Mercredi 28 octobre 2009 à 8:31

Notre cerveau : émotions

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    La plupart de mes correspondantes distinguent aisément si elles sont tristes, déçues, en colère ou culpabilisées, mais certaines ne parviennent pas à distinguer ces différents états et se sentent simplement « bien » ou « mal ».
    Il est pourtant essentiel de savoir identifier ce que l'on ressent, pour pouvoir gérer ses émotions et ne pas simplement les subir.
    Souvent mes correspondantes ressentent une angoisse , des palpitations, une transpiration soudaine, le “coeur qui se serre” (c’est le plus souvent l’estomac !) et une envie de fuir ou au contraire de rester terrée sous sa couette.
    Si ces symptômes ne sont pas identifiés par la personne concernée, comme ceux de l'anxiété, et que celle-ci n’ait pas d’explication valable, ils peuvent laisser celle qui les ressent encore plus désemparée que si la peur avait été identifiée.
    Il faut apprendre à connaître ses centres amygdaliens !! lol

    Comment reconnaître ses émotions ?
    Selon la psychologue du travail Lisa Bellinghausen, de l'Université René Descartes, à Paris, il existe au moins trois voies d'identification :

    - d’abord la prise de conscience de ses pensées et de leurs orientations qui consiste à examiner quelles pensées dominent actuellement notre conscience (au sens avoir conscience de et pas au sens moral du terme).
    Prenons l'exemple d’une jeune ado en colère qui en veut à son petit ami qui regarde trop les autres filles. Cela peut être : « La vie est injuste, je ne suis pas respectée» Mais c’est là trop général. Il faut arriver à préciser que c’est dû à l’attitude désinvolte de son chéri et que donc à la colère se mêle de la jalousie.
    Et même est ce que cela ne va pas jusqu’à de la rancoeur (pas encore la haine heureusement), mais qui est la conséquence de l’amour.
    Par contre la colère l’empêche d’être triste.
    Une analyse de ses sentiments est donc indispensable.

    - Ensuite l'identification des modifications physiologiques de son propre corps : « Est-ce que mon cœur bat plus vite, est-ce que je transpire, est-ce que ma gorge se noue que mon estomac se serre? »
    Le psychologue américain Paul Ekman a montré que la peur, la tristesse et la colère se traduisent par une augmentation du rythme cardiaque, par opposition au dégoût, à la joie ou à la surprise.
    Mais tandis que peur et colère s'accompagnent d'une augmentation de la sudation, ce n'est pas le cas de la tristesse. La gorge se noue plus spécifiquement dans le cas de la peur.
    Le dégoût soulève l’estomac et donne envie de fuir.
    La joie vous rend léger, mais peut amener des larmes aux yeux qui ne viennent pas de la tristesse. La surprise est voisine de la peur mais l’émotion passe vite, sauf si elle est due à une nouvelle traumatisante qui vous stresse alors (le chagrin de la nouvelle, pas la surprise !).

     Enfin, si l'on réussit à prendre un peu de recul par rapport à soi-même pour observer ses réactions sous le coup de l'émotion (tendance à devenir agressif quand on est en colère, par exemple), il est utile de mettre par écrit le contenu de ses pensées, de ses émotions,  car cela réduit l'impact négatif qu'elles peuvent avoir et cela empêche des blocages ultérieurs inconscients.
    C’est une des utilités des blogs et je recommande souvent à mes correspondantes de faire cette “rédaction écrite”  de leurs émotions, quitte à mettre un mot de passe sur l’article en cause ou ne pas le publier. C’était autrefois le rôle des journaux intimes. J’en reparlerai.

    La capacité d'identifier ses émotions est un avantage également lorsqu'il s'agit de détecter le sens des émotions d'autrui.
    Les neuropsychologues qui ont étudié les “neurones miroirs” ont montré  que la compréhension des émotions d'autrui suppose une reproduction interne de l'état émotionnel chez l'observateur. On identifie l'émotion de l'autre en la reproduisant en miroir, en imaginant ce que l’on ressentirait si on était à sa place.
    Toutefois n’ayant pas la même personnalité, les mêmes préférences cérébrales, on peut se tromper et il faut effectivement apporter des corrections à ce que l’on ressent en fonction de la connaissance de la personne que l’on a en face de soi.
    Cela explique sans doute pourquoi les individus qui savent bien apprécier le contenu de leur propre expérience émotionnelle réussissent mieux dans leur vie sociale ou en famille : ils savent mieux se contrôler, mais aussi mieux détecter les réactions des autres.
    Comment adapter ses décisions si l'on ne perçoit pas l'inquiétude, la déception la colère, mais aussi la joie et la surprise dans le regard d’autrui.
    Ceux qui en ont l’habitude et qui connaissent la personne en face d’eux  arrivent à en percevoir les nuances, informations précieuses pour guider au mieux leur propre comportement.


Mardi 27 octobre 2009 à 9:42

Notre cerveau : émotions

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Emotions primaires et secondaires selon Plutchik


    La plupart des jeunes qui correspondent avec moi et m’exposent leurs problèmes, sont très sensibles et souvent des émotions trop violentes les stressent.
    Alors j’essaie de les aider en discutant avec eux sur leurs problèmes et je voudrais aujourd’hui réfléchir avec vous à nos comportements dans ce domaine des émotions et à la façon de les contrôler.
    Nos émotions ont en effet un grand rôle dans notre vie : elles nous font faire face aux dangers en nous préparant à la lutte, mais aussi au contraire nous stressent et nous abattent, et nous font parfois adopter des comportements dangereux.
    Beaucoup de nos décisions de la vie quotidienne se prennent de façon non rationnelle, et cela d’autant plus que nos préférences cérébrales sont tournées vers les valeurs et les goûts et non vers la logique.
    Nos émotions accélèrent et guident nos décisions, mais elles peuvent aussi les entraver et les biaiser.

    Les émotions ont également une grande influence sur nos relations sociales.
    Elles peuvent aider aux relations par les informations qu’elles apportent sur nos correspondants, nos interlocuteurs. Elles conditionnent souvent nos relations, notamment amour et amitié.
    Ceux ou celles qui sont sensibles et ont une préférence cérébrale importante de sensibilité émotionnelle immédiate, ont sûrement éprouvé un jour, l’impression d’être avec un(e) ami(e), isolé(e)s dans une petite bulle de bonheur au milieu de la foule, émotion de l’amitié provoquée parfois par un tout petit fait, une toute petite action, une simple attention, qui réveille en vous l’émotion de la tendresse, un "déclencheur".
    Les émotions guident donc notre vie et il est aussi important d’avoir une “intelligence des émotions” qu’une ”intelligence intellectuelle” correspondant aux tests classiques d’intelligence.

     Beaucoup de neuropsychologues ont étudié les émotions et le cerveau émotionnel. J’ai déjà fait à ce sujet des articles auxquels je vous renvoie.
    Comme j’ai maintenant trop d’articles sur le cerveau dans mon blog(une soixantaine), je vais diviser cette catégorie en plusieurs autres dont les émotions.
    La classification en émotions primaires et secondaires est en général admise. Plutchik considère (voir schéma ci-dessus) que les émotions secondaires sont des combinaisons des émotions de base et qu’il y a plusieurs niveaux d’intensité. On peut y associer des réactions corporelles. D’autres psychologues les examinent à partir de critères successifs comme la nouveauté de l’événement, la pertinence par rapport aux besoins et aux désirs, le contrôle ou non de la situation, et la conformité aux archétypes, normes sociétales et règles morales (et donc au “surmoi” cher à Freud).

    Je vais donc essayer de faire quatre articles pour réfléchir sur nos actions possibles face à nos émotions :
    - Identifier ses émotions.
    - les comprendre.
    - exprimer et évacuer ses émotions
    - les réguler et utiliser nos émotions quand c’est possible.

    Une partie des informations “techniques” que je donnerai se réfèrent à des travaux de Moïra Mikolajczak, chargée de recherches à l’université belge de Louvain.

Jeudi 14 mai 2009 à 9:35

Notre cerveau : émotions

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    Je sais que quelques un(e)s d’entre vous ont l’esprit curieux et s’intéressent à des explications scientifiques si elles ne sont pas trop complexes et longues.
    Que dire sur les regrets ?

    Il nous arrive souvent d’obtenir un bon résultat, mais de nous apercevoir que si nous avions fait un choix autre, nous aurions obtenus mieux encore et nous avons des regrets de ne pas avoir fait le “meilleur choix” ou de voir à postériori que nous avons même fait un mauvais choix qui nous a mené à l’erreur et parfois à des situations pénibles.

     Les neurologues ont pu déterminer que ce sentiment prenait naissance dans une région particulière de notre cortex frontal. Cela est curieux car le cortex frontal est en principe le siège des raisonnements et non des sentiments.

        Les personnes dont cette région est lésée, ont moins de regrets, mais on constate qu’elles se trompent beaucoup plus souvent et prennent rarement les bonnes décisions.
En fait ce centre “anticipe en permanence les regrets que risquent de nous causer nos décisions” et est donc chargé de minimiser les risques de regrets et de guider ainsi nos choix.
    C’est donc bien un centre de “réflexion”.


    D’un point de vue neurobiologique, le regret pourrait être défini comme “l'émotion associée à la capacité de se représenter des situations hypothétiques”.
    Le regret étant un sentiment désagréable associé à une notion de responsabilité, notre cortex frontal doit tirer les enseignements de nos expériences afin de minimiser les risques que ce sentiment ne réapparaisse lorsqu'une nouvelle décision devra être prise ou parce que la décision prise aurait été mauvaise.
    Chacun se projette inconsciemment dans l'avenir lorsqu'il est confronté à des choix, et sélectionne l'alternative qui lui laissera le moins de regrets.
    En des temps préhistoriques, le cerveau humain aurait développé cette capacité qui lui aurait conféré un avantage pour prendre des décisions, par rapport à ses congénères animaux.

    Les regrets sont donc des réactions émotionnelles qui se manifestent lorsqu'on anticipe une décision, et qui nous préviennent des conséquences probables du choix qu'on s'apprête à faire.
    C’est le cortex frontal qui fait la réflexion d’anticipation et le cerveau émotionnel qui ensuite apporte une aide à la réflexion, en fournissant  au cortex une réaction sentimentale d’évaluation des résultats de ses hypothèses d’anticipation.
    Ce processus est contrôlé en premier lieu par le cortex orbitofrontal. Cette zone cérébrale est devenue très importante pour gérer toutes les situations de choix, notamment par la production en liaison avec le cerveau émotionnel, de « regrets anticipés ».
    Un choix “rationnel” est donc une collaboration entre le cortex frontal qui réfléchit de façon logique à l’avenir et aux conséquences des décisions et le cerveau émotionnel qui fournit une réaction sentimentale devant les hypothèses élaborées.
Le choix se fait ainsi par approximations successives.


    Evidemment le cerveau compare ensuite les résultats aux prévisions et ajuste à postériori le contenu de nos regrets.
    Quand les résultats ne sont pas conformes aux prévisions, à ce qu’on en attendait, alors le cerveau émotionnel réagit comme lors de la décision, mais à postériori, et suivant qu’il se reproche d’avoir pris de mauvaises décisions ou au contraire de ne pas avoir agi lorsqu’il fallait le faire, il génère alors remords ou regrets, et en général de façon plus violente que lors de la prise de décision, car lors de celle-ci, il ne s’agissait que d’hypothèses, alors qu’après il s’agit de la réalité, du présent et du passé.
    Comme je l’ai dit dans mon article précédent, les remords d’avoir mal agi, de s’être trompé dans l’action sont vifs dans le présent, mais s’atténuent peu à peu et deviennent moins préoccupants.
    Au contraire, les regrets de ne pas avoir agi, de ne pas avoir fait à temps ce qu’il aurait fallu faire, sont beaucoup plus long à décroître et nous poursuivent longtemps.
    C’est une réaction normale d’un cerveau, construit par l’évolution pour agir, alors que l’on sait qu’en agissant on fait forcément quelques erreurs.
    Notre cerveau émotionnel minimise donc les conséquences des erreurs au profit de l’action et nous reproche davantage l’inaction.

    Ainsi les remords et les regrets seraient un « effet secondaire » de notre capacité de prendre des décisions.
    Inversement, les personnes incapables de regretter prennent des décisions qui les mettent souvent en difficulté.    

        Il est donc nécessaire d’avoir des regrets, mais il faut savoir les maîtriser afin qu’ils ne se transforment pas en une peine insoutenable.
    C’est ce que nous essaierons de voir ensemble dans le prochain article.

Samedi 7 février 2009 à 8:21

Notre cerveau : émotions

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        Dans mes derniers articles, j’ai parlé de la peur, de la tristesse, de l’anxiété de l’angoisse et de la panique, qui impliquent surtout les centres amygdaliens.Ce sont en effet les émotions les mieux connues, sur lesquelles il y a eu beaucoup d’études. ainsi que sur les centres amygdaliens.
   
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La stimulation de certaines régions des amygdales comme le noyau central provoque des réponses physiologiques typiquement associées à la peur.
    Mais ce n’est pas la seule fonction des amygdales : la stimulation d'autres noyaux qui produisent dans certains cas une sensation de "chaleur humaine" ou d'apaisement, et dans d'autres cas de l’aversion ou     une crise de rage et de colère.
    Bref les centres amygdaliens sont impliqués dans toutes les émotions “élémentaires” de Plutchik, mais ils ne sont pas les seuls à intervenir


    Ces centres ont en outre,  une autre fonction importante : aider le cortex frontal à prendre des décisions.
    Lorsqu’on sollicite une réflexion en vue d’une décision à prendre le cortex préfrontal examine les possibilités futures et les conséquences possibles de nos actes, sous forme de scénarii succincts, en dialoguant bien sûr avec l’hippocampe qui le met en relation avec nos souvenirs, notre expérience de situations analogues. Lui, cortex, raisonne sur le plan de la logique.
    Mais il “envoie” ses scénarii à l’amygdale et plus généralement vers le cerveau émotionnel et il recueille les émotions provoquées par cet envoi. En particulier les amygdales lui donnent une idée des réactions négatives et le circuit de la récompense l’impression de satisfaction.
    Il tient compte ainsi de notre expérience non plus logique, mais émotionnelle.
   
    D’autres éléments du cerveau émotionnels participent aux émotions, voire jouent un rôle primordial, mais souvent en liason avec l’hypothalamus qui contrôle via l’hypophyse, nous réactions hormonales.
    On a mis en évidence une zône du cortex cingulaire, à proximité et sous le centre de Broca et les centres de commande motrice de la parole, qui intervient dans nos rapports sociaux et notamment contrôle le langage de communication avec autrui. Une destruction de cette zone (lors d’une rupture d’anévrisme par exemple), a pour conséquence un contrôle très amoindri de l’impact psychologique des mots employés à bon ou mauvais escient  et des comportements parfois aberrants au plan social.
    Des zones du cortex cingulaire sont fortement impliquées également dans le domaine de l’altruisme et de l’attachement et notamment de l’amour maternel.
En ce qui concerne l’amour maternel, deux hormones, l'ocytocine et la prolactine sont impliquées dans ces comportements : l'oxytocine est l'hormone de l'altruisme et la prolactine celle du maternage.   
    L'oxytocine, est impliquée dans les comportements d'amour. Cette hormone est impliquée dans toutes les facettes de l'amour, depuis l'acte sexuel jusqu'au partage d'un repas entre amis. Une sécrétion soudaine d'oxytocine induit une impulsion d'altruisme qui sera dirigée de façon différente suivant le contexte hormonal. Par exemple, en présence d'un taux élevé de prolactine, cette impulsion sera dirigée vers le bébé.
    Après la naissance le taux d’endorphines (qui induisent la production de dopamine par les centres de récompense) est très élevé chez la mère et le bébé, afin de créer un état de « dépendance » et favoriser deux des composantes principales nécessaires à l'attachement mère-enfant : la proximité et le toucher.
    Certains auteurs estiment que les battements du coeur de la mère, perçus par l'enfant, ont un impact sur le coeur de l'enfant et sur son cerveau, ainsi que sur le cerveau de la mère, par le biais d'une hormone, l'ANF, produite par le coeur. Au contraire, une très forte carence en contacts physique induit la sécrétion d'hormones de stress, qui pourront
endommager définitivement certaines structures cérébrales, et induire dépression, violence, toxicomanie, anomalies du système immunitaire.
Il faut se rappeler (voir précédent article) que pendant les mois qui suivent la naissance, les neurones du cerveau du bébé forment un nombre considérable de connections ; le nombre de synapses culmine aux alentours de 2 ans.
    Par ailleurs des études récentes (Hélène Fisher  notamment) semblent montrer que l'amour romantique n'est pas qu'une idéalisation dérivée du désir sexuel. On peut aimer une personne sans forcément ne penser qu'indirectement au sexe, tout comme on peut désirer sexuellement une personne sans l'aimer.
 montent. Le cerveau émotionnel (cingulaire et ATV du circuit de récompense) serait impliqué dans l’amour sentiment, alors que l’hypothamus et le septum seraient à l’origine des pulsions sexuelles. Ces zônes du sentiment amoureux agiraient en outre sur les centres amygdaliens pour diminuer l’anxiété et augmenter les chances de durée de la relation, alors que les pulsions et la passion ont tendance à solliciter l’amygdale dans le domaine de la jalousie et de l’irritabilité.
    
    Enfin un dernier point : le cerveau émotionnel n’est pas l’unique interlocuteur en matière d’émotions : la lésion du cortex orbito-frontal, situé juste au-dessus des orbites et qui appartient au cortex préfrontal, entraîne une série de modifications comportementales parmi lesquelles on relève l’apparition de traits caractéristiques de la personnalité antisociale : impulsivité, irresponsabilité, absence de conscience sociale, manque d’empathie, investissement excessif dans la recherche des plaisirs, expressions émotionnelles déconnectées du contexte social, des émotions perturbées telles que euphorie, irritabilité, exubérance, sensibilité excessive. Si les lésions s’installent à l’enfance, elles peuvent produire de redoutables psychopathes susceptibles de transgresser toutes les règles, sans culpabilité et sans empathie pour leurs victimes.

    On constate donc que les émotions ne sont pas produites dans le cerveau à des endroits uniques que l'on pourrait appeler le "centre de cette émotion" mais dépendent plutôt de plusieurs régions cérébrales interconnectées que l'on appelle des “systèmes”. Chaque fonction possède son système propre, chaque émotion correspond a une unité cérébrale fonctionnelle distincte, résultat d’une longue sélection au cours de l’évolution.
    Ces diverses unités cérébrales, selon la place qu’elles occupent dans un système donné, fournissent différentes contributions au fonctionnement de ce dernier, et ne sont donc pas interchangeables.    
    Deux émotions simples – la peur et le plaisir – ont fait l‘objet de nombreuses études car elles sont partagées à la fois par l’homme et de nombreuses espèces animales. Plusieurs circuits ont pu être reconnus et je vous les ai décrits brièvement.
    Certaines structures telles que les centres amygdaliens, le circuit de récompense (ATV et noyau accumbens), et le cortex cingulaire  semblent essentiels sous le contrôle du cortex préfrontal et en liaison notamment avec l’hippocampe qui gère en partie la mémoire et l’hypothalamus qui reçoit les informations concernant les constantes corporelles et agit sur le système sympathique et  sur nos hormones.


    C’est donc le dernier article de cette série sur le cerveau émotionnel et les émotions. Ce que je cherchais c’est à vous expliquer surtout certaines de vos réactions, notamment tristesse, anxiété et angoisse, et vous montrer que le salut ne pouvait venir que de votre cortex, c’est à dire du raisonnement, pour essayer de voir la situation avec objectivité, au lieu de se laisser emporter par des idées noires qui tournent en rond dans notre cerveau émotionnel.

Mercredi 4 février 2009 à 8:34

Notre cerveau : émotions

    Qu’est ce que la tristesse ?
    La tristesse est une émotion naturelle de la vie, "négative" comme la peur ou la colère. (C’est ce que racontent les livres !)
    La tristesse relève d'un besoin, d’un manque affectif.
Il est normal d'être triste, parfois de façon prolongée, (perte d'une personne, d'un animal, d'un objet qui ont une valeur affective, échec ou regret de n’avoir pas fait une chose importante).
    La tristesse est d'autant plus intense que la perte ou le manque est psychologiquement et subjectivement important. Les raisons de tristesse sont donc très différentes d’une personne à l’autre. Ce n’est pas un sentiment qui repose sur la logique objective et donc certaines raisons qui peuvent nous paraître futiles peuvent engendrer chez d’autres personnes une tristesse réelle.
    La tristesse est donc  le signe d’un “déficit" au plan émotif.
    La tristesse n'est pas la dépression et ne conduit pas à la dépression. Il faut savoir l'accepter, la laisser "sortir", pleurer si le besoin s'en ressent, sans se culpabiliser, ni se dévaloriser.
    Mais la tristesse peut devenir permanente et elle peut mener à l’anxiété.
Elle peut aussi avoir des “pics” et ces paroxismes provoquent des angoisses.

Ce sont donc des mécanismes qu’il va falloir que nous examinions.

    Les pensées tristes peuvent tourner en rond dans notre cerveau émotionnel, alors que normalement, le cortex frontal devrait intervenir et raisonner notre tristesse pour la faire cesser et nous inciter à des activités qui nous rendraient plus joyeux.
    On ne sait pas exactement quelle est à l’intérieur du cerveau émotionnel, l’origine des pensées tristes. On a simplement constaté que la tristesse et la joie activent les mêmes centres cérébraux dans le cerevau émotionnel et le cortex  préfrontal, la tristesse étant davantage prise ne compte par l’hémisphère gauche et la joie par l’hémisphère droit.

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    On constate aussi que le circuit de Papez qui intervient dans la mémorisation (voir l’article récent sur les mémoires), intervient aussi car les pensées tristes peuvent  activer les connections des neurones du circuit de Papez et ainsi “tourner en rond” dans le cerveau émotionnel, sans que les cortex préfrontal et frontal n’interviennent efficacement pour arrêter ce manège.
    Les centres amygdaliens sont ainsi sollicités en permanence et leurs réactions qui interviennent de façon analogue à la peur, constituent alors un malaise permanent que l’on appelle anxiété ou stress.


    L’environnement est un facteur important dans le cas de la tristesse.
J’ai connu bien des jeunes qui avaient dans leur chambre des tentures sombres, et affichaient des posters de sang et de catastrophes,qui s’habillaient tout de noir et se fardaient aussi tristement, qui n’écoutaient que des chansons tristes évoquant des horreurs et des souffrances, lisaient des livres évoquant l’angoisse,  et la peur et n’aimaient au cinéma que les films d’horreurs et de violence, ou les films psychologiques évoquant des personnages au cerveau troublé et au bord de la dépression ou de la maladie mentale. Ces jeunes étaient souvent au bord de la dépression.
    Ce type d’environnement favorise les idées tristes et finit par établir comme une addiction à cet situation morbide et rend peu à peu la tristesse chronique en empêchant le cortex d’intervenir rationnellement et objectivement pour rétablir le contrôle du cerveau émotionnel par le cortex frontal.
    Le retour à la normale passe par l’abandon de ces pratiques : des couleurs vives , des lectures et des distractions gaies, des ami(e)s joyeuses et éventuellement le détournement de l’agressivité vers une activité sportive.
    J’ai déjà fait dans mon blog des articles sur ce sujet..
    Mais, si la tristesse se prolonge pendant des semaines, est omniprésente dans la vie quotidienne, se répercute sur la perception du passé, du présent et de l'avenir, reste insensible à des événements heureux, engendre une incapacité à éprouver du plaisir et s'accompagne d'une dévalorisation et d'une vraie douleur morale, on peut alors se demander si on ne va pas vers un état anormal qui est semblable à une maladie, la dépression, qui relève non plus du contrôle des émotions par le cortex, mais du médecin.

    Quelques mots sur l’anxiété (que l’on appelle aussi stress).

    La peur est une réaction ponctuelle qui n’a qu’une durée limitée. L’anxiété, c’est une réaction analogue à la peur (et qui concerne donc les centres amygdaliens), face à une situation nouvelle ou menaçante qui a une certaine permanence. L'anxiété pourrait aussi naître lorsque les prédictions qui sont faites par notre cortex préfrontal, en se basant sur la mémoire de nos expériences passées, ne sont pas confirmées par l'expérience présente.
    Le stress, c’est en quelque sorte une peur permanente.
    L’évolution a mis dans notre cerveau ce mécanisme pour que nous puissions survivre à ces changements ou à ces menaces et  le stress peut donc être très utile
    Nous ne sommes plus à la préhistoire et le danger stressant est rarement un prédateur, mais beaucoup plus souvent une situation sociale, comme un examen ou une menace verbale d'une autre personne.
   Notre cortex peut se représenter des situations qui auront sur notre cerveau le même effet que la menace concrète d'un prédateur. L’environnement a changé depuis la préhistoire, mais les réactions émotives de base restent les mêmes.

    Nous avons vu les réactions physiologiques que déclenchaient les amygdales en cas de peur. Ces modifications engendrées via le système sympathique sont toutes orientées vers une dépense importante et immédiate d'énergie et elles ne peuvent être maintenues trop longtemps sans que cela cause des problèmes à l'organisme.
    L'hypertension et les ulcères d'estomac sont par exemple des symptômes attribués au stress.
    Sous l’effet de l’anxiété, les amygdales via l’hypothalamus et l’hypophyse vont faire sécréter aux glandes surrénales une hormone anti-stress, le cortisol qui est un corticoïde analogue à la cortisone.
    Ces substances anti-inflammatoires naturelles sont reconnues pour affaiblir à la longue notre système immunitaire.
Donc quand l’une d’entre vous me dit qu’elle a raté un examen ou vécu une rupture amoureuse et qu'en plus, comme si le sort s'abattait sur elle,  elle a attrapé la grippe, ce n’est pas le fait du hasard. Il arrive également souvent que des personnes âgées meurent de chagrin quelques mois seulement après la mort de leur conjoint, alors qu’elles étaient en relative bonne santé.
    Je pense qu’il faudra peut être que je refasse un ou deux articles sur les moyens de lutter contre l’anxiété.

    Deux mots enfin sur les angoisses.
    L’angoisse est, comme la peur un phénomène temporaire et provient d’une réaction trop importante des amygdales.
    L’angoisse se caractérise par l'intensité du malaise psychique ressenti qui résulte d'une extrême inquiétude, d'un danger vague mais imminent devant lequel on serait désarmé et impuissant. L'angoisse survient souvent sous forme de crises qui sont très difficiles à contrôler. L'individu a alors du mal à analyser l'origine de son angoisse, et s'affole d'autant plus qu'il sent les palpitations, les sueurs et les tremblements l'envahir. L'angoissé se concentre alors sur le présent et ne peut plus assumer qu'une tâche à la fois. Il présente des signes de tension musculaire et respire avec peine, son système digestif se contracte  et digère mal. C'est une intervention des centres amygdaliens trop forte et ui ne cesse pas suffisamment vite.
    Le trac ressenti avant d'affronter un public ou le stress qui nous envahit avant une épreuve d’un examen scolaire sont aussi des formes d'angoisse, que l'entrée en scène et l'action dissipent généralement. L'angoisse peut donc aussi avoir un aspect positif si elle permet de mobiliser nos énergies pour donner le meilleur de nous-même à des moments clés, mais elle est nocive lorsqu'elle paralyse et empêche l'action.


Demain j'aborderai le mécanisme d'effet des anxiolytiques (ou tranquillisants).

Vendredi 30 janvier 2009 à 8:43

Notre cerveau : émotions

    Les émotions des types peur, colère, tristesse, stress, anxiété, angoisse sont assez bien connues et les responsables principaux dans le cerveau, des manifestations correspondantes sont les centres amygdaliens.
    Les amygdales semblent en fait moduler toutes nos réactions à des événements qui ont une grande importance pour notre survie. Ceux qui nous avertissent d'un danger imminent sont donc des stimuli très importants pour les amygdales, mais également ceux qui signalent la présence de nourriture, de partenaires sexuels, de rivaux, d'enfants malheureux, etc.
    Ces centres nous permettent de réagir presque instantanément à la présence d'un danger. Tellement rapidement que c'est seulement après avoir sursauté que l'on comprend souvent ce qui nous a effrayé.
    Tout doit bien sûr commencer par une stimulation sensorielle quelconque comme la vue d'une forme étrange ou un son menaçant.

    L'information en provenance d'un stimulus externe atteint l'amygdale de deux façons différentes : par une route courte, rapide mais imprécise, directement du thalamus, et par une route longue, lente mais précise, celle qui passe par le cortex.

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    C'est la route courte, plus directe, qui nous permet de commencer à nous préparer à un danger potentiel avant même de savoir exactement ce dont il s'agit. Ces précieuses fractions de secondes peuvent, dans certaines situations, faire la différence pour notre survie.

    Le thalamus est le coordonnateur de nos perceptions : 40 fois par seconde, il interroge nos cinq sens et recueille leurs stimulus. Après une analyse ultra succincte en liaison avec les centres d’interprétation de nos perceptions et notamment ceux d’analyse de la vision situés à l’arrière du cerveau, il envoie quelques millisecondes après une alerte aux amygdales.
    Cette action fait naître des réactions émotionnelles avant même que la perception complète n'ait eu lieu et que le système puisse se représenter complètement le stimulus.

    Les amygdales vont en effet aussitôt réagir, comme on l’a vu dans l’article précédent, en intervenant par le canal du tronc cérébral (des centres au dessus de la colonne vertébrale qui règlent nos processus vitaux comme les battements de coeur, la respiration...) et  de l’hypothalamus, qui à eux deux agissent sur les systèmes sympathiques. (orthosympathique qui accélère les processus et parasympathique qui les ralentit).
    Elles vont agir sur le striatum qui contrôle nos mouvements.
    Elles vont aussi polariser tous nos sens et notre attention sur le phénomène détecté.
    Puis si le danger n’est pas vital, elles nous figent, en attente d’une analyse de la situation par le cortex, ce qui est la route “longue” qui va prendre quelques secondes.

    En effet, après un traitement des différentes modalités de l'objet par le cortex sensoriel primaire, le cortex associatif (deux centres que l’on appelle “quoi” et “ou”) fournit à l'amygdale une représentation de l'objet.
    Cette représentation élaborée de l'objet peut alors être comparée au contenu de la mémoire explicite grâce à l'hippocampe qui entretient lui aussi des liens étroits avec l'amygdale.
    C'est l'hippocampe qui permet en premier lieu l'apprentissage du caractère dangereux d'un objet ou d'une situation grâce à la mémoire explicite. L'hippocampe est aussi particulièrement sensible à l'encodage du contexte associé à une expérience aversive. C'est lui qui fait en sorte que non seulement un stimulus peut devenir une source de peur conditionnée, mais également les objets autour, la situation ou le lieu où il se trouve.
    A un niveau d'analyse encore supérieur les cortex préfrontaux et frontaux conceptualisent la situation, ses conséquences ainsi que celles de réactions futures; il élabore donc une stratégie et en informe également l'amygdale.

    Par cette voie lente, le traitement de l'information  arrive à l'amygdale et précise si c'est un véritable stimulus menaçant ou s'il n'y a pas lieu de s'inquiéter.
    La présence imminente d'un danger poursuit alors le travail d'activation de l'amygdale, qui au contraire va ramener tout à la normale si le danger s’avère être une fausse information.

    Pour mieux vous faire comprendre je vais vous donner un exemple.
Vous venez de vous réveiller et de vous lever et vous allez vers la fenêtre de votre chambre voir le temps qu’il fait.
    Et là horreur !,... une énorme araignée noire toute velue est sur le rideau de tulle !
    Vous êtes bloquée sur place, une bouffé de chaleur monte à vos joues, vos mains deviennent moites, votre coeur tape dans votre poitrine, votre respiration s’accélère, vos muscles ventraux se contractent et vous semblez prête à fuir.
    Mais là; vous êtes paralysée quelques secondes et vos yeux ne quittent pas l’araignée, votre attention est bien plus forte que pendant vos cours au lycée !!

    Quelques secondes passent ainsi pendant lesquelles se produit un dialogue dont vous êtes à peine consciente.
    Le cortex sensoriel a envoyé l’image au cortex frontal, qui prend la situation en main, à grand renfort de transmissions multiples .
    Il demande à un centre du cortex associatif le “Où”, qui est chargé de faire la cartographie de l’environnement, de repérer de façon précise la position de l’araignée et de voir ses variations dans le temps, : autrement dit, bouge t’elle, est ce un objet vivant ?
    Il demande à l’hippocampe combien une araignée a de pattes et comment est fait son corps, puis aux centres visuels aidés par le centre “mathématique” de Broca (celui qui gère la production de mots), de compter les pattes : tiens il n’y en a que six !!! Et elle n’a pas de tête cette araignée.
    Cortex frontal consulte le préfrontal : dans ces conditions d’informations, qu’est ce que je risque si j’approche pour mieux voir ? Cortex préfrontal réfléchit, évalue et donne son feu vert.
    Vous faites un pas et l’analyse se poursuit plus précise.
    Finalement le cortex se rend compte que l’araignée est en laine, un “épouvantail” d’araignée, sans danger (danger à l’origine tout à fait minime, mais vous avez peur des araignées !).
    Les amygdales sont averties et lèvent l’alerte rouge en envoyant du GABA qui va ramener les paramètres de votre organisme à la normale.

    Mais les amygdales sont “vexées” d’avoir ainsi travaillé pour rien et de “s’être fait avoir”, alors elles vont mobiliser leurs neurones à adrénaline pour susciter une petite colère et aller baffer votre petit frère, à l’origine de cette mauvaise blague. ! IOI

    J’espère que vous avez compris comment fonctionnent nos centres amygdaliens, et comment les émotions dues à la peur sont contrôlées.
    Des chercheurs ont étudié ces dernières années le fonctionnement de centres, sous-ensembles des amygdales, mais je n’ai pas voulu rentrer dans ce détail.

    Dans les prochains articles, je parlerai de nos mémoires et du circuit de Papez, puis de la mémorisation des émotions traumatisantes et des blocages correspondants.

    Mais il faudra que je vous montre aussi que nos centres amygdaliens ont d’autres fonctions importantes dans des domaines plus “positifs”.




Jeudi 29 janvier 2009 à 9:00

Notre cerveau : émotions

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/amygdales.jpgJe voudrais faire quelques articles sur des centres dont je vous ai souvent parlé : les centres amygdaliens, qui sont à l’origine de ce qui est peur et colère, des actes de lutte de fuite ou de sidération, mais aussi à moyen terme de la tristesse, de l’anxiété et de l’angoisse.
    C’est une plaque tournante qui intervient dans presque toutes nos émotions, qui les contrôlent plus ou moins, dans un sens bénéfique comme néfaste, surtout quand notre cortex frontal n’intervient pas.


    Dans cet article, je voudrais vous parler de la peur au plan psychologique :

    Les comportements qui surviennent lorsqu'un être humain est effrayé sont très semblables d'un individu à l'autre, quels que soient l’âge, la culture, l’éducation, le milieu. Et on retrouve des comportements analogues chez les mammifères.

    En effet, si quelque chose nous effraie, disons un bruit strident, notre première réaction est d'arrêter ce que nous étions en train de faire.
    Presque aussitôt, nous nous tournons généralement vers la source du bruit et tentons d'en évaluer le danger réel. Tout cela se fait très vite, de manière réflexe, et ne nécessite pas l'intervention de la conscience ou de la volonté (donc notre cortex frontal).
     Si la source du bruit semble effectivement menaçante, nous nous figeons sur place et nous tentons d'évaluer s'il y a une possibilité de fuir ou de se cacher.
    Si, enfin, on se retrouve en contact direct avec la source du bruit qui s'avère être dangereuse, on n'aura plus d'autre choix que la lutte, c'est-à-dire un comportement de défense agressif pour éloigner ou détruire la menace.
    Enfin dans certains cas, la peur est tellement forte ainsi que l’impression de danger, qu’il y a blocage, sidération. On se cache immobile en espérant ne pas attirer l’attention du prédateur.

    Non seulement les comportements, mais les changements physiologiques qui surviennent dans l'organisme en proie à la peur sont aussi très bien conservés dans le monde animal.
    Il y a bien sûr tous les changements déclenchés par le système nerveux sympathique pour nous aider à faire face à la situation : augmentation de la fréquence cardiaque, de la respiration, dilatation de la pupille, mobilisation des réserves de glycogène en vue de l’effort musculaire, concentration et attention visuelle.... qui permettent de concentrer nos énergies là où il y a priorité; mais aussi des phénomènes plus subtils comme la suppression de la douleur face au danger, un phénomène bien connu des soldats au combat. 
   
    Chez l'humain, des réponses comportementales originales tirant profit de nos capacités cognitives accrues s'ajoutent souvent à la réponse physiologique. En particulier les centres amygdaliens vont influencer les expressions de notre visage et les intonations de notre voix.
    Mais ces capacités cognitives proprement humaines que nous confère notre cortex peuvent aussi être à l'origine de peur, d'anxiété et d'angoisse, car notre imagination et notre mémoire vont intervenir dans le processus qu'ils peuvent décklencher ou arrêter à tort.
   
Finalement notre organisme a un processus naturel de défense devant la peur et le contrôle de notre cortex frontal peut s’avérer excellent comme très néfaste selon les circonstances.
Dans mon prochain article, je vous parlerai du contrôle du cortex et des  "routes de la peur".

Mercredi 28 janvier 2009 à 18:14

Notre cerveau : émotions

     La roue des émotions m'a valu plusieurs mails, certaines de mes  correspondantes voulant voir une représentation plus sérieuse que les "smiley" (rajoutés pour vous amuser un peu !) et d'autres souhaitant connaître la représentation 3D qu'Invidia a d'ailleurs présentée sur son blog.

Alors voici les deux schémas demandés qui datent de 1980 : Plutchik est un psychiatre et chercheur en psychobiologie américain né en 1928 et mort en 2006, qui a fait beaucoup d'études très connues dans le domaine des émotions.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/plutchik2D.png

     Le premier est le schéma original 2D de Plutchik, traduit en français et que l'on trouve souvent dans des articles. Comme je l'ai dit je mettrais volontiers "espoir" à la place d'anticipation.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/plutchik5.gif

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/plutchik.jpg












    Le second est le schéma original 3D de Plutchik en anglais, avec une représentation autre sur un troisième schéma, plus facile à lire.





















  Voici en outre un autre schéma d'un article de Plutchik, qui donne la "gradation" des émotions. Il est un peu difficile à lire et évidemment en anglais ! (excellent exercice de dictionnaire).
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/basicemotions.jpg

 



Mardi 27 janvier 2009 à 10:08

Notre cerveau : émotions

    Continuons dans le domaine des émotions instinctives que nous maîtrisons mal.

    Au plus profond de notre cerveau existe un gros centre, l’hypothalamus, qui préside à la plupart des actes de notre vie végétative et instinctive. C’est lui qui régule notre organisme car il agit sur l’hypophyse, glande qui incluse dans le cerveau, commande toutes nos autres glandes productrices d’hormones, et d’autre part donne des ordres aux systèmes nerveux autonomes que sont le système ortho-sympathique qui accélère le fonctionnement de nos organes vitaux et le système para-sympathique qui ralentit leur fonctionnement.
    L’hypothalamus garantit ainsi dans notre corps un équilibre permanent physico-chimique que l’on appelle “l’homéostasie”.


    Je ne vais pas vous décrire le fonctionnement de l’hypothalamus. Il agit dans tellement de domaines que c’est extrêmement compliqué.
    Ce ne sera qu’un rapide survol.
   
    L’hypothalamus reçoit des informations de tous nos organes vitaux : coeur, respiration, état circulatoire, température, nos viscères, la douleur, la douleur, nos glandes ...
    En outre, il reçoit des informations de valeurs de concentrations chimiques dans le sang, les tissus, les organes viscéraux... Etat hydrique, oxygénation, concentration de nombreux ions nécessaires à l’organisme, hormones.
    Enfin il est connecté à de nombreux centres du cerveau qui l’informent également des libérations de neurotransmetteurs.
    A l’inverse, il les informe de la situation générale du de notre corps et notamment, on l’a vu les centres du circuit de récompense.

    A partir de ces informations il intervient pour sauvegarder les conditions de bon fonctionnement de notre corps, provoquant le fonctionnement de nos organes ou régulant ce fonctionnement au travers du système sympathique, modifiant les concentrations pour conserver le bon équilibre, incitant par l’intermédiaire de l’hypophyse, les diverse glandes à fonctionner.


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/hypothalamus.jpg    Ci-contre un schéma assez détaillé de l’hypothalamus, mais ne vous inquiétez pas, ce n’est pas la peine de retenir le nom de toutes ces aires, mais il fallait bien que je leur donne leur nom pour que vous puissiez les repérer

    Le noyau supra-optique contrôle l'hypophyse (et les hormones).
    Le noyau supra-chiasmatique contrôle les rythmes circadiens; c'est l'horloge interne.
    La partie latérale (violette) est à la base de l'homéostasie et contrôle l'éveil et l'attention (prolongement du tronc cérébral).
    Les deux noyaux médians (jaune et rouge) contrôlent les comportements alimentaire, reproducteur, parental, la thermorégulation et l'équilibre hydrique; le ventro-médian commande la satiété; les latéral et paraventriculaire la faim; les latéral et circum-ventriculaires, la soif.
    Les zones centrales gèrent plutôt les aversions l'agressivité et en partie, la peur, et les zones latérales les plaisirs.
    Les différences sexuelles interviennent dans le développement de certains noyaux à l'intérieur de l'aire préoptique et de l'aire antérieure qui varie à la puberté et à la vieillesse. Ces zones sont actives lors des actes sexuels.

    Finalement l’hypothalamus va être à l’origine de beaucoup de nos émotions, et notamment de nos “pulsions” car c’est lui qui va au départ fournir certains éléments déclencheurs (par exemple la faim ou la soif quand nous sentons l’odreur ou nous voyons un met ou une boisson que nous aimons, ou bien le désir sexuel...)
    Sur son action nous n’avons aucun pouvoir (sauf par médicaments ou drogues, mais c'est parfois aléatoire et variable d'une personne à l'autre).
    Il faudra que nous agissions bien en aval au niveau d’autres centres comme l’indique le schéma ci dessous.


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/schemaemotions.jpg
     
C’est ce que nous verrons dans de futurs articles ainsi que quelques notions nécessaires sur la mémoire et le circuit de Papez.

Lundi 26 janvier 2009 à 9:03

Notre cerveau : émotions

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’émotions instinctives qui nous submergent sans que nous ayons au départ, conscience de ce qui se passe et qu'il nous est difficile de contrôler..

    C’est le cas en particulier de “l’émotion pure”.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/cortexinsulaire.jpg
    Si l’on Injecte dans l’artère carotide (qui irrigue le cerveau) un produit autrefois utilisé comme anesthésique par les dentistes quand ils vous arrachaient une dent, la “procaïne”, il se produit une chose étrange.
    Rassurez vous les médecins-chercheurs prennent au préalable des précautions notamment sur le plan des allergies possibles.

    On met le patient dans un scanner qui permet de filmer les images de son cerveau, obtenues par résonance magnétique..

    Vous verrez ci contre l’image que l’on obtient sur l’activité des centres correspondants et on constate que des centres des parties du cerveau émotionnel appelées  “cortex cingulaire” et “cortex insulaire”, entrent en activité.


    Pour que vous puissiez situer ces centres, je mets également dans l’article le schéma ci contre de l’ensemble du cerveau émotionnel, qui montre où se trouvent ces zones, sous le cortex externe (que l’on appelle aussi néocortex car c’est la partie ultime de l’évolution vers l’homme - et le singe supérieur.)


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/cerveauemotionnel-copie-1.jpg
    Que ressent le patient auquel on injecte ce produit.  qui va agir du fait qu’il peut sensibiliser des récepteurs de neurotransmetteurs dans les synapses des neurones de ces centres.?
    La personne ressent une émotion profonde sans raison apparente : elle a envie de pleurer, sa gorge se serre, ses tripes se nouent. Cela dure quelques secondes, puis le cortex frontal reprend les commandes et elle se demande ce qui a bien pu lui arriver ainsi : simplement une injection de procaïne.

    Elle a ressenti une très grande émotion comme si quelque chose de très émouvant venait de lui arriver et pourtant il ne s’était rien passé sur le plan psychologique mais uniquement au plan matériel, l’arrivée dans son cerveau d’un produit ayant une action proche de certains neurotransmetteurs.

    Bien entendu son cortex frontal, notre seul recours logique pour contrôler la situation, a repris les commandes au bout de quelques secondes et il s’est évidemment demandé comment il avait pu ainsi “perdre les pédales”.

    Je peux vous assurer que cela fait un très bizarre effet quand cela vous arrive, de vous sentir ainsi impuissant, perdant le contrôle de votre cerveau émotionnel et aussi de vos pensées. De quoi vous inciter à ne jamais prendre de drogue de votre vie.

    Lorsque nous voyons une image émouvante, lorsque nous lisons un passage de livre qui nous touche, ou que nous entendons certaines musiques, quand nous songeons à un être que nous avons aimé et qui n’est plus là, souvent une émotion nous submerge. Elle est de même nature. C’est une réaction de nos cortex cingulaires et insulaires, puis le cortex frontal, qui “pense”, reprend le contrôle de la situation, ... enfin dans la plupart des cas, car nous verrons dans les articles suivants que cela lui posera parfois des problèmes.

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