien-être, pour s'y attarder.
    Le psychologue américain Fred Bryant, de l'Université de Chicago, a ainsi interrogé des personnes sur leur capacité à prolonger la joie du moment présent, et a constaté que ces personnes étaient moins susceptibles de traverser des épisodes dépressifs ou d'être gagnées par le stress, la culpabilité ou la honte.
    C’est pour cela que je vous répète souvent que le bonheur, c’est profiter à chaque instant des joies qui se présentent.
    Comment s'y prendre ? Les bouddhistes, lorsqu’ils méditent dirigent leur attention sur le moment présent et sur leurs sensations corporelles, et finalement ils neutralisent leurs tracas, à la recherche de l’ataraxie des épicuriens. (Pour ceux et celles qui n’ont pas  encore vu en philo ce qu’était l’ataraxie, cela veut dire “l’absence de troubles” et désigne la tranquillité de l’âme résultant de la modération et de l’harmonie de l’existence. L’ataraxie est le principe du bonheur dans le stoïcisme, l’épicurisme et le scepticisme, en étant un état de profonde quiétude, découlant de l’absence de tout trouble ou douleur. Celles qui sont en première épateront leur prof de philo l'an prochain ! lool)
    En définitive, il s'agit de saisir le bonheur au vol : rester attentif à ce qui se passe en soi, cueillir les bonnes sensations et les savourer lentement comme un plat réussi.


    Comment utiliser ses émotions, pour ne pas se laisser piéger par elles ?

    Lorsqu'on est « intelligent émotionnellement », on a reconnu ses émotions, leurs causes et leurs conséquences, on sait les exprimer, et les contrôler, bref  on dispose a priori de toutes les armes nécessaires pour faire de ses émotions des alliées, afin de mieux réussir sur le plan personnel, et dans ses relations sociales.
    Mais il ne suffit pas de savoir susciter ou prolonger ses émotions positives pour en tirer bénéfices. Elles peuvent en effet nous leurrer en nous faisant envisager la vie trop positivement, faussant ainsi notre jugement..
    Beaucoup de mes correspondantes voient la vie tantôt en rose, tantôt en noir et rarement en demi teintes. Tout est alors ou bonheur ou catastrophes et ces alternances excessives les stressent.
    Certains des chagrins d’amour que j’essaie de consoler, sont dus au fait que ma correspondante ne voyait que les qualités de son petit ami et pas ses défauts et ne se rendait pas compte que ses sentiments envers elle baissaient. “L'amour est “aveugle “ dit le proverbe !


    Il importe de savoir faire la part des choses, d'être conscient de ces biais possibles, de distinguer ce qui relève d'un jugement objectif et ce qui est influencé par nos émotions. C’est difficile je le sais et c’est justement ce que j’essaie de montrer à mes correspondantes.
    Avertis de ces effets trompeurs, nous sommes plus à même de minimiser les erreurs que les émotions peuvent nous faire commettre, et à retenir plutôt leurs bons côtés.

    Je vous livre ci après une conclusion de Moïra Mikolajczak, qui évoque enfin la "santé du corps".
   
“Non seulement contrôler ses émotions est un atout dans le domaine des relations humaines, mais cette capacité est une protection contre les maladies, comme l'ont montré de nombreuses études dont celles du psychiatre James Blumenthal, de l'Université de Durham aux États- Unis.
    Les personnes disposant de bonnes capacités de régulation et de compréhension de leurs émotions sont moins vulnérables au stress, aux maladies cardio-vasculaires, à des maladies telles que l'asthme, le diabète, les maladies gastro-intestinales, voire certains cancers. En effet, les émotions négatives entraînent une libération d'hormones, tels le cortisol ou l’adrénaline, dont la présence prolongée a des effets négatifs sur le fonctionnement de l'organisme. Il n'est pas étonnant que les chercheurs aient trouvé que les compétences émotionnelles favorisaient la longévité.
   
Identifier, com-prendre, exprimer, réguler et utiliser ses émotions est possible et présente de multiples avantages. “

Samedi 31 octobre 2009 à 8:35

Notre cerveau : émotions

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    Je suppose que vous avez identifié la nature de vos émotions et que vous en avez compris les causes et les conséquences.
    Il faut alors les exprimer, car cela permet de mieux les contrôler ensuite.

     Mais ce n’est pas facile de rendre compte de ce que l'on ressent, sans que ces mêmes émotions ne troublent votre discours.
    On peut exprimer ses émotions oralement ou par écrit mais souvent la présence d’une tierce personne que l’on connaît (et dont on a peur du jugement), vous empêche de le faire de façon exacte et complète, car les émotions sont parfois difficiles à exprimer d'une manière socialement acceptable.
    Il est donc plus facile de le faire par écrit soit dans un journal intime ou dans un blog, soit comme cela se passe entre mes correspondant(e)s et moi, parce que je ne rencontrerai pas leur famille ou leurs amis, et que je ne les juge jamais et que je les écoute sans critiquer.
    Lorsqu’il s’agit d’émotions provoquées par une personne, il arrive qu’on ne parvienne pas à expliciter ce que l’on ressent pour autrui, ou qu’on le fasse d'une façon inadaptée. C’est souvent ce qui arrive en amour lors de problèmes avec celui qu’on aime et le plus souvent de malentendus, parce qu’on n’a pas réussi à se parler.

    Dans la plupart des cas exprimer ses émotions est un exercice bénéfique.
    Lorsqu'il s'agit d'émotions négatives, telles la peur ou la colère, l'expression peut être un moyen de réduire l'impact négatif de ces pensées et de leurs manifestations 
    Matthew Lieberman, de l'Université de Californie, a montré en 2007, que le fait d’exprimer une émotion calmement diminue l'activité des centres amygdaliens, (à l’origine de la peur, la colère et l'anxiété
.    L’expression de l'émotion peut servir à clarifier des situations conflictuelles ou ambiguës.
    Si votre petit ami a trop regardé d’autres filles lors d'une soirée, et que vous sous sentez bafouée et la colère monter en vous, si, lorsque vous êtes de nouveau seule avec lui, vous exprimez vos sentiments en analysant les choses posément, en choisissant des mots précis, le plus souvent, cette mise à plat désamorce les tensions et permet à l'autre de s'expliquer, voire de s'excuser.
    Dans des cas simples de rupture ou de chagrin d’amour, souvent le seul fait que mes “guenons” me confient leur malheur et que l’on discute posément et logiquement, en essayant de se débarasser des émotions pour faire place à la raison, suffit à ce que ma correspondante se sente déjà mieux et commence à tourner la page.
    Dasn des cas plus graves de gros traumatisme, faire l’effort douloureux de le raconter  soulage l’inconscient et je peux alors aborder avec ma correspondante, un examen rationnel de sa situation de ses causes et par là une analyse de ses émotions.

    Autre point positif de l'expression des émotions : le partage social des émotions.
    Selon le psychologue Bernard Rimé, de l'Université belge de Louvain, 80 % des personnes vivant un épisode émotionnel fort, éprouvent le besoin presque irrépressible de s'en confier à autrui, ce qui resserre les liens sociaux entre le narrateur et l'auditeur. L'émotion confiée suscite une émotion analogue chez l'auditeur : la communication est facilitée, les personnes se soutiennent et s'apprécient davantage.
    L'expression des émotions agit favorablement sur les relations sociales, au point que les personnes livrant des informations intimes les concernant, sont plus appréciées que celles qui s'en tiennent à des informations classiques.comme l’a montré une étude de l'Université de Buffalo en 1994.
    Je ne sais pas si c’est vrai pour les blogs et je me méfierais aussi d’un certain “voyeurisme”. C’est pour cela que je recommande à mes correspondantes de mettre un mot de passe sur les articles les plus intimes.

    On constate à contrario des inconvénients dans le cas des personnes qui n'arrivent pas à exprimer correctement leurs émotions, soit qu'elles n'en aient pas l'habitude, soit qu'elles cherchent délibérément à masquer ce qu'elles ressentent par pudeur excessive.        
    De plus, les normes sociales de de nos familles, et de notre société ou les usages des milieux dans lesquels nous évoluons (études, amis, profession, religion...) interdisent souvent de faire partager ses émotions.
    La rétention pour soi des émotions a généralement des effets nocifs.
    L'université Stanford a étudié les paramètres physiologiques (fréquence cardiaque, transpiration....) de personnes à qui l'on projetait un film suscitant du dégoût, et qui devaient masquer leur émotion. et elle a constaté que le simple fait de dissimuler l'émotion ressentie entraînait une augmentation des paramètres physiologiques associés, comme si les effets masqués de l'émotion se trou- vaient renforcés chez le sujet.
    Les psychologues ont constaté que les personnes ayant tendance à dissimuler leurs émotions vivent moins d'émotions positives et font état de plus d'expériences émotionnellement négatives lors d'un échange verbal avec autrui.         D'autres études ont montré que le fait de cacher sa colère entraîne des troubles du sommeil chez les personnes souffrant de maladies coronariennes, et que cette « inhibition émotionnelle » prolongée peut altérer le fonctionnement du système immunitaire.
    J’ai souvent constaté que le simple fait pour certaines de mes correspondantes de m’avoir confié leurs ennuis et leurs conséquences émotionnelles et d’en avoir discuté objectivemnt pour déterminer causes et conséquence, diminuait ces émotions et le stress qu’elles entraînaient.

    Savoir mettre des mots sur ce que l'on sent, en parler à ses proches, partager autour de soi le monde intérieur de ses émotions, les exprimer par écrit pour soi s’il est trop difficile de les partager, sont des compétences émotionnelles qui rendent la vie plus facile, mieux adaptée au monde social, tout en améliorant la santé physiologique de notre corps..

Vendredi 30 octobre 2009 à 8:34

Notre cerveau : émotions

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    Dans le précédent article je vous ai montré qu’il fallait identifier ses émotions.
    Lorsque l’on a identifié ses émotions, il s'agit d'en comprendre les causes et les conséquences. Cette compréhension est indispensable pour pouvoir ensuite réguler ses émotions.
   

    La compréhension des émotions amène à se poser la question de ses désirs et de ses besoins.
    En effet, les émotions s'enracinent dans des désirs et des besoins qui sont ou ne sont pas satisfaits, et sont déclenchées par des événements qui ont un lien plus ou moins éloigné de ces aspirations.

    Par exemple, la tristesse peut provenir d'un besoin de partage et d'échange, de désirs d’amour ou de tendresse non satisfaits.
    Mes correspondantes se sentent souvent tristes parce qu'elles ont l’impression d’être seules, qu’elles n’ont pas trouvé l’ami ou le petit ami dont elles rêvent, ou parce qu’elles croient que les parents ne les comprennent pas et ne font pas assez attention à elles.
    Toutefois. l'événement qui déclenche l'émotion en elle- même, celle qui va faire sourdre les larmes, peut être d'une tout autre nature. Cela peut être un film, un morceau de musique, une lecture, une parole malencontreuse d’une autre personne. Tout à coup, on éclate en sanglots pour une raison apparemment anodine. La cause de cette tristesse est autre : ce ne sont que des déclencheurs d'une émotion qui a une autre cause profonde.

    Comprendre le sens des émotions, c'est évaluer ses besoins, ses désirs et dans quelle mesure ils sont satisfaits.
    Lorsque, pour une raison ou une autre, une explosion émotive se produit, il faut éviter de l'attribuer au déclencheur le plus proche, le plus évident, mais s'interroger sur les causes profondes de cette manifestation.
    Cela n’est pas vrai que pour la tristesse, mais aussi avec la colère. Quand vous accumulez trop de frustrations que ce soit avec vos parents, vos amis, votre petit ami ou dans vos études, vous vous énervez pour un rien.
    C'est aussi le cas de la joie : lorsqu'un chant d'oiseau vous rend heureuse, c'est souvent parce qu'il concrétise un état sous-jacent d'épanouissement, une réussite, une satisfaction, une victoire.
    Si vous avez beaucoup d’amitié pour quelqu’un et que cette personne a pour vous un geste de confiance et de tendresse, même anodin, ce geste peut beaucoup vous émouvoir et vous causer de la joie. C’est la constatation de cette amitié que vous souhaitez qui en est la cause profonde; le geste de votre ami(e) n’est que le déclencheur.

    Les  besoins et désirs sont les causes les plus fréquentes, mais se limiter à ceux-ci est trop restrictif. Il est évident qu’il peut y avoir aussi des événements graves qui déclenchent des émotions : une rupture, la mort d’un être cher, un accident.
    Mais derrière ces événements qui sont en partie la cause de votre émotion, c’est l’amour que vous aviez pour votre petit ami qui a rompu, l’amitié pour l’être cher qui est mort, ou la peur de la blessure ou de la mort par accident, qui sont également les causes plus profondes et inconscientes de vos émotions;
    Comprendre ses émotions, c'est comprendre en quelque sorte, sa relation au monde.

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lancien

sortir de la tristesse

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